Bonne année 2010 »
« Les Sables d’Olonne - Rochefort

Rochefort, Vente du voilier

Posted on septembre 27th, 2009 by Christian

Rochefort,

Position : 45 56 636N 0 57 280W

Le bateau est au sec, (Celui de Jean Michel aussi) il n’y a plus qu’à… Seulement voilà, cette fois ci les travaux qu’il y a à faire, ce n’est plus pour partir, ou repartir, c’est pour vendre le bateau. Ce n’est pas pareil ! Le courage me manque. Je ne sais par quoi commencer…
Petit Scarabée 2 de Jean Michel sort de l’eauVers la terre ferme
Je commence par enlever les voiles. Pour affaler génois et trinquette, je dois dévisser les ridoirs des enrouleurs pour amener ceux ci le long du mât. Puis je monte au mât, assuré par Jean Michel. Je peux alors revisser les vis qui maintiennent les tronçons du profil sur le quel est endraillé les voiles. En navigation hauturière, les vibrations répétées durant des semaines, finissent par avoir raison de la colle qui maintient les vis serrées. Lorsqu’elles sont desserrées elles empêchent d’affaler la voile. Du haut en bas je revisse chaque visse. Puis nous affalons les voiles. L’entreprise qui nous a sorti de l’eau vient nous avertir que c’est interdit de monter au mât à sec pour raison de sécurité. C’est bon, j’ai déjà affalé les deux voiles d’avant…
Plus tard j’affale aussi grand voile et artimon. Je les plie et les mets en sac pour les ranger dans le bateau. Le bateau ainsi désarmé paraît nu, impropre à la navigation. C’est l’arrêt, le point final…
Une première brooker vient voir le bateau. Elle m’explique que la conjoncture n’est pas bonne et qu’il ne faut pas que je sois trop gourmand. Elle estime un prix par rapport au marché qui m’abat tellement il est bas ! Je vais réfléchir.
Pour améliorer le look il faut que je fasse de la peinture, et que je supprime les traces de rouille. Il faut raviver les vernis, nettoyer… J’ai de quoi faire.
Je commence par poncer l’antifooling qui est parti à certains endroits. J’égalise à la ponceuse orbitale. C’est lourd et on travaille dans des positions pour le moins inconfortables…
Après je passe une couche d’apprêt de façon à protéger la coque et à la préparer aux couches d’antifooling que mettra l’acheteur avant la mise à l’eau. Le résultat ne me satisfaisant pas, j’en passe une seconde. Le bateau a meilleure allure !
Puis je nettoie les œuvres mortes de la coque. Je nettoie les traces de rouille à l’acide oxalique qui les fait disparaître en quelques minutes ! L’acétone enlève bien des traces de graisse, de défenses, de pontons. Quelques retouches de peinture et l’aspect est bien différent !
Je dégrise les bois du cockpit à l’acide oxalique aussi, puis un coup de vernis qui résistera aux attaques de l’hiver.
A l’intérieur, je nettoie les fonds, je tente d’enlever l’odeur de gasoil qui s’est imprégnée lors des fuites de gasoil. Maintenant ça sent la pomme, mais pour combien de temps ? Je refais des vernis dans le carré et la cuisine.
Il me reste des bricolages électriques. D’ailleurs pendant que je suis dans le carré, à un moment je sens le chaud, l’odeur du court circuit électrique. Je cherche d’où ça vient. J’ouvre la trappe des batteries. Une fumée sort d’un fil qui va du régulateur de tension des panneaux solaires à la résistance qui dissipe l’excédent d’intensité. Le fil rougit et fond sous mes yeux ! Le voltmètre grimpe aussitôt à 15,5 volts ! C’est ce qui a du endommager mes instruments de navigation la fois précédente. Je refais une connexion correcte et l’intensité redevient adéquate. Je décide de couvrir les panneaux solaires, pour éviter que ça ne se reproduise lorsque je serai absent ! Pourtant le régulateur est prévu pour un ampérage supérieur à celui que débitent les panneaux et il est livré avec ses fils…. Le monde du bateau est toujours imprévisible !
Pendant ce temps, Mimi, m’attends à Paris…
La poudrerie de RochefrortL’Hermione a bien avancé depuis ma dernière visite!p1020292.jpgPrès de l’Hermione

Depuis le départ du Venezuela, j’ai eu le temps de lire bon nombre de bouquins, dont certains pavés, et dont la plupart sont super. Je vous donne une liste avec mes appréciations, puisque je sais que vous être un certain nombre à lire quelques livres dont je parle.
- Louis René Des Forêts : Les mendiants. Le Bavard.
o Les mendiants : une histoire avec une bande de jeunes copains. Un pari littéraire puisque tout est écrit à la première personne, chaque chapitre étant l’histoire vécue par un personnage différent. Pourtant le style ne change pas en fonction du personnage… Les analyses psychologiques sont fines mais le livre ne m’a pas emballé.
o Le bavard : j’avais entendu une critique du livre sur une radio dont le présentateur parlait de son livre de chevet. En fait c’est encore un exercice littéraire, un jeu de la vérité qui ne m’a pas convaincu, pas plus que le livre précédent, malgré son joli style à l’ancienne.

- Chaïm Potok : L’histoire du peuple juif. Plus de 600 pages passionnantes qui brossent 4 millénaires d’histoire juive parmi d’autres peuples en Palestine, en Egypte, en Babylonie, en Europe et en Amérique. C’est le fruit de gigantesques recherches. C’est parfois un peu trop érudit, mais toujours intéressant et ça aide à comprendre l’imbroglio israélien et palestinien sans faire entrevoir de solution. C’est de l’histoire, aux politiques et aux peuples à trouver des solutions…

- Bernard Klin et Dominique Duard : Le bateau Igloo. Rencontré à Flores, où il faisait escale, Bernard Klin a hiverné trois années dans le grand nord canadien puis au Groenland. Il raconte ses navigations avec des vents très forts, des courants diaboliques et des glaces omniprésentes qui risquent de faire couler le bateau et le faire disparaître lui et sa compagne ainsi que leurs chats. Trois années de vie dans les éléments très durs, très contraignants, avec leurs contacts avec les Inuits qui les observent goguenards au début puis les acceptent lorsqu’ils ont fait preuve d’adaptation à cette vie si particulière dans le froid permanent avec la pêche et la chasse pour manger… C’est beau. Un peut long parfois. J’avais envie de partir avec lui pour le prochain hivernage, car il cherchait un équipier après la mort de sa compagne…

- Michel Butor : La modification : Un classique du nouveau roman que je n’avais pas encore lu. En exercice de style passionnant, une analyse psychologique fine, un style très classique et précis. Beau livre.

- Andreï Makine : La femme qui attendait : Très beau roman d’amour écrit avec un style alerte et précis. L’histoire se passe dans la Sibérie, après la pérestroïka, dans des villages oubliés du monde et du pouvoir. Une vie au contact des éléments et des autres habitants qui survivent. La nature sibérienne imprègne superbement tout le livre.

- Charles Najman : Haïti, Dieu seul me voit : Un livre épais d’un amoureux d’Haïti et du vaudou, qui est un reportage sur les Haïtiens, leur vie difficile, leurs croyances et leur histoire qui irrigue toute la vie présente. C’est très bien documenté, passionnant bien qu’un peu long sur les détails du vaudou et sa mise en valeur.

- Olivier de Kersauson :Océan’s songs: Un grand monsieur de la voile et un bien petit livre qui dit bien peu de choses, bien mal écrit, mais vendu à beaucoup d’exemplaires à cause de la notoriété de l’auteur. Heureusement que je ne l’ai pas acheté et qu’on me l’a donné !

- Albert Jacquart : Le compte à rebours a-t-il commencé ?: Le sujet, la finitude de notre terre, de ses ressources et la meilleure gestion possible, est passionnant. Le livre aborde quelques aspects de ces questions, mais laisse sur notre faim. Pourtant l’auteur est un grand Monsieur, que j’adore entendre sur les médias…

- Théodore Canot : Aventure d’un négrier : Autobiographie d’un trafiquant d’esclaves, d’or et de tout ce qui rapporte au 19ième siècle. C’est hallucinant de franchise sur la traite, sur l’esclavage en Afrique et dans le reste du monde. C’est riche en détails. Le livre restitue bien les mentalités de l’époque, partagées entre les idées des Lumières et une économie florissante…

- Sham Sa : Impératrice : Très beau livre sur la Chine et sur une impératrice qui a régné au 9ème siècle. Le livre permet de mieux comprendre la richesse de la civilisation chinoise, aussi son formalisme et l’espace entre le formalisme et la liberté de chacun autour du pouvoir, de la vie dans la cité interdite. Quelle documentation nécessaire pour faire revivre cette époque ! C’est superbe, cruel, très psychologique au milieu d’une Chine qui se protège des invasions et de la dissidence de certaines provinces.

- François Cheng : Le dit de Tian-Yi : Nous voilà dans la Chine du 20ème siècle, avec l’histoire d’un intellectuel qui traverse ce siècle agité. Quelle description de la chine des campagnes, des provinces avec leurs us et coutumes ! Une superbe écriture qui rend présent a terre chinoise dont dépend la vie de chacun. Et puis les camps de rééducation communistes ! On comprend mieux la pensée chinoise, cette autre conception d’un temps circulaire et non linéaire comme en occident. C’est passionnant.
- V. S. Naipaul : Jusqu’au bout de la foi : Un livre documentaire sur la foi musulmane dans la vie de chaque jour et dans la politique dans quatre pays non arabe : Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie. Au début j’ai failli abandonner. Le style est journalistique. Le documentaire avance lentement. Et puis, étant allé en Indonésie, ça me rappelait des souvenirs, ça m’apprenait des faits historiques, je retrouvais des mentalités, des traditions. Le livre est intéressant pour mieux comprendre que dans ces régions l’islam est imposé par des conquêtes, au même titre que d’autres religions, qu’il est traversé par des courants qui mêlent religion et politique dans une ambiance de retour vers une société mythique des débuts de l’islam es Arabie… Ce n’est pas optimiste pour la paie civile et pour la paix internationale…

- Bharati Mukherjee : Jasmine : Un très beau roman d’une indienne (d’Inde) installée aux USA. C’est l’histoire d’une fille indienne, de sa vie en inde puis en Amérique, au prix d’une formidable adaptation, de compromis incessants entre tradition et modernité, entre vie de clan et vie privée. C’est superbe.

- Henri Michaux : Plume et Lointain intérieur : A ne pas lire en période de déprime ! L’auteur décrit ses hallucinations, ses fantasmes, ses angoisses en période de dépression. C’est parfois beau, souvent étrange, toujours dur !

- Curt Levian : Journal d’une femme adultère : Un pavé de plus de 1000 pages, un roman à la psychologie fine mais bavard, avec un humour pas toujours de bon niveau.
Je n’ai pas fini la lecture. Pas mal, sans plus. C’est un livre qui fatigue le poignet… par son poids.
Voilà, si ça vous dit, vous avez le choix, de l’antiquité à nos jours, d’un continent à l‘autre, d’une culture à une autre.
Ah ! Quelle chance de pouvoir lire ce que l’on veut ! Je repense souvent à ma mère qui avait projeté de lire lorsqu’elle n’aurait plus à s’occuper de ses enfants, de ses petits-enfants et qui a perdu a vue avant d’avoir lu ce qu’elle avait projeté de lire !


You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.


Comments are closed.