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Avant la traversée retour

Posted on mai 15th, 2009 by Christian

Le 30.04.2009

Ça y est, c’est le jour du départ, pour rejoindre Cumaná au Venezuela et retrouver le bateau.
J’ai mis mon réveil à 5h. J’ai mal dormi, de peur de ne pas me réveiller à temps et de rater l’avion. Je suis réveillé avant le réveil. Vite debout ! Je réveille Mimi. Une douche rapide, je réveille Sophie. J’entends Maxime qui est réveillé.
Nous sommes prêts. Je prends la voiture, direction Orly ouest. A cette heure là, il n’y a pas grand monde dans les rues. Voici Orly. Il n’y a pas la queue à l’enregistrement pour le vol d’Iberia pour Madrid.
Nous avons le temps de prendre un crème avec des croissants. Les derniers bons croissants avant longtemps. Les derniers instants avec les enfants et Mimi. Comme souvent dans ces cas là on échange des banalités, au lieu de dire des choses importantes avant la séparation…
Bon, il faut y aller. Je passe le portique de sécurité. Je vois encore Mimi et les enfants qui me font des signes aux quels je réponds. J’attends pour l’embarquement. L’avion décolle à l’heure, 7h50.
L’Ile de France
Que c’est beau l’île de France vue du ciel ! Les villages à la française sont nombreux. Certains ont les maisons réparties géométriquement, d’autres dessinent une forme courbe abstraite. Entre les villages il y a des champs ou des bois.
Je suis fatigué, mais n’arrive pas à dormir. Je lis la presse, le Monde. Voici Madrid. L’écran indique 610 mètres d’altitude et 15° dehors.
Aéroport de Madridaéroport de Madrid
Mais nous ne sentirons que l’air conditionné de l’aéroport. Il est grand et long, cet aéroport ! Nouveau portique de sécurité, nouvelle attente pour l’embarquement. Quelques employés portent des masques de protection pour cette nouvelle grippe dont les média nous rebattent les oreilles.
L’avion décolle avec une demie heure de retard. Un A340-300 qui est plein pour Caracas. Je suis au milieu, je ne verrai rien par les hublots. Avant le décollage, ma voisine se signe. Au décollage elle recommence et ferme les yeux. Nous sommes donc protégés. Effectivement l’avion décolle sans problème et gagne en altitude au dessus des nuages.
Partis à 13h30 heure française, après 8 heures de vol nous devrions arriver vers 15’autant plus que les passagers peuvent ingurgiter trois films sans intérêt juste entrecoupés par de la publicité…
Ma voisine se signe encore car l’avion descend vers Caracas. On voit la mer puis l’aéroport entre mer et montagne. Bien posé, les gens applaudissent, ça devient rare.
J’attends pour passer l’immigration. Les queues sont longues. Tous les employés sont avec un masque qui couvre bouche et nez. Une employée nous donne un imprimé à remplir en plus de celui de l’immigration et celui de la douane. Identité, provenance, destination et déclaration de symptômes au cas où… D’ailleurs un médecin avec un stéthoscope circule entre les gens. Dans les files des passagers vénézuéliens portent des masques. Lorsque je franchis enfin l’immigration avec un nouveau tampon sur mon passeport, autorisation de séjour de trois mois, je vais récupérer mes bagages. J’ai la désagréable surprise de trouver l’un des deux sacs de voyage ouvert. J’avais mis un verrou sur les deux languettes métalliques des fermetures Éclair. L’une des attache a été cassée. Je ne prends pas le temps de vérifier s’il manque quelque chose. Je prends un porteur et nous allons jusqu’à l’aéroport national. Dehors il fait chaud et gris. Je transpire déjà. Je ne suis plus habitué !
Je fais emballer mon sac forcé avec un film plastique. Ça devrait aller. Je vais à l’enregistrement pour le vol intérieur vers Cumaná. Il est 16h. Ils prennent mes bagages et me donnent le billet. Comme j’ai du temps, je vais manger une pizza. Puis je gagne la salle d’attente devant la porte 5A. L’écran indique le vol de Cumaná en troisième position. Je passe mon temps à me familiariser de nouveau avec les gens, leur morphologie. Les gens sont en moyenne bien plus gros. Souvent bronzés, parfois métis avec les yeux un peu bridés, le nez un peu camus, les cheveux bien noirs et raide. L’apport indien est présent. Devant moi une jolie femme au bras de son homme. Quelqu’un de la famille les photographie. La femme porte un masque, l’homme aussi. Ils font semblant de s’embrasser, masque contre masque. Ils recommencent pour des photos en riant de bon cœur de cette situation inhabituelle.
Tiens, le vol pour Cumaná ne figure plus sur l’écran ! Je me renseigne : l’embarquement se fera porte 5C. J’y vais et me fais confirmer plusieurs fois que c’est bien là, car ce n’est pas porté sur l’écran. Je vais voir le grand écran des départs et je vois après le vol pour Cumaná : Canceled- cancelado, ce qui veut dire annulé ! Un homme regarde comme moi, sans oser comprendre. Je lui demande ce qu’il en pense ? Incrédules, nous remontons, sortons de la zone de sécurité pour retourner vers le bureau d’enregistrement de la compagnie. En arrivant on entend crier. Nous approchons : il y a une vingtaine de personnes qui essaient d’obtenir des employés de la compagnie des places sur un autre vol. Le ton monte, car il n’y a plus d’autre vol ce soir. Il faut attendre demain disent calmement les employés. Le ton monte encore. Des enfants pleurent. Les mères prennent les autres à témoin. Rage, désespoir, et mots d’oiseaux ! J’avais toujours vu les vénézuéliens cools, calmes, lents à bouger ; là il en va tout autrement ! Une brune qui ressemble à une héroïne des films d’Almodovar crie contre le je-m’en-foutisme des employés et veut faire valoir ses droits. Deux hommes reprennent. Ils sont bien 5 ou 6 à crier contre les employés, à réclamer un responsable.
Finalement, devant les assauts répétés, il y a une proposition pour un vol le lendemain en fin de matinée. Refus général, et les cris sont repartis. Commencé vers 19h, ça continue et il est 21h. On nous propose enfin un vol spécial dans un petit avion. On y va !
C’est un avion de 20 places et nous sommes 12 à être resté à réclamer. L’avion s’appelle « Espiritù Santo », il ne peut nous mener qu’à bon port ! Décollage à 21h30. On arrive près d’une heure plus tard au dessus de Cumaná. Trop tard, l’aéroport est fermé, il n’y a pas d’autorisation d’atterrir. Le pilote nous en informe. Un homme se lève, va vers la cabine de pilotage et exige de redemander l’autorisation, sans résultat. Il exige alors un atterrissage à Barcelona, plus près que Caracas… Rien n’y fait, retour à Caracas et au bureau de la compagnie Avior. Nouvelles négociations à 23h passées.
Nous obtenons enfin une promesse de places sur un vol pour Carùpano tôt puis transfert en bus ou un vol pour Cumaná à 11H. Selon les préférences on s’inscrit sur deux listes. Nous serons 4 pour Cumaná. Je laisse mes deux sacs à la compagnie, non sans inquiétudes, mais ils sont tellement lourds… En attendant on nous conduit dans un hôtel avec promesse d’hébergement et de dîner. Sur place, les cuisines sont fermées, pas moyen d’obtenir autre chose que de l’eau avec des glaçons. Nous avons les chambres à 24h. Je n’arrive pas à dormir, je regarde la télévision.

Le 01.05.2009

Vue de la chambre
Réveillé avant 7h, je regarde la télévision. Après une douche, je descend pour le petit-déjeuner vers 8h. L’un des passagers les plus revendicatifs est déjà en train de manger. Je me mets à sa table et nous discutons. Il est très souvent en voyage dans le monde entier car il représente les pêcheurs de thon vénézuéliens dans toutes les réunions internationales sur la pêche. Il parle de son travail, lorsqu’arrive une passagère elle a un regard angélique ! Notre passager continue à parler de ses voyages, des pays avec leurs spécificités, des hôtels magnifiques qui l’on impressionné…
Le car de la compagnie vient nous chercher. Nous repassons par la sécurité après nouvelles négociations avec la compagnie qui nous paye les taxes d’embarquement que nous avions payées la veille. Courte attente et le vol est déprogrammé. Retour à la compagnie. L’avion a un ennui mécanique et ne peut venir. Alors pas de vol pour Cumaná aujourd’hui. Nous sommes les 4 d’hier plus 4 d’aujourd’hui. Nouvelles négociations : on nous trouve des places sur un vol pour Barcelona puis transfert en car de la compagnie…
Nous décollons vers 12h avec un DC9 de 60 personnes sièges en cuir, très class ! L’hôtesse proposent à boire. Je demande un whisky. L’hôtesse remplit le verre de glaçons puis remplit le vide de whisky, comme font les Vénézuéliens. C’est généreux !
L’aéroport de CaracasUne île au large de Caracas
Atterrissage vers 13h. J’attends mes bagages, il ne sont pas là. Nous allons aux bureau de la compagnie. Renseignements pris ils arriveront à Cumaná directement. Nous prenons le petit car, nous sommes 7. On nous apporte sandwichs chauds et boissons.
Publicité dans BarcelonaLe long de la route
Nous voilà partis ! Nous traversons la ville puis nous dirigeons vers la côte. Il fait chaud et c’est un long week-end avec le 1er mai. Alors les gens vont à la plage et c’est une file interrompue le long de la côte. On longe le golfe de Mochima, toujours aussi beau. Les gens sont nombreux sur les plages et dans l’eau très calme. La route tourne tout le temps. On s’arrête un moment pour des boissons et des chips payées par la compagnie.
Voilà Cumaná que je reconnais. Je me sens chez moi. Le car nous mène à l’aéroport. Mes bagages sont dans les bureaux de la compagnie. Je suis soulagé ! Chacun se sépare et prend un taxi ou se fait prendre par un conjoint. Le taxi me mène à la marina. Un employé de la marina m’aide à porter un sac. Le bateau est à sa place, il n’a pas souffert. Il est juste sale, plein de déjections de cormorans…
J’ouvre la descente. Il fait chaud et ça sent le renfermé. J’aère. Je vois Antonio qui rentre en lancha d’une partie de pêche en famille. Je vais lui dire bonjour. J’en profite pour lui demander s’il connaît un artisan qui pourrait me faire vite un taud. Il connaît et on verra demain.
Je retourne au bateau. Je défais mes sacs de voyage. Finalement il ne manque rien et ils entent les fromages que je rapporte avec moi et qui devaient servir de repoussoir pour les douaniers. Mais heureusement des douaniers, je n’en ai pas vu à Caracas ! Ils auraient pu me taxer pour les pièces détachées que je rapportais pour le bateau…
J’appelle Mimi pour la rassurer, puis je vais voir Zuly… qui n’est pas là. Le port ne contient plus beaucoup de voiliers. Celui de Paulo n’est pas là, celui d’Emma non plus. Il y a peu de français maintenant. Je range mes affaires, je passe un coup de jet sur le pont.
Je dîne et me mets à écrire pour le site, pour vous retrouver ! J’écris, seul dans le carré.
Le bateau est mon petit chez moi. Il y manque Mimi. Pour le reste, je le retrouve tel que je l’avais laissé. Rien ne manque sur le pont, tout est en ordre. A l’intérieur, idem. Je ne suis pas dépaysé ; le séjour de 7 semaines en France, en Europe, n’a été qu’un intermède.
Pendant le retour, j’ai entendu parler uniquement espagnol et je n’ai parlé qu’espagnol, ou du moins j’ai essayé. Après le français, l’anglais pendant dix jours à Prague, les mots qui me viennent se mélangent, moitié anglais, moitié espagnol…
Je lis un moment et me couche tôt.

Le 02.05.2009

Je suis réveillé avant le jour. Dans la cabine il fait chaud même sans drap. Dehors tout est calme, alors qu’hier au soir je me suis endormi avec la musique à fond dans le bar de Marina Plazza qui jouxte la marina.
Je vais au marché faire un réapprovisionnement en fruits, légumes, poisson et viande. La saison avance, les clémentine ont disparu, les mangues sont là. Les légumes ont baissé. Mais le bus a augmenté. Il fait chaud. Mon corps pas encore habitué transpire. Je ne suis pas le seul. Les corps bronzés brillent de sueur. Les femmes ont relevé leur tee-shirt pour aérer leur ventre. Je suis frappé par la taille des poitrines des Vénézuéliennes. Je ne me souvenait pas qu’elles étaient si développées par rapport aux Françaises…
En rentrant, je vois Antonio qui sort en lancha. Il me confirme qu’il m’appelle lundi pour voir le fabriquant de tauds.
Pendant que j’écris, je vois l’aiguille du voltmètre monter à plus de 15 volts. Ce n’est pas normal. J’ouvre le coffre à batteries et je vois tout de suite qu’un fil de la résistance qui dissipe l’énergie en trop a fondu au niveau de la cosse. Je change la cosse. La résistance chauffe et le voltage redescend à 13,6. C’est la première panne depuis mon retour !
Je fais une sieste de trois heures, probablement à cause du décalage horaire. Puis je prends le jet d’eau et la brosse pour nettoyer le pont couvert de fientes de cormoran. Ils ont colonisé les sommets de mâts et le vent repend leur fiente sur le pont, le ponton et le quai ! Saloperie. Il me faut plus de deux heures pour redonner au pont la propreté d’avant mon départ…

Le 03.05.2009

Ce matin je place des pièces de rechange rapportées de France. Je change une carte électronique sur le tableau de bord du moteur. Puis je mets en route. Le moteur démarre au premier coup de clef. Il tourne bien. Je le laisse monter en température. Marche avant, marche arrière. Parfait.
Je place le nouvel AIS. Pour l’instant, il n’est pas reconnu par le PC. Ça reste à peaufiner…
Pour le déjeuner, je mange de bons produits vénézuéliens : avocat, côte de porc fumée, fruit de la passion. J’y rajoute un peu de camembert de France ! Il fait une chaleur soutenue car il y a peu de brise. Je transpire et bois beaucoup.
En fin d’après-midi je vais au cyber pour mettre des photos sur le site. C’est long, mais ça passe. A côté de moi les jeunes jouent à des jeux électroniques. Mais cette fois ci ils le font en silence…
J’appelle Mimi, ça fait du bien, car ici je me sens bien seul. Il n’y a que les deux alcolos en dérive qui sont sur leur bateau et n’en sortent pas ou si peu. Les voiliers sont partis dans les Caraïbes ou plus loin par peur de la piraterie.

Le 04.05.2009

J’ai bien dormi, je récupère le décalage horaire. Je me mets au bricolage pour changer les charnières cassées de quelques portes d’équipets. Ce n’est pas sans mal car l’oxydation n’aide pas. Je continue avec les pièces du guindeau que j’ai rapportées.
Pendant que je visse une pièce, un gardien de la marina et une femme viennent. Ils veulent que je les suive pour une vaccination. Pourquoi ? Parce que je viens de l’étranger et que je n’ai pas eu de vaccination en entrant. Quelle vaccination ? Contre la grippe en prévention ! Ça ne sert à rien puisque ce n’est pas contre cette nouvelle grippe. Ça ne sert à rien de discuter, c’est un ordre du gouvernement. Il faut bien qu’il se protège le gouvernement, alors il fait quelque chose. Il fait travailler les grands laboratoires internationaux en tous cas… Bon, je les suis. A la porte de la marina, l’infirmière est là, avec une glacière remplie de vaccins. Elle vaccine tous les employés et les navigateurs.
Je donne mon carnet de vaccination. L’infirmière marque le vaccin, mais elle n’a pas de tampon. La preuve internationale n’existe donc pas, mais elle dit que ça n’a pas d’importance… Elle pique, les deux autres français et moi, puis les employés…
J’avais demandé à Antonio et à Alexis de me mettre en rapport avec un fabriquant de taud. Ne voyant venir personne je rappelle Alexis. Pancho, le fabriquant arrive vers 11h30. Il prend les mesures et repassera à 15h avec un devis.
J’appelle José de l’agence de voyage qui me fournit les billets. Il n’avait pas lu le mail de Teddy, ni le mien pour trouver un billet pas cher pour Teddy… Ici il faut être derrière les gens si on veut que ça avance ! Il voit et doit me rappeler. En fin d’après midi, je le rappelle, il trouve un billet Air France, AR Paris Caracas pour 230 euros ! Super !
L’artisan qui fait des taud passe avec un devis à 500€, ce qui est exorbitant. Il m’explique que tout le matériel est importé et donc au prix européen… Je vais réfléchir.

Le 05.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à bord de son bateau à moteur. Il est à peine réveillé. Nous échangeons des nouvelles. Il m’apprend qu’hier il y a eu un tremblement de terre un peu au sud de Caracas qui a fait quelques dégâts jusque par ici… Je n’ai rien ressenti, il faut dire que j’étais sur l’eau… Christian passera m’aider pour quelques questions électriques avant que je ne parte.
Je fais ma lessive, puis l’inventaire de la nourriture à bord du bateau pour connaître les ressources avant d’aller faire le complément calculé large pour une traversée à la durée variable selon les vents, les courants et les ennuis. Ça me prend toute la matinée et je n’ai pas fini !
Je dois jeter des sacs de sucre en poudre trop humide, des sacs de farine avec charançons, idem pour des fruits secs. Dans le bateau il y a encore des charançons vivants, bien qu’il y aie bien des cadavres, mais il n’y a plus un seul cafard. L’acide borique est super efficace !
Depuis mon retour, les vents dominants sont d’ouest, alors qu’ils étaient d’est, nord est lorsque je suie parti, il y a près de deux mois. Si ça continue, ce devrait être facile d’aller en Guadeloupe. Nous verrons si ça dure. Par contre ce vent est faible et intermittent.
L’artisan me rappelle pour le taud. Je lui dis que c’est trop cher. Il repassera à 15h pour étudier un taud plus court.
Pendant que je monte une nouvelle ligne pour pêcher pendant la traversée, Christian passe pour voir le guindeau. Avec son expérience d’ingénieur, il trouve vite deux pannes : des fils oxydés qui ne laissent plus passer le courant. Il m’aide à les changer et tout fonctionne !Demain il faudra que j’aille acheter des cosses de différentes tailles.
L’artisan repasse pour le taud et nous tombons d’accord. Il sera prêt dimanche.

Le 06.05.2009

Toute la nuit il a soufflé un fort vent d’est. Ce matin Christian me dit qu’il vient de voir sur internet les photos de la pluie diluvienne qui s’est abattue sur la Martinique engendrant des inondations et des glissements de terrain.
Christian s’est abonné à internet via un modem en payant chaque mois. Car les wifis du coin ont mis des sécurités avec mot de passe. Il n’y a donc plus de wifi accessible dans la marina. Pas de service aux navigateurs. Il faut aller aux nombreux cybers du centre commercial en payant bien sur…
Je vais en ville à la recherche de cosses. J’en trouve certaines pas d’autres, introuvables ici d’après les marchands. Quelques courses et je rentre au bateau par le bus. A un moment le bus s’arrête à un carrefour. Le chauffeur siffle en direction du dehors. Il y a une marchande de poisson et un vendeur de papelon sur le trottoir. La vendeuse de poisson vient voir ce que veut le chauffeur. Un verre de papelon. La vendeuse de poisson va en prendre un chez le vendeur de papelon et l’apporte au chauffeur qui lui donne l’argent. Il était temps car derrière ça klaxonne. Qu’importe ! Le chauffeur redémarre et franchit le carrefour, verre à la main, jus de canne, de citron et glaçons. Il boit doucement en conduisant d’une main en prenant son temps. Lorsqu’il a fini il lance le verre en plastique par la fenêtre du bus…
Teddy m’appelle car il n’a pas encore reçu tous les éléments pour son voyage en avion, Vénézuélienne de 40 ans vient me demander si je n’ai pas vu Yann. Elle m’explique qu’il va se marier avec sa tante… Je la renvoie chez Philippe. Il est en train de boire avec Yann et des dames de compagnie.
Je passe à la BLU pour vérifier qu’elle fonctionne. A cette heure l’émission passe bien. J’essaie un peu à tâtons depuis le temps que je ne m’en suis plus servi. On m’appelle dehors. La même Vénézuélienne me demande ce que je fais, elle veut aller manger avec une amie dans le centre commercial et elle m’invite. Je refuse et elle s’en va. Elle a tenté sa chance…
Je me remets sur la BLU. J’envoie un mail de demande de fichier météo. Il part bien. J’attends un moment pour la carte météo. Je fais un contact et elle arrive. Donc ça fonctionne bien. La BLU consommant beaucoup d’énergie, il faut faire fonctionner le moteur en mer.
Demain il faut que je me penche sur l’AIS pour le faire fonctionner.

Le 07.05.2009

Réveillé de bon heure, je profite de la fraicheur pour me remettre sur le moteur de l’annexe. Il démarre puis cale. Je mets l’annexe à l’eau. Je veux descendre le moteur. Les vis du siège sont bloquées. Je force en mettant du WD40. Une vis se dégrippe un peu. L’autre résiste et c’est la vis de la poignée qui lâche. Je vais chercher la perceuse pour chasser les restes de la vis rouillée et agrandir le trou pour mettre une vis d’un diamètre supérieur. L’opération peut être simple, mais en l’occurrence, j’y laisse quatre mèches neuves achetées chez Casto en France ! Je passe plus d’une heure à désoxyder ces deux t dire que j’avais déjà fait la même chose il y a deux mois ! La navigation doit composer avec une oxydation permanente de la coque, de l’accastillage, du matériel électrique et électronique…et tout le reste !
Je mets le moteur sur l’annexe. Je démarre et le fais tourner un moment. Il ne tient pas le ralenti. Je redémonte le carburateur, nettoie et remonte. Même fonctionnement aléatoire. Le temps passe. Alors avant la fermeture de la pompe, je prends les jerrycans et je vais à la pompe de la marina. 65 litres de gasoil pour moins d’un demi euro. Je les vide dans les réservoir et fais un nouveau plein avec 15l d’essence : 0,6 euro. Les pleins sont faits à peu de frais. Au retour de la pompe je vois un plongeur qui nettoie les coques. Je lui demande s’il peut nettoyer la mienne. Il vient et me demande 300 bolivars (moins de 50 €). Un autre ce matin, m’a demandé 450… C’est d’accord. Le départ approche. Il faut encore que je m’occupe de faire remplir une bouteille de gaz pour avoir de la marge pour la traversée… La plaisance c’est fatigant !
Je retourne vers l’AIS. Mes connaissances en informatique étant ce qu’elles sont, je n’arrive pas à le relier au port com 4. J’y passerai encore du temps et j’espère réussir.
Mimi m’appelle pour me dire que Teddy n’a pas encore reçu de mail pour son billet électronique. Je rappelle José qui lui renvoie un mail avec son billet électronique. Espérons que cette fois sera la bonne. Le vol a lieu Lundi, dans peu de jours…

Le 08.05.2009

On est vendredi. Je veux changer un éclairage néon par un plus neuf. J’y passe vraiment du temps et ça ne marche pas. Je n’avais qu’à lire car c’est indiqué dessus que c’est en 220 volts. J’aurai pu gagner du temps. En tous cas, j’en profite pour nettoyer le coin de la cuisinière et de ses vapeurs grasses.
Je fais pendant ce temps le plein d’un des réservoir d’eau douce, puis de l’autre. Vu le débit des robinets ici, ça prend du temps. Pendant ce temps arrivent le nettoyeur de coque avec un ouvrier. Ils sont en combinaison. Ils ont un compresseur pour travailler sous l’eau sans avoir besoin de remonter sans cesse. Pendant que je suis dans le bateau, je les entends gratter la coque. Je fais une lessive car dans la cabine tribord, j’ai trouvé le drap mouillé. Je me demandais d’où pouvait venir cette fuite. Après recherche, elle venait d’un pack de canettes de bière. Deux canettes étaient percées par électrolyse sans doute !
Mimi me rappelle pour me dire que Teddy a reçu son billet jusqu’à Caracas, mais pas jusqu’à Cumaná… Je rappelle José qui me certifie envoyer un mail sur le champ ! J’appelle Teddy pour le rassurer. Il est tout joyeux de venir, de retrouver les tropiques et l’océan ! Tant mieux…
Je vais chez le coiffeur pour être propre pour le voyage et ne pas arriver hirsute aux Açores. Un homme neuf, je pense en me voyant dans la glace. Je fais un grand sourire et remercie ma coiffeuse très ronde.

Le 09.05.2009

Au réveil, je termine un livre que j’ai lu jusqu’à la fin sans grande conviction : Christophe Colomb, Mémoires de Stephen Marlow. Ce sont bien les mémoires de Colomb. Mais l’auteur, les écrit en à la première personne tout en se mettent par moment au 20ème siècle… Il parle des autres biographies de Colomb, compare, dit ce qu’il en pense sur tel événement. C’est énervant et on ne sait ce qui est vrai ou ce qui n’est que l’interprétation de l’auteur. 600 pages qui dressent un portrait psychologique et un univers historique avec le langage d’aujourd’hui. Je ne suis pas sur d’en savoir tellement plus sur Colomb et ses frères Bon si vous avez quelques chose de plus pressé à lire, vous pouvez…
Je vais au centre ville, à la serrurerie qui m’a fait le double de la clef moteur, pour qu’il me la retouche. Il est fermé, les magasins proches aussi. Il n’est que 9h, peut être n’ouvre t-il qu’à 10h. Je vais avenue Bermudes, là les magasins sont ouverts ou ouvrent. Je prends un bon papelon bien frais en pensant que bientôt, je n’en aurai plus l’occasion. Je retourne à la serrurerie à 10h. Elle est fermée, mais la fleuriste d’à côté a ouvert. Je lui demande si elle sait si la serrurerie va ouvrir ? Pas ce matin car il a eu un appel urgent de la faculté pour un travail et il est parti avec sa fille. Peut être cette après-midi ou mardi…
Avant 14h on frappe sur la coque. Je monte dans le cockpit. El señor Pancho et là avec deux de ses fils et le taud de soleil. Il est venu l’essayer avant de faire les finitions. Les bouts de fixation sont trop courts, mais le reste se présente bien. Il va faire les passages pour l’artimon et pour la balancine, rajoutes les fixations pour les côtés et il revient demain matin. Voilà un artisan vénézuélien qui respecte ses délais ! Le taud est blanc, il m’avait présenté du beige, ce sera plus salissant mais moins chaud.
C’est un jour sans. Je n’ai le courage de faire quoi que ce soit. Alors je glande, je me réfugie sur mon ordinateur avec la musique. Je trie les morceaux, les genres. Je m’occupe quoi. Je ne fais rien d’urgent, mais c’est comme ça.

Le 10.05.2009

Je change les pavillons ou ce qu’il en restait pour des neufs, France et Europe. Tout de suite ça présente mieux. Mais dans trois mois ce sera la même chose. Les fabricants de pavillons doivent en fabriquer dans le seul but que le client soit obligé de les renouveler rapidement !
Je démonte le vieux taud fait en Casamance pour récupérer les sangles très solides et les bouts. Quelle manie de récupérer toujours. Mais en mer on a souvent besoin de choses qu’il faut avoir à bord…
Je vérifie le gréement dormant et le gréement courant. Tout est en ordre. Je mets en marche le moteur qui démarre au premier coup. Je le laisse tourner un quart d’heure, marche avant, marche arrière puis de nouveau marche avant. Moteur et inverseur fonctionne bien. L’hélice pousse bien dans les deux sens.
Je range dans les deux cabines arrière.
Teddy arrive demain. J’aère. L’autre cabine sera pour Nataly, une Vénézuélienne qui m’a demandé de la déposer en Guadeloupe où vit sa sœur. Nous avions passé le nouvel an en sa compagnie avec son ami Philippe à bord du bateau d’André et de Sylvaine. Elle rigole tout le temps. Mais elle m’a annoncé qu’elle est malade en mer. Ça promet ! Mais de Cumaná à la Guadeloupe il n’y aura que 5 à 7 jours de navigation…
Aujourd’hui, c’est la fête des mères. Sur mon mob ile je reçois des publicités pour des appareils et des abonnements à prix bas pour les mères. Je n’ai plus de mère, ni de père d’ailleurs. La mère de mes enfants n’est plus… J’ai ce sentiment d’être orphelin que chante Barbara dans une de ses belles chansons. J’ai mes enfants et Mimi en France…
J’essaie d’appeler Mimi un bon nombre de fois. Hélas, il n’y a pas de ligne, tout le Venezuela téléphone en même temps. Je finis par l’avoir sur le fixe, puisque tout le monde utilise un mobile ici…

Le 11.05.2009

Je dors mal et suis réveillé tôt. C’est le dernier jour que je suis seul à bord. Teddy arrive ce soir. J’espère que les vols vont bien se passe pour lui et j’irai le chercher à l’aéroport de Cumaná. Je vais au marché pour réassortir le frais. Les mois passent, les fruits changent. Les clémentines sont rares ; les mangues sont revenues en nombre, de plusieurs espèces, délicieuses. Les fruits de la passion sont toujours là, les goyaves aussi. Des sortes de grosses jujubes sont apparues. Les poissons aussi changent, la lotte que j’aime bien se fait rare…
Au retour, je vois Alexis, l’agent à tout faire, il me rapportera la bonbonne de gaz remplie ce soir. Je lui rappelle que je lui donnerai les papiers à faire Jeudi, pour une sortie officielle.
Après le déjeuner, le señor Pancho passe avec deux de ses fils pour livrer le taud de soleil. Nous l’installons à quatre. Il va bien, avec les côtés qui descendent assez bas, ça fait bien de l’ombre tout en donnant une b elle hauteur sous toile. Blanc ce sera salissant, mais ce sera ce qu’il y a de plus frais. Et puis c’est très class !
Je nettoie le bateau. D’abord dedans. Je range et prépare les deux cabines arrière. En prenant les draps, je m’aperçois qu’ils sentent le moisi. Je les laves et ils sèchent en quelques heures.
Je nettoie aussi le pont, à cause des chiures de cormorans ! Quelle saloperie, ils reviennent toujours. Je les chasse toujours aussi. Et puis il y a cette poussière ocre qui se dépose sur les haubans, les taud, le pont. C’est une poussière de terre qui vient d’est avec le vent. Elle est fine, impalpable, mais salit tout. La sécheresse favorise cet envol de terre qui va se déposer plus loin.
Vers 17h, j’appelle Teddy. Il est à Caracas, il attend le vol pour Cumaná. Tout va bien ! J’avais commandé un taxi pour 19h30. A 19h45, il n’est pas là ; je lui fais téléphoner. Il est occupé et pourra être là dans une demi-heure… C’est chaque fois pareil ! Je trouve un taxi sur le parking du centre commercial. Il roule vite et je ne suis qu’à moitié rassuré.
A l’aéroport, Teddy est déjà là, tout sourire. Il est heureux d’être là, mais fatigué par le voyage. Nous revenons directement à la marina et au bateau.
Un t’it punch des œufs sur le plat et du fromage. Une courte discussion et Teddy va récupérer dans sa cabine.

Le 12.05.2009

Je suis réveillé avant Teddy, qui récupère son décalage horaire. Nous passons la matinée à se reposer et à prendre connaissance du bateau pour Teddy. A midi je prépare la cuisine car Nataly doit venir pour faire connaissance avec Teddy avant de se joindre à nous jusqu’en Guadeloupe. Elle arrive avec une amie, Amélia. Christian aussi arrive au moment de l’apéro. Il a du remarquer que nous avions deux filles à bord. Après l’apéro, il ne part pas, il déjeune donc avec nous.
Christian me demande si j’ai trouvé quelqu’un pour réparer les instruments de bord. Non, il n’y a personne ici qui sache faire. Il me dit : Si moi, lui qui m’avait dit ne pas avoir le temps. Il me laisse entendre qu’il passera. Il s’en va, Nathalie aussi, et Teddy va faire sa sieste. Je reste avec Amélia. Je la fais parler ; elle me raconte sa vie. 34 ans, deux enfants 11 et 10 ans, divorcée depuis 10 ans et au chômage en ce moment. Le tableau classique qui cherchent une aide. Je l’écoute : elle ne veut pas de mari macho vénézuélien. Elle a trouvé un Français de 60 ans qui veut l’épouser. Elle n’est pas amoureuse, mais il est gentil et il a fini par aimer ses enfants. Alors elle va sans doute se marier en France… Venezuela, Sénégal, Thaïlande, pays du tiers monde : toujours le même tableau des femmes qui rêvent de changer de vie, d’être amoureuses ou en tout cas à l’abris du besoin…
Il n’y a pas de vent et il fait très chaud !

Le 13.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à son bateau pour savoir s’il veut passer cet après-midi. Il n’a pas trop envie de faire ce travail… Il se fait prier comme une pute. Après une demie heure de négociation, il passerait dans l’après midi faire des mesures électriques… Vers 13 heures, je le vois entrer dans le bateau de Philippe, ils vont boire avec des filles…
Paulo et Nicole arrivent ce matin d’un séjour d’un mois en Martinique. Pour descendre au Venezuela, ils ont eu une mer agitée avec une houle courte, très inconfortable, avec un vent 20 à 25 nœuds. Il paraît que ça va se calmer en fin de semaine. Nous somme prévenus, la mer sera sans doute agitée.
Nous allons faire un tour en centre ville pour que Teddy découvre. Il cherche des tee-shirt avec Venezuela dessus et il en trouve…
Nathalie passe. Je le lui dis. Elle est songeuse, elle va réfléchir et nous dira dans l’après-midi si elle vient en bateau avec nous. Elle a déjà fait l’expérience en catamaran qui remue moins qu’un quillard et elle a été malade tout le temps. Je pense qu’elle ne viendra pas, ce qui m’arrangerait plutôt que de la trimbaler malade, avec son sceau…
Christian ne passant pas, je passe voir Paulo qui vient voir. Il réfléchit sur le circuit des instruments, fait des déductions et des mesures, y passe plus d’une heure et me dit ce que nous devrions faire. La nuit &étant tombée, c’est la pause.
Teddy fait la cuisine, nous mangeons et au lit après un peu de fraicheur dans le cockpit…

Le 14.05.2009

Dés le réveil, nous nous mettons à suivre les fils des instruments pour voir ce qui pourrait être coupé, dessoudé, oxydé. Finalement le sondeur fonctionne, alors que le loch refuse. Pour la girouette anémomètre, il faut que je monte au mât pour placer la nouvelle girouette. Je monte avec baudrier, assuré par la drisse de grand voile que Teddy raidit au fur et à mesure sur le winch. Je monte prudemment en haut des 15 mètres. C’est la première fois depuis plusieurs mois. Les muscles se tendent et j’arrive en haut. Je change facilement la girouette. J’en profite pour vérifier gréement et poulie. Tour va bien. Je redescends et nous essayons : l’écran n’indique rien. On a beau triturer les fils, vérifier les branchements… Rien… Bon, ce n’a rien d’indispensable. Teddy s’en passe facilement, moi, je préférée quand ça marche, mais nous verrons plus tard…
Je vais voir Alexis pour qu’il nous fasse les papiers de sortie du bateau et des personne. Au même moment un employé de la marina, m’apporte un passeport, celui de Nataly, qui donc viendra avec nous jusqu’en Guadeloupe. Pourvu que ça se passe bien et qu’elle ne soit pas malade tout du long !
En même temps, je récupère la bouteille de gaz qu’Alexis à fait remplir. Nous avons de quoi traverser !
J’appelle le changeur, qui viendra cet après-midi pour nous changer un peu d’argent pour faire les dernières courses que nous ferons demain matin et nous pourrons partir samedi matin. Teddy m’ayant fait remarquer que les marins ne partaient jamais le vendredi par superstition. Nous irons en Guadeloupe déposer Nataly et voir des amis de Teddy. De là nous ferons une halte à Saint Martin, l’île moitié française, moitié néerlandaise, faire le dernier ravitaillement avant la traversée pour les Açores. Teddy connaît la Guadeloupe et Saint Martin où il a fait de nombreux convoyages…
J’ai mon change vers 18h, demain nous pourrons aller au marché. Je vais au cyber regarder mails et météo. J’avais envoyé un mail demandant l’initialisation de ma carte Sim d’Iridium. Mais, je n’ai aucune réponse. Idem pour Daniel le routeur. Je téléphonerai demain.

Le 15.05.2009

Nous allons au marché. On y rencontre Nataly qui nous cherchait puisqu’elle savait que nous y irions. Elle nous emmène là ou elle travaille à faire des arepas et des batidos. Elle nous offre une arepa à chacun et une boisson. Puis elle nous emmène dans le marché aux fringues puisque Teddy cherche des tee-shirt avec marque dessus Venezuela. Elle nous mène là où il faut car nous n’avions pas trouvé avant…
Nous faisons des achats de fruits et légumes, poisson et viande. Nous rentrons au bateau sous une chaleur accablante qui nous fait transpirer comme des fontaines.
Alexis nous apporte les passeports et la zarpe (sortie) pour le bateau. Nous sommes prêts. Lorsqu’après déjeuner, Philippe nous appelle et vient au bateau. Il vient de recevoir un appel de Nataly qui ne vient plus car sa mère vient d’avoir un infarctus…
Teddy est déçu, il avait des espoirs qui s’écroulent… Nous serons donc deux pour le voyage. C’est Mimi qui va être rassurée !


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