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Océan Atlantique, Maroc

Posted on octobre 12th, 2007 by Christian

Le 01.10.07
35.47.247N 05.48.367W Tanger

Après avoir affalé les voiles et préparé le bateau nous rentrons entre les jetées. Nous appelons la capitainerie à la VHF en français et l’on nous répond en français qu’on nous attend au fond près du club nautique !
Port de Tanger
Nous traversons le port de commerce, puis le port de pêche et sur les indications d’un homme qui agite les bras nous allons vers le club, à couple d’un Ovni 39 hollandais. L’employé du port et le couple hollandais nous aident à passer les amarres. L’employé me dit que la police va venir pour les formalités. Puis il revient et me dit de le suivre avec les papiers du bateau et des personnes. Je le suis non loin, jusque dans le bureau d’un policier très aimable, qui me dit qu’il allait partir pour rompre le jeune. Il remplit ses papiers rapidement et aimablement. Il me demande si je sais ce que veut dire mon nom Labes en arabe. Je lui réponds que oui : ça va. Il est content. Je lui fais remarquer que dans le bureau il y a le portrait du roi précédent Hassan 2, mais pas celui de l’actuel. Il sourit et me dit qu’il a le père !
Je rentre sur le bateau. Les Hollandais nous avaient prêté une prise pour nous raccorder à l’électricité, la norme européenne n’ayant pas cours ici. Nous voilà installés près des pêcheurs et de quelques voiliers. Lez couple de hollandais est parti depuis 4 mois de Hollande et il va aux Antilles en longeant la côte marocaine.
Je téléphone à Mimi pour la rassurer et entendre sa voix, et à Maxime. Puis nous dînons et faisons un tour au club nautique. Le bâtiment est moderne, décoré de nombreuses plantes dont un certain nombre sont déjà mortes faute d’arrosage. Le restaurant est très grand et cher, avec des serveurs très aimables. On voit la vieille ville juste derrière le port. C’est heure de la prière et la première mosquée fait entendre ses hauts parleurs, puis une autre et une autre encore. C’est fort, mais moins long qu’à Dakar.
Nous irons visiter demain et j’appellerai mon ami Brahim.

Le 02.10.07
Au réveil nous allons prendre une douche au club nautique. Les lieux sont neufs et propres, amis pour les hommes il n’y a qu’un WC et une douche. Heureusement il n’y a pas beaucoup de bateaux. A la sortie, je rencontre l’employé qui nous a accueilli la veille, il me dit qu’il me conduit au bureau de la marina pour nous enregistrer. Je le suis jusqu’au bureau d’une charmante secrétaire. Je remplis son cahier de présence des bateaux et je discute avec elle de la ville, des bateaux. Pas de bateaux français, alors qu’ils étaient nombreux la semaine passée. Je regarde le registre, ils rentraient en Méditerranée vers la France. Nous parlons de la ville, des magasins qui indiquent des prix et où l’on peut négocier quand même, et du coût de la vie cher pour les salaires marocains, puisque le salaire minimum est d’environ 200 euros.
Puis nous allons nous promener en ville, dans la médina. Les odeurs des villes africaines me reviennent en mémoire ; odeurs fortes de décomposition des ordures qui traînent, odeurs des épices, du thé à la menthe, odeurs des pâtisseries, odeurs des boutiques de cuir ; tout est mélangé et le mélange est puissant ! Il y a peu de gens car les gens travaillent. Les ruelles sont très étroites et pentues.
Entrée de la Médina
Ruelle de la Médina
Il y a une multitude d’échoppes et de vendeurs ambulants dans la rue. Nous rentrons pour déjeuner. Lorsque j’allais faire la sieste, Brahim appelle : il donne rendez-vous à la porte principale du port. J’y vais et peu de temps après il arrive. Il marche en boitant à cause de ses prothèses diverses dues à sa maladie de la spondylarthrite… Je suis heureux de le voir en chair et en os. Nous nous connaissons depuis des années ; nous échangions de nombreux mails pour échanger nos expériences lorsque je m’occupais d’une association de malade de la polyarthrite. Lui voulait monter une association de malade au Maroc. C’est ce qu’il a fait avec ténacité malgré la méfiance des médecins. En effet il n’existait que deux autres associations de malades au Maroc, celles des diabétiques et des victimes du cancer du sein. Brahim me reparle de cette période de coopération et me remercie encore ce qui me gêne. Tout le mérite lui revient avec son courage et sa ténacité.
Et le voilà devant moi, tout sourire. Nous nous embrassons et je l’emmène au bateau.
Brahim à bord
Il a du mal à monter, mais il voit là où je vis pour l’instant. Ensuite nous allons faire une promenade en ville guidés par Brahim. Il nous entraîne vers la plage qui borde toute la baie. La promenade de bord de mer est bien aménagée. Les jeunes s’y promènent.
Plage de Tanger
Tout le long la ville moderne s’étend avec de grands immeubles dont beaucoup en construction. A 30 Kms de Tanger se construit un nouveau port Tanger Med qui sera le plus grand d’Afrique lorsqu’il sera fini. Il ouvrira en 2008. Il attire des travailleurs de tout le Maroc et Tanger s’étend. Le contraste est grand entre la ville nouvelle et son étalage de richesse et la médina avec ses petites boutiques, ses échoppes, ses vendeurs d’objets à même le trottoir, qui survivent.
Bar des navigateurs!Atelier d’un plombierPortail de la MosquéeLe marabout d’un saintVue des hauts de Tanger
Dans la médina, Brahim croise des amis qui le saluent. Il habitait ici, avant de déménager plus loin, et il était le représentant des habitants du quartier. Nous passons dans des ruelles si étroites que les balcons du premier étage sont tout près de ceux d’en face. Les gens peuvent à peine ouvrir complètement leurs volets et ils peuvent se serrer la main. Les couleurs des murs sont variées, de couleurs pastel chaudes et de blanc.
Au port et un peu partout en ville on voit des placards Tanger expo 2012. En effet Tanger est candidate pour organiser une exposition internationale en 2012. Le choix de la ville gagnante est imminent et Tanger croit en ses chances !
Nous revenons au port avant la rupture du jeune en cette période de ramadan. Nous quittons Brahim qui rentre en famille. Nous l’invitons pour le lendemain soir pour dîner ensemble au restaurant.

Le 03.10.07
Ce matin il pleut. Le bateau sur lequel nous étions à couple part à 9h donc 7h heure marocaine. Nous nous amarrons à couple d’un bateau-pilote qui ne bouge pas avec l’aide des gens du port toujours aimables et efficaces.
Tanger avant la pluie
La pluie ne cesse pas. Daniel, notre routeur m’appelle me disant qu’il m’a envoyé un message avec une proposition de départ sous 48h avec un début en longeant la côte jusque vers El Jadida puis un cap direct vers Madère avec un vent établi 20 à 25 nœuds. A préciser. Si ça tient nous partirons dans un ou deux jours.
En attendant écriture et traitement des photos pour le site à bord avant d’aller dans un cyber.
Des cybers il y en a beaucoup dans la ville. Nous allons au premier. Les ordinateurs ne sont pas vieux. Les claviers sont avec des indications européennes et arabes. Je mets des textes sur le site de Diam Rek, mais ça passe lentement. En plus, la typographie change sans que j’arrive à maîtriser la chose. Je tente de mettre des photos mais en vain. Ça fait que j’ai un retard important et que vous ne voyez pas toutes les photos que j’ai sélectionnées. J’espère que ce sera pour bientôt !
De retour au bateau, nous allons faire des courses pour préparer le départ. Dans la vieille ville, les vendeurs sont à touche-touche sur les trottoirs, avec des fruits et légumes, des habits, de la quincaillerie… Nous demandons les prix. Certains nous donnent des prix bien plus élevés, voyant que nous sommes européens. D’autres indiquent leurs prix normaux. Nous prenons fruits et légumes pour une semaine. Du pain aussi, le reste nous avons à bord et nous comptons sur les résultats de notre pêche… En faisant les courses, nous rencontrons Brahim dans une boutique, c’est celle de son frère qu’il aide après son propre travail de comptable.
Jean-Michel lui achète un grille-pain pour mettre sur le gaz du bord et remédier ainsi au ramollissement du pain en ambiance marine.
Nous terminons les courses lorsque tous les vendeurs remballent très vite car l’heure de la rupture du jeune arrive et tous rentrent chez soi pour rompre le jeûne en famille. En très peu de temps les rues remplies de monde se retrouvent vides. Nous rentrons au port et ce port si actif est mort, vide de gens. Les gardiens qui doivent continuer leur travail, mangent sur place ce que la famille leur a apporté, la harrira, des dates, du lait caillé, des gâteaux. Certains sortent la première cigarette de la journée.
Le soir nous avons rendez-vous avec Brahim que nous avons invité au restaurant. Nous le retrouvons à l’entrée du port. Il nous emmène à pied dans la ville pour nous montrer des quartiers que nous ne connaissons pas encore. Le soir les rues sont pleines de monde qui se promène en famille ou hommes avec hommes et femmes entre elles. La grande majorité des femmes sont voilées et souvent joliment maquillées. Nous passons devant la grande mosquée à l’heure de la fin de la prière. Beaucoup de monde en sort les hommes par une porte, les femmes par une autre. C’est le mois de la prière et les fidèles sont là.
Nous rejoignons le bord de la falaise et voyons la baie de Tanger parsemée de lumières. C’est beau ! Nous finissons par aller au restaurant, chez Hammadi. Les salles sont décorées à la marocaine ; il y a un orchestre qui joue un air.
La cuisine est succulente : harrira, tajine, pastilla et gâteaux fins ! Je pense à Mimi qui n’est pas là et qui sait faire cette bonne cuisine et qui l’apprécie. Je suis heureux de discuter avec Brahim. La soirée passe vite et le restaurant ferme. Il est minuit et nous quittons Brahim à l’entrée du port. Peut-être nous reverrons nous demain s’il n’y a pas assez de vent pour partir.

Le 04.10.07
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils Maxime qui a 31 ans ! Je pense à lui très fort. D’ailleurs en navigation, loin des gens que j’aime, je pense plus à eux que lorsque je suis à la maison. Ils me manquent et j’ai souvent du temps pendant lequel ils s’invitent dans mon esprit. Que font-ils lorsque je ne suis pas là, que vivent-ils ? Chacun sa vie, chacun ses soucis et ses joies, mais grâce aux moyens modernes de communication, le téléphone et le mail, nous restons très proches.
Daniel, notre routeur, nous confirme par mail que le départ est possible demain. Donc encore un jour dans ce port dont l’eau est sale, encombrée de détritus qui flottent, de gasoil et d’huile. Elle sent mauvais comme dans le port de Hong Kong. Elle est noire. Pourtant on voit de nombreux poissons qui cherchent leur pitance…
Des Canadiens arrivent en deux bateaux. L’un se met devant nous et l’autre à couple. L’un a déjà fait deux traversées de l’Atlantique, l’autre vient de Port-Saint-Louis-du-Rhône et va hiverner en Espagne. Le skippeur me demande des renseignements sur les ports espagnols. Je lui prête mon guide.
Je dis aux personnes du port que nous partirons demain. On m’envoie au secrétariat du club nautique. La secrétaire me fait la facture, mais n’accepte pas les cartes… J’irai en ville retirer des dirhams. Pour la police qui a nos papiers, le policier pourra venir nous les rapporter vent 21h ou nous pourrons y aller le matin même…
Nous allons en ville à la recherche de pain et de vin. On nous indique après plusieurs demandes un endroit « sur le boulevard ». C’est vague. Nous allons dans la ville nouvelle. Nous tournons en redemandant plusieurs fois. Finalement un homme nous donne une indication précise « première à gauche, Casa Pépé ». Effectivement c’est une épicerie avec des étagères voilées par une bâche sur 10 mètres. On demande du vin et l’on nous dit que c’est là. On soulève la bâche et il y a un grand choix de vin et d’alcool. Nous prenons du vin marocain. Quelle aventure pour trouver du vin en période de ramadan, dans un pays où la constitution garantie la liberté de pratique religieuse, donc celle des non musulmans… Toute majorité, dans chaque pays, a toujours tendance à brimer la ou les minorités…
Le port poubelleAdieu Tanger!


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