Sénégal, pays de la téranga

Posted on mars 31st, 2008 by Christian

Le 06.02.2008
Nous voilà au Sénégal. Pays de la térenga: du bon accueil!
En se rapprochant de Dakar, je prends mon téléphone portable. Il reçoit le réseau Alizé. J’appelle Salifou que je serai tellement heureux de revoir. Il me dit qu’il viendra nous voir au CVD (Cercle de Voile de Dakar). Nous allons enfin nous revoir. Les mails c’est super, mais ça ne remplace pas la rencontre. Et ça fait deux ans déjà que nous ne nous sommes pas vu. Salifou a fait une demande de visa pour venir en France, mais le visa lui a été refusé…
Les pirogues sont nombreuses au large de Dakar. Comme il y a un peu de creux, parfois on n’aperçoit que les têtes des pêcheurs, puis quelques secondes après une vague soulève la pirogue et on la voit tout entière. Ces pirogues très colorées sont belles. Elles sont aussi petites et peu adaptées à la mer agitée. Ils sont bien courageux ces pêcheurs qui sortent sans grand équipement.
Au large de Gorée il y a des bateaux à l’ancre qui attendent une place au port pour décharger leurs marchandises. Je vois deux gros porte conteneurs, un cargo et des vraquiers. Les bateaux attendent, les marins aussi …
Lorsque nous sommes à l’ancre dans l’anse de Hann, le soleil est chaud, il y a un peu de vent et nous sommes gagnés par une impression de grand calme. D’abord nous sommes arrivés après sept jours de mer. Le repos est bien mérité. Et puis le Sénégal est une escale très attendue. Pour les amis que nous allons y retrouver, pour les gens souriants, nonchalants et aimables, pour le pays lui-même.
Mimi s’assoit dans le cockpit, se détend et s’imprègne de ce grand calme. Je range un peu et je suis prêt pour aller à terre voir le CVD. Un coup de corne de brume et le passeur vient avec son canot pour nous emmener au ponton. El Hadji, le passeur, nous conduit avec le sourire jusqu’au ponton en tronc de palmier rônier et de planches disparates.
Le passseurPlage de HannPirogue de hann
Il mène jusqu’à la plage encombrée d’algues à l’odeur forte. En face il y a le CVD.
Le CVD est une sorte de campement avec bar, zone wifi, sanitaires, atelier de mécanique, voilerie, lavandières, repas venant des restaurants d’en face….
Mimi se relaxe!
Il y règne une ambiance décontractée avec des navigateurs qui font escales et d’autres qui y prennent racine. Ils prennent souvent alors une compagne locale…
Je vais au bureau. On me donne un imprimé m’indiquant les formalités d’entrée. Je les ferai demain.
Salifou arrive et ce sont les embrassades dans la joie de se revoir ! Il n’a pas changé, toujours jovial, avec un large sourire. On s’embrasse et il vient voir le bateau. Il visite et s’exclame « Comme il est beau le Diam Rek ! » On se raconte des choses de la vie de tous les jours, des deux ans passés sans se voir… Voilà la jovialité des Sénégalais avec en même temps les soucis de la précarité, de la recherche des moyens de survie au jour le jour….
SalifouOn met les tauds sur les voiles
La première journée, nous sommes heureux et submergés par les impressions et le dépaysement.
Nous allons au restaurant indiqué par des gens. C’est le seul ouvert le soir. C’est un restaurant chic tenu par des toubabs pour des toubabs. Ce n’est pas ce que je cherchais, mais faute de mieux, nous dînons là. La patronne qui est là depuis huit ans explique qu’elle a envie de partir car la vie est devenue bien plus dure qu’avant, avec une insécurité croissante…
Le soir nous nous couchons tôt pour récupérer des jours de navigation.

Le 07.02.2008
Je me lève pas trop tard pour avoir le temps de faire la tournée des administrations pour notre entrée au Sénégal, sachant que les bureaux ferment à midi.
Avec les papiers fournis par le CVD j’ai l’adresse du bureau de police au port de Dakar. Un couple de navigateurs me propose de partager un taxi avec eux. Ils ont déjà fait leur entrée et me conseillent de faire des photocopies des papiers pour n’avoir pas à laisser les papiers du bateau au poste de police. Le taxi tombe vite dans les embouleillages monstrueux de Dakar.
Chaque carrefour est difficile à franchir. Des policiers font ce qu’ils peuvent pour faire passer les files venant des diverses directions… Le chauffeur qui avait donné un prix pour le cas où il n’y aurait pas d’embouteillages et un pris avec nous dit que ce sera le prix avec soit 500 CFA de plus.
Hamac sous camion en panne!
Il arrête le moteur souvent pour économiser le gasoil dont le prix est exorbitant par rapport au revenu des Sénégalais, presque un euro le litre.
Nous arrivons au port môle 2. Près du poste de police il y a une échoppe où l’on fait des photocopies. Après je vais au poste de police. Un planton me dit que le bureau est au premier étage et qu’il faut voir monsieur Diouf. Au premier, des policiers discutent. L’un est monsieur Diouf. Il me conduit dans son bureau. Il est très aimable et souriant. Nous parlons du pays, de là où je veux aller, des démarches qu’il me faudra faire, demander une prolongation d’admission de six mois… Il me fait remplir des papiers pendant que lui remplit des fiches en vérifiant passeports et papiers du bateau. Puis il me dit qu’il garde les papiers du bateau et qu’il me les redonnera lors des formalités de départ. Je lui dis que je lui ai apporté des photocopies et que ça peut suffire. Il me répond « C’est moi qui juge s’il est important de garder les papiers ». Je lui dis poliment que j’avais fait les photocopies pour le cas où ce ne serait pas indispensable de laisser les papiers… Il ne répond pas puis me rend les papiers..
Ouf, je ne serai pas obligé de revenir de Casamance à Dakar, contre le vent, pour rechercher mes papiers… Néanmoins il m’explique qu’après avoir fait les formalités de sortie à Ziguinchor je devrai récupérer mes documents auprès de lui. Je pense qu’il pourra bien garder mes photocopies….
Avec l’attestation qu’il m’a remise et les passeports tamponnés, je fais de nouvelles photocopies et je vais au môle 10 à la douane. Là dans un vieux bâtiment, on m’indique le premier étage. Je monte un escalier à la mosaïque décollée par plaques. Les bureaux sont fermés sauf un dont la porte est entrouverte. Un douanier dort sur son siège la tête rejetée en arrière. Je n’ose pas le réveiller, je vais plus loin, reviens et croise une personne qui me confirme que c’est bien dans le bureau du dormeur.
Je frappe et dis bonjour au douanier qui sort de son sommeil. Il me fait asseoir ; je lui explique pourquoi je suis là. Il regarde mes papiers, je lui donne les photocopies. Il observe bien sans rien dire, puis sort un grand registre des passe avant. Il remplit à la main une page avec une écriture impeccablement lisible. Il prend une règle et déchire une partie de la feuille qu’il me remet avec le reçu de s 5000 FCFA que je dois verser. Je le salue et ressorts en règle avec l’administration. Je peux rester 15 jours au Sénégal.A moi de faire une demande pour 6 mois et de la déposer au CVD qui s’occupe des démarches suite aux plaintes de navigateurs que des fonctionnaires avaient voulu raquéter.
Je reviens au CVD. Mimi est dans le coin wifi du bar. Elle cherche des infos sur la cuisine orientale. Elle commande un tiebboudiene et un peu plus tard on nous apporte deux assiettes. Le riz est rouge et le poisson grillé ; il y a quelques légumes, carottes, choux, manioc…
Que c’est bon de retrouver la cuisine sénégalaise !
Des navigateurs mangent des plats apportés depuis les restaurants voisins. Personne ne pousse à la consommation. Certains restent des heures sur internet. Les navigateurs discutent par affinité. Certains sont là depuis longtemps, d’autres ne font que passer…
Nous passons l’après-midi sur internet.
Le soir nous rentrons sur le bateau, dans la baie avec la vedette du passeur. Le bateau est bercé mollement par une petite houle. Nous avons l’électricité que nous fournissent l’éolienne et le panneau solaire. Pour l’instant c’est bon nous sommes autonomes pour l’éclairage et le frigo. Tout va bien ; nous verrons avec moins de vent…

Le 08.02.2008
Journée calme. Je vais voir l’atelier de mécanique. Il est tenu par deux Sénégalais qui s’appellent Arona tous les deux. Ils viendront voir sur le bateau en fin d’après-midi.
En attendant je vois Julien et Agnès. Quel plaisir de se revoir. Ils sont là depuis près de deux semaines. Ils nous racontent leur séjour au Cap-Vert avec un vent continuellement assez fort. Ils ont aimé ces îles où ils ont été bien reçus partout. Ils nous invitent à dîner le soir.
Les mécaniciens passent à bord. Ils regardent avec soin le circuit gasoil, les réservoirs et disent pouvoir faire le travail. Je leur demande un échéancier et un devis. Ils me les donneront demain matin.
J’essaie d’écrire pour le site dans la salle du bar, mais il y a toujours quelqu’un pour discuter et je ne peux trouver la concentration nécessaire….
Le soir mimi a fait un cake pour Julien et Agnès. Elle apporte aussi un exemplaire de son livre pour Agnès. Les affaires marchent ! Julien et Agnès nous montrent leur carré avec les nouvelles housses qu’ils ont fait faire avec un super tissu rouge à motif. C’ests beau et plein de vie. Agnès nous a mijoté un bon plat. Pendant ce temps-là leur petite chatte récupérée au Cap-Vert vient jouer infatigablement. Mimi est tentée par l’adoption d’un chaton du CVD tigré roux… La soirée est très agréable. Julien me montre des trucs sur informatique. Nous échangeons des conseils sur le mouillage qui est mon point faible.
Coucher de soleil sur le mouillage de Hann

Le 09.02.2008
Ce matin, Arona vient vers 9h. Il est ponctuel ! Il vient avec un aide Pape. Ils se mettent à travailler au démontage des réservoirs. Je les aide et les conseille sur ce que je sais du bateau.
Peu à peu ils arrivent à démonter tout ce qui est branché sur le réservoir tribord. Enfin le réservoir peut sortir. Il passe par l’ouverture du cockpit, c’est gagné pour le premier. Au tour du second. A tribord il faut enlever la table puis le plancher. C’est long, mais ça se fait.
Le réservoir ne contient plus que quelques dizaines de litres de gasoil. Tout le reste est parti dans les fonds puis à la mer !!! Le réservoir bâbord est sorti de son logement et du bateau !
Maintenant on voit les fonds. Depuis la construction ils n’ont pas dû être sortis et les fonds repeints. Le fond est plein de dépôts de gasoil. Il va falloir nettoyer et en profiter pour repeindre. Arona n’a pas le temps, mais Pape est disponible pour 5000FCFA par jour. OK pour demain matin.
Sur les réservoirs on voit des endroits où les soudures ont été attaquées par l’eau de condensation et ça fuit…. Il va y avoir du boulot de soudure…
Pendant ce temps, la Mandragore de Julien et Agnès lève l’ancre pour aller dans le Saloum. Nous les y rejoindrons plus tard…
depart-la-mandragore.jpg
Je passe l’après-midi à vouloir écrire sans y parvenir tant les gens passent et discutent.
Mimi est toujours sur son projet de livre de cuisine. Elle avait essayé d’aller voir la confection d’un tiebboudiène dans un restaurant, mais les femmes ne se sont pas comprises et la cuisine était déjà faite lorsque Mimi est venue…
Salifou passe après avoir été malade d’un rhume.
Salifou
Nous parlons immigration. Il me raconte l’histoire de tous les jeunes du village qui sont partis en pirogue après avoir payé 500000 FCFA. Une pirogue a navigué et tous les passagers sont mort. Il manque de nombreux jeunes au village maintenant. D’autres sont passés en Espagne et envoient de l’argent aux familles…
Maintenant la police espagnole surveille les côtes, mais des pirogues réussissent. Salifou dit que les pirogues vont repartir à la saison des pluies lorsque les alizés seront faibles….
La soirée nous sommes fatiguée et nous couchons tôt.

Le 10.02.2008
J’attends enfin Pape pour le nettoyage des fonds. Lorsque je pense qu’il ne viendra plus, je vais au café wifi avec Mimi.
Salifou et Daouda arrivent. Je suis heureux de voir Daouda qui n’a pas changé et est en pleine forme. On échange des nouvelles. Et l’on va au bateau. Daouda est curieux de voir où nous couchons, comment on vit à bord. Il est impressionné en voyant une vraie maison flottante. Il viendra naviguer un week-end puisqu’il enseigne les autres jours.
Réunion amicaleDoaouda
Au retour nous déjeunons ensemble et Mimi pendant ce temps copie des films pour faire une provision pour les temps à venir. Elle fait ça avec Gérard qui a un disque dur externe bien fourni. Gérard est vraiment gentil. Il est handicapé des jambes par un accident. Il naviguait depuis longtemps. Il a voulu partir pour un tour du monde. Sa femme n’a pas voulu suivre. Alors il est parti seul sur son bateau, jusqu’au Sénégal. Là il s’est plu et il est tombé amoureux d’une jeune et belle sénégalaise, N’Deye. Il l’a épousée avec un mariage à la mosquée et un mariage traditionnel sérère, avec une grande fête. Bientôt ils partiront ensemble. Pour l’instant il a entraîné une équipe féminine de voile qui a fait une course Sénégal France et est arrivée troisième ! Nous discutons un moment ensemble. Il nous raconte les démarches pour se marier au consulat de France. Ils ont été interrogés séparément avec des questions intimes déplacées. Ils ont abandonné les démarches. Le gouvernement actuel fait tout pour éviter de naturaliser de donner des droits à des personnes d’origine africaine…
Pendant ce temps j’alimente le site.
Du bout du monde ! Du bout du monde ! La baie de Hann est un bout du monde ! Ici on a vraiment cette impression ! On est bien loin de l’Europe. Madère et Canaries, bien que proches des côtes africaines, sont des morceaux d’Europe, ici tout est plus aléatoire, plus improbable, fait plus appel à la débrouillardise. Bien des choses marchent par miracle, tant bien que mal. De fois en fois je vois le Sénégal se moderniser. Les tacots ont fait place à des voitures récentes. L’informatique s’est introduit partout…
Mimi est toujours sur son livre de recette. Elle s’y met avec beaucoup de continuité et de méthode !

Le 11.02.2008
Nous nous levons assez tard puisque Pape ne doit venir qu’à 10h.
El Hadji le passeur
Effectivement il vient à 10h20. Il a apporté un sceau, un racloir, une éponge de la lessive et un dégraissant. On enlève les planchers et Pape s’y met avec le grattoir. La peinture est décollée. Les fonds sont couverts de dépôts de gasoil, de poussière… Lorsqu’il a enlevé le plus gros on voit la tôle qui est saine, pas rouillée. Le gasoil l’a graissée et protégée. Puis il nettoie avec la lessive. Après plusieurs sceaux d’eau l’eau reste de plus en plus claire. Il débouche des conduits sous les lisses qui permettent à un éventuel liquide de ne pas stagner contre les lisses mais d’aller jusqu’au puisard et d’être ainsi évacuée par la pompe électrique automatique.
Les fonds nettoyés avant dégraissage
Pendant la pose déjeuner, je rejoins Mimi au bar. Elle revient du marché Sandaga où elle est partie avec N’Deye pour flâner entre femmes et acheter du tissu. Elle a trouvé un tissu vert pour se faire tailler un boubou. Elle a pris aussi des légumes. Et des fruits. Elle est ravie d’avoir trouvé une ambiance de marché proche de celle des marchés irakiens. Comme elle était avec N’Deye elle n’a pas été trop importunée par les rabatteurs, les « mouches » comme on dit ici. Et elle a laissé N’Deye négocier au juste prix !
Les serveuses d’un restaurant nous apportent un plat de seiches en sauce avec du riz. C’est bien bon.
Je retourne au bateau avec Pape et il continue de nettoyer et de dégraisser tout l’après-midi.
La tôle est propre. Il continuera demain avec de l’acétone. Puis nous mettrons une couche de Rustol et de l’époxy brai. Je me suis renseigné et je sais où aller en acheter. C’est un e protection époxy très résistante, efficace qui dure des décennies.
Je retourne voir Mimi qui est toujours sur son ordinateur ! Et les vacances alors ! Quand on a l’inspiration il faut en profiter…
Nous rentrons au bateau et elle prépare une tarte aux oignons !
J’ai installé sur mon téléphone portable une puce sénégalaise Orange pour téléphoner bien moins cher à l’intérieur du Sénégal. Mon nouveau numéro est : (00 221) 77 73 70 354

Le 12.02.2008
Pape arrive passé 10h. Nous allons ensemble en taxi dans une entreprise qui vend de l’acétone.
Taxi de DakarDans le taxiPetit car
Il nous faut une demi-heure pour être servi et encore nous avons apporté le contenant…. Nous reprenons le taxi pour aller plus loin chez le marchand de peinture.
Il s’appelle Ségnerie ; c’est une grande entreprise. Une personne compétente me reçoit et me montre des fiches techniques. Elle parle un français superbe, qui se perd en France ! Mais après il me faut trois quart d’heure pour récupérer la marchandise…
Nous rentrons au bateau déposer la peinture et il est déjà l’heure de déjeuner. Salifou est venu. Il en profite pour aller sur internet sans débourser.
Nous prenons un bon tiebboudiène. Je me régale autant à chaque fois !
Nous retournons au bateau avec Pape. Je lui demande où il a mis les chiffons pour nettoyer à l’acétone. Il a oublié ; il retourne avec le passeur et revient une demi-heure plus tard.
Le nettoyage à l’acétone empeste tout le bateau, malgré les panneaux ouverts….
Une fois les fonds bien dégraissés, Pape met une couche de primer d’accrochage. La couleur n’est pas terrible, un vert olive. Mais ça accroche bien et demain on mettra l’époxy brai.
Je raccompagne Salifou qui rentre chez lui et je vais voir le soudeur qui travaille sur mes réservoirs. Il a fait de nombreuses soudures et travaille en ce moment sur les couvercles des trappes de visite dignes de ce nom. Ça prend bonne tournure !
Je rejoins Mimi qui passe ses journées sur internet lorsqu’elle peut se connecter car il y a beaucoup d’amateurs et le réseau ne supporte pas tous les demandeurs…
Wifi au CVD
En rentrant vers le ponton, un pêcheur m’arrête ; il veut me vendre des poissons qu’il vient de pêcher près de Gorée. Ce sont des Tiofs, que les Sénégalais apprécient particulièrement. Un court marchandage et j’en achète un 1500FCFA pour ce soir.
Rentré au bateau, je le prépare au four et quand Mimi rentre nous nous régalons ! Il était tout frais !
La nuit une pluie battante mous réveille. Je ferme le panneau de pont entrouvert. Ça va dessaler le bateau !
14.42.681N 17.25.553W Sénégal baie de Hann

Le 13.03.2008
J’attends Pape pour la première couche d’epoxy brai dans les fonds.. Il arrive vers 10h30 et se met au travail. La base et le catalyseur se mélangent 50/50%. L’époxy brai est noir. Dommage, parce que c’est plus difficile de voir l’état des fonds avec du noir qu’avec une couleur claire…
Salifou est venu et il m’apporte une lampe solaire que je lui achète pour éclairer le cockpit aux mouillages.
Après je vais à la menuiserie pour refaire faire un panneau de descente. L’actuel a vécu et il n’est pas étanche. J’en veux un doublé d’inox. Il faut donc que le menuisier travaille avec le soudeur et que chacun fasse son prix… Je saurai demain…
Je vais avec Salifou voir à L’ADP, l’association voisine, un certain Mar qui fait des régulateurs d’allure. Nous le voyons. Il nous dit qu’il peut en faire de différents types. Il viendra voir au bateau.
Nous allons ensuite près du CVD dans un magasin d’articles de pêche. La jeune femme qui le tient avec son père a travaillé des années au Japon et elle importe presque tous les articles du Japon. Je lui achète des cuillères et quelques leurs dans l’espoir de pêcher de plus gros poissons. J’espère attraper des daurades coryphènes sans casser cette fois….
Je rentre au café wifi et je trouve Mimi qui revient d’une consultation à l’hôpital pour une légère infection. Elle a été accompagnée gentiment par deux sénégalaises amies. Elle a vu un hôpital moderne et un médecin bien au courant des traitements. Elle doit retourner en ville demain pour analyses et nouvelle visite. Elle n’a pas payé la consultation.
Mar vient me voir, il a un moment et il peut aller au bateau. Nous prenons la barque du passeur et il regarde la configuration du Diam Rek. OK, c’est possible, me dit-il. Je peux en faire un comme j’ai fait sur un bateau qui est mouillé non loin. Nous pourrons aller le voir ensemble. Demain il me dira ce qu’il peut faire, à quelles conditions et dans quels délais…
Plage de HannPlage de Hann
Alors à demain !
Je retourne à l’espace wifi et retrouve Mimi qui se renseigne sur le Brésil.
Demain j’irai à l’ambassade du Brésil pour avoir un visa et nous renseigner sur les conditions d’admission pour Salifou….

Le 14.02.2008
Aujourd’hui c’est la Saint Valentin. Je suis heureux d’être avec Mimi, de l’aimer et d’en être aimé ! Si nous pouvions aller en boîte aller danser, ce serait super !
En attendant la matinée commence avec Pape et la seconde couche dans les fonds. Puis il emporte de l’acétone et de l’époxy brai pour dégraisser les deux réservoirs et passer de l’époxy sur le fond et les bords pour assurer une étanchéité parfaite.
Mimi est partie seule en taxi dans Dakar à l’institut pasteur pour faire des analyses. Elle appréhendait un peu d’y aller seule, mais elle est partie courageusement.
Hôpital militaireMimi et les sages femmes
Salifou arrive. J’appelle l’ambassade du Brésil. Nous pouvons y aller avant 13h.
Nous prenons un taxi et tombons dans les éternels embouteillages de Dakar.
Une rue du quartier de Bel AirPlace de l’indépendanceLes nouveaux bus indiens Tata
Le taxi nous dépose, mais il s’est trompé. Nous demandons à des passants et marchons un moment avant de trouver. Dans un immeuble moderne, c’est au 4ème étage après avoir laissé les pièces d’identité au gardien. Une personne sénégalaise nous reçoit. Pour moi pas besoin de visa me dit-elle aimablement. Pour Salifou ? Que va-t-il faire au Brésil ? Du tourisme ? demande-t-elle peu aimable et dubitative. Il lui faudrait alors une garantie de ressources… Il vient comme équipier avec moi et ma compagne ! Elle me regarde toujours dubitative et me dit qu’il doit remplir le dossier complet et qu’on verra alors… Le Brésil ne veut pas d’immigrés des pays pauvres !
Nous allons ensuite dans un magasin qui fait les tampons pour faire faire un tampon pour le bateau. C’est parfois utile pour les autorités. Muni d’un tampon il est possible d’avoir du gasoil hors taxe au port, comme les navires de commerce. Comme je dois faire le plein, ça m’intéresse. Ce sera prêt à trois heures. Nous repasserons.
Marchand sur le trotoirEntrée du marché KermelLe marché KermelLa rue près du marché
Je cherche une alimentation stabilisée pour l’ordinateur portable du bord et celui de Mimi. Nous allons dans un magasin d’informatique qui ne vend que le matériel. Il nous renvoie ailleurs, en vain. Nous nous arrêtons pour déjeuner et je prends une pizza pour changer. Salifou prend un chawarma. Nous faisons dans l’international !
Le tampon est prêt. Après nous cherchons l’alimentation. De boutique en boutique nous demandons. Un vendeur finit par me montrer quelque chose qui fonctionne sur 220 volts. Moi je veux partir du 12 volts. Il comprend enfin et va me chercher dans un autre magasin l’alimentation. On vérifie sur un portable Sony. Il n’y a pas la prise adéquate. Il en prend une dans une alimentation 220 volts et ainsi ça va. Nous négocions le prix. Salifou défend mes intérêts et le ton monte avec le marchand intermédiaire. Nous partons. Il nous poursuit dans la rue et négocie. Nous tombons d’accord sur un prix et revenons au magasin.
Après ces courses nous reprenons un taxi pour rentrer.
Nous allons directement à l’ADP pour voir Mar à propos du régulateur d’allure. Pas de chance, il est parti convoyer un voilier à Sally sur la petite côte. Il faudra repasser demain…
Salifou repart sur son fier engin auquel il a donné le nom du cheval du plus célèbre résistant à la colonisation française!
Salifou et Malaw son fier coursier
Je rentre au CVD. Mimi arrive ; elle aussi a eu une journée bien pleine dans Dakar. Elle est allée au laboratoire pour son analyse ; elle aura les résultats lundi… Ensuite elle est allée acheter du tissu teinté à l’indigo. Elle a durement négocié. Puis elle a trouvé un tailleur pour faire un boubou. Nouvelle négociation. C’est difficile de trouver une base pour négocier et obtenir un prix juste….
Ce soir je pensais aller en boîte pour écouter de la musique et danser à l’occasion de la Saint Valentin. Mais Mimi est fatiguée… Nous rentrons donc dîner et nous reposer au bateau…

Le 15.02.2008
Ce matin Pape passe la dernière couche d’époxy brai dans les fonds et dans les réservoirs.
Pape a 29 ans ; il a fait 6 ans dans l’armée.Son père était militaire 20 ans, il a fait l’Indochine dans l’armée française. Alors il a voulu que son fils soit militaire.Pape me dit que vous les Français vous n’imposez rien aux enfants mais qu’au Sénégal lorsque les enfants parlent du droit des enfants aux pères ils ne comprennent pas ! Il a fait 6 ans la guerre en Casamance puis en Guinée. IL a quitté l’armée pour ne plus se battre pour des gens qui veulent rester chef, pour ne plus tuer des frères. Maintenant il veut se battre pour sa vie !
Le menuisier vient essayer la fermeture de la descente qu’il a préparée. C’est un jeune de 28 ans qui est menuisier depuis des années. Il me dit qu’il travaille doucement pour travailler avec sa tête, sinon ça ne va pas. Il parle assez peu le français, juste de quoi se débrouiller.
Mimi est partie au bar wifi. Elle est contrainte de quitter le bateau pour laisser place aux travaux. Ce n’est pas très reposant pour elle, elle est tributaire des horaires des autres…
Je vois le soudeur ; il n’a pas trouvé de tôle d’inox pour ma descente, mais il a trouvé une tôle d’alu. OK ça pourra aller aussi bien.
Je déjeune avec Mimi qui quitte un instant ses recherches sur internet sur les épices dans la cuisine de différents pays et de différentes époques. Quelle chercheuse, ma compagne !
Mimi donne le linge sale à Fatou qui lave toute la journée dans ses bassines le dos plié!
Lavandière au CVD
L’après-midi je vais à l’ADP (Amicale Des Plaisanciers) un peu plus loin sur la plage.
Mar est là. Nous discutons de régulateur d’allure. Il me montre des plans d’un régulateur proche du Cap Horn. Il me dit qu’il peut le fabriquer et le monter sur mon bateau. Il peut m’en montrer un sur un bateau. Nous allons y aller. Il veut téléphoner au propriétaire pour lui demander de monter à bord, mais il ne trouve pas le numéro… Il cherche un bon moment et finit par trouver. Reste à trouver le passeur de l’ADP, ce qui prend encore un bon moment. Nous allons à bord d’un bateau acier, C’est celui de Jean-René qui navigue seul à 65 ans. Nous rentrons dans son bateau qui est aménagé de bric et de broc. Un vrai capharnaüm ! Il vit sur son bateau depuis 19 ans. Il me dit tout le bien qu’il pense de ce type de régulateur. Puis nous allons voir le sien et il me montre comment il est fait et comment les différentes pièces bougent en fonction du vent et de la mer. Le safran est pendulaire ce qui lui donne une pleine puissance même à la gîte.
Régulateur d’allure
C’est simple et robuste. Il n’y a pratiquement pas de pièce fragile qui peut s’user comme sur d’autres types de régulateur. Ce type de régulateur m’intéresserait. Nous rentrons à l’atelier. Mar est abordé par d’autres clients qui lui demandent quand il s’occupera d’eux !
Enfin seuls nous parlons de choses précises : les délais environ dix jours et le prix. J’ai vu le prix du fabricant canadien 2500 euros plus le port et l’installation. Mar me demande 850 euros tout installé. Je propose 600 ; il descend à 750.
Je lui demande de réfléchir et lui dis que nous nous reverrons le lendemain… Je pars hésitant car quelle sera la qualité de l’engin et la fiabilité des pièces ? Quel recours ais-je au cas où ça marche mal ?
Je rentre au CVD et voit Mimi discutant avec Agnès et Sonia, deux jeunes filles sympa qui cherchent un embarquement pour le Saloum ou la Casamance. Elles attendent en vivant au CVD au milieu des navigateurs.
Je vais sur internet chercher davantage de documentation sur les régulateurs.
En début de soirée, vers 19h, un groupe gabonais s’installe et joue des airs entêtants. Peu à peu les gens dansent. Mimi n’est pas la dernière. Je m’y mets aussi. Nous passons la soirée à danser. Les filles sont endiablées.
Mimi danse!Bar du CVDLe groupe Gabonais
Les hommes mettent plus de temps à s’y mettre. Mais tout le monde danse jusque passé 22h.
Je danse aussi!DanseusesMimi et les musiciensSoirée dansante
Pendant les poses je discute avec Katherine (que nous avions rencontré à Cascaïs au Portugal sur le bateau Timshel) Elle revient du Saloum où elle avait une mission de voile sans frontière. C’est la première fois qu’elle vient au Sénégal. Elle me dit que Dakar, c’est le choc, lorsqu’on arrive ! Elle ne connaissait de l’Afrique que la danse qu’elle pratique en France depuis des années.
L’un des musicien donne son collier à Mimi qui le porte fièrement. Il demande à Mimi s’ils peuvent revenir jouer, croyant qu’elle est la responsable. Mimi va voir les serveuses du bar et apprend que le CVD les a payés pour cette soirée mais n’a pas les moyens de les payer pour une autre soirée. Mimi propose que chacun verse 1000 ou 1500 FCFA pour payer une nouvelle soirée. Elle fait un tour de l’assistance pour proposer sa solution. Elle reçoit un accord général et une autre soirée est programmée pour vendredi prochain !
Voilà le dynamisme de Mimi qui donne des résultats sympas !
Je vais prendre une douche fraîche et nous rentrons au bateau pour un bon repos !

Le 16. 02. 2008
Je me réveille avant 9h pensant que Dialo viendra poser les réservoirs. Nous prenons le petit-déjeuner tranquillement. Mimi veut aller au marché pour la fripe dont elle a entendu parler. Elle prend le passeur et me laisse au bateau.
Je peux écrire dans le calme.
Le menuisier vient essayer le panneau de descente avec sa plaque de contreplaqué et ses deux plaques d’aluminium. Ça ne rentre pas dans la gorge, il va devoir raboter… Il repart avec la prochaine navette.
Dialo arrive avec un mètre, mais sans les réservoirs. Il vient mesurer le tuyau d’arrivée de gasoil que je lui ai dit de changer. Il lui faut 1,5 m. Il va aller l’acheter en ville et il viendra après déjeuner installer les réservoirs…
Je peux donc aller au café wifi…
J’y déjeune pendant que Mimi se balade seule dans Dakar. Elle n’était pas trop rassurée d’aller seule en ville au début ; maintenant elle ose et se débrouille bien pour négocier les prix, pour demander des renseignements…
A 14h, Dialo et Pape arrivent avec les réservoirs sur une brouette. On les charge sur la barque du passeur et en route pour le bateau avec Salifou. On les débarque sur Diam Rek. Maintenant il faut les faire passer dans la descente ; ça passe juste. Pour positionner le premier, pas de problème. Pour le second il faut pousser la table et les plaques du plancher qui la retiennent…
Les deux réservoirs sont en place. Dialo et Pape fixent tous les branchements de gasoil. Ça ne devrait plus fuir. On remet les planchers, la table et la descente et le bateau reprend un aspect vivable.
Nous retournons à terre et je trouve Mimi qui m’avait déjà fait passer le message par le passeur de ne pas m’inquiéter, qu’elle était bien rentrée. Je la retrouve dans un hamac, se balançant doucement. Elle me raconte sa balade jusqu’au marché de la fripe. Elle n’a pas trouvé tout de suite ; elle a demandé plusieurs fois. Dans le marché elle a été suivie par un homme, sans doute un voleur qui la frôlait plusieurs fois. Excédée, Mimi a fait face après avoir essayé de le semer plusieurs fois en vain. Elle lui dit que s’il est un homme qu’il vienne lui dire ce qu’il veut et pourquoi il n’arrête pas de la suivre et de l’embêter. L’homme ne sait plus quoi faire ; des femmes prennent le parti de Mimi et disent que c’est un voleur. Il détale et disparaît Mimi a trouvé des habits qui lui ont plu dans le marché à fripe pour moins d’un demi euro pièce…. Elle revient triomphante !
Un petit tour sur internet. Je vais sur MSN et trouve mes enfants en ligne. Je dialogue avec Jonathan, le compagnon de Sophie. Il a envie de dialoguer, alors que Sophie est indisponible, hélas. Un court échange avec Maxime qui est surbooké avec ses affaires de guitares de collection. Enfin je suis heureux de les avoir eu un moment, depuis le temps que je n’ai pas de leurs nouvelles ! Ils vont bien, c’est déjà pas mal…

Le 17.02.2008
C’est dimanche, pas de travaux aujourd’hui et Mimi veut aller au marché aux poissons de Hann. Après avoir paressé au lit, nous y allons en prenant la route ensablée qui longe la plage derrière une rangée de villas les pieds dans l’eau.
Quelques centaines de mètres après le CVD commence un endroit moins résidentiel, avec boutiques et gargotes. Un embouteillage de camion bouche la rue. Un policier essaie sans résultat de faire circuler. La rue est parsemée de mares boueuses. Il y a l’usine à glace pour réfrigérer les poissons. Les camions viennent s’approvisionner et jettent la vielle glace pilée… On enjambe ou contourne les mares. Là les gens sont nombreux à travailler, à venir acheter. On se fraie un chemin. On arrive au marché aux poissons. Il faut comprendre ce qui se passe, comment tout ce fouillis est organisé. Ce n’est pas simple.
En bord de mer on voit de grandes pirogues avec de nombreux marins qui déchargent le poisson dans des bassines.
Pirogues
Des hommes marchent dans la mer en ayant de l’eau plus haut que la taille et viennent chercher les bassines lourdement remplies de poissons. Des mareyeurs achètent en gros. Des revendeurs viennent acheter aux mareyeurs de petites quantités de poissons. Ils font des tas dans des bassines ou sur le sable et vendent aux clients qui déambulent entre les tas et les vendeurs.
Un jeune Sénégalais sympathique et pas collant vient se proposer pour nous accompagner. Il s’appelle Daouda. Il nous escorte et nus aide à discuter les prix. Mimi choisit des rougets barbets, puis des tiofs et des daurades rouges et enfin des crevettes.
Il faut alors trouver une femme qui va les vider, les écailler, les laver. Les écailleuses sont assises derrière leur billot de bois dur avec une serpette et leur brosse à clous. Et elles préparent les poissons tout en papotant. Elles travaillent au soleil, avec leurs boubous de toutes les couleurs. On discute les prix avec une puis une autre et l’on tombe d’accord pour 700 FCFA.
les écailleuses
Alors commence l’attente à l’ombre sur des bancs en béton prévus pour les clients. A côté de nous un riche bourgeois attend. Nous n’arrivons pas à entamer une discussion. Nous lui offrons de la noix de coco qu’il refuse. Daouda et un enfant ne refusent pas. Un mendiant passe l’homme riche donne l’aumône sans un mot, sans un sourire. Un vendeur de sacs plastique passe, l’homme achète un paquet de sacs sans mot dire…
Nos poissons sont prêts. Nous partons par la plage. Les piroguiers continuent à vider leur pirogue. Les débardeurs triment dur. Les bassines passent de la tête de l’un aux bras d’un mareyeur.
Retour de pêche
Des tas de poissons se font sur la plage. Il y a aussi des tas de poissons invendus et qui ont souffert de la chaleur. Ça sent fort. Plus loin il y a une benne qui attend au soleil, pleinne et odorante. Elle est destinée à une usine qui fait des aliments pour animaux… Pauvres animaux !
Poissons pour chatsPoissons dans la bennePoissons pour les enfants de la plage
Plus loin il faut faire un détour car un égout de Hann se jette directement dans la mer. Après un canal ouvert, il serpente sur la plage. Là, ça sent vraiment la merde !
Egout directement dans la mer
Plus loin nous passons près de chiens qui dorment sur la plage, sur le sable ou sur le matelas d’algues fraîches…
Pirogues de HannMimi et la pirogue de pêcheSéchage du poisson sur la plage
Nous rentrons au CVD et Mimi se débrouille pour cuire les crevettes que nous mangeons telles quelles sur une table dans la cour. Hugo et Aurélie viennent et en mangent aussi tout en discutant. Ils partent tout à l’heure pour La Casamance en camion avec un gars d’une association. Ils attendaient un bateau ; faute de bateau ils prennent un camion. Ils sont jeunes et prennent une année sabbatique. Agnès et Sonia aussi partent avec le camion. Elles aussi attendaient un bateau… Ces jeunes qui vivent l’aventure sont sympathiques. Ils apprennent la vie ainsi en bougeant. C’est riche et joyeux.
L’après-midi nous allons chez le petit tailleur auquel Mimi a laissé du tissu pour faire un Boubou. Même le dimanche, il est là. Il discute avec un ami et prenant le thé. Il nous fait place et nus offre le thé.
Rue de Hann
Il s’appelle Abou et a la quarantaine. Il revient de Côte d’Ivoire où il a travaillé 16 ans. Il nous raconte les débuts de la guerre civile, toutes les exactions des militaires du gouvernement qui tuaient les opposants, les étrangers. Il a assisté à des exécutions collectives. Il a pu échapper à un triste sort. Une fois il a été pris avec d’autres étrangers. Les militaires voulaient de l’argent. Ils les ont fait marcher à quatre pattes sur une longue distance en les « chicotant ». Finalement après leur avoir tout pris ils les ont laissés. Ouf ils ont eu la vie sauve ! Alors Abou a trouvé un moyen de quitter le pays en frôlant la mort, mais il a réussi.
Aujourd’hui il est dans son pays, il gagne moins mais il est heureux en sécurité. Néanmoins lorsqu’il voit des militaires il revoit les scènes passées et il a peur. Il reste marqué.
Travail sous l’oeil du PrésidentAbou, le petit tailleurDepuis l’atelier d’Abou
Il est marié depuis plus de dix ans avec une femme que sa famille lui a choisie. Il est Peul et c’est ainsi dans son ethnie. Hélas il n’a pas pu avoir d’enfant, mais il espère et garde son épouse.
Un ami malien vient le voir et nous prenons le second thé ensemble il fait Bamako, Dakar et retour en camion, comme chauffeur. Il gagne 50000 FCFA plus 25000 FCFA d’indemnité de voyage… Ce n’est pas lourd, mais il a un boulot… La vie est dure en Afrique…
Des enfants viennent et Mimi donne une pièce. Ils vont acheter une dose de lait en poudre qu’ils sucent comme un bonbon. Un garçonnet tire un camion en carton, une boîte de biscuit.
Enfant au camion
Des fillettes viennent et font du thé lorsque nous avons pris le troisième. Elles le préparent et nous offrent un quatrième thé, tout aussi bon. Je les photographie. Alors tous les enfants de la rue rappliquent et veulent se faire photographier. Je prends la photo puis leur montre sur l’écran. Grands éclats de rire ou d’admiration !
Enfants de HannDrôle de coopération versocoopération’>Drôle de coopération
Nous rentrons au CVD puis au bateau.
Dépôt de painMimi et les fleurs
Avec le reste de crevettes cuites Mimi prépare des nems. Au moins une quinzaine… Nous avons de la sauce soja et de la sauce pimentée à bord. C’est un délice ! Au bout d’un moment il n’en reste plus !
Alors il fait bon se coucher, bercés par la mer et le bruit du vent…. Un peu de lecture, un câlin et un sommeil bien mérité.

Le 18.02.2008
Pas de vent cette nuit, la mer est toute plate ce matin. Des milliers de sardines flottent sur l’eau. Des chalutiers chinois sont passés hier au soir. Ils ont dû trier leur prise et rejeter ce qui ne les intéressait pas. Même les aigrettes et les hérons ne les mangent pas, Ils veulent du poisson vivant…
Mimi part au Wifi et moi j’attends Pape qui vient démonter une pompe manuelle dont la membrane a lâché. Il la démonte et nous allons tous deux à terre.
Mimi commande à Fatou des salades et des poissons grillés en lui donnant les poissons…
Après le repas, je vais avec Salifou à l’ADP pour voir Mar à propos du régulateur d’allure.
Nous passons par la plage. On sent la chaleur monter du sable. Le soleil tape dur aujourd’hui, et on le sent d’autant plus qu’il n’y a pas de vent.
Mar n’est pas là, mais il va venir. Nous attendons dans l’atelier en plein air et dans les odeurs d’égout nauséabondes. Pauvres travailleurs des ateliers de l’ADP lorsqu’il n’y a pas de vent pour emporter les odeurs ailleurs….
Sur place je rencontre Jean-René et son ami Michel. Michel est ingénieur électricien. Nous discutons de mes problèmes de tension électrique basse qui ne remonte plus comme avant.
Il veut bien venir voir en se faisant payer. De toute façon j’en ai besoin.
Je laisse Salifou attendre Mar et discuter le prix avec lui et je vais au bateau avec Michel. Pape aussi nous suit avec la pompe de cale réparée avec de nouvelles membranes.
A bord, Pape remonte la pompe et Michel mesure le courant venant du panneau solaire. Rien ou presque, un seul volt ; il y a coupure du circuit du panneau, il faut vérifier le circuit.
Effectivement nous trouvons vite : les fils électriques sont corrodés par l’eau de mer à l’endroit où ils sortent du tube inox du portique. L’installation a été mal faite, le passage du fil n’est pas protégé par un caoutchouc et l’inox a coupé la gaine protectrice du fil. L’eau de mer a fait le reste. Le fil est réduit à une poudre verte d’oxyde de cuivre…
Idem pour le fil de l’antenne GPS. Heureusement il y a du rab de fil. Nous réparons avec Salifou. Demain nous irons acheter du fil résistant à l’eau de mer en ville.
Le passeur me fait passer un billet avec un numéro de téléphone à appeler avant 18h. C’est le douanier qui s’occupe de ma demande de prolongation de séjour de six mois. Je pourrai avoir le papier demain. Je passerai donc en allant en ville.
Nous retournons au CVD. Salifou rentre chez lui et je vais prendre une douche.
Un court passage sur le net, pendant que Mimi est sur MSN avec Manal. J’en profite pour lui passer quelques phrases. Ça fait plaisir de s’écrire même rapidement…
Nous rentrons dîner sur le bateau.

Le 19.02.2008
Pendant la nuit j’ai eu une insomnie. J’ai pensé au régulateur d’allure et au dernier prix de Mar. Je ne le ferai pas faire. Peut-être ais-je trot, mai j’en ai assez des dépenses et de l’approximation car je ne sais toujours pas comment le régulateur serait installé, où passeraient les renvois… Et puis j’ai envie de quitter Dakar. Je veux avancer, voir d’autres gens que les toubabs enlisés là.
Nous allons réfléchir avec Mimi à ce que nous voulons visiter dans le coin pour le faire et partir après les derniers entretiens…
Mimi part pour l’institut pasteur pour un examen et après pour l’hôpital pour une visite.
Salifou et moi partons pour le quartier du port pour trouver du fil électrique et des cosses.
Au moment de partir le chef douanier arrive en 607 pour m’apporter la demande de prolongation de six mois avec le tampon des douanes. Muni de ce papier je peux rester tout en étant en règle…
Je le remercie vivement et il repart avec le sourire en parlant de N’Dangane où je vais passer et qu’il connaît.
Nous prenons un taxi jusqu’à un quartier près du môle 10. L’autoroute qui arrive à Dakar débouche là, au cœur de la ville. Il y a beaucoup de voitures. Nous nous faufilons sur les trottoirs entre les vendeurs d’objets les plus variés et les charrettes à bras, les voitures garées n’importe comment. Salifou va dans une quincaillerie qui a du fil électrique de la bonne section. Il n’a pas plus gros pour l’éolienne. Il n’a pas de cosses. Alors commence le tour des boutiques à l’allure improbable qui ont tous des cosses de la même taille, mais pas de celle que je cherche…. Entre temps on passe devant un centre commercial tout neuf à demi ouvert. Nous y allons car il y a une banque avec distributeur de billets. A l’intérieur c’est superbe, quelques boutiques sont déjà ouvertes. Seuls les bourgeois de la ville peuvent venir là, car tout y sera cher… Et en plus tous les alentours puent car il y a des égouts à ciel ouvert et la chaleur est forte !
Nous reprenons le taxi pour rentrer. Salifou doit repartir travailler. Moi je vais voir le menuisier pour le presser, pour qu’il finisse le panneau de descente.
Puis je vais au bateau pour changer les fils du panneau solaire.
Je commence par déjeuner à bord. Puis, en plein soleil, je suis en short torse nu et je transpire ! Je change les fils non sans mal car je ne parviens pas à les faire passer dans les tubes du portique. Je les fais passer à l’extérieur. Et ça finit par marcher. Ça va recharger un peu car pour ce qui est de l’éolienne elle ne tourne pas tant le vent est faible !
Le bateau a changé de position, il est tourné vers l’Ouest, vers le large, sur une mer à peine ridée. Je reprends la navette pour finir au frais au CVD.
Mimi est là et elle n’arrive pas à se connecter. Elle est écrasée par la chaleur. Elle a déjà pris deux douches ! Je vais dans la salle bien qu’il y fasse plus chaud, car il n’y a pas d’ordinateur connecté. Je suis seul et je me connecte sans mal. J’actualise le site avec des photos. Ça passe sans problème.
Nous prenons un e douche fraîche et nous rentrons au bateau. Toute la baie, en l’absence de vent, est plate. Revers de la médaille, elle pue l’égout. L’eau est constellée d’algues, de débris indéfinissables. Ça me rappelle Tanger, mais avec une eau plus transparente car la baie est plus grande que le port.
Sur le bateau nous dînons dans le cockpit à la lueur d’une lampe solaire. Le calme est impressionnant. La nuit est éclairée par la lune presque pleine et par les lumières du rivage. On entend dans le lointain les klaxons des voitures, un djembé, des prières d’une lointaine mosquée…
Mimi me dit son spleen, son manque des filles. Je l’écoute, ça me fend le cœur. Que puis-je faire ? Si elle rentre tous les quelques mois chaque retour sera pire… Comment cela peut-il s’arranger…
L’énergie à bord étant basse, je mets une demi-heure le moteur et pendant ce temps le frigo.

Le 20.02.2008
En écrivant la date je mets 1998… Il faut que j’actualise. Le temps passe vite. D’ailleurs voilà deux semaines que nous sommes à Dakar. Il ne faut pas que ça dure. Je vais finir de m’occuper de l’évacuation de l’évier qui pose problème, d’une dent qui me pose problème et nous irons visiter ce que Mimi voudra voir, et nous descendrons jusqu’à Warang.
Ici des toubabs s’enlisent ; certains sont là depuis 4 ou 5 ans. Ils sont mariés en France et ont une femme Sénégalaise ici. Mimi parle avec certaines Sénégalaises qui vivent au CVD. Elles vivent avec un toubab et se plaignent de ce qu’il ne leur donne pas d’argent pour la famille et de ce qu’il ne les marie pas…. Les rapports toubabs Sénégalaises sont pour le moins ambigus. Il y a de la tendresse, parfois de l’amour, de l’intérêt, de l’espoir d’une condition meilleure, de papiers français et souvent un petit ami clandestin. La famille est souvent au courant de la situation et ferme les yeux bien que ce genre de tradition soit contraire à la morale et plus encore à la tradition… Il faut bien vivre et la vie est dure au Sénégal…
Ce matin je m’occupe de l’évacuation de l’évier qui fuit. J’ai peur de démonter et de devoir chercher une pièce de plomberie dans Dakar, comme une aiguille dans une botte de foin…
Finalement à l’heure du déjeuner, j’ai repéré les fuites ; j’y ai remédié en partie, mais il me manque des réducteurs.
Entre temps, j’entends la navette et des appels. Je remonte et vois la sûreté nationale. Parmi les policiers je reconnais Monsieur Diouf qui m’a mis les tampons sur les passeport à mon arrivée. Je le salue ; il monte à bord, un adjoint aussi. Il veut vérifier les papiers des personnes car début mars il y aura à Dakar la réunion des chefs d’états de l’OCI (l’Organisation de la Conférence Islamique). Alors police, sûreté, douanes vérifient plein de choses et de gens dans Dakar. Tous les étrangers font l’objet de vérifications…. Les tenanciers de boites, cafés, magasins sont vérifiés…
Monsieur Diouf regarde les passeports puis le passe-avant. Il s’aperçoit qu’il a fait une erreur de mois sur le tampon d’entrée… Il me dit qu’il faudra passer pour corriger ! Son adjoint note le nom du bateau, des gens…
Ils saluent et reprennent la navette. D’autres policiers sont sur un autre bateau…
Je me remets à la plomberie. Puis je vais au CVD. Je demande à Dialo de me trouver les réducteurs et tuyaux souples manquants. IL va y aller pendant le déjeuner…
Je vais sur internet et reçois un mail pour Mimi d’Agnès qui a lu son livre avec grand plaisir. Hier c’était Marie-Thérèse. Ça fait plaisir à Mimi et à moi !
Nous dînons à la fraîche dans le cockpit avec juste un peu de vent frais qui fait du bien. Le bateau a tourné plusieurs fois de direction dans la journée. Là il est plein ouest, vers l’océan, vers l’Amérique. Une invitation au départ !

Le 21.02.2008
Ce matin il fait déjà chaud. Pas de vent, pas une ride sur la mer ; la pétole complète…
Je vais avec Salifou qui est arrivé tôt voir Bernard qui m’explique la démarche à suivre pour obtenir du gasoil détaxé au port…. Alors nous allons au port. Nous allons dans l’un des môles. Pour entrer il faut un laisser passer. Salifou donne un billet de 1000 FCFA au gardien pour qu’il s’achète une boisson et il nous dit de passer. Nous allons au bout de la route. De chaque côte il y a des usines délabrées, fermées. Une grande usine de congélation de poisson est fermée. Les ouvriers sont resté travailler sans être payés 52 mois, puis ça a fermé. Le gouvernement a vendu les droits de pêche aux chinois qui congèlent eux-mêmes en mer… Le port a l’air à l’abandon.
Finalement on nous dit que c’est à un autre môle. Nous rebroussons chemin. Je repassant devant le gardien je dis à Salifou de redemander au gardien le petit billet puisque nous nous sommes trompés. Salifou rit et me dit que nous sommes entrés quand même…
Nous allons à l’autre môle indiqué. Là un autre gardien nous barre la route et v eut un billet. Salifou dit qu’il a déjà donné à l’autre et que nous nous sommes trompés de môle. Le gardien finit par nous laisser passer, car d’autres attendent pour passer moyennant un billet….
Nous prenons une route qui n’en finit pas entre des tas de souffre et des containeurs, des piles de containeurs. Des camionneurs dorment dans les camions ou à l’ombre des camions.
Un grand sac de produit blanc est au milieu de la route éventré par la chute. Personne ne s’en soucie. On passe à côté. Salifou me dit que si c’était du riz, les gens se seraient empressés de le ramasser !
On arrive chez le pétrolier Oryx, bureau des carburants. Un homme nous reçoit. Il va remplir son livre, mais il a un doute sur la quantité minimum pour l’exonération de taxes. Il téléphone à la personne compétente qui lui dit 2000 litres. J’insiste car un autre voilier a fait le plein de quelques centaines de litres. Il me passe la demoiselle en question. Je tente de négocier. Elle est aimable, mais ferme : pas en dessous de 2000 litres.
Nous rebroussons donc chemin sous un soleil de plomb. Nous prenons un taxi pour le retour jusqu’au CVD et je vois Dialo qui a trouvé les cosses de la taille que je ne trouvais pas et des pièces de plomberie qui devraient aller. Je retourne au bateau avec Salifou et je me mets à la plomberie. Je peux raccorder le lavabo tribord puis l’évier. Je sers fort les serflex et ça marche, ça ne fuit plus. Salifou m’aide.
Mimi a passé la matinée à bord pour se reposer, pour lire tranquille un livre de Mimi Moati. Elle a préparé un ragoût de pomme de terres. Salifou mange avec nous. Mimi est contente de déjeuner au bateau et que Salifou déjeune avec nous. Dans l’après-midi nous allons au CVD.
Avec Salifou nous buvons un coup, puis il rentre à Grand Dakar.
Je fais des courses, pain et légumes et rentre au bateau. Mimi n’est plus là. Je constate que l’énergie est toujours basse. Je fais tourner le moteur trois quarts d’heure et ça remonte au-dessus de 12,2 volts.
J’attends Mimi en lisant. Elle est allée à terre sur internet. Lorsqu’elle rentre, la nuit tombe et je suis dans le cockpit à la fraîcheur. Je regarde ce paysage irréel. On ne distingue plus l’horizon vers le large. Le gris règne et englobe tout.
PétoleGrand calmeCalme du soirCoucher de soleil calme
Les lumières des villas et de quelques bateaux brillent et se reflètent d’ans la mer calme. On entend au loin les chants de prière des Bail Fall, cette sorte de musulmans du Sénégal qui suivent les préceptes de Lamp Fall, leur marabout fondateur. Ils chantent le soir des heures face à la mer, infatigablement. Ils ne prient pas le reste de la journée. Ils essaient de convertir et de réunir de l’argent pour leur mosquée.
Ce genre d’Islam déconcerte Mimi habituée à celui de l’Algérie et de l’Irak. Ici c’est différent.
Mimi dans le frais du soir

Le 22.02.2008
Ce matin j’ai rendez-vous chez le dentiste pour fixer de nouveau un inlay fait en décembre seulement à L’Hay les roses. Il s’est descellé sans même que je ne mange…
J’arrive un peu en avance. Une belle secrétaire me fait attendre dans la salle d’attente secrétariat. Il y a le Figaro Madame et autres revues françaises et africaines. Mais je n’attends pas longtemps. Le dentiste me fait entrer. Il regarde et me dit qu’il va s’en occuper. Il enlève l’ancienne résine sur l’inlay, essaie en bouche, prépare sa résine et remet en place l’inlay.
Il travaille avec douceur, dans un cabinet équipé d’un fauteuil des années 60, mais très bien conservé.
L’opération finie, sans l’aide de son assistant, il va au bureau auquel travaille sa comptable. IL me fait une facture manuscrite de 12000 FCFA. Je paye et me voilà reparti dans l’espoir que ça tienne mieux que la fois précédente. Je pense à mon ami Jean-Louis et à son cabinet de Neuilly… Deux façon d’exercer le même métier!
Je rentre au CVD et trouve Mimi qui va en ville au marché Sandaga. Elle veut voir des merceries, puis de fruits et légumes.
D’abord nous passons chez le fabriquant de sandales à qui Mimi a commandé les sandales sur mesure de son choix. Il a beaucoup de travail. Il vend jusqu’en France. Il nous montre le book avec ses réalisations. De bien jolie choses avec des cuirs de qualité de France…
Le chausseurLes apprentis chausseursChaussures
Nous prenons un de ces nouveaux bus Tata. Ils sont bleus et longs. Les gens s’entassent dedans, assis et debout dans les allées. Nous entrons de justesse en nous tassant. Oui il va à Sandaga. C’est bon, nous ne nous sommes pas trompés, c’est bien le 16. C’est 300 FCFA pour deux. J’ai un billet de 1000. Je le fais passer. Il passe de main en main jusqu’au receveur qui est au milieu du bus dans une cage grillagée. Il rend ma monnaie qui circule de main en main jusqu’à moi avec les billets. Plus tard ce sera moi qui passerai la monnaie des autres, à mon voisin qui la passera à quelqu’un d’autre. La monnaie ne se perd jamais.
Banlieue de Dakar
Mimi m’entraîne dans une mercerie, puis une seconde. Elles sont vastes, avec des milliers d’articles. Mimi cherche des cotons pour faire de petits bracelets…. Des Libanais tiennent ces magasins et les magasins de tissus des alentours.
Mimi et les tissus
Nous allons dans une troisième. Pendant que Mimi cherche, je discute avec le patron dont la famille, partie pour le Brésil en 1930, s’est arrêtée à Dakar et s’y est fixée. Ils n’ont pas de problèmes avec les Sénégalais, si ce n’est avec des fonctionnaires corrompus qui les raquettent périodiquement. Avec la population, pas de problème. Mais il a peur car il pense que ça peut exploser à tout moment tant les inégalités sont grandes et tant une grande partie de la population est pauvre et a parfois faim…. Il encourage ses enfants à faire des études et à aller travailler dans les pays développés….
Ensuite nous circulons dans ce quartier moderne dont les trottoirs sont colonisés par des échoppes, des étals en plein air. La circulation y est difficile. Piétons, charrettes, voitures se disputent la chaussée. Attention aux voleurs nous disent certaines personnes spontanément. Tenez bien vos sacs !
Nous rentrons dans le marché Sandaga, un vieux bâtiment datant de la colonisation qui n’a pas changé et qui bruisse d’activité dans l’ombre.
Le marché Sandaga
Nous passons devant « la Galette », une super boulangerie pâtisserie à la française. Mimi veut regarder. Je lui offre une glace. Elles sont très bonnes. Elle achète une brioche. Nus allons au marché Sandaga. Un vieux bâtiment d’avant l’indépendance qui n’a pas été rénové depuis. Les étals sont les uns contre les autres. Les poulets sont couverts de mouches, mais tout frais. Fruits et légumes sont nombreux, mais chers. Les Sénégalais ne mangent pas beaucoup de légumes, ni de fruits trop chers dans un pays sec. La Casamance regorge pourtant de fruits et de légumes mais c’est loin et il faut traverser la Gambie qui prélève des taxes…
Nous déjeunons dans un restaurant libanais. Les gens qui y déjeunent ont des boubous très colorés, superbes. Dans la rue les femmes sont très élégantes et ces couleurs vives leur vont bien ! Les hommes ne sont pas en reste avec de superbes boubous.
Nous rentrons au CVD épuisés. Mimi va prendre une douche et je vais au bateau. J’écris et plus tard je reviens au CVD, sur internet.
Je relève mes mails. Merci à mon ami Jean-Michel qui me signale que l’on ne pouvait plus accéder aux articles sur l’Espagne et au Portugal. Vérification faite dans la gestion du site, une erreur de date faisait que l’on aurait vu les articles en août 2008! L’erreur est réparée. Ce genre d’aide m’est précieuse; elle permet d’optimiser le site pour une meilleure lecture, pour la satisfaction des chers lecteurs. Je suis très attentif à vos remarques et je vous en remercie par avance.
Mimi est sur internet ; moi, je n’arrive pas à me connecter. Lorsque nous sommes nombreux, certains ne peuvent y accéder…
J’y parviens enfin et j’actualise le site.
Je vais discuter avec Bernard, éternel discutailleur qui a toujours quelque chose à raconter, sa vie ou des potins. J’échange avec lui des idées sur l’énergie à bord. Il me dit qu’Arona a récupéré un régulateur d’allure Atom, une bonne marque. A voir… Il peut me tréter un groupe électrogène pour charger mes batteries. Si non il me faut mettre le moteur 3 ou 4 heures, pour les charger vraiment.
Le groupe de musiciens arrive et joue un moment. Comme il y a peu de monde disposé à participer pour les payer, ils ne jouent pas longtemps et s’en vont…. Dommage ! D’ailleurs Mimi est aussi partie au bateau se reposer. Je rentre aussi.

Le 23.02.2008
Ce matin Mimi a rendez-vous avec la compagne d’Alain pour aller au marché à la frippe et fouiner ensemble….
Mimi et Utte
J’ai rendez-vous avec Hussein, le gardien. Il est en vacances et il s’est proposé pour me faire le plein de gasoil en bidonnant. Il va aller remplir des bidons en taxi dans une station et les apportera au bateau pour remplir les réservoirs. Il m’a demandé s’il pouvait le faire ce samedi car après il compte se rendre à Touba pour le Grand Magal, le pèlerinage annuel des Musulmans Mourides. Des pélerins de tout le Sénégal affluent à Touba. Des gens d’Europe et des Etats Unis aussi. Plus de deux millions de personnes en trois jours. Il n’y a plus un car de libre, plus un taxi brousse. Tout ce qui peut rouler va à Touba. Dakar se vide, C’est impressionnant de voir cette migration et cette ferveur. Les semaines précédentes des Bail Fall ont quêté pour financer cérémonies, déplacements, marabouts, agrandissement de la mosquée de Touba… Le Mouridisme s’est répandu au delà du Sénégal. C’est une croyance en expansion.
En attendant Hussein, je vois Dialo qui soude le piton fermé pour mon panneau de descente. Il a soudé un anneau sur une vis et une rondelle. Après il passe le meuleuse pour dégrossir, puis la lime. Avec peu d’outil, beaucoup de patience et de débrouillardise les artisans sénégalais font des merveilles.
J’en profite pour lui demander un devis pour un deuxième panneau solaire et un support orientable pour les deux sur le portique. Avec deux panneau orientables en cas de pétole, je devrai être autonome en énergie sans avoir trop recours au moteur…
Dgibi, le menuisier, muni de son piton fait par Dialo vient à bord pour essayer le panneau de descente. Tout va bien sauf l’emplacement du piton, placé trop loin pour fermer le cadenas. Il reprend la mesure et repart en navette. Il reviendra plus tard…
Il revient en effet et l’essai est concluant. Ça ferme bien et c’est plus beau et solide qu’avant !
Je vais au CVD et j’attends Mimi en surfant sur le net.
Hussein vient me dire qu’il est prêt pour faire le plein dès qu’il aura mangé. Je déjeune seul avec un tiebboudiène. Puis nous allons au bateau avec 7 bidons de 20 litres de gasoil. Hussein prend une brouette. Elle roule bien sur le sol empierré et sur les planches de la jetée. Mais entre les deux il y a la plage et le sable. Hussein tourne la brouette et la tire. Puis on charge les bidons dans la barque du passeur et enfin sur le bateau.
Evidemment les bidons n’ont pas de bec verseur. Heureusement j’ai un tuyau et un entonnoir à filtre. Ça va aller. Premier bidon sans problème ; second aussi sinon quelques impuretés retenues par le filtre. Les autres bidons contiennent un peu de gélatine qui bouche le filtre. Je nettoie souvent le filtre et je peste contre Hussein qui n’a pas lavé les fonds de bidons…
Il le fera pour le second tour.
Il repart pour rechercher du gasoil à la pompe. Je reste au bateau avec Mimi qui est rentrée du marché à fripe. Elle a fait quelques emplettes après négociations parfois ardues. Nous tentons de faire une courte sieste, mais Hussein est de retour.
Cette fois les bidons propres permettent de verser le gasoil plus vite. Hussein se plaint qu’il est fatigué, que c’est du travail dur. Par rapport au gardiennage qui lui permet de rester assis presque toute la journée, sauf lorsqu’il a mal aux fesses. Il veut faire monter le prix convenu.
Je ne suis pas d’accord. Il repart chercher une troisième tournée de 6 bidons, ce qui fera 400 litres au total.
Pendant qu’il est en route, le passeur amène Abou, le tailleur. Il vient livrer le résultat de son travail. Le pavillon français pour lequel il a changé la partie rouge qui était effilochée. Des pantalons dont il a fait les ourlets. Des affaires de Mimi qu’il a mises à la bonne longueur. Et puis des boubous pour lesquels Mimi avait acheté des tissus. Un haut de boubou blanc pour moi, pour la Saint Valentin. L’intention me touche. Je l’essaie ; Mimi est déçue elle la trouve trop grande. Moi, je trouve qu’elle est conforme à la mode des hauts de boubous locaux. Ça me convient, c’est ample, le corps respire sous la chaleur.
Mimi essaie deux boubous qu’elle s’est fait faire. Le pantalon ne ferme pas… Et puis le modèle n’est pas ce qu’elle avait demandé. Elle n’est pas contente. Elle essaie le second et c’est pareil. Elle est très déçue. Le tailleur dit qu’il va reprendre le travail et que dans deux jours il n’y aura plus de problème… Il repart en nous rappelant que nous sommes invités chez lui pour un tiebboudiène.
Sous le coup de la déception Mimi explose, disant qu’elle ne supporte pas le bateau pendant les travaux, pendant le bidonnage du gasoil… Elle prend ses affaires de toilettes et va prendre une douche au CVD.
Hussein revient et l’on remplit les réservoirs. Parfois ça refoule et il y a du gasoil dans le cockpit, parfois il verse à côté !
Lorsqu’il est parti, je nettoie avec de la lessive Saint Marc. Mimi ne revenant pas, je lis en l’attendant pour dîner. Elle finit par revenir et nous dînons. Elle reparle de ses difficultés sur le bateau. Je les connais, je les comprends. Pour une grande part je ne puis rien y faire, pour une autre part je vais essayer d’y remédier. Elle aspire à une stabilité et elle supporte mal l’aspect camping du bateau ; et puis il y a l’absence de ses filles… Au CVD elle a parlé avec des femmes de ses difficultés en voyage, elle a vu des femmes qui aiment ça, d’autres qui suivent leur mari sans trop de problème et d’autres qui peinent davantage.
J’ai organisé avec Salifou une sortie pour ce soir pour aller écouter Youssou N’Dour en ville.
J’en avais parlé à Mimi elle en avait envie. Mais ce soir elle n’a plus envie, elle a un coup de cafard. Et puis elle est fatiguée. Elle me dit d’y aller sans elle. Je ne veux pas la laisser à un moment où elle peine, où elle ne se sent pas heureuse… Je téléphone à Salifou pour lui dire que nous n’irons pas. Il est déçu et je le comprends; il s’était organisé pour ça en se libérant d’une obligation… Je regrette pour lui, mais je veux rester avec Mimi.
Nous allons nous coucher en lisant un moment.

Le 24.02.2008
Le jour me réveille et je n’ai pas le moral. Je suis très soucieux à cause des plaintes de Mimi qui reviennent souvent. Je ne veux pas que Mimi soit obligée de vivre ce qu’elle n’aime pas. J’ai peur. J’ai l’impression de redouter un orage dans la montagne, ça peut être dangereux.
Et puis ça me rappelle ce que j’ai vécu avec Françoise, lorsque je voyais que nos aspirations divergeaient, et ne pouvaient se concilier. J’ai peur que ça se renouvelle.
Mimi se réveille et s’aperçoit de mon air préoccupé. Elle me demande ce qui ne va pas. Je lui dis. Elle dit que je ne dois pas faire attention à ses plaintes qui n’expriment que ce qu’elle ressent dans l’instant, mais quelle a choisi de vivre à mes côtés et de continuer le voyage une année, de faire la traversée pour le Brésil, à laquelle elle se prépare peu à peu dans sa tête…
D’un côté ça me fait plaisir, mais je sens la fragilité de la situation. Je tiens à Mimi, je tiens au voyage… Les bonnes paroles de Mimi n’arrivent pas à me tranquilliser vraiment.
Des longues vacances, Mimi n’en a pas l’habitude. Nous verrons bien. Elle me dit que ses filles lui conseillent de continuer, de profiter du voyage, … Merci les filles !
J’ai le cœur gros.
Mimi se met à faire de la confiture de noix de coco qu’elle a achetées fraîches dans cette intention. Elle a besoin d’eau et elle constate que nous arrivons à un niveau du réservoir qui fait un filet d’eau plus mince… et avec des dépôts qui proviennent du fond. J’inverse la vanne vers le second réservoir de 220 litres. Il va falloir faire faire le plein du réservoir de 1000 litres après l’avoir vidé complètement pour tenter d’éliminer les dépôts du fond. Il faudra mettre aussi du produit antibactérien.
Le côté camping continue, il est cosubstentiel au bateau. Pour moi qui ai choisi cette aventure, je trouve ça normal et ça ne me dérange pas ; pour Mimi touts ces choses sont des épreuves. Je le comprends tout en espérant qu’elle puisse le vivre autrement…
Lorsque les confitures sont faites, nous allons au CVD. Là nous allons attendre qu’Abou viennent nous chercher pour déjeuner chez lui. Je vais prendre les nouvelles sur internet. Les nouvelles politiques me paraissent dérisoires pour la plupart. Sarkozy et Carla, les querelles pour les municipales… Quelle attitude face à la crise et aux gens qui peinent, là je ne trouve pas d’indications…
A 14h ne voyant pas Abou, je dis à Mimi que nous allons y aller. Elle me dit qu’elle a compris qu’il devais venir nous chercher. Néanmoins nous y allons, c’est à côté. Mimi passe chez le fabriquant de chaussure prendre ses nu-pieds. Ils sont beau et elle est bien dedans.
Un peu plus loin il y a l’atelier d’Abou. Nous le trouvons en train de manger avec des amis dans un grand bol à même le sol. Nous sommes interloqués. Il nous dit que notre plat est prêt et il nous le donne pour que nous l’emportions alors qu’il avait dit à mimi que nous mangerions en famille avec son épouse et son beau-frère qui rentre de France…
Mimi est très désorientée. Nous rentrons au CVD et mangeons le plat dehors, à l’ombre, sur une table.
Le tiebboudiène d’Abou
Mimi explique à la serveuse du bar ce qui vient de nous arriver. Celle-ci lui explique qu’Abou a dû agir ainsi pour que nous ne soyons pas gênés par les personnes mangeant à la main.
Nous passons l’après-midi au bar Wifi.
Les belles
Mimi discute avec Alain et il lui copie gentiment sur son ordinateur bon nombre de film. Mimi engrange de quoi regarder plus tard.
Utte, la compagne d’Alain nous dit qu’ils en ont assez du CVD et qu’ils comptent aller au Saloum dans une semaine. Nous pourrions partir ensemble ? propose-t-elle. Pourquoi pas dès que j’aurai résolu mes problèmes d’électricité. Alain discute avec moi de sources de pannes électriques. Il me donne des conseils et me dit qu’il pourra venir voir si nécessaire. Super !
J’aide Mimi à retrouver des fichiers sur son ordinateur, le fruit de ses recherches sur internet sur les cuisines du monde. Nous commençons ensemble par un sérieux nettoyage et un rangement de ses dossiers. Il y a de quoi effacer. Le reste doit être rangé avec méthode pour qu’elle puisse retrouver rapidement ce qu’elle cherche. On crée un dossier cuisine irakienne et l’on range dedans ce que MIMI a déjà écrit et ce qu’elle a glané sur le net.. On essaie vainement de faire fonctionner Skype sur son ordinateur. On efface celui qui y figure et l’on télécharge une nouvelle version sans plus de succès.
Il se fait tard, nous verrons un autre jour. Un coup de navette et nous voilà au bateau. Un repas frugal, un peu de lecture et le sommeil nous gagne après cette journée éprouvante.

Le 25.02.2008
Je retourne chez le dentiste qui m’a remis mon inlay car une partie me fait très mal à la langue. Le dentiste me reçoit. Cette fois il a une stagiaire. Je dis que je ne suis pas content, que j’ai mal et qu’il n’a fait le travail qu’à demi. Il regarde, descelle l’inlay, le nettoie et nettoie la cavité et explique des choses à sa stagiaire. Il refait le scellement ; je ne sens pas trop bien si c’est bien car j’ai la langue endolorie… Le dentiste me raccompagne et ne me demande rien. De toute façon je n’avais pas l’intention de payer !
En rentrant, j’achète des fruits et je rentre au bateau. Mimi a fait du ménage et elle cuisine des nems avec les restes de légumes qui s’abîmaient. Quelle cuisinière !
Salifou arrive, venant du port où il a négocié avec un douanier pour un containeur. Il se dit épuisé. Il dédouane le containeur d’une association avec une partie humanitaire et une autre commerciale. Le problème est que la rotation n’est pas suffisante pour assurer une bonne rentabilité…
En attendant il goûte les nems de Mimi et les apprécie ! Il reprend des forces avant d’aller au Grand Magal de Touba en fin d’après-midi.
Je l’accompagne au CVD d’où il repart. Je vais voir Dialo, mais il n’est pas là. Arona qui a un régulateur d’allure, non plus ; lui aussi est au Grand Magal. J’attendrai…
Je vois Alain qui me reparle électricité et me dit qu’il viendra à bord… Ce serait super, car je plane dans le domaine !Je vais au bateau et essaie de faire les mesures qu’Alain m’a conseillé de faire. J’y parviens en partie. Je tente de comprendre le circuit.
Je reviens au CVD. Ni Dialo ni Arona ne sont là ; ils sont partis à Touba…
En soirée nous rentrons dîner au bateau. Le soir nous mangeons des légumes, des salades, qui sont peu nombreux dans la cuisine sénégalaise.

Le 26.02.2008
En matinée, nous allons au CVD. Mimi donne du linge à laver en ayant compté les pièces pour être sure de les voir revenir toutes sans réclamations.
Chaque fois que nous prenons la navette, elle nous dépose au ponton en bois. Celui-ci nous conduit à la plage et passe au dessus des algues qui la bordent. Il y a une multitude d’aigrettes blanches, de hérons qui cherchent leur nourriture. Les cormorans sont presque toujours sur l’eau à l’affût. Ils plongent souvent pour attraper le poisson. Malgré la pollution ambiante, les oiseaux sont nombreux, les poissons aussi. Les algues sentent très fort, ce n’est pas agréable, mais c’est beau !
Plage avec aigrettesAigrettes et hérons
Dialo et Arona ne sont toujours pas là…
Je vois Alain, je lui parle des mesures électriques que j’ai faites. Il vient voir à bord et tente de comprendre le circuit. Il s’étonne du montage du séparateur de batteries qui ne peut fonctionner puisque les batteries sont aussi reliées en parallèles.
Il me fait des schémas de montages souhaitables sur un bateau de voyage. Il m’explique gentiment comme un prof, comme quelqu’un qui a l’expérience depuis la dizaine d’année qu’il navigue. Le fait qu’il m’aide m’enlève le blocage que j’ai en électricité.
Il part et je passe un bon moment pour répertorier tous les fils qui arrivent aux cosses des batteries. Pour certains c’est rapide. Pour d’autres il faut suivre tout le circuit.
Mimi revient à un moment propice pour m’aider à suivre les fils de la batterie guindeau qui passent sous la table à carte, puis dans les fonds… et arrivent bien à la batterie moteur.
Utte et Alain nous ont invités à prendre l’apéro à leur bord vers 19h.
Nous appelons le passeur qui nous dépose sur Freya, un sloop Jeanneau de 48 pieds. Nous visitons le bateau ; c’est vraiment un beau canote comme dit Alain ! Spacieux et très bien aménagé, il est agréable à vivre.
Nous discutons de bateau, des autres navigateurs du CVD, du Sénégal. Le temps passe vite autour d’un verre et d’un plat d’homoss puis de pâtés. Utte et Alain voyagent depuis dix ans et prennent leur temps. Ils vont rester une saison au Sénégal et dans la région et ne traverser vers le Brésil qu’ en novembre. Ils prennent leur temps car ils aiment cette vie tous les deux et comptent que ça dure. Pour ma part je crains que cela dure moins si Mimi ne se découvre pas une vocation de voyageuse.
Nous rentrons avant dix heures avec le passeur en ayant passé une agréable soirée !

Le 27.02.2008
En matinée, je vais en ville acheter du fil électrique car je me suis aperçu que le s fils de l’éolienne étaient coupés par la corrosion. Je cherche un coupe-circuit par la même occasion. Je trouve les fils mais pas de coupe-batterie. Je rentre au CVD et je déjeune avec Mimi qui discute avec un peu tout le monde. Elle s’est fait sa place dans ce monde de voyageurs.
Je retourne au bateau et je change les fils du circuit de l’éolienne. Pourquoi ont-ils été corrodés si vite ? Ils n’ont pas été assez protégés lors de l’installation aux points de passage entrée et sortie du portique et de la coque. Les frottements ont coupé la gaine et l’eau de mer a dissous le cuivre…
Une fois les fils changés, je veux mesurer l’ampérage du courant envoyé par l’éolienne et je trouve 0. Mystère… J’en ai assez, je retourne au CVD et je retrouve Mimi.
Un peu d’internet, une bonne douche et nous rentrons. Pour ma part je reste sur ma faim tant que je n’aurais pas mes batteries pleines !

Le 28.02.2008
Ce matin nous décidons d’aller en ville ensemble. Je suis heureux de sortir avec Mimi, de me promener avec elle !
Nous voulons prendre un bus. Ceux qui s’arrêtent, sont plein. Si plein que même les Sénégalais ne parviennent pas à y entrer. Enfin il en arrive un autre moins bondé. La route pour le centre de Dakar est bien encombrée. La Grande Magal est terminé, les dakarois de retour, vaquent à leurs occupations. Nous descendons place de l’indépendance. Nous allons vers la rue Ponty. Après quelques demandes on nous indique la grande librairie « Aux quatre vents ».
En cours de route nous trouvons une boutique d’antiquaire. La première vue ici. Dedans il y a des meubles locaux et des peintures. Enfin des peintures qui sont différentes de tout ce que l’on voit partout, toujours les mêmes. La femme qui tient la boutique nous explique qu’elle a sélectionné quelques peintres qui ont vraiment un style personnel. Effectivement ce sont de belles œuvres, qui représentent des personnages. Le travail est minutieux et fait penser aux miniatures persanes ou indiennes.
Nous allons jusqu’à la librairie. Les vitrines sont belles, avec toutes les nouvelles parutions, des livres d’art, de la littérature étrangère et africaine. A l’intérieur, des tables présentent les livres par thèmes, par sujet ou continent. Il y a toutes les revues françaises et africaines. Le rayon des livres techniques retient l’attention de Mimi qui choisit un livre de cuisine africaine beau et bien mis en pages. Plus loin il y a un rayon de livres sur les religions, surtout sur l’Islam, très fourni. Le poids de la religion ici est important dans la société. Ça se sent.
Je vais vers le rayon de littérature africaine. Le choix est vaste. Je choisis quelques livres en version poche peu chers. Mimi me rejoint et en choisit aussi quelque uns. Nous aurons de quoi lire plus tard !
C’est l’heure de la fermeture. Il faut payer et sortir. Nous cherchons un restaurant africain. Nous entrons dans un qui‘a plus de place libre, puis un autre où nous trouvons une table.
Nous prenons du riz avec du poisson grillé sauce oignons. C’est moins bon qu’un yassa poisson.
Après nous allons à la recherche d’une alimentation 12 volts pour l’ordinateur de Mimi. De boutique d’informatique en boutique d’électronique, nous ne trouvons pas et l’on nous renvoie plus loin. Jusqu’où j’en avais acheté une avec Salifou, mais qui n’avait pas une prise qui convenait pour l’ordinateur de Mimi. Nous voyons une alimentation qui semble convenir, le même que j’ai acheté mais avec l’embout qui irait. Si je revenais, je n’aurais qu’à échanger un embout pour un autre…
Nous allons rue Ponty à la recherche de tissus. Pas du tissu pour boubou, mais du tissu plus épais pour ameublement. Les Libanais vendent ce genre de tissu. Une boutique nous envoie plus bas dans la rue chez Gandhour. C’est un vaste magasin avec des milliers de rouleaux de tissus multicolores, aux motifs variés.
Mimi aimerait égayer le carré avec des couleurs claires, chaudes et lumineuses. Nous faisons les allées. Par un premier choix nous sélectionnons quelques tissus. Finalement, nous prenons deux tissus dans les jaunes et rouges orangés. Le Libanais nous dit que ces tissus sont fabriqués à Marseille. Ils sont beaux, solides, épais. Je discute un moment avec le patron né à Dakar d’une mère qui a eu 11 enfants. Lui n’en a qu’un qui « lui coûte cher » ! Une partie de ses frères et sœurs est restée au Sénégal, une autre est rentrée au Liban…
Nous allons rentrer, mais nous nous arrêtons prendre une glace à « La Galette ». Une boulangerie pâtisserie, splendide et des marchandises de premier choix ! Derrière le comptoir il y a une douzaine de jeunes filles en tenue qui servent avec le sourire. De quoi rendre jaloux bien des boulangers français !
Nous reprenons un taxi pour le CVD..
Là je vois Arona qui viendra à bord demain pour voir comment installer un second alternateur afin de charger plus vite les batteries. Je discute avec le voilier pour les housses des coussins. Il passera aussi à bord.
Nous rentrons au bateau nous reposer.

Le 29.02.2008
Après le petit-déjeuner, Mimi et moi discutons du programme de la journée. Je dois démonter l’éolienne pour tenter de comprendre pourquoi elle ne charge pas. Je dois aussi démonter le dessus du cockpit pour repérer la petite fuite du réservoir journalier de gasoil que j’ai repéré lors du remplissage. Mimi me fait remarquer que nous ne faisons que réparer, attendre pour des pièces ou des spécialistes. Elle dit que nous sommes à Dakar depuis un mois et que nous n’avons fait qu’attendre et bricoler. Elle aurait pu rentrer à Paris et revenir pour continuer.
Je lui redis que la navigation a ses impondérables et que nous voyons beaucoup de bateaux dans notre cas. Que le voyage en bateau de n’est pas les travaux forcés. Que je suis navré qu’elle ne prenne pas du plaisir au jour le jour à ce qu’elle fait.
Je suis profondément touché par ses remarques. J’ai le sentiment que nous ne faisons pas équipe, que je transporte une passagère pas contente du charter. Que puis-je faire ?
Je ne suis pas plus heureux qu’elle de devoir bricoler et refaire ce qui a été mal fait par d’autres, mais je considère que ça fait partie du voyage et que je vis une expérience au jour le jour. J’ai le moral bas !
Je la laisse cuisiner et je vais démonter l’éolienne. Je n’y arrive pas seul, je vais chercher Pape qui est libre. Nous la démontons à deux sans rien voir qui soit une panne… Nous la remontons en attendant l’aide d’une personne plus compétente que nous…
Pape part déjeuner et je déjeune avec Mimi à bord. Nous rediscutons du voyage et du bricolage. Mimi me dit qu’elle observe, qu’elle a le droit de s’exprimer. En la circonstance être deux ne m’aide pas. Je suis atteint au moral.
Je la laisse et vais commencer à démonter le dessus du cockpit. Pape arrive et m’aide. Ça résiste car avec Jean-Michel on avait bien serré croyant ne pas être obligé de démonter avant longtemps… Nous finissons par y arriver. Il y a des traces de fuites. On verse du gasoil dans le tuyau et ça ne semble pas fuir. Néanmoins nous refaisons le joint par où la fuite semblait se faire. Puis nous refermons le cockpit. J’en profite pour nettoyer le filtre à gasoil qui est bien sale. Je referme l’espace moteur, je range les outils…
J’attends Arona qui n’est pas passé, pas plus que Diégo. J’ai fait dire à Michel de passer…
En attendant je mets le moteur pour recharger un peu les batteries…
Par ailleurs je n’ai pas de nouvelles de mes enfants depuis quelques semaines et ça m’attriste profondément. J’attends de leur part plus de contact même de loin. J’espère que ça viendra rapidement.
Je passe au CVD et ne vois ni Arona ni Diégo. Je vais sur internet et Trouve un mail laconique de Sophie qui cherche du travail. C’est bien mais je reste sur ma faim.
Je vais prendre une douche et au retour je trouve Mimi discutant avec Alain et Ute. Ils nous propose de les accompagner au restaurant pur l’anniversaire de Ute. Bonne idée. Nous allons dans le restaurant dans lequel nous étions allés le premier soir avec Salifou. Un restaurant français avec plats africains et tous les classiques français ! Nous passons une très agréable soirée. Mimi discute des embarras de la vie en bateau. Ute donne des conseils pour que ce soir supportable. Alain parle des séparations pour que chacun aie parfois sa tranquillité, Ute approuve… Voilà le temps passe doucement et il est l’heure pour ne pas rater le dernier voyage du passeur…

Le 01.03.2008
Réveil difficilement à 10 heures, une heure de retraités !
Je vais avec Mimi au CVD. Pas d’Arona, par contre je vois Diégo qui dit qu’il passera à 18h pour les coussins. Mimi discute avec une femme et apprend que son mari est électricien de profession. Il s’appelle Patrick. Il viendra à bord voir.
Salifou arrive et nous déjeunons ensemble. Puis je retourne au bateau attendre Patrick. Il vient et regarde l’installation. Quelques mesures et il diagnostique que le régulateur de l’éolienne ne fonctionne plus. IL repart à son bateau et revient avec du fil, des cosses et branche l’éolienne en direct. Ça remarche enfin. Je lui parle d’organiser le parc batteries et il me fait un schéma avec répartiteur et séparateurs et me dit qu’il peut s’en occuper. Il repart en me disant qu’il va réfléchir et me donnera un prix et cherchera les pièces dans deux jours.
Enfin quelque chose de concret. Il me conseil de prendre un second panneau solaire.
Nous buvons une bière ensemble et il repart.
Je rentre au CVD. Je vais voir Diégo qui va venir voir pour les coussins du carré. Mimi et moi allons au bateau avec lui. Nous lui expliquons ce que nous voulons. Il note, prend des mesures, écrit sur son carnet. Puis il calcule les métrages. Ça correspond à ce que nous avons acheté. Il calcule un prix. Nous discutons. Je recompte son addition, corrige une erreur.
C’est OK pour le prix et ce sera prêt jeudi ! Mimi est contente et moi aussi.
Pour demain nous projetons d’aller au Lac Rose. Salifou téléphone à un ami taxi. Nous sommes d’accord pour le prix, mais pas pour la durée car il veut rentrer à 15h et nous voudrions y passer la journée et rentrer le soir. Nous verrons demain…

Le 02.03.2008
Salifou est malade ce matin. Après discussion nous décidons d’aller à la plage à N’Gor.
Nous prenons un taxi qui nous emmène à travers les quartiers périphériques. Partout il y a des chantiers de construction : maisons vastes, immeubles, autoroutes, ponts. De larges saignées de terre rouge balafrent les quartiers. C’est dimanche mais les ouvriers travaillent car dans quelques jours il y a la conférence de l’OCI et le Sénégal veut se montrer sous son meilleur aspect. Plus de 40 chefs d’état sont attendus à Dakar.
Nous arrivons sur la place de N’Gor (l’homme en Sérèrre) Des restaurants sont sur la droite de la plage. Sur la gauche, les pirogues sont sur le sable. Certaines sont poussées à l’eau, d’autres rentrent avec des pêcheurs équipés de combinaisons, de fusils harpon et parfois de bouteilles. Ils pêchent poissons, calamars, langoustes, sur les fonds rocheux des alentours.
Des enfants jouent sur la plage au ballon, à la pêche. Un jeune pêche et remplit une boîte de conserve de petits poissons. Des personnes traînent par les pattes des moutons pour les laver dans la mer et les brossant vigoureusement malgré les bêlements des bêtes récalcitrantes !
Nous discutons avec Cheick, un jeune qui est heureux d’être libre en pêchant et qui n’a pas voulu prendre une pirogue pour tenter d’aller en Europe au risque de sa vie. Plusieurs de ses amis sont morts ainsi. Il est wolof et musulman et nous dit le mal qu’il pense des Diolas animistes, sauvages, cannibales….
Nous prenons la pirogue pour aller à l’île de N’Gor distante de quelques centaines de mètres. La pirogue contient une quarantaine de passagers. Elle s’élance et arrive vite l’étrave sur le sable de l’île. Juste au pied des tables des restaurants.
Nous débarquons et prenons sur la gauche. Il y a des restaurants-hôtels superbes. Des maisons dont certaines sont entourées de verdure, d’arbres et de fleurs. C’est superbe. Des ruelles étroites serpente entre les propriétés. Nous arrivons sur le nord de l’île. Là la côte est rocheuse et la mer brise et l’écume brille au soleil. Nous nous asseyons sur un banc pour contempler la mer. Une vendeuse de colliers, Awa, vient nous rejoindre. Elle propose à Mimi ses colliers de perles. En regardant des colliers qui se mettent autour du ventre des Africaines « pour augmenter la virilité des hommes », Awa parle d’amour. « C’est bon tous les jours, ça redonne la vie et ça maintient la virilité. C’est pas comme les Européens qui vont des bises tout le temps et rien la nuit… » Nous sommes morts de rire !
On continue le tour de l’île jusqu’à une belle maison, celle de France Gall. Elle a une jolie porte en mosaïque représentant des dauphins. En face un terrain sur lequel il y a une exposition de Batik. Pour une fois il y a de la création, c’est beau et plein de vie qui passe. Je m’extasie devant un baobab. Mimi regarde des pantalons… et craque !
Nous continuons jusqu’à la plage sud et nous nous installons sur une table sur le sable à côté du barbecue sur lequel grille des poissons. Un bon poisson grillé, riz et légumes ; quoi de mieux ?
Mimi, plus courageuse que moi se baigne. Je vais la rejoindre en trouvant l’eau limpide mais fraîche. Après on prend un matelas et un parasol pour passer le reste de l’après-midi à regarder la mer et les gens qui viennent.Il y a des Sénégalais qui viennent pique-niquer, des blancs qui se mêlent aux noirs et des Libanais qui sont entre eux, dans les restaurants les plus chers. Leurs femmes se baignent en bikini ou toutes habillées et voilées…
Le soir nous rentrons. Le taxi tombe dans des embouteillages. Le président Wade vient avec un long cortège d’immenses voitures pour inspecter l’avancement des travaux avant l’OCI….
Des centaines de parachutistes encadrent la circulation sur les routes du parcours présidentiel.
Nous rentrons au bateau et apprécions la fraîcheur du soir dans le cockpit !

Le 03.03.2008
Ce matin il fait très chaud avec une mer d’huile et pas un souffle !
Nous allons au CVD. Je discute avec Jaime, un Espagnol qui voyage en vélo et revient des Bijagos. Il en parle en connaisseur car voilà des années qu’il y retourne. Il dit tout le bien qu’il pense de ces populations qui vivent comme il y a quelques centaines d’années. Il dit du mal des différentes églises qui viennent les convertir et amènent la confusion… Il me montre des photos de peintures magnifiques sur les murs des cases des fétiches. Je n’ai jamais vu rien de tel dans des livres. Il y aurait de quoi faire un super livre. Il me fait voir aussi des photos de la population avec les jeunes femmes torse nu superbes.
Je ne pense pas avoir le temps d’aller au bijagos. Mais j’aimerai y aller plus tard et photographier ces peintures, ces fétiches et connaître mieux ces îles et leur populations !
Je Parle avec d’autres navigateurs qui ont installé des panneaux solaires récemment. Ils me disent où ils en ont trouvé. J’ai plusieurs pistes. Je vais donc en ville. Effectivement je trouve quelques boutiques qui en vendent, soit des quincailleries soit des vendeurs de batteries. Les prix annoncés ne me conviennent pas.
Je tourne dans Dakar. Salifou me rejoint et je tourne avec lui toute l’après midi. Je prends des notes pour comparer. Nous rentrons au CVD.
Je vais sur internet pour chercher des panneaux. Mon ordinateur rame et le disque dur fait un bruit bizarre. Il est si lent que je ne peux plus rien faire. Je rentre au bateau. En soirée, je rebranche le mac et le disque dur s’emballe puis s’arrête après trois ans de bons et loyaux services pendant les voyages…
J’espère que je vais trouver quelqu’un qui pourra me le réparer ! je vais chercher demain.

Le 04.03.2008
Dès le matin, je cherche dans les pages jaunes de l’annuaire de Dakar. Il y a plusieurs pages de publicité pour de l’informatique. Rien sur Apple. Salifou me conseille d’aller autour de la place de l’indépendance, il y a des magasins d’informatique.
J’y vais et je commence la recherche. Un premier magasin ne fait pas Apple et pas davantage quelque maintenance que ce soit. Il m’indique un autre magasin… où je ne trouve pas ce que je veux. Et ainsi de suite toute la matinée. Je vais à pied dans la ville.
On m’indique un magasin au rond-point Sandaga. Effectivement, il vend des ordinateurs de différentes marques dont Apple. Il fait les réparations. Pour un nouveau disque dur, il me demande 110.000 FCFA. Je pense que c’est trop cher et je continue ma recherche. La secrétaire d’un magasin m’indique une piste près de la stèle Mermoz. C’est loin. Je prends un taxi qui me conduit à la stèle. Là, il m’aide à chercher et l’on finit par trouver un magasin en réfection qui ne travaille plus pendant les travaux…
Je retourne au rond-point Sandaga. Le technicien a le disque dur neuf disponible. Nous discutons, il baisse un peu son prix et je lui demande d’assister à la réparation. Il est d’accord. Nous montons à l’étage dans une sorte de salon où il travaille sur une table basse. Il démonte le mac et enlève le disque dur. Il veut mettre le nouveau et constate que ce n’est pas le même brochage. Il faut qu’il trouve un autre disque et il pense savoir où en trouver.
Il tente de l’initialiser et de le réparer en écrasant toutes les données. J’ai une sauvegarde pas très récente, mais c’est toujours ça…
Je ne veux pas lui laisser l’ordinateur, alors il le remonte et je repars en fin d’après-midi.
Je rentre crevé au bateau et retrouve Mimi avec joie.

Le 05.03.2008
Ce matin, j’attends l’appel du technicien pour savoir s’il a trouvé le disque dur qui ira sur mon ordinateur déjà un peu ancien. En attendant j’attends au CVD car Dialo a demandé à un fournisseur de panneau d’en apporter un. Il doit passer avant midi.
J’attends, mais il ne vient pas ; il passera ce soir.
Le technicien m’appelle. Salifou arrive et nous allons à Sandaga en scooter. Salifou se gare sur un terre plein non loin d’un policier qui a arrêté un conducteur de scooter sans casque. Le policier vient vers Salifou et lui demande les papiers. Il ne les a pas et d’ailleurs il n’est pas assuré. Le policier lui prend les clefs en attendant et Salifou vient avec moi au magasin d’informatique.
Le technicien démonte le disque dur. Salifou va tenter de régler ses affaires et débloquer un conteneur de marchandises. Le technicien travaille dans le salon de l’étage. Je lui demande s’il y a une mosquée à côté tellement on entend des chants de prière. Il me dit non que ce sont les hauts parleurs du magasin. Le magasin est tenu par des Mourides et toute la journée ils travaillent au son des prières, sous la photo de leur marabout. Parfois le son monte et l’on s’entend à peine lorsque l’on se parle. C’est abrutissant.
Salifou repart à ses affaires à commencer par récupérer ses clefs du scooter. Il donne un billet de 2000 FCFA au policier qui les empoche et redonne les clefs. C’est comme ça au Sénégal avec presque tous les agents de l’état…
De temps en temps un employé vient à côté de la table et fait ses prières en se prosternant. Puis c’est un autre ; parfois il y en a un de chaque côté de la table, car il y a deux tapis de prière. La secrétaire aussi vient prier, avec un pagne qu’elle met sur son jean et un voile sur la tête. Le technicien travaille et installe le nouveau disque dur. Ensuite il faut l’initialiser. Pendant ce temps, il fait ses prières.
L’initialisation prend du temps. Au début je pense que le disque ne veut pas s’initialiser. Pourvu que ça marche. Et bien oui, peu à peu ça se fait et en fin d’après-midi je peux partir avec un ordinateur qui fonctionne mais qui est vide… Ça laisse présager du temps à passer pour réinstaller programmes et documents….
Je rentre et retrouve Mimi.Elle est allée en ville au marché de la fripe et a trouvé quelques pièces qui lui ont plu.
Je passe la soirée sur l’ordinateur et le disque dur externe pour installer programmes et contenu des documents sauvegardés. Mimi dort depuis longtemps lorsque je me couche.

Le 06.03.2008
Ce matin, je repars à la recherche de panneaux solaire. Salifou m’accompagne en scooter.
Nous retournons dans un magasin qui a un panneau de 150 watts moins cher que d’autres moins puissants. Il est fabriqué en Italie et semble bien. J’ai apporté le multimètre pour mesurer le voltage et l’ampérage. Les vendeurs vont sur le trottoir et se mettent à plusieurs pour le tenir et je mesure. Au début je n’y arrive pas, puis je mesure l’ampérage, près de 8 ampères. C’est bon. Les vendeurs emballent le panneau et arrêtent un taxi break qui me conduit au CVD.
Je vois Dialo qui va bricoler une fixation sur le portique. Il viendra cette après-midi au bateau.
Je déjeune avec Mimi. Elle me dit que ce soir des navigateurs ont prévu un repas où chacun apportera quelque chose. Super ! Nous voyons Katrine qui va partir sur Timshel en Gambie.
Nous échangeons nos coordonnées. Katrine a acheté le livre de Mimi et elles ont beaucoup discuté ensemble. Katrine est très sympathique et parle facilement alors que Francis est plus sauvage. Leur petit Nicolas de 4 ans est très gentil. Il s’ennuie un peu sans copains de son âge et se fait chouchouter par les adultes.
Je passe l’après-midi sur l’ordinateur. Peu à peu je le configure et je retrouve mes marques et mon outil de travail… Je vais sur internet. Je peux envoyer et recevoir les mails. Je peux retrouver notre site. Je mets un moment pour pouvoir rentrer dans le module d’administration. Ouf ! Ça marche ! Bon je pourrai reprendre le fil interrompu !
Le soir, le repas commun se prépare. Dialo vient me chercher pour aller au bateau pour apporter les premiers coussins et prendre les autres. Une fois à bord, il installe les coussins tribord. C’est super, clair et beau. Il emporte les coussins bâbord.
Je retourne au repas. L’apéro se prolonge pendant que le barbecue chauffe pour la viande.
Nous sommes une quinzaine. L’ambiance est sympa.
Patrick me dit qu’il a trouvé une piste pour les pièces électriques pour mon bateau, mais qu’il en fera pas le travail car il est trop cher pour moi. Il a vu Michel qui fera le travail pour bien moins cher et aussi bien. Nous discutons avec Michel qui viendra au bateau à 10 heures demain.
Le repas se termine tard Une dispute éclate entre deux hommes à propos d’argent pour le repas. Heureusement ça se calme. Et nous rentrons, reconduits en annexe par un navigateur.
Mimi n’est pas trop rassurée, mais elle arrive à bord sans encombre.

Le 07.03.2008
Hier, Patrick m’a dit qu’il continuait à chercher les pièces électriques pour mon circuit mais qu’il ne travaillerait pas pour moi car il se fait payer cher et que je n’ai pas beaucoup d’argent. Il a vu Michel qui fera le travail. Rendez-vous est pris pour 10h à bord.
A près de midi, il n’est toujours pas là…Journée d’attente…

Le 08.03.2008

Le matin, je croise Michel sur le ponton. Il est bourré dès le matin et se plaint toujours d’une côte cassée. La veille sa côte cassée ne lui faisait pas trop mal pour lever le coude au bar… Nouvelle journée perdue. Le soir nous décidons d ‘aller le lendemain au Lac Rose avec l’équipage de Chamicha. Mimi en a marre d’attendre, moi aussi.

Le 09.03.2008
Vers 10 heures, nous trouvons Chantal et Jean-Claude au quai. Patrick et Nadia viendront mais en scooter. Nous prenons un taxi pour la journée pour 23.000 CFA. Il traverse la banlieue vers Rufisque. Pas beaucoup de voitures. Tout le long de la route il y a des petits commerces sur les trottoirs. Ils vendent des fruits, des légumes, des chaussures, des objets les plus divers. Le taxi bifurque vers le Lac Rose. La route est bonne. De chaque côté, la ville s’étend avec des constructions en cours partout, en pleine campagne…. Nous arrivons au lac. Il y a un parking devant un village artisanal. Des boutiquiers vendent des habits, des colliers, des sculptures, un peu toujours les mêmes. Évidemment ils nous accrochent. Il suffit de discuter pour ne plus pouvoir se décoller. Le vendeur a tous les arguments, toutes les répliques prêtes quoi qu’on lui dise… Je discute avec un marchand de masques. Il en a quelques-uns de beaux ; ce sont de belles copies d’anciens. Je vais partir lorsque Mimi vient et veut m’offrir un masque qui lui plait aussi. Un peu de marchandage et nous voila avec un beau souvenir…. Plus loin je fais compliment à un vendeur pour son beau boubou violet. Aussitôt il l’enlève et veut me le vendre. Je l’essaie, il est bien trop long. Le grand boubou est bien plus beau sur le vendeur que sur moi. Je pars sans acheter avec le vendeur qui court après moi… Plus loin il y a des restaurants aux prix élevés, mais avec un joli décor. Nous allons vers le village et trouvons un restaurant à prix modique. Nous mangeons là très agréablement, servis par une maîtresse femme d’au moins 120 kilos. Le chauffeur de taxi mange avec nous ; il est déçu de ne pas manger dans le restaurant plus chic… Puis nous allons le long du lac. Aujourd’hui il n’est pas aussi rose que la fois précédente où j’étais venu. Par endroits il est plus rose. Nous arrivons là où travaillent les sauniers. Les hommes sont en barques à fond plat pour casser la croûte de sel qui est au fond. Ils chargent le sel et le ramènent au bord. Ils sont brillants de cristaux de sel sur leur peau noire. Des femmes viennent et chargent le sel dans des bassines qu’elles portent sur la tête chaque bassine doit peser au moins 30 kilos. Les femmes déchargent les bassines pour faire des tas de sel. D’autres remplissent des sacs de 50 kilos et les alignent. Des Hommes prennent les sacs et les chargent dans un camion. Pendant ce temps, des enfants jouent sur les tas de sel. Tout ça se passe sous un soleil chaud. Les gens transpirent. Des vendeuses ambulantes viennent voir les touristes. Elles discutent. Une propose des colliers à Mimi. La conversation en vient sur les bin-bins, colliers que les Sénégalaises portent autour du ventre pour séduire leur homme. Les femmes rient que des blancs connaissent cette coutume. Tout le monde rie et dit des choses coquines. Une femme danse. Mimi suit et déclanche l’hilarité. Des vendeuses nous donnent leur adresse pour recevoir des photos et des cartes postales… Mimi se prend d’amitié pour une jeune et lui promet des cartes postales. Nous retournons vers le village artisanal et nous voulons aller vers l’océan, à travers les dunes et un bois de filaos. Un loueur de places dans des 4X4 nous propose le transport. Non, nous préférons marcher à pied. Alors il nous déconseille d’aller à pied à cause de risques de se faire dépouiller par des voleurs. Quelle est la vérité, risques réels ou désir de vendre sa prestation ? Notre chauffeur de taxi confirme et nous déconseille cette marche… Alors nous allons prendre un pot au bord du lac. Un vieux musicien joue sur une sorte de violon local le même air en boucle. Il met devant lui au sol un petit panier dans lequel quelques personnes déposent une pièce. L’après-midi se termine et nous retournons vers le taxi en retraversant le village artisanal. Les vendeurs tentent une dernière fois de nous accrocher. Nous rentrons. Les routes sont désertes. En effet il y a un match événement de lutte sénégalaise et les gens sont devant leur télé. Le long de la route, les magasins qui ont la télé ont un attroupement qui regarde l’écran ! Ce sport est le plus populaire au Sénégal, avant même le foot ! Nous rentrons heureux d’avoir pris un bol d’air, d’avoir vu d’autres paysages et rencontré d’autres personnes. Le 10.03.2008 Ce matin, Dialo doit installer le nouveau panneau solaire. Comme il ne vient pas, je vais au CVD et je le vois occupé à autre chose. Il viendra cette après-midi. En effet il vient avec un aide. Il lui faudra toute l’après-midi pour y parvenir. En effet, le panneau est très déporté sur l’arrière sur le portique et il faut se tenir en équilibre sur l’extrémité de la plate-forme arrière. Ce n’est pas facile pour percer et visser. Lorsque c’est fait, je vais retrouver Mimi au CVD. Michel est au bar. Je lui parle ; il ne sait lorsqu’il sera en forme pour m’aider. Mimi a parlé de notre problème autour d’elle. Une femme lui a dit que son mari, Frédérique, pouvait nous aider, qu’il s’y connaissait. Rendez-vous est pris pour le lendemain. Super !

Le 11.03.2008

Ce matin, je cherche des coupe-batteries et un répartiteur de charge pour séparer les batteries en deux groupes autonomes. Je vais voir Bernard à son bord qui a un séparateur et deux vieux coupe-batterie. Bernard est toujours serviable. IL attend pour mettre à sec son bateau pour un entretien. L’après-midi, Frédérique vient à bord, très gentiment. Nous commençons par brancher le nouveau panneau, vérifier la charge des panneaux et celle de l’éolienne. Nous installons un coupe-batterie sur le moins du moteur pour arrêter la fuite de courant par le moteur à la masse. L’après-midi passe vite. Il faudra continuer demain ! Entre temps je devrai aller en ville chercher du fil électrique et un autre coupe-batterie. Mimi est allée voir un marché de tissus. Elle revient enchantée, elle a vu beaucoup de belles étoffes.

Le 12.03.2008

Je vais en ville à un endroit appelé crédit foncier. Là tout le quartier est occupé par des boutiques et des étals de pièces électriques. Trouver le diamètre de fil que je cherche n’est pas facile. Boutique après boutique, je demande et négocie. Pareil pour des cosses. Mais pas de trace de coupe-batterie. Je vais plus loin dans un quartier où l’on vend des pièces de voiture. Tout le quartier ressemble à un garage, avec des morceaux de moteur sur les trottoirs ! Dans un magasin libanais, je trouve le coupe-batterie. On trouve tout à Dakar, à condition de beaucoup demander, beaucoup chercher ! Je rentre à bord déjeuner et vers 14h, Frédérique vient. Je suis heureux de le voir venir m’aider et aussi gêné car il m’a dit qu’il ne voulait pas être payé… Avant son arrivée, j’avais nettoyé tous les contacts batterie et guindeau dans la baille à mouillage avec pour résultat des contacts propres, mais un guindeau qui ne fonctionne plus ! Nous cherchons ensemble et ce n’était qu’un mauvais contact sur une borne de la batterie… Nous réorganisons le parc-batterie en un parc moteur guindeau et un parc servitudes. Ça prend tout l’après midi. Nous n’avons plus le temps de rechercher la fuite de courant à la coque. Dans le bateau, ça sent le gasoil. Je regarde le puisard et constate qu’il est plein de gasoil ! Je veux vider le puisard, mais la pompe ne fonctionne plus ! J’ai un moment de découragement ! Nous verrons demain avec Frédérique.

Le 13.03.2008

Je vais au CVD avec Mimi. Elle va découvrir le marché HLM dédié aux tissus. Moi je vais voir Dialo pour qu’il vienne à bord réparer la fuite de gasoil. IL vient avec des bidons. La pompe électrique de relevage est bien utile. Lorsqu’il y a moins de gasoil, il peut démonter l’arrivée qui fuit, nettoyer, refaire un joint avec un sika spécial et riveter. Il y a une autre fuite au tuyau de la vanne trois voies. Il devait changer le tuyau et il ne l’a pas fait. Il doit aller en chercher un en ville. Frédérique vient et nous réparons la pompe de puisard dont le circuit avait été coupé par nous travaux de réorganisation des circuits. Puis comme le niveau d’énergie est bas nous vérifions la charge des panneaux et de l’ éolienne. Ils produisent du courant, mais le parc-batterie étant important il faut un bon moment pour le charger. Par contre nous ne parvenons pas à voir si le répartiteur de charge fonctionne… Dialo revient me dire qu’en ville tout est fermé car le président Wade a déclaré la journée fériée pour cause de conférence de l’OCI. Il y retournera demain… Nous verrons demain lorsque le soleil sera au zénith et qu’il y aura un peu plus de vent. Car ces deux derniers jours, c’est pétole. Un vent très léger de sud ouest ne fait tourner l’éolienne que par moments… Nous n’avons pas eu le temps de trouver la fuite de courant à la coque… Je range et vais au CVD retrouver Mimi. Elle fait des confitures de papayes avec Chantal, pour lui apprendre. Nous allons sur le net. Mimi peut parler sur MSN avec ses filles et une belle sœur. Ça lui fait plaisir, elle se sent revivre ! J’envoie quelques mails et j’en reçois. Ça fait plaisir. J’écris aussi pour mettre sur le site, mais mon ordinateur se bloque à cause de la partition du disque dur qui ne convient pas…. Il va falloir que je réinitialise le disque ! Nous rentrons à bord dîner. Après nous regardons un film sur l’ordinateur.

Le 14.03.2008

Ce matin Mimi reste au bateau pour profiter de son home, pour se reposer du CVD. Moi je tente de défractionner mon disque dur d’ordinateur. J’y passe bien du temps en vain. Il est l’heure de déjeuner. Ça fait un break bien-venu! Après le repas, Frédérique arrive et nous reprenons la recherche des fuites de courant à la coque. En débranchant ligne par ligne, on n’y arrive pas. Donc on débranche tous les plus, puis tous les moins. En les rebranchant, trois lignes laissent passer des fuites: la BLU, La chaîne radio et l’AIS. Des lignes neuves installées par Médée électronique marine à Nantes! Des spécialistes pourtant! Qu’est ce que ce serait autrement! Je suis en colère contre ce mauvais travail qui me handicape depuis longtemps, me fait perdre temps et argent! Je suis heureux d’avoir avancé et d’avoir trouvé l’origine des fuites qui font que mes batteries ne se chargent pas bien. Mais c’est déjà la fin d’après-midi. Frédérique repart à son bord. Voilà quatre demies journées qu’il m’aide gracieusement! Il est agréable de compagnie, patient et méthodique. Sans lui je n’y serai pas arrivé, c’est sur!

Le 15.03.2008

Ce matin Dialo passe pour réparer la fuite de gasoil. Il répare le retour au reservoir tribord. Puis change le tuyau d’arrivée qui était ancien, durci par l’âge et abimé par le précédent démontage.
Il repart et j’espère que ça va aller.
L’après-midi, Frédérique revient à bord et nous cherchons à isoler les dernières lignes par les quelles il y a des fuites à la coque. En fait, ce sont la BLU,l’AIS, la VHF, tout le système de communication installé par Médée Electronique Marine! Il n’y a pas de quoi être fier de ce genre de travail!
La journée se termine, Frédérique repart, C’est prenque fini, mais demain dimanche, ce sera repos pour décompresser. Ce soir nous sommes invités à un barbecue au CVD avec Chamicha. Au moment d’y aller, je suis si fatigué et Mimi aussi qui a parcouru la frippe toute la journée avec la femme de Frédérique.. Nous restons à bord nous reposer. Nous regardons un film: Alexandre.
C’est long et beau; j’ai failli m’endormir en cours de route!

Le 16.03.2008

Aujourd’hui nous allons à la plage, à N’Gor. Le taxi nous y amène vite. Nous prenons la pirogue et nous posons sur un matelas sous un parasol en bord de plage. Voilà un bon endroit pour buller, se reposer… Premier bain dans la matinée. Déjeuner sur la plage avec un gros tiof, un super poisson tout frais grillé devant nous, avec riz, salade et frites! Un ananas pour finir et une sieste bien méritée!
Nouvelle baignade dans une eau limpide, un peu fraîche lorsqu’on y entre, mais bonne après!
Nous rentrons heureux en fin d’après-midi.
Au CVD, Chamicha prepare un nouveau barbecue et nous invite. Nous dînons fort agréablement avec l’équipage de Chamicha et celui de Carte Blanche. Belle soirée que l’on termine juste à temps pour attraper la dernière navette.

Le 17.03.2008

Avec un jour de retard, je pense à l’anniversaire de ma fille Sophie! Je lui enverrai un mail en fin de journée!
Frédérique revient et nous isolons l’entenne de l’AIS. Nous regardons les details et Frédérique rentre à son bord pour déjeuner.
Moi je continue à fignoler, à isoler les bornes et les contacts.
Après manger, je m’occupe de l’ordinateur et je réussi à reformater le disque dur de mon Mac, sans partition cette fois! Ça prend du temps, mais ça réussit.
Alors, je vais au CVD pour aller sur le net et voir mes mails. Je continue à copier, applications et documents du disque de sauvegarde sur le Mac
Mimi, fatiguée, rentre au bateau. Nous allons pouvoir partir dans peu de jours!
Nous rentrons au bateau. Mimi veut voir un film sur son ordinateur. Nous mettons l’alimentation 12 volts. Ça ne marche pas bien. A force de tourner la prise, nous faisons une inversion de polarité et l’ordinateur ne peut plus fonctionner sur prise. Nous avons gagné!

Le 18.03.2008

Ce matin j’ai rendez vous au bateau avec Thierno, le plongeur. Il plonge en aphnée pour nettoyer la coque des bateaux. Il vient vers 10 heures. Il plonge avec un grattoir en plastique et une brosse. Il enlève les algues qui se sont développées à grande vitesse ainsi que de petits coquillages. Lorsqu’il gratte, je vois flotter des paquets d’algues avec dedans des petites crevettes que viennent manger des bandes de petits poissons; Thierno est un pêcheur qui n’a qu’une petite pirogue à rame. Il part en pêche chaque jour et plonge à la demande. Il est mince avec des cheveux grisonnant. Il a la soixantaine. Il plonge et nettoie la coque tribord. Puis il remonte se reposer un moment au soleil pour reprendre de la chaleur. Il replonge pour finir la coque. Il termine en regardant les anodes une à une. Les grosses sont intactes. Les petites du safran sont un peu attaquées. Il faudra bientôt les changer et en attendant les surveiller.
La coque étant nettoyée je vais au CVD avec l’ordinateur de Mimi.
Mimi est partie à Dakar avec Lise, arrivée depuis quelques jours.
Moui aussi je vais à Dakar pour faire réparer l’ordinateur. Je retourne au magasin où j’ai fait réparer le Mac. Il est fermé pour cause d’inventaire. Mais l’un des employés, m’emène dans un autre magasin qui ne fait plus les réparations.
Après quelques appels téléphoniques nous allons dans l’atelier d’un réparateur. L’employé fait la prière. Nous attendons. Le réparateur va venir. Lorsqu’il arrive il veut regarder l’ordinateur, puis me téléphoner le devis et le réparer si je suis d’accord. Je lui dis que je suis pressé et que je veux assister à la réparation. Il se vexe parceque je ne lui fais pas confiance. Je lui dis que la confiance se mérite et que je veux voir comment réparer une autre fois. Il dit que c’est un secret, qu’il a fait de longues études. Je luis dis que ce n’es pas grave et je m’en vais.
Le vendeur qui m’accompagne toujours, passe alors quelques appels téléphoniques. Un réparateur va venir dans une heure. Je vais déambuler plus loin en attendant. Le vendeur vient me rechercher. Mais le réparateur qui avait dit être à deux pas, tarde. Lorsqu’il arrive, nous allons dans un magasin. Il commence à regarder l’ordinateur sur un comptoir et me dit un prix de réparation. Je lui réponds que ce n’est pas sérieux et qu’il faut aller à son atelier et que je veux assister. Il me dit que le diagnostic est à 15000 FCFA compris dans la réparation si je fais réparer. Si non, je peux repartir ainsi. Il me dit que c’est OK. Nous montons dans sa voiture et il m’emmène dans un quartier lointain, dans sa maison. Sa chambre est transformée en atelier. Il ouvre le PC et le met en pièces détachées. Il mesure le courant qui passe. Plusieurs transistors sont cramés. Il annonce un prix avec le quel je ne suis pas d’accord. Je lui dis qu’il peut remonter et que je m’en vais. Il discute avec le vendeur toujours là. Celui-ci baisse un peu, pas assez. Je lui dis de remonter le PC. Le réparateur a peur de perdre la réparation. Ils discutent en Wolof. Le vendeur baisse jusqu’au prix que j’ai proposé. Il me dit que je suis dur en affaire.
Le réparateur désoude des transistors sur la carte mère. Je suis angoissé, j’espère qu’il saura réparer! Il change 7 pièces qu’il prélève sur des viens portables en regardant à la loupe.
Il remonte et essais. Le courant passe bien mais l’écran ne montre pas le bureau. Le réparateur me dit que c’est le système. Je lui dis que ça marchait juste avant et que le système y est pour rien.
Il redémonte. Je passe par toutes les affres de l’angoisse pour l’ordianteur de Mimi. Finalement il remonte. Il avait oublié une protection isolante plastique au remontage précédent. Il essaie et ça fonctionne. Il éteind, allume de nouveau et ça marche. Il me fait essayer. Tout est en ordre. Je le paye. Il en oublie de me faire payer la prise de l’adapateur universel qui vonvient et qu’il avait récupérée. Avec elle, l’inversion de polarité ne sera plus possible. Le vendeur et moi repartons à pied jusqu’à une route où passe des taxis. J’en arrête un et monte. Le vendeur veut que je lui donne de l’argent. Je lui dis qu’il n’y a aucune raison puisque son entreprise a pris une commission. Il insite. Pour continuer la discussion, il monte dans le taxi qui démarren enfin. Il continue son marchandage. Je lui dis que je veux bien lui payer le taxi pour rentrer. Il dit être vexé. Je reprends le billet. Finalement il le reprend et descend du taxi, mécontent.
Je rentre épuisé mais heureux que la réparation soit faite, que ça marche.
Mimi est heureuse et va pouvoir regarder des films. Elle a passé sa journée au marché Sandaga avec Lise puis est rentrée au bateau pour tout laver, intérieur et extérieur!
Le soir elle regarde un film et je vais me coucher!

Le 19.03.2008

Pour nous changer les idées, nous décidons d’aller visiter l’île de Gorée. Mimi en avait parlé avec Lise hier. Nous passons à leur bateau, mais finalement ils ne viennnet pas. Nous y allons seuls, en taxi. A l’embarcadaire, les tarifs sont affichés. Il y a des tarifs décroissants pour touristes étrangers, puis Africains, puis Sénégalais, puis Iliens. Un îlien paye 50 fois moins cher qu’un étranger!
Dans la salle d’attente, nous achetons des cartes postales. Les timbres sont chers pour la France!
Lorsque la navette arrive, nous nous installons sur le pont supérieur. En bas il y a des corps de gros poissons, des requins probablement, des moutons attachés, des bagages…
Sur le pont il y a des Européens et des Africains avec des boubous magniqfiques de toutes couleurs.
La traversée ne dure que quelques minutes car Gorée n’es qu’à trois miles de Dakar. La navette s’amarre au ponton et on débarque. Tout autour du port il y a de vielles maisons aux toits de tuiles, avec balcons et volets en bois peints. Les murs sont rouge, ocre, jaune, des teintes délavées par biend es années sans entretien. Le temps passe sur Gorée sans que rien ne change, où si peu.
Ça fait penser à Venise. Exotique, hors du temps, chargée d’histoire.
Nous commençons par une ballade autour de l’île sous un soleil accablant. Nous sommes arrêtés par des vendeuses de bijoux, de vêtements. Nous regardons rapidement. Plus loin ce sontr les oeuvres d’art. De nombreux artistes sont installés dans les ex fortifications militaires transformées en ateliers. Beaucoup de peintres et quelques sculpteurs. Peu de peintures originales. En haut de l’île nous nous arrêtons chez un sculpteur. Il a des oeuvres originales et fortes. Il travaille avec de la ferraille, du tissu. Il fait des personnages tragiques et des oiseaux naîfs. C’est beau, mais je n’ai pas de place sur le bateau et les économies ont fondu…
Plus loin, un artiste fait des tableaux avec des objets de récupération. Certains sont drôles, certains beaux, surréalistes.
La chaleur nous accable tellement que nous redescendons vers les restaurant. Une jeune vendeuse de bijoux nous aborde. Elle est très belle et de dénome Nina Ricchi. Nous ne lui achetons rien, mais discutons un moment. En France elle pourrait faire manequjin avec succès, mais elle est au Sénégal.
Nous alons déjeuner de poisson grillé avec riz et salade. Un thé à la mente pour finir, très parfumé.
Après ça nous faisons le tour de l’autre côté de l’île, Cette fois le musée est ouvert. Nous en profitons pour le visiter. Il y a une douzaine de salles dans un ancien fortin. De la phéhistoire à nos jours, l’histoire du Sénégal et des empires voisins est évoquée. La dernière salle est consacrée aux confréries musulmanes du Sénégal. C’est vraiment intéressant. Je ne regrette pas la visie!
Nous flânons le long de la côte avant de reprendre la navette de 19 heures. Nous arrivons au CVD vers 20h30, fatigués et heureux.
Mimi regarde un film et je vais me coucher rapidement!
Au loin on entend les chants de prière. Toute la nuit c’est le Mouloud, la fête de la naissance du prophète Mahomet. Beaucoup de Sénégalais se rendent dans des endroits de prière en fonction de la confrérie à la quelle ils appartiennent. Prière et musique toutre la nuit et le lendemain férié pour le repos…

Le 20.03.2008

Je consacre la journée à l’informatique, pour mettre mon ordinateur en ordre de marche, écrire un peu et mettre à jour le site internet!
Je tente d’entrer dans le module d’administration du site mais dans la sauvegarde il n’y a pas la bonne adresse. Je cherche le site de l’hébergeur mais le mot de passe n’est plus le bon. Je me fais jetter. J’envoie des mails à l’hébergeur… Il faut attendre…
Arrivent la femme et la fille de Frédérique. Je vais les voir et leur demande comment elles peuvent copier des films, puisque Frédérique m’avait demander des films en échange de son aide.
Elles ont un nouvel ordinateur avec 200 gigas de mémoire; de quoi copier beaucoup de films. On commence dossier par dossier, chacun contenant plus de 25 films. En fin d’après-midi, ce n’est pas fini, nous continuerons demain! Je donne à Annie de l’argent en remerciement de l’aide de Frédérique. 9a lui fait plaisir car Frédérique m’avait dit être au bout des économies et qu’ils doivent retourner au Cap Vert ou aux Canaries pour y retravailler et regonfler la caisse de bord.
En soirée, un barbecue est prévu par Chamicha et Nadir. Ils ont fait des courses et chacun participera. Le passeur restera plus tard et chacun donnera un peu.
Jean Claude prépare les braises et fait cuite des maquereaux. Bernard cuit des crevettes. Mimi fait un riz à la cardamome. Le repas est bon et abondant, il restera des poissons et du riz.
La conversation tourne autour des séjour au Sénégal. Mustapha qui est là depuis 7 ans a épousé une première jeune Sénégalaise qui lui a fait un enfant et est partie dès qu’elle a eu les papiers en France. Il a divorcé et a épousé une seconde jeune qui est actuellement en France avec les papiers et vent travailler là bas alors que lui veut vivre au Sénégal… En attendant il pa&ye le loyer de la famille ici et entretient sa famme en France….
Les exemples sont multiples de rencontres inégalitaires et intéressées qui se terminent souvent en queue de poisson…
La soirée est très agréabole et nous rentrons un peu avant minuit.

Le 21.03.2004

Je vais au CVD au secrétariat pour payer notre séjour. Un mois et demi, déjà! 84.000 FCFA.
Nous avons fixé le départ à dimanche matin si tout va bien et si le venty s’y prête. Ce matin il y a entre 15 et 25 noeuds de vent au mouillage et ça engendre une petite houle. Le bateau bouge un peu. Le mouillage tient bien depuis 45 jours!! L’éolienne tourne bien et le niveau d’énergie est à près de 13,5 volt! Ça fait plaisir!
Je vais sur internet. Après plusieurs tentatives je peux entrer dans le module d’administration de notre site Du bout du Monde. Ouf! J’avoue que ce suspens est bien désagréable les deux fois où je l’ai vécu. J’actualise le texte et je prepare des photos. Mais la liaison s’interromp. Tout le reste de l’après-midi, je tente de me reconecter sans résultat.
Le soir Lise nous invite avec d’autres personnes pour manger un Chili con carne. C’est délicieux! La soirée passé bien agréablement. Une navigatrice joue à l’acordéon, des airs de marin ou des chansons anciennes, des airs tristes d’amour perdu…

Le 22.03.2008

Réveil en douceur par un rayon de soleil…
La matinée est consacrée aux dernières courses avant le depart. Je cherche une nouvelle alimentation stabilisée pour les ordinateurs. Une nouvelle pile pour le telephone portable. Nous trouvons aussi des flexibles avec des pitons pour fixer les rideaux pour les panneaux de pont et les hublots. Dans Dakar, il y a un quartier des quincailleries, un pour les accessoirs électriques, un pour les pieces de voitures… Des dizaines ou des centaines d’échopes vendent à peu près la même chose. A Dakar on trouve tout, mais il faut de la patience, il faut savoir chercher et demander…
Mimi achète un beau pied d’aloès vera à un vendeur ambulant. Après nous cherchons un pot. Quelques trues plus loin des boutiques en vendent. Jen e sais comment nous l’installerons dans le bateau, surtout en navigation…
Nous rentrons au bateau et je fais une sieste. Mimi va voir un artisan pour faire faire des anses de sac à main. Elle qui déprimait de ne pas aller plus loin, trouve toujours une raison de partir plus tard!
En fin d’après midi je tente en vais de me connecter à internet. Les photos pour le site ce sera pour plus tard… Quelqu’un me dit que la ligne est coupée depuis 36h. Je pouvais toujours essayer…
Demain il y aura des puces de mer au CVD, moi qui conptait partir demain matin…
En plus Mimi a pris rendez vous avec le cordonnier pour qu’il lui fasse des anses de sac à main qu’elle projette de faire pour vendre pendant le voyage et après notre retour… Elle a des projets de femme active, elle ne se voit pas retraité encore. Elle pense à gagner sa vie…

Le 23.03.2008

Ce matin il y a les puces de mer. J’emporte de vielles brassieres de sauvetage, une poelle et une cafetière. Quelques navigateurs ont apporté de vielles pièces. Il y a quelques voiles, un groupe électrogène et un Régulateur d’allure Windpilot. Ça m’intéresse. Je discute avec Edouard son propriétaire. Il a un bateau top petit pour ce modèle qui conviendrait à la taille de mon bateau.
Nous allons à son bord pour le voir. C’est un modèle simple et robuste qui n’a aucune pièce qui peut s’user facilement. Il a un safran qui peut servir de safran de secours au cas de besoin.
Je suis d’accord pour le prendre si Dialo peut me le fisex pour un prix raisonnable. Il n’est pas là, nous verrons demain ou mardi puisque c’est Pâques et qu’il y a plusieurs jours fériés…
Nous verrons donc plus tard. Nous ne sommes pas encore paartis….
A l’heure du repas, soudain des gens courent, s’agitent. Un bateau part à la dérive. Son ancre dérape. La navette est trop loin pour entendre. Plusieurs navigateurs partent sur une annexe. Pendant ce temps le nateau ivre passé entre plusieurs bateaux sans les heurter. Plusieurs homes passent à bord. L’un a pris une ancre à son bord. LA navette arrive et les aides à remorquer le batesu vers sa place d’origine. Il avait une chaîne trop faible qui a laché. Le vent est fort, amis sans plus. Sa chaîne était trop rouillée et avait trop ragué…
Je rentre au bateau lorsque Mimi en part…. Nous allons ensemble au CVD et passons l’après midi à discuter.
Le soir nous regardons un film pour nous distraire.
Avant de dormir je masse Mimi qui se plaint du dos.

Le 24.03.2008

Ce matin Mimi va avec N’Deye au marché HLM pour voir des tissues pour ses sacs.
Je vais voir Dialo qui est là et passera voir le régulateur et le montage possible à bord.
Il va récupérer le régulateur au bord d’Edouard et le monte sur son établi. Il m’appelle pour me dire que les bagues en ertalon sont usées et qu’il faudrait les refaires. Il appelle un tourneur. Celuici passera dans l’après-midi pour le faire un devis.
Je retourne au bateau déjeuner avec Mimi qui est rentrée. Elle a prepare des sèches superbes!
L’après-midi se passe à discuter avec d’autres navigateurs du CVD. Ils disent ce qu’ils ont aimé dans le Saloum et en Casamance. Le calme, la sérénité et les paysages pour la plus part. La gentillesse des gens surtout en Casamance et leur honêteté qui fait que les bateaux n’ont rien à craindre.
A un moment, des pécheurs rentrent avec leur pirogue, à la rame. Je leur demande s’ils ont des lottes. L’un en a; il vient vers le bateau et nous en propose 7 pour 1500 FCFA. Elles sont toutes fraîches péchées! Ce sera pour demain puisque Mimi a fait des invitations.
Le soir nous regardons un film avant de dormir.

Le 25.03.2008

Je vais voir Dialo qui me dit que le régulateur est grand, trop grand pour mon bateau et le portique qui va gêner. Je lui demande de venir le presenter in situ à bord pour que l’on soitr fixés. IL va passer.
Mimi est partie au marché pour quelques courses. Elle passée chez le cordonnier qui lui a fabriqué des anses pour les sacs qu’elle veut faire.
Pendant ce temps, je fixe les rideaux de panneaux de pont et des hublots. Je m’apperçois qu’il me manqué des flexibles et des pitons. Ou j’ai mal calculé ou le vendeur s’est trompé, je vais devoir retourner en acheter pour finir. J’installe les velcros pour tenir les cousins du carré en navigation.
Mimi rentre des courses; elle ne se sent pas très bien; un début d’insolation sans doute.
Elle a invite deux couples à diner ce soir, Chantal et Jean-Claude de Chamicha et Lise et Jean-Pierre de Carte Blanche. Je prepare l’apéro et découpe du jambon acheté à Ténérife. Il est toujours très bon! Mimi cuisine des lottes avec un riz aux petits legumes suatés et aux pignons. Un regal! La soirée se passé très agréablement dans le carré avec ses nouvelles couleurs chaudes et claires. Demain nous passerons du temps ensemble avec les ordinateurs pour comparer des programmes de navigation. La soirée se termine car le passeur va cesser ses navettes. Nos invites prennent la dernière.
Nous restons seuls. Le temps de ranger et nous lisons. Je termine le livre d’une Sénégalaise: Bayo de Sokhna Benga. C’est un roman qui conte l’histoire d’une famille sénégalaise aisée contemporaine. Ça décrit bien la société sénégalaise et ses tiraillements entre modernité et tradition. C’est assez bien écrit et l’histoire est touchante et bien documentée.
C’est super de pouvoir lire de la literature du pays que l’on traverse. Ça permet de mieux comprendre la société dans la quelle on est, les façons de penser des gens et leur façons d’agir.

Le 26.03.2008

Ce matin, Dialo passe avec le régulateur d’allure. Une fois présenté, il faut se render à l’évidence; il est trop grand pour un fonctionnement de l’aérien. Sous le portique, il ne trouve pas sa place.
Pourrait on le racourcir de 40 à 50 centimètres, sans altérer son bon fonctionnement? Je vais chercher sur internet les coordonnées de Windpilot et leur envoyer un mail en leur posant la question.
Nous passons la matinée à bord. Je prepare mon ordinateur nde navigation pour la réunion de cette après-midi. Mimi et moi écrivons quelques cartes postales achetées il y a déjà une semaine!
L’après-midi, je passé le temps avec Chantal et Bernard sur le PC de navigation pour chercher des cartes. Ça prend tout l’après-midi sans parvenir à un résultat satisfaisant. Nous laissons tomber à 21H. Nous avions rendez-vous pour un apéro avec Daam Dour et Lambaréna. Mimi est partie leur dire de reparter au lendemain….

Le 27.03.2008

Dès le matin nous repartons sur le PC et la recherché de cartes. Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que j’ai les cartes nécessaire et détaillées, bien plus que celles que j’ai achetées à Mapmédia pour le Sénégal et pour le Brésil. Voilà, je suis pare grace à l’aide persévérente de Chantal qui se débrouille bien mieu en informatique que moi! Je lui dois une fière chandelle; je la remercie et lui fais une grosse bise!
Juste le temps de rentrer au bateau et je prépare l’apéro. Daam Dour et Lambaréna arrivent par la barque du passeur avec Mimi. Quel plaisir de se retrouver après une absence de leur part de trois mois en France. Nous parlons de choses et d’autres et rigolons bien. Le temps passé vite et il est temps de rentrer pour eux avec le dernier passage de la barque….

Le 28.03.2008

Avec Mimi, nous allons faire des courses à Dakar. Elle cherche une clef Wifi pour capter plus facilement internet. Nous en trouvons une vite. Puis nous cherchons divers accessories pour les sacs qu’elle envisage de faire pour vendre plus loin. De boutique en boutique on noujs renvoie plus loin pour trouver des attaches d’anses… Un magasin nous en procure en allant en chercher ailleurs et en prenant une grosse commission…
Je cherche une alimentation pour le Mac avec prise alume cigare. Le grossiste m’oriente vers un distributeur qui me dit en avoir. J’y vais en taxi et arrive sur place pour m’entendre dire qu’il s’est trompé et qu’il n’en a pas. Des coups de fils répétés au grossiste importateur, me laissent sans piste…
Mimi cherche les accessories qui lui manqué pour ses sacs et elle trouve tout ce qu’el veut, nous sans marcher!
Après nous allons faire un avitaillment à Score qui est moins cher que la boutisque de Hann.
Le taxi passé devant des queues de voitures de plus de 100 mètres devant des pompes à essence qui ont encore de quoi servir quelques voitures… Ailleurs plus d’essence! L’OCI a dépensé les reserves; le Sénégal attend des livraison….
Nous rentrons au bateau. Mimi prépare une sangria, la première de sa vie.
Le soir nous retournons au CVD. Chantal a organize un BBQ avec plus de vingt personnes. Il y a deux navigateurs guitarists qui chantent un vaste repertoire. C’est très joyeux! Chacun chante une chanson sauf moi qui reste bloqué; je ne me souviens d’aucune chanson avec ma mémoire délabrée. Nous rentrons par la dernière navette de minuit!

Le 29.03.2008

Je passe la matinée à m’occuper des photos. Puis je regarde les cartes du Saloum sur le PC. Mais je ne parviens pas à avoir les indications du GPS sur les cartes. Je regarde et vois des fils dessérés. Je les ressère mais ce n’est pas suffisant…
Je vais au CVD. Un navigateur me propose un régulateur d’allure. Je lui demande de le voir et de le montrer à Dialo qui verra pour les measures. C’est OK pour cette après-midi.
Je vois Michel au déjeuner et lui demande de passer voir pour le GPS. Il passera demain en fin de matinée.
Je m’occupe des mails et du site pendant qu’internet fonctionne. Après il faudra que je m’occupe du PC qui a un virus. Il faut que j’actualise les protections.
De quoi s’occuper avant un depart dans quelques jours pour plus au sud, à Warang, village où je venais en vacances en louant une maison. Nous y retrouverons les amis avec grand plaisir!
Trouverons-nous un cyber pour actualiser le site avant quelques temps?
Une demi-journée pour télécharger les mises à jour pour le Mac et des heures pour télécharger un anti-virus pour le PC qui refuse de se connecter au net. Je télécharge donc sur le Mac pour transférer ensuite sur le PC….
Chantal vient m’aider à connecter le PC au net, sans y parvenir malgré tous ses efforts !
Nous reprenons la navette pour rentrer au bateau puis pour aller à bord de Lambarénapour l’apéro.
Lambaréna est une goélette dessinée par Tabarly. Jacques qui a été équipier de Tabarly et le garde dans son coeur, navigue maintenant sur un bateau dessiné par lui. La descente est à l’arrière. Les instruments et la table à cartes sont dans la cabine arrière. Une coursive mène au carré et à la cabine avant. Le bateau fait très cosy. Nous prenons l’apéro avec un punch délicieux préparé par Jacques.
Évidemment, nous parlons bateaux, voyage, départ. Jacques et Adrienne vont partir pour le Saloum lundi.
Nous nous arrêterons un peu avant à Warang, avant de continuer vers le Saloum quelques jours plus tard.
La soirée est bien agréable avec Dominique et Marylène aussi.

Le 30.03.2008

Ce matin Michel qui s’y entend en électricité doit venir à bord pour trouver comment rétablir la communication entre mon PC de navigation et le GPS et l’AIS, pour que je voie sur les cartes où se trouve mon bateau et les navires qui croisent. Seul, je n’y arrive pas.
Mimi part au CVD pour voir ses mails.
À l’heure du déjeuner Mimi me téléphone pour me dire que Michel est déjà au bar et qu’il ne viendra pas! Quel con ce mec qui dit oui puis non, car il préfère boire…
Je vais voir Frédérique qui me dit oui tout de suite et vient par la navette suivante. Nous mesurons ensemble le circuit qui va jusqu’au PC en passant par les ports USB.
Les informations passent alors que le PC ne reconnaît pas le GPS.
En fin d’après-midi, je passe au CVD. Jean me conseille et Chantal aussi. Le soir, je rentre au bateau et j’essaie le PC de Mimi qui est bien paramétré et reconnaît bien le GPS sur la carte. Le PC de navigation résiste.Je compare les tableaux de préférences. Je change des paramètres et ça y est, le GPS est reconnu et je vois la position du bateau sur la carte. Grâce aux aides des différentes personnes, nous sommes enfin en mesure de naviguer! Le départ approche!

Le 31.03.2008

Mimi a des rendez vous avec le tailleur pour avoir ses sacs commandés pour demain soir. Nous partirons mercredi matin! Je vais au CVD pour terminer de nettoyer mon PC des virus attrapés ces derniers jours…
J’ai pris des copies d’écran sur Google Earth du Saloum, de la Gambie et de la Casamance.
Demain nous ferons les dernières courses et partirons mercredi matin pour Warang, 40 miles plus bas sur la côte.
Nous sommes heureux de partir enfin. Ici ça finit par être débilitant; on a l’impression de s’enliser dans une vie factice, celle des blancs plus ou moins à la dérive à Dakar.
Ces jours derniers, une veuve de navigateur, revenue faire des travaux, a disjoncté après avoir fait quelques travaux et epuisé sa caisse, elle a coulé son bateau dans la baie. Des personnes, s’en apercevant, ont sauvé le bateau à moitié plein d’eau et l’ont remorqué près de la plage. Ils l’ont vide. La veuve, Maïté ayant repris ses esprits a mis une annonce pour vendre, brader son bateau… Un rêve se finit durement…
En fin d’après-midi, nous rentrons au bateau. Nous nous armons de courage et le nettoyons à l’eau de mer, à grands coups de sceaux d’eau et de jet avec la pompe électrique. Le sable rouge ruisselle sur le pont. C’est impressionnant, tout ce sang qui coule!

Le 01.04.2008

Mimi va faire le marché avant le départ. Je range et vais après au CVD.
Je suis heureux de partir enfin loin de Hann, ce village gaulois près de Dakar. Ce lieu est débilitant assez vite. Il ne faut pas en abuser. Et puis retrouver les amis, ça va faire du bien ! Salifou doit se libérer pour venir naviguer avec nous. Ça me fait bien plaisir!
Je passe la journée sur les ordinateurs et sur internet. Quelques mails, mais je ne parviens pas à aller sur notre site. Je me fais jeter aussi bien comme administrateur que comme visiteur!
Je ne sais si l’hébergeur est en panne ou s’il y a autre chose?
Nous discutons avec les amis du CVD avant le départ. Mimi de retour de l’avitaillement avec Lise, fait des confitures de mangues avec Lise. Les femmes discutent autour des confitures qui attirent des nuages de mouches.
Les hommes discutent autour des ordinateurs d’informatique et de navigation.
Le soir nous rentrons au bateau. Il n’y a pas une ride sur la baie. Nous avons le choix partir demain au moteur ou retarder d’un jour. Nous partirons donc après-demain. J’appelle Salifou pour le lui dire.
Une bonne salade et au lit avec un bon bouquin!

Le 02.04.2008

Ce matin, il n’y a pas encore de vent, La baie sent mauvais à cause des algues qui se décomposent. Ça sent le poisson mort. Un cormoran a passé la nuit sur une barre de flèche. Toute une partie du pont est jonchée de déjections et d’une boule d’arrêtes! Je nettoie les saloperies de l’hôte indésirable! Mimi nettoie dans le bateau.Je gonfle l’annexe et met le hors-bord. J’essaie en vain de le faire démarrer. Il n’a pas fonctionné depuis plus de 9 mois…
Je l’amène au CVD pour le réviser. Koulibali le regarde. L’essence avait séché et le robinet d’arrivée ne laissait plus passer l’essence. Il nettoie et le fait fonctionner sur banc. Je le ramène au bateau. Mimi envoie des mails à ses amies.
Ça sent le départ. Nous sommes prêts enfin. Il manque juste du vent…