Le Journal de Mimi

Posted on novembre 16th, 2008 by Mousaillonne

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Le 03.08.07
Nous sommes toujours à Pornichet. Décidément ce voyage a bien du mal à prendre le large. Tous les jours un nouveau souci au niveau de l’organisation avant le grand départ…
Christian m’en parle mais je suis or sujet. Je ne comprends pas grand aux choses techniques je reste souvent sans réponse …
A ce qu’il m ‘explique, je voudrai tellement l’aider, mais bon, on n’est pas marinette du jour au lendemain. Il me dit « ça viendra » ; il me donne le livret du code de la mer. Pas facile de s’y retrouver pour apprendre ; quelle galère !!! J ‘espère y arriver ; j’essaye de me souvenir de bâbord et tribord…peine perdue pour aujourd’hui. Je me décourage, je remets au lendemain en pratique sur le voilier. C ‘est plus facile pour moi la théorie et la pratique.

La vie de couple commence à prendre forme dans le bateau ; pour le quotidien chacun essaye de faire de son mieux pour s’entendre ; quelques petits titillements mais pas trop graves. Christian est inquiet ; je le sens plus nerveux et impatient pour partir, ce que je comprends. Nous devrions déjà naviguer sur les côtes de Bretagne pour m’habituer un peu aux manœuvres et pouvoir l’aider ; mais souvent nous ne sommes pas maître de notre destin

Enfin je pense que le départ se précise. Ce matin Christian décide de se séparer de Loustic, la chatte qui ne s’habitue toujours pas au bateau. Elle marque son terrain un peu partout (urine). C’est une catastrophe ! Nous étions obligés de tout sortir dehors pour faire la grande lessive : les matelas, cousins, couvertures. Enfin je n’avais vraiment pas besoin de faire la lavandière à Pornichet ! Faut pas rêver, ce n’est pas la croisière s’amuse !!!
Le lendemain Sophie vient chercher Loustic en train. Je pense quelle sera plus heureuse. Loustiquette gambadera dans le jardin avec son copain le chat de Midou.
Christian a du chagrin ; je le sens ; il est plus attaché à cette chatte que moi, mais ne supporte pas ses caprices non plus. Il est partagé dans ses sentiments : la renvoyer à Paris ou la garder ? Il faudra bien s’y faire ; j’ai essayé de le consoler mais il me répond nerveusement. Je pense qu’il faudra luis laisser le temps. Je ne connaissais de lui ce côté très enfant. A mes yeux je le trouve très attachant tout en ayant e coté brute de pomme, souvent je voudrai l’aider, mais peine perdue, il se ferme.

Sables d’Olonne le 7 août 2007-08-07

Nous sommes partis de Pornichet ; enfin je commençais à trouver le temps long de stagner sur place et mes idées commençaient à broyer du noir. Mes enfants me manquent terriblement. J’avais la culpabilité de les laisser derrière moi ; j’en n’ai parlé à Christian ; il l’a un peu senti dans mon humeur. Je commençais à devenir un peu grognon ; mes larmes je les retenais ; il fallait que je m’habitue à tous ces changements dans ma vie. Ce n’est pas facile !!!!!!!

Enfin il m’annonce que le bateau et prêt ; nous pouvons commencer notre aventure. Je suis contente de partir. Nous faisons les derniers préparatifs ; nous achetons, le soir, un poulet, du pain et je prépare un bon gâteau. hum !!! Ça sent bon dans le carré du bateau. L’odeur me rappelle la maison, cela me rassure un peu de faire ce que j aime et de faire plaisir à Christian. Comme je sais qu’il et gourmand j’en profite pour me lâcher ! Le matin nous nous levons un peu plutôt que d’habitude ; tout est prêt ; je mes en ordre le bateau pour que rien ne tombe pendant la navigation ; je cale, je ferme tout ce qui peut bouger ; le linge est propre. Enfin je m’étonne moi-même ; j ai l’impression d’avoir toujours vécu dans un voilier. J’ai le souci du bien être de Christian, pour que lui ne s’occupe que de la technique du bateau. Nous partons à 9 heures 30 du matin.
Une journée superbe, une mer plate ; enfin pour moi, c’est du bonheur. Mais pas pour Christian qui a besoin du vent pour le trajet ; il serra dans l’obligation de mettre le moteur.
Nous passons une journée à profiter du beau temps sur le bateau et à discuter de notre prochain trajet … Entre temps nous avons placé une ligne de traîne pour pêcher.
Premier maquereau de mMimi
Enfin un poisson et un deuxième !!! C’est du bonheur de manger du poisson frais. Un gros et un plus petit maquereau. Nous l’avons accompagné avec une bonne salade que Christian a préparée. Quand nous sommes arrivés à Belle Ile en mer. Il faisait toujours beau. Un trajet agréable ! Nous avons dormis un peu tard après avoir papoté avec nos voisins : une bande de jeunes a qui nous avons passé un peu de liquide vaisselle. Ils étaient bien gais ces jeunes et un peu agités à cause de l’alcool… enfin faut bien que jeunesse se fasse !!!!
Nous partons demain pour ma première traversée de nuit ????

Nous décidons ensemble de partir. Je le pousse un peu à ce que nous fassions ensemble notre première nuit en mer et surtout ces quarts que Christian me répétait et que je ne réalisais surtout pas. Une boule au ventre : je ne suis pas très bien a l’aise ; je mange et ne digère pas. Nous faisons une sieste mais moi pas beaucoup, je n’arrive pas à dormir ; je suis en train de lire un livre de Marc Lévy ( Où est-tu? !!!!). Je suis passionnée par l’histoire ; cela ce passe au Honduras. C’est pas bien drôle, cela ne me donne pas trop le courage de l’aventure : L’héroïne du livre traverse des tempêtes, tremblement de terre, glissement de terrain… Aie !!!! c’est pas drôle !!!
Christian va à la capitainerie et pense que le vent est favorable à notre traversée de nuit. Nous quittons le port a 18heures. La météo et bonne. Je prépare un riz au poulet : ça sent très bon ; j’ai mis des épices que j’ai achetées au quartier indien à Paris dans le 10ème. Un avant goût d’exotisme et de voyage. Nous prenons des photos du coucher de soleil ; enfin ce n’est que du bonheur …
La nuit tombe ; l’humidité je commence à la sentir. J’ai un haut le cœur, je commence à ne pas trop me sentir bien ; je le dis à Christian. Je commence à m’en vouloir de ne pas être à la hauteur d’être a ses côtés, lui tenir compagnie, enfin rester présente. Je descends en cabine pour prendre de l ‘eau et là rien ne vas plus : un haut le cœur, des remontées dans ma bouche, j essaye de me retenir mais en vain. Il me propose d’aller me reposer dans la cabine en dormant sur le ventre les jambes écartées et les bras en croix. Ça va un peu mieux mais le voilier bouge, tangue, bâbord, tribord. Les idées noires me traversent ; mais qu’est ce que je fous là !!!!
Je joue avec ma vie ; je n’ai pas le droit ; mes enfants en encore besoin de moi. Je ne serai pas mieux à Paris au chaud dans mon lit, avec ma télé, mes promenades le long de la Seine ? Ha !!! Paris me manque terriblement, la pollution aussi, le bruit. Et Christian qui est en haut à surveiller les chalutiers, les balises ; il essaye de m expliquer tout ça, mais moi rien. Je n’enregistrais pas, tout s’embrouille dans ma tête. Je l’interpelle et m’inquiète de ne pas le voir. J imagine qu’il soit tombé par-dessus bord. Je ne pourrais même pas le sauver. Je n’ai aucune notion de navigation ; c’est de la folie de partir avec lui ; c’est son rêve et pas le mien. Je l’appelle de temps à autre : il est aux aguets ; je le trouve très courageux et vraiment responsable. Je me culpabilise de le laisser seul et ne pouvoir l’aider dans ces quarts.
Je vomis enfin ; cela me soulage et m’impressionne ; je n’aime pas vomir ; je constate que ce que j ai mangé à midi n’a pas été digéré. Cela me donne encore plus la nausée ; rien qu’a voir ça je pleure. Christian essaye de me rassurer ; ça va aller mieux maintenant, va te reposer, je te réveillerai à notre arrivée !!!
Je lui pose la question « c’est pour quant l’île d’Yeu ? . Il me répond que nous l’avons dépassée et que nous allons aux Sables d’Olonne. Je suis un peu dans les vaps, je me laisse vivre ; je ne suis pas assez en forme pour discuter. Il et fatigué : il n’a pas dormi et moi non plus. Nous sommes enfin arrivés aux Sables d’Olonne à 11heures ; nous n’avions plus qu’à aller dormir au plus vite pour récupérer ! Quoi qu’il en soit, je suis envahie de doutes pour cette aventure mais pas pour mon amour pour Christian.

Départ des sables D’Olonne le 10 08 07

Tout et prêt pour le grand départ ; l’aventure pour moi commence. J’ai une boule au ventre quatre jours de navigation, mon Dieu ! J’ai eu un petit aperçu de notre traversée de nuit Pornichet-Belle Ile en mer. Ce n’était pas de la rigolade, j essayais de me remonter le moral. Christian fait tout pour me rassurer ; il me prépare mes patchs pour la traversée afin que cela ce passe bien.
Et tout va bien ; nous quittons la terre française avec un petit pincement au cœur ; mes enfants reviennent souvent dans ma pensée. Je découvre l’océan, le golfe de Gascogne. Je m’organise comme je peux avant de partir. Nous sommes passés à une librairie pour faire notre petit stock de lecture pour passer le temps. Nous lisons beaucoup, parlons littérature, cinéma, de nos goûts. Je ressens une bonne complicité et de bons échanges ; nous observons les caprices de la mer à cette heure de la vie, en cet endroit éloigné de toute pollution, de toute présence humaine et ceux que l’on aime.
J’ai envie de raconter la mer et ses couleurs qui me touchent ; j’ai le cœur poète

Connaissez-vous les couleurs de la mer ?
Gris bleu,
Vert olive
Blanc cassé
Gris foncé
Vert hérissé
Etoilé !!!! Argenté.

Ce sont les couleurs de ma vie

Connaissez vous le bruit des vagues ?
Un bruissement doux et léger
Vague violente comme un fouet
Dure comme la colère de l’océan

Ce sont les humeurs de ma vie

Il fut des moments de traversée ou nous étions seuls au monde. Une sensation de solitude, de bien être et de peur ; les remises en questions, un pèlerinage dans mon passé. Que ma vie et belle !
Une chance de vivre ces instants magiques avec un homme attentionné ;
Je me prépare pour faire mon premier quart. Je propose à Christian d’aller se reposer ; je suis plutôt une couche tard. Je bois deux tasses de café, la nuit est froide et humide. J’essaye d’habituer mes yeux à observer les bateaux et leurs signaux lumineux … Pas facile ! Moi qui ai peur de la nuit ! Rien autour, c’est un peu angoissant que les clapotis sur la coque du bateau.
La première nuit fut dure pour moi. Je n’ai pas l’habitude de faire des gardes…
Trois heures, ce fut long ! Je me demandais ce que je faisais là ; mon corps devait s’adapter aux rythmes du bateau, le balancement, la nuit, le froid, l’humidité, juste être aux aguets de la petite lumière qui me narguait au loin. Est-ce bâbord ou tribord ? Pour éviter le choc c’est une responsabilité d’être capitaine ! Si j’avais le choix, je resterai moussaillon ne ou plutôt être au chaud ! (sourire !!!)
Les trois jours se passent bien ; nous naviguons, partageant les quarts et dormons comme nous pouvons pour rattraper nos heures de sommeil. La fatigue commence à nous rattraper. Christian, avec une barbe de trois jours et moi mon côté esthétique qui commence à laisser à désirer ; je me regarde dans la glace : ouhhhhhhh là !!!! Pas de douche, pas de toilette, se débrouiller avec les moyens du bord et le voilier qui tangue… faut pas prendre trop de risques. La voie de mes enfants résonne: mets ton gilet de sauvetage maman surtout. J’essaye de respecter les recommandations, mais pas toujours. Je commence à trouver le temps long ; je m’impatiente de retrouver la terre ferme, les cabines sont sans dessus dessous. Quel spectacle ! Notre dernière nuit fut vraiment spectaculaire pour moi. Nous arrivons vers les côtes espagnoles, enfin. Nus voilà presque arrivés. Christian me rassure en me disant : non ma chérie ça serra pour demain… Je répons encore !!!! aie !!! pas rassurée…. Il me demande de faire le quart. Je monte et là !!! impossible de reconnaître les chalutiers ou les lumières des côtes : tout se confond. Je l’appelle et lui demande de reprendre les commandes. Je ne me sens pas capable et n’ai pas envie de prendre des risques,
Pour Christian tout allait bien ; il voulait que l’on arrive le matin, donc il a mis le moteur J’ai essayé de dormir, mais impossible avec le bruit. Je remonte et lui demande de l’aider un peu. Mais ça n’allait pas ; j’avais des nausées, le voilier tanguait dans tous les sens, impossible de se tenir debout. Je l’admirais, quel courage ! Il tien bon plus de douze heures sans sommeil, toujours le sourire, mais nerveux.
Le moteur nous lâche : le gasoil n’arrive plus dans le moteur. La peur me prend au ventre. Nous tournons en rond. Il essaye de le faire démarrer, mai rien. Nous continuons à la voile. Je me cloître dans mon silence. J’ai peur, j’ai froid, j’ai envie de pleurer.
Je lui fais confiance, mais pas à la nature qui est imprévisible. Une voix intérieure me dit : tu risque de mourir noyée, tu vas rater ta vie pour le rêve de Christian ! Au fond de moi, je me dst heureusement que tous les rêves ne se réalisent pas ! Moi, ce n’est pas le mien ! Une sorte d’inconscience m’envahit ; toujours au fond de ma cabine, les idées noires me bouffent mes tripes et me font mal au ventre. Je ne cherche plus a communiquer avec Christian ; je m’en fous un peu . Je l’entends parler en espagnol dans la VHF. J’essaye de comprendre ; cela me rassure, j’essaye de deviner ces mots… il donne des chiffres, la position de notre voilier. Il m’annonce qu’on va nous envoyer les secours en mer. Cela me donne l’envie de remonter dans cockpit. J’aperçois un grand remorqueur orange vif avec deux hommes a bord.
Quelle assurance ! Je les surnomme (LES ANGES DE LA MER ). Ils nous remorquent jusqu’au port de laCoruna . Le cauchemar s’arrête. Là je ne bouge plus, je ne réagis plus, je reste dans le cockpit, dans le vague. Je prends un thé, bien contente d’être parmi les humains.

Port de La Coruna
Petite ville bien agréable calme les gens sont discrets. Nous sommes sortis le jour même après la grosse émotion du voyage nous avons fait connaissance avec les Espagnols et leur bonne cuisine. A mon grand étonnement, les rues sont calmes. C’est vrai que c’est un jour de fête religieuse, le 15 août, même en France. Les Espagnols sont assez pratiquants. Ce jour là les beaux habits sont mis à l’honneur ; et même les autres jours ils tiennent beaucoup a leur apparence. Les jeunes filles ne sont pas très maquillées ; elles se promènent souvent en famille et les enfants sont roi, toujours bien habillés, comme des petits princes.
Ce qui n’est pas toujours le qu’a en France ou nous sommes pressés et stressées et avons perdu le sourire et presque le sens de la famille.
Le jour même nous sommes sortis, nous avions besoin de nous dégourdire un peu les jambes. Et un voyage en mer c’est pas évident. Donc après l’effort le réconfort bien mérité. Des restaurants tous le long d’une rue avec des constructions bien mises en évidence pour préserver la fraîcheur des ruelles dans cette vieille ville qui conserve encore des quartiers pittoresques avec des rues pavées étroites et des maisons avec des balcons fermés de petites vitres. Pour nettoyer cela ne dois pas être une mince affaire !!!
Nous avions l’embarras du choix avec ces étalages de coquillages ; du jamais vu !!! Nous avions les yeux qui nous sortaient de la tête ; c ‘est un régal de voir tous ça ; nous nous sommes installés dans un petit restaurant tenu par le fils et le père. Il nous présente le menu ; l’embarras du choix ; la carte traduite dans les deux langues, français et galicien. Et pour commencer une bonne bouteille de vin blanc, pour tout vous dire cela ne vaut pas le vin français, mais bon le reste y a rien a dire, c’est un régal pour l’estomac et les yeux : les calamars servis bien tendres et avec un filet d’huile d’olive, des pimentos à peine sautés dans une poëlle, ça c’est mon péché mignon et des sardines grillées pour finir ; bien sûr et le pain bien bon avec sa croûte bien cuite au feu de bois ! Enfin que du bon !
Nous profitons le soir aussi d’aller manger des grillades. Ils n’ont pas la même technique de découpe de la viande qu’en France: quel que soit le morceau de viande, tout passe au gril. Elle n’était pas trop tendre ; un certain moment je me pose bien la question si ce n’était pas du taureau tellement c’était de la semelle ; mais bon nous étions en vacance et tout et à découvrir ; les gens sont d’une très grande gentillesse et c’est un plaisir !

Je m’habitue à la vie de bateau mais pas à la mer. J’essaie de m’organiser comme je peux, je suis heureuse quant nous quittons un port pour d ‘autres découvertes.
Nous sommes toujours en Espagne pour l’instemp le temp n’est pas très beaux donc j essayer de m’occuper je regarde la course du figaro et je me dis chapeau dans un voilier aussi minuscule comment font ils ?pour vivre des jours dans un espace aussi étroit ,les sponsorts qui décores leurs voiliers annone ,aflelou ville de Marseille et j’en passe le soir nous avons eus droit a un pseudo carnaval pas de chance il pleuvait les décorations des chars tombait et les belles espagnoles n avais plus que l’allure d’étre sortis d’une douche nous n avions plus qu’a fair trés vite et rentre au chaud

Aujourd’hui dimanche 19 août
Christian veut me faire plaisir, il décide que nous allons à St Jacques de Compostelle.
Le rêve ! Avant de connaître Christian je voulais faire le parcours de Paris à St Jaques avec un sac à dos. L’histoire en a décidé autrement. Ce n’était pas par conviction religieuse mais pour une recherche sur soi, un défi à l’endurance personnelle.
J’ai commencé le voyage a l’envers. Peut-être un jour ce serra Paris - St Jaques de Compostelle. Je vous conseille de lire le livre de l’écrivain brésilien Paul Coêlo. C’est en lisant ce livre que le désir m’est venu de faire ce voyage.
Donc nous avons pris le train ce matin direction St Jacques de Compostelle ; c’est à 70 bornes de la Coruna ; c’est assez surprenant : La gare est grande et très vaste, pas beaucoup de passagers, très propre, pas un mégot à terre ni un papier ; Le train est beau, clair à l’intérieur. Nous sommes bien installés, nous avons mis 35 minutes. La ville est magnifique, les ruelles sont superbes ; je suis restée ébahie par la beauté des monuments historiques, de la cathédrale, des grandes esplanades riches en histoires ; les églises tous les 200 mètres.
Nous avons eu droit à des animations en fin de journée, organisées par la ville ; beaucoup de monde. J’ai été surprise par tous ces visiteurs, nous entendions toutes sortes de langues.
Des pseudo pèlerins avec leur bâton acheté sur place ????
Mais les vrais pèlerins qui ont fait le chemin je ne les ais pas rencontrés. Ce n’est pas ce que j’imaginais. J’étais un peu frustrée, déçue ; où sont -ils ? Peut- être dans une église ? Ils se reposent ? Ils prient ? Je restais un peu sur ma faim ; j’aurai tellement voulu leur parler et leurs poser toutes ces questions auxquelles peut-être je n’aurai aucune réponse sur leur vécu tout au long du chemin parcouru ; Mais parfois la réalité n’est pas du tout celle que nous avions pu rêver ; mais nous avions passé une journée magnifique christian et moi !

Camarinias le 20 août 2007

Nous voilà partis pour encore une nuit. Christian essaye de me rassurer, mais je ne suis pas rassurée. Je prends le risque de ne rien prendre, pas de patch ; je voudrai que mon corps s’habitue aux mouvements du voilier ; je prépare tout ce qu’il faut avant que l’ont navigue ; Je mets de l’ordre, cale tous ce qui peut tomber, prépare le repas, pour que l’on n’aie tout simplement qu’à réchauffer.
Je commence à prendre mes repères ; cela devient même un plaisir de naviguer à chaque changement de port ; je suis contente de découvrir d’autres façons de vivre ; nous partons avec une bonne force de vent. Je pense à la nuit pour les quarts. Je décide de ne rien manger.
Un coucher de soleil sublime. Je pense aux personnes que j’aime. Je descends en cabine pour me reposer. Et la je sens ma tête et mon estomac retournés ; cela ne va plus du tout. Je passe une nuit avec un sceau au niveau de ma bouche ; je vide mon estomac ; tout tombe dans la cabine, les palmes, je reçois la canne a pêche sur la tête ; Nos provisions de légumes éparpillées, la boite à couture qui se vide, les épingles, les bobines de fil, les jumelles, nos livres, les bruits de la vaisselle qui s’entrechoquent ; j ai froid, j ai chaud, je ne sais plus. Je ne comprends plus mon corps. Je jure sur tous les Dieux que l’on ne m’y reprendra plus, en voyant ce spectacle.
Nous sommes arrivés le matin, j’étais lessivée et Christian vidé par sa nuit blanche. Je décide de prendre preuve à l’appuis l’intérieur du voilier en photo.
Christian s’occupe des formalités et moi j’ai juste jeté un coup d’œil au petit port et je vais rejoindre la cabine enfin stable pour dormir après une traversé bien agitée.

Nous visitons ce petit port de pêche réputé pour ces femmes qui travaillent la dentelle. C’est une merveille, ça ressemble un peu au travail des bretonnes et des habitantes du Puy de Dôme. Avec un tas de petits fuseaux qu’elles font rouler sur un coussin à une vitesse telle qu’on se demande comment elles ne se trompent pas ! L’architecture de ce petit village n’a rien de remarquable ; les petites ruelles où nous avons l’impression d’être réellement chez l’habitant tellement elles sont étroites. Nous apercevons des femmes au travers de leurs fenêtres s’occupant à travailler à leurs dentelles. L’intérieur modeste, parfois une machine à coudre, voulant parfois inciter peut-être le touriste à acheter leurs dentelles, ce qui pourrait leur apporter un petit plus ; souvent sur notre chemin nous rencontrons des personnes bien âgées au visage dur et marqué pas les sillons de l’âge, assises devant leurs petites maisons, toutes le cheveu blanc et la cane à : La main un spectacle digne de films des années 50 de Vitorio de Sica, dans l’Italie ou la Sicile profonde.
On décide de manger dans un petit resto et se redonner des forces. La cuisine est toujours aussi bonne, à base de poisson. Nous ne rentrons pas trop tard car demain nous devons reprendre la mer pour aller à Porto, lever à 7heures. Pour faire le plein de gasoil nous demandons de l’aide à la capitainerie ; les Espagnols sont toujours prêts à vous rendre service, nous avons eu droit a un drôle de personnage avec qui nous avons sympathisé et qui a bien roulé sa bosse sur quelques bateaux américains.
Il était mécanicien de marine sur des bateaux qui transportaient toutes sorte de légumes, jus d’orange, dans de grandes cuves qu’ils ramenaient du Brésil et livraient dans des pays d’Europe, d’Asie et d’Europe de l’Est. Son travail a duré 12 ans ; il étais très bien payé, 2000 dollars par moi. Le pays qui l’a le plus marqué, c’est le Brésil. Ses yeux brillaient quant il nous parlait des filles, des belles brésiliennes qui aimaient danser et faire l’amour, surtout le tango ; et il joint le geste a la parole …
Les traversées pouvaient durer des mois en mer. Donc je lui demande s’il a des enfants.
Non pas de femme et pas d’enfant. Iil refuse de se marier : la loi espagnole a donné trop de droit aux femmes ; si le couple divorce elles prennent tout ce qui appartient au couple et l’homme repart sans rien.
Je l’observai quant il parlait avec Christian, il n’était pas trop grand, 1m 60 pas plus, un visage basané par le soleil, un joli sourire et des bras bien musclés. Je lui demande son âge : 56ans. Il ne faisait pas du tout son âge, je lui aurai facilement donné 47ans. Il vie de la pêche et a une copine de temps en temps et chacun chez soi. Il dit qu’il se repose et qu’il a assez travaillé ; voilà une belle retraite pour un galicien dans le joli petit port de Camarinas

Nous allons à Porto. Ce matin le ciel est bien gris, les collines sont belles. Je ne m’habitue pas encore à ce long voyage en voilier ; j’ai plein de doutes sur mes capacités à vivre de longues traversées. C’est pas du tout facile ; toujours tout recommencer à chaque escale : les cabines à arranger, caler tout, ça bouge, ça tangue ; j’ai mal au dos, j’ai de l’arthrose au cou, aux genoux, des migraines aussi ; enfin rien ne va ; je me trimbale depuis trois jours avec un blocage aux niveaux de mes cervicales, l’humidité de la nuit ne me convient pas.

Nous voilà arrivés à Porto. Le port de Leixoes : une marina assez sympa ; notre premier contact avec les portugais ; pas facile la langue ; nous pouvons toujours lire et un peu comprendre ; mais ils parlent tellement vite que souvent j’essaie de baragouiner, je mélange le Français, l’Anglais et un peu l’Espagnol ; ça fait un bon mélange et j’arrive quand même à me faire comprendre.
Souvent Christian est un peu plus timide et réservé et moi non, je fonce et cela nous facilite le contact avec les autres .
La ville de Porto est grande ; une vielle ville avec des immeubles d’une architecture magnifique mais d’une désolation.
Nous ressentons de l’abandon dans l’entretien des immeubles, presque une ville fantôme mais avec une âme ; le linge tendu sur des fils qui sèche à l’air libre, les voisins qui discutent d’un immeuble a l’autre, des cages à oiseaux suspendues dans de minuscules balconnets, des palmiers.
Cela me rappelle certains quartiers d’Alger. Ça me rend presque nostalgique de certains paysages de mon enfance. Cela donne l’impression de deux niveaux de vie, les riches et les pauvres, comme nous pouvions voir beaucoup de châteaux sublimes dignes des comtes de Perrault.
Christian et moi aimons plutôt les vieux quartiers d’une ville. Ils sont d’une chaleur humaine évidente, les gens sont simples, des petites boutiques traditionnelles comme nous avions en France, il y a de cela cinquante ans, où nous pouvions encore nous faire servir en vrac dans du papier buvard ou du journal; vous pouviez tout trouver dans ces petits magasins : légumes, pain, alcool et de la morue de toutes sortes à tous les prix. Nous étions un peu surpris que la morue coûte aussi cher…
Nous avons posé la question à un monsieur Portugais ; il nous a répondu : c’est parce quelle est bonne la morue qu’elle est chère!!!! Voilà pour satisfaire notre curiosité !
Christian me propose, si j’avais envie, que l’on fasse une croisière sur le Douro, le fleuve qui rejoint la mer, pour voire les six ponts qui relient les quartiers de Porto. J’ai vu le pont construit en 1877 par Gustave Eiffel. C’est émouvant de retrouver une empreinte française et voir la ville de Porto sur un autre angle. Bien d’autres ponts (comme le pont d’Henrique, le pont de Maria, le pont de St Joao, le pont do Freixo, le pont de Lois1 et le pont de Arrabida. Nous avons aperçu les caves de vin de Porto et la ribeira, la plus typique partie de la ville de Porto qui a été classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1996. Ce fut une belle promenade, riche en histoire, en 50 minutes
En descendant du bateau, je vois de la fumée et sens des odeurs à vous ouvrir l’appétit : des sardines, des côtelettes sur un barbecue fumant, des tables sous une vigne et des grosses grappes de raisin à vous caresser le crâne, enfin une ambiance de fête. Je demande au monsieur si nous pouvions manger ; il me répond que non. Donc j’ai dû me tromper ; je rebrousse chemin et voilà qu’il me rappelle en français juste avec un petit accent ; je me retourne, il m’explique que c’est un anniversaire et que cela leur ferrait plaisir que nous partagions l’événement.
Je le remercie, mais il insiste, je suis gêné et il me guide vers la table où tout le monde est là et me présente le personnage clef de la soirée. Ils étaient déjà de joyeux lurons, le vin et la sangria à gogo. Ils nous installent et nous apportent toutes sortes de grillades, salade de poivrons grillés. Ce fut l’étonnement de rencontrer des gens aussi sympas et plus que généreux. C’était une bande de copains depuis plusieurs années et en même temps une équipe de foot amateur …
Je demande où sont vos femmes ; je me suis sentie un peu seule parmi ces hommes à l’allure très matcho ; ils m’ont répondu : les femmes ont mangé et sont rentrées chez elle …
Ce soir-là une équipe de foot importante jouait, les cafés étaient pleins à craquer. Nous avons continué notre soirée avec cette bande d’amis au café
Nous les avons quittés en échangeant nos adresses pour pouvoir leurs envoyer les photos que nous avions prises.
Donc nous avons passé une agréable soirée parmi des gents sympa et débordant de générosité : c’est ça le hasard des voyages…
Ils nous promettent que « si vous revenez sur Porto nous sommes toujours là, au même endroit, vous demandez juste Flavio, Jean » et un tas d’autres noms dont je ne me souviens pas

Lisbonne marina de Cascaïs

Nous étions à Cascaïs, banlieue de Lisbonne. La marina était très chère, la nuit 50 euros ! Le luxe, la bourgeoisie portugaise, rien à voir avec Porto, les soirées mondaines, la musique forte, les belles voitures, les beaux bateaux, enfin moi je n’aime pas trop je ne me sens pas dans mes éléments.
Tout ce qui brille me fait trop mal aux yeux …
Cascaïs : de très jolies maisons ; je n ai jamais vu autant de châteaux de ma vie, même si l’ont dit que la France est le pays des châteaux je pense que le Portugal la bat de loin notre France.
La côte et magnifique ; des belles constructions peut-être pour de futurs touristes, les plages son très bien entretenues, les vieux quartiers repeints à la chaux, avec des fresques en mosaïque bleue, les ruelles dans les vieux quartiers toutes en pavés, quelle patience ! Cela ressemble aux pavés du moyen âge (donc si vous visitez le Portugal laissez tomber vos talons) chaussures plates obligatoires ; ha !!!! la belle jeunesse portugaise, le régime je suppose ce n’est pas sa préoccupation : les filles sont bien rondelettes et surtout avec la nouvelle mode de pantalon où l’on met bien en évidence son ventre, je ne vous en dis pas plus, ça déborde …
Le lendemain nous prenions le train pour visiter Lisbonne. Cela na rien à voir avec Porto : une ville moderne où l’on sent les gens indifférents à ce qui les entoure ; la capitale vous me direz ?
Ca court, ça ce presse pour manger quelque chose, debout, généralement sur le comptoir, un seul plat généreusement servi et pas du tout cher. Nous avons commandé deux plats : une viande et un poisson avec des légumes et deux desserts plus un jus de fruits pressés de melon et d’orange et nous en avons eu pour 18 euro. La vie est très agréable ici. Je pense que le Portugal et un pays où il fait bon vivre, bien que l’église ait assez d’impact sur le quotidien des gens.
Nous avons voulu visiter la ville. Des points infos un peu partout parlant facilement troix ou quatre langues et toujours avec le sourire pour bien vous servir.

Un cafard dans la tête…

Hier soir je suis rentrée de Marseille après un mois passé chez ma fille Amel, un mois que je qualifierai de très animé !
Le mois du ramadan, les soirées sont animées par la préparation du repas (le ftour) : la chorba, les bricks, la salade, un autre plat bien consistant (ragoût, des grillades) …
C’est le mois où l’on dépense le plus pour le repas du soir ; tout est multiplié, c’est le mois du partage avec son voisin, ses amis, sa famille, le mois où la générosité est de mise, où toute personne est la bienvenue.
Donner au pauvre ou bien à celui qui n’a pas trop le temps de rentrer chez lui ; tout le monde s’entraide ; celui qui peu, aide l’autre, même ceux qui ne se connaissent pas ; par exemple nourrir un vigile qui est encore entrain de travailler et qui ne peu rentrer chez lui pour casser son jeûne, ou donner une soupe chaude à un sans-abri qui n’a pas les moyens de se nourrir seul. Par exemple envoyer une brick chaude pour casser le jeûne ou l’inviter à partager son repas. C’est un mois vraiment magique, c’est le mois de la générosité.

C’est aussi reprendre deux kilos ou trois dans le mois, coutume oblige; la tentation est trop forte pour dire non et ne pas finir avec les zlabias qui te font fondre à les voir, croquants et remplis de sirop ; quel problème : tu te dis juste je goûte et quand je commence, je n’arrête plus ; c’est terrible. Et sans oublier quand ont prépare aussi une tarte aux citrons ou aux pommes pour finir la soirée en sirotant le thé à la menthe, accompagné de quelques pignons, pour partir dormir à minuit ou à une heure du matin. Et c’est tous les soirs comme cela. Et se relever pour manger à 4 heures pour prendre le shour avant le lever du soleil.
Je vous avoue que moi, je n’ai pas fait ramadan cette année, ni les dernières années d’ailleurs !!! Je ne suis pas pratiquante. Cela me choque tout cet engouement pour la nourriture…
Je voulais un peu voir Marseille, la vieille ville, les quartiers arabes comme le dit si bien « le Français de base ». J’ai été un peu surprise de voir tous ces étalages bondés de fruits secs, de viandes, de légumes et de ces nombreuses pâtisseries orientales gorgées de miel et d’amandes, recouvertes de papier sulfurisé pour empêcher les abeilles de venir reprendre ce qu’on a gentiment été cherchez dans leurs ruches.
Tout est bien pressé, tout est fait pour vous faire ecarquiller les pupilles à en devenir gaga, les boulangeries qui grouillent de monde et regorgent de pains de toutes sortes …
Italien, arabe, espagnol, ça sent terriblement bon le pain chaud qui sort du four.
Ces gens qui se bousculent pour arriver chez eux à l’heure du repas, emportant avec eux selon leur envie du moment, du lait caillé, des fruits, du pain arabe.
J’adore flâner dans ces quartiers populaires ; combien d’ethnies se côtoient et vivent ensemble, ont se croirait plus dans un pays musulman ou quelque part en Orient, dans un des pays d’Afrique du Nord où je croise de nombreuses femmes voilées ; un paradoxe avec ce que j’ai vécu à mon époque dans la France de mon enfance.
Le Français n’a presque plus sa place, il se fait discret dans cette masse ethnique!!!!

J’aime flâner à Marseille, le soleil y est toujours présent même si le mistral parfois est bien difficile à supporter. C’est peut-être un peu la nostalgie de mon enfance que je retrouve au plus profond de moi ; le soleil a un parfum, la lumière y est vive par la réflexion de la mer bleue de la Méditerannée.
Depuis le lancement du TGV, Marseille est en plein boum immobilier; le quartier de Castelanne qui est à cinq minutes de chez ma fille, est un quartier où les immeubles poussent comme des champignons, mais pas que ça.
Il y a aussi, de nombreuses sociétés qui s’installent, comme de nombreuses banques, des sièges de grandes entreprises.
Les cafés et les restaurants fleurissent, à midi il est difficile de trouver une table pour les nombreux clients qui attendent pour déjeuner.
Dans ces restaurants à bonne réputation et au bon rapport qualité-prix, on y mange bien, c’est bon et pas cher. Les serveurs se pressent pour satisfaire un grand nombre de personnes, le client est précieux.
Plus loin, on retrouve l’avenue de la République, avec de beaux immeubles d’époque rachetés par de grandes compagnies américaines, saoudiennes et canadiennes qui ont investi sur cette future artère qui ont décidé de restaurer ces vielles bâtisses qui datent d’une époque révolue ; l’architecture est splendide; à l’intérieur certains vieux occupants de ces immeubles anciens, habitent encore à l’intérieur de leur appartement et font encore de la résistance à ces gros investisseurs étrangers. Ce quartier semble devenir à leurs yeux, un quartier central et potentiellement exploitable.
De castelanne à l’avenue de la République, on rejoint le vieux port. Je le fais à pied, c’est tellement agréable. Je voyage du regard, en regardant ces immeubles qui expriment leur histoire par leur façade abandonnée au passé.
Le marché aux poissons du vieux port, les femmes qui crient, celles qui veulent liquider leur poisson avant que le soleil ne tape au plus fort ; elles crient: qui veut la rascasse, le maquereau, la sardine, le thon, le rouget ; un gros poulpe avec ses tentacules qui vous nargue et tout un mélange de poissons pour la fameuse bouillabaisse bien connue du monde entier et qui n’a pas d’équivalent !

Demain je repars sur Paris. Les trois semaines passées chez ma fille sont bien vite passées et mes petits-enfants qui me demande de rester encore vont me manquer ; mais c’était aussi le but de rentrer en France et de suivre la sortie de mon livre et de faire sa promotion. Mais toujours rien ! Quelle organisation ! Depuis mon retour sur Paris je n’ai fait qu’attendre ! Et que de dates reportées ! Ils ne se rendent pas compte de ce que cela occasionne comme dérangement dans une vie personnelle !
Cela fait deux mois que je suis ici. Les choses n’ont pas bien changé ! Nous sommes le premier novembre et mon livre n’est toujours pas imprimé ! Hier j’ai tapé une grosse colère auprès de la maison d’édition ! Ce n’est quand même pas sérieux ! Il devait être sorti depuis le mois d’avril !!!
Pas un contact de leur part ; pourtant nous connaissons tous le mail, mais rien pas un mail, pas un téléphone ! C’est ça la maison d’édition Ramsay !!!
Christian me manque. On s’appelle. Je vais sur le site. On s’envoie un mail mai cela ne remplace pas la tendresse. C’est une bonne éxperience aussi pour tester notre amour.
Je sais qu’il profite bien du voyage en bateau.

Le 2 décembre 2007

Cela fait bien longtemps que n’ai pas écrit; pas trop le temps, des soucis de tous les jours à me battre pour la sortie de mon livre ; tous les deux jours j’appelle la maison d’édition : les réponses sont vagues, aucune précision… La communication, chapeau, ce n’est pas leur fort !!!!
J’essaye de comprendre ? Ma fille intervient parfois ; elle a l’habitude, maintenant elle écrit son quatrième livre ; donc elle est plus apte à comprendre les termes de l’édition d’un livre… C’est ma première expérience et j espère que ça ne serra peut-être pas la dernière. A ce qui parait on y prend goût à l écriture. Nous verrons : peut être avec Christian nous écrirons nos aventures à travers nos voyages et nos rencontres ; qui sait ?
Enfin le livre est sorti!!! La maison d’édition m’appelle pour envoyer aux services de presse quelques livres signés. Je vais chez Ramsay, très émue. On me fait attendre dans une grande salle entourée de tous ces livres ! Que de vies ! Que d’écrivains qui espèrent et que d’émotions devant des feuilles blanches ! Un coup d’œil, une secrétaire assise au fond du bureau qui filtre les appels me demande qui doit elle demander ? Je réponds : Chantal. Je suis impatiente de voir ce bébé que j’ai tant attendu avec tout ce qu’il a fait remuer de caché si fort au fond de moi. Je me pose toutes sortes de questions : comment mes enfants vont-ils percevoir le livre. J’ai lu une citation dernièrement disant que les femmes qui écrivent sur leur vie, celle-ci ne leur appartient plus. Est-ce vrai ?
Ce n’est pas grave, j’assume ce qui suivra, je ne peux plaire à tous ; je sais par contre que mon fils ne le lira pas et une de mes filles non plus ; ils me l’ont dit
Chantal arrive, c’est la responsable de presse communication, une femme charmante. Je suis un peu intimidée ; elle me demande de la suivre. J’aperçois sur une longue table certains livres et parmi eux, mon livre que je reconnais à cet œil charbonneux. Je ne voulais pas qu’il apparaisse sur la couverture ; j’ai essayé de m’y opposer, mais on a réussi à me convaincre, même si je ne le suis toujours pas tout à fait et qu’on a plutôt choisi pour une raison commerciale ; bon, je le prends dans mes mains et l’émotion prend tout mon corps ; les larmes coulent ! L’avoir entre mes mains c’est formidable ! La couverture me plait bien que ce ne soit pas ce que je voulais. Ramsay ma mis devant le fait accompli ; je n’avais pas le choix puisque mon temps était précieux; cela faisait plus deux mois que j’attendais ici, à Paris, cet avènement ! Enfin je l’ai là entre mes mains, je le caresse, je passe mes doigts, je le retourne ; j’aperçois ma photo, je lis la quatrième de couverture. Je n’en crois pas mes yeux : ça c’est bien moi !!!! J’ouvre la première page et la referme aussitôt. Je me dis voilà ma Vie mes cinquante années de vie et de galéres et de joies et de bonheurs ! C’est le plus beau témoignage que je puisse laisser à mes enfants (LA VIE d’une FEMME qui a refusé d‘être soumise aux dictats d’une certaine culture que les hommes soi-disant bien pensants ont voulu lui imposer !)

Le 18.01.2008

8 heures de traversée ??? Santa Cruz Las Palmas

Départ à 23heures 30. Tout est rangé, rien ne doit sortir de son emplacement, les placards bien fermés ; regarder que ne rien ne peut plus bouger dans le diamek.
J’ai repris mes habitudes du précédent voyage à bort du voilier.
Nous enlevons les amarres. Je fait un coucou avant de partir à John, tout en lui faisant un mouvement de hanches (ho sexy baby). Nous nous balançons quelques plaisanteries. Christian est un peu plus réservé que d’habitude.
J’enlève les parre battages et nous nous dirigeons vers la sortie du port. Tout se passe à peu près bien ; je n’étais pas bien prête à partir et surtout moi qui ne suis pas très à l’aise avec la nuit…
J’ai essayé don dissuader Christian mais je pense que je n’étais pas bien persuasive et j’avais aussi envie de partir ; j’avais fait le tour de Tenerife
Un vent violent et des vagues assez creuses, enfin une mer bien houleuse à mon goût. Christian me demande de tenir un peu la barre et mettre le voilier face au vent pour hisser la voile ; mais impossible de tenir les vagues ; j’étais impuissante je tanguais dans tous les sens. J’observais Christian qui montait sur les balcons de mats bien avidement avec des chaussures pas adéquoites… Pour moi c’est une imprudence, il peu glisser à tout moment et là je me pose la question s’il est renversé en l arrière que dois-je faire ?
Bien évidement je ne sais même pas appeler par la VHF. La peur me rend de marbre, plus un mot, je ne suis devenue que spectatrice de la situation pour attendre le pire. Je me retenais au cordages tant bien que mal. Le balancement du voilier dû aux grosses vagues aurait pu me projeter hors du voilier. J’ai essayé de me tenir tant bien que mal mais la peur au ventre. J’aperçois Christian qui met sa tête hors bord à genoux et vide son estomac. Je ne savais plus quoi faire ; je suis redevenue seulement une petite fille à rester bien sage et ne pas en rajouter, en lui exprimant ma peur qui ne pouvais qu’en rajouter. Il me regarde et me demande : ça vas Mimi ? Boffff !!! Comment pouvais-je dire que ça allait avec toutes ces émotions et mon estomac retourné ; je ne sentais plus mon corps ; des frissons ont pris places, des nausées et enfin le mal de mer…
Je ne tenais plus, je voulais être allongée. Je descends dans la cabine et je m’enfouit sous la couette. Je me sentais un peu lâche de l’abandonner, mais la peur qui me tenaillait le ventre étais plus forte que la conscience. Je n’étais plus maître de mes sentiments, je ne comprenais plus ce qui se passait alors qu’avant de partir à Paris j’etais plus maître de ces situations, je faisait même des quarts !!!
Le proverbe dit que la nuit porte conseille …
Je n’ai fait que réfléchir …
Quitter, partir, fuir ! Tout se mélange dans ma tête ; je ne veux pas de cette vie. Je n’ai plus l’âge des aventures, je veux retrouver mon appartement à Paris, vivre tranquille et voire mes enfants. Pour moi, la vie je la conçois plus sur une terre ferme. En réfléchissant j’ai ressenti cette douceur dans tout mon corps qui m’apaise et me libère de tout engagement dans cette situation.
Je reprendrai le travail ou bien je vais créer une petite entreprise. Je m’en sens le courage.
Voyager pour moi n’est pas un problème ; j’ai plein d’endroits où j’aurai tout mon temps de les connaître dans les année a venir, un programme bien plein, où je ne penserai plus au voilier et à tout ce qui fait rêver un tas de gens. S’ils savaient !
Et la nuit fut bien longue. Le voilier tanguait dans tous les sens. Moi dans la cabine j’essayais de différencier les bruits des pas de Christian des bruits des voiles. C’est très dur parfois, j’entends un bruis fracassant, je sursaute, mon Dieu ! que se passe t-il ? J’ai décidé de me laisser emportée, mon morale est à la baisse, je ne peu plus rien faire qu’attendre. Je n’avais pas le courage de me lever ; j’étais trop bien dans mon rêve du retour à Paris. J’avais un échappatoire qui me fesait du bien et entre temps je pensais à Christian. Il a vidé son estomac, il a vomie quatre fois ; j’aurai tellement voulu lui venir en aide, mais que puis-je faire ; rien puisque je ne sais rien faire ; donc je ne suis pas utile ; ma place n’est pas là ? Je ne sais plus ? Ou c’est pour avoir bonne conscience que je me pose la question et envoie la réponse…
Enfin j’avais bien compris que nous mettrions 8 heures pour arriver à Las Palmas mais la mer est bien imprévisible ; nous avions le vent en pleins dans le nez…
Nous n ‘avancions pas bien vite, et mon impatience prenais le dessus ; j’avais bien raison que je n aime pas trop le voilier et qu’il fallait m’y faire, rester ou partir
Mais comment partir, je ne peu pas ; j aime Christian c’est là ou est toute la difficulté de partir…
Finalement nous avons mis 21heure pour faire les 40milles prévus et nous en avons fait le double !
Nous sommes arrivés la nuit a 20 heure 30… ‘

Journal de Mimi… Suite depuis Paris

Voici mon retour à Paris

Enfin je vois Paris et ses maisons alignées. L’ordre que je recherche au plus profond de moi-même est-ce cette instabilité que j’ai vécue ? Je recherche toujours un peu l’ordre et la sérénité ; je ne sais pas, je me pose bien des question? comme me le dit souvent Christian.

Je suis heureuse de me retrouver bientôt chez moi, enfin dormir dans des draps propres, pas de moustiques, pas de cafards, pas de mouches le matin au petit-déjeuner qu’il faut battre d’une main et manger sa tartine d’une autre ; c’est le cauchemar pour moi toutes ces petites bestioles qui me gâchent la vie.
Pour moi c’est important d’avoir une stabilité physique et avoir des repères. J’ai souffert toute ma vie de déménager.

Me voilà à la maison. Manal me propose d’aller au resto ; je refuse gentiment ; j’avais envie de rentrer, de prendre une douche et de me retrouver seule ; elle insiste et me propose de monter et me préparer une salade rapide ; je ne veux rien, je veux rester seule. Premier coup de téléphone ; cela fait longtemps que je n’ai pas entendu le téléphone sonner. J’avoue que ce n’est pas plus mal de ne pas l’entendre ; aussi la PAIX.
Ma grande fille Amel veux me faire un coucou, pour me souhaiter la bienvenue, Hamassat depuis Dubaï m’appelle aussi. Je n arrive même plus à prononcer une phrase. Je suis exténuée. Tout se mélange dans ma tête : la séparation avec Christian que je ressens très fort, nous étions toujours ensemble. J’ai l’impression qu’un membre de mon corps me manque. Je comprends les couples que la vie sépare, c’est douloureux surtout que moi et Christian nous sommes très
fusionnels. On s’aime, donc c’est encore plus dur de vivre les jours à venir, mais j’ai fait un choix de rentrer et je m’en veux un peu ; j’ai l’impression de l’avoir abandonné. Tout se mélange dans ma tête, j espère que notre amour vaincra…
Je dors comme une masse ; le réveil est difficile avec le décalage horaire de 7 heures.
La sonnette de la porte résonne. J’ai perdu l’habitude, le facteur ! Il est 9 heures, je me réveille en sursaut ; un recommandé (sa commence bien!!!) je me demande au fond de moi qu’est ce que ça peut être? Madame BRAIGA ? je réponds oui. Vous êtes Madame Braiga Hamassat ? Je dis non, c’est ma fille ; ma fille est partie à l’étranger. C’est une lettre du ministère du travail, ( c’est du n importe quoi ). Je réponds « ils non que ça à faire, c’est pas à coup de menaces que les gens vont trouver du travail ! Elle a fait le nécessaire avant de partir, elle est en règle, c’est la gestapo. Je n’en crois pas mes oreilles : 5 lettres de A N P E et 2 en recommandé. La journée commence bien …
Je prends mon premier petit-dej sans Christian, qui me manque. C’est triste, le matin, il me fait mes tartines, nous papotons de tous et de rien et parfois nous parlons de nos enfants de ce que nous leur souhaitons des vies meilleures

Je me décide à vider mes sacs de voyage aujourd’hui, sinon ça va traîner des semaines ; je fais le tri, je lave tout de crainte d’avoir ramené avec moi quelques clandestins (cafards) dans mes sac de voyages ; je mon méfie comme de la peste.
Je fais trois machines ; je traîne et essaye de retrouver un peu mes repères. J’avais tout donné avant de partir : chaussures, linge, mis dans des cartons, donné des consignes a ma fille Zahra, et me voilà de retour au bout d’un mois ! Faut le FAIRE juste un mois du 25 juillet au 25 août ; c’est bien moi tout ça !!!! PARTIR OUI PARTIR….
Pardon mon Christian de te faire temps de mal.
Il est 15h, je suis en décalage avec le Venezuela. Ici c’est le jour et là-bas il fait encore nuit. Je commence à avoir un creux ; mon frigidaire est vide. Ma fille a tout nettoyé avant de partir. L’appartement est nickel, je me sens bien, je regarde mes plantes ; elles ont bien soif, j’enlève les feuilles mortes, je les arrose.
Les plantes, ce n’est pas leur passion à mes enfants, heureusement que je lui ai répété à Zahra avant de partir.
Je reste à la maison, je me débrouille avec ce qui reste pour manger, j’ai envie d’être seule. Cela me fait un peu peur. J’espère ne pas déprimer. Manal s’inquiète pour moi, elle essaye de me bouster pendant notre trajet vers la maison, au retour de l’aéroport. Peur que je rechute. J’espère que non.
L’amour de Christian me rend forte…
Je l’assure que j’ai des projets et que Christian et moi, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
J’avoue qu’aujourd’hui je ne sais pas trop ou j’en suis ; j’arrive d’un long voyage et d’une semaine merveilleuse avec Christian. Ce n’est que du bonheur.
L’avenir nous le dira.
Samedi 30.08.2008
Réveil difficile. Il fait jour, je suis toujours dans mes décalages d’heures ; je dors tard et me réveille tôt ; ma tète bouillonne depuis mon retour ; Christian me manque !!!!
Ça ne va pas, je dors et me réveille en pensant à lui : c’est une obsession…
Que fait-il, que devient-il ? Je sais qu’il est malade et je ne suis pas prés de lui, je m’en veux
Je prends le petit-déjeuner. Je range le linge, je mets un peu d’ordre pour ne pas me laisser aller. Je ne me sens pas très bien. Milles questions me passent par la tête : est-ce que je travaille ou pas ?
Je réfléchis, …
Je pense que j’ai plus besoin de travailler et n’être dépendante de personne. J’ai toujours compté sur moi-même et je vais continuer, je sais que je n’ai plus 20 ans.
Mais il le faut. Cela me ferra sortir de ma solitude, je n’ai pas de réponse à mes questions ; laissons faire le temps
Donc, je décide de téléphoner à l’association avec qui j’avais travaillé auparavant.
Elle me propose un poste à Fontainebleau, 2 heures de trajet, j’accepte, j’ai un besoin urgent de travail. Je suis en fin de droits et ne perçois plus que le RMI donc cela m’angoisse aussi, me travaille ; ma vie défile devant mes yeux ; toute ma vie n’a été que galère. J’en ai un peu marre, mais je m’accroche. J’avoue que cela ne m’empêche pas d’avoir des idées noires.
Je suis parfois radicale dans mes décisions. Je quitte d’une façon ou d’une autre quant je ne vois pas le bout, parfois fataliste.
J’ai dit à Christian : j’aurais pu rester ici avec toi et je n’aurai pas eu tous ces tracas quotidiens.
Manger, dormir, faire l’amour, soleil, voyage, visiter le monde, enfin l’insouciance totale.
Mais voila chacun perçoit le bonheur à sa façon …

L’association me rappelle et me fixe rendez-vous avec la personne concernée dimanche à 15h.
Je passe la journée rassurée. J’ai pris une décision, je travaille, je mets de la musique latine, ça me rappelle Medregal. J’avoue, je ne suis pas du tout nostalgique le fait de penser aux nonos, ces moustiques terribles, microscopiques, qui vous empêchent d’apprécier ce coin de PARADIS…

Je trie mes papiers, recherche mes certificats de travail que les ASSEDIC me réclament pour mon dossier de fin de droit. J’ai horreur de la paperasse
L’après-midi, je sors un peu. Je vais à St Michel pour acheter un agenda car j’ai de plus une tête de linotte (j’oublie) donc cela devient urgent si je travaille. J’aurai besoin de noter mes rdv. J’achète un livre de poche sur la vie de la maîtresse de Mao (le titre :le chien de Mao par l’écrivain Lucien Bodard) et un livre sur la poésie, la vie de Paul Eluard. Je suis contente : les livres, cela me fait plaisir de me les offrir moi-même.
Il fait très beau,un peu lourd et il y a encore beaucoup de monde en ce mois d’août, des touristes, des gens bien bronzés. La place de la fontaine et bourrée de monde. J’aperçois des amoureux s’embrasser (une pensée coquine à mon chéri). Les métros sont bondés de monde. Le retour des vacanciers sac au dos, et valises, ça sent la fin une vacance et le stress de Paris.
J’aime Paris…
Je poursuis ma promenade par St Germain : le flore, les deux magots, le cluny… dommage que le cluny soit devenu une affreuse pizzeria… Le nez en l’air, j’observe l’église de St Germain et les beaux jeux de lumières ; les restaurants sont pleins de monde. Les filles sont jolies, cela change des silhouettes du Venezuela. Je suis aussi contente de retrouver Paris et de rentrer chez moi.
Christian m’appelle sur mon portable, il ne m’entend pas, je suis dans le bus, je lui demande de me rappeler à la maison, ce qu’il fait une heure après. Je suis contente de l’entendre, il me dit qu’il est malade et je ne sais trop quoi lui dire, je me sens responsable de son chagrin, ce que je regrette profondément.
Mais j’aurai tellement voulu qu’il me retienne, qu’il me rassure, qu’il me dise ma chérie c’est juste un moment, je vais faire vite, arranger mon moteur et mettre de l’ordre dans le bateau et nous irons un peu plus loin voir la mer bleue où nous pourrons nous baigner… Cela m’aurait fait oublier les mouches, les nonos, les cafards ; il suffisait qu’il prenne en main le problème de mon mal de vivre dans le voilier, plus le manque de confort et le manque d’hygiène, je n’en pouvais plus.
Le problème ne vient pas de la navigation, je commence à m’habituer, à faire des quarts, à m’organiser pendant la traversée ; j’ai bien fait la traversée du golf de Gasconne et des Canaries au Sénégal. Je n’ai pas eu de pot, ni Christian, je suis tombée souvent sur des moments à mon retour de France ou le voilier a eu des soucis techniques ; c’est la chance à la malchance.
Dommage, Christian a du mal à exprimer ses sentiments (il suffisait de quelques mots, un dialogue, de communiquer et d’une prise en main de ces problèmes internes et je serrais certainement restée…
Donc, la communication se termine par moi : Je t’aime et tu me manques. J’éclate en larmes, je ne sais plus…
J’écris mail sur mail pour avoir de ses nouvelles, je vais sur ma boîte mail et cela fait deux jours que je n’ai pas de nouvelles. J’attends.
Le 04.09.2008 Paris

Il faut que je me secoue ; ce n’est pas moi ; oui ce n’est pas facile, je ne fais que pleurer, je fais même très peur à Christian ; il n’ose, je suppose, même plus me téléphoner ; je le comprends : pour lui non plus la séparation n’a pas du être évidente, nous formions un couple qui s’entend bien et l’on s’aime ; oui il me manque…
Je n’ai pas envie de fait grand chose, je tourne en rond toujours et encore. Aujourd’hui mon entretien avec la personne que je devais garder n’a pas abouti, je suis donc déçue ; j’ai un autre entretien, c’est pour une autre personne. J’avais dit à 15h30 dans le 16ème. J’ai été reçue par le fils et la fille dans leurs bureaux ; un entretien d’ 1 heure me parlant de leur mère qui a 63 ans et des problèmes psychiatriques, des troubles de la personnalité avec de temps à autre des crises, et que mon rôle serait de lui redonner le goût de sortir et le contact avec la vie réelle. Le fils m’explique qu’elle n’a jamais été au cinéma, ni pris un bus, ni lu un livre. Elle est divorcée depuis cinq ans et elle n’a jamais manqué de rien et n’a jamais travaillé, elle va au country club, c’est sa seule passion et elle conduit, mai très lentement, dangereusement et qu’il fallait que je l’accompagne donc…
Voilà, moi je réfléchissais pendant qu’il me parlait, je comprends leurs inquiétudes, mais je ne suis pas spécialiste en problèmes psychiatriques, ni en trouble du comportement ; ce qu’il lui faudrait, c’est une infirmière. Donc je suis revenue bredouille en refusant de prendre une telle responsabilité, pour 9 heures dans la semaine en plus du danger d’aller l’accompagner à son country club en voiture!!!

Le travail demande d’être bien présentable, un peu ce que je déteste et que j’ai fait plus de 15 ans dans ma profession d’esthéticienne. Ce que je ne suis plus en mesure de faire puisque j’ai tout donné et même jeté avant de partir avec Christian sur le voilier. Ce que je supposais ne plus me servir puisque pour vivre à bord d’un voilier, il ne faut pas grand-chose : short, maillot, paréo, petit pull…
Mais j’ai appris à relativiser l’apparence. Ce n’est plus important à mes yeux ; je n’aime plus trop les boutiques de fringues, pour moi c’est du superficiel, de la surconsommation. Les voyages, ça change une personne et l’amour ça change aussi une femme… Christian, j espère peut-être un jour pouvoir revivre sur un voilier avec mon homme. J’aurai tellement voulu m’y habituer… qui sait? Je suis très triste de cette situation et j’ai peur de le perdre même si je sais que nos sentiments sont forts. Pour moi rien ne changera, je l’attendrai, il me suffit que je l’aime.

Hier soir, j’ai soupé avec une amie dans un petit resto italien : c’était un délice, nous nous sommes raconté un peu nos vies, nos espérances ; je lui ai raconté mon retour, elle était surprise…
Elle m’a raconté ses craintes d’un changement de situation dans son travail ‘ elle travaille dans une revue qui ne fait pas d’économies pour se payer des soirées people pour des sarkosystes et les 60ans de carrière de Jeanne Moreau et Chimène Badi ; mais ils veulent regrouper plusieurs quotidiens dans les mêmes bureaux pour faire des économies, préserver soi-disant les emplois, avec seulement quelques licenciements (le topo classique)…
Elle m’a raconté qu’elle a vu dans une grande librairie au Québec mon livre.Elle est retournée pour l’acheter pour sa soeur et c’était le dernier ! J’avoue que cela m’a fait plaisir et j’espère me mettre vite au travail pour mon prochain livre, un livre de cuisine.

Départ de Cumaná  le 4 novembre 08

Je m’active, prépare, mets de l’ordre. Mes gestes reprennent les même habitudes comme  si je n’étais jamais partie auparavant. Je suis contente, enfin je suis bien, j’ai plus confiance en ces nouveaux départs vers d’autres îles, d’autres découvertes. Mon moral est bon.
La veille d’un voyage je n’ai pas trop sommeil ; je pense à la navigation à la mer bleue, émeraude, limpide. Apprendre enfin à me lâcher vivre ces beaux instants de bonheur avec l’homme que j aime et la chance de pouvoir être libre et en bonne santé, loin des tracas.

Départ le matin 4 heures, je me réveille sans difficulté,  heureuse de partir enfin naviguer.
Tout et on ordre dans le bateau ; nous prenons un léger petit-déj et je prends mes gouttes achetées en Espagne ; elles sont efficaces ; par prudence avant d’avoir le mal de mer. Mais cela fait deux jours que je suis quand même un peu barbouillée, un petit signe de cystite, je me connais, quant mon inflammation commence je ne veux pas prendre d’antibiotiques, je veux me tester, voir peut être que c’est juste une fausse alerte ; c’est vrai que je ne bois pas assez d’eau, c’est une erreur !!!

Nous quittons la côte de Cumana ; je prends des photos du lever du soleil. La montagne  de Lagune Grande, c’est une œuvre de la nature, une toile qui aurait pu être peinte par l’artiste Matisse ; c’est une merveille pour les yeux, ces nuages ou l’on s’amuse à deviner des personnages  au-dessus de la mer ; c est le rêve…

Les iles s’enchainent :  Cubagua, Coché et enfin Margarita,  certaines déserte, d’autres sont presque inhabitées ; que la terre est immense !

La traversée se passe bien mais je suis toujours  barbouillée, j’ai mal au bas ventre et cela me tire sur les reins. Je n’ai pas envie de trop inquiéter Christian, mais je ne peu m’empêcher d’en parler !!! Cela me fait du bien.
Je vais dormir, je l’abandonne seul, je ne suis bien qu’allongée ; je bois de l’eau mais rien ne passe ; de plus en plus de brûlures et je ne veux toujours pas prendre mon antibiotique, j’attend…
Le voilier marche au moteur dont le bruit n’est pas des plus agréable. Le gasoil ce n’est pas un soucis d’économie ici au Venez donc nous faisons le trajet au moteur. Pas de vent ce jour là ou très peu, pas assez pour les voiles.

Le soleil se couche tôt, j’attends ce moment pour prendre des photos du ciel apocalyptique avec des couleurs jamais vues ; les plus beaux couchés de soleil c’est  un émerveillement pour les  yeux.

Je me blottis dans les bras de Christian pour goutter à ce bonheur à deux et vivre enfin ; je me laisse bercer par le mouvement du voilier et sa tendresse qui me fait du bien.

J’ai toujours de plus en plus mal,  je décide de prendre mes entibios avec les quels je ne dois surtout pas être exposée au soleil ; là je suis mal partie, je suis en pleins dedans et ça tape fort …
Je vais dormir et Christian tient la barre car le moteur nous a lâché en pleine mer !!!!
Nous décidons à contre cœur de rebrousser chemin vers Cumaná, c’est plus sage.

Je trouve mon homme bien courageux. Notre retour se fait au bon vouloir du vent  il faut être armé de persévérance et surtout de passion.  J’essaye de faire le quart malgré ma cystite, tant bien que mal pour que Christian puisse aller se reposer et  encore tenir jusqu’à la côte de Cumaná. Ce soir là, notre seul lumière est une demi-lune qui nous donne une certaine visibilité  des côtes  à ne pas heurter.  Donc nous décidons de jeter l’ancre pour se reposer et passer la nuit. Nous étions en plein lieu des pirates  des mers.  J’ai fait des signes de secours pour faire appel aux pêcheurs de passage, mais rien, pas une barque ne s’est arrêtée pour nous remorquer jusqu’à la marina de Cumanagotto,  car le courant nous menait en bateau, nous étions à la merci de la providence.

Au matin, enfin, une barque de pêcheur qui passait part là a bien voulu répondre aux signes d’appel à l’aide de Christian (il a eu plus de succès que moi tout simplement)
Après négociations,  ils ont bien voulu nous remorquer jusqu’à la marina.

Pas de chance ce voilier a la chkoumoune. C’est pas possible, depuis notre départ de la France, ce n’est que problèmes mécaniques ! Nous discutons pour trouver peut-être à l’avenir une solution à ce problème technique et financier de ce voyage et nous verrons inch Allah…
Les REVES ne sont pas toujours  ROSES.