Traversée Casamance (Salvador de Bahia, Brésil), non… Venezuela

Posted on juin 18th, 2008 by Jean-Michel

Le 18.05.2008 vers 12h
Coup de téléphone de Christian qui me donne sa position 12°21′00 N -18°27′00 W. Il a fait 110 milles hier , il navigue de conserve avec “Iron” mais ne peux pas utiliser la BLU car il a un problème d’alimentation en gazole donc le moteur, indispensable pour avoir assez d’électricité, ne peux pas tourner. Il envisage d’aller plutôt au Venezuela pour faire une route plus directe.
Je vous tiens au courrant dès que j’ai des nouvelles.
Jean-Michel

Le 23.05.2008 à 23h30
Après trois jours sans connection internet voilà les nouvelles et surtout les points que m’a fait passer Christian qui va bien.
le 19/05 vers 20h25 : 12°33′603 N 21°18′438 W Il y a de la houle et du vent.
le 20/05 : 12°21′ N 23°12′ W Cap au 280°
le 21/05 : 12°27′75 N 24°27′350 W 106 milles depuis la veille Cap au 277 8 à 3 noeuds de vent seulement
le 22/05 vers 9h30 : 12°17′280N 25°59′231 W 91 milles seulement mais la mer est plus calme et le vent a forci un peu donc espoir de faire un peu plus de route
Je n’ai pas eu de coup de téléphone aujourd’hui. A bientôt
Jean-Michel

Reçu le 24.05.2008 matin

Daté 3ème jour

Bonjour à Tous
essai de mail à tous pour économie d’énergie.
Tout va bien à bord. Bon moral. Le corps est fatigué par la gite et la houle au près.Tout esdt humide à bord.
Beau temps stable.
Position à 9H30 12.29.469N 20.30.175W Parcouru 121 miles en 24h Baro 1018 Vent 15 à 20 noeuds Nord. Cap 270 plein ouest. Vitesse 5,5 à 6 noeuds.
Je n’ai pas tenté de réparer de nouveau la panne d’alimentation gasoil à cause de la gite importante.
Je décide de ne pas aller au cap vert et de continuer soit vers le Vénézuéla dans la baie de Cumana où Olivier a un ami qui a un chantier où je pourrai réparer, soit vers Salvador si je peux réparer avant pour bifurquer sud ouest… Nous verrons plus tard. Daniel indique moi la longitude à laquelle je devrai bifurquer si je vais à Salvador.
Olivier sur Iron est parfois devant si le vent baisse, parfois derrière si le vent monte. Nous communiquons à la VHF régulièrement.
Je pense à vous. Je n’ai pas encore la forme d’après le mal de mer, j’espère que ça va venir vite.
Je pense à vous. Grosses bises
Christian de Diam Rek

Daté du 23.05.2008 23 heures :
Enfin le moteur marche … pourvu que ça dure

Bonjour à Tous,
Juste un mot pour dire que tout va bien à bord de Diam Rek et de Iron. Nous sommes côte à côte. Tout va bien à bord, le moral est super.
Depuis la sortie de Casamance je n’ai plus de moteur à cause d’une panne d’alimentation gasoil. J’ai tenté de nombreuses fois de réparer. Aujourd’hui j’y suis parvenu avec les conseils éclairés d’Olivier en démontant la pompe à gasoil…
Pourvu que ça mar che longtemps. Pour l’instant je recharge les batteries moteur et servitudes.
Notre position est à 21H45 le 23.05: 12.29.930N 28.57.837W Baro 1020 Vent ENE 12 nds; 15 à 20 nds attendu ce soir ou cettde nuit dit Daniel, que je remercie de sa gentillesse.
Pour Patty, Olivier va super bien et va au Vénézuéla en baie de Cariacou.
Pour ma part, maintenant, pour des raisons de sécurité, j’ai le projet d’aller avec Olivier dans le chantier qu’il connait au Vénézuéla, dans la baie de Cariacou à Medegral près de Camana. Le moteur démarre mais péniblement, donc je vais là où il y a moins à s’en servir, pas dans le pot au noir…
Je pense à vous et vous embrasse très fort
Christian de Diam Rek

Reçu le 25.05.2008 8 heures

Salut les Amis,
Position le 24.05 à 9h30: 12.34.418N 29.38.633W distance parcourue en 24h: 98 mn avec un vent faible de 7 à 10 nds ENE Position le 25.05 0 01h: 12.40.083N 30.49.258W avec vent 10 à 13 nds ENE, vitesse 5 à 6 nds. Baro stable 1020 Encore environ 1900 mn pour Cariacu au Vénéz, donc environ 19 jours. Dans quelques mêtre carrés, ça donne envie de marcher… La mer est immense, sans bateaux. Juste Iron avec Olivier, devant par petit temps et derrière si le vent se lève.
Aujourd’hui j’ai eu plus de chance que lui, j’ai pêché une bonite à ventre rayé de près de 10 kg. j’ai levé les filets. J’ai mangé un steak, préparé un autre morceau avec oignons et tomates pour deamin et salé le reste en tranches dans le garde mangé spécial sous le portique!
Aujourdhui, grand sentiment de solitude à un moment gris, sans soleil, au millieu de nulle part. Et puis c’est passé. Je ne suis pas aussi solitaire que je ne pensais, ou c’est juste un moment de doute… Mais Mimi me manque, c’est sur!
Tout va bien à bord. Le moral est bon. Pourvu que le moteur fonctionne chaque fois que j’en aurai basoin, jusqu’à l’arrivée!
Grosses bises à tous.
Christian de Diam Rek (et Olivier d’Iron par procuration pour Patricia)

Le 26.05.2008 18h50

Nouveau coup de téléphone :
“Ca roule beaucoup car je suis vent arrière mais il fait beau et le moral est bon.J’avance à environ 5 noeuds. Mais le moteur est de nouveau out ! Alors il faut sans arrêt contrôler l’énergie.
La position est : 12°52′ N 34°31′ W
Hier 139 milles et avant hier 119.”
Il a perdu de vue OLivier qui doit être estime-t-il devant.
Sans doute encore 2 bonnes semaines.
Jean-Michel

Le 27.05.2008 vers 18 h 30

Par téléphone :
Position : 12° 51′ N 36° 36′ W Vent 10 à 15 noeuds maxi
Le moral est bon mais le temps bien gris même s’il ne pleut pas vraiment.
Le moteur ne veux décidement pas redémarrer alors le manque de soleil, le vent assez faible et l’allure vent arrière rendent
l’économie d’énergie PRIORITAIRE. Christian craint de ne pas être en mesure de réparer le moteur avant l’arrivée puisque ça ne semble plus être une panne d’alimentation. Plus de contact avec Olivier depuis 3 jours; il doit être devant.
Christian vous embrasse tous.
Jean-Michel

Le 28.05.2008 vers 18 h 30

Par téléphone :
Ca y est il est a mi-chemin : 1400 milles de fait et 1400 à faire.
Le moral est bon, la mer belle et ……
Le soleil est revenu donc enfin le panneau solaire va apporter sa contribution à remonter l’énergie, le vent est toujours a environ 10 noeuds alors l’éolienne n’a pas grande efficacité. Christian a donc décidé de prendre la barre la moitié du temps pour économiser l’électricité ( 11.7 dans les servitudes pour ceux qui connaissent).
Voilà les dernières nouvelles.
Jean-Michel

Le 29-05-2008 vers 19h

Par téléphone :
Position : 12°26′ N 40° 38′ W Vent 12à 15 noeuds 114 milles les dernières 24 h
Beau temps le panneau solaire donne (je n’ai pas compris à combien est remonté la batterie)
Christian a barré 13 heures ; il a essayé d’amarrer la barre mais le résultat n’a pas été à la hauteur .
Le moral est bon.
A demain
Jean-Michel

Le 30-05-2008

Téléphone vers 19h :
Position : 12°15′ N 42°53′ W Vent 12 à 15 noeuds
Le temps est revenu au beau. 10 heures de barre. 134 milles en 24 heures. La batterie oscille de 12.è en fin de journée à 11.4 le matin.
Christian vient de croiser 2 bateaux de pêche tout proche allant plutôt vers l’Europe dont il n’a pas vu la nationalité. Le moral est toujours bon.
Jean-Michel

Le 31 mai 2008

Téléphone vers 18h 30
Position à 10h 30 :12°16′ N 44°22′W
Position à 16h30 : 12°10′N 44°56′ W Vent 12 à 15 noeuds Temps gris Toujours sous génois seul.
Christian me dit qu’alors qu’il était à la barre ; il barre environ 10 heures par jour il a cru voir un radeau de sauvetage
en approchant il a constaté que c’était un fût rouge mais personne à bord !!! Bonne nouvelle, la moins bonne c’est qu’il est toujours seul à la barre !
Less batteries ne semblent pas vouloir se recharcher, Christian à supprimé le régulateur des panneaux pour enlever un risque de panne mais apparement pas d’effet; l’éolienne donne un peu mais la batterie est à 11,75 au multimètre.
Le moral est bon.
Jean-Michel

Le 1 juin 2008 par téléphone

Position vers 16h 30 : 11°57′ N 47°01′ W Ciel nuageux Vent toujours 10 à 15 noeuds
Toujours seul, pas de voisins !
Une inquiétude cette nuit lors d’un des 3 ou 4 réveils la batterie était descendue à 11.1 mais elle est remontée vers 11.6 donc Christian espère que ça tiendra jusqu’au bout. Si elle devait chuter plus, il se mettrait à la cape pour la nuit afin d’éviter de la décharger complètement.
Voila, à par cela le moral est bon; Christian m’a donné des coordonnées de la destination mais je n’ai pas du bien entendre puisque ça ne correspond à rien sur Google. Je lui redemanderais demain
Jean-Michel

Le 2 juin 2008 , message téléphonique à 18h26

Il fait beau pas beaucoup de vent mais ça avance tout de même un peu.
Position à 16 h : 11°44′ N 48°47′ W 117 milles les dernières 24 heures.
Aujourd’hui un grande manoeuvre : changement de bord pour faire cap au 11°, cela devrait amener l’équipage entre Trinidad et le Venezuela.
Tout va bien.
Demain j’essayerais d’avoir Christian en direct.
Jean-Michel

Le 3 juin 2008 par téléphone

Vent de 10 à 15 noeuds sauf un grain d’1 heure avec pas mal de pluie à 20-25 noeuds.. Ca a nettoyé Diam Rek.
Position : 11°04′ N 50°06′ W
Christian fait bien route plein W (270°) en restant sur le 11ème parallèle Nord.
L’électricité continue a être le seul soucis perte d’un dixième par jour. Espérons que le soleil va revenir.
Amitiés
Jean-Michel

Le 4 juin 2008 par téléphone

Environ 15 nd de vent Mer un peu creuse, Le moral est bon mais sur les dernières 24 heures seulement 109 milles!
Position à 16h 30 10°59′N 52°07′W
L’energie tient toujours mais est préoccupante : 11°4 et ce matin même un peu moins que 11 !

Le 5 juin Message 18h46
Il fait beau et la mer est belle.
Position à 16h30 : 11°04′N 54°14′W 137 milles dans les dernières 24 h. soit plus de 2300 milles depuis le départ il doit rester env 500 milles c’est à dire 5 jours environ qui vont finalement passer vite. Aujourd’hui Christian n’a pas barré en pleine chaleur trop fatigué et trop chaud il reprend en fin d’après midi.
A partir de maintenant il va falloir faire plus attention à d’éventuels bateaux et à la terre . Christian me dit qu’il a préparé à toute fin utile un pistolet d’alarme avec fusée. Les pirates n’ont qu’a bien se tenir !! ( just a joke)
A demain
Jean-Michel

Le 6 juin 2008 par téléphone

Christian me dit que c’est grains sur grains de pluie à 25 à 30 noeuds alors on réduit le génois puis on met la trinquette et puis il faut remettre le génois et …toc c’est l’épaule qui trinque. Bref un peu galère mais bon,
la Position 11°01′N 55°57′ W laisse entrevoir la destination sous 4-5 jours alors …ça va.
La batterie n’est qu’à 11.2 mais le vent permets à l’éolienne de faire sa part de boulot.
A demain
Jean-Michel

Le 7 juin 2008 vers 18h30 par téléphone

Le temps est gris. La nuit a été a peu près calme, mais l’épaule fait toujours mal. C’est TRES long de rester tout le temps à la barre. Christian me dit qu’il reste souvent debout pour ne pas s’endormir.
La position : 10°51′N 57°34′W 101 milles depuis hier et 2522 depuis le départ
La batterie est un peu remonté 11.3
J’encourage Christian pourv ces derniers 4 jours
A demain
Jean-Michel

Le 8 juin 2008 par téléphone vers 18h30

J’étais en mer quand Christian m’a appellé c’est pour ça que la mise à jour du site est tardive!
La position est :11°22′N 59°30′W131 milles depuis hier mais maintenant pétole !
Christian a bien reçu mon SMS lui donnant la position d’Olivier (d’IRON). Merci Patricia de l’avoir transmis.
Pour sa part Christian devrait être demain proche de Tobago qu’il passera au nord en direction de Margarita.
Espère arriver en baie de Cariaco vers le 11 .
A demain
Jean-Michel

Le 9 juin 2008 Message car j’ai encore loupé l’appel de Christian

La nuit a été dure car après la pétole ça c’est un peu levé à partir de 20h et il a donc fallu faire des manoeuvres et changement de cap. Christian a maintenant passé la pointe nord de Tobago et longe d’assez loin la côte vénézuellienne et ce jusqu’à l’ile de Margarita avant d’atteindre la baie de Cariaco, toujours prévue le 11. Il reste 220 milles!
La position est : 11°10′N 61°03′W
J’ai eu un message de Patricia la femme d’Olivier d’IRONavec qui Christian avait commencé la traversée. Olivier qui doit avoir quelques milles d’avance propose un coup de main pour l’atterissage. Patricia et moi essayons qu’ils puissent se joindre.
A demain
Jean-Michel

Le 10 juin 2008 par téléphone puis messagerie

12h45 heure française soit 6h45 local Christian me dit qu’il est crevé parce que l’alarme batterie s’est déclanchée et qu’il doit donc barrer sans arrêt. La position est alors : 10°54′N 62°05′W Il me demande si je peut essayer de joindre Patricia pour joindre Olivier. Patricia me dit qu’Olivier a fait 160 milles (grace à +de 2noeuds de courrant) la nuit dernière et est donc près d’arriver à Cumana. Je lui donne le N° de l’Iridium de Christian. Je dis par SMS à Christian qu’Olivier ferra une veille à toute les heures paires sur le canal 72.
J’espère avoir Christian à “la vacation de 18h30″ mais il m’appelle à 18h pendant que je fais des courses et ne l’entends pas.
Sa nouvelle position est : 10°59N 62°21W Il est très très fatigué mais il a eu Olivier qui vient d’arriver et lui organise de l’aide pour l’arrivée. Son inqiètude le manque de vent qui l’empêche d’avancer à plus d’1 ou deux nds. Il a encore 120 milles à faire.
Bon courage Christian
A demain
Jean-Michel
PS Je viens d’avoir un message de Pati qui me dit qu’Olivier a reussi à organiser l’arrivée de Christian Super Merci les amis.

Le 11 juin 2008 Téléphone 18h40
Christian après avoir tenté en vain de joindre soit le port soit des bateau français à Margarita viens de prendre la décision de continuer vers Cumana. Je l’en félicite. Seulement 80 milles dans les dernières 24 heures. Pas de vent et difficulté de rester 15 heures à la barre plus une heure à la cape. Sa position :10°55N63°43w
Encore une longue nuit pour faire ces 60 milles.
Comme il n’arrive pas à joindre Olivier je lui propose de rappeller Patricia pour vérifier le N° de téléphone. Elle me confirme le numéro et propose de demander à Olivier de veiller à la VHF sur le canal 72 toute les heures paires. Je rappelle Christian sur son Iridium pour lui confirmer. Voilà normalement demain devrait être ma dernière intervention sur le site puisque Christian aura touché Terre. Amicalement à tous
Jean-Michel

Le 12 juin 2008 par Patricia et par SMS

22h (française et suisse) Olivier a reussi à joindre Christian il y a 1 heure environ; il est encore loin. Lui aussi l’a trouvé bien fatigué. Il réfléchit à une solution.
23h ( 17h Venezuela) Olivier vient de repartir à la rencontre de Christian; lui était arrivé avant hier à Cumana. Mais il ne pense pas être de retour avant la nuit vénézuelienne ! Courageux de repartir aussi vite après une telle traversée. Merci.
6h30 (Fr) Olivier a rejoint Christian, il lui a fallu 8 h. Ils se sont mis à couple et Olivier a passé sont générateur à DiamRek.
Le moteur n’a pas redémmaré mais Olivier a du quitter DiamRek car la houle rendait l’opération périlleuse.Ils ont fait route ensemble sous voile et pilote mais le vent est tombé à presque rien et est dans le nez. Depuis 5 heures maintenant IRON remorque DiamRek mais ils ne sont toujours pas arrivé: ça traine et en plus maintenant le moteur d’Olivier peine aussi…… Quelle histoire ! Pourvu que ça devienne vite un bon souvenir !
A tout à l’heure
Patricia et Jean-Michel

Le 12 juin suite: téléphone Christian

_______________C A ______Y______E S T
_______________”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”"”
Après 2930 milles, 26 jours et pleins pleins de ……Christian vous racontera quand il aura dormi et trouvé un cyber café.
Position pour quelques jours : 10°28N 64°11W
A Cumana il y a 6h30 de moins sur les horloges par rapport à Paris
Voilà comme j’ai dit à Christian je rends mon tablier pardon mon clavier jusqu’au …… Pacifique
Amitiés à tous et encore merci aux I R O N ‘ S.
Jean-Michel
La Traversée

Le 15.05.2008
Je me réveille à l’aube en pensant au départ.
Je prends mon petit-déjeuner. Puis je range sur le pont tout ce qui en a besoin et je remonte l’annexe sous le portique. Je t’attache.
J’ouvre l’accès moteur et je démonte le filtre à gasoil pour le nettoyer avant le départ. Il y en a besoin. Il y a de fines particules de gelée et des poussières.
Je suis prêt. J’attends Olivier. Rien ne bouge sur son bateau. Je prends mon livre « Terre des oublis » et me voilà au Viêt-Nam. Je lève la tête par moments pour voir si Olivier bouge. À 9h30, je suis impatient, je mets le moteur en marche. Il peine à démarrer car la batterie est basse.
À 10h je largue l’amarre reliée au corps mort.

Départ de Ziguinchor devant le Kadian Doumagne

Olivier relève l’ancre. Carte Blanche et le bateau de Voiles sans frontière en font autant. Quatre bateaux partent en même temps. J’ai fait un tour pour laisser les autres partir. Je ferme la marche.
J’avance au moteur à 1800 tours. Nous sommes deux heures avant l’étale de haute mer. Le courant monte encore et nus l’avons dans le nez. Nous avançons à 3 nœuds.
Nous descendons le fleuve, dans ce paysage éternel et magnifique. Le fleuve est large, bordé de mangrove.
Carte Blanche et l’autre bateau obliquent et prennent à tribord le bolon de Djilapao. Je quitte Carte Blanche. Je suis triste. J’ai aimé connaître Jean-Pierre et Lise. Ils sont tout le temps agréables, gentils. Je pense à eux en continuant…
Le fleuve s’élargit. Il est bien balisé. La profondeur dans le chenal varie entre 8 et 20 mètres.
Le courant s’inverse et j’avance à 5 nœuds. Il fait très chaud. Je bois sans cesse de l’eau.
Pendant plusieurs heures de descente du fleuve en suivant Olivier, j’écoute sur la chaîne de la musique. Barbara et son monde nostalgique, puis Brassens et sa sagesse polissonne, puis Brel toujours aussi lyrique et âpre. Je me régale.
Je prends mon livre et je lis au fil de l’eau, dans le cockpit.
Je tends la ligne qui traîne pour voir si un poisson a mordu. Mais non, le fil est souple et léger. Je remonte la ligne de peur de la perdre lorsque je vois de plus en plus de pêcheurs en travers du fleuve avec leurs filets.
Olivier a pris de l’avance. Il a mis les voiles. Je continue au moteur car le vent est trop de face et je préfère lire tranquille.
Aussi j’arrive après lui en vue de Karabane et de Djogué. Je prends les jumelles. J’observe Karabane qui est à bâbord. Je vois deux voiliers. Celui d’Olivier et Chamicha de Jean-Claude et Chantal.

Bateaux à l’ancre à KarabaneAlors j’oblique vers eux. Je jette l’ancre non loin d’Iron par 6 mètres de fond. Je vais mettre l’annexe à l’eau et j’entends des Hou Hou ». Je vois des bras qui s’agitent à la terrasse d’un bar en bord de plage. Je les rejoins dans la nuit tombante.
Chantal m’aide à hisser l’annexe sur la plage. Quel plaisir de les revoir !

Chantal et Jean Claude de CHAMICHAOlivierCoucher de soleil à KarabaneCoucher de soleil
Nous prenons un pot ensemble en bord de plage à la fraîcheur du vent… Nous discutons un bon moment puis nous cherchons un restaurant pour dîner ensemble. Un peu plus loin, toujours en bord de plage, il y a le restaurant d’un campement. On peu manger. Il y a du vermicelle aux crevettes. On s’attable en discutant des navigations respectives. Le soir passe vite et nous rentrons à nos bords vers 11h30. Je ne tarde pas à dormir, pour être prêt demain.

Le 16.05.2008
Ce matin, je me réveille vers 8h. Je monte dans le cockpit. C’est l’étale de haute mer. Je regarde l’indication des marées. La mer sera basse vers 11h. Nous pourrions partir vers 10h ou demain comme nous l’avions évoqué hier soir. Karabane est si joli. C’est un monde ancien qui persiste… En bord de plage, on voit des cocotiers, des filaos et des hauts fromagers. On voit aussi des campements, des cases et des ruines de constructions anciennes.

Karabane campementsPointe de Karabane
Je prends l’annexe et je vais voir Olivier puisqu’il ne répondait pas à la VHF. Il vient de se réveiller. Il m’invite à prendre un café. Je vois son bateau qu’il a construit de ses mains ! Il est beau et bien fait, pratique, bien pensé. Nous parlons navigation et Sénégal. Finalement nous partirons demain, le temps pour Olivier de ranger, et pour moi de visiter Karabane.
Je descends à terre. Je vois Jean-Claude qui fait de l’eau avec des bidons à un puit. Je le suis dans une enceinte de maison coloniale en ruine. Une femme fait une lessive avec des enfants autour. Nous les saluons et essayons de discuter avec les enfants, mais ils sont timides…
Je vais à la boutique acheter du pain. Il n’y a que des petits pains. Je vais à une seconde boutique, puis à une troisième. J’achète des pains et des œufs pour le voyage. Je discute avec des pêcheurs. L’un m’emmène chez lui et me fait goûter un poisson fumé.Les poissons sont en train de fumer, doucement, sous des cartons qui arrêtent la fumée. Le poisson est très bon. Il est entier, ouvert en deux, avec peau et arrête. Une fois fumés ils le vendent au marché voisin. Maliens et Guinéens viennent l’acheter et l’exportent. Il y en a jusqu’en France pour les restaurants africains.

Fumerie de poissonsLe pêcheur prépare un envoi de poissons fumés
Je rencontre un autre pêcheur qui répare ses filets. Nous parlons de pêche. Il me demande si j’aime les grosses crevettes. Il m’en vendra demain à 8h sur la plage. Je lui en commande 3 kilos à 1500 FCFA le kilo. J’aurai de quoi me régaler en mer, et de quoi pêcher avec ces appâts.
Je rentre au bateau déjeuner et faire une sieste. Je lis quelques pages de « Terre des oublis ». C’est terriblement prenant. L’écriture est très fine et délicate, un vrai plaisir. Tout est en finesse. C’est en opposition à la force du monde africain. En navigation, j’aurai le temps de lire et je me régalerai !
L’après-midi, je retourne à terre voir le village. Je suis intrigué par des constructions anciennes en pierre et en briques rouges avec des tuiles pour les parties ayant encore un toit.

RuinesMurs pris dans des racines
Les murs sont hauts, avec des ouvertures avec barreaux placées très haut. On dirait des entrepôts ou des bâtiments pénitentiaires. Je rencontre un habitant qui m’invite chez lui. Nous discutons devant la case. La case est en branchages, avec un toit de paille. Ses armatures sont des troncs peints. Il me dit d’entrer et de visiter. La case est d’un seul tenant. L’espace est divisé en espaces par des tentures. L’air passe et ventile l’intérieur. Il fait bon alors qu’il fait très chaud dehors.
Nous discutons de Karabane et j’apprends que ce fut un haut lieu de l’esclavage, comme Gorée. Les esclaves étaient parqués à Karabane dans les bâtiments à demi écroulés que j’ai vus. Puis les esclaves partaient en bateau depuis cette porte de l’Atlantique. À l’époque Karabane était occupé par les Portugais qui l’ont cédé plus tard aux Français qui ont continué la traite…
Les habitants d’aujourd’hui vivent au milieu de ces bâtiments en ruine, au milieu de ces souvenirs obsédants et non exploités en lieu de souvenir. Ils ont construit leurs cases autour, à côté et ils vivent là hors du temps.

Village de KarabaneCasesPirogues traditionnellesPlagePas tout à fait car Karabane est un lieu de tourisme de vacances. Il y a quelques campements et buvettes restaurants qui accueillent parfois des touristes dans un calme unique.
Je m’arrête devant une boutique qui présente des tableaux en couture fait sur place par une femme assise à l’ombre avec ses enfants qui jouent autour. Je regarde et discute avec elle.

Boutique de souvenirsPanneau pour une autre boutique
Je suis intéressé par une noix de coco sculptée et par un tableau. Je lui demande un prix. Il est élevé pour moi. Je propose mon prix. « C’est petit, trop petit, augmente ! » J’augmente un peu, elle diminue un peu, mais nous ne tombons pas d’accord. Je reste discuter avec elle pendant qu’elle donne le sein à son dernier garçon. Son mari revient des champs. Nous discutons, d’où je viens, de la France, de Karabane et de la vie ici. Il finit par dire à sa femme de me faire le prix que je proposais. Je donne l’argent et il dit à sa femme donne lui un autre tableau en cadeau ! Voilà la générosité locale !
Je rentre vers la plage et je trouve Olivier attablé avec Jean-Claude et Chantal. Je prends une bière avec eux. Nous discutons du calme de Karabane. Eux vont rester dans le coin quelques jours puis ils iront dans un autre village. Olivier et moi nous allons traverser dès demain.
Chantal nous invite à dîner à leur bord. Nous passons une soirée bien agréable en compagnie des chats du bord, Leur bateau est décoré de bibelots fixés solidement pour qu’ils tiennent en navigation. C’est un Chatham très bien conservé et joliment aménagé.
Il se fait tard, près de minuit et nous nous quittons pour être en forme demain pour la traversée.

Mouillage à Karabane

Le 17.05.2008 Sortie de Casamance et début de traversée.

Je me réveille vers 7h. Je range les derniers objets qui pourraient bouger en mer.
Je prends l’annexe et je vais chercher les crevettes commandées la veille. Le pêcheur m’attend sur la plage. Ses crevettes ne sont pas très grosses. C’est la prise de la nuit. Je le paie et retourne à bord. Je dégonfle l’annexe et la range. Je suis prêt.
Il est 9h30 lorsque Olivier et moi relevons les ancres.
Voilà, c’est parti ! Nous descendons la Casamance, très large à ce niveau. Il faut trouver les bouées du chenal. C’est compliqué. Elles ne sont pas évidentes à trouver. Nous slalomons d’une bouée à l’autre. De part et d’autre il y a des vagues qui déferlent sur les hauts fonds. Ce n’est pas vraiment un lieu sur et accueillent. Nous avançons à 3,6 nœuds dans le chenal.

Berges de la CasamanceDescente de la CasamanceCases le long des bergesHauts fonds de sablePêcheurs en pirogueBouée sur la CasamanceCase de Pêcheur
Nous passons les dernières bouées. 12h30, c’est maintenant l’océan, avec une houle de 2,5 mètres.
Je réduis la vitesse moteur pour envoyer la grand voile pendant que le bateau grimpe sur chaque vague et retombe dans le creux suivant. Le régime baisse et le moteur cale. J’essaie de le faire redémarrer sans succès. Comme je suis nez au vent, j’envoie la grand voile avec deux ris. Je déroule la trinquette. Le vent est de 18 nœuds, le baromètre indique 1020, parfait ! Je prends le cap plein ouest, avec un vent nord-ouest. Je fais donc du prés serré. Le bateau grimpe sur chaque vague et tombe dans le creux suivant.
Bon, ce n’est pas le moment de regarder trop la mer. Je descends dans le carré, j’ouvre les accès moteur et je purge le circuit gasoil. Il semble que l’alimentation ne se fasse que de façon aléatoire. Je bricole comme d’autres fois, mais cette fois ci, le moteur reste froid à mes sollicitations !
Je communique avec Olivier par la VHF. Il me donne des conseils en tant que mécanicien de métier. J’applique, mais le résultat n’est pas au rendez-vous.
C’en est assez pour aujourd’hui après plus de trois heures de mécanique.
En plus la reprise de la mer me travaille. J’ai la nausée et ne peux rien avaler. Dans la journée, je rends trois fois le peu que j’ingurgite aux poissons…
La navigation se passe bien. Il y a moins de bateaux que je ne prévoyais ; peu de pêcheurs sont dehors. Il y a quelques flotteurs qui indiquent des casiers ou des filets tombants. Pas de danger particulier. Le temps est beau et un peu couvert. L’après-midi, je bricole jusque vers 18H, sans plus de succès. Je suis épuisé.

Le soir tombe

Le soir, je me couche sur la banquette bâbord et je dors sous la garde de l’AIS en marche. Le pilote automatique assure le cap. Je dors jusqu’au matin ! Je me suis réveillé de temps en temps, j’ai vérifié les instruments et me suis rendormi.

Le 18.05.2008 Que faire sans moteur ?
Au matin j’ai pêché un poisson ! Que je ne connais pas. Je lève les filets.

Première prise
Le vent est constant, entre 15 et 20 nœuds toujours nord est. La vitesse est de 4,4 nœuds au près. A 9h30 ma position est : 12.21.196N et 18.26.892.W J’ai fait 118 miles en 24h.
Olivier aussi car il est tout près devant. Nous communiquons par VHF. Ça fait plaisir de voir l’autre bateau et de se parler.

Iron naviguant près de Diam RekLe 19.05.2008 Seul au milieu de nulle part.
Le vent se maintien entre 15 et 20 nœuds de nord. Le baro ne bouge pas. J’avance à 5,5 à 6 nœuds.
Je constate que le voltage de l’énergie à bord baisse. À surveiller ! Car c’est mon autonomie et sans moteur, je ne peux compter que sur les panneaux solaires s’il y a du soleil et sur l’éolienne s’il y a du vent…
À 9H30, ma position est : 12.29.469N et 20.30.175W. J’ai avancé de 112 miles en 24h.
Le vent baisse avec le jour entre 12 à 17 nœuds et ma vitesse baisse à 4,2 nœuds. La houle est toujours Nord de deux mètres environ. Elle est très désagréable et fait beaucoup bouger le bateau qui part de l’arrière, puis se remet en ligne et repart…
Je passe le temps à regarder la mer et surtout à lire.
Je commence à m’installer dans la traversée et à manger sans rendre. Je me sens mieux, malgré le tangage, la gîte et tous ces mouvements du bateau qui rendent tout déplacement difficile.

Un peu de gîte…
À 22h le vent tourne et un empannage se produit. Je manœuvre et remet le bateau sur le bon cap, plein ouest, 270°.
La nuit est nuageuse, c’est la pleine lune. Du coup on voit peu les étoiles. Le bateau avance à 6,5 nœuds. Dans la nuit c’est impressionnant. ON entend le bruit de l’eau sur la coque et celui des vagues qui frappent de côté.
Olivier est devant. Il a mis plus de toile que moi et il est passé devant, je ne le vois plus.

Le 20.05.2008 Quelques bateaux
À 9h30 ma position est : 12.20.767N et 22.39.040W. J’ai avancé de 130 miles en 24h.
J’avance à 4,7 nœuds avec un vent de 10 à 15 nœuds qui est désormais de Nord Nord Est. Je règle les voiles en conséquence.
J’appelle Olivier. Il est plus au nord et est passé derrière. Je prends le cap 275 pour me rapprocher de lui. Nous sommes en contact tout en ne nous voyant pas. Tout en étant en panne de moteur, je ne me sens pas seul. Pour autant nous ne communiquons pas trop pour que chacun puisse vivre sa propre expérience de traversée.
J’appelle le routeur qui promet un peu plus de vent pour la nuit. Nous avancerons plus !
Vers 19 heures, je vois un gros porte containeur. Plus tard vers 23 heures, j’aperçois un navire au loin. L’océan est vaste, mais les bateaux passent près les uns des autres.

Le 21.05.2008 Bain de soleil et bricolage
À 7 heures il y a 13 nœuds de vent de Nord qui fait avancer le bateau à 5 nœuds. Je vois un navire au loin.
Je constate que l’énergie électrique baisse et ça m’inquiète. 12,5 c’est peu et ça ne remonte pas plus.
À 9h30 ma position est : 12.27.075N et 24.27.375W. J’ai avancé de 106 miles en 24h.
Il y a toujours une houle de 2,5 mètres de Nord. Le temps est très nuageux ce qui ne va pas recharger les batteries !
À 13h, le soleil est enfin chaud. Je suis nu dans le cockpit et je bronze ! C’est bon, je me sens bien, je suis dans mon élément.

Ombre du mat sur la voile
Mais la baisse d’énergie me conduit à me remettre à ma mécanique. Je fais une tentative : je mets hors service le réservoir journalier et je mets une nourrice en direct. Le moteur tousse, mais ne démarre pas…
Je laisse tomber et me remets à la lecture de ce roman vietnamien qui me prend tant !
Toute la soirée et la nuit le vent est faible, 7 à 12 nœuds. J’avance lentement…

Le 22.05.2007 Presque une semaine !
À 9h30 ma position est : 12.17.280N et 25.59.931W ; J ‘ai parcouru 91 miles dans les 24h. Ce n’est pas brillant, mais le vent était faible. Il est actuellement de 12 nœuds de nord-est. Le bateau avance à 4,4 nœuds. L’énergie est à 12,5 volts.
En fin de matinée, je termine « Terre des oublis ». C’est un bouquin sublime, très prenant et très parlant sur le Viet Nam d’après guerre.
Je reviens à la navigation. J’appelle Daniel pour savoir si le vent va daigner revenir. Patience et ça va venir me dit il.
J’appelle Olivier qui est devant. Il a toujours plus de toile. Moi comme j’ai une panne motrice, j’évite toute manœuvre qui pourrait abîmer une voile. Je reste grandvoile à deux ris et génois.

Coucher de soleil
La nuit est calme et le vent est calamiteux, de 7 à 12 nœuds. Les voiles battent et j’avance à 3 nœuds ! Le matin, l’énergie n’est plus qu’à 12,2 volts ! Ça a encore baissé. Avec ce peu de vent ce n’est pas l’éolienne qui va rattraper la situation !

Le 23.05.2008 Le moteur remarche !
Après cette nuit de calme, j’appelle Daniel. Il prévoit du vent 15 à 22 nœuds pour la nuit ou demain au plus tard… En attendant le ciel est nuageux.
À 9h30 ma position est : 12.21.717N et 27.56.139W. j’ai parcouru 115 miles en 24h.
Je me remets à la mécanique avec les conseils d’Olivier. Je démonte la pompe à Gasoil qui semble fonctionner. Je nettoie, remonte. À 11h, le moteur redémarre ! Je suis heureux, soulagé. Je le laisse tourner pour recharger les batteries. J’en profite pour regarder la carte sur l’ordinateur. Je vois enfin la position du bateau sur la carte. Les autres jours, je regarde la carte papier de l’atlantique nord.
Je laisse le moteur en marche jusqu’à 17h. J’enlève un peu d’huile moteur car le niveau est un peu au-dessus des marques de niveau conseillé. Je constate une fuite d’eau du refroidissement moteur.
À 18h30 je prends la décision de ne pas obliquer vers le sud pour le Brésil, mais d’aller au Vénézuéla pour bien réparer avant d’aller plus loin. Le Brésil ce sera pour plus tard.
À 20h je pèche une carangue. Elle est sitôt cuite et mangée. C’est délicieux !
Le soir, je mets le moteur, et la BLU. Je reçois les mails en instance et en envoie pour donner ma position et des nouvelles. Un vrai plaisir quand on a de l’énergie !
Le bateau avance à 5,6 nœuds, c’est bon.

Le 24.05.2008 Bonne pêche !
À 9h30 ma position est : 12.34.418N et 29.38.633W ; J’ai avancé de 98 nœuds en 24 heures.
Le vent est Est nord-est de 7 à 10 nœuds et la vitesse de Diam Rek n’est que de 3,5 nœuds.
Vers 13h je communique avec Olivier. Tout va bien à son bord et lui va bien et s’éclate avec cette traversée. Il a peu de vent comme moi mais ça va, on fait avec.
Aujourd’hui le ciel est gris, sans soleil. J’ai une impression de grande solitude, au milieu de cet océan gris ! Je mets la chaîne et écoute Brel. Au milieu de l’océan, ça prend une autre résonance. Ça me rappelle mon adolescence, lorsque je l’écoutais avec des amis. Ça sonne toujours aussi juste ; toujours aussi pathétique et humain.
Je finis un livre de Paulo Coélho que je n’ai pas apprécié, tellement il défonce des portes ouvertes et tellement il est prêcheur pour le christianisme. Je prends un livre d’astronomie pour changer. Je lis toute la partie scientifique sur la cosmologie. Je regarde les cartes du ciel. IL faudra que je regarde la nuit pour identifier les groupes d’étoiles.
Vers 18 heures, le moulinet de la canne à pêche se déroule. Je vais voir : un poisson a mordu et a essayé de sonder. Je veux reprendre du fil. Je n’arrive pas à mouliner tant le fil est tendu. Je le pince et il vibre comme une corde de guitare. Je mets 20 minutes à ramener le poisson au bord du bateau. Je prends un crochet pour le hisser à bord. Il pèse environ 10 kilos. C’est un thon au ventre blanc argenté avec des raies noires. Sur un livre de pêche, je vois que c’est une bonite à ventre rayé. Je prends le couteau de pêche et je lève les filets. Il y en a au moins 5 kilos ; une viande bien rouge. Crue elle est très bonne.

Bonite à ventre rayé

J’en prends une partie pour la passer à la poile. Je sale le reste et dispose les lanières de viande dans le séchoir en nylon que j’ai acheté à Dakar. J’ai de quoi manger pour un moment !
Le soir, je mange un steak d’au moins 300 grammes !
Le vent forcit un peu de 10 à 13 nœuds et Diam Rek avance à 5 nœuds.

Le 25.05.2008 Du vent, ça avance !
Vers une heure, je mets en route le moteur pour remonter le niveau de l’énergie électrique et j’en profite pour recevoir et envoyer des mails. Recevoir des mails la nuit au milieu de nulle part dans la houle, c’est magnifique !
Le vent de 14 à 16 nœuds nous fait avancer à 6,5 nœuds.
À 9h30 ma position est : 12.42.686N et 31.40.127W. J’ai avancé de 119 miles en 24h. Le vent de Nord nord-est est de constant de 12 à 15 nœuds. C’est bon. Le baro ne bouge pas ; tant mieux. Le ciel est dégagé, je regarde la mer et je vois de nombreux poissons volants. Ils décollent par groupe de 10,20,50, dans la même direction. Certains volent plus loin que d’autres.Ils piquent dans une vague et parfois redécollent vite car un prédateur est toujours à leur trousse. Ils brillent au soleil, avec leur ventre argenté. Le matin, j’en trouve sur le pont. Ils ont atterri là et sont morts. Ils ont une coupe triangulaire, une vrai coupe de pirogue qui doit les aider à décoller et à amerrir. Leurs nageoires latérales sont longues jusqu’à la queue. Pas étonnant qu’ils puissent voler !

Poisson volant tombé sur le pont
En fin de matinée, je parle avec Olivier à la VHF. Il me conseille de faire la vidange de l’huile moteur, ce que je fais non sans mal tant le bateau bouge.
La houle devient Est nord-est et le vent est plein arrière. Le bateau roule et avance vite : pour un vent de 15 nœuds, j’avance à 6 nœuds.
Je m’aperçois qu’une goupille du chariot d’écoute de grand voile est partie. Je cherche de quoi la remplacer. Un trombone fait l’affaire.
Vers 20h30 le vent monte à 15 à 20 nœuds et le pilote décroche. Je roule un ris du génois et la vitesse reste de 6,5 nœuds. J’aime entendre le bruit de l’eau sur la coque à cette vitesse. Au bruit de l’écoulement, je peux reconnaître la vitesse du bateau. La nuit, c’est plus excitant, dans le noir, sous les étoiles, seul. J’aime bien quand le bateau marche bien. Par contre je ne suis pas un régateur obsédé par les réglages d’écoutes.

Le 26.05.2008 C’est la panne !
Vers 0h30 je démarre le moteur qui tourne 5 minutes puis cale ! Un tour de clef puis plusieurs ne le referont pas tourner… Pas de mails, pas de recharge d’énergie ! Je tente un nettoyage du circuit gasoil, mais la machine ne veut rien savoir… C’est la panne. Je verrai ça au jour.
Le vent a forci, le pilote ne tient plus au réglage de gain de barre 1 qui économise l’énergie.
Je mets le gilet de sauvetage pour la première fois et je m’attache au balcon de pied de mât.
J’affale la grand voile et la ferle pour qu’elle ne bouge plus. Je laisse le génois seul en pensant aux conseils de Jacques. Ainsi le pilote tient et le vent plein arrière ne fait plus faseyer la voile.
À 9h30 ma position est : 12.51.146N et 33.59.445W. J’ai avancé de 139 miles en 24h. Le vent d’Est de 10 à 15 nœuds lève une houle de 3 mètres et fait avancer Diam Rek à 5,5 nœuds. Tout va bien !
Après déjeuner, je me remets à la mécanique, je repurge le circuit, mais le moteur ne tousse même pas. J’appelle Olivier à la VHF. e répond pas, il doit être trop loin, plus loin que la portée de la radio…Je me sens seul avec ma panne qui me semble définitive jusqu’à l’arrivée. Alors l’océan me paraît encore bien grand !
Le vent baisse entre 8 et 15 nœuds, mais j’avance encore à 5 nœuds. Je vois de très nombreux poissons volants et des oiseaux du genre pétrel qui planent à l’infini au-dessus des vagues.
Le soir tombe et j’ai le blues, un grand sentiment de solitude avec mon problème de moteur ! Mais après tout j’ai un voilier, et les voiles fonctionnent bien, alors ça devrait aller.

Le 27.05.2008 Bonne pêche !
À 9h30 ma position est : 12.55.714N et 35.59.053W j’ai fait 118 miles en 24h. Le baro ne bouge pas à 1022 ; le vent Est nord-est est de 10 à 15 nœuds et j’avance à 5,2 nœuds. Seul point noir, l’énergie est à 12,1 volts.
À 12h30 je pêche une nouvelle bonite à ventre rayé d’environ 8 kilos.

Bonite luttant pour s’échapper

Je lève les filets. J’en cuis une partie en sauté à la cocote et je fais deux bocaux de dés marinés dans de l’huile, du jus de citron et du vinaigre. Frais c’est vraiment délicieux. Attention de ne pas trop cuire cas la chaire devient sèche alors.
Dans l’après-midi, je refais une tentative d’intervention sur le moteur. Sans succès hélas !
Vers 17h je mange un pamplemousse chaque jour. 9a fait une pause délicieuse. J’appelle avec l’Iridium, Mimi et Jean-Michel pour lui donner la position qu’il affiche sur le site. C’est un moment super au milieu de l’océan. La communication est généralement assez bonne. Parfois ça laisse à désirer, ou ça coupe…. Rien n’est parfait.
À 18h, je mesure l’énergie : 12,17 volts. C’est bien peu et ça ne remonte pas faute de soleil car le ciel est souvent nuageux, et faute de vent suffisant…
Au dîner, je termine par du bleu acheté à Ziguinchor et gardé sans frigo que j’ai éteint trois jours après le départ pour économie d’énergie. Un délice ! En plein milieu de l’océan, ça prend une proportion extraordinaire !
Je vais me coucher épuisé par ce problème de panne.

Le 28.05.2008 Début de la barre !
À 8h, le ciel est dégagé et le vent d’Est nord-est est de 10 à 13 nœuds. Diam Rek avance à 5,5 nœuds. L’énergie est de 11,9 Volts. Alors je prends la barre pour économiser l’énergie consommée par le pilote de façon à remonter les batteries.
Moi qui n’aime pas particulièrement la barre, j’y suis pour un moment car je suis au milieu de parcours. J’ai déjà fait 1400 miles, il en reste environ 1500…
À 9h30 ma position est : 12.50.180N et 38.07.520W. J’ai parcouru 127 miles en 24h.
La barre, c’est vite fastidieux si l’on n’est pas en course, avec des concurrents. Je me souviens des lectures de navigateurs solitaires qui attachaient la barre. Je prends un tendeur, je l’attache à la barre et le relie aux winchs bâbord et tribord. Je fais des réglages qui me mènent trop d’un bord ou de l’autre. Ça ne marche pas. Ça reste au bon cap un moment puis ça prend un écart qui ne cesse de grandir. Il manque un rappel. J’installe un second tendeur sur un rayon bas de la barre. L’ensemble fait un losange dont les deux extrémités sont sur les winchs. Après une heure de réglage, ça ne fonctionne pas ; le résultat est le même. En fait je pense que ça fonctionne pour la barre, mais il manque la contre barre. Et là je n’ai pas de solution…
J’enlève dons mes tendeurs, tout dépité. C’est bien moi qui devrai tenir la barre.Le bateau sous génois seul ne tient pas un cap par seul réglage d’écoute…
À midi je remets le pilote pour déjeuner. Je regarde la carte et constate qu’il reste bien 1500 miles au moins….
Je passe l’après-midi à barrer et à regarder la mer. Autant avant j’ai lu, autant maintenant c’est la mer qui a toute mon attention. Ses vagues, la direction de la houle, les poissons… Je vois deux balises météo qui dérivent.
Je tiens la barre jusqu’à 22h30 ! Que c’est long une journée de 11 heures de barre. L’énergie est remontée à 12,1 Volts.
Je vais me coucher en ayant mis le pilote et en espérant que ça tiendra la nuit.
Durant la nuit, je me réveille plusieurs fois pour regarder les instruments, l’énergie, le cap, le vent. Je fais un tour dans le cockpit et je me recouche.
Je me réveille vers 2h du matin. Je vérifie les instruments. J’ai oublié de fermer les coupes circuits moteur après l’essai moteur. Les fuites électriques ont fait que les batteries n’ont pas rechargé au soleil !

Le 29.05.2008 Temps gris
Je prends la barre à 8h. L’énergie est à 11,7…
À 9h30 ma position est : 12.37.652N et 40.00.496W. J’ai parcouru 114 miles dans les 24h.
Le vent souffle entre 8 et 12 nœuds et Diam Rek avance à 4,7 nœuds sous un ciel chargé de nuages. Ciel et mer sont gris. Tous les gris, clairs au gris presque noir. Une mer de Bretagne, pas des tropiques ! C’est moins gai qu’avec le soleil, ça ne charge pas bien les batteries, mais je me ne crame pas sous le cagnard en tenant la barre.
Quel sentiment de liberté au milieu de cet océan, sans personne, avançant avec les voiles et le vent ! J’ai le temps de penser à toute ma vie, aux événements bons et aux moins bons, aux gens que j’aime, à mes enfants, aux femmes qui m’ont aidé à construire ma vie. La barre laisse le temps de penser, de rêver. La voile faseye, me rappelle à la réalité, je reprends le cap et je repars dans mes pensées, bercé par les lames de houle….
À 22h30 je laisse la barre, épuisé.
Je me couche et vers 4h, la pluie me mouille les pieds dans le carré. Je ferme le capot de descente et me recouche.

Le 30.05.2008 Pas seul sur l’océan
À 8h je prends la barre. Certains vont au bureau. Moi je prends la barre pour un parcours que je veux faire. Alors je ne me plains pas. J’ai tout mon temps pour regarder la mer. Et c’es un spectacle sublime, toujours pareil et toujours renouvelé.

Arc en ciel en plein océan
Vers 8h30 un bateau de pêche me croise dans mon nord à demi-mile ! Je ne suis plus seul et je n’en suis pas plus satisfait que ça !
À 9h30 ma position est : 12.12.243N et 42.12.737W. ‘J’ai parcouru 134 miles dans les 24h. Le vent est de 10 à 15 nœuds d’Est et Daim Rek avance à 5,6 nœuds.
Vers 10h45 dans la mer formée je vois de temps en temps à 11h, quelque chose de rouge orangé. On dirait un radeau de sauvetage. J’ai peur, qui vais-je trouver, vivant ou mort ?
Ça se rapproche. Lorsque l’esquif monte sur une vague, je l’aperçois, mais le plus souvent il est dans les creux de plus de 2 mètres. Lorsque je m’approche, je vois un gros fût métallique peint en rouge orangé. Il dérive. Jusqu’où ira-t-il ? Vers les Antilles, c’est sûr !
À 11h15 une pluie fine commence. Je laisse la barre et rentre au sec.
Entre 12 et 15 heures, je vois des flotteurs qui dérivent. Je pense à des balises météo avec leurs antennes. J’en vois 7 en quelques heures. Autant de traces humaines. Je ne suis pas seul aujourd’hui dans mon jardin !
À 16h30 un gros bateau de pêche passe à 300 mètres sur bâbord. Décidément !
À 22h30 je laisse la barre, j’en ai marre.

Le 31.05.2008 Mes copines les mouettes
À 8h l’énergie est basse : 11,7 ; il n’y a pas assez de vent pour que l’éolienne fournisse beaucoup. Je prends la barre à 8h30.
À 9h30 ma position est : 12.15.884 N et 44.22.531W. J’ai parcouru 128 miles en 24h. Il y a 8 à 12 nœuds de vent Est Nord-Est, un baromètre stable à 1022 et un beau soleil.
À 14h l’énergie est à 11,75 Volts. Ça se maintient tant bien que mal… Pourvu que ça dure !
L’après-midi, je vérifie le circuit électrique de l’éolienne et des panneaux solaires pour vérifier que ces instruments chargent bien. Le régulateur de panneaux solaire a l’air fatigué. Je le supprime pour emmagasiner le maximum de courant dans les batteries.
À 17 h, je vois un paille-en-queue, un magnifique oiseau blanc avec un bec jaune et deux longues plumes centrales à la queue. Un oiseau des Antilles ! Je vois aussi des oiseaux d’une grosseur entre la mouette et le goéland. Ils ont le dessus de la tête, du coup, du dos, et de la queue, marron. Le reste est blanc étincelant. Ils planent au raz des vagues. Parfois ils se posent sur l’océan les pattes en avant ; ils mettent la tête sous l’eau et cherchent leur nourriture. Ils tournent autour du bateau. Je leur siffle un cris d’oiseau. Je ne sais si c’est le leur car je ne les entends jamais. Ils se posent autour du bateau, ne me répondent pas et font comme si je n’étais pas là. Mais c’est une compagnie agréable. Ce sont mes seules copines au milieu de l’océan. Les sirènes, croyez moi, je ne les ai pas entendues, pas vues. Où j’ai pris la mauvaise direction ou ce n’est qu’une légende!
Depuis peu le ciel s’est couvert et à 22h15 il pleut. Je laisse la barre un peu plus tôt que d’habitude. Chaque jour je tiens la barre environ 10h30 À 11H.
À 1h30 le pilote fait sonner son alarme et rend son tablier. Le bateau part au nord avec 20 nœuds de vents. Je règle le génois et remets le bon cap et le pilote. Je retourne me coucher.

Le 01.06.2008 Dernière tomate, dernière mangue sénégalaises.
Je prends la barre.L’énergie est à 11,6 Volts.
À 9H30, ma position est : 12.02.108N et 46.24.621W. J’ai parcouru 123 miles en 24h. Le vent Est Nord-Est est entre 14 à 17 nœuds.
Je vois de plus en plus d’oiseaux sur cet océan. C’est fascinant de les voir aussi habiles à jouer avec les vagues et les airs !
À 12h30 l’énergie est remontée à 11,9 avec le soleil et le vent constant à 15 nœuds.
Pour dîner, je mange les dernières tomates sénégalaises et la dernière mangue.
Avant la traversée, j’ai acheté fruits et légumes. Se sont bien gardés : pomme de terre, choux, tomates, oignons, mandarines, pamplemousse, mangues. Se sont mal gardées : les carottes, les aubergines, les bananes et quelques mangues. Le pire, ça a été les bananes, toutes mûres en même temps au bout de peu de jours. Elles ont terminé à la mer pour la plupart.

Le capitaine, autoportraitCoucher de soleil
Je laisse la barre à 22h30.Je n’aime pas barrer la nuit, lorsque je n’y vois rien, sans lune et avec des nuages…

Le 02.06.2008 Pêche imprévue !
Je prends la barre à 7h45 dans une demi-obscurité. Les étoiles disparaissent et l’aube pointe à l’arrière du bateau. Depuis le départ, je n’ai jamais vu un beau lever de soleil, pas plus qu’un beau coucher. Il y a tout le temps un mur de nuages qui encercle l’horizon, haut de deux doigts. Le soleil lorsqu’il est derrière fait rougir un peu les nuages qui sont plus hauts, mais ne crée pas une féerie comme j’ai déjà vu ailleurs… Mais ça viendra plus loin peut-être.

Lever de soleil
À 9h30 ma position est : 11.57.074N et 48.22.618W. Ce qui fait que j’ai parcouru 117 miles en 24 heures… Ce matin il y a un vent d’Est de 10 nœuds qui fait avancer le bateau à 4,8 nœuds. Le vent m’oblige à changer le génois de bord. Je le passe à Tribord et je fais un cap de 260 Pour rejoindre la latitude d’arrivée et me caler dessus.
Après déjeuner, je regarde la carte papier pour voir ma position et penser au meilleur parcours pour l’atterrissage. Il me reste environ 1000 miles à parcourir, mais je pense à l’arrivée. Particulièrement depuis que je barre. Sans cela, je ne suis pas pressé. La traversée, sans esprit de compétition, est une sortie du temps et de l’espace. Ça pourrait durer plus, ça donnerait du temps pour faire tout ce que j’ai rêvé de faire pendant une traversée de ce genre.
Par exemple, j’avais pensé faire mon pain. Et puis je n’en ai pas fait au début puisque j’avais du pain de mie longue conservation, et puis après j’ai dû tenir la barre 11h par jour…
Tout l’après midi, j’ai vu beaucoup de poissons volants et de prédateurs, surtout des bonites qui les poursuivaient même hors de l’eau. Les bonites arrivent à sauter un bon mètre au-dessus des vagues et retombent lourdement avec un grand plouf. Mais ils sont capables de faire, à peine rentrés dans l’eau, un crochet pour attraper une proie. J’ai vu un poisson volant hors de l’eau, en plein vol, faire un crochet alors qu’une bonite hors de l’eau, elle aussi avait sa gueule ouverte tout près du poisson volant.
Depuis plusieurs jours, j’ai mis une ligne de traîne avec un gros rapalla avec lequel je n’ai jamais rien attrapé. Ça continue, rien ne mord, malgré toutes les bonites qui sautent alentours. Soudain le crin bouge. Je me retourne pour regarder. Derrière le bateau, il y a un groupe de mouettes posées sur l’eau. L’une d’elles a une attitude bizarre. En fait elle s’est prise à l’hameçon. Je tire la ligne et monte la mouette sur le pont. Elle est prise à une patte. Je la saisis pour retirer l’hameçon. Elle se laisse faire en essayant de s’échapper lorsque je lui fais mal. L’hameçon tient bien. J’arrive enfin à l’enlever de la partie palmée de la patte. Je lâche la mouette qui s’envole et va se poser plus loin pour se remettre de ses émotions. Ma pêche miraculeuse ne va pas beaucoup me nourrir. Mais j’ai encore du thon séché et du thon en bocal. J’ai des réserves !
Je laisse la barre à 22h30, fatigué !

Le 03.06.2008 La fatigue s‘installe…
À 7h30, un grain violent me réveille. Le vent est à plus de 20 nœuds et le bateau avance à 6,5 nœuds. Trois quarts d’heure plus tard, le grain cesse et le vent tombe à 6 nœuds ; le bateau n’avance plus qu’à 2,3 nœuds ; pas terrible ! L’énergie est à 11,4 Volts ; pas terrible non plus !
À 9h30 ma position est : 11.10.530N et 49.40.318W. J’ai avancé de 93 miles en 24h. Pas terrible non plus ! Le vent d’Est remonte à 12 nœuds et j’avance à 4,2 nœuds, c’est mieux…
Pour déjeuner, je décide de cuisiner la bonite salée et séchée.

Le saloir

Je la fais dessaler une heure et je la cuisine en ragoût avec des pommes de terre que je ne sale pas. Le tout sera assez salé, mais la bonite ne retrouvera pas son élasticité de fraîcheur car elle n’a pas trempé assez longtemps.
Je le saurai pour la prochaine fois !
Pour déjeuner, je prends du vin blanc en apéro avec des tranches de jambon des Canaries qui s’est conservé très bien depuis janvier. C’est divin !
Le vent changeant un peu, je dois changer le génois d’amure. Je vais bientôt me croire en régate !
L’après-midi, le soleil tape fort, je suis cuit ; je suis épuisé par ces séjours à la barre sous le soleil à son zénith !
En fin d’après-midi, je vois deux paille-en-queues et un fou de passant. Le fou a un vol lourd à côté du vol gracieux du paille-en-queue.
Un cargo rouge passe à un mille dans mon nord. Ces quelques bateaux qui passent me dérangent ! Je me suis fait à ma solitude.Dans mon espace marin, je suis chez moi, en sécurité.Les intrus sont source d’insécurité…
Un peu après 22h, il fait nuit et les premières étoiles apparaissent. C’est un beau spectacle !
Mais la fatigue est là. Je laisse la barre à 22h30.

Le 04.06.2008 J’ai perdu la manille de génois !
À 7h, je prends la barre. Il fait nuit ; on voit les étoiles et la voie lactée ? C’est magnifique. Sans la lune, je ne vois pas la mer. Je barre comme sur une machine d’entraînement en salle. La sensation est curieuse. Mais le soleil vient vite.
À 9h30 ma position est : 11.00.101N et 51.26.041W. J’ai parcouru 109 miles en 24h. Le vent d’est est de 7 à 10 nœuds ce qui fait files Diam Rek à 4,3 nœuds, un train pépère.
L’énergie est à 11,3 volts. Ça baisse de jour en jour et soleil et vent n’arrivent pas à remonter le niveau suffisamment. Ça va bientôt poser problème. Si je n’ai plus assez d’énergie pour le pilote, je ne pourrai pas barrer 24h sur 24. Je devrai mettre à la cape quelques heures par jour, pendant les que le bateau ne fera que dériver, vers l’ouest avec la houle.
Vers 14h, je regarde vers la proue et je vois le point d’amure du génois qui flotte au vent ! Ce n’est pas normal. Je vais à l’avant. La manille qui relie l’enrouleur au génois a disparu. Elle s’est dévissée à cause des vibrations ! Je vais chercher un petit bout et je le mets en guise de manille. Ça tient sans problème !
Vers 17h j’appelle Mimi comme chaque jour. Je suis heureux d’entendre sa voix, ses mots tendres, ses encouragements. Quelques nouvelles rapides car les communications Iridium sont chères. Quelques instants nous sommes réunis, je ne suis plus seul au milieu de l’océan, puis je retourne à mon aventure dans ce coin de mer tranquille. Pour traverser vers les Antilles le mois de mai est la limite pour éviter les orages tropicaux et pour avoir des alizés établis. Comme nous sommes en fin de saison, les alizés sont plus inconstants, plus faibles. Mais je n’ai pas été perturbé par un orage tropical. Tout va bien et la navigation est agréable si ne n’est la barre à haute dose…
À 22h30 je laisse la barre lorsque les premières étoiles apparaissent avec un très fin quartier de lune.
Pendant toute la traversée, j’ai gardé le temps universel, comme au Sénégal. En progressant vers l’ouest, j’ai gagné des fuseaux horaires. Si la nuit se couche si tard en Temps Universel, en heure locale elle se couche vers 19h. j’ai gagné trois fuseaux horaires et demi.

Le 05.06.2008 Je suis complètement fatigué…
À 6h, le vent est de 18 nœuds et le bateau avance à 7 nœuds !
À 8h45 seulement, je prends la barre. Je n’arrive plus à me lever. La fatigue s’est accumulée, je n’y arrive plus. Tout est plus dur, demande des efforts de plus en plus grands.L’énergie est à 11,3, c’est critique !
À 9h30 ma position est : 11.09.190N et 53.43.233W. J’ai fait 137 miles dans les 24h.
Dans la matinée, je change le génois d’amure pour tenir le cap 255°.
Je n’ai plus l’impression d’être dans mon jardin, mais dans la salle à manger des prédateurs des poissons volants, tellement il en saute tout autour du bateau ! On dirait un vivier dans lequel les gros se servent !
Je suis sans énergie, fatigué. Il faut que je tienne encore 5 ou 6 jours et ce sera bon, j’arriverai au Vénézuéla. Il faut encore que je tienne. Mais aujourd’hui que c’est dur !
Le soir, je rechange le génois d’amure. Comme le vent est plein arrière, il suffit qu’il tourne un peu et une amure est meilleure que l’autre. Sinon le génois faseye et tente de se mettre à contre.
À 22h30 je mets le pilote malgré que l’énergie ne soit qu’à 11,5 volts.

Le 06.06.2008 Manœuvres sous la pluie…
À 3H30, à 6h, à 8h15 des grains passent et lavent ben le bateau. Le temps est gris, très nuageux. Les grains se succèdent. Et durent une demi-heure à chaque fois. Je prends la barre à 9h seulement. Tout le cockpit est mouillé, mais il ne pleut plus. L’énergie était à 11,3 volts.

Sillage
À 9h30 ma position est : 10.54.668N et 55.25.364W. J’ai parcouru 106 miles en 24h. Le vent est d’Est à 12 nœuds. Le bateau avance à 4,5 nœuds. Je vois un orage au nord-ouest, loin.
Vers 10h, un nouveau grain passe avec un vent de 25 nœuds.
Toute la matinée, le vent est de 15 0 20 nœuds avec une houle aux lames très rapprochées, très désagréables.
À 13 heures, nouveau grain. Le pilote ne veut plus tenir la barre. Je prends la barre sous la pluie. Le vent monte à 30 nœuds. Je rentre avec peine le génois et je veux dérouler la trinquette. Mais elle commence à se gonfler dans la partie haute et ne veut pas se dérouler car elle a été roulée trop lâche. Je déroule de nouveau le génois avec un ris. Les efforts sur la barre les derniers jours avaient entraîné une tendinite à l’épaule droite. Maintenant les efforts violents pour établir les voiles font que je n’arrive plus à bouger l’épaule qu’au prix de grandes douleurs. Le bateau roule beaucoup, le vent et les lames sont arrière….
Dans l’après-midi, un pétrolier passe dans mon Nord-Est. Le vent retombe à 15 nœuds. Je laisse le ris dans le génois car mon épaule ne veut plus fonctionner, plus de manœuvres….
Vers 19h le vent remonte à 20 nœuds. Je remplace le génois par la trinquette à tribord.
À 22h je mets le pilote et vais me reposer. Hélas mon épaule me lance sans cesse. Lorsque je dors, ça me réveille sans arrêt. J’ai beau changer de position, le résultat est le même.
En mer, il suffit que tout n’aille pas bien pour se sentir handicapé, pour devoir renoncer aux manœuvres qui peuvent attendre…

Le 07.06.2008 Approche de Tobago
À 5 h, un grain assez fort passe. Je prends la barre à 8h45. Le temps est couvert, le vent est de 15 nœuds. La trinquette fait avancer à 4 nœuds. J’ai peur de mettre le génois qui irait mieux, dans l’état où est mon épaule….
À 9h30 ma position est : 10.30.556N et 56.57.972W. J’ai parcouru 101 miles en 24h.
Un quart d’heure plus tard, je me décide à rouler la trinquette et à établir le génois à bâbord. Diam Rek avance à 6 nœuds avec un vent de 15 à 20 nœuds.
Vers 16h, je vois à tribord un immeuble, une sorte d’île haute. En fait c’est un porte conteneur avec une hauteur de conteneurs homogène et très importante. Mieux vaut ne pas le rencontrer de près, celui-là !!!
À 22h je mets le pilote, l’épaule en marmelade. L’énergie est à 11,5 volts.

Le 08.06.2008 Bientôt Tobago
À 5h, je vois les lumières d’un bateau et un halo plus important. Je me demande si c’est Tobago et ses lumières ? En fait avec le temps, je vois que ce n’est qu’un bateau, mais très éclairé.
Je prends la barre à 9h.
A 9h30 ma position est : 11.11.702N et 60.39.903W. j’ai parcouru 131 miles en 24h. Le vent est de 12 à 15 nœuds et j’avance à 6 nœuds. Mais l’énergie n’est qu’à 11,2 volts…
Je regarde la carte et choisis de passer au nord de Tobago où il n’y a pas de problèmes de navigation, ce qui n’est pas le cas au sud mal pavé. Je prends le cap 282°.
À 16h, c’est la pétole avec un vent de 7 nœuds et une vitesse de 2,8 nœuds ! Mais vers 18h le vent se lève un peu à 12 nœuds et j’avance à 5,3 nœuds.
À 23h30 je change de bord, génois à bâbord. Je vérifie la carte.Je serai au nord-ouest de Tobago dans 4 ou 5 heures.

Le 09.06.2008 Terre en vue !
À 4h, je regarde la carte, je suis sur le bon cap.
À 6h30 je suis au waypoint que je m’étais donné pour enrouler la pointe nord-Ouest de Tobago. Je rechange de bord, génois à tribord. Le vent est de 12 nœuds et j’avance à 4,2 nœuds.
À 9h30, ma position est : 11.22.243N et 60.39.903W. J’ai parcouru 105 miles en 24h.
Je cherche Tobago et ne la vois pas. Il y a des nuages, là où je devrai la voir, comme partout ailleurs sur l’horizon. À force de regarder, je vois au-dessus d’un nuage une forme noire, une montagne.Peu à peu le nuage se lève et je vois le dessous de la montagne, le rivage de l’île avec des rochers peu engageants.

Côte de Tobago

Je suis à plusieurs miles de la côte. L’île est longue, alors que sur la carte routière elle semble un petit point.
De beaux oiseaux de mer et des dauphins escortent le bateau, que c’est beau.
À 16h15, je laisse la barre, tant je suis fatigué. Je n’y arrive plus. Mon épaule me lance. Je m’allonge sans arriver à dormir à cause de la douleur et de la proximité de la terre. Je lis.
Vers 21h je vois un cargo dans mon ouest. IL passe.
À 22h30, je me sens mieux, un peu reposé. N’ayant barré que 4 heures aujourd’hui, j’espère que l’énergie suffira pour rejoindre demain. Les batteries sont à 11,36 volts…

Le 10.06.2008 Alarme batteries !
À 5h45 l’alarme batteries retentit et me réveille aussitôt. L’énergie n’est plus qu’à 10,3 volts.
Je prends la barre et y reste jusqu’à 17h15 sans interruption. Sous le soleil, ça devient un supplice.
À 9h30 ma position est : 10.54.517N et 62.05.622W. ‘J’ai parcouru 99 miles en 24h. Le vent est faible et je me traîne. Lorsqu’il n’y a pas de vent, tenir la barre est plus difficile, plus pénible. Avec une barre à roue bien démultipliée, il y a peu de sensations…
À 11h je reçois un SMS me disant qu’Olivier vient d’arriver à Cumana, notre destination, qu’il est passé plus au nord au large de la Barbade. Super, lui est arrivé ! Il a gagné, mais je serai second !
Vers 17h15, je roule le génois pour me reposer en dérivant en attendant que le vent se lève. Je m’étends, épuisé.
À 18h40 je déroule le génois après avoir dormi et dîné tout en dérivant à 0,2 nœuds.
À 19h, des bateaux me barrent la route. L’un vient tout près de moi et me parle à la radio. Je dois aller plus au sud car ils font des essais sismiques dans la zone…Je me rapproche donc de la côte que je voulais longer de moins près pendant la nuit. La terre représente toujours un danger potentiel pour un bateau…
À 21h, je remets le pilote après avoir barré toute la journée. Je suis vidé et heureux car j’i pu le faire.

Le 11.06.2008 Bientôt le but
À 1h, des bateaux couverts de lumières sont devant moi. L’un vient sur mon arrière tous feux clignotants avec des phares tournants. Est-ce un bateau de pêche ? Pourquoi ne passe-t-il pas d’un côté ou de l’autre ? Il s’approche encore comme s’il voulait me passer dessus. J’éclaire mes voiles pour me signaler. Il s’approche et me dit que j’ai un gros problème pour avancer. Je lui réponds que je n’ai aucun problème. On ne se comprend pas. Le second bateau, resté plus loin, m’appelle à la radio et me dit en français et en espagnol que ne dois redescendre au sud, plus près de la côte car ils installent 5 kilomètres de câbles… Je dois encore me rapprocher de la côte, moi qui veux l’éviter, je n’ai pas de chance !
4h : je regarde la carte.Pour l’île de Santa Margatita, il reste une dizaine d’heure, je pourrai arriver de jour. Je suis tellement fatigué que je rêve de m’arrêter là…
À 7h, alarme batteries. Je reprends la barre. Un maigre vent de 5 nœuds fait avancer à 3,2 nœuds. Il doit y avoir un fort courant qui me pousse dans la bonne direction. C’est toujours ça de gagné !
À 9h30 ma position est : 10.48N et 63.21W. J’ai avancé de 80 miles en 24 heures, une misère.
J’attache la barre et vais me reposer.
De 12h30 à 13h30 je dors pour récupérer.
À 14 h, je gonfle les pares battage, histoire de préparer l’arrivée.
À 16h, je suis en vue de Margarita. La fatigue m’incite à m’arrêter. J’appelle à la VHF, le port, la marina, les autres bateaux français. Aucune réponse. Je réitère plusieurs fois en vain.
Alors je change de cap, laisse Margarita sur mon tribord et destination Cumana, à encore 60 miles avec des hauts fonds à éviter. Je dois rester éveillé et vigilant !
À 18h j’appelle Olivier avec l’Iridium. Il est à la marina de Cumana. Il me propose de venir et me dit de le rappeler dans deux heures.
Je le rappelle à 20h30 : il est en route, à ma rencontre. Quelle gentillesse, quelle générosité !
À 21h30 je change le génois d’amure pour avancer à 4 nœuds avec un vent de 11 nœuds.
23h30 : je dors une heure en ayant mis le pilote. Je ne dors pas plus à cause de la proximité de la terre.

Le 12.06.2008 Et voilà Olivier dans la nuit !
Après minuit, je passe un endroit où la carte indique des hauts fonds. Un rocher émerge un peu, trois autres sont un peu sous l’eau, sans balise ! Je passe au large par sécurité. Avec ce foutu vent de terre, je fais du près et je n’avance pas bien vite !
À 3h, Olivier vient tout près et m’appelle. Je suis allongé dans le cockpit, sans dormir tant je suis fatigué et tendu par l’approche du but. Entendre la voix d’Olivier dans la nuit a quelque chose d’irréel, de super, de touchant. Il est là pour m’aider au lieu de dormir tranquille dans la marina !
Il met son bateau à couple du mien. Des pare battages, des amarres et nous sommes l’un à côté de l’autre. Un moment de discussion puis il m’apporte un groupe électrogène pour tenter de redémarrer le moteur et pour avoir l’autonomie pour le pilote. On met un bidon de gasoil propre en direct sur le moteur qui ne veut rien savoir et refuse obstinément de démarrer.
À 5h, on sépare les bateaux car le vent monte et la houle menace de faire des dégâts sur les bateaux. Olivier me remorque avec une amarre. Nous avançons à près de 4 nœuds. Ses moteurs électriques sont performants !

Iron me remorqueDiam Rek remorqué
À 11H on est en vue de Cumana. La côte vénézuélienne est montagneuse. Dans les vallées en bord de mer, il y a beaucoup d’urbanisations illuminées, comme aux Canaries. Cumana semble une ville importante, avec de hauts immeubles et beaucoup de lumières. Plus loin on voit Puerto La Cruz encore plus importante et plus illuminée.
Olivier me dit que son générateur électrique peine et donne des signes de faiblesse. Je tente en vain de démarrer le moteur. Pourvu que le générateur d’Olivier tienne jusqu’au port.
Plus que 2 miles, on approche !

Remorquage gagnant!
À 12h on jette l’ancre simultanément les deux bateaux côte à côte.
En attendant l’ouverture des bureaux de la marina, Olivier gonfle l’annexe et nous allons au quai de la marina.De là, nous allons dans le centre commercial qui jouxte la marina. Nous nous attablons dans un café pour un petit-déjeuner. Une galette de farine de maïs avec du poisson pour moi, avec de la viande pour Olivier. Être assis à terre donne une sensation irréelle. Une serveuse métisse indienne nous sert. Le dépaysement est là, pas dans les décors assez proche de ceux de chez nous, mais avec les gens au type indien marqué.
Vers 12h30 nous allons à la capitainerie qui nous met en rapport avec un marin ayant un bateau avec un moteur de 40 chevaux.
On se met d’accord sur le prix et il nous emmène jusqu’aux bateaux. Je lui passe une amarre ; Je lève l’ancre. Il me remorque jusque dans le port.Il largue l’amarre et je rentre sur mon élan dans la place indiquée à un ponton. Deux employés de la marina m’attendent et passent les amarres. Je suis arrivé ! Je paye le remorqueur qui a travaillé quelques minutes et gagné sa journée.
Avec l’annexe nous allons sur le bateau d’Olivier et nous le menons au port. Les employés nous attendent et passent les amarres.
Iron et Diam Rtek sont côte à côte à un ponton avec eau et électricité ! Le rêve !
À 13h la position est : 10.20.652N et 64.11.186W. J’ai parcouru 87 miles dans les 27 heures, dont une partie en remorque d’Olivier.
Sans lui je n’aurai pas pu arriver jusqu’au port car le vent était dans le nez… Je dois une fière chandelle à Olivier. Un grand merci à toi Ironman !