Venezuela suite

Posted on décembre 14th, 2008 by Christian


Venezuela Suite

Le 12.08.2008
Nous nous réveillons tout excités par le départ en excursion à l’ouest du pays !
Dans la matinée, chacun remplit son sac à dos avec ce qu’il pense indispensable, pour ne pas nous surcharger.
Nous mangeons les restes qui ne se conserveraient pas et emportons quelques provisions pour le voyage.
Medregal étant le bout du monde, il ne passe pas de taxi sur la route. Jean-Marc demande à une camioneta qui vient pour emmener les voyageurs au marché. Pour nous seuls, il ne veut pas venir. Bon, ce sera Yoleida qui nous emmènera.
À 17h, elle vient garer sa voiture au bas du bateau. Je descends les bagages et nous embarquons. La route est toujours aussi défoncée. Pour faire les trente kilomètres qui nous séparent de Cariaco nous mettons une heure et demie.
Elle nous dépose à la gare des cars. Nous voulons un billet pour Valencia. C’est complet. Nous passerons donc par Caracas pour reprendre un autre car pour Merida.
Le car ne part qu’à 21h. Nous cherchons un endroit pour dîner. En face de la gare, en bord de route il y a un BBQ qui fume. Nous y allons ; sur le BBQ des morceaux de poulet grillent. Nous nous installons à la seule table de jardin. Le patron nous prépare une assiette avec riz, salade, banane plantain et poulet. C’est bon et copieux. Nous avons le temps. Les gens de passage s’arrêtent pour se faire servir et emporter leur portion. Certains s’arrêtent au milieu de la rue, gênant la circulation, mais qu’importe, c’est l’habitude ici…
Le car arrive. Il est vieux mais climatisé. Les sièges s’inclinent pour faire couchette. Nous nous installons. Le car démarre et enfile tournant sur tournant. Nous commençons à dormir lorsque le car s’arrête au bord de route pour arrêt pipi et ravitaillement. L’établissement est vite plein.

Le 13.08.2008
Le car repart dans la nuit. Nous dormons en nous retournant souvent dans un demi-sommeil.
À 9h, nous arrivons au terminal de l’Oriente. C’est très vaste.Nous prenons un taxi pour aller au terminal de la Bandera qui dessert les Andes et Merida. Ce terminal est tout aussi vaste.Nous y prenons un petit-déjeuner salé avec des pastelitos au fromage et au jambon. C’est bon et ça donne des forces.Dans les terminaux, la nourriture est plus chère qu’ailleurs, comme dans les gares en France…

Caracas salle d’attente de la gare des carsGarre des cars de CaracasBuffet de la gare
Nous laissons les bagages à la consigne. Nous pouvons nous promener dans la gare et regarder du haut d’un balcon les gens qui arrivent en voiture, parfois à 9 dans une seule 5 places…

Caracas depuis la gare des carsCaracas

Nous passons l’après-midi au terminal, car nous n’avons pas envie de marcher dans Caracas, avec dans la tête toutes les histoires d’agressions. Nous regardons les gens. La plupart sont ventrus, obèses. Les femmes n’en ont aucun complexe et s’habillent en tenue collante avec de profonds décolletés. Il est très rare de voir une robe et plus encore une jupe. Toutes ont un short ou un pantalon collants.
Les restaurants ont plein. Ici on mange à toute heure…
Le bus arrive et part à 19h. Des vendeurs viennent proposer leurs biscuits, colliers, montres…
Nous nous installons pour dormir, mais les postes retransmettent un film de Batman.
Il fait froid, très froid. La climatisation est à fond, genre frigo ! Mimi proteste en vain, il paraît que ça ne se règle pas…
On s’endort congelés. Un second film nous réveille. Indiana Johnes. Les passagers ont de l’endurance !

Le 14.08.2008
Le bus est si froid que nous regrettons de n’avoir pas acheté une couverture comme beaucoup de gens. Après plusieurs arrêts dans la nuit, nous arrivons à Merida. Nous n’avons pas vu le paysage pendant le voyage pendant le voyage car on doit maintenir les rideaux fermés car des pierres se détachent parfois des flancs de montagne des bas-côtés. Le rideau est censé amortir le choc et protéger des éclats de verre…
Nous allons aux guichets de vente de billets. Nous prenons les billets retour pour être surs d’avoir des places. Nous prenons des billets directs Merida Cumana pour le 22.
Nous prenons un taxi pour une posada que nous avons repérée sur le guide du Petit Futé. La posada Los Bucares a un patio intérieur et des chambres agréables.

Patio d’une posadaRestaurant d’une posada
Nous nous y reposons tendrement avant d’aller déjeuner en ville.
Nous nous promenons en ville. C’est la plus belle ville que nous voyons au Venezuela. Les rues sont très animées, avec de nombreux magasins et des promeneurs à toute heure. Les gens sont aimables et viennent au-devant de vous si vous semblez chercher quelque chose.

Rue de MeridaMaison du centre de Merida
Nous trouvons une agence qui propose des tours sympas et pas chers. L’agence Colibri. La patronne parle un français très correct, avec un délicieux accent. Nous prenons un tour pour 4 jours dans les Llanos. Nous prenons une chambre à la posada Alemania, très agréable. Nous y faisons connaissance de deux jeunes : Samuel et Hanitra. Ils sont venus pour un mois de vacances au Venezuela. Ils sont très agréables et nous dînons ensemble dans une pizzeria.Ça change un peu de la monotonie de la cuisine vénézuélienne.
Au retour vers la posada, nous sommes surpris par une pluie très violente. Rapidement les rues en pente se transforment en ruisseaux impétueux ! Les rues sont lavées à grandes eaux !
Nous rentrons heureux.

Le 15.08.2008
La matinée se passe à prendre le petit-déjeuner après un lever tardif. Nous discutons de nous-même, de nos tendances lourdes. J’explique à Mimi certains traits de mon caractère par mon histoire, par l’influence de mes lectures et particulièrement des philosophes stoïciens, épicuriens et ceux du siècle des lumières. C’est la première fois que je peux m’expliquer ainsi avec Mimi qui comprend mieux mon caractère, parfois à l’opposé du sien. Moi je connais sa vie à travers ce qu’elle m’en a dit et à travers son livre. Mimi est impulsive, aime la bonne vie dans l’instant. Elle fera tout pour ses enfants et sa vie aventureuse lui fait désirer plus de confort et de stabilité. Moi je suis plus volontaire, j’ai des projets dans la durée, j’ai envie de bouger et de découvrir. Je me sens jeune et en bonne forme.
Nous discutons de notre future séparation. Moi sur le bateau et Mimi à Paris. Nous espérons que notre amour résistera à cet éloignement. Pour ma part je rassure Mimi qui a pris la décision de partir mais redoute une issue fatale pour notre amour…
Il y a tant d’exemples de séparation de couples de navigants…
Nous sortons nous promener en ville. Nous allons voir dans les rues principales des stands d’artisanat, des peintres de rue semblables à ceux de la place du tertre à Paris.

Les peintres dans la rue

C’est agréable ; cependant nous ne voyons rien d’exceptionnel. Les rues en elles-mêmes sont très colorées. Les maisons sont de couleurs différentes : vert, bleu, jaune, rouge, gris ardoise…

Rue de MeridaMaison du centre de MeridaMimi à Merida
Certaines maisons ont des entourages de portes et de fenêtres d’influence hispanique, peints de couleur différente de celle de la façade. L’effet est superbe !
Nous allons chez un glacier qui fabrique des glaces au thon, aux spaghettis bolognaise, à la viande, au fromage et de plus classiques ; Amandes et fruits de la passion suffiront pour aujourd’hui. Le lieu est très couru. Les murs sont garnis de diplômes obtenus par le glacier et les gens visitent, achètent, dégustent.
Nous poussons notre balade jusqu’au téléphérique. Il est sur une place qui est remplie de stands de souvenirs et de nourriture. Mais le téléphérique qui monte en cinq stations de 1600 mètres, altitude de Merida, à 4770 mètres, non loin du sommet du pic Bolivar qui culmine à un peu plus de 5000 mètres, est fermé pour travaux d’une durée indéterminée depuis deux jours ! Calamité ! Nous ratons le sommet des Andes vénézuéliennes de quelques jours…
En retournant à la posada nous nous arrêtons pour manger un poulet à la braise. Le restaurant est vaste et il se remplit pendant que nous dînons. À une table plus loin, dîne une famille. La grande fille se lève et vient discuter avec nous car elle a entendu que nous sommes français et elle étudie le Français en première année de fac. Elle parle un peu avec un accent mignon. Son frère vient aussi. Ils sont directs et gentils. Leurs parents viennent les chercher pour lever le camp…
Sur le retour, nous passons devant le centre culturel. Sous une aile couverte mais sans murs, des jeunes s’entraînent à la Capueira au son du tam-tam. Ils sont d’une agilité surprenante ! Le combat ressemble plus à une chorégraphie qu’à un combat. 0 côté un autre groupe répète une chorégraphie sous les conseils d’un danseur metteur en scène. Nous regardons un bon moment les corps qui bougent avec grâce sur un rythme partagé. Il fait doux, mais les danseurs transpirent !

Capueira à Merida
Nous rentrons nous coucher car le départ est prévu demain à 8h, après le petit-déjeuner.

Le 16.08.2008
Lever tôt et petit-déjeuner de la posada qui prépare à la route : oeufs brouillés, fromage et jambon, pain beurre confiture et jus de fruit. De quoi tenir pendant le voyage qui s’annonce long en Land Cruiser Toyota.
Mérida est dans la montagne ; alors les tournants commencent. Nous montons vite et traversons des villages de montagne très jolis. Tabay, Mucuchies.

Chapelle de pierresla chapelleFileuse dans le village à côté de la chapelle

Les maisons sont toutes de couleurs pastel, rose, jaune, bleue…Il fait frais, nous sommes à 3000 mètres d’altitude !
Plus loin, vient San Raphael de Mucuchies, 3150 m. Là un croyant a construit une chapelle de pierres décorée par lui et sa femme. La population le considère comme un saint. La construction fait penser au palais du facteur Cheval en France. C’est l’œuvre d’une vie qui apporte au village quantité de touristes.
Après la visite, nous prenons un chocolat, spécialité de la région ainsi que les fraises à la crème. Les fraises sont délicieuses, mais la chantilly est trop sucrée…

Une pose
Le paysage est superbe. À la forêt ont succédé des champs, des potagers et des vergers, sur les pentes très fortes, avec des tuyaux d’arrosage apparents. Ici nous sommes en milieu indien, un haut lieu de la résistance à l’envahisseur hispanique.

Toyota colibri tourLe Groupele Paramole Paramole Paramole Paramole Paramo

Nous allons un peu plus loin et la voiture nous dépose à l’entrée d’un sentier de randonnée avec un guide. Une heure dans le Pàramo pour admirer la nature. Ça nous plait tellement que nous y resterons deux heures. C’est la montagne avec une alternance de prairies, de bosquets, de plantes variées, de torrents. La nature est magnifique et le brouillard couvre et découvre des hauteurs, des vallées ; la beauté est à couper le souffle à plus de 3000m !

Balade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoLouis le guideLouisMimiMimiBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le Paramo

Il fait frais, mais le soleil tape. L’eau des torrents est très fraîche. Mimi y goûte, moi aussi bien sûr !
L’eau ruisselle de partout, la végétation est très variée : champignons, mousses, lichens, plantes fleuries…. Je prends des photos. Mimi est heureuse, moi aussi. Les Andes, c’est très beau !
Arrêt déjeuner dans un restaurant de montagne. Les nombreux torrents fournissent des truites. Elles sont curieusement préparées, fourrées avec du fromage et du jambon. Ce qui tue le goût fin de la truite.

Vierge du restaurant
Nous reprenons la voiture. Le groupe est composé de jeunes autour de la trentaine et de nous. L’avantage en voyage, c’est que les personnes parlent vite de l’essentiel, de leur vie, sans différence due à l’âge, au travail… Luis, le guide a la trentaine aussi. Il est bilingue anglais, espagnol ; très aimable et joyeux. Il y a un trio d’amis d’origine maghrébine : Omar, Yassine et Abdelatif. Il y a un couple qui a la trentaine : Marco et Amélie. Enfin un couple de danois : Yunes et Krista, seulement anglophone. Le groupe est très agréable.
Nous reprenons la voiture jusqu’à Barinitas, lieu de naissance du Président Chavez. Une posada nous attend après bien des tournants dans cette route de montagne. Barinitas est l’entrée des Llanos. Nous sommes redescendus des Andes. Devant nous ce ne sont plus que de grandes plaines.
En attendant, c’est la posada nous réserve une chambre double. D’autres auront un hamac sous une véranda.

Mimi et une enfant de la posada
C’est l’heure de faire un rafting sur une rivière agitée locale. Je ne suis pas tenté, pour ne pas prendre de risque et ne pas pouvoir piloter seul le bateau. Mimi n’est pas tentée non plus. Alors pendant que les autres éprouveront les joies de l’eau, nous profiterons de nos derniers jours ensemble !
Dîner super de viandes grillées pour redonner des forces aux rafteurs et aux amoureux. La soirée se termine par des discussions au salon et tout le monde va se coucher vers 22h.

Le 17.08.2008
Petit-dejs à 7h et départ à 8h pour les Llanos. Après les montagnes, ce sont des plaines cultivées de maïs principalement. Puis viennent les plaines inondées Par le rio Apure, le second fleuve du Venezuela. Celui-ci est large, boueux, impétueux ; c’est le début de la saison des pluies. Il se répand dans les plaines avoisinantes.

Les terres inondées des LlanosVaches zébus sur les routes

Les paysages donnent une impression d’infini, avec des vaches de-ci de là, des milliers d’oiseaux.
Nous arrivons dans une ferme vers 13h après des kilomètres de pistes entre des propriétés.
Un déjeuner typique nous attend : des spaghettis bolognaises ! Nous nous installons dans un grand dortoir. Les toits en tôle dissipent une chaleur importante. Certains parlent d’aller dormir dans des hamacs. Là, au moins il n’y a pas de moustiques !

le dortoirle dortoir
Après une courte sieste, nous partons en Land Cruiser voir des animaux : Hérons de divers espèces, ibis, rapaces, agoutis en famille, caïmans, iguanes et d’innombrables espèces d’oiseaux.

le groupepetit iguanenid de guèpesOiseaux dans les terres inondéesPlaine des LlanosLes LlanosLes LlanosLes Llanosune tortue et AmélieTroupeau de vachesjolis fruitsFruit dont on fait les maracasFruit très bonGraines d’arbreMimi dans la Toyota

Nous ne rentrons pas tard pour aller faire une balade à cheval. Mimi n’en a jamais fait. Moi j’en ai fait un moment avec les enfants et leur mère. Chacun choisit un cheval. Le moniteur nous aide à monter. Mimi a fière allure sur le sien. Tout le groupe est en selle.Le moniteur nous explique comment tenir les guides et en route !

A chevalMimi et son cheval!Mimi apprivoise son chevalMimi à la descente de cheval
Nous prenons un chemin de terre qui longe les propriétés. Puis nous entrons dans les plaines inondées. On voit l’herbe qui est noyée dans 20 centimètres d’eau. Pas question de tomber pour rester propre !
Mimi Hésite et suit le groupe. C’est l’occasion de faire trot et galop. Histoire pour moi de retrouver des sensations, des rythmes. Quelle impression dans ces terres immenses, sous un ciel nuageux et ensoleillé ! Nous arrivons à une ferme du patron de la posada. Nous mettons pied à terre. Mimi est heureuse. Nous arrivons pour voir le patron aider d’un aide débiter une vache qui a eu un accident et qu’il a fallu tuer. Il débite au grand couteau et sépare les côtes à la hache ! Le sang en impressionne certains, certaines plutôt.

A cheval!Le patron dépèce la vacheA la hache!

C’est vraiment la campagne comme je la connais, avec l’étendue en plus. Ici il faut avoir un caractère trempé. Le premier voisin est loin ! Il n’y a d’électricité que celle produite par le groupe électrogène des fermes…
Il faut savoir vivre sur ses propres ressources…
Nous remettons le pied à l’étrier et c’est le retour dans ces terres inondées au trot et au galop. Personne ne tombe. Mimi est enthousiasmée et moi je suis heureux d’avoir retrouvé des sensations dans un cadre aussi beau et heureux que ça aie plu à Mimi.

Coucher de soleilChevauchée dans les prairies inondéesUn  repas bien venu!Un convive de la maison
Le dîner nous attends dans la bonne humeur.
Sortie de nuit en Land Cruiser pour voir des animaux. Dans les terres inondées, de chaque côté de la piste, on aperçoit des yeux de caïmans dans les phares des guides. Il y a de nombreux oiseaux. Je me souviendrai longtemps des yeux de caïmans brillant dans la nuit, rouges ! S’égarer seul lorsque l’on ne connaît pas doit être fatal !
Au retour le dortoir est très chaud ! Chacun tente de dormir. Je m’endors tout de suite et dors bien. Ce n’est pas le cas de Mimi…

Le 18.08.2008
Le groupe a peu dormi à cause de la chaleur et des ronfleurs dont je suis. J’ai bien dormi. Je ne dis rien.Petit-dej à 7h30 et départ à 8h30. Nous regardons les animaux. Nous voyons des familles entières d’agoutis, les plus grands rongeurs du monde, gros comme des cochons moyens. Ils sont dans les prairies inondées, entourés de grues, de hérons, d’ibis….

Un caïman mortCiel des LlanosOiseauLes agoutis
Nous arrivons à un endroit propice pour pêcher le piranha. Halte. Le guide nous montre et nous donne à chacun une ligne avec un hameçon et un bas de ligne en acier. De la peau de poulet fait l’affaire pour le leurre. À peine la ligne jetée, ça mord. Il faut ferrer au bon moment car très vite l’hameçon est nu sans appât. Nouvel appât et ça mord de nouveau. Amélie en pêche un la première. Il est beau, blanc, jaune et rouge, avec des rangées de dents aiguisées ! Il faut l’assommer avant de le décrocher de l’hameçon.

Mon premier piranhaUn piranha
Pour ma part, j’en pêche deux. Quelques autres an pêchent et d’autres sont bredouilles. En tout cas c’est un bel exercice de pêche. On se lave les mains au bord, avec de petits poissons qui viennent voir !
Au retour certains sont dans la voiture d’autres sur le toit pour voir les animaux. Sur le toit, sur une piste défoncée, ça ressemble à du rodéo ! Il faut bien se tenir. Mais le spectacle vaut la chandelle !
Déjeuner à 13 heures dans la bonne humeur.

Mimi fatiguéeDîner

Après une sieste courte dans la chaleur, une sortie est prévue pour tenter de voir un anaconda. Mimi est fatiguée et elle reste à la ferme. Je vais avec le groupe. Luis et Ramon vont en bottes dans l’eau et bougent un bâton devant eux. Ils remuent les herbes. Soudain, Ramon voit une tête. Aidé de Luis ils taquinent l’anaconda qui se love en boule. Luis attrape la queue après plusieurs tentatives infructueuses, car l’anaconda n’est pas coopératif. Une fois étiré, il mesure plus de 4m.

Luis et Ramon attrapent l’anacondaAnacondaAnacondaanacondal’anaconda!Recherche de l’anaconda

Il est gros et à un diamètre de près de 25 cms. Louis qui tient la queue, la passe à Marco,puis à Yacine qui éprouvent la résistance de l’animal. Belle bête, quand même. Il vaut mieux lui tomber dessus que de se faire surprendre par elle. C’est un serpent constricteur qui entoure ses proies et les entraîne dans l’eau pour les noyer, après quoi elle les avale pour les digérer lentement…
On voit de nombreux iguanes, perchés sur les branches des arbres pour se chauffer. À notre approche, ils se laissent tomber à terre et rejoignent l’eau pour disparaître.
On continue la route jusqu’à un embarcadère.Nous prenons une pirogue pour aller sur les eaux, jusque sur le rio Apure.

Le rio ApureOiseauLe mâle défend sa femelleOiseauEn lancha sur le rioEn lancha sur le riole riosur le riosur le rioHéron butor qui se cache

De chaque côté, la végétation est luxuriante. De grands arbres entourés de lianes pendantes, colonisés par les orchidées et les plantes saprophytes. Sur l’eau poussent des plantes aquatiques et des lentilles d’eau. Les plaques vert tendre alternent avec les plaques vert pomme. L’eau est marron et parfois le soleil la rend rouge transparente. Il y a des milliers d’oiseaux le long des bras d’eau. Un héron butor se tient droit sur son nid, ne bougeant pas d’une plume pour faire croire à une branche. Un couple de gros oiseaux dont nous approchons le nid a une tactique identique pour la femelle sur le nid et une tactique de parade agressive pour le mâle un peu plus loin. Il y a des milliers d’iguanes sur les arbres.
Arrivés sur le rio Apure, nous voyons des dauphins d’eau douce. Leur peau est rose, avec une bosse sur le dos ! Ils tournent autour de la pirogue.
Nous rentrons à la nuit.

coucher de soleilMimi monte à cruLes françaises amoureusesMimi se baigne avec ses copinesMimi et son amie

Nous retrouvons Mimi qui s’est baignée avec des filles de la ferme et un garçon qui tente sa chance, dans l’eau avoisinante. Ensuite elle a refait du cheval avec un fils de la ferme et deux jeunes sœurs française arrivées avec un tour et qui sont restées sur place, amoureuses de deux jeunes garçons de la ferme et bien accueillis par toute la famille…
Le soir nous sommes les seuls à dormir dans le dortoir chaud. Les autres ont préféré aller dormir dans une case de hamacs, plus aérée. Nous profitons de notre tranquillité !

Le 19.08.2008
Retour en Land Cruiser. On quitte les Llanos que je ne suis pas prêt d’oublier, et l’on revient dans le Pàramo tellement beau aussi. La plupart s’arrêtent à Barinitas pour prendre de là un autre tour…
Nous continuons non sans avoir échanger nos adresses mail. Yunes et Krista continue avec nous. Mimi veut acheter des hamacs en souvenir. Nous nous arrêtons dans les villages de montagne. Ils sont chers et Luis lui dit qu’elle en trouvera à Merida. Nous achetons des fraises du pays que nous dégustons au retour.
Nous arrivons vers Mucuchies et voyons un embouteillage ! De nombreuses voitures sont toutes allées au même endroit. Car il a neigé ce qui n’arrive qu’au mois d’août tous les trois ans en moyenne. Elle redescendent des cimes enneigées avec des bonshommes de neige sur le capot. On s’arrête un peu plus loin prendre un chocolat. Sur le parking, un malin a fait un gros bonhomme de neige et fait payer la photo. D’autant plus qu’il a doté son bonhomme d’un pénis de bonne taille que viennent caresser quelques coquines, photo souvenir à l’appui !

Eboulis sur la routeBonhomme de neige sur le capot d’une voiture
On arrive vers 18h, heureux et fatigué par la route de montagne. Nous allons manger une pizza et au lit !

Le 20.08.2008
Nous nous baladons tranquillement dans Merida en dégustant quelques glaces et en essayant de trouver un tour pour une journée dans le Pàramo.

Fraises à la crème! Hum!Avocats dans le patio de la posadaPose dans un caféMur de MeridaMur de MeridaMur de Meridarue de MeridaRue de MeridaRue de MeridaRue de Merida
Nous ne trouvons pas ce que nous voulons. Le patron veut bien à un prix qui ne nous convient pas. Des jeunes se joignent à nous et nous faisons une proposition groupée qui entraîne une contre-proposition qui ne nous convient pas…
Nous allons traîner vers le téléphérique fermé ; nous ne verrons pas les sommets des Andes vénézuéliennes ! Au retour de manger un poulet à la braise, on rencontre dans notre posada trois jeunes français: Florian, Carole et Sophie. Ils passent leurs vacances ensemble au Venezuela. Ils ont entre 22 et 24 ans et sont très sympas. Carole a fait du voilier et rêve de faire une grande traversée. Je l’encourage et lui parle de la bourse des équipiers sur Sail The World. Elle m’assure qu’elle persévérera ! Je crois bien qu’elle en est capable !
Balade au marché central de Merida pour découvrir l’artisanat et voir des hamacs. Mimi tombe en accord avec une femme qui vend des plantes médicinales et cosmétiques. Elles s’embrassent.C’est touchant, alors qu’elles ne parlent pas la même langue.

Mimi au marchéOn trouve tout au marché!Vraiment tout!Une famille rencontrée au marché
Après avoir fait déballer bien des hamacs mimi en choisit un coloré et un écru. Ils sont grands et beaux. J’espère que leurs destinataires trouveront la place pour les installer à Paris !!!
De retour à la posada, Mimi fait un dîner rapide dans la cuisine à disposition. Puis nous buvons avec nos trois jeunes amis du vin de mûre du mûrier. J’ai acheté le doux car l’autre ressemble à du vinaire. Il faut goûter, mais ça n’est pas inoubliable…

Le 21.08.2008
Nouvelle balade au marché, avec les jeunes cette fois. Eux aussi cherchent des hamacs.

Chantal et SophieUne galerie du marchédans la galerie dcu
Nous achetons quelques souvenirs. Le soir nous allons dîner dans un restaurant végétarien. Grande présentation, genre nouvelle cuisine, mais peu de quoi se restaurer après avoir marché longtemps….

Nouvelle cuisine végétarienne

Le 22.08.2008
Petit-déjeuner à la posada, puis taxi jusqu’au terminal des car. Nous prenons des billes pour un car direct Merida-Cumana. Durée du voyage 24h.

Un accident sur la route!Arbre emblème du Venezuela qui fleurit jauneVégétation luxurianteAvec un car comme ça on est sur d’arriver à bon port!Le golfe de MochimaBord de routeBord de routeBord de routeBord de routeBord de routeBord de routedepuis le carLes murs des villesLes murs parlentles murs militentLes murent éduquentle paysage

Mimi est rassurée, nous avons acheté une couverture pour l’occasion. Nous avons bien fait, car le bus est très confortable, mais gelé !

Le 23.08.2008
Le car a bien roulé car nous arrivons à Cumana vers 12H30. Nous prenons un taxi aussitôt pour Cariaco. Il longe la mer et le golfe de Mochima, c’est très beau !

Une vielle américaine pour 6 passagers, c’est un porpuestoAttente à Guacarapo…

A Cariaco, il pleut ; on mange et l’on attend. J’appelle Jean-Marc qui dit qu’il nous envoie quelqu’un. Une camioneta passe et on la prend jusqu’à Guacarapo. Là on attend sur des fauteuils de jardins prêtes par une tenancière de bodegon, devant sa boutique. Nous attendons et ne voyons venir ni l’envoyé de Jean-Marc, ni une autre camioneta. La camioneta qui nous avait conduit jusque-là repasse et nous propose de nous emmener à Medregal pour 40 bolivars sous prétexte que la route est mauvaise.Il n’y a pas d’autre solution et nous rentrons ainsi.
Nous sommes au bateau à 18h et nous nous installons pour la soirée et la nuit.
Nous prenons une douche après avoir récupéré les clefs des douches désormais réservées aux seuls occupants des bateaux dans la marina. J’avais prévu de manger au restaurant du village, mais ce soir il fait relâche. Je fais cuire des pâtes. Nous prenons l’apéro ; Mimi parle et me presse de cesser le voyage. Je me couche mal à l’aise…

Coucher de soleil sur Medregal

Le 24.08.2008
Après le petit-déjeuner, je vais sur internet pendant que Mimi fait ses bagages.
Nous déjeunons à bord puis nous passons près de deux heures dans la piscine au soleil.
C’est agréable ensemble !
Mimi finit ses bagages. Je les descends au bas du bateau. Yoleida arrive et nous quittons Medregal. Nous arrivons à Cariaco vers 19h. Nous disons au revoir à nous deux aimables chauffeurs, Yoleida et son frère Raul.
Nous laissons les bagages au bureau de la compagnie et l’on va manger un poulet à la braise au même restaurant de bord de route.
Notre car est en retard. Nous partons à 21h. C’est un bus vieux, peu confortable, mais pas gelé. Nous avons du mal à nous endormir…

Le 25.08.2008
Le car s’arrête pour se restaurer à minuit. Il y a la queue pour pisser puis pour commander une boisson et la payer. Il y a une prime aux plus réveillés !
Le car repart dans la nuit, la musique à bord doit aider le conducteur à ne pas s’endormir, mais n’aide pas les passagers à trouver le sommeil. Qu’importe, c’est ainsi jusqu’à 5h30. Au moins l’air conditionné n’est pas gelé, c’est toujours ça. Nous arrivons à Caracas, au terminal de l’Oriente. Le terminal est très grand et neuf. Il y a les guichets de vente de tickets et les stands de restauration, chacun avec sa musique ou sa télé.
Mimi et moi sommes fatigués. Que faire ? Mimi veut aller d’abord à l’aéroport. Un taxi nous y mène pour 150 bolivars. Malgré l’heure matinale, les voies rapides qui traversent la capitale sont très chargées. Les gens vont travailler et en plus en période de vacances scolaires il y a des vacanciers. Nous quittons la ville ou plutôt les barrios qui occupent toutes les collines, pour la route de montagne qui descend vers l’aéroport en bord de mer.

CaracasCoucher de soleil sur CaracasPetare le plus grand barrio de Caracas
Arrivés, Mimi repère un chariot. Nous chargeons ses bagages et en route pour explorer les ressources du lieu.
D’abord un petit-déjeuner, histoire de nous réveiller et de calmer l’estomac qui réclame. Comme dans tous les aéroports, c’est cher et chiche. Je vais à la recherche d’un bureau de renseignements. Je finis par en trouver un qui est fermé. Il faut attendre. Mais que faire d’autre dans un aéroport ?
Lorsqu’il ouvre, je demande s’il y a un plan du lieu. Non pour raison de sécurité. Y a-t-il une consigne ? Non pour raison de sécurité ! Il y a pourtant encore des passagers, mais on va bientôt les supprimer pour des raisons de sécurité…
Nous ne pouvons donc pas laisser les bagages et aller à la plage… Mauvais plan !
En allant à la recherche d’un lieu tranquille un homme nous arrête et veut notre chariot. Pourquoi ? Nous avons pris un chariot qui ne doit servir que de l’autre côté, après l’embarquement, dans la zone hors taxe. Mimi est furieuse. Je proteste et ne veux pas rendre l’engin. Un policier vient et j’explique que nous voulons garder le chariot. Rien à faire. Il y a des porteurs avec chariots, mais pas de chariots gratuits dans cette zone. Nous avons bon expliquer que dans les aéroports des autres pays il y en a, et que c’est un service pour le passager. Rien à faire. Nous concluons en ironisant sur un pays qui ne peut payer des chariots pour les passagers… Et nous rendons l’engin.
Il n’y a plus qu’à se traîner les lourds sacs de Mimi. Heureusement qu’ils roulent, mais quand même. Nous allons jusqu’à une zone de restauration au premier étage et nous occupons un coin avec nos bagages. Nous n’avons plus qu’à voir défiler les heures. Nous discutons de l’aventure du voyage, du retour de Mimi, de ses projets de livre, de travail…
À l’heure du déjeuner, nous allons chercher des plats dans un restaurant voisin et les mangeons dans celui que nous occupons depuis ce matin…
Je retourne voir le stand d’Air Europa muni de la réservation. Le guichet est encore fermé.

Aéroport de CaracasAéroport de CaracasAéroport de Caracas
Je vais alors dans la banque pour retirer de l’argent. Je fais la queue qui avance à une vitesse désespérante. La guichetière me renvoie à l’étage. Nouvelle queue. Mimi me bipe avec son téléphone. Je tente de l’appeler en vain. Elle me bipe plusieurs fois. Elle s’impatiente. Je ne laisse pas tomber la queue. J’obtiens enfin l’argent dont j’ai besoin et je vais au guichet d’Air Europa, enfin ouvert. Le guichetier regarde les papiers et dit que tout est en règle et qu’il suffit de se présenter à l’enregistrement pour obtenir le billet électronique.
Je retourne voir Mimi. Elle est sens dessus dessous. Elle me croyait disparu, arrêté, car j’étais absent depuis une heure et demie…. Sous le coup de l’émotion, elle pleure. Je la console. Nous buvons un jus d’orange.
En route pour l’enregistrement. La queue est petite. Mimi passe vite. Pas de surpoids, tout va bien. Elle a son billet. Il faut aller payer la taxe d’aéroport de 115 bolivars. Muni du reçu Mimi va à l’embarquement. Elle se fait refouler car il manque une fiche d’immigration. Il faut retourner à l’enregistrement, demander la fiche, la remplir et revenir à l’embarquement.
Avant le portail de sécurité, nous nous quittons avec des embrassades, des promesses de nous donner des nouvelles régulièrement, de nous aimer malgré l’absence.
Mimi passe le guichet, le portique, un second portique… Ce sont les derniers adieux de loin, avec l’émotion de la séparation pour des mois…
Mimi part vers son avion. Je vais chercher un car pour Caracas. J’en trouve un à quelques centaines de mètres qui rejoint la capitale pour 15 bolivars. Le car part presque aussitôt. Mon voisin discute, m’indique les quartiers de Caracas, les musées, le théâtre. Le centre est beau et aisé ! Je descends à la station du parc central. Là je rends un taxi pour le terminal des cars d’Oriente pour 50 bolivars. Le taxi rend les voies rapides embouteillées.
Arrivé au terminal, je cherche les guichets et celui qui vend des billets pour Cariaco. On me propose un car qui part à 20h et un autre à 21h. Je prends le second pour ne pas arriver de nuit à Cariaco. J’ai le temps d’aller manger un poulet à la plancha et d’attendre le départ dans une salle d’attendre. Une jeune fille m’offre un bonbon à la menthe. On discute un peu. Elle a le billet d’à côté de moi. Le responsable de la compagnie vient me chercher, il a revendu quelques passagers à une autre compagnie. On nous échange les billets et nous attendons dans une nouvelle salle d’attente. On vient nous chercher pour embarquer. Le car part à moitié rempli. Il n’y a des personnes montent et une vieille femme monte à côté de moi. Je me rendors tout de suite avec un sommeil sans rêves…

Le 26.08.2008

Dans la nuit, le car fait un arrêt pipi et buffet. Dans le car, l’air conditionné est gelé. Dehors la nuit est moite et chaude. Il est 4h du matin et la musique du buffet en bord de route est à fond, sans doute pour réveiller tout le monde, employés et passagers.
Le car repart dans la nuit. Nouvel arrêt à Porto La Cruz, puis à Cumana.
Le long du golfe de Cariaco, la route est sinueuse et le jour est maintenant levé sur la mer bleue.
Nous quittons la mer et ne tardons pas à arriver à Cariaco. Il reste peu de passagers. Quelques-uns descendent, les autres vont à Carupano, plus loin encore.
Un taxi m’aborde. J’hésite puis demande le prix pour aller à Medregal. 80 bolivars. C’est trop cher, je décline l’offre. Je vais à pied au marché. Il est 6h, les marchands déballent. J’achète des légumes. En vue de prendre une camioneta, je vais au centre ville à l’arrêt. Quelques camionetas passent, mais ne s’arrêtent pas.Une heure plus tard, j’arrête un taxi qui m’explique que la route est coupée à Campoma par les habitants qui n’ont toujours pas obtenu les travaux promis de réfection de la route dans leur village. Inutile d’attendre une éventuelle camioneta ici. Il faut retourner au marché. Là, il y a un arrêt pour Campoma.
La queue est grande et les véhicules rares pour cette destination. En face une femme fait des empanadas. J’en prends une histoire de faire patienter. Plusieurs taxis emportent une cargaison de personnes, sept dans les vielles américaines. J’en ai assez d’attendre à l’ombre d’un arbre. Des personnes vont vers un taxi et discutent. Je les suis. Je monte, nous sommes 4 à l’arrière. Le taxi nous emmène à Campoma. Là, des hommes font barrage. Les taxis s’arrêtent. Les hommes invitent ceux qui veulent aller plus loin à s’asseoir sur des sièges en plastiques rouge. Ça fait très révolutionnaire. Le sourire et la gentillesse en plus. J’explique que je viens de France, que le pays me plait et que les gens sont gentils. L’atmosphère est sympathique, mais il fait chaud et je suis fatigué par ce long voyage…
Une camioneta arrive, pleine de marchandises et de quelques personnes. Un homme va voir, parlemente et me fait signe. La camioneta va à Cachicato, plus loin que Medregal. Je monte et m’assieds sur des sacs, de sel ou de riz, entre un vieux couple et une maman et son enfant qui dort sur les marchandises.
Super, ça roule et dans la bonne direction ! Je refais la route qui me mène au bateau.
J’arrive à midi à la marina, sous un soleil de plomb.
J’ouvre le bateau pour donner de l’air et je fonce prendre une douche.
En prenant un pastis bien frais, j’appelle Mimi qui est peut-être arrivée à Paris. Je n’obtiens que sa boîte vocale…
Je me couche très fatigué.

Le 27.08.2008
Je me réveille tôt. J’ai mal au ventre. Je me rendors plusieurs fois. Je me lève enfin ; je vais prendre une douche puis prends un petit-déjeuner. Les bouchées ne passent pas. J’ai mal au ventre. Je vais sur internet. J’ai un mail de Sophie qui me raconte les détails importants de sa vie. Ça me fait très plaisir.
Cependant j’ai mal au ventre. Je vois Jean-Marc qui me demande si le voyage s’est bien passé. Je lui raconte. Finalement je m’aperçois que j’ai mal aux abdominaux, ce qui m’empêche de respirer à fond. Ça fait comme si j’avais reçu un formidable coup de poing à l’estomac.
Je croyais avoir essuyé le coup du départ de Mimi ; ça ne fait que commencer. Je me traîne.
Je fais à déjeuner et mange sans faim. Je me couche pour me reposer. AU réveil, mes abdominaux sont toujours aussi douloureux….
Je vois Jean-Marc qui me demande si je peux le payer car la réparation du travel lift le laisse raide. Bien sûr que je le paye et il m’offre une bière.
Je mets sur le site quelques pages.
Le soir, je me couche, ravagé par le mal aux abdominaux.

Le 28.08.2008
Je passe la journée en me traînant du lit à la banquette et parfois au cockpit. J’ai de plus en plus mal ; je ne peux écrire, lire, ni même manger
Je joins Mimi par téléphone. Elle tourne en rond dans son appartement.
Le soir l’alimentation de mon ordinateur mac ne fonctionne plus. C’est le bouquet…

Le 29.08.2008
Nuit hachée ; je suis réveillé par les crampes dans le ventre. Je n’ai rien pu manger depuis deux jours.
Je me lève et décide d’aller voir Jean-Marc et Yoleida pour me faire conduire à Cariaco chez un docteur. Car maintenant j’ai mal au ventre mais aussi aux reins.
Pendant que j’écris, je dois arrêter car un grain souffle. Je mets les instruments. Le vent souffle entre 30 et 40 nœuds. Le golfe se couvre d’écume à la crête de chaque vague. Il va pleuvoir !

Un Grain passeUn grainles bateaux sous le grain
Je vais donc à Cariaco avec Yoleida et des voisins. Elle me dépose à l’hôpital tenu par des coopérants cubains. Un planton oriente. Oui je vais bientôt passer aux urgences. Je m’assieds en attendant. Mais il ne tarde pas à m’appeler. La salle de consultation est avec deux médecins et deux malades. J’explique au mien ce que j’ai, il me pose quelques questions, puis il prescrit, d’abord une piqûre par l’infirmière, puis une échographie.
Je vais m’asseoir de nouveau. Le planton vient me rechercher. L’infirmière est libre et me fait une intraveineuse avec une seringue neuve. Rien à dire côté asepsie.
Je vais me rasseoir un moment. Le planton vient me rechercher pour l’échographie. Le praticien m’enduit le ventre de gel et ausculte. Pendant ce temps, nous discutons. Il me dit que la radiologue parle français. Il va me la chercher. Elle parle un peu et retourne à son travail.
Le médecin qui fait l’échographie ne trouve rien d’anormal. Sauf une irritation de l’estomac. Il prescrit une endoscopie. Mais comme j’ai pris un thé ce matin, il me dit de revenir lundi matin à jeun.
Je revois le médecin diagnostiqueur. Je lui dis que la première piqûre n’a pas fait d’effet. Il m’en prescrit une autre. Je retourne chez l’infirmière, quelques portes plus loin et elle me fait la piqûre en envoyant les injections toutes les quelques minutes. Je demande ce que je dois : rien, c’est gratuit. Super !
J’attends Yoleida et pendant ce temps, le médecin radiologue cubain vient me voir. Elle parle le français un peu et le lit assez bien. Je luis dis que je veux aller à Cuba après. Elle va me donner l’adresse de ses parents, pour que je puisse les voir et leur donner de ses nouvelles. Les communications sont chères entre Cuba et le Venezuela….
Je rentre au bateau, je prends un pastis et réussis à manger un peu d’avocat et quelques raviolis. Victoire !

Le soir, ça va nettement mieux. Je parle avec Hervé et son épouse Evelyne revenue de France. Ça me fait du bien d’être avec eux, de parler français. Seuls les moustiques ont raison de ma détermination. Je retourne au bateau et je dors bien !

Le 30.08.2009
Ce matin comme je vais bien j’ai envie d’aller faire le marché à Cariaco. Ce n’est pas que j’ai besoin de grand chose, avec toutes les provisions que j’ai sur le bateau, mais un peu de frais fait du bien. Et puis en allant mieux, j’ai envie de sortir, de voir du monde. Dans la camioneta il n’y a que des nordiques, suédois et Danois qui parlent anglais, bien mieux que moi.
Swen qui a navigué 28 ans avec son épouse a jeté l’ancre à Medregal. Il a acheté un terrain, fait construire une petite maison et ouvre une pizzeria. Il me parle des îles à voir et celles qui ne valent pas la peine dans le sud des Caraïbes. Ça me redonne un peu envie de naviguer. J’enregistre… Au marché, j’achète fruits et légumes et du poisson. Puis j’attends l’heure du retour en camioneta. La route se passe sous la pluie. Décidément il pleut chaque jour ces temps-ci. Une pluie chaude. La mer elle-même est à 32° ces temps-ci!
Je rentre au bateau faire une sieste, sans autre motivation.
Je me réveille vers 19h. Je bricole de l’informatique. On frappe à la coque. C’est Hervé et Evelyne qui viennent me chercher pour dîner au restaurant. C’est gentil à eux de penser à moi. Nous allons au bar en attendant que le service soit prêt. Les moustiques nous attaquent avec virulence. Hervé va chercher une feuille d’aloès véra. Il s’en tartine les jambes. Il me la passe et je fais de même. Effectivement ça soulage et ça dissuade les moustiques toujours présents.
Nous dînons ensemble en discutant de navigation, des pays, des gens. J’ai du mal à manger ce qui est servi. J’ai le ventre gonflé. Je mange ce que je peux. La soirée est très agréable. Je rentre au bateau vers 23H.

Le 31.08.2008
Après une douche, je rencontre Roland. Je discute avec lui. Il me demande où est Mimi. Je lui explique la situation, alors que je n’en avais pas bien envie. Il ne commente pas. Ici les gens savent ; tout se sait dans un petit village !
Cette nuit, il a vu un tatou à 9 bandes qui errai sur le terrain de la marina. Il l’a suivi avec un projecteur. Le tatou menait sa vie, sans avoir peur. Nous sommes bien en Amérique latine, avec cet animal que les Indiens mangent et avec la carapace duquel ils font de petites guitares traditionnelles…
Je me sens physiquement pas trop mal. Il faut que je me bouge et que je trouve une motivation pour terminer les travaux, aller à l’eau et décider de ce que je fais dans la fin 2008…
Dans la matinée, je fais des mails et je reçois ceux de Mimi. J’en ai encore besoin.Le sevrage de sa présence est déjà dur, alors il me faut des mails.
Je fais un tour dans la piscine pour me relaxer et faire de l’exercice physique. L’eau tiède est agréable, mais le soleil est si chaud que les pierres qui entourent la piscine sont brûlantes sous les pieds !
L’après-midi, je fais le tour des personnes pouvant aller à Carupano avec leur propre véhicule pour leur dire de m’emmener au prochain voyage afin que je trouve la jauge de température d’eau cassée sur mon moteur. Ce sera dans la semaine…
Je commence à ranger dans le bateau, à nettoyer.
Je fais rentrer par la BLU tous les mails que Jesus m’envoie comme à ses copains motards. Il y en a 40 à faire rentrer. J’arrive à trouver une connexion rapide et à en faire rentrer dans l’ordinateur 30 en plus d’une heure. Ensuite ça ne veut plus passer. Il faudra que je continue demain, pour avoir une boîte à lettre vide et utilisable pour la météo en navigation ! Ça c’est utile, alors que les documents drôles de Jesus….
Le soir, j’ai la nostalgie des voyages et j’écoute de la musique du Portugal, du Cap-Vert, du Sénégal, de Thaïlande, d’Indonésie. Il fait nuit, pas un nuage ne vient cacher les étoiles et la voie lactée. Les gamelans balinais font vibrer les notes des vibraphones. J’ai mis un peu fort et j’écoute dans le cockpit au vent doux. Les voisins doivent se demander d’où vient pareille musique si différente de la musique occidentale…
Je sens que peu à peu le désir de bouger revient. Où, comment, en solitaire… je ne sais pas…

Le 01.09.2008
Incroyable, encore un mois qui commence ! Bientôt trois mois que je suis au Venezuela, le 12… Il faut que j’accélère pour bouge. Dans le voyage, on se sent facilement en dehors du temps, ou plutôt, le temps n’a plus d’importance. Il coule, comme l’eau coule, et tout continue, immuable… Néanmoins il faut se méfier de ce genre d’enlisement dans l’indéfini.
J’ai besoin d’aller voir les mails et ceux de Mimi, s’il y en a. Avant je fais la vaisselle, vide la poubelle. Du propre, du propre !
Je prépare les photos à mettre sur le site, lorsque j’aurai une connexion haut débit. Ça prend du temps, mais ça en prendra encore plus au cyber ! Mais alors vous pourrez enfin voir les couleurs, les splendeurs du Venezuela ! Encore un peu de patience, s’il vous plait. Classer ces photos me fait revivre ce beau voyage avec Mimi dans l’intérieur du pays…
Je vais relever les mails. Il y en a plusieurs de Mimi et des enfants. Ça me fait très plaisir.
Il y a une page du journal de Mimi que je mets sur le site.
Je regarde le site américain des cyclones. Je vois sur la carte trois cyclones actifs : une près de la Nouvelle-Orléans, un près de Cuba et un autre au milieu de l’Atlantique. Près du Sénégal un autre se forme. La saison cyclonique est bien démarrée ! Le Venezuela est en principe hors champs !
Je rentre manger au bateau. Je fais une sieste. À peine couché, un orage éclate, violent avec une trombe d’eau qui dure ! Je ferme tout, le temps que ça passe, plus d’une heure, cette fois ci ! C’est vraiment la saison des pluies. Il pleut chaque jour.
Je téléphone à Mimi : elle n’est pas en forme et supporte mal notre séparation. Quelle misère !
Je me couche tôt puisqu’il n’y a plus de courant 220 v.

Le 02.09.2008
Ce matin, je porte le linge sale à la Lavandéria Diana, nouveau service de la marina. Une charmante jeune fille me prend le linge ; il sera prêt à 15h. Je retourne au bateau et je range.
Je vais faire un tour sur le net. Pas de mail. Ceux que j’ai envoyés, sont-ils arrivés ? Je demande à Jean-Marc quand le courant sera rétabli. Il me montre la ligne qui borde la marina, avec un poteau abattu par le grain d’hier et les fils par terre… Ça va donc durer !
Je rentre manger au bateau. Un grain arrive et la pluie arrose pendant près d’une heure ! Le terrain est bien humide !
Je vais chercher le linge à la Lavanderia. Il est sec, plié, tout prêt ! Je refais un beau lit tout propre !

Le 03.09.2008
Réveil aux aurores, douche, petit-dej et je suis prêt pour aller à Carupano avec Jean-Marc dans le but de trouver la sonde cassée de mon moteur. Pascal et Marc attendent aussi pour le voyage. Nous partons à 4. La route est de plus en plus défoncée au fur et à mesure que la saison des pluies avance.
Nous arrivons à Carupano.

Jean-Marc nous conduit à CarupanoUn camoin de papayes!

Jean-Marc va dans une grande ferreteria pour acheter de l’antifooling pour un bateau qui est dans sa marina. Puis chacun va faire ses courses. Un peu d’épicerie pour moi. Je voulais faire du change à la banque, mais Jean-marc va me changer des euros à 6/1 si je lui fais un virement. Le cours de l’euro remonte à près de deux fois le cours officiel !
Je le retrouve au restaurant San Francisco. J’arrive avant lui et je bois une bière en attendant et en regardant CNN et la convention républicaine. Un vieux conservateur et une jeune vice-présidente ! La carpe et le lapin !
Jean-Marc arrive. Un whisky pour chacun, ça ouvre l’appétit. Nous commandons une pièce de bœuf et des frites largement servies. Jean-Marc a acheté une bouteille de vin chilien de cépage … Il veut me faire goûter un bon vin chilien qui vaut bien moins cher qu’en France à qualité égale. Celui-ci vaut moins de 6 à 7 euros.
La pièce de bœuf arrive, gigantesque avec des frites à profusion. Nous goûtons le vin rouge. Le parfum exhale les fruits rouges et des tanins de vin vieilli en fût. C’est prometteur. En bouche, ça tient la promesse. Les arômes sont subtils, chauds, variés. J’avale et derrière, rien, pas d’arômes d’arrière-goût. Derrière c’est plat, contrairement à un vin français… Curieux. C’est bon au premier abord et décevant au second. En tout cas très différent de ce qu’on attend d’un bon vin français…. Nous mangeons comme des goinfres. La viande est tendre et bonne. Elle serait meilleure bien faite, mais ici on la mange jeune…
Nous parlons des pays d’Afrique, du Venezuela, de l’Europe, comme des expatriés, comme des voyageurs, pour comparer, pour essayer de comprendre le fonctionnement de ces pays et leur devenir…
Après le plat, vient le café qui est bon et le rhum local qui lui aussi a un premier goût et est sans arrière-goût en bouche…
Nous sortons de table bien repus et inpreignés. Nous retournons au parking, et retrouvons Pascal et Marc. Nous faisons un arrêt chez un vendeur de pièces détachées qui me vend une sonde de température, presque pareille à la mienne. Nous verrons bien au montage…
Nous faisons le retour au soleil couchant. Le paysage est d’une beauté sublime, mis en 3D par la lumière rasante et chaude ! Le retour se fait dans la bonne humeur. Nous échangeons des expériences. Pascal est journaliste et vend des sujets à des télés. Il filme ses sujets et travaille ainsi 6 mois sur 12 et profitant des lieux où il passe pour vendre des sujets qui lui plaisent sur les pays où il passe. Il est très sympa, mais repart déjà pour raccompagner son copain à l’avion à Margarita…

Le navigateur journaliste
Au retour nous discutons un moment avec Thomas qui est revenu à Medregal, puis je vais au bateau me reposer et dormir. La journée est vite passée dans la bonne humeur !
Au bateau, je m’aperçois que le courant est revenu. Nous l’espérions car nous avions vu sur la route des camions grue aller vers Medregal. J’en profite pour vider ma boite à lettre sur la BLU. Il y a encore 23 message. Jesus en a donc envoyé encore 13 en deux jours ! Il faut que je l’appelle demain au téléphone pour lui dire d’envahir ma boîte aux lettres au risque de la rendre non-opérationnelle pour un mail météo, indispensable pour une bonne navigation !
Heureusement, ce soir, la transmission est rapide !

Le 04.09.2008
Ce matin, il fait particulièrement chaud, sans un souffle d’air. Je n’arrive pas à me mettre au bricolage. Je vais voir Jean-Marc pour lui faire un ordre de virement, le scanner et l’envoyer à ma banque. Il me fera du change à près de 6 bolivars contre 3,5 pour un euro au cours officiel. Le cours au noir remonte en approchant de Noël et des élections américaines. Avec le scan de l’ordre, je vais au bar wifi pour l’envoyer. Il en faut du temps ! C’est lourd et ça passe mal. Un peu de patience et voilà.
Je discute avec Michel, un Français qui tourne dans les Caraïbes depuis 9 ans avec son bateau et qui envisage de finir par se poser, mais où ? Il me propose ses services pour refaire l’échappement. Je vais réfléchir.
Je vois Hervé et Evelyne qui m’invitent ce soir à bord car c’est l’anniversaire d’Hervé, le 70ème ! Evelyne me rappelle : le rendez-vous sera d’abord à la pizzeria de Swen.
L’après-midi coule en lecture et en musique. Je répare l’alimentation de mon ordinateur Mac. J’y vais prudemment, je dénude le fil à l’endroit où il y a un mauvais contact. Je coupe, ressoude. Ça marche de façon continue et non plus aléatoire !
La nuit commence à venir, le ciel devient jaune, vert, bleu, puis bleu nuit. Le grand calme se répand sur la mer. Les derniers bruits du chantier s’arrêtent. Les employés n’ont pas réussi à remettre à l’eau un bateau car les roues du travel lift s’enfoncent dans le terrain détrempé par les pluies des jours précédents…
Hervé et Evelyne arrivent au ponton. Nous allons ensemble en annexe à la pizzeria. Les vagues de la journée ont disparu, il reste un petit clapot. On voit de loin les gens dans le restaurant. On met l’annexe au ponton. On entre dans le jardin. Le feu rougeoie dans le four.

Les pizzas dans le fourEvelyn et sa pizzaHervé et EvelynLa pizzeriaSwen et son épouse

Swen y enfourne des pizzas. Nous trouvons place autour d’une grande table. Il y a d’autres navigateurs. Les moustiques ne mangent pas les pizzas, mais les pieds. Je mets un répulsif, les autres aussi. La pizza est bonne ! L’endroit est super, les pieds dans l’eau ! Nous partons pour aller à bord de Papa Djo. Il y a Thomas, Pascal et Marc en plus d’Hervé et d’Evelyne. On boit des bières pendant que les coquillages cuisent. Évelyne prépare un riz pour les accompagner et la soirée se passe bien agréablement.

Hervé 70 ans et bon pied bon oeil pour faire le tour du monde70 ans, ça s’arrose!

J’ai apporté une bouteille de vin des Canaries, une des dernières. J’ai apporté pour Hervé un livre sur la plaisance à l’Estaque. Je le lui donne. Il est minuit passé, lorsque nous quittons le bord. Thomas me ramène à terre.
À peine au bateau, je dors !

Le 05.09.2008
Je vais sur internet relever les mails de Mimi et une page de son journal que je mets sur le site. Je regarde le site d’information sur les cyclones. Trois cyclones sont sur l’Atlantique nord et se suivent. Haïti a déjà trinqué et un second cyclone se dirige vers l’île.
Ici, plus au sud, les cyclones ne passent pas, en principe. Leur effet peut se faire sentir de loin. Il vaut mieux regarder.
Je rentre au bateau. Je fais la cuisine.
Je finis le livre « La lucidité » de José Saramago : Un pur chef d’œuvre. Il faut passer sur une première impression ; le style déroute tant l’écriture ne laisse pas de blanc. Ça paraît bourratif. Et puis l’humour, la finesse, l’intelligence vous font signe au fur et à mesure des pages. On se prend au jeu intellectuel de cette construction baroque, de ce roman absurde et si réaliste. C’est un pur régal, dont je n’ai pu me détacher avant la fin ! Je vais peut-être pouvoir me mettre au moteur maintenant ? Quoi que je viens de prendre un autre livre du même auteur : « Manuel de peinture et de calligraphie ». Je risque de me faire prendre de la même façon par son habileté, sa profondeur…
Mimi m’appelle : elle supporte mal la séparation… Que lui dire ? Elle dit que j’aurai du la retenir… Ce n’est pas mon genre. J’aime les personnes libres.
Je tente de vider ma boîte mail du bateau, mais le contact passe mal et pendant ce temps ce con de Jesus continue à la remplir avec des mails collectifs, malgré mes demandes d’arrêter !
Mas moyen, ça passe mal.
Je regarde des films sur l’ordinateur et je lis…

Le 06.09.2009
Je vais relever les mails. Je rencontre Thomas. Il me demande comment vont les travaux. Je lui propose de venir m’aider. Il bricole sur son bateau, un moteur expérimental et bosse un peu sur le bateau de Fred. Il a la flemme. Je lui demande de réfléchir. Je lui dis qu’à deux, on avancerait vite, alors que seul, je peine à m’y mettre…
Je glande toute la journée. Je classe de la musique et enregistre les CD de musique Africaine achetés à Dakar, que je réussis à déprotéger.
Le soir, je vais dîner au restaurant. Il y a du cochon de lait grillé à la broche. Il y a Hervé et Evelyne. Ils disent qu’ils vont partir pour les îles en fin de semaine. J’aimerais être prêt…

Le 07.09.2008
Ce matin, je me suis juré de me mettre au boulot. Je commence par le frigo. Il y a quelques jours, j’ai fait une grosse connerie. Il y avait tant de glace que ça gênait l’ouverture du freezer. J’ai employé un couteau et j’ai percé le tuyau de fréon…Alors que je dis de ne pas le faire aux enfants, je le fais… et je gagne le gros lot ! Quel con !!!
Je vide le frigo et en profite pour le nettoyer. Il en avait besoin !Je ne vois pas comment démonter le freezer. Je demanderai conseil avant de faire une autre connerie !
Je me remets sur le moteur. J’enlève une ferraille boulonnée pour faire une place pour le pot de barbotage sur l’échappement, pour qu’il corresponde aux normes prescrites et que le moteur ne reprenne plus l’eau. Il me faut la matinée pour y arriver !
Je déjeune puis j’appelle Mimi qui n’est pas bien loin de moi. Elle parle de revenir !
Je lui dis que je vais finir les travaux et remettre le bateau à l’eau et que nous verrons comment ça va alors… Cette instabilité me fait peur…

Le 08.09.2008
Ce matin, je me mets au travail. Je compare le plan d’installation d’un échappement modèle avec le mien. Je constate qu’il faut changer la sortie d’échappement à la mer à travers la coque et refaire une autre sortie plus près de la cabine qui permette d’installer un col-de-cygne dans la cabine. Il faut donc percer la coque et ressouder là où il y avait l’ancienne sortie. Ça je ne sais pas bien faire. Je vais donc au bar attendre Michel qui est soudeur de métier pour lui demander s’il veut intervenir et à quelles conditions. Il arrive. Je discute avec Danielle, revenue de Cumana avec son ami Christian à bord de son grand bateau à moteur. Danielle me demande des nouvelles de Mimi et me dit de lui transmettre toutes ses amitiés.
Michel vient à bord. Je lui explique, il regarde, constate le travail fait contre les normes par Sécuméca de Nantes. Il confirme ce que je pensais faire et me dit qu’il lui faudrait trois jours pour refaire l’échappement à 30 bolivars de l’heure. C’est OK. Pendant ce temps, je vais faire le reste pour avoir un moteur prêt à fonctionner et pouvoir rejoindre l’eau après l’antifooling.
Je me sens mieux à cette perspective !

Le 09.09.2008
À 8h précises, Michel arrive au bateau. Nous nous y mettons à deux. D’abord refaire un échappement dans les règles. La matinée passe à loger le pot à barbotage dans la gâte moteur plus bas que la sortie d’échappement sur le moteur. Ensuite nous ne sommes pas trop de deux pour faire passer le tuyau selon une ligne droite et ascendante jusqu’au fond du bateau. Il faut percer des cloisons, râper, élargir… Ça passe. Reste à percer la coque au bon endroit, à tribord alors qu’avant le passe coque était à bâbord. L’acier est résistant, ce n’est pas de la vulgaire tôle, c’est un acier plus résistant. Aussi Michel transpire pour faire les trous avec la perceuse. Ensuite il faut meuler pour égaliser les bords. On fixe le passe-coque d’échappement au Sika et avec des visses.
La journée est passée vite à deux et l’on a bien avancé ! Un tour au bar pour nous rafraîchir !
Michel travaille bien tout en parlant, en racontant sa vie. Un type sympa et capable, qui cherche à se fixer, à construire le restant de sa vie…

Le 10.09.2008
8h précises et Michel arrive. Lui bricole le raccordement du moteur et l’extraction de la partie filetée de la jauge de température d’eau qui était cassée au raz du moteur. Je m’occupe de menuiserie pour refermer le fond de la cabine tribord en tenant compte du tuyau d’échappement.
Danielle et son ami Christian, passent à bord pour demander une aide à Michel. Ça discute. On bricole encore un peu et l’on va au bar pour amortir la chaleur.
L’après-midi, on finit les raccordements gasoil, l’électricité dans la gâte moteur.
Voilà trois jours que l’électricité est coupée dans le village. Les panneaux solaires donnent l’électricité nécessaire au bord. Le survolteur permet d’utiliser les perceuses, scies… mais pas le poste à souder. Alors demain si l’électricité revient, Michel soudera des pièces sur les ouvertures de l’ancien échappement et de la mise à l’air.
Travailler au Venezuela n’est pas toujours simple, quand on ne peut même pas compter sur l’électricité. Il y a des coupures même à Caracas. Les gens sortent parfois du métro, là où il s’est arrêté, à la lumière de leur téléphone portable…
En fin d’après-midi, on retrouve Danielle, Christian, Thomas, Jean-Marc et des jeunes nouveaux au bar. Les moustiques finissent par m’en chasser après que j’ai relevé mes mails, dont ceux de Mimi et de Salifou ! Je répondrai demain !

Le 11.09.2008
Michel vient tôt pour souder et boucher les trous dans la coque qui ne servent plus.
Jean-Marc lui a prêté le poste à souder et miracle il y a de l’électricité. Il commence par meuler l’acier autour. Puis il soude. Je vais dans la cabine arrière pour voir si la chaleur ne met pas le feu. Un peu de peinture brûle et s’éteint d’elle-même. Michel bouche un premier trou avec une belle soudure. Il fait de même pour le second. Pendant ce temps, je mets le régulateur de tension pour les panneaux solaires qu’il m’a vendus peu cher. Les panneaux pourront fonctionner tout le temps sans abîmer les batteries par une surtension.
Nous terminons la matinée au bar où Christian et Danielle font une tête d’enterrement. Le bateau à moteur que Christian vient de sortir du chantier Navimca à Cumana pour changer deux tôles, fait de l’eau dans les fonds. Une soudure a dû être mal faite. Il va devoir retourner au chantier et faire valoir la garantie du travail qui vient d’être fait et mal fait… Vu la réputation du patron, ce n’est pas gagné d’avance. Déjà que pour changer deux tôles il est resté au chantier 65 jours alors qu’il fallait au plus 4 jours…
La plaisance, c’est parfois dur !
L’après-midi, je fais de la peinture sur les parties poncées et soudées. Je resserre les boulons du secteur de barre et de vérin du pilote.
Après avoir bien transpiré, je vais plonger dans la piscine pour me rafraîchir un peu. Je regarde mes mails et me fais surprendre par une averse. Je rentre au bateau fermer les panneaux. Je regarde un film, je dîne et je vais me coucher pour être en forme pour la peinture demain, une première couche d’antifooling au programme…

Le 12.09.2008
Réveillé tôt, je prends une douche, déjeune et me mets au travail pendant que le soleil n’est pas trop chaud.

Diam Rek et son antifooling rouge!Diam Rek et son antifooling rouge!

Je mets une casquette et un polo car hier j’ai attrapé un début de coup de soleil et travaillant torse nu.
Je colle un papier collant sur la ligne de fin d’antifooling. À 7h30 je commence la couche d’anttifooling. Le produit est rouge et épais.Je le remue bien et je commence à l’appliquer. Je finis le côté à l’ombre un peu avant 10h. Même à l’ombre, je transpire. Je vais boire au robinet d’eau souvent.
Je commence la seconde moitié au soleil. Je transpire encore plus. J’ai mal au bras et à l’épaule tant le produit est épais et dur à étaler au rouleau. Je finis la première couche peu avant midi ! Je suis épuisé.
Pendant que je peignais, je voyais un couple de suédois s’activer sur la coque de leur bateau. Ils bossaient à deux avec ardeur ! Chapeau madame la scandinave qui a près de la soixantaine !
Je vais boire une bière au bar. Je relève mes mails. Tout va bien. Jean-Marc me donne un papier, une invitation à un BBQ pour fêter les 7 ans de Januaria, sa fille ! Super, ce sera la fête !
L’après-midi, je suis si crevé que je fais la sieste puis regarde un film de science fiction. Demain je passerai la seconde couche. Après il faudra faire des finitions, ranger tous les outils et le matériel qui encombre le carré et les cabines…
Le soir, je vais au bar pour l’anniversaire de Januaria. Je lui apporte un collier de cauris sénégalais. Elle est en robe chinoise de soie blanche, ravissante avec sa frimousse brune !
Jean-Marc a préparé un apéritif dînatoire avec œuf mayonnaise, beignet de purée, poulet à la braise et gâteau d’anniversaire arrosé de chardonay chilien super.
Januaria était couverte de petits cadeaux. Elle était tout sourire. Au moment des bougies, la famille vénézuélienne chante bon anniversaire en espagnol. Anglais et anglophones suivent en anglais. Des Suédois continuent en suédois. Les Français ferment le banc !
La musique invite à la danse. Yoleida et son frère Raul dansent comme des professionnels. C’est superbe !

Le 13.09.2008
J’ai du mal à décoller de la couchette, mais j’y vais. Je fais une seconde couche d’antifooling.
Puis j’enlève les pieds qui retiennent le bateau, un à un pour les déplacer et passer de l’antifooling sur la partie qu’ils cachaient… Avec le soleil, je mouille la chemise ! Je finis avant midi. Le bateau est presque prêt pour aller à l’eau. Pourvu que le week-end ne soit pas top pluvieux. Si c’est le cas, le terrain sera trop détrempé pour que le travel lift puisse transporter le bateau sans s’enliser… Alors il faudrait attendre un peu…
Je vais au bodegon pour acheter du pain ; en approchant, j’entends les tambours. J’approche. C’est la fête. La patronne quitte la fête et vient me servir. Elle retourne à la fête. Je la suis. Il y a la vierge sur un petit palanquin que portent quatre jeunes filles en dansant au rythme des tambours. Les gens dansent et regardent en buvant des bouteilles de bière. Samedi dernier, c’était déjà la fête de la vierge…

Les embarcations arriventLa vierge portée par les jeunes fillesLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentVierge et bière PolarLa vierge portée par les jeunes filles qui dansent

Je rentre et vais au bar. Là aussi une table avec la vierge est installée. Bientôt la musique se rapproche. Les gens arrivent en procession avec la vierge. Ils font une présentation au bar. Les deux vierges sont face à face, l’une sur sa table, l’autre sur le baldaquin qui danse. La musique est rythmée, répétitive, envoûtante. Filles et musiciens ont de l’endurance.

La vierge de Medregal villageLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentrencontre des viergesDépart vers les pontons et le village d’origine

La procession s’ébranle et quitte le bar pour le ponton de l’hôtel. Je suis avec l’appareil photo. La vierge est chargée sur une lancha décorée avec des palmes et des banderoles multicolores. D’autres personnes montent dans d’autres lanchas. La lancha avec la vierge, les tambours, les danseuses est si chargée que ça me semble dangereux ! Il faut que la vierge fasse un miracle pour que tout le monde arrive au village voisin dont il vient.

vers les embarcationsLes musiciensL’embarcation de la vierge décoréel’embarcation de la ViergeC’est la fête!C’est la fête!Çest juste pour ne pas prendre l’eau!
Foi, bière, chaleur, maillot de bain, danse et musique venue d’Afrique, tout concourt à une fête bon enfant.
Je rentre au bateau pour déjeuner. Le temps de faire une petite sieste et un violent grain éclate. Des vents à 40 nœuds et une pluie fournie. Le terrain est tout trempé…
Le soir, je vais dîner au restaurant avec Michel, Christian et Danielle. Jean-Marc a préparé des steaks au poivre qui sont sublimes, tendres et savoureux ! Un vin chilien l’accompagne à merveille !
Lorsque je rentre au bateau, il y a un concert de grenouilles. Leur coassement ressemble à une musique électronique grave et répétitive.

Le 14.09.2008
Cela fait un peu plus de trois mois que je suis au Venezuela. Demain Jean-Marc ira à Carupano et fera renouveler plusieurs passeports pour trois mois, dont le mien. Je serai en règle jusqu’à la fin de la période des cyclones. Je pourrai alors remonter plus au nord.
Ce matin, je regarde les cartes pour voir les choix possibles vers les îles du Venezuela, puis les San Blas au Panama et le Guatemala et le Belize et enfin Cuba, ou les îles du Venezuela puis la Jamaïque et Cuba… Je ne sais pas encore… En tout cas ç’est signe que le bateau va être à l’eau dans quelques jours et que j’ai de nouveau envie de bouger…
En attendant, je refixe les anodes sur la coque de Diam Rek, pour la protéger des attaques de courants électriques. En cas de fuites électriques ce sont les anodes qui sont rongées, pas la coque…
Je mets le tuyau de mise à l’air du col-de-cygne. Après avoir bien réfléchi à un passage idéal, j’ai trouvé : je le fais traverser la coque là où passent les commandes sous le cockpit et je le fais aller dans le vide-vite du cockpit. Le parcours est simple, assez horizontal. Tout va bien…
Avec la chaleur, je transpire en bricolant.
Je vais au bar pour relever les mails…
L’après-midi, je fais une sieste interrompue par un grain violent. Dans la baie, deux bateaux dérapent sans conséquence.
Je suis fatigué et je n’arrive plus à bricoler. Je vois Jean-Marc. Demain il va à Carupano. Il va me faire du change et la prolongation du passeport.
Je fais le plein des réservoirs d’eau. Celui de 1000 litres est presque vide. Je l’avais rempli, il y a trois mois…
Je rencontre Roland qui va chercher une pizza chez Swen. Je l’accompagne et je prends une pizza pour dîner. Comme à la maison !

Le 15.09.2008
Michel vient pour souder l’évaporateur du frigo que j’ai percé. J’ai commencé à démonter les tuyaux et j’en ai abîmé un. Michel réfléchit et conclue qu’il ne peut pas le réparer de façon sûre. Nous allons voir Roland pour savoir s’il a des pistes et s’il va à Cumana bientôt. Il ne sait pas où trouver un évaporateur ; il en a déjà cherché un sans résultat. J’appelle Jean-Marc. Il pense savoir où en acheter un à Carupano. Je lui donne les mesures.
Je me mets à ranger dans le bateau. D’abord, les cabines arrière. J’en profite pour jeter des vieilleries…
Je ferme le cockpit et je visse avec l’aide de Michel pour avoir une bonne étanchéité ! Je range dans les coffres.
La sortie du bateau est prévue pour demain matin… s’il ne pleut pas trop d’ici là !!!
Je range dans le carré. Tous les outils ! Quelle place désormais. Tout est prêt pour la sortie.
Michel a trouvé un évaporateur chez Christian. Si Jean-marc n’en apporte pas un neuf, j’aurai celui-là avec le gaz et je serai dépanné. J’aurai un frigo qui marchera ! Le confort sous les tropiques !
Je vais au bar wifi. Pas d’internet ! Je pique une tête dans la piscine pour faire un peu d’exercice. Je ressors au soleil couchant, dans le grand calme du soir. C’est le grand calme pour la nature, sauf pour les moustiques qui sont infernaux. Je reflue au bateau.
Je retourne au bar voir Jean-Marc qui est rentré. Il n’a pu faire prolonger les passeports pour cause de vacances de l‘agent… Il faudra attendre pour être en règle. Il a reçu mon virement. Il n’a pas trouvé l’évaporateur, il n’y en avait que des plus grands… Michel m’installera celui de Christian demain…

Le 16.09.2008
Je suis prêt pour la mise à l’eau. Je prends des photos de Diam Rek avec sa nouvelle couleur d’antifooling. Ça le change et je n’y suis pas encore habitué. Désormais à la flottaison, on verra du rouge au lieu du noir. Ça c’est de l’adaptation ; en pays révolutionnaire, le rouge est de mise !
Jose et ses aides viennent vers 8h. Ils peinent à mettre le travel lift en place autour du bateau. Ils sont obligés de consolider le sol avec des cailloux. Une fois en place, ils passent les trois sangles. Ils lèvent doucement, le bateau est porté, suspendu.

Une hirondelle à bordMise à l’eauMise à l’eauMise à l’eau
Le travel lift avance vers la piste en béton qui va dans la mer. Quelques retouches à la trajectoire et le bateau entre dans l’eau. Il flotte.
Je démarre le moteur, ou plutôt j’essaie, car il ne démarre pas. Je purge le circuit. Il finit par démarrer. Mais une alarme sonne. J’éteints. Je fais appeler Michel qui m’a aidé à rac corder le moteur. Il vient et regarde. Il débranche alarme après alarme. Finalement c’est la sonde unipolaire que j’ai achetée qui ne convient pas. Il la débranche et l’alarme s’arrête. J’ai l’indication de température d’eau mais pas l’alarme de surchauffe.
Les amarres sont détachées du travel lift. Je recule et vais jeter l’ancre un peu plus loin. Je regarde si ça tient ; c’est le grand calme. Je range les amarres.
Je déjeune rapidement. Il fait chaud. Je n’arrête pas de transpirer ; il n’y a pas d’air.
Je m’aperçois que le bateau fait de l’eau dans la gâte moteur. Je ne vois pas la fuite. Je ferme la vanne d’arrivée d’eau de mer. Je mets la pompe de cale. Il y a encore des réglages à faire avant d’aller plus loin…
En fin d’après-midi, je vais à terre, lorsque j’ai vu qu’il n’y a plus de risque d’orage et de grain. Je vois Jean-Marc qui n’a pas encore mes bolivars. Il les attend pour vendredi. En attendant, je ne peux payer Michel, qui est à sec et va voir Jean-Marc pour qui il bosse pour réparer ses chambres froides et climatiseurs, pour se faire avancer un peu de monnaie…
Je relève mes mails et en envoie à des navigateurs pour avoir de leurs nouvelles.
Je rentre à bord de Diam Rek. C’est le grand calme ! Pas une ride sur la mer, le silence, mais pas d’air non plus. Il fait chaud, 35° !!! Je regarde la température de l’eau 31°…
Le soir, je regarde un film et je m’endors vite.

Le 17.09.2009
Je me réveille tôt, dans un calme surprenant. Pas une vague ! Je vais vérifier l’eau dans la gâte moteur. Le niveau ne semble pas avoir changé. Le bateau ne prend pas l’eau par la coque.
Je passe la matinée à changer le support moteur de l’annexe sur le balcon arrière. Depuis le temps que j’en avais un neuf dans les coffres, je l’installe. Je cherche dans les coffres le matériel pour installer un switch automatique pour la pompe de cale. Je trouve le matériel sans problème. Je lis le mode d’emploi. Vu l’heure, je fais la cuisine, avec les restes de légumes frais.
Hervé et Evelyne passent pour me demander des renseignements sur Merida, parce qu’ils voudraient y aller. Je leur indique ce que nous avons fait avec Mimi et je leur prête le guide du Venezuela du Petit Futé. Ils repartent heureux, pour étudier leur projet.
Ils m’ont dit le résultat d’une nouvelle agression d’un navigateur français en pleine marina de Caracas : 4 balles dans la tête parce qu’il avait tenté de résister ! Au Venezuela les gens sont très gentils et accueillants, mais une infime proportion est d’une violence sans limites et ça gâche tout ! Sale ambiance !
Pendant que je prends un pastis en attendant la fin de la cuisson, Michel vient à bord s’enquérir de mon entrée d’eau. Je lui sers un pastis et une assiette de mon plat de légumes saucisses. Il aime ça. Nous discutons un moment. Un grain passe, il pleut. Michel rejoint la terre et le travail pour Jean-Marc. J’écris un peu, avant de brancher l’automatisme pour la pompe de la gâte moteur.
Je prépare à déjeuner avec les restes de légumes frais. Michel vient demander des nouvelles des travaux. Nous prenons un pastis et déjeunons ensemble.
Finalement je prépare le matériel pour demain et je vais sur internet à terre.
Je rencontre Marion, son mari et ses trois enfants qui jouent dans la piscine avec les deux enfants d’un autre couple de français. Marion me demande des nouvelles de Mimi, car elles avaient bien discuté ensemble avant leur départ. Je lui dis que Mimi va revenir.
Je relève mes mails. Je trouve un mail de mon ami Yann qui a toujours des ennuis avec son bateau. Voilà deux ans qu’il devrait être parti et en fait il y a toujours des réparations à faire, des malfaçons dans les travaux effectués… L’usure du temps fait que son épouse ne veut plus partir. Elle est partie réfléchir. Yann est effondré, lui qui avait tant rêvé une vie de couple avec leurs deux enfants autour du monde… Je compatis et lui envoie un mail d’amitié.
Les nouvelles de Mimi sont bonnes. Je quitte le lieu ne pouvant plus supporter l’attaque massive des nonos !
Je rentre au bateau ; je dîne et regarde un film dans le calme du soir sans houle.
Position actuelle : Medregal 10.31.996N 63.48.012W

Le 18.09.2008
Ce matin, je me mets à l’électricité. Je fais passer une ligne pour le switch de la pompe de la gâte moteur. Tout seul, c’est long et difficile. Il faudrait être deux. J’y passe la matinée, mais ça marche ! Je suis heureux du résultat. En cas de fuite, la pompe se mettra en marche automatiquement. Maintenant il ne me reste plus qu’à réparer le flotteur de la pompe de puisard.
Depuis ce matin, il y a des nuages gris et il pleut par moments sans qu’il y ait du vent. Ni vent pour l’éolienne, ni soleil pour les panneaux. Jour à économiser l’énergie.
Je regarde le switch de la pompe de puisard ; il est mort, je le démonte pour rien.
Après avoir lu un moment, je vais au bar wifi lors d’une éclaircie. J’y retrouve les couples de Français et Michel. Je regarde mes mails. Internet est trop lent pour aller consulter mon compte bancaire…
Je discute avec les Français des futures escales. Plusieurs veulent aller à Cuba, quelques-uns en Amérique centrale. Peut-être ferons-nous un bout de chemin ensemble…
Pendant que nous discutons, il tombe des hallebardes ! Et ça dure ! On se croirait à Brest ! Un vrai temps breton. La seule différence est la température autour de 30°.

L’orage
Je décide de rentrer au bateau lorsqu’il pleut moins. Je patauge dans les flaques. Arrivé à l’annexe, elle a le fond rempli d’eau. Je rentre dans le noir, sous la pluie chaude. Je me repère dans le noir sur le bateau de Christian qui est le seul à avoir beaucoup de lumières et qui est près du mien. Après je devine l’ombre du mien, avec ses deux mâts et ses deux enrouleurs. Je monte à bord. Je remonte l’annexe avec peine tant l’eau l’alourdit. J’ouvre la vanne et elle se vide peu à peu. Je l’attache solidement au balcon pour éviter qu’elle bouge et qu’on ne la vole facilement…
Je dîne en écoutant de la musique sénégalaise. Il est encore tôt, je peux lire.

Le 19.09.2008
Journée d’attente. Jean-Marc attend son changeur et espère les bolivars pour mardi ou mercredi. Idem pour la prolongation du passeport. Demain faute de liquide, je n’irai donc pas au marché.
J’envoie des mails aux amis et parents dont je n’ai pas de nouvelles depuis longtemps. Je vais à terre pour les envoyer et j’ai quelques réponses rapides qui me rassurent et me font plaisir.
Le soir un dinghy accoste Diam Rek. Je vais voir ; c’est Marion. Demain ils vont en bateau et comme j’ai donné un paquet de cigarettes à Christophe, elle me propose de m’acheter ce dont j’ai besoin en fruits et légumes. Je suis touché tellement c’est gentil. Nous parlons un moment et lorsqu’elle veut rentrer, son moteur d’annexe ne veut pas démarrer. Après de vaines tentatives, elle rentre à la rame, la pauvre ! Heureusement son bateau est à côté et il n’y a pas de vent….

Le 20.09.2008
Michel m’apporte un switch pour la pompe de puisard. C’est gentil, il a pensé à moi, et il passe avant d’aller travailler. Je l’installe aussitôt et ça marche. Super !
Je monte une ligne pour pêcher du bord. Je vois des bandes de poissons passer. Ils me mangent les appâts, sans se faire prendre… Il faut que je perfectionne ma technique !
Je rebranche le régulateur de tension de l’éolienne. Je pense que ça va aller.
Le soir, je vais dîner au restaurant avec Michel et un jeune couple sympa, Stéphanie son mari et son jeune garçon.

Le 21.09.2008
Ce matin, je termine « Manuel de peinture et de calligraphie » de Jose Saramago. C’est un super livre pour ceux qui s’intéressent à la peinture et à l’écriture. Intellectuel, sensible et passionnant.
Je prends un autre livre, plus gros : « La cité de Dieu » de Paulo Lins. Un auteur brésilien qui dépeint la vie dans les favelas de Rio de Janeiro.
Marion vient en annexe me dire qu’elle n’a rien trouvé pour moi à Guacarapo. Je lui dis que ce n’est pas grave, il y avait l’intention et ça m’a touché. Elle veut redémarrer et le câble de commande lâche. Je lui prête des outils. Elle n’y arrive pas. Elle a un coup de blues et elle pleure disant qu’elle en a assez de cette annexe qu’il faut sans cesse réparer, qu’elle veut arrêter, qu’après la saison des cyclones, ils retourneront en Martinique travailler pour remplir la caisse de bord… Elle est touchante, elle que j’admire pour son énergie d’habitude…
Je prends mon annexe et la remorque jusqu’à son bateau car il y a du vent. Je luis propose de garder mon annexe pour la matinée, puisqu’elle voulait aller à terre sur internet.
En fin de matinée, elle revient me rendre l’annexe, heureuse.
Vers 13h, je vois que l’énergie ne monte pas malgré le soleil et le vent. Je regarde le branchement du régulateur de l’éolienne. Je change le branchement. Le régulateur a deux sorties. J’en mets une sur chacun des deux groupe de batteries. Ça semble fonctionner. Il faut voir sur quelques jours…

Le 22.09.2008
Michel passe l’après-midi pour installer l’évaporateur du frigo. Jean-Marc donne gracieusement du gaz fréon. Michel installe l’engin. Je l’aide sur ses indications pour ne pas casser le capillaire. Michel met le gaz en surveillant les manomètres.
Le compresseur veut bien démarrer. Mais il s’arrête vite. Je vérifie au multimètre combien il consomme d’ampères :12 !!! Il y a trop de pression de gaz. Michel en relâche peu à peu, jusqu’à ce que le frigo ne consomme plus que 6 ampères.
Super, ça fonctionne. Mais c’est gourmand en énergie. Je le laisse tourner toute la nuit.

Le 23.09.2008
Dans la matinée, je passe à terre. Jean-Marc n’est pas allé faire prolonger les passeports. Il me dit que le responsable qui est en vacances, vent bien les prolonger mais pour un pris supérieur de moitié. Comme il est en vacances c’est son adjoint qui mettra les tampons et lui aussi aura sa part de gâteau… Jean-Marc l’a envoyé balader. La situation est en attente. Pour ce qui est du change, il aura l’argent demain ou au plus tard après-demain. Pour la peine il m’offre des frites ; il est en train d’en faire pour des clients.
La houle est forte lorsque je retourne au bateau. En ce moment une dépression tropicale passe au large du Venezuela et s’étend sur toute les Antilles, jusqu’à Haïti. Elle passe au large, mais, dans le golfe, on en ressent les effets et en particulier un vent d’ouest et une houle de 70 centimètre, très courte, qui fait bien bouger les bateaux…

Le 24.09.2008
Je laisse le soleil recharger les batteries et je mets le moteur en route. Il démarre sans problème. Par contre je constate que la pompe à eau de mer fuit. J’arrête le moteur et je démonte la pompe. Il me manque une mince à serre-clips. Je vais à terre. Michel m’en apporte une et enlève le clips qui permet de démonter la pompe. La corrosion a endommagé les joints en caoutchouc. Il va falloir en trouver. Je les montre à Jean-Marc ; il pense en trouver à Carupano dans une ferreteria. Il y va vendredi. Il va aussi chercher le change. Enfin !
Hervé et Evelyn arrivent. Ils viennent de Muelle. Ils comptent partir vendredi pour Merida et y rester quelque temps.
J’aurai le temps d’aller à Cumana et Puerto la Cruz et de voir venir Mimi. Nous nous retrouverons alors pour naviguer ensemble, d’autant plus qu’ils comptent aller à Cuba comme nous !
Bon jour, aujourd’hui, j’ai eu Mimi au téléphone et j’ai eu un mail de ma fille Sophie !

Le 25.09.2008
Je passe la matinée au bateau. L’après-midi, je vais à terre. Jean-Marc ne va pas demain à Carupano chercher les bolivars. Je devrais encore attendre !
Je vois Christian qui me demande des nouvelles et me dit qu’il doit avoir les joints pour ma pompe à eau. Je discute des conditions et l’on va sur son bateau. C’est un bateau à moteur de 25 mètres. Dans la cale moteur, il a un atelier super équipé. Il enlève le joint usé, cherche dans une caisse de joint et trouve le bon pourtant très spécifique. Il remonte la pompe à eau. Voilà, je n’ai plus qu’à la monter sur le moteur. Je rentre au bateau, mais le soleil se couche. Je monterai la pompe demain matin.
Je commence à regarder un film « Gadjo Dilo ». Au milieu, Hervé vient me chercher pour aller manger une pizza, avant leur départ demain pour Merida. Swen fait d’excellentes pizzas et ça commence à bien marcher !
Nous passons une bien agréable soirée. Hervé me raccompagne au bateau. Moi, je viendrai les chercher demain matin à 8h30 pour les amener à terre. Un taxi les prendra à 9h pour les emmener à Cariaco où ils prendront le car…

Le 26.09.2008
Comme convenu la veille, je prends l’annexe et vais à bord de Papa Djo. Hervé et Evelyn ne sont pas encore tout à fait prêts. Ils me donnent des restes de fruits et légumes frais, c’est sympa et bien venu parce que je suis à cours.
Lorsqu’ils sont d’ans l’annexe avec leur sac à dos, je tente en vain de démarrer. Vérification faite, je n’ai plus d’essence. La veille je leur avais dit que je n’en avais plus beaucoup, mais je ne croyais pas si peu !
C’est à la rame que nous allons au ponton. Hervé me dit que je peux prendre un peu d’essence dans un bidon à son bord. J’y retourne à la rame, contre le vent. Je mets de l’essence et rentre à bord au moteur ; quel con fort !
Je mets en place la pompe à eau de mer. Je démarre le moteur… La pompe ne fuit plus que goutte-à-goutte. La corrosion sur l’arbre en est la cause, mais il n’y a rien de grave.
Je vais sur Angéline, le bateau de Christian pour lui dire le résultat de sa réparation et pour lui demander s’il n’aurait pas l’alarme de température d’eau bipolaire qui s’était cassée pendant le voyage en voiture du moteur. Il n’en a pas, mais il essaie l’ancienne, elle fonctionne toujours et elle a assez de filet pour tenir. Je vais donc tenter de la remettre.
Je retourne à bord déjeuner. Le vent forcit, un grain se prépare… Devant l’étrave, au sud, le ciel est gris anthracite, la mer est vert émeraude avec des moutons blancs. La houle est de 80 centimètres et secoue les bateaux. La houle reste, mais le vent diminue et la pluie passe sur bâbord. Au loin on entend l’orage et l’on voit de grands éclairs.
Je remets la sonde bipolaire. Le moteur en marche, ça fonctionne !
Je fais un tour à terre et vais sur internet. J’en ai vite assez. J’appelle Mimi qui est allée à Marseille voir enfants et petits-enfants.

Le 27.09.2008
Ce matin, le soleil brille. Il va faire chaud !
Je me mets à vidanger l’eau douce du moteur pour la remplacer par du liquide de refroidissement moins agressif pour le moteur. Puis je fais la vidange d’huile moteur comme me l’a recommandé le mécano qui a refait le moteur. Je mets de l’huile épaisse pour pays chaud, de la SAE 50. Puis je relève le filtre à eau de mer au-dessus du niveau de flottaison selon les indications du fabricant. Je resserre des colliers de tuyaux pour éviter les fuites…
Bon, le moteur est prêt pour la navigation. Je vais le bichonner pour qu’il fonctionne longtemps encore !
Je suis prêt pour le départ, pour aller faire l’approvisionnement…
Vers 14h, un grain d’ouest nous tombe dessus. La pluie est très dense. Les éclairs strient le ciel et les détonnations sont proches. Je ne suis pas rassuré, mais ça passe peu à peu. La pluie devient plus fine.
Je dois vider la pluie contenue dans l’annexe pour aller à terre. Je discute avec des navigateurs jusqu’au moment du service du restaurant. Jean-Marc nous offre une bouteille de vin chilien très agréable. Aujourd’hui, il a tenté d’aller à la banque à Carupano, mais il est tombé sur une grande manifestation pro Chavez qui occupait tout le centre ville et qui avait motivé la fermeture de toutes les banques et de beaucoup de magasins. Donc pas encore l’argent du change… Peut-être lundi, si cette banque est ouverte…

Le 28.09.2008
Dimanche, jour de repos, de lecture, d’attente. Le grain de 14h n’arriva qu’à 14h30, moins violent que la veille, le plus gros passant plus au nord.
Lorsque je vais à terre, Jean Marc me dema nde de l’accompagner à Carupano avec l’autre Christian pour aller chercher notre change. Il a peur s’il se fait voler qu’on ne le croie pas…
Je lui dis que j’irai demain.
Je passe au bateau de Christian et Danielle qui ne sont pas enchanté d’y aller craignant une attaque suite à une indiscrétion d’un caissier… Ils réfléchiront jusqu’à demain.

Un crabe défend son poisson près du pontoàn!

Le 29.09.2008
Je me réveille tôt pour être à terre à 7h comme convenu. Lorsque je passe près du bateau de Christian, j’entends Danielle qui m’appelle. Finalement c’est elle qui va venir.Ce qui ne l’empêche pas de n’être pas du tout rassurée. Moi je pense qu’il y a une grande part de paranoïa là-dedans. Nous faisons la route ; 2h30 de voyage. Jean-Marc dépose sa voiture chez un garagiste pour quelques réparations. Nous prenons un bus jusqu’au centre ville. Là, je fais des courses avec Danielle. Enfin des fruits ! Des Fraises, des pamplemousses, des abricots, des bananes ! Du pain meilleur que celui du bodegon de Medregal et même du pain libanais ! Des steaks et du vin !
On se retrouve ensemble pour manger au restaurant avec Jean-Marc. Le repas est agréable.
Voilà le moment arrivé d’aller à la banque. Jean-Marc lui-même, n’est pas rassuré. C’est la première fois qu’il fait du change pour une grosse somme. Il retire 14 millions d’anciens bolivars !
Il fait la queue et à son tour va au guichet, à côté de tout le monde. Pour notre part, nous restons en arrière assis. Le guichetier compte l’argent ; ça fait des liasses épaisses. Jean-Marc les prend et les met dans le sac à main de Danielle. Nous sortons de la banque et prenons un taxi à l’arrêt d’en face.
Tout va bien, rien d’anormal. Le taxi nous conduit chez le garagiste pour récupérer la voiture.
Nous continuons les courses et rentrons. Il est 19h30 lorsque nous arrivons à Medregal, fatigués par les courses et heureux d’avoir enfin l’argent qui nous permet de partir !
Au Venezuela, il est difficile de savoir ce qui est paranoïa et ce qui est réalité.Parfois tout peut arriver…

Le 30.09.2009
Je vais à terre donner mon linge à laver à la lavandière, Diana.
Je vais payer mes dettes à Michel, à Bernard et je demande l’adition à Jean-Marc.
Je fais mes adieux aux gens que je connais et avec qui j’ai eu plaisir à passer de bon moments.
C’est le moment de nostalgie avant le départ demain !

Le 01.10.2008
Je vais à terre payer ce que je dois à la marina. Je fais mes adieux à Jean-Marc et Yoleida.
Je retourne au bateau. Je mets en ordre pour naviguer. Je démarre le moteur et je vais à l’avant et actionne le guindeau pour relever l’ancre. Je remonte trente mètres ; la chaîne devient tendue, le guindeau ne peut plus la remonter. L’ancre ou la chaîne est prise dans quelque chose. Je tente au moteur de dégager la chaîne. Pas de chance, rien n’y fait. Il faut plonger pour voir ce qu’il en est. Je n’ai pas envie de plonger. J’attends en lisant. Thomas passe en annexe. Je lui demande s’il est fort en plongée. Il dit qu’il n’est pas en forme et s’esquive…
Je me dis que ce n’est pas le jour, comme à Zinguichor. Je plongerai demain et en attendant je lis « Le Nabab » d’Irène Frain.
Décidément Ziguinchor, Medregal, le résultat est le même, s’il y a quelque chose au fond, c’est pour moi ! Là il y a eu des corps morts d’installés qui n’ont jamais servi et qui peuvent retenir une chaîne…

Le 02.10.2008
À 8h, je mets l’annexe à l’eau et je plonge le long de la chaîne tendue. À deux mètres sous l’eau, la chaîne fait un tour autour de ferrailles. Je tente en vain de dénouer la situation. Je plonge et replonge. La chaîne est trop tendue pour pouvoir agir. Le vent et le courant tendent la chaîne. Je vais à terre. Je parle à un employé du chantier, il m’envoie vers son collègue qui plonge.
Je l’emmène dans l’annexe. Il se prépare et plonge. Il me demande un coupe-filin. Il replonge plusieurs fois et essaie. Je relâche de la chaîne pendant qu’il plonge pour que la chaîne soit molle et qu’il puisse la manipuler. Au bout d’une demi-heure, la chaîne est libre.
Je remercie l’employé et lui donne un billet. Je le raccompagne et reviens au bateau.
Je remonte l’annexe et mets le moteur. Je remonte l’ancre et le bateau quitte Medregal. Au passage, je salue Thomas sur son bateau.
J’avance au sud-Ouest vers Guacarapo. Le paysage est beau.
Je quitte MedregalArrivée sur Guacarapo

Je ne me sens pas bien. Je pense entendre des bruits anormaux au moteur. Je vérifie, rien d’anormal. Je ne me sens pas à l’aise après plus de trois mois sans naviguer. Je dois réapprendre le bateau. Et puis je suis seul et je n’aime pas être seul pour naviguer.
Peu à peu, sous la chaleur et le vent, je me sens plus à l’aise. La pointe approche et derrière se trouve Guacarapo. Des maisons de pêcheurs, avec des lanchas sur la plage ; des cocotiers et de la végétation dense. Je tourne la pointe et la baie est bordée par le village. Des maisons de pêcheurs, bleues, rouges, jaunes… Le village est joli et gai.
Le bateau Ukrénien PedromaGuacarapoGuacarapo
Je vois le voilier russe Pedroma qui est à l’ancre. Je jette l’ancre près de lui. Je vérifie que ça tient bien, je m’habille et je descends à terre. À ce moment, je vois le couple russe arriver à son annexe. Il me dit qu’ici c’est tranquille, pas de bandits. Peu de choses à acheter, bière et épicerie mais pas de fruits, légumes et viandes. Le matin, les pêcheurs vendent leur poisson. Je vais au bar épicerie en bord de plage. Je prends une bière glacée et j’en achète une caisse pour le bord.
Un pêcheur bois une bière à côté de moi. Sur le comptoir, il en a une ribambelle vide. Il en reprend une nouvelle. Comme la plupart des Vénézuéliens, il commence par en répandre un peu par terre pour la déesse-mère, pour les esprits, les ancêtres, et il boit le reste. L’offrande est faite aussi bien en bord de plage sur le sable, que dans la salle d’un bar, sur le carrelage…
L’après-midi, je retourne à terre faire un tour du village. Les gens me saluent ; je les salue aussi et parle avec certains. Les maisons sont colorées et simples.

Diam Rek au mouillageGuacarapoL’église Plus loin il y a l’église un peu en hauteur. Elle est verte et hexagonale. La porte est fermée. Je regarde par une fenêtre. Une femme vient ouvrir la porte. L’intérieur est simple. Derrière l’autel et de chaque côté, il y a un grand nombre de christ, de vierge, de saints, en bois, en porcelaine… La piété ici aime des supports colorés.

L’égliseL’égliseVue de la baie de Guacarapo

C’est joli et calme. Le long de la plage, deux pêcheurs à la ligne continuent pour attraper leur quatrième petit poisson coloré. Deux jolies jeunes filles se baignent puis prennent une douche en plein air.
Je continue ma promenade dans le village et rentre avant le coucher de soleil.
Je mange dans le cockpit. J’entends une voiture avec haut-parleur qui invite la population à une manifestation pour soutenir le pouvoir à Cumana et assurer le succès aux élections du 23 novembre. L’invitation se termine par le slogan de Chavez : Patria, Socialismo o la Muerte (Patrie, Socialisme ou la Mort). Au moins c’est clair. Ça convainc ou c’est la répulsion !
Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente, disait Brassens…
Nouvelle position : - Guacarapo 10.29.722N 63.44.134W

Le 03.10.2008
Piotr m’a dit, Hier que les pêcheurs vendaient leurs poissons vers 7h. Alors je me réveille tôt, je prends l’annexe. En face, sur la plage, au bord de la rue, un pêcheur vend trois sorte de poissons. Je prends des anchoas. On me dit que c’est très bon grillé. On dirait des bars. Une autre sorte de poisson est colorée. Il y a aussi des poissons-chats. Des voitures s’arrêtent et les gens achètent. À côté un couple est assis sur le muret de bord de plage. Ils boivent des petits verres de rhum.

GuacarapoGuacarapoLes pêcheurs
Je vais plus loin le long de la plage. D’autres pêcheurs ont fini de vendre. Les filets sont déjà en tas et sèchent. Une famille, sur une lancha, tirent un filet et récupèrent les poissons. Les pélicans ne sont pas loin. Ils se précipitent sur les petits poissons que rejettent les pêcheurs. Chacun sa part !
Des pêcheurs d’occasion pêchent à la ligne. Certains attrapent quelques poissons qu’ils laissent agoniser à même le sol.

Guacarapo
Je rentre au bateau. Je nettoie les poissons et les mets au frigo. J’entends des chants. Une manifestation d’écoliers, tous en uniforme, brun pour les garçons et bleu pour les filles. Les premiers tiennent une banderole. Je ne connais pas le but de la manifestation. Je constate le niveau de mobilisation ou d’enrôlement des Vénézuéliens.
L’anchoa acheté ce matin, juste passé à la poêle est délicieux.
Pris par l’atmosphère envoûtante du « Nabab », je passe une partie de la journée à lire.
C’est le quatrième jour sans pluie. Serait-ce le début de la fin de la saison des pluies ? En tout cas il fait toujours aussi chaud. Le thermomètre du bateau indique toujours 35°.

Le 04.10.2008
De bonne heure je vais au marché avec Guina et Piotr. À 7h nous prenons une camioneta qui nous emmène directement pour 3 bolivars. Nous commençons par aller au cyber café. Je peux mettre du texte et quelques photos sur le site. Ce sera plus à Cumana car je prendrai le temps.
Le cyber est très moderne et le débit est élevé. Je peux télécharger des mises à jour de logiciels.
Vu la chaleur matinale, nous nous arrêtons pour boire un coup. Puis nous faisons un tour au marché. J’achète fruits et légumes, quelques conserves. Il me manque des œufs, mais la camioneta va partir. Je saute dedans. Nous sommes 14 dedans dont deux moitié en dehors sur la ridelle. En plus il y a quelques personnes opulentes… Je suis coincé entre Piotr et une dame. J’ai chaud. Je me tiens à chaque tournant pour ne pas envahir le peu d’espace des autres. Des personnes sont montées avec des bières. Lorsque leur bouteille est vide, ils la jettent sur le bas-côté ; une de plus. Guina me dit qu’en ce moment, ça ne se voit pas beaucoup car c’est la saison des pluies et la végétation est exubérante, mais en saison sèche, lorsque le soleil a cramé la végétation, on voit toutes les ordures partout… En ville c’est la même chose, Les trottoirs sont envahis de bouteilles vides, plastiques, papiers. Parfois un balayeur passe et ça recommence derrière lui… Il y aura pour des années à nettoyer le Venezuela lorsque écologie et services publiques arriveront…
Dans l’après-midi vu la chaleur, je plonge autour du bateau. L’eau est plus fraîche que l’air. Je nage un bon moment. Je manque de souffle, souvenir de mes 25 ans de fumeur… C’est agréable de prendre la fraîcheur de la mer. Une fois sur le bateau, je reprends mon « Nabab » dans le cockpit.
J’entends la musique des débits de boisson du bord de mer ; le soir, le volume monte. Diam Rek est à 150 mètres de la plage et j’entends la musique comme si elle était dans la pièce d’à côté ! C’est samedi, un samedi après les vacances.Dans la journée, il y avait bien moins de gens sur la plage que pendant les vacances. Mais quelques familles étaient venues, voiture garée près de la plage, radio allumée, glacière sortie. Père et mère boivent une bière dans la mer, de l’eau jusqu’au nombril.Les enfants jouent dans l’eau et plongent comme des poissons.
En bord de plage, il y a des vendeurs d’arepas et de boissons. Mer, bière et musique… la fête.
Moi je suis heureux d’être là ; il me manque Mimi à mes côtés.
À la nuit tombée, un grain éclate, après plusieurs jours sans pluie. L’orage gronde au loin sur les montagnes.

Le 05.10.2008
Les rares éclaircies de la matinée sont belles. C’est le moment d’aller me promener le long de la plage des pêcheurs.

La plage des pêcheurs

La plage est bordée de barques qui reposent sur le sable, au milieu de filets, de débarras.

Les maisons sont derrière, presque toutes les mêmes. La couleur vive diffère de l’une à l’autre. Le bric à brac qui les entoure aussi. Une multitude de vieux objets ménagers rouillés, de morceaux de bois, de caisses de bière vides… Il n’y a pas de ramassage d’ordures, alors, tout reste là. Poules, canards, cochons, chats, chiens se baladent au milieu de tout ça.
Un pêcheur lance un épervier d’un geste ample. Doucement il le ramène, vide. Il m’explique qu’il y a trop de lune. À la lune descendante ce sera meilleur… Des lanchas reposent sur le sable. Quelques-unes sont en réfection. D’autres ne servent plus depuis longtemps.

Plage de CarupanoLa barque qui prend l’eau

Une est dans la mer, presque immergée. C’est irréel et beau. La mer est d’un calme sans une ride.
La mer est toute transparente au bord. Des petits poissons longent le bord par bandes…

Les alentours de GuacarapoDiam Rek au mouillage devant Guacarapo
Je reviens au bateau car le ciel devient menaçant.Effectivement, peu après midi, l’orage éclate au loin, mais la pluie diluvienne est sur nous. Je ferme le bateau et j’attends.
Je vois des gens continuer à se baigner, j’entends la musique à fond. C’est dimanche qu’il pleuve ou non !
Deux heures plus tard, il ne pleut plus. Je vais à terre.Il y a pas mal de familles dans l’eau, leur bouteille de bière à la main. Des jeunes pêchent du bord d’une façon très particulière. Ils ont un hameçon trident assez gros et plombé au bout d’un fil d’une vingtaine de mètres. Ils font tournoyer l’hameçon et un mètre de fil. Ils le lâchent et l’hameçon tombe dans l’eau au loin. Aussi tôt ils tirent d’un coup sec le fil d’un geste large et ramènent le fil par brassées rapides. Ils attrapent une seule espèce, du mulet. Le mulet n’a pas mordu. Il est pris par le dos, ou le ventre, ou la queue, ou l’ouïe. Lorsque l’hameçon tombe au milieu d’une bande de mulets, le geste sec et rapide qui tire le fil fait que l’hameçon traverse la bande et en attrape un au hasard…Les mulets sont nombreux car les jeunes sont nombreux et en prennent plusieurs dizaines chacun….
C’est dimanche, les gens sortent.Alors les commerçants ouvrent des échoppes d’arepas, de sandwichs, de glaces, de poulets à la braise. Je me laisse tenter par un poulet à la braise avec une bière. Leur poulet est délicieux, moelleux, à point ! pour trois euros le quart de poulet.
Mon fils Maxime que j’avais vainement essayé de joindre m’appelle. Ça me fait plaisir d’avoir des nouvelles des enfants. Elles sont bonnes. Leurs affaires avancent et la santé est bonne ! J’appelle Mimi, elle est rentrée à Paris et ses affaires sont prêtes. Elle attend que j’aille voir à Cumana pour un billet d’avion.
Je ne vais donc ne pas tarder à aller à Cumana.

Le 06.10.2008
Il est 7h, je regarde le ciel. Soleil, pas le moindre vent, et au sud est des nuages. J’ai envie d’aller à Cumana, mais je n’aime pas les traversées au moteur. Et j’ai bien l’impression qu’il n’y aura pas de vent aujourd’hui…
8h15, je me décide. Je lève l’ancre, je pars au moteur de Guacarapo, ce village si tranquille et joyeux. Je constate que l’affichage de l’anémomètre ne fonctionne pas, pas plus que le loch. Le sondeur fonctionne, c’est toujours ça !

guacarapo-cumana-4.jpgGuacarapo CumanaLes montagnes rouges de Laguna Grande
Il fait un soleil de plomb et pas un souffle pour rafraîchir. Le golfe ressemble à un lac calme. Des pélicans sont posés çà et là sur l’eau. Parfois des mouettes. Soudain une bande de dauphins arrivent de chaque côté du bateau. Une bonne heure, ils l’escorteront. J’ai retrouvé mes copains les dauphins. Je leur siffle un air, je les applaudis, ça n’a pas l’air de changer leur conduite.
Tout le long de la rive sud, il y a des villages, parfois des petites usines. La rive nord est sauvage. Je passe devant Laguna Grande et ses montagnes rouges, ocres, jaunes. J’aimerais y aller avec Mimi. C’est calme et beau.
J’approche de la Marina Cumanagotto de Cumana. J’appelle à la VHF pour connaître la place que je pourrai prendre. Plusieurs appels et pas de réponse. Je rentre au pas dans le port. Je ne vois pas de place à tribord, ni en face. Je prends à bâbord. Pas de place le long de la digue. Je ne peux plus avancer car c’est le ponton des bateaux à moteur. Je bats arrière et recule vers les bateaux de la digue.Lorsque je veux passer la marche avant. Impossible. Je force en vain. J’attrape un objet qui me tombe sous la main pour taper sur le bouton d’inverseur.Je peux passer la marche avant juste à temps. Quelques manœuvres et je prends place au ponton 2. Deux jeunes français viennent me prendre les amarres avant. Je passe l’amarre arrière.
Voilà, je suis à Cumana. Je passe à la capitainerie pour les papiers. Un gars vient installer l’électricité et changer le robinet d’eau le plus proche pour que je puisse me brancher.
L’orage entendu au loin, se rapproche et il se met à pleuvoir copieusement.
J’appelle Mimi, elle pourra venir vers le 20. Demain j’irai voir une agence de voyage réputée pour ses billets à bon prix.
Je vais dans le centre commercial voisin et je vais sur internet. Le débit est rapide. Je peurs consulter mon compte en banque, mon compte des impôts…
Après une coupe de glace, je rentre au bateau.

Le 07.10.2008
Position actuelle: Marina de Cumanagotto à Cumana 10.28.660N 64.11.104W

Ce matin, je vais en ville, pour trouver l’agence de voyage dont on m’a parlé. Le taxi ne trouve pas et m’emmène dans une autre. Le billet est cher et l’agence ne fait pas de change intéressant.
Je vais au marché central. Il est immense et l’on y trouve tout. Si on est chargé, on peut prendre un porteur avec une brouette qui suit et vous accompagne au taxi.
Je revois des mangues, disparues depuis des mois. Ce sont les premières de la nouvelle récolte. La viande est toujours aussi mal préparée en général, coupée n’importe comment et trop fraîche.Des charcuteries vendent des côtelettes cuites appétissantes.
Je rentre au bateau en taxi, bien chargé.

Après déjeuner, je vais au cyber du centre commercial de la marina. Sur le chemin, je rencontre deux jeunes qui sont sur un thonier à côté de mon bateau. Ils me disent qu’un catamaran a été attaqué et volé près d’ici en mer. Pas de blessés, juste vol d’affaires et saccage d’électronique…
Pendant que je suis au cyber, arrivent Danielle et Christian.Danielle est toute retournée. Sur le parking du centre commercial deux personnes viennent de se faire descendre par des tireurs qui se sont enfuis. Ce sont des possesseurs de gros bateaux à moteur vénézuéliens. Un règlement de compte sûrement. Ça refroidit l’atmosphère. Après le départ des amis, je continue à mettre des photos sur le site. Puis la lassitude et l’effet de cette nouvelle font que je rentre au bateau ! À plus tard !

Cumana rouge

Le 08.10.2008
Les mauvaises nouvelles digérées, je m’attaque aux choses qui ne fonctionnent pas.
Depuis hier la pompe de puisard ne fonctionne plus. Je la sors, la démonte. Le support des charbons a fondu. Il faut la changer.
Je prends le taxi et je vais à CasaMar, une grande ferreteria pour les pêcheurs.Je trouve la même pompe, chère car elle vient des USA. Je rentre et la monte.
L’après-midi, je vais au cyber mettre des photos sur le site. C’est long, lorsque le retard est de centaines de photos et qu’il faut les rentrer une à une…
Je regarde sur internet les coordonnées de l’agence de voyage de Puerto la Cruz. Je lui téléphone. Je lui confirme par mail. Il va chercher et me contacte.
J’ouvre une adresse mail sur Gmail : labeschristian@gmail.com. En effet, “.mac” a évolué et je ne peux plus y accéder. Je trouve ce moyen complémentaire et efficace. Si vous voulez me joindre, c’est ma nouvelle adresse mail ! Essayez, vous verrez, je vous répondrai.

Le 09.10.2008
Les portes du frigo fermaient mal. Je me mets au boulot pour améliorer la situation. J’ai acheté des charnières en inox massif.Je râpe, ponce, bouche les emplacements des anciennes charnières avec une pâte qui doit polymériser. Elle est vielle… Nous verrons le résultat demain.
Je vais continuer à mettre des photos sur le site. C’est long lorsqu’il y a un grand retard à rattraper. Mais le résultat fait plaisir !

Affiche sur la vitrine du cyber en faveur des évangélistesLes gardes côtes sont souvent au port…

Le 10.10.2008
Je continue la réparation des portes du frigo. Ça ferme bien maintenant.
Je contacte de nouveau l’agence de voyage. José m’a envoyé une réservation de vol pour le 22. Mais il a oublié le prix. Il me rappelle : ce sera paris Cumana aller et retour pour 560 euros. C’est moins cher que ce que je trouvais moi-même sur le net.
Le soir le bateau voisin m’invite à prendre une bière. Lorsque j’arrive, il y a deux couples. Les propriétaires du bateau qui est en face le mien et un autre couple franco-allemand qui navigue depuis 20 ans. Les deux couples sont des navigateurs de longue date et ils reviennent au Venezuela depuis des années, parfois pour y laisser le bateau et aller en Amérique du sud en car. Soirée très sympa, passée à parler des pays, de la crise, des voyages.

Le 11.10.2008
Nous sommes samedi. Je vais tôt au cyber pour trouver le mail de l’agence. Elle a bien réservé les billets et me confirme le coût en me donnant ses coordonnées bancaires pour que je lui fasse un virement. Ce que je fais en espérant que ce sera rapide malgré le week-end…
Je continue à mettre des photos sur le site. Pour le Venezuela, j’ai fini. Il me reste à faire une partie du Sénégal et je serai à jour !
En fin d’après-midi un orage éclate et il pleut des heures, de quoi laver les bateaux ! Les hors-bord qui étaient sortis pour la journée avec les femmes en maillot de bain à l’avant rentrent les uns après les autres. Je ne vois pas les femmes qui doivent être à l’intérieur…

Un thonier, mon voisin de pontonUn horbord avec trois moteurs de 300 chevaux chacun

Le 12.10.2008
Ralph et son épouse naviguent depuis une vingtaine d’année et ils sont dans l’arc antillais depuis longtemps sur un sloop en acier du nom d’Eleusis. Ils viennent me dire au revoir car ils partent cette nuit pour Margarita De façon à remonter vers la Martinique avant que les alizés ne soient trop fortement établis et un peu contraires. Ils veulent aller en Martinique, au Marin pour y trouver du travail. Ils sont simples et très cools. J’aimerais bien les revoir plus tard…

Sur le flanc d’Eleusis
Nous sommes dimanche. Les Vénézuéliens sont en congé. Ceux qui ont des bateaux viennent à la marina. Ils bricolent leurs bateaux à moteur ; ils font ronfler leur moteur. La plupart ont deux moteurs de 150 à 300 chevaux. Il y en a même un avec trois moteurs de 300 chevaux. Au pays où l’essence ne coûte presque rien, on ne regarde pas à la consommation !
Au fond de la marina, plusieurs hommes bricolent sur un moteur. Ils ont mis la chaîne stéréo du bateau à fond. On se croirait dans une boîte !
J’essaie de me brancher sur le wifi de la marina. Son débit est si capricieux, que je mets plus d’une demi-heure à me connecter et à savoir que Mimi m’a envoyé un mail, sans pouvoir le télécharger et le lire… Je laisse tomber et je passe un bon moment sur le logiciel de photo pour traiter quelques photos, histoire d’en tirer une autre vision des choses. À vous de juger…

Diam RekDiam RekDiam RekDiam RekDiam RekCoupleCouple

Le 13.10.2008
Ce matin, je vais au cyber. Pas de chance, le fournisseur d’accès est en panne. L’homme qui tient le cyber me dit que depuis que la société a été nationalisée, ça fonctionne mal, bien moins bien qu’avant.
J’y retourne à 14h : toujours en panne.
Je vais sur la wifi de la marina. J’arrive à relever les mails et à y répondre, malgré plusieurs coupures. Il faut être patient ! Pauvres entreprises vénézuéliennes qui doivent travailler dans ces conditions !
Mimi m’envoie des photos d’elle à Paris avec un beau soleil !

Mimi à Paris

Le 14.10.2008
Autant il n’y avait pas d’air le matin, autant l’après-midi, le vent se lève, le grain se prépare, puis arrive. La houle rentre dans le port et les bateaux dansent. La pluie tombe drue pendant toute la demi-journée. Mes voisins me renseignent pour savoir où trouver des articles électriques à Cumana et où il y a un électronicien capable de me réparer une alimentation d’ordinateur. J’irai demain matin.

Le 15.10.2008
Je pars tôt en ville pour faire le tour des ferreteria pour trouver du matériel électrique : cosses, raccords sertissables, tube néon 12v… Je fais toutes les ferreteria de l’avenue Bermudes, et il y en a beaucoup. Je trouve tout sauf le tube néon. Je cherche de l’acide phosphorique et de l’époxy zinc et j’en trouve.
Je vais à l’adresse indiquée pour un atelier de réparation électronique. Je donne mon alimentation pour l’ordinateur Mac. Le gars travaille sur autre chose. Il me dit de repasser demain après-midi. Il aura fait le diagnostique et s’il peut réparer, il me donnera la liste des pièces à acheter et à lui apporter. Je lui présente le régulateur de tension des panneaux solaires qui a chauffé. Il ausculte et me montre deux composants qui ne se vendent pas dans la ville. Alors il ne peut réparer.
Je rentre à la marina. Je vois mon voisin de ponton et nous discutons bateau, puis assez vite tourisme. Avec son épouse, ils voyagent depuis 20 ans en bateau, jusqu’à un endroit où ils peuvent laisser le bateau, puis ils voyagent en car, sac au dos. Aussi ils sont au Venezuela comme base de départ pour l’Amérique du sud. Ils en ont visité une bonne partie et resteront jusqu’à avoir visité tous les pays. Ils prennent leur temps. Ils ne sont pas pressés. Ils ont coupé avec le rythme européen et vivent ainsi, heureux.
C’est une bonne philosophie à adapter selon ses moyens.
L’après-midi, en allant au cyber, je rencontre Thomas avec le skippeur du catamaran qu’il gardait à Medregal. Le cata a pris la foudre la semaine dernière. Toute l’électronique est morte. Le skippeur a demandé à Thomas de l’aider pour remonter jusqu’à Grenade, où il veut faire réparer. Sans pilote, ce sera plus facile à deux ! Nous prenons un café ensemble, puis je vais au cyber. Impossible de savoir si mon ordre de virement pour payer le billet de Mimi est effectué. Avec le décalage horaire, la banque en France est fermée…
Je vais au cyber : pas de trace de virement pour le billet d’avion !
Je vais dans un salon de coiffure mixte. Après une petite attente, une jeune fille s’occupe de moi. Elle est jolie avec une peau très cuivrée. Pendant qu’elle me coupe les cheveux, elle se met à chanter en accompagnant la chaîne intérieure. Une chanson, puis une autre. Elle semble les connaître toutes. Je lui dis qu’elle chante bien et je lui demande si elle connaît toutes les chansons. Elle me répond oui et elle continue la coupe en continuant à chanter des chansons d’amour passionné ! C’est charmant et sensuel. Avant de partir, je lui donne un pourboire en la remerciant pour les chansons. Elle me fait un large sourire.

Le 16.10.2008
Dès 8h, j’appelle ma banque. Je n’obtiens qu’un répondeur, plusieurs fois de suite. J’appelle Mimi qui essaie de France sans plus de résultat ! Pas la moindre nouvelle du virement que j’ai demandé ! Ce nouveau chargé de compte me fait vraiment regretter la précédente personne qui était toujours efficace et aimable !
Si je ne peux débloquer vite la situation, Mimi ne pourra venir le 22 ! À force d’appeler la banque j’ai une autre personne qui fait passer le message tant je fais du ramdam. Et je reçois un mail de mon chargé de compte travaillant pourtant à l’extérieur la journée comme quoi il a fait la demande de virement et que ça suit son cours. J’appelle l’agence, qui dit m’envoyer le billet. Ça devrait marcher !
Après déjeuner, je vais en ville, voir l’électronicien qui m’a donné rendez-vous à 16h. L’atelier est fermé, alors j’attends devant. Un couple attend aussi avec une télé sur un diable. Une voiture s’arrête et se renseigne si l’atelier va ouvrir. Tous repartent, moi j’attends une demi-heure, puis je pars aussi. J’y retournerai demain.
Je recherche un néon que je n’avais pas trouvé hier. Je fais un bon nombre de quincailleries électriques en vain. J’achète de la peinture pour remédier aux attaques de rouille et avoir un bateau nickel !
En rentrant, je discute avec les voisins de ponton. Ils me disent que l’un des navigateur qui allait chez le marchand de composants électroniques s’est fait voler sa sacoche avec papiers et argent par un jeune dans le magasin. Il a couru après le voleur, le vendeur et des passants aussi. Ils l’ont rejoint. Les passants l’ont tabassé et livré à la police. Le navigateur a récupéré ses affaires. Je suis allé dans ce magasin hier et je suis passé devant aujourd’hui sans encombre…

Le 17.10.2008
Je vais en ville, chez l’électronicien. C’est fermé. Je frappe à la porte en fer. La grand-mère de la fenêtre d’à côté me demande ce que je veux. Je lui explique. Elle me répond que son fils est à l’extérieur et qu’il sera là lundi matin. Bon, je n’ai plus qu’à attendre…
J’en profite pour trouver des filtres à huile et à gasoil. Avec la référence, l’employée cherche sur l’ordinateur la correspondance. Elle finit par trouver et me donne les filtres très peu chers, moins de 5 euros chacun !
J’achète dans la rue des fruits et des avocats et je rentre.
L’après-midi, je vais au cyber. Je constate que le virement est en cours ; j’en profite pour relancer l’agence qui me dit m’envoyer les billets.
Le soir avec le wifi de la marina, je finis par recevoir les billets. J’appelle Mimi et la rassure sur le suspens qui devrait bien se terminer par des retrouvailles proches !

Le 18.10.2008
Je fais le plein de gasoil avec des bidons que j’avais et que je vais remplir à la pompe dès qu’il y aura un peu moins de queue, il faut dire que c’est samedi et les plaisanciers à moteur vont sortir.
Je fais différents bricolages. Le néon de la cuisine fonctionne enfin. La pompe à eau électrique aussi. Je termine d’installer les rideaux dans les cabines dont je ne me sers pas.
Je prépare la venue de Mimi.

Le 19.10.2008
Journée de bricolage, d’entretien, de nettoyage. Journée de ciel gris et de vent d’ouest. Enfin de l’air, c’est bien agréable.
Lors de la traversée de l’Atlantique, n’ayant plus de réseau avec mon téléphone mobile, je l’avais rangé dans un équipet du carré. À l’arrivée, je l’ai cherché partout en vain. Plusieurs fois j’ai recherché dans le carré, dans la cabine : rien. Aujourd’hui, je range les équipets du carré et en bougeant et retournant un coquillage sur leque Mimi avait peint un paysage, je trouve dedans le téléphone mobile ! Avec les mouvements du bateau, il avait glissé jusque dedans le coquillage et à chaque fois j’avais bougé le coquillage sans le retourner…
Je le recharge et essaie de téléphoner avec ; Orange Sénégal n’a pas d’accord réseau au Venezuela…

Le 20.10.2008
Je vais en ville pour voir l’électronicien qui est ouvert, mais ne peut réparer mon alimentation d’ordinateur car les composants ne sont pas en vente ici… Zut alors !
Après quelques courses, je rentre au bateau. Je vais au cyber. J’appelle Mimi qui est prête pour le voyage et je lui explique comment changer d’aéroport à Cumana pour passer de l’international au national.
Je discute un moment avec Marion puis avec Christophe. Je lui propose de m’aider pour réparer les instruments. Il l’a déjà fait et m’explique la méthode. Il regarde les connexions aux cadrans. Il monte au mât voir la connexion de l’anémomètre. Elle est débranchée et la girouette s’est envolée. Il teste les connexions, mais la nuit arrive… Nous continuerons demain.

Le 21.10.2008
Journée de nettoyage, de lessive, de rangement et de pleins de gasoil. Je vais chercher le gasoil avec des bidons. Je prends une fois 50 litres pour 3 bolivars et une autre fois et une autre fois 60 litres de gasoil et 10 d’essence pour 5 bolivars soit 1 euro !!! 8litres d’huile pour moteur diesel, 80 bolivars soit 16 euros !!! On comprend pourquoi les Vénézuéliens ont surtout des bateaux à moteur puissant !
J’attends en vain Christophe qui s’occupe de chose et d’autre et passe bien du temps à boire et à fumer sans venir. Tant pis ! Dommage. Dans la matinée, je vois arriver deux voiliers. Papa Djo avec Hervé et Evelyn et un bateau bleu avec David et Stéphanie. Nous avons le temps de discuter un peu. Papa Djo va aller aux Roques et aux Aves, puis à Bonnaire et remonter sur Cuba direct. David et Stéphanie remontent vers la Martinique pour y trouver du travail pendant la saison de voile, la saison sans cyclone.
Quand Mimi sera là, nous discuterons pour aller vers l’ouest puis le nord pour Cuba ou aller vers l’est et longer l’arc antillais jusqu’à Cuba. Nous déciderons ensemble.

Le 22.10.2008
Pendant que Mimi est déjà dans l’avion, je vais au marché acheter du frais, fruits, légumes, viande, poisson.
Au marché, je rencontre Hervé et Evelyn.I ls veulent partir dès demain faire leur sortie à Puerto la Cruz puis partir vers les Roques, les Aves et traverser vers Cuba assez tôt avant que les alizés ne soient établis trop forts. De Cuba, ils veulent aller au Guatemala, puis laisser le bateau dans le rio Dulce pour rentrer quelques mois en France avant de se lancer dans le Pacifique. Nous en discuterons ce soir avec Mimi. C’est une des options. Et j’aimerais bien naviguer avec Papa Djo en leur agréable compagnie.

Le soir, je vais à l’aéroport. J’attends dans une salle d’attente réfrigérée ! Pas de panneau indicateur. Un avion arrive à l’heure prévue, les passagers descendent : pas de Mimi. Inquiet, je demande et l’on me dit que c’est le prochain vol. Cinq minutes après voilà Mimi toute souriante.

Mimi de retour!

Nous sommes heureux de nous retrouver. Un taxi nous emmène à la marina. Mimi retrouve le bateau. Elle a fait un long voyage et est réveillée depuis plus de 36h. Une rapide collation et au lit !

Le 23.10.2008
Dès me petit-déjeuner, nous parlons des possibilités de navigation. Vers l’ouest quelques îles puis Cuba directement, ou vers l’est et l’arc Antillais. Mimi écoute, pose des questions. Nous discuterons avec d’autres navigateurs qui connaissent la région, ça l’aidera à se faire une idée. Nous disons bonjour aux voisins et nous discutons avec Christophe et Marion, toujours accaparés par leurs jeunes minous.
Nous prenons notre temps et nous passons toute la journée sur le bateau et sur le thonier voisin à discuter. Mimi doit récupérer du décalage horaire.

Le thonier, notre voisin de ponton
C’est bien agréable de se retrouver enfin. C’est une journée sans histoire, heureuse.

Le 24.10.2008
Finalement nous sommes réveillés assez tôt. Petit-déjeuner dans le cockpit, avec vue sur le port, au soleil. Puis Christophe vient amener ses deux enfants aînés à garder, pendant qu’il va faire des approvisionnements au marché. Mimi les occupe puis leur propose de faire des gâteaux. Oh oui ! Et les voilà partis pour faire des brownies au chocolat…

TitouanLilouLes brownies!Marion et Manech Après la garderie du matin, nous allons l’après-midi en ville faire l’approvisionnement.
Nous rentrons au bateau bien chargés.
Nous discutons avec des navigateurs pour choisir une direction et on laisse mûrir.
Nous passons une bien agréable soirée ensemble dans le vent léger et la fraîcheur du soir !

Le 25.19.2008
Marion Christophe et les enfants viennent nous dire au revoir. Ils partent en bus pour Medregal dans le but de caréner leur bateau laissé là-bas et de revenir vite à Cumana pour aller en Martinique travailler.

La petite famille au gros bagages!La petite famille au gros bagages!

C’est un moment d‘émotion de se quitter, quand on a de bons rapports. J’espère qu’on se reverra en Martinique. Marion donne le conseil à Mimi de remonter l’arc antillais pour avoir de courtes étapes d’île en île avec des haltes dans de beaux mouillages et des villages pittoresques. Je remercie Marion. Les dés sont jetés, nous prendrons cette direction.
J’appelle un changeur, il me fera du change lundi matin. J’appelle Alexis, l’intermédiaire qui fait les entrées et sorties. Je le rencontre une demi-heure après. J’aurai les papiers de sortie lundi. Nous pourrons prendre la mer mardi ou mercredi pour aller dans le petit archipel vénézuélien des Testigos, puis à Grenade. Vu la direction plein Ouest, ce sera sûrement au moteur le vent en plein dans le nez… Nous verrons bien.

Le 26.10.2008
Journée relaxe dans le bateau. Mimi fait un super plat irakien de légumes avec du riz ! Que c’est bon ! L’après-midi, je lis un livre d’un écrivain cubain : « Le roi de la Havane » de Pedro Juan Gutierrez. C’est la vie d’un gamin des rues et de la misère à la Havane. C’est truculent, triste et plein de vie malgré la misère et tous les expédients pour survivre.
Nous discutons avec Mimi de navigations à venir. Je lui dis que j’en arrive à envisager de naviguer cette année, puis la suivante et rentrer en Europe. Soit pour naviguer en Méditerranée un certain temps, soit pour vendre le bateau et voyager chaque année plusieurs mois vers des pays lointains sac au dos. Mimi est d’accord. L’idée lui plait et la rassure.
Le soir nous regardons les cartes du Venezuela, des Antilles jusqu’à Cuba, puis jusqu’au Guatemala. Nous verrons de plus près au fur et à mesure. Là, ça donne à Mimi une idée d’ensemble des Antilles et du parcours.

Le 27.10.2008
En attendant qu’Alexis nous apporte les papiers de sortie et le changeur des bolivars, je change la sonde d’alarme de température d’eau du moteur. Mimi m’en a rapporté une neuve de France. En la mettant, je la visse trop ! Elle est tellement fine qu’elle casse ! Je vais voir notre voisin à la recherche d’un extracteur ; il n’en a pas. Je vais voir Christian. Il me conseille de recoller avec une résine époxy chargée de poudre d’aluminium. Il m’en passe un peu. Je colle à l’époxy en espérant que ça tienne. Christian n’a pas de doute, nous verrons bien.
Arrive Alexis avec passeports tamponnés et la Zarpe, document de sortie, destination Grenade avec tous les points intermédiaires. Nous pouvons donc aller dans les îles vénézuéliennes en étant en règle.
Alexis nous signale qu’il a vu des jolies filles qui se faisaient photographier et que ça fait du bien aux yeux. Elles arrivent sur le ponton. Le photographe me demande si elles peuvent ponter sur le bateau pour qu’il les prenne en photos. J’accepte et les trois miss montent à bord. Moi je reste sur le ponton pour photographier aussi. La plus jeune a 12 ans, les autres sont plus âgées. Minces et plates elles ne ressemblent en rien à la vénézuélienne moyenne de leur âge ! Elles s’en vont en remerciant et la séance continue sur un bateau à moteur…

Photo de MissLes miss à bordJeune qui veut être MissLa pose étudiée!Voilà les sirènes!

Le 28.10.2008
Nous allons au marché. Dans la rue il y a un vendeur de jus d’orange qu’il presse devant le client. Voilà des vitamines pour faire le marché. Dans le grand marché de Cumana on trouve tout, mais c’est vaste et il faut marcher ! Le plein de fruits et légumes et nous rentrons. Nous avons acheté un gros poisson rouge que Mimi fait au four. C’est délicieux !

Repas de navigateurs!


L’après-midi, je vais payer la marina.Sur le retour, je rencontre notre voisin de ponton. Je lui demande conseil sur la route vers les Testigos et nous parlons météo. Il me donne des indications et un logiciel pour recevoir des fax météo avec la BLU. Il me montre quelques sites intéressants pour la navigation dans les Caraïbes.
Nous allons au bodégon du coin pour faire le plein de boissons. Nous pouvons tenir un moment !
Un tour dans le centre commercial attenant à la marina permet à Mimi d’acheter des produits syriens et entre autres des fruits confits dont elle rêve toujours et qu’elle demande de lui rapporter aux amis qui vont au moyen-Orient. Et bien voilà, il suffit d’aller à Cumana en Amérique du sud !
Un tour au cyber me permet de voir la météo qui est bonne pour le départ fixé à après-demain.
En mer nous serons toujours joignables par mails courts sur FH2407@sailmail.com. Aux Testigos peut-être y aura-t-il une liaison pour le téléphone. À Grenade, ça devrait fonctionner sur mon mobil français et sur celui de Mimi…
Pour ce qui est du site, il faudra attendre que nous trouvions un cyber à Grenade…

Le 29.10.2008
Ce matin nous faisons les dernières courses. Mimi veut voir les perles qui se vendent ici. Finalement il n’y a rien qui la séduit car elle ne voit que des perles en plastique et en bois…
Dans la rue il fait chaud. Un marchand nous propose du Papelon, du jus de canne à sucre avec du citron. Un délice ! Mimi en reprend ! Plus loin, nous nous arrêtons devant un étalage dans la rue de copies de CD. Le vendeur les a disposés sur des panneaux de 2m sur 6m. Il y a le choix. Nous choisissons des CD et le vendeur nous les passe un par un sur sa chaîne qui fonctionne fort. On peut l’entendre à 100 mètres !Nous achetons 8 CD pour 2 euros le tout.
Nous avons pris de la salsa, du méringué, du raegueton et des crooners vénézuéliens. De quoi écouter pour se souvenir d’un pays beau et accueillant, même s’il est dangereux par endroits.
J’enregistre les CD sur l’ordinateur et sur le baladeur. Nous sommes parés pour naviguer en musique ! Après avoir été au cyber avec Mimi, nous rencontrons au bar, Henri et Charly, deux navigateurs célibataires qui ont leur bateau dans la marina en face de nous. Nous nous arrêtons pour boire un coup et discuter. Mimi raffole des batidos, des fruits mixés avec de la glace. Elle en commande un à la fraise. On lui sert une coupe d’un rouge intense et au parfum puissant. Bière ou coca pour les autres. Nous parlons de navigation puis de femmes et des femmes vénézuéliennes qui passent. Charly a demandé au serveur s’il ne pourrait pas avoir une belle fille. Pas trop large, lui dit-il en lui indiquant avec les deux mains écartées la mensuration idéale de popotin. Le garçon lui demande pour quand. Pour maintenant. Pas de problème, elle arrive dit-il. Sur ce, les premières gouttes d’un grain se font sentir. Charly rentre à son bateau pour fermer les panneaux. J’attends un peu, pensant que ce n’était que quelques gouttes. Erreur fatale, l’averse devient diluvienne. Je fonce au bateau, tout fermé. Je suis trempé. Je reviens au bar. Où sont restés Mimi et Henri. Et l’on voit passer la professionnelle, jeune, jolie et fine. C’est Henri qui la connaît qui nous la montre. Elle est venue avec une copine bien ronde. La professionnelle et sa copine vont au bateau de Charly. Ils discutent les conditions. Trop cher au goût de Charly pour la jeune et fine. Lui qui voulait une fine se contente de la ronde, moins chère.
Pendant ce temps, nous discutons navigation et sécurité. Henry nous dit qu’il vaut mieux passer au large de Margarita en direction des Testigos en naviguant à plusieurs bateaux. Nous qui devions partir le lendemain seuls voilà que j’ai le doute. Je veux prendre la sécurité maximum. Alors nous allons attendre que Christophe, Marion et leurs enfants reviennent dans quelques jours pour partir à deux bateaux.
Henry qui voyage seul depuis sa séparation d’avec son épouse ne trouve pas d’équipiers pour faire une virée dans les îles. Il reste donc à Cumana en attendant. Il nous invite à l’apéro demain midi. Nous nous quittons et chacun rejoint son bord.

Le 30.10.2008
Ce matin Mimi range et nettoie à la chasse des quelques cafards qui hantent le bateau. Pendant ce temps, je vais au marché acheter du poisson. J’achète un poisson blanc qui me tente et de la raie, chacun à deux euros le kilo.
À midi nous allons sur le bateau d’Henri. C’est un Pogo 8,5m, un bateau de course croisière. Plus course que croisière.

Henri sur son PogoLe Pogo

C’est bien aménagé, mais très simple et léger. Un vrai tambour qui secoue vibre et résonne dès que le bateau va vite. Mais il peut aller deux fois plus vite que le nôtre. Henri était loueur de bateau et il aime les bateaux différents, tout en reconnaissant que la navigation à bord est épuisante. Il nous a préparé un super punch et des crevettes à la poêle. Nous reparlons de Charly, qui devait prendre l’apéro avec nous, mais est un peu malade car il a bu avec sa copine de la nuit et il n’a pas l’habitude de boire. Ce matin nous avons vu la fille sortir du bateau. Puis dans la matinée deux autres filles sont arrivées à son bord. Il a la santé et un grand bateau de 50 pieds. Après le déjeuner, elles sont sorties et une autre a pris la relève ! Il était vraiment en manque !
Je m’aperçois qu’il s’en passe des choses dans le port que je n’avais pas remarquées lorsque j’étais seul. Je m’occupais de mes affaires, de mon bateau et je parlais avec mes voisins en couple, calmes…J’avais juste remarqué à trois bateaux de moi un homme, un peu plus âgé que moi, qui vit séparé de son épouse, qui est depuis dans le port, ne bouge plus, se suicide à l’alcool et a néanmoins une jeune vénézuélienne qui amène souvent toute sa famille à bord… Il va mourir là dans quelque temps. Ça me fait penser à Dakar où des navigateurs s’enlisaient avec les filles et l’alcool et parfois y mouraient…
Dans tous les pays où la pauvreté sévit, chacun va gagner sa vie comme il peut. Ici les filles sont souvent enceintes très jeunes et les garçons n’assument pas. La mère de la fille s’occupe alors de l’enfant, paie si besoin une paire de seins sur mesure à sa fille et lui demande d’aller chercher le gringo ou le gars riche pour se marier, ce qui arrive, mais rarement. En attendant elle gagne sa vie et celle de la famille en tapinant de droite et de gauche… La vie n’est pas rose partout et pour tout le monde…

Le 31.10.2008
Je vais voir Charly et Henri pour les inviter à dîner à bord ce soir. Je vais sur le bateau de Charly, un très beau Jeanneau de 52 pieds. Pour un homme seul, c’est vaste et super confortable !

Champagne, le Jeanneau de 52 pieds

Nous discutons. Il est toujours patraque depuis deux jours pour avoir un peu trop bu avec les minettes qu’il avait reçues. Il me raconte qu’il ne leur a rien fait à cause de ça ; elles lui tenaient juste compagnie, en profitant du bar du bateau, whisky, bière et coca. Elles l’aguichaient de temps en temps, en lui demandant de l’argent pour des études, des courses…
Charly leur disait ne pas avoir d’argent pour l’instant… L’une d’elles voulait bien aller naviguer jusqu’à Margarita et aller se balader sur l’île. La fille dit oui. Puis elle dit qu’elle viendra avec une cousine et son mari ! Ah ! Ce n’est plus la même chose… Charly ne dit ni oui ni non, et laisse venir… C’est difficile la vie de célibataire en goguette au Venezuela…
Henry arrive au bateau, je peux donc les inviter tous les deux ensemble pour ce soir !
Je rentre à bord de Diam Rek et pendant que j’écris, ça sent la bonne cuisine dans le carré. Mimi fait une soupe de poisson pour ce soir et un gâteau. Juste avant elle a fait du bon pain.

L’après-midi nous allons boire un batido au café. Paulo et Nicole passent par là, nous les invitons à boire un coup. Et nous voilà partis dans leurs voyages sac au dos dans les différents pays d’Amérique du Sud. Leurs descriptions du brésil, de la terre de feu donnent envie de voyager par là. Après le tour de la Caraïbe, nous verrons…
Le soir Charly et Henry viennent dîner. Nous passons une bonne soirée. Henri a invité deux Vénézuéliennes pour une virée en bateau. Il leur a proposé des sous pour qu’elles fassent l’approvisionnement, elles feraient cuisine et vaisselle et éventuellement l’amour. Elles ont demandé combien de fois. Pour l’amour, elles étaient d’accord, mais faire les courses, la cuisine et la vaisselle, non. L’une était d’accord si Henri engageait une femme de ménage…
Finalement Henri qui s’ennuie seul va partir avec nous aux Testigos.

Le 01.11.2008
Des voix me réveillent ; je sors. Une femme sur le ponton me signale que le bateau voisin qui est en train de sortir a débranché le fil électrique avec lequel j’ai l’électricité du port. Avec son ancre, il a tout arraché et mon fil traîne dans l’eau. Je le sors et bricole pour le rebrancher.
Là-dessus Voilà Marion et ses enfants. Leur bateau est arrivé ce matin, le carénage fait. Ils nous disent vouloir partir mardi avant l’aurore. Nous en discutons ensemble pour voir la route que Christophe envisage et celle à laquelle je pensais. C’est d’accord, nous ferons route ensemble mardi, et la nuit de mardi à mercredi pour arriver aux Testigos vers midi et en tout cas avant la nuit.
Henri passe à bord. Il a besoin que je l’assure pour grimper à son mât en fin d’après-midi. C’est OK.
On entend des pétards très puissants. Non finalement, ce sont des fusées de feu d’artifice. En pleine journée, on ne voit que la lueur de l’explosion et un nuage de fumée. Et ça dure. À croire qu’ils essaient chaque fusée pour voir si elle part bien !
Je vais d’abord voir Charly qui a un problème d’enrouleur. Je regarde et trouve la solution. Il est content, il va pouvoir endrailler son génois.
Je vais ensuite sur le Pogo d’Henri. Il met sa chaise de calfat et je le hisse en haut du mât au winch avec la drisse de grand voile. Là haut, il réinitialise sa girouette et son anémomètre wifi. Il est tout content, ça fonctionne. Je le redescends ; il essaie de nouveau : hélas, ça ne fonctionne plus. La panne doit être plus compliquée…
Après nous allons prendre l’apéro chez Charly. Il nous dit qu’il part demain matin pour Margarita ; de là il essaiera d’aller au Brésil. Pas facile contre vent et courant. Il va essayer et s’il voit que c’est trop difficile au bout de 4 jours, il fera demi-tour…
La nuit tombée, le feu d’artifice commence. Rien de comparable avec le feu que nous avions vu à Ténérife, mais un feu d’artifice sympa sans prétention. Il est tiré depuis le bord de plage, là où se tiennent une exposition et une manifestation pro Chavez. Dans trois semaines ce sont les élections pour les maires et les gouverneurs. Le gouvernement ne regarde pas à la dépense pour gagner des voix. Certains racontent que des camions circulent et offrent des frigos et des machines à laver aux personnes pour qu’elles votent bien ; que des naturalisations d’étrangers en masse se font pour gagner des voix… Qui sait ?

Le 02.11.2008
Mimi, réveillée tôt, voit Charly partir avec son grand bateau. Elle lui souhaite bon vent.
Pendant que Mimi reste au bateau, je vais faire le marché en compagnie d’Henri. Fruits, légumes, poisson et viande, pour être autonome un bout de temps. On rentre bien chargés.
Je retrouve Mimi avec Lilou la petite princesse blonde pendant que les parents de la petite font leur approvisionnement.

Mimi et LilouMa sirèneMimi et MoiSur le bateauA bord
À midi nous mangeons d’énormes crevettes succulentes !
Toute l’après-midi, les visites au bateau n’ont pas cessé. Après on décide de bouger un peu, d’aller boire un batido au café et de se promener dans le centre commercial attenant à la marina. Nous y avons rencontré les mêmes navigateurs en balade.
Aux Testigos, nous ne verrons plus grand monde ; seuls quelques pêcheurs y vivent, sans me moindre magasin. Ce sera les premières îles presque inhabitées sur lesquelles nous irons.

Le 03.11.2008
Ce matin Christophe vient m’emprunter l’annexe pour faire le plein de gasoil avec des bidons.
Impossible de démarrer le moteur de l’annexe. On passe la matinée à démonter le carburateur plusieurs fois, sans parvenir à le faire démarrer. Nous verrons aux Testigos.
Finalement Christophe et Marion ne seront pas prêts pour demain. Nous partirons avec Henri qui doit recevoir la pièce qu’il attend à 17h… Si ce n’est pas le cas nous partirons un jour plus tard.
Nous resterons quelques jours aux Testigos où il n’y a pas de cyber ni de téléphone, puis nous aurons une navigation de 36h pour rejoindre Grenade où il y a tout le modernisme….

Le 04.11.2008
Les Américains votent et nous nous partons vers les Testigos.
Lever 4h15, derniers préparatifs du bateau. Henri prépare aussi le sien. On débranche eau et électricité et le mets le moteur en route.
Lorsque je veux quitter le ponton, je ne peux battre arrière. L’inverseur ne passe pas.
Que faire ? Comme nous partons avec Henri, contre toute raison, je demande à Henri de me tirer pour que je me dégage du ponton, puis je passe la marche avant et nous voilà partis. Le jour se lève lorsque Mimi largue les amarres.

Mimi largue les amarresAdieu Cumana
Nous sortons dans le golfe de Cariaco, vers l’ouest, vers la sortie. On voit le port s’éloigner et les tours de Cumana au loin dans un ciel encore rose.
Le courant nous pousse un moment, puis nous sortons du golfe vers le nord, vers Margarita. Le vent Nord-Est fait que nous sommes au près, appuyés par le moteur. Après avoir longé la pointe de la péninsule d’Araya, on oblique au Nord-Est pour passer entre Cubagua et Coché vers Margarita. Le vent est en plein dans le nez. Henri, qui à un bateau de près, tire des bords et disparaît peu à peu.

Mimi heureuse de naviguerHenri bord à bordLe Pogo gîte
Il fait un beau soleil, peu de vent, autour de 10 nœuds, avec une houle de 60 centimètres, mais un courant d’environ deux nœuds contre nous. Nous avançons au moteur. L’approche des îles est superbe. On commence à voir les montagnes et les nuages, puis le paysage se précise.
On longe Margarita lorsque le soleil se couche avec un somptueux coucher de soleil.

Coucher de soleilCoucher de soleil
Vers 20h, le moteur s’arrête. Je tente de redémarrer en vain. Je descends avec les outils. Le filtre à gasoil est plein de saletés, alors qu’il était propre au départ et que j’avais filtré le gasoil pour faire le plein ! Je nettoie et donne un coup de démarreur. J’entends un bruit inquiétant. Je recommence et pareil, le bruit semble venir de l’inverseur (la boîte de vitesse). Ne voulant pas casser l’inverseur plus que ça, je parle avec Mimi. Elle est catastrophée, elle qui était contente de bouger, de voire les Antilles. Elle déverse ses lamentations. Nous décidons d’aller dans la marina de Margarita.
Avec le vent contre nous, nous tirons des bords pour approcher dans la nuit. Mais le vent tombe et malgré nos efforts, nous ne pouvons que dériver à plus d’un nœud. Derrière nous il y a Coché et plus au nord, le large.

Le 05.11.2008
Toute la nuit se passe à lutter contre la dérive trop importante de 1,7 nœuds.
On parle avec Mimi qui m’incite à vendre le bateau, voire à en acheter un autre…
Il est vrai que je n’ai pas de chance avec tous les travaux faits et le matériel neuf qui tombe en panne.
Au matin, le vent se lève et nous allons vers la marina. Dès l’ouverture, j’appelle au téléphone. Pas de place malgré mes explications de besoin de réparation. On me renvoie vers un chantier à Sec au sud de Margarita : Chacachacare. Après discutions avec Mimi, on élimine la solution d’aller directement vers la Martinique et l’on choisit de revenir à Cumana.
Demi-tour le vent dans le dos ! Mimi qui croyait avoir bu son dernier batido à la fraise à Cumana…
Le retour est sans problème avec le vent qui nous pousse et le courant qui nous aide !

Côte de MargaritaMargaritaMimi dans un moment de mieux
Nous arrivons ainsi jusqu’à la pointe de la péninsule d’Araya. On oblique vers le sud et l’on a le vent en plein travers. À avance vite et bien jusqu’au milieu de cette pointe de péninsule.
Jusqu’à ce que le vent tombe et que le courrant qui sort du golfe de Cariaco soit contre nous vers 18h.

Coucher de soleilBeaux nuagesLa féérie des nuagesFatigué mais déterminéLa nuit tombeA la manoeuvre
Alors nous mettons 6h pour tirer des bords pour faire les trois milles qui nous permettent de passer l’entrée du golfe et de mouiller. Parfois le courant est plus fort que le vent, alors nous reculons et le courant emporte le bateau au large sans tenir compte de la position du safran !
Parfois lorsque, je remonte à peu près, un chalutier qui rentre de pêche me coupe la route et je reperds du terrain… Pendant ce temps, je barre, car le pilote ne sait pas lutter contre le courant. Mimi, de son côté fait de grands signaux avec une lampe pour qu’un bateau de pêcheur s’arrête, et veuille bien nous remorquer jusqu’à la marina… Malgré tous ses efforts et le décolleté de son chemisier, aucun bateau ne s’arrête. Chacun a peur de la piraterie, alors chacun pour soi. J’appelle à la VHF, les navigateurs du port, la guardia national, mais personne ne répond.
Je continue à tirer des bords et je rentre enfin dans le golfe. Je sais que la côte nord est sablonneuse et qu’on peut mouiller. Dans la nuit, on voit de nombreuses lumières. Y a t il tant de maisons sur la côte ? Je manque de rentrer dans un bateau de pêche non éclairé que me cachait la trinquette. Heureusement Mimi l’a vu ! Je remonte plus loin vers la côte à un nœud contre le courant et le vent. La profondeur diminue. Je laisse la barre à Mimi qui doit me crier la profondeur. Je jette l’ancre à 7 mètres pour avoir de la marge si le vent pousse le bateau vers la côte. Mimi largue l’écoute de trinquette. L’ancre tient bien. Je rentre les voiles et largue un peu plus de chaîne. Il est minuit et demi.

Le 06.11.2008
Après vérification que le bateau ne bouge pas, au lit, car nous sommes bien fatigués !
Je me réveille dans la nuit pour vérifier la position du bateau. Lorsque je me réveille à 6h30, il fait jour. Je vérifie la position du bateau qui n’a pas bougé. Alors que la nuit, la côte était impressionnante, dominée par des hauteurs, le jour, c’est un coin de paradis avec des belles maisons entourées de jardins, de cocotiers et de quelques fleurs, avec escalier particulier pour accéder à la plage ! C’est très beau et très calme. Et dire que c’est réputé dangereux !

Vu du mouillageDiam Rek remorqué par un peniero
Après le petit-déjeuner, j’appelle à la VHF pour de l’aide, car il n’y a pas de vent et le courant est fort ; aucune chance de rejoindre le port à la voile. Christian d’Evangéline me répond. Il va voir si un peniero serait disponible pour me remorquer. Nous attendons…
Pendant ce temps, un peiniero, sorte de barque de pêche, passe pour aller en mer. Je lui fais de grands signes. Ils sont trois à bord, mais hésitent. Ils obliquent vers nous et viennent près. Je les remercie et leur demande s’ils peuvent nous remorquer puisque nous sommes en panne ?
Oui et ils demandent 800 bolivars. Je dis non, 400. Discussions entre eux puis avec moi et l’on en reste à 400. Ils vont mettre leur filet en mer, tout près, et ils reviennent une demi-heure après. J’ai préparé amarres et pare battage. On passe la remorque. Je lève l’ancre et Diam Rek part en remorque, une nouvelle fois ! Il y a près de 4 milles pour arriver à la marina.
A l’entrée, on raccourcit la remorque et l’on rentre lentement.On se dirige vers la place qu’on occupait avant. Elle est libre. Je vois Paulo, je l’appelle pour aider et pour les amarres.
Le peniero me pousse sur le côté et Daim Rek se range le long du ponton.
On met les amarres. J’empreinte des bolivars à Paulo pour payer les gens qui m’ont remorqué. Je les remercie et ils repartent. Mimi décompresse car les événements l’ont affectée.Elle ne se sent pas à l’aise et elle a peur. Moi, en ces circonstance, je suis attristé par cet ennui supplémentaire, découragé, mais je n’ai pas peur car le bateau marche bien sous voile et l’on peut toujours aller vers le large en attendant un bon vent…
Nicole et Paulo nous invitent à boire un café à bord. A fait chaud au cœur d’être bien reçus après l’épreuve. Nous discutons un moment puis après nous installons eau, électricité, taud et nous déjeunons.
Après une sieste, j’écris avant d’aller au cyber chercher les plans de l’inverseur sur le net… Sur le net, je ne trouve pas assez de renseignements, pas le manuel d’atelier…

Le 07.11.2008
Christian et Paulo viennent voir à bord et écouter le bruit au démarrage. Ils constatent un bruit, mais ne sont pas affirmatifs pour savoir s’il vient du moteur ou de l’inverseur. Seule solution, il faut désaccoupler les deux. Christian dit qu’il faut 10 minutes. Je commence à enlever des vis, mais je ne peux faire reculer l’arbre. Plutôt de faire une connerie, je demanderai demain conseil. Je fais attention à ne pas laisser traîner les outils pour que le bateau soit bien habitable pour Mimi. Pendant ce temps-là, elle vit sa vie et elle prend la chose du bon côté.

Le 08.11.2008
Je demande conseil à Paulo pour le désaccouplement. Il me dit ce qu’il faut faire, puis vient m’aider. Jean-Louis vient aussi et peu à peu l’inverseur est désaccouplé après bien des efforts et beaucoup de sueur ! Je fais tourner le moteur et il fonctionne sans bruit anormal. Ce serait donc l’inverseur qui serait en cause.
Christian vient et dit qu’il faudrait démonter l’inverseur pour voir. Lui sait le faire car il en a démonté au moins une vingtaine pour les réparer. Mais il dit qu’il a la flemme. Le soir, il nous invite à prendre un apéro sur son bateau moteur avec Paulo, Nicole et Jean-louis. Il nous montre des photos de ses passages dans différents lieux du Venezuela. C’est très beau.
Mimi s’échauffe lorsque Christian parle des femmes, à commencer par sa compagne.Mimi ne supporte pas le manque de considération pour les femmes et elle le dit.
Au sortir du bateau, nous allons faire un tour dans le centre commercial. Nous y rencontrons de jeunes Egyptiens avec lesquels Mimi lie conversation en arabe. Ils sont immigrés dans ce pays. Ils trouvent facilement du travail car une grande partie des commerces est tenue par des Syriens ou des Libanais.

Le 09.11.2008
Nous allons faire le marché.

C’est dimanche, il y a du monde. Je suis avec Nicole qui en connaît tous les recoins. Au retour, je prépare de grosses gambas.
Après-midi de farniente. En allant prendre un batido, Mimi se lâche et dit son amertume des pannes récurrentes du bateau. Ça me touche ; je suis déjà peiné par ces pannes et la difficulté de trouver la personne compétente pour bien réparer, les plaintes de Mimi me mettent le moral à zéro. Par moments je pense à revendre le bateau et à rentrer. Mais pour revendre un bateau il faut qu’il fonctionne bien et il faut être dans certains pays où il existe un marché pour cela. En plus avec la crise, ce sera plus dur…
Le soir nous recevons à bord Paulo et Nicole et Jean-Louis. Mimi a fait un poulet au citron excellent. Nous passons une très agréable soirée à discuter et à rigoler.
Jean-Louis navigue désormais en solitaire. Son épouse qui a navigué quatre ans avec lui a repris le travail. Jean-Louis qui est forain et qui a un manège ne travaille qu’en juillet et août.Il dit avec philosophie qu’avant ils travaillaient à deux et qu’après une année de travail, il ne leur restait rien et que maintenant en travaillant deux mois, au bout de l’année, il ne lui reste rien, mais qu’il a profité bien de son année, à se balader, à pêcher…

Le 10.11.2007
Je vais à la recherche de filtres gasoil dans Cumana. Je ne trouve pas le type dont j’ai besoin… L’après-midi, je vais voir le mécanicien qui est dans la marina en ce moment. Il me reconnaît, c’est celui que j’avais fait venir pour mon moteur et que je n’avais pas fait réparer faute d’une estimation de prix. Il viendra demain matin à bord.
Je vais chercher sur internet la réponse du fabricant de mon inverseur : il m’envoie une notice technique qui sera utile au mécanicien.
Le soir nous allons prendre l’apéro chez Jean-Louis, un tipunch corsé ! La soirée se passe à bavarder, à plaisanter.

Le 11.11.2008
Paulo et Jean-Louis vont faire remplir leur bouteille de gaz. Je leur donne une des miennes dont ils se chargent très aimablement. Je dois attendre le mécanicien.
En fait il arrive à 15h en s’excusant. Il vérifie certaines choses et constate que la marche arrière ne passe que de façon aléatoire. Il finit de déposer l’inverseur pour l’enporter à l’atelier et l’ouvrir. J’espère qu’il n’aura pas besoin de pièces introuvables sur place… Verdict demain après midi….
Pendant ce temps-là Mimi parle sur MSN avec ses enfants. Elle est tout heureuse de ce miracle de la technique devenu quotidien.
Le soir nous allons faire une promenade et Mimi rencontre une nouvelle copine antillaise qui vit sur un bateau qui ne quitte pas le port. Elle nous emmène sur un autre bateau qui sert de maison à une veuve vénézuélienne qui nous offre le café. Nous passons un agréable moment à parler français et Espagnol. Mimi suit tant bien que mal.

Le 12.11.2008
Mimi va en ville avec ses deux nouvelles copines. Elle veut du fil et un crochet pour s’occuper. Entre filles, elles vont se promener pendant que je nettoie la gâte moteur devenue accessible en l’absence de l’inverseur. Il y a plein de gasoil. Il faut que je trouve pourquoi le retour du gasoil vient dans la gâte et non dans le moteur !
Le soir le mécanicien ne passe pas.

Le 13.11.2008
Le mécanicien passe tôt. Il me montre des pièces endomagées. Il pense que ça peut être du à un manque d’huile, ou à un usage trop brusque du passage marche avant à marche arrière, ou à un défaut de fabrication… Paulo pense à un mauvais réglage d’origine qui a fait frotter le cone d’embrayage tout le temps. En attendant je contacte par téléphone le fabriquant qui me demande de lui envoyer la liste des pièces. Il me répondra demain sur le pris et la disponibilité… Il va falloir attendre. J’envoie aussi deux mails à des revendeurs pour comparer. Pendant ce temps, Mimi va voir une copine vénézuélienne faire du pain et discuter avec elle.
L’après-midi, je me remets à réparer le moteur hors-bord qui refuse de démarrer. Je redémonte le carburateur. Je nettoie les gicleurs, je remonte et ça ne démarre pas… Je recommencerai demain à la lumière.
Une pose batido, ça fait du bien. Mimi a lavé les coussins du cockpit, elle mérite bien une pause !

Mimi et son batidoC’est vraiment bon!Mimi et les coussins

Le 14.11.2008
Ce matin nous allons au marché avec les copines de Mimi, Emma et Zuli. Me voilà avec trois femmes qui papotent, regardent tout, achètent. Je vois tout le marché avec des pauses photos.

Le marchéDans le marchéLes beaux avocatscumana-marche-13.jpgle marchéMimi au marchéMimi en admiration devant un coq de combatDes crabes bleucomment s’assoirEmma Zuli et moiQuel chapeau!Les poupéesOn vend même des chiens
Au retour, je vais au cyber. J’ai des mails de copains, mais pas des fournisseurs de pièces. Déception ! Il va falloir attendre lundi… Le voyage est une école de patience… En fin d’après-midi, je retourne au cyber. Un mail du fabricant d’inverseur m’attend. Il m’indique le prix des pièces, les coordonnées bancaires pour le payer et son refus de prendre en charge les réparations au titre d’une garantie… Je vais faire faire le virement pour avoir les pièces vite…
Au retour, je trouve Mimi en train de discuter avec sa copine Danielle qui revient de France et qui s’en va demain à Puerto la Cruz, ville devant laquelle un bateau a été attaqué, il y a trois jours avec un mort et un blessé. Charmante ambiance ! Il faut dire que le bateau à été acosté par des lanchas de pirates et que l’américain a tiré le premier en blessant un des agresseurs; les autres ont tiré blessant l’américain qui est tombé à l’eau. Les pirates ont pris la fuite, tuant l’américain à l’eau en lui passant dessus avec l’hélice…

Le 15.11.2008
Des nuages cachent le ciel bleu et le soleil. Il fait gris avec un vent doux. Depuis hier il y a des nuages et un vent assez fort et soutenu. Je l’ai entendu souffler cette nuit. Depuis près de 15 jours, il ne pleut plus. La saison des pluies est finie. Le vent était intermittent. Maintenant les alizés vont s’établir d’ouest, avec un peu de nord. Lorsqu’il y a des nuages, ils passent, presque noirs, mais ils ne crèvent pas. Pas de pluie pendant les mois à venir.
J’en profite pour me remettre au moteur hors-bord. Je redémonte le carburateur. J’ai l’impression que tout est propre. Je demande conseil à Charly. Je remonte et ça ne démarre pas. Je redémonte et cette fois, c’est mon voisin de bâbord, Robert qui regarde le carbu. Il trouve une lumière de gicleur bouchée. Il la débouche. Je remonte et ça démarre au premier coup ! Soulagement !
Alors je m’attaque à une bouteille de gaz de 13 kgs qui est rangée sur le pont. Le bouchon s’est oxydé et je ne peux l’ouvrir. Aidé de Charly et de Robert, avec du dégrippant et de l’huile de coude, ça finit par se dévisser. J’ai donc trois bouteilles pleines, avec celle que je viens de faire remplir à Cumana pour deux euros !
Je fais un ordre de virement pour payer les pièces de l’inverseur en souhaitant ne pas les attendre trop longtemps !
Pendant ce temps Mimi va avec sa copine Emma, puis parle avec la femme de Robert. Sur un Jeanneau de 47 pieds, Octopus, ils viennent de Normandie. Ils sont dans l’arc antillais depuis un an et demi. Ils voulaient nous inviter à aller quelques jours à la Tortuga, une île à 60 milles de Cumana. Je préfère suivre l’envoi des pièces. Mimi ne veut pas y aller seule avec eux.
Finalement le grain donne des vents à 40 nœuds et une pluie abondante pendant une demie heure. Le soir nous sommes invités à prendre l’apéro sur Octopus. Beau bateau, bien aménagé avec beaucoup d’options. Robert et Viviane voyagent depuis quelques années tout en gérant leur affaire en Normandie. Mimi avait fait des accras et Viviane une tarte aux poireaux, le tout avec un ti’punch. C’est super. Viviane raconte sa vie, son amour pour Brassens et nous prête des disques pour enregistrer, dont un d’un Antillais, Sam Alpha, qui chante Brassens en créole. C’est un petit trésor ! Nous rentrons à notre bord vers 22h, après une très agréable soirée. Nos voisins sont très gentils, très agréables.

Le 16.11.2008
Mimi prépare un plat typiquement irakien, des légumes farcis. Pendant ce temps, j’enregistre les disques que nos voisins nous ont prêtés. L’informatique résiste, mais à force de persévérance, j’y parviens.
Ce matin, je m’aperçois que la pompe de puisard fonctionne par moments. Je regarde de plus près. Elle évacue du gasoil ! Je regarde de plus près. C’est le réservoir bâbord qui fuie. Je l’avais fait démonter et réparer à Dakar ! Le sens le découragement me gagner ! Les pannes sont un éternel recommencement quelques réparations que je fasse !
Au déjeuner, nous goûtons le plat de Mimi : C’est délicieux. Elle en donne à nos voisins qui se régalent.

Le plat de Mimi!Les huitres apportées par Jean-Louis

Jean-Louis qui était allé hier à la pêche aux coquillages nous apporte des huîtres. Avec un peu de vin blanc, elles sont excellentes. Il apporte d’autres coquilles pour Mimi qui veut faire des colliers. Nous discutons avec Jean-Louis qui est seul à bord. Après trois ans de navigation avec son épouse, cette dernière a préféré rentrer à terre, travailler et vivre dans un appartement. Jean-Louis ne se voit pas dans ce genre de vie. En même temps il aime sa femme et espère qu’elle reviendra. Situation qui se rencontre tellement souvent de vies qui divergent. Que faire ?

Le 17.11.2008
Nous sommes lundi. Mimi m’entraîne en ville faire des courses. Nous prenons le bus et descendons au centre, près d’un parc au bord de la rivière qui traverse Cumana. Le parc est ombragé par de vieux arbres magnifiques. Une classe est venue faire de la peinture dans le parc. Les élèves s’appliquent avec plus ou moins de bonheur !

Un bel arbre!Mimi prend la fraîcheurLa rivière qui borde le parcLes écoliers en bleu font leur devoir de peintureBientôt les élections!Maison du vieux centre ville


Nous allons jusqu’à la cathédrale. Elle a fière allure, blanche et bleue à l’extérieur et couverte de boiseries à l’intérieur. Il y fait frais, avec un courant d’air grâce aux vitraux ouvrants. Le cœur est chargé avec un magnifique retable peint avec de lourdes dorures. Un autel latéral est surmonté par une Vierge noire portant un petit Jésus blanc. Le Saint Esprit est-il blanc ?

La cathédraleL’intérieur de la cathédraleDans la cathédraleVierge noire, Enfant blancUne vision de l’enfer!
Nous retournons vers le parc et la rivière. Elle coule rapidement entraînant beaucoup de limon.

La rivière de CumanaLa presse à jus de canneUn boulot dans la rueMimi regarde une fabriquante de colliers de perle dans la rue


Nous rejoignons les rues commerçantes, toujours aussi animées. Un vendeur de jus de canne à sucre est installé sur le trottoir avec sa presse motorisée. Du jus pur avec un peu de citron et de la glace, c’est vraiment bon !Les rues sont bordées de magasins au rez-de-chaussée des bâtiments et d’étals sur le trottoir ou sur la rue qui proposent, habits, nourriture, quincaillerie, restauration… Le tout dans une ambiance musicale due aux nombreux vendeurs de CD copiés, installés sur le trottoir avec leur sono !
Après la sieste, je vais au cyber, espérant des nouvelles de mon virement et des pièces d’inverseur. Pas encore de nouvelles. J’ai un mail d’un revendeur dont le devis est trois fois plus cher que le fabriquant !
Le soir en mangeant, un inlay se décolle d’une dent ! Je le récupère et demain il va falloir que je trouve un dentiste. Décidément, ce n’est pas ma période de chance !

Le 18.11.2008
Je vais voir Paulo qui est à Cumana depuis longtemps pour savoir s’il connaît un dentiste.
Il n’a eu recours à aucun, mais il a gardé des guides locaux. Sur l’un je trouve un dentiste dans le centre commercial voisin de la marina. J’y vais et j’obtiens un rendez-vous en fin de matinée. Lorsque c’est mon tour, la dentistre me reçoit dans un cabinet moderne et tellement climatisé que j’ai froid. Elle regarde, fait une radio. C’est une carie qui s’est développée sous l’inlay et l’a fait tomber. Elle m’anesthésie, cure la carrée et met une résine pour tenir l’obturation. Le tout pour 25, et elle m’a gardé une heure. Dans la salle d’attente, il n’y avait que des jeunes femmes pour de l’orthodontie. Au Venezuela, l’apparence des femmes est très importante et elles soignent leurs dents ! En soirée, Viviane et Robert viennent à bord pour un apéro dînatoire.Mimi a préparé des mézzés et Viviane apporte une pizza. Avec un ti’punch et les histoires de Viviane sur son expérience des Antilles, la soirée passe vite d’une façon très agréable !

Le 19.11.2008
Ce matin, des militaires surveillent la marina, mitraillette en main. Est-ce un exercice ? Redoute-t-on des troubles avant les élections ? Une heure plus tard, ils s’en vont, sans s’être servi de leurs armes.
Je vais au marché pendant que Mimi reste au bateau sur internet. Le marché est plein de monde. Chacun fait ses courses avant les élections de dimanche, des fois que… Le PSUV, le parti du président ne ménage pas ses efforts pour gagner les élections. En ce moment, ils distribuent des enveloppes de 2400 bolivars, 2 à 3 mois de salaire pour qui veut bien voter pour les candidats du gouvernement et s’inscrivent sur une liste. Comme le vote est électronique, il laisse des traces qui sont vérifiées… Il faut donc tenir ses engagements…
Je trouve du sucre. Il n’y en avait plus en centre ville. Je prends fruits, légumes et poisson.
Viviane et Robert découvrent le marché.
Pour le retour, nous prenons le bus, il en passe beaucoup contrairement aux jours précédents.
Je retrouve Mimi faisant de la confiture de citrons verts.Ça sent bon et ça attire des abeilles. Mimi n’aime pas ça et elle est nerveuse, sur ses gardes. Une abeille vient se poser sur ma main, je la regarde et la laisse butiner, puis elle s’envole. Tant qu’elle ne se sent pas agressée, elle ne pique pas ; ça ne persuade pas Mimi ! En tout cas sa confiture est bien bonne !

Mimi et sa confiture de citrons!

Avant la nuit, des bateaux se préparent au départ. Octopus de Robert et Viviane part pour la Tortuga. Ils nous avaient très gentiment de venir avec eux sur leur bateau. Hélas, je voulais être joignable pour suivre le virement et le colis de pièces, alors je ne peux y aller. Mimi ne veut pas y aller seule. Dommage car je suis sûr que c’aurait été très sympa.
El Scorpion avec Guillaume et Cécile partent avec des passagers pour Sainte Lucie. Là-bas, ils comptent vendre leur bateau et rentrer en France. Bonne chance !

le Scorpion avec Guillaume et BrunoBateau canadien à Wishbone
Après leur départ, on se sent eu peu seul ! Octopus reviendra avant la fin du mois. À bientôt!

Le 20.11.2008
En déjeunant et en mangeant du poisson, l’inlay refixé hier se décolle !
Je repasse l’après-midi chez la dentiste ! Nouvelle anesthésie, nouveau travail et c’est refixé. Pourvu que ça tienne des années !
Pendant ce temps, il pleut abondamment. La saison des pluies n’était pas tout à fait finie. La météo sur internet montre des précipitations partout sur une ligne du Cap-Vert aux Antilles…
Sur internet je vois que le colis des pièces de l’inverseur est parti d’Italie ce jour par DHL. Super ! Pourvu que ça arrive vite, maintenant.

Le 21.11.2008
Je regarde sur le net le suivi de mon colis de pièces. Il est parti de Bologne hier pour aller à Liepsich, puis Londre, puis apparemment Bologne… Est ce le parcours le plus rapide ?
Un mail de l’ambassade de France met en garde les résidents français :
Les électeurs vénézuéliens voteront le dimanche 23 novembre 2008.
Comme toujours en période électorale, il est recommandé aux membres de la communauté française de se tenir éloignés des lieux de manifestations sur la voie publique au cours des prochains jours et d’éviter tout déplacement non strictement nécéssaire le jour même du scrutin.
Il est important de se tenir régulièrement informé de la situation générale en écoutant la radio et la télévision.
L’ambassade de France à Caracas.
Voilà l’ambiance alors que les cybers sont fermés par décision administrative et que la vente d’alcool est interdit depuis vendredi 14h à lundi 12h… Prudence, alors que tout semble calme… Dans la journée, je revois un navigateur allemand qui était arrivée la veille à Cumana avec son équipière. Dans la matinée, ils vont vers le marché à pied en longeant un barrio. L’Allemand se retrouve avec un jeune qui lui pointe un couteau sur le ventre en lui demandant son argent pendant que deux autres s’attaquent au sac à bandoulière que porte son équipière. Elle résiste et tombe à terre avec son sac. Des gens passent et viennent les secourir. Les agresseurs sont en fuite. Les deux navigateurs en sont pour leur peur !

Le 22.11.2008
Voilà déjà un mois que Mimi est revenue et que nous n’avons pas beaucoup bougé ! Le suivi électronique de mon colis est encalminé, rien de nouveau…
Après le petit-déjeuner, je m’aperçois que j’ai perdu l’inlay recollé pour la deuxième fois la veille par la dentiste ! Je suis furieux contre cette incapable ! En plus cette fois, je l’ai avalé sans m’en rendre compte. Il faut que je trouve un nouveau dentiste capable de faire du bon travail !
La journée passe doucement, sans le bruit et la musique habituels des week-ends, pour cause d’élections. Le soir nous voulons boire un peu de vin dans un café. Nous nous contentons d’un jus de fruit, puisque l’alcool est interdit à la vente jusqu’au lundi.

Trois ans déjà!Ça mérite bien une rose!

Après une petite balade, nous allons dans un restaurant japonais manger des sushis. Aujourd’hui, cela fait trois ans que Mimi et moi nous nous sommes rencontrés. Le temps passe vite ! Alors nous fêtons l’événement au restaurant, sans vin là encore. C’est une agréable soirée entre amoureux !

Le 23.11.2008
Dans la nuit, nous entendons des pétards et même un clairon qui joue un air militaire.
Toute la matinée, c’est le calme dans la marina. Peu de bateaux sortent. Les gens doivent voter et manger en famille…
Mimi se tricote au crochet un maillot de bain, elle a presque fini le bas. Moi je vais sur internet et le suivi informatique m’apprend que le colis est à Caracas en cours de dédouanement. Il est presque arrivé ! Nous pourrons bientôt bouger !
Mimi ponce des coquilles de coquillages pour les débarrasser du calcaire et ne gardes que la nacre. C’est joli. Elle veut en faire des colliers ou des mobiles…
La journée est très calme, sans sortie de bateaux vénézuéliens, sans musique forte venue de la marina ou de plus loin. Le soir nous regardons si les résultats sont sur internet. Nous suivons en français les commentaires sur radio Venezuela in vivo. Il n’y a que des commentaires en attendant que les derniers bureaux ferment. Ils auraient dû fermer à 16h, mais certains ont été maintenus ouverts par des chavistes sous prétexte qu’il y avait la queue pour voter ; et ça durait encore à 23h30 ! Nous sommes allé nous coucher.

Le 24.11.2008
Impossible de se connecter au wifi du port ce matin. Qui a gagné ? Dans la nuit, on a entendu des pétards, parfois de la musique forte, puis le calme.
Dans la matinée, le wifi revient. Chavez n’a pas perdu, mais n’a pas non plus écrasé l’opposition malgré tous les moyens déployés sans compter.
Le colis de pièces est parti de Caracas et du dédouanement. Il approche !

Il fait bon vivre à bord, à l’ombreGrandes discussions avec PauloPaulo et NicoleMimi pose!

En soirée nous allons prendre un batido au bar où nous retrouvons Paulo, Nicole et Louis. Ce qui nous mène dans de longues discutions sur les voyages et surtout au Brésil que Paulo a bien aimé en le parcourant pendant trois mois sac au dos.

Le 25.11.2008
Nous allons au marché, qui est animé après les élections.

Un jus d’oranges préssées devant soi à l’arrêt des busAu marchéAu marchéAu marchéDans la rueDans la rueDe retour du marché, Pitoune, le chien d’un navigateur de notre ponton, nous accueillePauvre porteur!

Un vendeur d’avocats nous demande comment nous avons trouvé les élections. « Très bien ! ». Il est heureux et il nous promet pour demain deux casquettes rouges du partit au pouvoir ! Ça fera un souvenir !
L’après-midi, je passe chez DHL : le colis est en douane à Puerto La Cruz et je dois payer 420 bolivars pour le dédouaner. Je paye à l’agence qui va le retirer demain. Emma et Charly passent au bateau. Emma a lu le livre de Mimi et elle vient lui dire toute son émotion. Elle a beaucoup aimé en le lisant d’une traite, entre rire et larmes. Elle n’en revenait pas d’une telle vie. Mimi l’a écoutée avec plaisir. Elle regrette d’autant plus le manque de promotion lors de la sortie du livre qui aurait pu toucher un public plus vaste…

Le 26.11.2008
Nous allons au marché.

Le vendeur d’avocats qui nous offre des casquettes du PSUVAu marché, sorte de pain sec qui se mange humidifiéJe choisis des CD copiés de salsaMimi et le jeune vendeur de CDEtal de coquillages au vinaigreArbre à painArbre à pomme canelleau marchéAu marchéAu marchécamion avec une presse pour le jus de canneUn vendeur qui voulait une photo avec MimiCamion de livraisonEn attendant le busVoilà le busUne toile d’arraignée devant la porte du bodegon!

Nous y retrouvons le vendeur d’avocats qui a pensé à nous apporter deux casquettes du parti de Chavez, rouge évidemment ! Il est heureux de nous les offrir, il est heureux que nous aimions Chavez et il est notre ami et nous embrasse. Il nous explique que l’une de ses filles a eu besoin de deux opérations dans une clinique privée et que les deux fois c’est le parti qui a payé les fortes sommes.
En rentrant, nous retrouvons Robert et Viviane. Ils sont revenu de la Tortuga hier soir. Ils ont eu du vent de plus de 30 nœuds et des creux de 4 mètres. Ils nous invitent à dîner ce soir avec une daurade coryphène qu’ils ont péchée au retour. Ils nous raconteront leur périple.
Je passe à DHL. Le colis est toujours à Puerto la cruz. Le payement des taxes a été fait en banque. Le colis sera là vendredi ; pas demain car demain c’est l’anniversaire de Cumana et ce sera férié… Chaque ville a un anniversaire férié, ici ! Alors encore un peu de patience… Mimi parle avec ses enfants sur MSN et moi j’appelle Sophie au téléphone. Ça fait plaisir d’être en contact avec les enfants restés au loin !
En soirée, nous allons à bord d’Octopus. Robert et Viviane ont pêché une dorade coryphène de belle taille. Viviane l’a cuisinée au four ; c’est un délice. Avant, Robert nous l’a montrée en photo avec sa robe argentée et dorée. C’est un poisson superbe dont les couleurs moirées passent très vite après la mort.
Viviane nous parle des îles des Antilles qu’elle a visitées et qu’elle à préférées, avec leurs particularités et des anecdotes locales. Ça avive notre envie de les découvrir vite et de flâner au gré des envies du moment.
En discutant, les verres défilent, si bien qu’après cette soirée très agréable, nous rentrons en faisant attention à ne pas rater le ponton et la panne !

Le 27.11.2008
Mimi passe la journée à cuisiner et à faire des confitures de goyaves tomates vertes. Le résultat est très bon !

Goyaves

Je bricole de l’informatique, je parle avec Paulo et Charly…
Le temps passe vite à ne rien faire de particulier dans la chaleur de la journée. Le soir, le vent se lève et il fait presque frais. Nous regardons un film.

Le 28.11.2008
Ce matin, c’est le ménage dans la cuisine. Pendant que Mimi nettoie, je fais une ratatouille.

Mimi fleurieIci le café est bonLa Vierge a une nouvelle robe!Avec Viviane et Robert


Puis nous allons au bar où Mimi a donné rendez-vous à Robert et Viviane. Ils arrivent après leurs courses et nous prenons un verre. Et puis comme nous discutons, nous prenons des empanadas pour déjeuner tranquillement. Dans l’après-midi, je passe à l’agence DHL. Le colis n’est pas là. L’employé téléphone : le colis est dans une camionnette qui va arriver. Je vais au cyber pour attendre et je repasse moins d’un e heure plus tard. Le colis est arrivé. Je suis heureux d’avoir enfin les pièces !
J’appelle le mécano qui me dit qu’il passera lundi matin. Super ! En fin de semaine prochaine, nous pourrons partir !
Le soir nous allons dîner à bord d’Octopus. Pendant l’apéro, Viviane prépare un poulet. Nous reparlons des Antilles de ces îles qui ont enchanté Robert et Viviane. Encore une soirée agréable avec des amis.

Le 29.11.2008
L’après-midi, nous allons nous promener le long des jetées de la marina. Pitoune, la petite chienne, nous suit. Sauter d’un bloc de pierre à l’autre fait faire un peu d’exercices. Depuis la jetée, on voit des bateaux coulés dans la marina. Ils sont à demi immergés et personne ne les sort. Ils sont la fin d’un rêve encore visible, à moitié remplis d’eau. L’un d’entre eux a coulé, il y a deux semaine, on ne sait pourquoi…
Nous passons près d’un arbre sous lequel des gens cherchent des fruits. Mimi s’approche et demande ce que c’est. Des raisins de plage lui répond une femme. Elle nous en donne. Ce sont des grains comme des olives avec un noyau à l’intérieur. C’est sucré. Nous entamons une discussion. Le mari vient. Vite il me propose un whisky, il est en train d’en boire un avec beaucoup de glaçons. Je refuse et nous discutons. Il est d’origine des Canaries, il s’appelle Antonio et son épouse, Lorna est mi-espagnole mi-libanaise. Ils ont trois enfants. Ils nous invitent chez eux. Pourquoi pas ! Ils laissent leur fils aîné nettoyer la lancha et nous montons dans un 4×4. Nous filons vers un quartier résidentiel. La grille de la maison s’ouvre, le 4×4 rentre et la grille se referme. Une jolie maison avec des fleurs, des roses et 6 voitures dans le garage. Nous entrons dans un superbe intérieur, décoré pour Noël avec sapin, guirlande des, personnages. Salon en cuir, superbe cuisine, pièce télé, et bar personnel avec des centaines de bouteilles de tous alcools, mais surtout whisky.

A la table d’AntonioBelle décoration de NoëlAntonio et LeonaAvec nos Hôtes
Loena prépare des amuse-gueules. Antonio sort du vin et du whisky. Puis il se met à cuisiner un plat canarien, du moro. C’est une sauce que l’on mange avec du pain. Il y a du pain grillé, des amandes, de l’ail, du piment ; le tout mixé. C’est succulent ! Il nous en donne deux pots pour emporter ! Nous discutons de la vie au Venezuela. Le couple très aisé avait une entreprise d’une trentaine de personnes de distributions de carburant. Il vient de vendre son entreprise, fatigué de la politique de Chavez.
Mimi pose beaucoup de question sur les femmes. Lorna lui répond en soulignant la différence entre la classe pauvre et la classe aisée.
Antonio a peur de prendre l’avion, si bien qu’ils ne voyagent pas à l’étranger, alors que Loena en a bien envie… Ils nous raccompagnent à la marina en passant par un bon boulanger pour acheter du bon pain. Antonio a pris son verre de whisky dans la voiture, puis dans la boulangerie. Il en propose même aux vendeuses qui rient et refusent.
Ils nous invitent pour le lendemain à la pêche. Nous leur disons que nous avons déjà prévu une sortie à Laguna Grande avec Robert et Viviane. Ce sera pour un autre jour. Lundi Mimi s’est mise d’accord avec Lorna pour lui apprendre à faire des confitures demande si Lorna connaît un bon dentiste ? Elle nous y conduira lundi après-midi !
Nous sommes heureux d’avoir connu cette famille si généreuse et accueillante !
Nous rentrons à la marina. Nous allons sur Octopus pour parler de la sortie de demain ensemble.

RobertViviane et Mimi


Soudain, j’entends quelqu’un qui appelle Christian. Je sors ; c’est Paulo qui est avec Charly en train de remorquer un hors-bord qui est en train de couler. Je vais avec Robert au bord de la cale où nous pourrons l’amarrer et l’empêcher de couler. Le bateau est remorqué puis amarré et nous tirons sur les amarrer pour le caler sur le fond en ciment.

Le hors-bord en difficulté

Le propriétaire prévenu, arrive et ne croit pas que son bateau prenait l’eau et que Paulo et un Canadien ont pompé plus d’un mètre cube. Il constate quant même que son bateau gîte anormalement. Il met un moteur en route, les pompes électriques aussi. Et il va remettre son bateau à sa place en disant à peine merci. Là, il s’aperçoit qu’il a un trou dans la coque, alors qu’il avait fait une petite sortie le matin même… Il s’occupe de trouver de pompes avec des amis…
Nous allons nous coucher.

Le 30.11.2008
Le départ est prévu pour 9h30. Nous nous préparons et allons à bord d’Octopus. Robert et Viviane sont prêts. Nous ne tardons pas à larguer les amarres. La mer est calme, peu de vent et un soleil entre des nuages. Nous y allons au moteur. Laguna Grande est à une dizaine de miles. La traversée se passe sans problème, bien installés dans le vaste cockpit du Sun Odyssée 45. Nous avons apporté une ratatouille et la sauce moro donnée hier par Antonio. Viviane a préparé une pizza.

Les sirènes à l’avantApproche de Laguna GrandeApproche de Laguna GrandeL’entrée est en vueNous sommes entrésDans Laguna GrandePalétuviers et terre rougeSoleil et ombre des nuagesDans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe reposoir des pélicansDans Laguna Grande


Nous approchons de Laguna Grande. Les montagnes sont de différentes couleurs, du blanc, à l’ocre rouge. Après la saison de pluies, certaines sont couvertes d’une végétation bien verte, quelques cactus cierges, des arbrisseaux et au raz de l’eau des palétuviers. En s’approchant de la côte, on voit une ouverture, assez large et derrière un vaste plan d’eau. Nous rentrons dans la passe. Les cartes CM93 indiquent 3 mètres de profondeur, alors que le sondeur indique 17 mètres et vite 25 mètres ! Il n’y a pas de problème.
Dans la lagune, l’eau est verte, peu transparente, sa température est de 26°. Les montagnes se jettent dans la mer de façon abrupte. Des palétuviers les bordent. À un endroit des pélicans se reposent sur les branches. Nous passons à quelques mètres sans les déranger. Certaines pentes sont ravinées par les pluies.

Dans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe skipper et son équipageDans Laguna GrandeDes pêcheursBelles couleurs!MimiLa plus courageuse inaugure le bainMimi se jette à l’eau prudemmentA mon tourLe soleil baisse, il faut rentrerLa montagne ravinée


Plus loin on aperçoit l’eau d’une couleur jaunâtre et une plage. Une lancha avec trois pêcheurs passe le long des palétuviers. Selon que le paysage est au soleil ou à l’ombre, les couleurs changent. Le panorama est magnifique. La lagune a plusieurs ramifications. Nous nous enfonçons vers le fond à droite. Nous jetons l’ancre par 5 mètres. Après un tel effort, nous prenons une boisson, à l’ombre du bimini.
Nous sommes heureux de profiter d’une telle journée qui nous sort de la marina avec des amis !

Le skipper en plein actionUn beau coupleUn autre beau coupleA tableBravo Viviane!
Nous déjeunons dans le cockpit, avec vin rouge et blanc ! La croisière de rêve !
Une petite sieste pour certains, puis un bain. Même mimi s’y met, mais sans lâcher l’échelle de bain, faute d’avoir pied.

Dans Laguna GrandeDans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe skipper, RobertMimi admire le paysageMimi traîne des pieds pour le retourLes femmes admirent les dauphinsLes dauphins autour de nous


Les nuages passent et le ciel est tout bleu. Les couleurs ressortent davantage, c’est magnifique. Il est l’heure de se remettre en route pour rentrer avant la nuit, car il y a deux heures de navigation. Nous sortons en passant plus près du pied des montagnes. Dans le ciel, des frégates planent avec leurs ailes anguleuses et leur longue queue fourchue. Ce sont des oiseaux superbes.
Au retour Robert tente de mettre génois et grand voile. Il renonce vite à la grand voile qui dévente le génois. De nombreux dauphins nous accompagnent. Mimi s’allonge sur la plage avant pour les voir et photographier de près. Nous voyons le soleil baisser en approchant de Cumana. Octopus retrouve sa place le long d’un quai.

L’Hay, le bateau de PauloEt voilà la nuit qui vient

Lorsque nous sommes rentrés, amarrés, nous voyons rentrer la lancha d’Antonio. Il n’a rien pêché, il nous montre la bouteille de whisky qui le console. Nous nous disons à demain.
Nous quittons Octopus. Robert et Viviane prennent l’avion dans deux jours pour un séjour en France de deux mois. Nous nous reverrons avant leur départ.
Nous rentrons au bateau.Mimi va dire au revoir à son amie Emma car elle part demain avec Charly pour un village de pêcheurs voisin, Tigrio.
Il est temps que nous mettions aussi les voiles !

Le 01.12.2008
On frappe à la coque de bonne heure. Je monte dans le cockpit et je vois le mécano. Je lui donne les pièces. Il a beaucoup de travail ces temps-ci et il ne pourra remonter l’inverseur qu’en fin de semaine, alors il viendra le remonter et l’accoupler. Ok, ce sera fait, j’espérais plus rapidement, mais s’il tient ses délais, ça ira.
Après le petit-déjeuner, c’est Charly qui vient à bord. Il rapporte le livre de Mimi. Il ne l’a pas lu pensant que c’est un livre de femme, et en plus il n’a jamais acheté un livre de sa vie, il en échange, mais n’achète pas… Emma vient aussi dire au revoir. Ils vont larguer les amarres vers midi pour aller à 15 miles à Tigrillo, où ils ont des amis pêcheurs.
Paulo vient les aider à larguer les amarres et le bateau, à l’allure très improbable, s’élance vers la sortie du port, vers la mer.

Charly et MimiEmma et Mimi rigolent de bon coeurLe départ de Charly aidé par PauloLe départ vers Tigrillo


Octopus vient prendre sa place au ponton, avant de rester seul deux mois pendant que Robert et Viviane seront en France. J’aide à l’amarrage. Puis je copie les photos de la veille sur une clef USB pour les donner à Robert. Le soir nous allons dîner ensemble au restaurant, histoire de passer une dernière soirée agréable. Il y a un peu de vent doux qui nous rafraîchit un peu. Quand je pense qu’en France, il fait froid en ce moment !

Au restaurantLes abords sont décorés pour Noël

Le 02.12.2008
Ce matin nous nous levons tôt pour aller chez le dentiste, moi pour mon inlay perdu et Mimi parce qu’elle s’est cassée un petit bout de dent en mangeant du pain à la croûte dure alors que d’habitude la croûte est toujours molle…
Nous voyons partir Robert et Viviane pour prendre leur avion.

Mimi


Nous attendons Lorna qui a dit venir nous conduire. En fait, c’est Antonio qui vient avec son gros 4×4. Il nous conduit chez le dentiste. Il y a la queue et la dentiste n’est pas arrivée. Antonio repart et nous attendons. Une secrétaire arrive et nous fait entrer dans la salle d’attente. Elle prend son registre et demande à chacun son nom et s’il a rendez-vous. Alors elle donne rendez-vous pour un autre jour à la plupart des personnes qui repartent. Nous restons à 6 personnes, ça fait du vide.
Nous passons en second car la dentiste est une amie de Lorna. Je passe le premier ; elle me fait une obturation qui devrait durer, une résine puisque j’ai perdu mon or… Puis c’est le tour de Mimi. Elle lui répare très bien sa dent, et la réparation ne se voit pas !
Antonio, revient nous chercher. Il nous arrête chez un marchand de fruits et légumes. Chacun fait ses courses. Puis Antonio nous emmène chez lui. Là il nous prépare un sandwich fromage jambon fumé pendant que Lorna nous prépare un jus de papaye! Nous sommes chouchoutés! Nous remontons en voiture et il nous emmène à l’est de la ville. Nous traversons des barrios, des quartiers résidentiels, puis des quartiers industriels. Il nous emmène dans son ancienne entreprise.

Maison de barrioMaison de barrioAncienne entreprise d’AntonioAncienne entreprise d’AntonioAvec Antonio

De grands hangars autour d’un vaste terrain. Il a vendu son entreprise, mais il a gardé les locaux qu’il loue. Dans un coin, il y a des cerfs du pays, des biches. Ils sont grands comme des daims européens. Ils vivent dans un enclos. IL leur a acheté de la nourriture.

Une biche me regardeLa hardeLa piqure de “vitamines”Ne sont ils pas beaux?

Plus loin il y a un élevage de porcs. Il y a des petits qui crient lorsqu’on les pique pour leur donner des vitamines. Ils sont roses et marron, mignons comme tout !
Antonio a eu jusqu’à 200 porcs du temps de son entreprise !
Il est fier de sa vie, de son travail et en même temps très simple. Il nous reconduit à la marina très gentiment. L’après-midi, Mimi a mal à la gorge. Elle se couvre et prend miel et citron. Je couve la malade qui reprend vie le soir.

Le 03.12.2008
Mimi a rendez-vous à 9h chez la dentiste. Antonio qui s’était proposé pour nous y conduire, doit aller à Puerto la Cruz. Il nous envoie son fils qui termine ses études d’ingénieur. Il nous y conduit et doit aller après à un cours. Or aujourd’hui, le président Chavez vient à Cumana. Alors il n’y a pas de bus tous réquisitionnés par le parti et les cours sont suspendus. Mais son prof n’aimant pas Chavez, fera sûrement cours…
Il nous dépose chez la dentiste. Dans la salle d’attente, les gens sont nombreux. La dentiste n’est pas arrivée. Il est presque 9h et nous avons rendez-vous à 9h. Nous attendons. L’assistante déplace des rendez-vous et des gens repartent. La dentiste arrive à 9h50. Elle s’assied dans la salle d’attente et raconte aux clients qu’elle a été retardée par les défilés de Chavez, qu’elle n’aime pas. Ses clients des beaux quartiers non plus et tous discutent 15 minutes, en toute décontraction et bonne humeur.
La dentiste entre enfin dans on cabinet et se prépare. Elle en sort 10 minutes plus tard avec sa blouse et la casquette rouge du PSUV, le partit de Chavez. Tout le monde rie et discute encore un peu. Elle prend son premier client à 10h20, mais ce n’est pas Mimi…
Le tour de Mimi vient à 11h20. La dentiste parle, raconte sa vie, montre la photo de ses enfants… Elle soigne Mimi à son rythme et avec soins. Pendant son assistante vaque à ses occupations de nettoyage, y compris de ses ongles au-dessus de la tablette des instruments.
A la fin des soins, Mimi propose une photo avec la dentiste qui veut bien. Nous échangeons nos adresses mail « pour une nouvelle amitié » dit la dentiste. Nous nous quittons en nous faisans des bises, il est plus de midi.

cumana-avec-antonio-2.jpg

Mon ami Jean-Louis, dentiste en région parisienne, ne travaille pas d’une façon aussi cool ; à chaque pays son rythme. Ici nul n’est pressé et les infarctus doivent être plus rares.

Le 04.12.2008
À 8h quelqu’un vient au bateau ; c’est Cesar, le mécanicien. Il a remonté l’inverseur et il vient le poser. Il Me dit que la cause de l’usure est due à un mauvais réglage après remontage. Car d’après lui l’inverseur a été déjà démonté, alors que je l’ai acheté neuf ! Que dire sur mes vendeurs et installateurs précédents et sur leur honnêteté !
Bref, Cesar passe la matinée la repose et à l’accouplement de l’inverseur. Monteur en marche, marche avant et marche arrière fonctionnent !
Demain, Cesar va à Puerto la Cruz et il achètera des filtres gasoil que je n’ai pas trouvés ici et une sonde d’alarme de température d’eau qu’il viendra apporter et poser samedi.
Le départ sera possible bientôt !

Le bassin à tortues du centre
Le soir, nous nous promenons dans le centre commercial et nous mangeons dans un fast-food syrien. Mimi peut entretenir une conversation en arabe. Le Syrien est né là car ses parents sont installés depuis 50 ans. Il a épousé une Vénézuélienne. Il dit qu’il n’y a pas de problème pour l’intégration. Sa vie est ici. Mimi est toujours heureuse de pouvoir parler arabe, comme elle ne parle pas l’Espagnol.

Le 05.12.2008
Cesar, le mécanicien ne devant passer que demain, nous allons faire des courses dans les rues principales. Mimi cherche des épices orientales. On nous indique des magasins syriens. Mimi trouve quelques épices, discute avec le patron. Nous allons dans un magasin de fringues. C’est encore un Syrien. Du coup Mimi discute les prix. Elle tenait à me faire acheter des shorts et des polos « beaux », autres que ceux que je mets pour naviguer ou bricoler. Je me laisse faire. Une jeune serveuse très jolie s’occupe de moi. Mimi veut bien des habits mais pas de la serveuse. Les centres d’intérêts divergent parfois…
Nous achetons un poulet rôti et nous rentrons au bateau.
À peine avons-nous fini de déjeuner, que Cesar arrive. Il a une idée pour la sonde d’alarme de température. Il vérifie sur le moteur si ça pourrait aller et il va chercher la pièce. Il repassera demain matin tôt… Je nettoie la gâte moteur avant son retour demain.
Le soir nous discutons avec Mimi d’un prochain départ. Lorsque je lui dis qu’Henri a envoyé un mail disant qu’un de ses amis a eu du mal à rejoindre Grenade avec 34 heures de moteur contre un courant de près de 3 nœuds par endroits, et de la houle, elle a peur du départ. Nous verrons comment faire au mieux pour rejoindre l’arc antillais et remonter d’île en île par petites navigations. J’espère que la houle ne nous gênera pas trop.

Le 06.12.2008
Cesar vient vers 9h30. Il pose la sonde d’alarme de température puis s’occupe de la fuite de gasoil à un injecteur. Il démonte l’injecteur. La fuite vient d’une rondelle spéciale, qu’il n’a pas. Il va devoir en acheter une en cuivre et la modifier. Ce sera lundi….
Après le déjeuner, nous voyons Antonio et Lorna rentrer sur leur lancha avec leurs enfants. Ils reviennent de la pêche. Ils nous disent de venir ave eux. Mimi est gênée de se faire encore inviter. J’y vais seul. Ils sont au fond de la marina avec leur éternel verre de whisky. Ils me font voir leur pêche. Une quarantaine de poissons, de quoi faire un plat pour une famille. Ils sont de deux espèces. Ils m’invitent à venir déjeuner chez eux.Je vais voir Mimi qui trouve une excuse. Je n’y vais pas, mais nous sommes invités pour demain midi, pour manger un gros poisson qu’un pêcheur vient de leur vendre.

Antonio avec le sierraLa famille amieLe vendeur vide le poissonLorna comme si elle l’avait pêché…Belle chair blancheLa famille amieEn route pour la maisonDépart avec les vendeurs dans la caisse pour payement à la maison

C’est un « sierra » de 20 kilos. Il est argenté. Antonio et Lorna le soulèvent et je les prends en photo. Ils sont adorables. Lorna est avec sa plus jeune sœur qui me demande si je peux lui trouver un fiancé en France… En soirée, nous allons nous promener. En chemin, nous rencontrons Paulo et Nicole, bien habillés pour la sortie. Nous allons prendre un pot ensemble dans un café chic qui a une terrasse couverte qui donne sur la marina. Paulo parle de la plaisance-plaisir et nous fait profiter de son expérience, pour que Mimi se sente en sécurité avec du plaisir. Mimi en sort intéressée et un peu ragaillardie. Paulo est très cool et très positif ; il prend toujours son temps, explique bien. Nicole est toujours plus tranchée, binaire comme dit Paulo. Ils sont vraiment très agréables !

Le 07.12.2008
Je vais au marché pendant que Mimi reste au bateau. J’aime me promener au milieu de tous ces étals chargés de fruits, de légumes, avec tant d’odeurs différentes. Il pleut un peu, le ciel est chargé et gris ; il fait chaud néanmoins. Les gens sont en tee-shirt et pantalon comme d’habitude. J’aime voir ces personnes avec des peaux couleur caramel, miel, chocolat. J’aime les femmes qui n’ont pas de complexe, qui portent toujours des habits collants, décolletés, avec beaucoup de couleurs !
Je retrouve le vendeur d’avocat qui nous avait donné des casquettes du partit Chaviste. Grandes embrassades avec tapes dans le dos. Il me demande où est Mimi, de ses nouvelles. J’achète des avocats superbes, près du Kilo chacun pour moins d’un euro. Nous discutons et il m’offre un verre de rhum. Il a toujours sa bouteille sur l’étal. Il est bon ! Je le lui dis et il me montre la bouteille avec tout ce qu’il a mis dedans pour arranger le rhum. Il me montre une partie en me disant « mille pattes ». En effet, je vois un mille pattes vert, au milieu des herbes et écorces. Il me dit que c’est bon pour les hommes en secouant les bras comme s’il avait une partenaire en face dont il s’occupait ardemment ! Nous verrons le résultat, en attendant le rhum est bon ! Par-dessus le marché il me donne une courge me disant que c’est bon cuisiné avec du beurre et du fromage !
Je sais que nous allons bientôt partir et j’ai déjà de la nostalgie pour le Venezuela, qui a beaucoup d’attraits et des gens charmants ! Dommage qu’un petit pourcentage de voyous pourrisse l’atmosphère !

Les beaux avocatsMimiUne courge
La journée se passe tranquillement et en fin d’après-midi Paulo passe à bord et nous discutons longuement de nos vies, de nos façons de voir la vie et de la vivre.
J’ai commencé, depuis quelques jours, un roman volumineux : L’art de la joie de Goliarda Sapienza. L’écrivaine Italienne du 20ème siècle a une très belle écriture, variée, vivante. Le roman raconte la vie d’une jeune fille qui grandit au fond de la Sicile, dans une famille pauvre, qui entre dans une famille noble, le tout sur fond de mutation sociale, de la grande guerre, de la montée du fascisme. C’est passionnant ! J’en suis à la moitié des 820 pages…

Le 08.12.2008
Cesar vient ce matin avec la rondelle qui manquait. L’injecteur ne fuit plus, mais il subsiste une petite fuite au niveau de la culasse ! Le mécano qui a refait le moteur, n’a pas assez resserré la culasse dit Cesar. J’appelle l’atelier qui a refait le moteur ; il fait l’andouille et dit de lui rapporter le moteur à Carupano, puis finit par donner le numéro de téléphone de la personne qui a travaillé. Cesar discute avec lui…
Pendant ce temps, j’ai l’impression de tomber toujours sur des personnes qui font mal leur travail et que tout est perpétuellement à refaire ! Le moral en prend un coup… L’après-midi, je demande conseil à Paulo. Il lit le manuel d’atelier du moteur et me confirme qu’il ne peut y avoir du gasoil qui sort de la culasse. Il me dit de refaire tourner le moteur et de bien voir s’il y a une fuite d’eau, d’huile ou de gasoil.

Le 09.12.2008
De bonne heure, je fais tourner le moteur après avoir bien nettoyé l’endroit de la fuite. Tout reste propre, il n’y a aucune fuite ! C’est bien mieux ainsi !
Nous allons en ville avec Mimi, à la recherche des choses qui coûteront moins cher ici qu’aux Antilles.
Nous rencontrons en ville Paulo et Nicole ; il faut dire que tous les magasins sont dans le même coin.

Le 10.12.2008
Cesar passe ce matin, et non hier comme prévu, pour m’apporter la facture de son travail. Il a discuté avec Francisco qui avait refait mon moteur. La culasse est à resserrer comme le prescrit le constructeur, après chaque remontage de la culasse. Il passera demain.
Nous discutons avec Mimi. Nous partirons bientôt, sans doute lundi ; nous irons peur être d’abord à Tigrillo où sont Charly et Emma ; puis direction de l’arc antillais ! Enfin ! En plus il est temps car j’ai fait notre sortie du Venezuela depuis plus d’un mois ! Il serait temps de le quitter vraiment… Dans la matinée, Louis, notre voisin du chalutier, va faire des vaccinations.Devant la marina, côté barrio, il marche sur le trottoir lorsqu’il est assailli par un jeune de 12 ans avec un couteau qui lui prend son sac et le passe à un autre qui part en vélo. Louis court après le vélo sans le rattraper. Une voiture de police voit la chose, poursuit le vélo. Mais celui-ci réussit à se perdre dans la circulation, Elle emmène Louis au commissariat pour dépôt de plainte.
Dans l’après-midi, Louis va dans le barrio avec un copain français établi ici. Un jeune lui dit « Tu t’est fait dévaliser et tu reviens ? » Louis propose 50 bolivars contre son passeport rapporté à la marina avant 20h. Il ne voit personne le lui rapporter avant l’heure dite… Épisode de la vie au Venezuela…

Le 11.12.2008
Nous sommes réveillés par le téléphone qui sonne. C’est Charly et Emma qui annoncent leur retour à la marina dans deux heures. Il est 7h. Bon alors, c’est l’occasion de se lever avant que Cesar n’arrive. En effet il arrive à 8h. Il ressert la culasse qui en avait besoin. Il règle les culbuteurs. Nous mettons en route le moteur. Il tourne mieux ainsi et monte instantanément en tours si besoin. Parfait. Nous n’avons jamais été aussi prêts pour le départ.
J’appelle au téléphone Olivier. Il est à Medregal, il prépare son bateau après trois mois d’absence. Après nous nous retrouverons dans les îles. Nous nous joindrons par mail. Je serai heureux de les retrouver !
Charly qui est revenu nous dit qu’il a pris des photos de Tigrillo, des pêcheurs qui font de bonnes pêches. Mimi est heureuse de retrouver sa copine Emma. Je vais au cyber. Je trouve un mail d’un ami pour lequel je me faisais du souci car il ne répondait plus à mes mails ni à mes appels téléphoniques depuis des mois.J’avais même demandé à une amie de Mimi, vivant en Normandie d’aller voir à la dernière adresse de mon ami, pour savoir ce qui lui était arrivé. Mon ami, Michel est donc vivant… Mais bien mal-en-point après une séparation d’avec son épouse, la perte de leur commerce commun et une dépression. Je suis heureux de le savoir vivant et malheureux de le savoir dans cette panade. Je ne peux aller le voir. Mais j’irai lors de notre passage en France en mars ! Accroches-toi Michel, remontes la pente !
En soirée nous passons à bord du bateau de Charly et Emma. Nous discutons en prenant un verre. Charly voudrait nous entraîner à Tigrillo. Nos papiers n’étant plus en règle, je n’ai pas envie. Nous verrons… Et puis Noël approche et je voudrais être dans les îles antillaises, à la Martinique peut-être.
Zuly vient nous rejoindre. Elle vient d’acheter une maison que le gouvernement donne gratuitement à ceux qui sont dans les barrios. Ils occupent un moment la maison, puis la vendent pour empocher l’argent et retourner dans leur barrio. Leur frère, cousin, père demande aussi une maison gratuite. Il faut s’inscrire et attendre. Après certains en font un commerce, une rente… Zuly, qui est veuve, qui vit sur un bateau qu’elle vient de vendre, aurait droit à une maison ; mais elle ne s’est pas inscrite. Alors elle paye 30.000 bolivars à quelqu’un qui lui revend…
Elle est timide, ne dérange personne. Elle avait été sur son bateau, jeter l’ancre dans le golfe de Cariaco, devant la maison d’une amie. Son amie, lui donnait ainsi l’eau et l’électricité et elle ne payait plus la marina, trop chère pour ses maigres économies. Tout allait bien, jusqu’au jour où un homme est monté de nuit à bord de son bateau pour la violer. Zuly s’est défendue si bien qu’elle a perdu ses dents de devant en pure perte, car l’homme était le plus fort et il a abusé d’elle ! Scène de la vie Vénézuélienne. Entendant ça, Mimi est prise d’une envie de quitter le Venezuela vite. Je la comprends.

Le 12.12.2008
Nous allons en ville avec Emma. Mimi cherche des affaires souvenir pour ses petits-enfants.

Panneau de l’arrêt de bus devant la marinaMimi et EmmaHa! les fruits de la passion!Départ de Loïc sur son Amel


J’ouvre bien les yeux pour avoir les derniers souvenirs du pays. Dans la rue principal, la Bermudes, il y a des stands du parti du président, avec le slogan que Chavez restera ! Ils soutiennent le président qui veut changer la constitution pour avoir le droit d’être de nouveau candidat à la présidence.Des voitures passent avec des inscriptions sur les vitres au blanc d’Espagne : « Chavez reste ! ». Les élections viennent de se dérouler, que le président repart en campagne ! Les gens parlent, pour ou contre ; les discussions sont animées. Certains ont peur de la dictature et de la guerre civile, d’autres veulent le socialisme « Socialisme ou la mort, nous vaincrons »…
En fin de matinée, notre voisin arrivé il y a quelques jours, Loïc, largue les amarres pour aller à Laguna Grande. Il y séjournera, seul, pendant une semaine. Nous irons sans doute le rejoindre lundi pour essayer le bateau avant de prendre vraiment la mer. Loïc est un homme charmant, ancien équipier de Tabarly, ayant fait deux tours du monde avec femme et enfants. Il y a trois ans, son épouse a choisi la terre et les petits-enfants. Loïc ne se voyait pas vieillir entre quatre murs. Il a continué seul en déprimant pendant deux ans. Maintenant, ça va mieux, mais il parle toujours de sa femme qu’il aime, qui est loin et qu’il ne voit plus que de temps en temps…

Le 13.12.2006
Nous faisons un tour au marché. C’est samedi, il y a plus de monde qu’en semaine. Il fait particulièrement chaud.
À l’arrêt du bus, une vendeuse d’empanadas, arrive à peine à fabriquer ses empanadas qu’une commère vend aussi tôt. Le vendeur de jus d’orange d’à côté, travaille bien aussi. Les gens aiment bien manger à toute heure dans la rue.

La vendeuse d’empanadasLe coup de main pour les empanadasLes légumes pour la soupeLe marché municipal


Les gens sont habillés de toutes les couleurs. Les étals regorgent de produits colorés. Sur un étal de banane, un bébé dort à même un carton. Mimi prend une photo. Une copine de la jeune mère prend la fillette, l’assoit sur le carton, met à côté d’elle sa sœur et met des bananes sur chacune. Nouvelle photo. Mimi la fait voir. Les femmes s’esclaffent, rient de bon cœur.

Des poissons de toutes les couleursLe coin des bananesLa fillette dort sur un carton sur l’étalla pose pour la photo


Un tour au marché aux poissons. Il y a toutes sortes de poissons, gros, petits, colorés. Ils sont frais et si bons ! Le marché aux bananes est très étendu, avec des tonnes de bananes de diverses espèces, à cuire ou à manger en fruit.

Vendeur de CD avec meuble baffles à roulettesLe copain vendeur d’avocats!


Nous passons chez notre copain vendeur d’avocats. Mimi lui demande de lui préparer un rhum arrangé avec gingembre et mille pattes pour le mari d’une de ses filles. Pas de problème ! D’abord il lui fait goûter, puis il lui dit qu’il lui apportera demain matin au marché.
Charly vient nous voir car il veut savoir si nous irons ensemble à Tigrillo. Nous lui disons que nous irons lundi à Laguna Grande puis que de là nous irons dans l’arc antillais avec un vent prévu nord qui nous permettrai d’avancer à la voile vent de travers. Il est déçu, il aurait aimé notre compagnie… Mais il faut bien partir un jour, sinon nous ne verrons jamais les Antilles !                                                                                                      Nous passons la soirée à bord du bateau de Zuly. Mimi a préparé une tarte au citron. Emma des falafels avec une recette de Mimi et Zuly des pizzas. Autant dire qu’après un Cuba libre, nous avons eu de quoi dîner ! Charly et Mimi n’arrêtaient pas de se chamailler à leur habitude. Zuly était un peu perdue entre quatre français qui parfois ne parlaient que français. Elle est très douce et gentille. Elle a adopté une jeune chienne qui avait été abandonnée dans la marina. C’est un croisement de lévrier avec je ne sais quelle espèce. Elle me faisait penser au couple de whippets que j’avais eu. La chienne était aussi craintive, puis aussi douce une fois connaissance faite. Elle venait se coucher en rond près de l’une des personnes, en posant délicatement sa tête sur la cuisse de la personne et en la regardant parfois très attentivement lorsqu’elle parlait, comme si elle comprenait. Que de bons souvenirs avec nos chiens ! J’étais sous le charme !
Charly nous a montré des photos de Tigrillo, où il espérait nous entraîner. Il est vrai que l’endroit est très beau, avec juste un abris pour les pêcheurs qui passent là 9 mois par an, à travailler entre hommes, avec une cuisinière. L’eau est si limpide qu’on voit les fonds par 10 mètres. Mais Noël approche et nous allons remonter dans les Antilles !

Le 14.12.2008
Je vais au marché pendant que Mimi fait des confitures de fruits de la passion. Je vois le copain marchand d’avocats, Alexis. Il nous a préparé une bouteille de rhum arrangé et un sachet d’herbes et de racines pour une autre bouteille ! Super ! Je le remercie vivement. Nous échangeons nos coordonnées.                                                                                                                  Il me demande de lui téléphoner pour la nouvelle année !
Lorsque je rentre, Mimi est encore dans ses confitures. Je les goûte : succulent et très joli, d’un jaune doré avec des pépins craquants bien noirs !
Nous passons du temps à ranger peu à peu, à trouver une place pour les affaires qui traînent et qui pourraient bouger en mer. Je vérifie différents points du bateau.
Nous partirons demain vers 10h pour Laguna Grande à une dizaine de miles. Nous y resterons la journée et la nuit et nous partirons tôt le lendemain en direction des Testigos et après de Grenade. Le vent prévu est Nord de 15 nœuds qui devrait nous faire avancer au près pendant deux fois 24 heures. Peut-être plus si le vent est plus faible que prévu. Nous redonnerons signe de vie sur le site sûrement pas avant une semaine, lorsque nous aurons trouvé une cyber dans un nouveau lieu…