Retour aux Canaries

Posted on janvier 29th, 2008 by Christian

Le 29.12.2007

L’avion décolle à 11h55 d’Orly. Alors il faut se lever pas trop tard pour ranger les dernières affaires que nous ne voulons pas oublier. La trousse de toilette, un peu de linge et surtout des bouquins en français ! Les livres ça pèse vite lourd… Ça ne fait rien. On verra bien à l’enregistrement. J’espère que nous tomberons sur un employé sympa…
Un petit-déjeuner à la maison, par un ciel gris et terne. Les enfants se préparent pour nous accompagner. Un petit moment pour dire au revoir à Midou, le voisin et il faut partir.
A l’aéroport, il y a du monde à l’enregistrement, mais ça avance assez vite. L’employée qui enregistre nos bagages nous fait remarquer qu’à nous deux nous dépassons le poids autorisé de 24 kilos ! Pendant ce temps une autre employée lui parle de ses problèmes. Moi je lui dis que nous partons pour un an ; que c’est la raison pour laquelle nous avons autant de bagages… Bon ça passe et le tapis roulant emmène nous bagages. Ouf ! L’employée voit mon sac à dos et veut peser ce bagage accompagné. Avec les deux ordinateurs, les disques durs, les câbles… Il est trop lourd. Je lui souris et dis que j’en ai besoin pour la navigation… Elle me laisse passer. Tout va bien !
Alors nous prenons un dernier café avec les enfants avant de se quitter pour longtemps. Soudain des voix disent d’évacuer le café et la salle d’attente pour cause de bagage suspect. La police fait reculer et il faut attendre alors que l’heure de l’embarquement et du départ approche. Mais ça ne dure pas longtemps et nous pouvons aller vers l’embarquement et les portiques de sécurité.
Nous embrassons les enfants une dernière fois. Myriam passe le portique qui sonne. Un agent soupçonneux passe son détecteur. C’est bon. Je passe. Mes affaires aussi. On me demande de sortir mes ordinateurs, chacun dans un bac. Ça passe. Mais mon sac à dos avec les disques durs et les câbles est mis de côté. Un agent me le fait ouvrir et dit que ça va être compliqué. Il manie un peu les fils, les objets et finit par aller chercher un instrument qui prend des images ou autre chose. Puis il va vers un appareil qui lit les informations recueillies. C’est bon, je peux passer.
Alors nous allons dans l’avion destination Madrid. Finalement il décolle avec un très léger retard.
Vue de l’Ile de France
Nous voyons la région parisienne un court instant car les nuages la recouvrent et nous passons au-dessus d’une première couche de nuages. Quelque temps plus tard nous passons une seconde couche et voilà le soleil ! Assez vite la fatigue nous gagne et nous dormons une tête contre l’autre. Nous sommes réveillés avant Madrid. Mimi qui est contre le hublot prend des photos.
Environs de Madrid
L’aérogare est superbe, avec une architecture aérienne, légère, aux courbes douces.
Aéroport de Madrid
Nous allons déjeuner dans une cafétéria car dans l’avion nous n’avons pas eu le droit à un repas. LIberia fait des économies.
Juste un temps de faire un tour dans quelques magasins, sans acheter et il faut aller vers l’embarquement pour Tenerife. Pour la porte M et quelques autres il faut descendre jusqu’à une salle de départ d’un métro qui dessert ces portes. En 10 minutes nous arrivons porte M.
Un peu d’attente et l’embarquement commence. Il y a beaucoup de monde car l’Airbus est grand. Il est plein. Et l’on décolle. Le vol au-dessus de l’Espagne puis de l’océan se passe sans histoire ; juste dans le bruit des conversations des Espagnols qui parlent fort.
Au moment de la descente sur l’île nous voyons la mer calme, sans moutons. Puis les montagnes, quelques urbanisations et déjà la piste. L’avion se pose, nous sommes arrivés.
Nous récupérons les bagages puis la file pour les taxis. A la porte de l’aéroport il y a de belles et grandes plantes ; il fait un air tiède. Le taxi nous prend et nous emmène vers la marina. Nous arrivons à Santa Cruz. Nous passons devant le magnifique auditorium, puis la mairie. Nous apercevons les mats des voiliers. Ça y est nous sommes arrivés. Le taxi nous dépose au pied des descentes vers les pontons. Je prends des bagages pour descendre et je vois arriver Dominique, Marylène, leurs deux enfants et un couple d’amis. Nous échangeons des bises et discutons un moment, tout au plaisir de nous revoir. Eux vont au restaurant. Nous préférons aller ranger nos affaires dans le bateau. Le bateau est intact, pas le moindre problème ! Rien n’a bougé.
Nous descendons les bagages ? J’ouvre les panneaux pour aérer. Nous faisons un rapide dîner avec des pâtes bolognaises. C’est pratique d’avoir des réserves d’avitaillement.
Un gros câlin et dodo. Voilà pour la première journée, avec tout le plaisir de retrouver la chaleur, le bateau et un paysage dépaysant !

Le 30.12.2007

Une première grasse matinée sur le bateau, quelle merveille ! Au réveil, le soleil est présent. Le ciel est bleu et l’air est doux ! Le bateau bouge un peu au gré d’une légère houle.
Après avoir paressé au lit, nous prenons un petit-déjeuner avec les moyens su bord.
Dans le port, il y a de magnifiques bateaux. Quelques voiliers qui étaient là avant mon départ sont encore là, mais la plupart sont nouveaux. A côté de nous il y a un voilier allemand en acier, plus long que le mien. Le propriétaire discute un peu avec nous en anglais. Lui va partir dans les prochains jours pour Antigua dans les petites Antilles.
Je range mes bagages et les précieux livres que nous avons réussi à amener sans supplément… Mimi range ses affaires et veut prendre son temps. Je vais faire quelques courses dans un super marché voisin, en ce dimanche matin. Dans les rues les gens se promènent en tee-shirt, en tenue légère. Le soleil est chaud et l’air est doux. C’est très agréable. Dans la rue je vois des arbres en fleur, des lauriers roses en fleur, des palmiers !
Au loin je vois les crêtes aigues des montagnes. Dans le super marché les gens sont aimables.
Je reviens au bateau chargé, avec du pain frais et de quoi attendre d’aller lundi au Carrefour du coin.
Mimi range encore ses affaires. Elle ne se souvenait pas de ce qu’elle avait à bord et a rapporté bien plus que nécessaire. Il y aura de quoi donner au fur et à mesure du voyage.
Un bon déjeuner et une sieste pour récupérer. Le changement de climat est agréable mais fatigue.
Après une bonne sieste et un thé, nous allons voir les bateaux dans le port. Il y a de belles unités dont un voilier tout neuf aux vernis impeccables, aux chromes rutilants. C’est au moins un 90 pieds. J’admire ses formes et son allure générale ! Puis nous allons vers deux vieux gréements. Il y a là le Bounty ; le bateau construit à l’identique pour le tournage du film. Il est là, ventru, massif, avec ses trois mats et ses voiles roulées, touts ses bouts et ses palans de bois !
Le BountyLe bounty
Comment peuvent faire les hommes d’équipages pour manœuvrer un tel bateau qui doit peser des centaines de tonnes ; pas de winchs pour aider à la manœuvre. Des palans en bois et des écoutes d’un diamètre impressionnant. Mimi monte à bord pour visiter. De’s jeunes en train de manger et de boire lui dise que le bateau ne se visite pas. Je leur demande le nombre de marins à bord : ils sont 18 pour naviguer !
De l’autre côté du quai il y a un autre voilier : l’Andersen. Un bateau à coque en acier épais pour affronter les glaces. C’est un trois mats avec toutes les voiles roulées et les haubans et drisses en cordage épais. Un calicot indique que l’on peut embarquer moyennant finance. Quel bateau école, pour former des marins d’un autre temps. Concession à la modernité, on voit un radar fixé à un mat.
L’AmundsenPour ceux que ça intéresse: une école de voile
Pour les autres: La croisière en paquebot
Puis nous allons nous promener le long des quais vers le marché de Noël. Les stands sont nombreux et variés. Des canariens, des sud américains, des asiatiques, des africains proposent des objets de leur pays. Il y a quelques stands avec de vraies jolies choses, le reste est du tout venant. C’est un marché qui reflète l’ambiance du voyage. Je discute avec des Sénégalais. Mimi discute avec une jolie jeune canarienne qui vend des bijoux. On n’achète rien mais la promenade est agréable. Les gens se promènent en tee-shirt, en chemisette et pantalon léger et en jupes souvent mini. Les femmes espagnoles sont volontiers exhibitionnistes ave mimi jupe et décolleté profond. Elles aiment les couleurs rouge et noires.
Nous nous promenons dans l’une des rues principales du quartier piétonnier. Tout le long il y a des magasins et la rue est pleine de gens. Nous flânons un bon moment jusqu’à ce que Mimi soit fatiguée.
Nous mangeons des pommes de terre au four garnies de thon, olives, mais et sauce ! C’est bon, chaud et nourrissant !
Nous nous couchons tôt, fatigués par le passage de l’hiver à l’été !

Le 31.12.2007

Nous commençons la journée par une bonne grasse matinée. Un peu de rangement et de nettoyage et nous allons faire des courses à Carrefour. Nous y allons à pied en nous promenant. Les gens sont nombreux dans les rues à faire les dernières courses pour le réveillon. Mimi rencontre une vielle dame palestinienne qui est venue s’installer aux Canaries 40 ans plus tôt, lors de l’occupation de son village par les Israéliens. Elles parlent en arabe et sont heureuses.
Nous continuons jusqu’au centre commercial. Il y a de belles boutiques. Je trouve un nouveau sac à dos solide, pour transporter mon informatique. Mon sac acheté en 2005 dans le sud-est asiatique se déchirait de plus en plus souvent. Me voilà équipé pour un moment.
A Carrefour nous achetons une couette pour équiper une cabine pour les visiteurs, Manal en premier. Nous achetons un nouveau cabas à roulette pour faire les courses aux escales. Sans oublier un peu d’avitaillement et des douceurs pour Noël. Nous ne trouvons pas d’huîtres et nous rabattons sur du foie gras, du saumon et des gambas !
Pour le retour, au pied du magasin nous prenons un taxi qui nous mène directement au port.
Un bon repas pour reprendre des forces, le rangement de toutes ces nouvelles choses dans les équipets et je vais en ville chercher un sirop pour Mimi qui tousse depuis hier !
Sur le parking du port sous une immense tente, un orchestre répète pour ce soir de la salsa qui balance. L’intensité est très forte. Tout le port et une partie de la ville entendront la musique! Lorsque je passe dans l’axe à près de 100 mètres, je sens mon corps vibrer avec les basses ! Il doit y avoir aussi un feu d’artifice sur le port. Nous serons aux premières loges ce soir !
Au retour je passe voir Dominique qui est seul à bord. Il va bien, mais Marylène est triste du départ des enfants. Comme Mimi elle a du mal à les quitter…
Dominique pense partir vers le 8 janvier vers Dakar, puis la Casamance. Seulement après il passera par le Cap-Vert pour traverser pour le Brésil. Il compte partir avec son voisin de ponton, qui navigue en couple sur une goélette inspirée d’un pen duick. Le skippeur a déjà navigue 300.000 mille en débutant avec Tabarly pendant 18 mois, puis en étant skippeur pour convoyer des voiliers. Je ne sais si nous ferons route ensemble mais nous nous rencontrerons au long du parcours puisqu’il sera assez semblable….
Lorsque je rentre au bateau, je trouve Mimi en train de terminer des confitures de tomates vertes achetées le matin ! Je l’aide à la mettre en pots. Et voilà des provisions pour le petit-déjeuner !
Le soir vient vite à cette saison et à cette latitude, vers 19h. nous évoquons des souvenirs des enfants et de l’année qui se termine…
Nous prenons un apéritif puis vient le repas avec menu spécial à bord : foie gras, grosses gambas sautées à l’ail et au piment, salade, fromage, fruits secs et fruits divers. Pour accompagner ces plats nous avons un champagne espagnol très convenable !
Bonne Année de Mimi!!!
Les souvenirs heureux de 2007 défilent pendant que l’orchestre sur le port enchaîne les salsas sur un rythme joyeux et sensuel. Lorsque minuit approche, on entend quelques pétards dans le port. Les gens sortent de leur bateau. Sur notre bâbord, un Anglais solitaire nous voit et l’on entame une conversation en anglais. Puis il vient nous apporter deux vers de whisky et nous trinquons. Il s’appelle John et voyage seul à 70 ans. Il a divorcé d’une femme « mauvaise » à laquelle il a laissé un million de livres. Il a préféré la liberté en solitaire plus tôt qu’un mariage désastreux. Mimi esquisse des mouvements de danse et la voilà en train de danser avec John sur le ponton.
Mimi et John dansent
Sur un catamaran tout près, des Suisses boivent du champagne. Nous approchons et ils ouvrent une autre bouteille.
Catamaran suisse en fête
Nous trinquons lorsqu’une gerbe de feu d’artifice part de môle d’enceinte du port. Puis une autre, et encore une autre. Le feu d’artifice dure 20 minutes, très nourri, avec un rythme endiablé. Le spectacle est superbe !
Feu d’artificeFeu d’artificefeu-d-artifice-3.jpg
Pendant ce temps il est minuit. Nous mangeons douze grains de raisin comme le veut la tradition espagnole, pour commencer l’année en douceur.
Au douzième coup de minuit un bateau de notre ponton largue les amarres, fait sa manœuvre et quitte le port ! Je suis émerveillé par ce départ ! Quel amour de la mer pour partir ainsi à cette date, alors que chacun s’amuse ! C’est beau et touchant ! Tout un symbole !
Sur notre tribord il y a un couple d’Allemands. La femme sort avec une bouteille de champagne qu’elle me demande d’ouvrir. Elle ne sait où est son mari, quelque part dans le port. Nous trinquons. Nous discutons en anglais. Elle suit son mari et navigue depuis cinq ans. Ils ont beaucoup navigue dans les mers froides, la Baltique, vers le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande. Maintenant ils vont aller dans l’arc antillais.
Sur les bateaux voisins, les gens font la fête, boivent, rient, chantent.
Mimi qui tousse encore est fatigué à 2 heures du matin. Elle ne veut pas venir danser sur la piste au son de l’orchestre et va se coucher.
Je vais voir le spectacle. L’orchestre est parti et un chanteur reste avec une sono et des danseuses. Il y a encore des centaines de personnes ; beaucoup de Sud-américains, des touristes et des canariens. Beaucoup dansent sur le parking reconverti en piste de danse.
Les danseuses ne ménagent pas leurs efforts et leur danse est souvent suggestive, leur tenue aussi. Les gens sont heureux. Tenerife n’a pas lésiné pour le feux d’artifice et le spectacle !
DanseuseDanseuse
Bal 2008
Le temps s’y est prêté à merveille. Cette nuit est très douce, il fait 18° et le ciel est étoilé.
Je retourne au bateau alors que la musique continue. Je me glisse dans le lit et réveille Mimi pour le premier câlin de l’année. Nous nous endormons à 4h30. L’année commence très bien !

Le 01.01.2008

Nous émergeons vers les 10 heures, heureux de se retrouver tous les deux en vacances pour un bon moment sur le bateau. Il fait 21° dans la cabine et le panneau de pont laisse apercevoir un ciel bleu et du soleil !
Nous traînons au lit pour ne rien brusquer en ce début d’année ! Quelques appels et messages des enfants et d’amis qui pensent à nous malgré la distance. Ça fait plaisir ! Nous prenons le petit-déjeuner dans le cockpit au soleil. Comme il fait beau, après la douche, nous restons au soleil sur le bateau.
Dominique et Marylène viennent nous souhaiter la bonne année ! Hier au soir ils se sont couchés plus tôt que nous. Ils sont allés sur le Bounty boire un coup avec un charpentier qui les avait invités. Ils ont visité le bateau, très impressionnés par sa beauté et son état semblable à ce qu’ils avaient vu dans les films dans lesquels il figurait !
Ça fait plaisir de se retrouver et de discuter de voyage, de bateaux, des gens rencontrés…
Après un repas rapide nous faisons une sieste car le changement de climat fatigue. Mimi peut décompresser après les travaux dans son appartement et la préparation du mariage d’Hamassat. Tout s’est très bien passé et chacun est heureux ! Mimi ne peut se lever tant elle est courbatue. Elle frisonne et à mal à la tête. Elle prend quelques médicaments, une tisane chaude avec du miel et elle se rendort.
Je vais me promener un peu vers le marché de Noël. Il y a toujours du monde qui se balade. Mais rares sont les clients… Je rentre dans l’air un peu plus frais du soir qui tombe. Lorsque le soleil est couché il fait un peu plus frais. Mais au total les journées sont splendides.
Après un rapide dîner, c’est une soirée lecture sous la couette.

Le 02.01.2008

Mimi est réveillée tôt par des courbatures, et une petite forme.
Ce matin elle prépare la cabine qu’occupera Manal qui arrive ce soir. Pendant ce temps je vais en ville faire quelques courses. Lorsque je reviens, mimi a reçu de Marylène le prix de son livre qu’elle lui avait dédicacé hier. Elle st toute fière d’avoir vendu en direct son premier livre.
Je prépare un yassa poulet pour midi et ce soir. Notre voisin John vient discuter lorsque nous avons fini le repas. Il raconte sa vie. Il charrie Mimi qu’il trouve sexy ! Attention, j’ai l’œil !
En fin d’après-midi, nous allons dans un bazar chinois et nous achetons des coussins pour le cockpit. Ils sont rouges et blancs. Ça se voit et c’est plus doux pour les fesses et le dos.
Juste le temps de rapporter nos emplettes au bateau et nous prenons un taxi pour l’aéroport.
L’avion de Manal est arrivé ; les passagers doivent récupérer leurs bagages. En effet nous en voyons sortir peu à peu. Manal apparaît dans l’ouverture pur nous dire qu’elle attend ses bagages. Puis la voilà avec son chariot ! Elle semble fatiguée et elle tousse encore bien !
Manal arrive
Ça fait plaisir de la voir et de l’emmener sur le bateau. Le taxi nous fait traverser la ville, puis arrive à la marina. Nous arrivons et Manal découvre le bateau. Elle s’installe avec l’aide de Mimi. Nous dînons et discutons toute la soirée, dans l’air un peu frais du soir. Mimi avait aménagé une jolie cabine pour Manal. Elle sera bien, chez elle.
Manal s’installe

Le 03.01.2008

Grasse matinée pour débuter, puis petit-déjeuner au soleil ! Manal est heureuse de trouver la chaleur. Elle passe la matinée à bronzer sur le bateau puis sur le ponton. Gare au coup de soleil !
Nous prenons le déjeuner dans le cockpit pour profiter de cette belle journée. Rien que de penser au froid parisien, le plaisir de ce soleil en hiver redouble !
L’après-midi est consacrée à une balade en centre ville dans le quartier piétonnier. En fait ce sont les magasins que regardent les femmes ; les mêmes qu’à Paris ou dans toutes les grandes villes ; des magasins de mode les uns après les autres. Les occasions de craquer sont nombreuses, mais la bourse n’est pas illimitée….
Mère et Fille à Tenerife
Nous marchons et piétinons quelques heures avec une pause à la terrasse d’un café. Le soir nous dînons dans un petit restaurant sur la rue. Salade de tomate et des piments doux à la poêle, des sardines et des calamars frits.
Nous rentrons bien fatigués par la marche.
La nuit des moustiques nous agacent et finissent par nous piquer. Demain je mettrai les moustiquaires que j’ai rapportées.

Le 04.01.2008
Au réveil, Manal n’est pas en forme : elle a eu une insomnie et elle tousse encore malgré les médicaments…. Elle déjeune et retourne dans sa cabine. J’installe la moustiquaire dans notre cabine. Nous serons à l’abri la nuit prochaine ! La cage de tulle me rappelle notre dernier séjour au Sénégal. Mimi avait aimé dormir sous la moustiquaire. Moi aussi j’aime ça, c’est dépaysant, c’est synonyme de voyage…
L’après-midi les femmes vont en ville. Moi je vais dans la zone wifi en plein air pour mettre les dernières nouvelles sur le site. Comme il tombe quelques gouttes, je me mets sous un immense caoutchouc dont les feuilles vernissées protègent de la pluie. Puis je rentre au bateau et lis « Les relations de voyages autour du monde » de James Cook. Mimi m’appelle au téléphone pour me demander si je les rejoindrai en ville pour aller au restaurant ? OK, j’y vais et nous terminons la soirée dans un chinois où l’on peut prendre tout son temps car l’essentiel du travail du restaurant se passe en commandes et livraisons à domicile. Nous terminons la soirée à discuter sur le bateau. La météo prévoit du beau temps les deux jours suivants. J’irai donc louer une voiture demain matin.

Le 05.01.2008
Je vais louer une voiture et je reviens prendre le petit-déjeuner. Le temps que Manal se prépare après une nuit d’insomnie et de toux et nous partons. Au port le temps est nuageux avec même quelques gouttes fines. Nous partons vers la Laguna ville proche de Santa Cruz pour prendre la route qui traverse toute l’île dans le sens de la longueur en passant par le Teide, volcan éteint qui culmine à 3718 mètres.
Très vite nous sommes dans les nuages sur la route qui serpente à flanc de montagne. Puis nous traversons et débouchons dans le grand bleu lumineux, au-dessus d’une mer de nuages blancs étincelants.
Mimi et Manal devant les nuages
La route est magnifique. Elle traverse des zones avec peu de végétations, puis la forêt de pins canariens dont le sol est couvert d’aiguilles brun rouge. Par endroits il y a de la mousse vert tendre. Il y a quelques voitures, mais nous sommes tranquilles pour nous arrêter prendre des photos lorsque nous voulons. Nous nous arrêtons au col d’El Portillo dans une auberge. Bien nous en a pris car nous y avons mangé bien sur une terrasse au soleil.
Nous repartons jusqu’à des champs de laves noires ou brunes selon les endroits. Il y a une sorte de sable de granulés de lave parsemé de roches de lave. Mimi soulève des blocs assez gros avec une grande facilité. Elle joue les Hercules à bon compte car ces roches ne sont qu’une mousse solidifiée, pleine de bulles d’air ! Mais ça fait son effet !
Mimi HerculeMimi devant le TeideMimi et moi sur les champs de lave
Nous escaladons quelques roches. Mimi se laisse envahir par le sentiment de puissance tellurique. Moi aussi je suis impressionné et admiratif. De là nous voyons, non loin, le Teide en partie enneigé. Pendant mon séjour à Paris il a fait une semaine de temps médiocre et il a neigé en montagne. Depuis il fait beau mais la neige reste. Le long de la route il arrive de voir une plaque de neige dans les zones qui restent à l’ombre.
Manal devant les lavesManal escaladePlan du Teide et du parc national
Nous reprenons la voiture pour aller vers le Teide. Nous allons jusque2400 mètres, au pied du téléphérique. Celui-ci fonctionne par un tel beau temps. Mais Manal a peur et ne veut pas monter, ni que nous montions… Nous prenons un café et descendons vers le sud-ouest de l’île. Les champs de lave sont magnifiques et très impressionnants.
champs de lavesMimi devant le Teidesquelette de plante sur fond de laveTeide et champs de lave
Puis nous retrouvons la forêt de pins et d’eucalyptus. En descendant nous apercevons plus bas la mer de nuages blancs avec quelques trouées qui laissent voir la mer bleue.
Descente vers les nuages
Nous descendons jusque Las Americas. C’est la plus grande urbanisation touristique de l’île. Il y a une multitude d’hôtels, d’immeubles d’appartements à louer et de villas à louer. Et puis des bars, restaurants, magasins, boîtes… De quoi dépenser son argent sur place… Une sorte de Las Vegas canarien… Manal aime ce genre d’endroit. Nous trouvons une place de stationnement près de la plage. La mer est calme avec un rouleau qui arrive sur la plage. Des surfeurs prennent le rouleau et se font renverser. La plage est de galets. Mimi et Manal cherchent ceux qu’elles veulent rapporter. Je regarde le décor touristique de luxe : Planches de bord de plage avec bancs, jardins de plantes grasses et fleurs, beaucoup de gigantesques sculptures en bronze….
Coucher de soleil aux AmericasLas Americas
Le soleil se couche. Je parle à Mimi du rayon vert que je n’ai jamais vu. Et au moment où le dernier morceau de soleil disparaît derrière l’horizon, je vois nettement, un point vert émeraude et Mimi aussi. Elle n’en avait jamais entendu parler et elle le voit la première fois !
Nous rentrons en prenant l’autoroute qui borde l’île. Pendant le trajet Manal dort. Nous dînons sur le bateau. Là mère et fille se fâchent, la mère disant ce que la fille devrait faire dans sa vie pour progresser et la fille disant que c’est sa vie et que c’est à elle de faire ce qu’elle veut… Triste soirée après une journée dans des paysages si beaux !
Chacun va se coucher et essaie de trouver le sommeil…

Le 06.01.2008
Toute la matinée c’est la crise. A midi je finis par déjeuner seul. Puis j’aide Manal à chercher un billet sur internet pour rentrer plus tôt car elle a du mal à supporter la cabine où elle peine à dormir car elle est claustrophobe… Quelle tristesse, quel gâchis !
Pendant que je fais une sieste, mère et fille vont en ville. Dire que j’avais loué une voiture… Et que nous sommes restés là aujourd’hui !
La soirée se passe dans une ambiance plus détendue. Néanmoins, moi qui n’ai pas l’habitude de ce genre de psychodrame, je reste mal à l’aise.
Chacun se couche tôt pour récupérer.

Le 07.01.2008
Je vais rendre la voiture au loueur. Puis je vais chercher du pain. Je vois que tout est fermé bien que nous soyons lundi… Je demande à une serveuse qui installe les tables sur une terrasse de restaurant la raison de cette fermeture. C’est jour férié. Pourquoi ? C’est la fête des rois, l’épiphanie. Elle m’indique la seule boulangerie d’ouverte. Il y a la queue mais je peux acheter des pains de différentes espèces.
Nous discutons par une matinée couverte, pendant que Manal se fait un masque de beauté. Marylène et Dominique viennent nous inviter à l’apéro ce soir. Marylène dit à Mimi qu’elle a commencé son livre et qu’elle est très touchée et intéressée par l’histoire. Elle en a parlé à une voisine de ponton qui veut l’acheter. Il faudra ne pas oublier de l’apporter ce soir !
Avant Mimi et moi allons nous promener sur le port dans l’espoir de visiter le Bounty qui doit bientôt repartir. Hélas c’est jour férié même à bord. Demain à l’heure que nous voulons.
Du coup nous allons vers le port voyageur et voyons arriver le ferry rapide. Il manoeuvre dans le port et vient se ranger en marche arrière pour s’emboîter dans les rampes de déchargement.
Très vite voitures et camions sortent du ventre du ferry. Les passagers sortent par les passerelles. D’autres voitures attendent pour rentrer, des passagers aussi. La rotation pour les autres îles est rapide !
Nous allons à bord de Daam Dour. Nous retrouvons avec plaisir Dominique et Marylène.
Il y a aussi Jacques et Adrienne leurs amis et voisins qui ont le bateau Lambaréna. Jacques est un marin de 56 ans. Il a commencé pendant son service militaire comme équipier de Tabarly avec Kersauson, Lamazou… Une bonne école ! Il nous dit que la prochaine traversée de l’Atlantique sera la 23 ème. Il a déjà traversé aussi le Pacifique 13 fois et l’Indien 11 fois !!! Il s’est déjà retrouvé la quille en l’air et le mat dans l’eau une fois… Il a été skippeur pendant des années, puis a créé une société de mareyage. Deux infarctus l’ont persuadé de vendre son affaire et de partir profiter des doux alizés avec son épouse Adrienne, hollandaise d’origine Surinamienne. Celle-ci avait demandé que Mimi lui apporte un de ses livres. Mimi lui dédicace. Nous passons une soirée des plus agréables pendant que Manal reste à bord de Diam Rek pour ne pas refiler ses microbes à tout le monde. La pauvre !
De retour à bord de notre bateau nous dînons et discutons voyage. Mimi qui peine à revenir dans cette ambiance après une coupure de trois mois ne me paraît pas bien chaude pour le voyage. Je crois comprendre qu’elle désire se poser dans une maison à nous… Ça m’attriste car moi je ne me sens aucune envie de me poser avant quelques années. J’ai envie de découvertes, d’ailleurs changeants…

Le 08.01.2008

Ce matin, je vais avec Marylène et Adrienne au service du ministère de la santé qui s’occupe du paludisme. Ça fait une bonne trotte à pied le long du boulevard du bord de mer. Là nous voyons une doctoresse qui parle impeccablement anglais. Elle nous prescrit du Lariam, médicament antipaludéen à prise hebdomadaire. La visite est gratuite.
Munis des ordonnances nous allons à une poste qui est dans des quartiers résidentiels, pour payer les médicaments. Nous suivons des ramblas bordées d’immeubles cossus aux belles architectures. Nous arrivons dans un parc aux arbres majestueux avec des fleurs de toutes sortes dans les parterres et des fontaines qui donnent de la fraîcheur par cette chaude matinée ensoleillée. Nous arrivons à la poste, une agence de la poste allemande. Nous payons après une courte attente.
Place aux azulejos
Avec le reçu nous pouvons aller non loin dans un autre service du ministère de la santé. On nous délivre les boîtes de Lariam. Voilà nous sommes parés pour rendre les attaques des moustiques, sinon moins douloureuses, du moins non dangereuses !
Ensuite nous allons au marché municipal. Il est dans un lieu qui ressemble à un souk, à l’architecture andalouse. Les boutiques sont couvertes, autour d’un patio central. AU sous-sol il y a d’autres boutiques dont les poissonniers ! Le marché est superbe et pas cher. Je fais quelques achats, les femmes aussi, et nous rentrons chacun à notre tempo.
Je retrouve Mimi et Manal qui discutent.
Histoires de femmes…
Je fais une ratatouille et des filets d’un joli poisson argenté rayé de jaune. C’est délicieux.
Nous rediscutons avec Mimi du sujet de la veille. Elle me dit que j’ai mal compris et qu’elle parlait de se poser elle aussi après quelques années de voyage. Ouf, ça me rassure !
Manal, qui n’arrive pas à guérir fait, une longue sieste. Nous essayons pendant ce temps de visiter le Bounty. Ce n’est pas encore le bon jour, ni la bonne heure…
Le soir Mimi fait une super paella pour gâter sa fille !
La Paella de Mimi
Puis Mimi et Manal font la valise de cette dernière car demain elle prendra l’avion le matin.
L’ambiance est un peu triste, car la séparation est difficile, tant pour l’une que pour l’autre.
Moi je suis triste aussi de voir partir Manal, mais je suis heureux qu’elle rejoigne son chez elle car c’est une fille des villes, pas une fille de plein air, de bateau….

Le 09.01.2008

Ce matin, je vais louer une voiture pour aller à l’aéroport. A mon retour, Manal a pris sa douche et tout est prêt pour le départ. Le matin, la circulation n’est pas intense pour aller à l’aéroport, il faut 20 minutes. Là bas Manal fait son enregistrement rapidement. Nous prenons un café au lait et des croissants en discutant avant le départ. Quelques dernières photos, des embrassades, quelques larmes et Manal passe le portique de sécurité et disparaît dans la zone d’embarquement.
sourire avant le départ!
Mimi est triste et a du mal à vivre cette séparation. Nous reprenons la voiture pour aller dans un Décathlon, dans une zone commerciale Auchan, non loin de l’aéroport, à La Laguna.
Là je trouve des chaussures de mer pour remplacer celles que je traîne depuis une année, qui n’en peuvent plus et qui font honte à Mimi… Idem pour une veste polaire. Nous achetons quelques équipements de navigation et nous voilà parés.
Nous rentrons au bateau poser les affaires, manger rapidement et nous repartons.
Alors puisque nous avons la voiture, nous nous allons visiter le nord de l’île.
C’est une région montagneuse, que l’on voit du port. La région était sèche et désertique en décembre lorsque nous y étions passés avec Jean-Michel. Cette fois-ci, un mois après, tout est vert. Comme il a plu, la végétation a poussé. Les plantes grasses en forme de main avec des doigts qui n’avaient pas de feuilles en ont maintenant. L’herbe verte est sortie de terre.
Plante reverdie
Cette végétation nouvelle cohabite avec les cactus. Les figuiers de barbarie sont tout gonflés de sève, alors que certains étaient avachis un mois plus tôt !
Vers le Nord nous traversons la forêt de résineux et d’eucalyptus ; ça sent si bon !
Dans un col, on voit une vallée avec un village blotti en son creux. Les maisons sont de toutes les couleurs, au milieu de la verdure. C’est gai et très joli ! Nous sommes loin de la monotonie grise et beige de la France !
Village aux maisons multicolores!
Nous nous arrêtons dans un village pour faire des photocopies d’un dossier sur le palu et autres saloperies tropicales que nous a prêté Marylène.Comme ça nous pourrons lui rendre à temps puisque Daam Dour et Lambaréna partent demain matin. Nous nous arrêtons dans des champs. D’abord des bananiers avec tout un ancien de rigoles d’irrigation. Puis un verger d’orangers sur les quels il reste quelques oranges. Mimi fait un prélèvement. Elles sont très grosses et délicieuses!
BananeraieMimi et son régime!Prélèvement dans l’orangeraieProvision d’orange
Nous rentrons à Santa Cruz et au bateau. Nous posons nos affaires et allons sur Daam Dour rendre le dossier et faire nos adieux. Les quatre amis prennent une caïpirinha. Dominique nous en prépare une comme au Brésil. Un avant-goût de voyage… Nous passons la soirée à discuter voyage. Ils sont prêts pour partir demain doucement pour ménager les femmes, qu’elles ne soient pas malades, les bateaux avanceront avec le génois seulement. Ils veulent partir vers neuf heures, en même temps que le Bounty qui doit partir pour les Bahamas.
La soirée est très agréable. Adrienne a déjà lu le livre de Mimi. Elle la félicite et lui dit qu’elle a été très touchée et qu’elle l’a lu avec intérêt de bout en bout comme un roman. Mimi est aux anges. Jacques qui l’a commencé lui pose quelques questions et dit qu’il est aussi pris par l’histoire et qu’il tire son chapeau à Mimi !
Nous finissons par partir en disant que nous serons au départ et que nous nous retrouverons à Dakar ou au Sénégal !
Nous rentrons à bord de Diam Rek. Nous ne sommes plus que tous les deux, tristes d’avoir perdu Manal puis nos amis… Nous sommes seuls au monde ! C’est la loi du voyage ! Il y a sans cesse des rencontres et des départs…

Le 10.01.2008

Je vais rendre la voiture de location à 8 heures.
Puis après le petit-déjeuner nous allons voir les amis sur le départ. Nous voyons Adrienne qui nous dit que les hommes sont à la police pour faire les papiers de sortie des Canaries et donc d’Europe. Il faut ce papier pour rentrer dans un autre pays, le Sénégal en l’occurrence.
Daam </a/><br />
Nous allons voir le départ du Bounty. L’équipage est déjà à la manœuvre. Les jeunes sont dans les vergues, puis aux bouts et aux palans pour déployer trois voiles.  Deux jeunes femmes d’une vingtaine d’années tirent sur les drisses de toutes leurs force. Elles ne sont pas épaisses, mais elles en veulent et elles sont efficaces ! Mimi pense à sa fille Zahra, qu’elle voit bien ainsi !<br />
</a><a href=Départ du BountyDépart du BountyDépart du BountyDépart du Bounty
D’autres larguent les amarres. Sous l’effet d’un vent léger dans les voiles déployées, le Bounty décolle du quai de l’avant. L’arrière est retenu par la dernière amarre. Très lentement il vire. Un homme largue la dernière amarre et le lourd trois mats en bois glisse sur l’eau grise et bleue sous un ciel chargé de nuages gris sombres !
D’une autre partie du port voilà Lambaréna qui arrive. Jacques est à la barre. Adrienne love les amarres et range les défenses. Nous sommes au bout de la jetée. Ils passent devant nous. Nous les saluons et échangeons quelques phrases : Bons vents ! A bientôt….
Départ LambarénaAdrienne et Jacques
Quelques photos et déjà voilà Daam Dour. Encore un échange de vœux et ils passent devant nous en nous saluant. Ils suivent le Bounty, puis le dépassent. Ils sortent du chenal du port…
Départ de Daam DourDépart de Daam Dour
Mimi verse des larmes : Manal, les amis, bien des départs en peu de temps…
Départ des trois bateaux
Oui les départs c’est triste, mais c’est le prix à payer pour des retrouvailles, pour de nouvelles rencontres souvent si chaleureuses…
Histoire de changer d’atmosphère, nous allons au marché. Mimi ne connaît pas encore. Elle apprécie l’architecture et les boutiques. Elle constate les prix bas de certaines boutiques. Elle se réjouit de la variété des fruits et légumes car il y a tout ce qu’on trouve en France plus bien des variétés des Canaries et d’Afrique. C’est beau pour les yeux et ça sent bon. Les échoppes d’épices sont un régal aussi ! Après un tour pour voir, nous prenons un café au bar du patio central. Mimi reprend ses esprits après les départs. Je regarde les gens qui se reposent : un vieux pépé très digne et bien habillé qui mange des saucisses avec un verre de vin blanc en guise de tapas. Une femme d’une quarantaine d’année très typée andalouse qui discute avec son amoureux, des jeunes qui font leurs courses. Certains personnages semblent échappés d’un film d’Almodovar !
Le café du marché
Nous faisons les courses et trouvons des pots en plastique qui s’accrochent au mur : de quoi fleurir quelques cloisons du bateau au fur et à mesure que nous trouverons des plantes.
Pendant que Mimi rentre au bateau, je vais chez l’électronicien à qui j’ai commandé la batterie pour l’ordinateur qui sert pour le programme de navigation. Il a trouvé pour la commander. Je lui verse un acompte et il la commande. Il faut attendre jusqu’à mardi ! Encore attendre avant de partir plus loin…
Après les courses nous rentrons au bateau pour déjeuner.
Ensuite nous allons dans la zone wifi pour faire le point de nos mails. Nous passons un bon moment à répondre.
Puis je rentre au bateau et Mimi va téléphoner au cyber à ses filles pour un prix très modique.
Nous voilà seuls pour dîner et récupérer de nos émotions.
Ce soir nous prenons chacun un comprimé de Lariam contre le palu. Nous verrons si nous le supportons bien, ou si nous sommes victimes d’effets secondaires trop indésirables.

Le 11.0102008
Après une bonne nuit, nous nous réveillons tôt sans effets particuliers du médicament.
Nous allons donc jusqu’au département de la santé pour une visite de Myriam au médecin prescripteur. La jeune médecin fait l’ordonnance. Nous pouvons aller payer à la poste. Nous prenons les ramblas : c’est une avenue bourgeoise, avec de très belles maisons, de beaux immeubles aux balcons garnis de plantes. Mimi regarde et aime ces avenues ombragées. Il fait 22° à l’ombre, c’est tellement agréable !
Nous arrivons au parc Garcia Sanabria. Grands arbres alternent avec des bosquets de fleurs et de cactus. Il y a de nombreuses sculptures et des fontaines. La fontaine centrale a une statue qui représente une femme au bain avec une forte poitrine. Mimi se met en face et veut que je la photographie à son avantage ! Ce que je fais.
Concours de mensurationsAu parcMimi s’en balance…Jeune fille en fleur
Je vais payer le Lariam pendant que Mimi rentre au bateau pour cuisiner. Ensuite je vais dans une administration de la santé chercher les boîtes de Lariam. Après quoi je rentre par les rues commerçantes qui sont pleines de monde.
Je rentre au bateau et je suis le premier. Quelques minutes après, Mimi arrive sur le ponton. Elle s’est arrêtée acheter un vase puisque je lui avais offert des fleurs que j’avais mises dans une bouteille plastique qui ne faisait pas class !
Mimi prépare des calamars farcis dont elle a le secret : un vrai délice !
L’après-midi nous allons dans la zone wifi. J’alimente le site et réponds à quelques mails. Des amis répondent à mes vœux de bonne année. C’est super de recevoir ces pensées lorsque l’on est loin ! Mimi va dans un cyber qui a des cabines téléphoniques pas chères. Elle peut appeler ses enfants qui lui manquent et leur dire tout son amour.
La soirée se passe agréablement dans la douceur du soir.

Le 12.01.2008
Ce matin j’emmène Mimi chez les ships car elle désire une défense qui sert de marche pour monter à bord. Et puis voilà quelques jours qu’elle maugrée contre l’éclairage du carré trop faible à son gré. Pas de chance il n’y a plus de défense adéquate. Nous en trouverons peut-être à Las Palmas… Question éclairage, j’ai apporté une ampoule longue du carré. 12 volts et 10 watts. Je demande des 15 ou 20 watts. 9a n’existe pas de cette dimension. J’en achète deux neuves pour avoir du rechange au cas où puisque les cabines aussi ont les mêmes ampoules. Je demande des lampes à leds. Un ship en a une qui éclaire trop faiblement et avec une lumière très blanche comme celle d’un néon. Le vendeur me montre des appliques halogènes. Il me montre l’éclairage avec une batterie. Ça semble éclairer bien mieux que les ampoules à incandescence de même puissance. Je prends deux appliques. Le carré sera plus lumineux le soir, sans consommer plus de courant des batteries. Je commande une carte-papier de l’Atlantique sud. J’ai déjà l’Atlantique nord. Je veux voir la traversée des Bijagos au Brésil vers Salvador de Bahia.
Mimi se renseigne sur un centre médical car elle tousse un peu. Les virus de Manal sont vivaces. Moi aussi je sens une légère irritation au fond de la gorge… Le centre en question est même ouvert le dimanche. Si ça ne passe pas nous irons ensemble.
L’après-midi, après une sieste, nous passons par la zone wifi. Je mets sur le site un texte que Mimi a écrit à Paris. Pour l’instant elle peine à reprendre l’écriture. Promis, ça viendra lorsque nous serons partis. De toute façon Mimi dit que nous allons prendre racine si nous ne larguons pas les amarres bientôt !
Le soir, j’emmène Mimi au restaurant turc dans lequel j’étais déjà allé avec Jean-Michel et les amis. Nous sommes toujours aussi bien accueillis.
Mimi au resto turc
Notre table était réservée. Le repas est délicieux. Une danseuse orientale fait deux intermèdes. Elle danse bien. Elle est gracieuse et sensuelle. Mimi reconnaît des musiques syriennes et égyptiennes, des chansons d’amour qu’elle me traduit. Danseuse orientaleDanseuse orientale
Monica, la serveuse avec qui j’avais discuté la dernière fois, vient discuter et perfectionner son français qui est déjà bien meilleur que mon espagnol. Comme elle projette de passer ses vacances en août prochain en France, à Lyon et à Paris, Mimi lui propose de l’héberger à Paris pendant son absence. Monica est ravie. Nous échangeons nos adresses mail.
Mimi et Monica ont des points communs. Deux femmes qui ont émigré dans un pays avec leurs enfants pour les élever seule à la sueur de leur front…
Nous rentrons tard et heureux !

Le 13.01.2008
Un temps magnifique ! Un ciel d’un bleu intense avec un soleil qui chauffe vraiment ! A la mi-janvier, c’est l’été ! Que c’est agréable un temps tout le temps clément !
Hier on a rencontré au supermarché, un Français qui nous a dit son plaisir d’habiter ici en famille. Il disait que les prix avaient augmenté depuis deux ans, mais que c’était moins cher qu’en France. Il faisait de fréquent voyage au pays pour environ 70 euros !
Ce matin nous allons au marché. Le dimanche toutes rues avoisinantes sont pleines d’étals de fripiers, de vendeurs de bijoux, de bricoles, de brocante… Juste un tour pour acheter du poisson et boire un jus d’orange pressée nous flânons dans les rues. Mimi achète un jouet pour un petit garçon qu’elle aime au Sénégal. Il fait bon vivre ici avec la lenteur espagnole !
Mimi au marchéLe marchéAu marchéAu marchéAu marchéAu marchéAu marchéAu marchéAu marchéAu marché
Nous rentrons au bateau en prenant des rues animées. Regarder les Espagnoles est un spectacle en soi. Elles s’habillent souvent de façon provocante et elles assument leurs formes, même opulentes.
Cette après-midi, c’est pour le bricolage. Je change les éclairages du carré. Je fais un filet suspendu au-dessus de la table du carré pour y mettre les fruits pendant les traversées et j’en fais un nouveau au-dessus du frigo pour les légumes. Je fixe des patères dans la coursive tribord pour les cirés. Un petit coup de démarreur et le moteur tourne alors qu’il était au repos depuis plus d’un mois !

Le 14.01.2008
Ce matin le ciel est bleu intense à travers le panneau de pont de la cabine lorsque nous nous réveillons. Mimi a mal à la gorge et elle veut aller chez le médecin. Depuis le temps qu’elle hésite… Je lui fais un gros câlin pour la soigner avec amour. L’amour d’accord, mais le docteur aussi !
Après le petit-déjeuner, nous allons à pied vers le centre de santé que l’on nous a indiqué. En route, nous nous arrêtons chez le ship qui doit avoir reçu la carte de l’Atlantique sud que je lui ai commandée. Oui elle doit être là, mais l’employé qui l’a est parti prendre un café. Ou j’attends quelques minutes, ou je repasse. Nous attendons. Ce doit être le café plus un pousse-café ; mais nous sommes en vacances et Mimi a trouvé une chaise pour s’asseoir. L’employé arrive et il a la carte. C’est une carte roulée, pas une pliante… Qu’importe, c’est la carte que je veux. Je veux la payer, mais l’employée n’a pas le prix. Il faut un certain temps pour le trouver. Je paye et nous reprenons la route après nous être fait confirmer le chemin.
C’est à une bonne distance, mais il fait beau et nous sommes en vacances. C’est sur le boulevard de bord de mer qui est bordé de flamboyants qui ne sont plus fleuris en cette saison mais qui portent leurs longues gousses. Le centre s’appelle «la maison de la mer ». C’est au premier. En haut de l’escalier il y a la queue. Il faut prendre un ticket numéroté et attendre. Alors nous attendons. Au bout d’un temps certain, c’est notre tour. Un employé d’une quarantaine, aux cheveux gris, nous reçois. Nous lui disons que nous voulons consulter un docteur, et que nous sommes français. Nous n’avons pas la carte européenne de sécurité sociale. Mimi l’a oubliée en partant de France. Alors il faut remplir un imprimé. L’employé va le chercher sans se hâter. Il revient sans. Il cherche dans un classeur et ne le trouve pas. Il va demander à un collègue qui n’a pas le temps. Il recherche dans le même classeur en vain. Mimi commence à s’impatienter ; heureusement qu’elle n’est pas dans un état d’urgence ! Une grosse dame, derrière Mimi, s’impatiente aussi et fait remarquer que la queue augmente et que ça n’avance pas. L’employé, imperturbable ne répond pas, va demander l’aide d’un chef qui cherche dans le même classeur, toujours en vain. Ce doit être un formulaire rare dont on ne se sert pas tous les jours. Un Espagnol qui fait la queue entend la réflexion de Mimi, qui compare l’administration espagnole et celle de l’Algérie, et se met à rire.
Bon, l’employé finit par prendre un autre formulaire, qui n’est pas spécial pour les étrangers, et le rempli. Mimi lui donne sa carte d’identité. Il demande le passeport. Je lui fais remarquer que nous sommes en Europe et que ne n’est pas obligatoire. Alors il se contente de la carte d’identité. En fait ce qui l’ennuyait, c’est qu’il ne savait pas où se trouve le numéro de la carte. Or sur l’imprimé il faut indiquer le numéro de la pièce d’identité. Il finit part trouver et remplit le formulaire.
Il va chercher un second formulaire ; celui-ci est une facture. 47,83€. Je lui donne ma carte bleue. Ce n’est pas possible, il faut des espèces. Je lui donne un billet de 50€. Est ce que j’aurai de la monnaie ? Non. Est ce que je peux aller en chercher au bar qui n’est pas loin ? Non ! Alors c’est lui qui se bouge lentement. Il va dans un bureau voisin, revient bredouille, repart et disparaît un bon moment. Derrière ça rouspète un peu car le second employé est parti depuis un moment pour faire sa pose. Alors la queue est longue… Ici les gens présentent leur carte de santé et ne payent rien. Donc pas besoin de lecteur de carte ni de caisse. Nous sommes un cas ! L’employé revient et me rend la monnaie. Il met de beaux tampons sur les formulaires remplis et nous les donne.
Maintenant il faut faire la queue devant la porte au fond à gauche. Nous ne sommes pas les premiers. Les malades passent et notre tour se rapproche. Mais quelqu’un resquille nous semble-t-il, malgré nos protestations. Nous attendons encore un peu et c’est à nous. La grosse doctoresse ne parle que l’Espagnol. Je fais l’interprète dans la mesure de mes connaissances linguistiques médicales. Mimi fait les gestes. Auscultation puis ordonnance. Qu’est ce que j’ai, demande Mimi ? Un refroidissement sans gravité…. Ça c’est précis ! Bon l’ordonnance comporte des antibiotiques, un antalgique et un anti-toux. La doctoresse aux cheveux gras n’inspire ni la confiance ni la sympathie.
Nous prenons le bus et allons près de la marina, sur la place d’Espagne. Il y a une pharmacie et un boulanger. Munis des précieux médicaments et du pain nous rentrons déjeuner au bateau.
Mimi est crevée et fait une sieste. Je l’accompagne un moment.
Soirée de repos pour la malade et de lecture pour moi.
Un voilier de près de 25 mètres, nommé Braveheart, gréé en sloop, s’est déplacé. Il a quitté sa place devant la descente sur les pontons pour gagner le fond du port, en face de nous. Chaque jour en montant des pontons pour aller nous balader ou pour aller aux toilettes, nous passions devant ce magnifique voilier. Un couple l’occupait avec deux employés. Pendant des jours, des semaines, chacun a briqué chaque pièce de chrome pour la polir et sans soute effacer la moindre rayure. J’ai vu un employé polir à la brosse à dents les vis logées dans les trous de fixation du rail d’écoute de trinquette fixé sur le pont, pendant deux jours ! Vu la taille du bateau le rail est long. Et le patron passait examiner le résultat sans jamais sourire. Un gars d’à peine quarante ans, avec une blonde pas plus souriante ! Ce n’est pas drôle d’être si riche et d’avoir un tel bateau pour passer son temps à le briquer. Chaque fois que nous passions c’était la curiosité de regarder la corvée du jour et de faire des plaisanteries entre nous…
Aujourd’hui le Braveheart est au fond du port et il arbore sur son mat de pavillon un pavillon britannique d’une taille à couvrir notre couchette double ! On ne peut pas le rater !

Le 15.01.2008
Ce matin nous allons au centre commercial Carrefour pour faire notre avitaillement d’avant départ en conserves et produit qui se gardent.
Un hyper Carrefour espagnol ressemble à un Carrefour français, mais on ne trouve pas les mêmes choses à l’intérieur. Les conserves de légumes sont pour la plupart en bocaux, les autres en petites boîtes. Le rayon fromage ne comprend que des fromages espagnols, assez peu variés. Par contre le rayon charcuterie est riche. Les jambons entiers sont présentés sur plus de 20 mètres. J’appelle une vendeuse qui m’explique comment choisir. Sur ses conseils j’en prends un de 7,5 kilos pour 39 euros ! Des pâtes, du riz, des conserves de poisson, huile, vinaigre et sel pour conserver le poisson que nous espérons pêcher !
Nous prenons ce que nous pensons nécessaire et même plus et le caddie est plein. 360€ annonce la caissière. Nous laissons le caddie à la caisse et le contenu nous sera livré au bateau demain matin. C’est super pour se simplifier la vie ; et c’est gratuit !
Nous déjeunons dans le centre puis nous rentrons en taxi jusque chez le fournisseur d’électronique marine qui a reçu ma batterie d’ordinateur. J’en profite pour lui rendre les piles rechargeables qu’il m’a vendues et qui sont défectueuses. Il les teste et voit qu’effectivement la plupart ne fonctionnent pas. Il me rembourse.
Nous passons au restaurant turc voir Monica et lui apporter le livre de Mimi. Elle est heureuse de nous voir. Elle lit la quatrième de couverture. Elle est impressionnée. Elle demande quelques précisions à Mimi et lui demande une dédicace. Mimi le fait avec plaisir et lui renouvelle son offre de la loger cet été. Elle nous préviendra par mail. Une bise et nous nous quittons avec émotion….
Un tour en ville pour les dernières affaires que cherche Mimi.
Je rentre au bateau en m’arrêtant à la zone wifi. Daam Dour a répondu à mon mail en mer. Marylaine a lu tout le livre de Mimi en deux jours et la félicite en lui disant qu’elle a un grand cœur ! Je montre le mail à Mimi qui en est très émue.

Le 16.01.2008
Je regarde la météo.Le vent est annoncé autour de 15 nœuds les jours prochains, mais il tournera du nord nord-est au sud-est. Si nous voulons partir il faut partir demain soir au plus tard. Pourquoi pas ce soir !
Les livreurs de Carrefour apportent les provisions. Nous descendons tout dans le carré. Il faut enlever tous les emballages et marquer au feutre les boîtes de conserves. Je transvase les farines, blés, riz, semoule, sucre dans des flacons en plastiques qui ferment bien. C’est résistant et étanche ! Trois heures pour tout faire mais tout trouve sa place dans les équipets !
Miracle ; le bateau contient beaucoup ! Il s’alourdit aussi…

Nous déjeunons à bord puis finissons de ranger.
L’évolution-météo me persuade de partir ce soir tard pour arriver demain matin, avant que le vent ne tourne encore plus à l’est et que nous ne l’ayons en plein dans le nez.
Nous allons sur le net pour prévenir enfants et amis. J’appelle Daniel qui me donne ses conseils de routeur. Je lui pose la question de l’ordre de passage pour aller au Brésil après. Cap-Vert ou Sénégal en premier ? Sénégal me répond-il car pour revenir au Cap-Vert j’aurai du vent portant, alors qu’en sens inverse du Cap-Vert au Sénégal je devrai faire du près tout le temps, ce qui n’est pas toujours facile avec un bateau meilleur au portant. Alors OK, après Gran Canaria, ce sera le Sénégal. Nous y retrouverons Daam Dour, Lambaréna, la Mandragore et peut-être Café Liégeois.
Mimi va au cyber pour téléphoner aux enfants avant le départ.
Mimi et une sculpture de Mitoraj
Nous dînons puis nous essayons de dormir un peu, mais en vain. J’ai fait le plein d’eau, débranché le branchement électrique du ponton, mis l’éolienne en route. Mimi a tout rangé à l’intérieur pour que les objets ne volent pas partout en cas de houle forte. Elle dit au revoir à notre voisin John. Je largue les amarres à un peu plus de 23h. Je bats arrière non sans penser à la marche arrière bloquée à la Goméra et à l’angoisse de Jean-Michel. Marche avant, sans problème. Dans le port il y a 12 nœuds de vent. Nous enfilons le long chenal désert à cette heure, noir sans lune avec tous ces nuages.
L’extrémité du môle arrive, c’est la mer et la houle importante qui fait bouger le bateau. Nous prenons un peu de distance et nous mettons face au vent pour établir la grand voile. Ça remue, en plus les bouts sont rangés avec des nœuds que je n’avais pas pris la précaution de défaire avant. C’est un peu plus long que prévu. Je prends directement deux ris par sécurité et pour ne pas trop gîter, en pensant à Mimi.
J’établis le génois et aussi tôt assis dans le cockpit, je me précipite aux filières, pris par le mal de mer ! Mimi n’est pas mieux ! Difficile départ pour une reprise…
Mais le vent est suffisant, autour de 15 nœuds, quoique un peu plus est que prévu. Si bien que je ne peux prendre le cap 110 prévu. Je fais du 118. La navigation est bonne, mais Mimi a peur à cause de la houle désagréable. Elle va dans la cabine bâbord arrière. Je reste dans le cockpit pour surveiller la mer. Il y a quelques bateaux, ferries, cargos, pas de pêcheurs.
Le spectacle est magnifique : on voit toute la côte de Tenerife avec des milliers de lumières dans les vallées et sur quelques pentes ! Que c’est lumineux ! Là des hommes vivent dans un beau pays.
Devant on aperçoit aussi des lumières au loin, celles de Gran Canaria. La nuit avance et l’envie de dormir est là, difficile à vaincre. Mais Mimi est malade et à peur, ce n’est pas le moment de lui demander quelque chose. La nuit le vent forcit autour de 20 nœuds. Mais hélas il tourne plus est. Si bien que je fais un cap 40° plus au sud. En plus, par trois fois, le vent tourne si rapidement que le pilote ne parvient pas à rattraper et le génois se retrouve à contre.
Je fais la manœuvre pour repartir au meilleur cap possible.
Et je tire des bords. Moi qui étais parti le soir pour arriver de jour, alors que Mimi aurait aimé partir le jour ce qui ne nous lissait aucune chance d’arriver de jour à Las Palmas de jour, il faut tirer des bords et le vent continue à tourner. Il vient de la direction où je dois aller…
Des bords presque carrés qui font qu’au total j’aurai fait 83 miles pour arriver, soit presque le double de la distance…

Le 17.01.2008
Le matin nous sommes à mi-parcours. Mimi qui émerge me demande où l’on est et est catastrophée que nous ne soyons pas déjà en vue du port, comme prévu… Mais la mer et le vent disposent… Le ciel est plombé, pas un rayon de soleil.
Bord après bord avec un bord plus agréable avec une houle de travers et un bord avec une houle de face qui soulève la proue et la fait retomber dans le vide. L’avant embarque des litres d’eau en se relevant, qui dévalent sur le pont. Je retourne aux filières… Quatre fois en tout pendant la navigation, un record !
Vers midi, un rayon de soleil nous donne un peu de chaleur quelques minutes ; quelques autres l’après midi sont fugaces sur la mer alors que l’on voit Cran Canaria sous le soleil.
vue de Gran Canaria
Le dernier bord devrait nous permettre de passer la pointe nord de l’île. Oui, mais c’était sans compter sans un vent capricieux qui passe encore plus est. Bon, cette fois il ne manque pas grand-chose. En plus si on veut arriver avant la nuit il faut mettre le moteur. Je garde les voiles et m’aide au moteur. Même avec le moteur, avec la houle nous ne dépassons pas 3,5 nœuds. Le soleil se couche sur Grand Canaria et c’est magnifique. Les rouges orangés soulignent les différents reliefs des volcans de l’île. Je prends quelques photos alors que je n’en ai pas pris durant le reste de la navigation tant j’étais fatigué et parfois malade…
coucher de soleil sur Gran Canariafin d’après midiun bateau nous double
Nous arriverons vers le crépuscule… La pointe nord de l’île est décrite comme très dangereuse à cause de rochers et d’épaves. Il faut la parer à un mile au moins, ce que je fais en étant toujours un œil sur la carte et un sur le sondeur. Sans oublier des regards fréquents sur la mer et les rouleaux blancs qui naissent par endroits. Je les vois de loin, mais ils sont impressionnants ! Je contourne la pointe et les lumières de Las Palmas sont là sur une vaste étendue. La nuit tombe et les lumières de la ville éblouissent et gênent pour voir les lumières du port. Mimi qui a de bons yeux et qui est remontée de la cabine m’aide. Elle voit l’entrée du port et un bateau sombre qui est proche de nous et cherche aussi l’entrée.
Manœuvre pour affaler et préparer amarres et défenses et nous rentrons dans le port. Nous avions appelé à la VHF en vain. Nous verrons bien. Grâce au guide j’ai le plan du port. Heureusement car l’entrée est immense, large de plusieurs centaines de mètres, un vrai bras de mer ! Il y a quatre ports avec une entrée commune principale. La marina est la première entrée sur la gauche. Je vois enfin des mâts. Mimi voit les bouées rouge et verte plus loin. Enfin un employé répond à la VHF : nous devons aller au ponton d’accueil à bâbord en entrant. Là encore, c’est vaste ! Un ponton libre en face, j’ai envie de m’y mettre, mais l’employé nous fait signe sur le ponton d’accueil. Mimi l’a vu, moi je ne l’avais pas vu.
La manœuvre est simple et l’employé nous aide à amarrer. Il est temps car nous sommes bien fatigués !
L’employé nous donne une clef des toilettes contre deux euros de caution. Les papiers ce sera pour demain à 9 heures. Mimi fait des pâtes que nous mangeons de bon cœur. Un tour aux toilettes et dans la couchette ! Malgré la fatigue il nous faut un moment avant de trouver le sommeil !

Le 18.01.2008
Nous sommes réveillés un peu avant 9h et à 9h précises on cogne sur la coque. Ça recogne ; je me lève et réponds à l’employé qui me demande de faire les papiers. Je vais faire les papiers d’entrée. La secrétaire est occupée avec un navigateur dont le cas est difficile car ça dure.
Marina de Las Palmas
C’est enfin mon tour. La secrétaire a le profil d’un vrai mannequin, grande, mince, grands yeux verts et un magnifique sourire métallique car elle se fait réaligner toutes les dents. On voit pas mal de femmes mûres en Espagne avec de tels appareils, alors qu’en France on fait ce genre de chose sur les enfants.
Je reviens pour le petit-déjeuner. Mimi m’a gentiment attendu. Elle n’est pas en forme. Elle repense à la traversée et me dit qu’elle a eu peur. Elle repense qu’elle m’aime mais n’aime pas la mer… Les mêmes paroles qu’au premier départ. Elle n’avait pas navigué depuis quatre mois. Elle doit se réhabituer de nouveau à la vie en mer et c’est dur pour elle J’espère qu’elle s’habituera et finira par trouver du plaisir, pas seulement au port, mais aussi en navigation….
Nous allons nous amarrer au ponton 16 entre deux bateaux, sans catway, avec pendilles. La sortie du bateau sera sportive… Les voisins nous aident pour régler les amarres et pour nous passer les pendilles. Du coup nous discutons avec des voisins français qui sont là depuis plus d’un mois pour attendre un tangon, puis qu navigateur dont le bateau avait une entrée d’eau et qui voulait continuer avec eux, vu leur bonne entente. Si bien que ce couple l’a accueilli à bord un mois pensant partir à trois, avec un équipier. Et la veille du départ finalement leur soi disant ami a fait venir de l’avitaillement sur son bateau et est parti avec ses copains qui étaient arrivés en avion, laissant ainsi nos voisins désemparés. Ils nous racontent ça avec tristesse. Finalement ils vont en Martinique dès que la météo sera bonne. Joëlle, la femme nous dit son appréhension pour la longue traversée. Avec Mimi elle peut parler sur la même longueur d’onde…
Nous rentrons à bord. Je vais faire ma toilette et je retrouve Mimi pensive, en train d’écrire ses peines et ses souvenirs difficiles de la traversée ! Je tente de la consoler, et j’écris aussi. A chacun son vécu ; j’espère qu’ils seront convergents rapidement…

Position actuelle: 28.07.718N 15.25.575W Las Palmas de Gran Canaria

L’après-midi nous allons au bord des quais dans un café wifi. Quelques mails dont un marquant de mon ami Salifou. Il veut émigrer en Amérique ou en Europe pour gagner sa vie, alors qu’il vient de se marier. Mais la vie est de plus en plus dure au Sénégal avec la concurrence internationale et le néolibéralisme du gouvernement. Dix ans d’efforts sur place pour se faire un revenu régulier qui ne sont pas couronnés d’effort ! Et ce rêve que ce sera mieux dans les pays développés, où la crise sévit aussi, où le chômage et le sous-emploie ne diminuent pas… Nous aurons l’occasion d’en parler lorsque nous nous verrons à Dakar. Je pourrai actualiser ma vision de la vie au Sénégal, car ça fait bientôt deux ans que je n’y suis pas revenu. Tant de temps sans revoir les amis !
Mimi aussi va sur internet sur son PC. Je l’y laisse pour aller à la capitainerie me renseigner sur l’emplacement bateau de Jacques. Car la marina est énorme, 1250 places. Il faut un quart d’heure pour faire le tour de la marina ; que de beaux bateaux, presque tous équipés pour le voyage. Au bureau on m’indique que Frénésie Cool est au ponton 15 alors que nous sommes au 16. J’y vais en repassant par le café wifi. Je le dis à Mimi qui veut rester sur internet.
Je retrouve jacques qui est toujours en train de travailler sur son bateau. Après avoir mis le bateau à sec pour repeindre la coque, il l’a remis à l’eau et il peint le cockpit, la cale moteur.
Frénésie Cool, le bateau de Jacques
Un vrai entretien sérieux, bien fait, méthodique. Ça me fait plaisir de le revoir et de discuter avec lui. Nous parlons bateau et navigation. Nous parlons aussi des compagnes qui peinent en voyage et ont du mal à devenir équipières. Jacques est prêt à assumer la navigation seul. Il a plus d’expérience que moi. Il en est à son deuxième voyage et il est très bricoleur et mécanicien. Moi, j’ai besoin d’une personne qui fasse équipe pour naviguer de nuit, faire des quarts, aider pour les manœuvres de mouillage, d’amarrage, pour la navigation… Je trouve ça sécurisant d’être deux à pouvoir faire les choses, au cas ou l’un ne peut pas…
Nous discutons et le temps passe, je dis deux fois que je vais retrouver Mimi et je reste à discuter.
Mimi appelle, me demande où je suis et m’engueule de ne pas l’avoir appelée pour lui dire où j’étais. Je rentre et c’est la scène. Je m’excuse, mais ça dure…

Le 19.01.2008
Dès le matin il faut des explications. Nous avons deux caractères différents, deux façons de réagir et deux traditions différentes. Mimi sort tout ce qu’elle ressent, tout à trac, et une fois calmée peut dire qu’il ne fallait pas faire attention à ce qu’elle avait dit. Moi je ne dis les choses qu’après avoir réfléchi, en filtrant, et j’accorde une importance aux mots…
Je suis toujours sous le coup des dires négatifs de Mimi sur le voyage, le bateau, la mer, de ce qu’elle écrit dans son journal. Je me sens écartelé entre mon désir de faire ce voyage dont je rêve depuis trente ans, que j’ai préparé longtemps et que je commence, et mon désir de ne pas perdre Mimi. Finalement elle me dit qu’elle est revenue pour essayer une année, en espérant être moins malade, progresser dans la navigation et trouver du plaisir en mer…
Je souhaite vivement que le plaisir vienne ou revienne, car elle en avait avant d’arrêter trois mois. Car la croisière ne peut être une corvée forcée ; ça n’a pas de sens. Et moi, je ne me vois pas m’arrêter avant d’avoir bouclé au moins le tour de l’Atlantique ; je ne pourrais pas me regarder avec une certaine considération ; alors qui pourrais-je aimer une fois atteint dans mon estime personnelle…
Nous parlons avec les voisins français, Francis et Joëlle. Ils indiquent à Mimi un médicament homéopathique qui a changé la vie d’une autre voisine de ponton, Blandine : le Stugeron. Depuis qu’elle le prend elle peut descendre faire la cuisine, chercher des choses dans des coffres en se sentant bien, alors qu’avant elle était toujours malade dans la cabine. Si seulement ça pouvait être efficace pour Mimi !
Je vais faire les courses pendant que Mimi fait de la lessive. Puis nous prenons une douche et déjeunons. Il fait un soleil incroyable !
Nous allons faire un tour en ville. Une rampe monte du port au boulevard de bord de mer. Juste à côté de la marina il y a une grande plage, ratissée du matin, avec des femmes qui bronzent et des hommes jouant au foot avec les enfants et short ou maillots de bain. En janvier ! La plage est grande et il y a peu de touristes, alors chacun a toute la place qu’il veut.
Entre le port ou la plage et la ville il y a une large autoroute avec des passages piétons. Les feux sont longs en Espagne. Le quartier avoisinant est composé d’immeubles modernes, aux architectures variées, mais pas particulièrement belles.
Quartier moderne…
Les rez-de-chaussée sont des magasins assez chics ou même de luxe. Ils ne doivent vivre que du tourisme. Il y a deux grands immeubles du Corte Ingles, les Galeries Lafayette espagnoles. Ce quartier est une ville moderne et touristique sans différences avec d’autres villes, sans charme…
C’est un repérage. Nous irons voir un autre quartier une autre fois. Las Palmas est une grande ville. Il faudra prendre un bus pour aller loin.
En rentrant, nous passons le long de la plage ; des gens sont allongés sur le sable et d’autres les massent sous les indications d’un professeur de massage. Le prof a trouvé un lieu agréable et il économise la location d’une salle !
Plage à côté de la marinaCours de massage sur la plage
De retour au bateau, je fais la cuisine car Jacques vient dîner ce soir. Un ragoût de poulet pimenté. Pendant ce temps Mimi lit des articles que j’avais sélectionnés sur le Cap-Vert et le Sénégal.
Jacques arrive avec sa barbe et ses cheveux décolorés par le soleil ; une sorte de Robinson.
Nous discutons de navigation, de mal de mer, de son précédent voyage au Sénégal, puis de son périple en Méditerranée au Maghreb. Il a longé les côtes algériennes sans visa. Alors il pouvait entrer dans les ports mais ne pas quitter le port. Pour faire ses courses il devait donner de l’argent au policier qui allait les faire ou qui l’accompagnait. Il ne pouvait pas mouiller là où il voulait pour des questions de sécurité la police maritime le faisait regagner un port. Mais les gens étaient toujours très aimables et les côtes étaient magnifiques. Il aimerait y retourner dans une période plus pacifiée.
Soirée à refaire le monde avec jacques
Jacques est un garçon simple qui a choisi une vie de voyage en quittant une bonne profession de motoriste avec laquelle il gagnait bien sa vie. Marie, sa femme le suit car elle aime bien le voyage ; par contre elle ne s’intéresse pas à la navigation. Il va aller au Cap-Vert, puis au Sénégal et au Brésil.Nous nous reverrons plus loin car nous partirons sûrement avant lui.
Le temps passe très agréablement et nous nous séparons à minuit.

Le 20.01.2008
Au réveil, nous entendons le vent mugir dans les haubans. Le soleil est au rendez-vous. Ce serait bon pour naviguer ! Une animation se fait sur le ponton. Un gros catamaran, un Lagoon 44 qui arrive voulait se mettre en face de nous, mais le vent l’en empêche. Il est en difficulté et va contre les proues des bateaux du ponton d’en face. Je vois Jacques qui le retient pour qu’il ne heurte pas son bateau. Les autorités portuaires ont plusieurs gars sur place et un zodiac avec un moteur puissant. Les navigateurs voisins rapprochent les bateaux de bâbord et de tribord pour laisser une place suffisante pour le gros catamaran. La solidarité est en action pour que les bateaux ne souffrent pas. Chacun passe des amarres. On tire dessus pendant que le zodiac tire le cata et peu à peu contre le vent il recule, se met en travers et prend sa place entre les autres bateaux. Un long amarrage le cale définitivement protégé. Aucun bateau n’a été abîmé. Je reconnais le skippeur. C’est le Suisse qui était à notre ponton à Tenerife et avec qui nous avons bu le champagne pour la nouvelle année !
cata-en-difficulte.jpgCata en difficultéCata en cours d’amarrage
Mimi part au café wifi. Je vais la rejoindre
Ce café est très agréable car on peut s’installer et consommer ou pas ; personne ne vous relance. Il y a de la musique et des consommateurs navigateurs pour la plupart.
Je mets à jour l’article du retour aux Canaries. Puis je remets les photos qui se sont effacées la dernière fois lors d’une coupure de connexion à Santa Cruz. Ça prend du temps, Puis j’enregistre et je publie. Je vérifie et ne vois pas la page apparaître en lecture. Je recommence les manipulations, non sans jurer, mais en vain. Une autre personne attend la connexion. Je la lui laisse, j’étudierai plus tard le problème.
Nous rentrons déjeuner au bateau. Après quoi Mimi fait la sieste et je m’attelle à la fermeture des équipets qui ont la fâcheuse habitude de s’ouvrir pendant les navigations et de répandre généreusement leur contenu sur le sol. Je bricole au cas par cas et ça ferme mieux. Nous verrons le résultat. Je change aussi des charnières et des bloqueurs. Nous verrons bien.
Puis je me suis occupé de planter les plantes que nous avions récupérées dans des pots qui se suspendent. Une fois les pots préparés, j’ai cherché les meilleurs endroits dans le carré et j’ai accroché quatre pots aux cloisons. J’espère que ça tiendra pendant la gîte et le roulis…
En tous cas nous avons des plantes qu’il faudra penser à arroser. Ce sera des souvenirs des Canaries…
Pendant ce temps Mimi se lance et fait son premier pain au four. Pendant la cuisson, ça embaume ! Une fois cuit, c’est le test : bravo, c’est bon avec une croûte ferme et une mie tendre ! Pour une première c’est réussi. Nous aurons du pain en mer !
Nous attendons un couple de navigateurs pour l’apéro. Ils ont un Allure 40 en alu, tout neuf et ils sont partis pour des années, sans se presser. Lui a déjà traversé l’Atlantique avec son père qui a fait le tour du monde avec son propre bateau. Une famille de marin !
Le mari m’a demandé un rendez-vous parce qu’il avait vu sur mon bateau des choses qui l’intéressait. Je n’en sais pas plus, et nous les avons invités.
Ils viennent à la tombée de la nuit. Véronique et Michel voyagent depuis novembre à grandes étapes. D’ailleurs de Gran Canaria, ils vont directement à Salvador de Bahia. Lui est jovial, elle très souriante et plus discrète. Lui a une longue expérience de l’Afrique où il a vécu puis travaillé ; alors il va ailleurs. Nous prenons l’apéro en discutant de voyages et de pays.
Puis je lui demande ce qui l’intéressait sur mon bateau. C’est la sangle sur enrouleur que j’ai à la poupe. Il a cherché et n’a pas trouvé. Moi j’ai trouvé et acheté chez Compass. Je lui prête le catalogue. Il va chercher sur leur site internet dès demain matin.
Voilà une rencontre sympa de voisins de ponton. Nous verrons sûrement d’autres personnes attachantes avant le départ pour le Sénégal.

Le 21.01.2008
Le vent dans le port est constant entre 18 et 25 nœuds. La dépression qui est au sud nous envoie tout ce vent. Dès qu’elle sera comblée nous pourrons partir pour le Sénégal. Je reçois un mail de Daam Dour. Daam Dour et Lambaréna sont arrivés à Dakar et disent que tout va bien et que l’arrivée sur Dakar par la mer c’est magique !
Daam Dour et Lambaréna à Dakar!
J’ai hâte de vérifier ça bientôt !
Toute la journée, ça souffle. Je surveille les amarres. La proue manque de toucher la borne de branchement d’eau et d’électricité, parce que je suis juste en face. Je décale un peu l’avant sur bâbord et c’est bon !
Mimi fait la cuisine et m’appelle car la bouteille est vide. Elle tenait depuis La Corugna, donc depuis plus de trois mois de bons et loyaux services. J’ai encore deux bouteilles de 13 Kg d’avance. J’en mets une et la cuisine peut continuer.
Je vais chez les ships qui bordent la marina, pour chercher une bouilloire électrique 12 Volts en solde. Ça économisera le gaz… lorsqu’il y aura du vent ou du soleil pour recharger les batteries. J’achète aussi une lampe solaire qui peut se fixer sur le balcon pour les mouillages.
La soirée passe doucement. Nous ne sommes même pas allés en ville…

Le 22.01.08
La météo est toujours agitée. Le vent m ‘a réveillé cette nuit et le bruit de la proue qui touchait la borne du bord du ponton. J’essaie en vain de régler les pendilles car le vent fort a fait avancer le bateau. Alors je me rabats sur les a&marres avant et je peux faire déporter le bateau sur bâbord suffisamment pour que ça ne touche plus. Je vais me recoucher.
Ce matin, le vent ne souffle plus beaucoup, mais il fait gris.
C’est l’occasion de faire un cours à Mimi sur les premières mesures d’urgence en cas d’homme à la mer. Pour récupérer celui qui est tombé bien que la récupération soit bien aléatoire. Comment appuyer sur la touche MOB (homme à la mer) du GPS ; comment arrêter le bateau ou faire cap sur l’homme à la mer après avoir repéré le cap à prendre ; comment appeler l’aide internationale par la BLU…. Mimi note au fur et à mesure. Nous passons sans cesse du carré au pied de mat, aux instruments…. Mieux vaut savoir que faire même si l’affolement du moment en de telles circonstances doit rendre les acquis aléatoires….
Nous continuerons les jours suivants et nous mettrons en pratique par mer calme à la première occasion….
Nous allons faire quelques courses en villes dans un quartier que nous n’avions pas déjà vu. Tout moderne, aux avenues larges, avec quelques magasins. Je cherche en vain des piles rechargeables…
L’après-midi pendant que mimi va sur internet, je vais chez les ships et j’achète une prise allume-cigare et du fil de 4mm2 pour installer la bouilloire. Je vois une ancre flottante. C’est l’outil de sécurité qui me manque pour ralentir le bateau en cas de gros temps et de surf trop rapide sur les lames. Voilà, en plus c’est moins de 100 euros !
Au retour, je regarde sur Google earth, l’entrée du fleuve Sénégal. Je vois l’entrée et tout de suite la Langue de Barbarie, avec les villages de pêcheurs puis Saint Louis et le pont Faidherbe. Bien avant il y a un ponton, vide sur la photo. Est ce qu’on peut s’y amarrer ?
Mimi au cyber
Je montre à Mimi. Un Français regarde et écoute. C’est Pascal. Il voyage en famille avec ses deux jeunes filles. Parti de Brest avec un bateau alu qu’il a fait construire, il a essuyé ennui sur ennui. Il a dû changer ses deux safrans, sa dérive, pour malfaçon. Il continue mais son année sabbatique est bien entamée et maintenant il songe à aller en Afrique, au Sénégal.
Alors nous entamons la discussion et le soir il passe pour prendre les deux guides que j’ai sur le Sénégal, la Gambie et les Bijagos. Il va les photocopier demain. Il me raconte ses déboires avec son bateau neuf. Il en est déjà à 12.000€ de travaux sans que chantier ni assurance ne se décident à payer ! Je lui raconte mon bateau renversé par la tempête alors qu’il était à sec et ce qui s ’en est suivi, avant d’être indemnisé neuf mois plus tard…. Nous parlons Afrique. Lui a travaillé en Sierra Léon dans l’humanitaire….
Ce soir lecture au calme.

Le 23.01.2008
Au réveil, c’est le calme plat. Pas de vent, pas de houle.
Je vais à la recherche de piles rechargeables. On m’a dit que je trouverai au Corte Ingles. En descendant sur le ponton, je discute avec Jean-Pierre (du catamaran Liberty) qui discute avec nos voisins suisses Marie-Thérèse et Paul. Mimi vient se joindre à la discussion au moment où Marie-Thérèse dit qu’elle suit son homme, mais que ce n’est pas elle qui a choisi de naviguer. Mimi acquiesce ! Pendant ce temps un navigateur désargenté fait un portique avec du contreplaqué stratifié. Bien qu’au mouillage devant la plage, il vient stratifier ses planches sur le ponton avec des outils que lui prête un autre bateau… C’est l’entraide entre bateau.
Une ombre à ce tableau, des bruits circulent que des petits vélos pliants ont disparu des pontons la nuit… Notre bateau est souvent ouvert et pour l’instant tout va bien.
Je trouve les piles rechargeables effectivement au Corte Ingles. C’est plus cher qu’à Paris, mais il n’y en a pas ailleurs….
Je vais au marché central : une merveille, propre et bien approvisionné en fruits, légumes, viandes, poissons, fromages, fruits secs, plantes et fleurs ! C’est superbe ! J’achète poisson et mouton. Ici le mouton est rare alors que poulet, bœuf et porc se trouvent partout.
Je reviens au bateau avec provisions et roses. Le bateau est vide. Mimi est partie en ville téléphoner en me laissant un mot sur la table. Elle ajoute qu’elle a vendu un exemplaire de son livre, sans doute à Marie-Thérèse ! Et de quatre depuis le départ ! Je suis fier pour elle et heureux de tous les bons échos après lecture !
Je mets les roses dans notre vase. Je range les courses, mets les piles à charger et j’écris en prenant un verre de vin blanc.
J’appelle Mimi qui rentrera un peu plus tard. Je déjeune. Pendant qu’il fait jour, j’installe une ligne électrique en 12 volts 20 ampères pour installer une bouilloire au-dessus du frigo. J’arrive à passer le gros fil de 4 mm2 dans la forêt de fils existants. Une ligne de plus !
Je vais rechercher les guides que j’ai prêtés à Pascal. Il est sur son bateau alu au désign modern et surprenant avec ses deux hautes dérives remontées. Je visite le bateau très épuré à l’intérieur, tout blanc. Le cockpit est ouvert sur l’arrière. Avec deux banquettes et des coffres. L’annexe rentre dans la jupe sous le cockpit ! L’intérieur est sur deux niveaux. Il faut souvent monter et descendre…. Pascal et Mary vont aller en Casamance en passant par Dakar. Ils y resteront jusqu’en avril. Ils connaissent un ami qui y vit sur son bateau depuis une dizaine d’année.
Je reçois un mail sur le bateau de Julien et Agnès qui viennent d’arriver à Dakar ! heureux veinards ! A très bientôt avec joie ! Je serai heureux de les revoir avec leur bonne humeur !

Le 24.01.2008
Grand calme ce matin, avec quelques rayons de soleil par les trouées dans les nuages.
Je vais faire quelques courses et acheter un peu d’alcool moins cher ici que dans les pays à venir.
Puis je me mets à écrire un mail à Sophie et un autre à Maxime. Depuis un bon moment je suis mal à l’aise avec leur peine à s’insérer dans la société, dans un travail qui les rende autonome, avec leur manque de dynamisme pour concrétiser leurs projets. Depuis longtemps j’y pense et y repense sans savoir quelle meilleure attitude adopter. J’en discute avec Mimi souvent. Elle a été moins laxiste, comme elle dit, avec ses enfants qui travaillent et participent à l’entretien de la maison.
J’ai eu des discussions sur le sujet avec bien des navigateurs qui ont laissé derrière eux les enfants. Ceux-ci ont dû se prendre en charge, travailler, se payer nourriture et logement….
J’en arrive à l’évidence : trop assister n’est pas aider ! J’écris un mail à Sophie, un autre à Maxime pour leur dire ce que je pense de leur situation qui doit évoluer, pour leur donner des éléments de réflexion et pour leur demander une participation aux charges de la maison. Je pense que ce sera dur pour eux dans un premier temps, mais que ça donnera les résultats escomptés ! Je reste ouvert au dialogue et nous verrons bien !
Dans les préparatifs au départ, j’essaie la VHF. Elle est déchargée. Je regarde la prise allume-cigare sur laquelle elle est branchée. Elle ne fonctionne plus. Bon, je démonte et passe deux heures à démonter tout le devant du tableau. Le fond de la prise est déclipsée. C’est coton pour aller récupérer les pièces dans la forêt de fils ! Avec de la patience et des jurons alternés, j’y parviens. J’essaie alors le guindeau pour relever l’ancre au mouillage de Dakar. Il ne fonctionne pas ! Je prends l’ampèremètre. Et mesure le courant bout de circuit par bout de circuit…. Je démonte des relais et nettoie les cosses oxydées. Finalement il y a un fil de coupé par l’oxydation ! Encore une fois ! Je répare et l’après-midi est déjà écoulée ! Il est 18h…
Un tour au cyber pour copier des photos de Google Earth sur l’entrée du fleuve Sénégal, les mouillages de Dakar, de M’Bour, Warang, le Saloum, les fleuves Gambie et Casamance, les Bijagos. J’ai ainsi des documents couleur complémentaires des plans en noir et blanc des guides que j’ai à ma disposition.
Saint Louis
Soirée lecture qui se termine vite car nous sommes fatigués. Par quoi ? Mystère. Mimi me dit que nous marchons beaucoup et faisons de l’exercice dans le bateau, toujours à monter et descendre… L’explication me paraît insuffisante…

Le 25.01.2008
Le vent est de sud est ce matin. Il continue à tourner. D’ici quelques jours il sera nord-est et ce sera le départ !
Nous allons au cyber. Mimi fait ses mails et ses recherches. Je complète mes recherches sur Google Earth.
Je rentre au bateau chauffer le reste de couscous poisson fait la veille par Mimi. Hier c’était un régal ! Mimi sur internet en oublie son estomac et le mien !
Il fait si beau que nous allons à la plage. Des gens se font bronzer, quelque uns se baignent. Pour nous ce sera bronzage et sensation de chaleur sur le corps avec la douceur su sable fin.
Bateaux au mouillage devant la plageChantier devant le portPlage et mouillageRoyal club nautiqueLes beautés de la plage
Non loin de nous une belle métisse s’enduit d’huile et se fait bronzer. Elle est très bien faite et sa peau brille au soleil. Quatre espagnols se baignent et chahutent…. Voilà la plage en janvier ! Côté mer, des voiliers sont à l’ancre et un peu plus loin des porte-conteneurs sont à quai pour décharger. Au milieu de tous ces bateaux, de petits voiliers prennent le vent avec des jeunes qui apprennent la voile. Tout le monde cohabite sans heurts…
Un tour en ville et nous rentrons. Jean Pierre du Catamaran Liberty, nous a invité à boire un verre avec d’autres voisins de ponton. Certains sont déjà installés dans le cockpit du cata. Toutes les lumières sont allumées, au plafond, dans les marches. C’est somptueux. Il y a un jeune couple de 30 ans, Stéphane et Blandine très sympa, Michel et Véronique que nous connaissons déjà, un couple de suisses avec une fille de 6 ans, très sympa, avec un accent marqué traînant. Ils ont construit leur bateau en six ans. Le bateau est équipé d’une douzaine de panneaux solaire et de deux éoliennes car il a un moteur électrique ! Jean-Pierre est suisse aussi, avec un accent d’un autre canton. Il avait une entreprise de jambon pendant 25 ans. Il l’a vendue et à 55 ans il a acheté un Lagoon 440, très grand, magnifique, et il est parti avec une compagne de rencontre. Il a un cœur gros comme ça. Il est très touchant. Il a préparé des spaghettis bolognaise. Il ouvre bouteilles sur bouteilles de rosé, puis de rouge. Les discussions sur la vie de chacun vont bon train autour de la table. Mimi sympathise avec les deux jeunes qui parlent en fumant des clops roulés améliorés.
Vers minuit les femmes lèvent le camp et les hommes restent. Jean-Pierre sort une eau de vie de cerise qu’il a distillée. Un régal ! Il nous ressert et la bouteille se vide…. Chacun repart à son bord, sans rater le saut entre la jupe du cata et le ponton. Tout va bien !

Le 26.01.2008
Le vent s’obstine au sud est avec 20 nœuds au port. Les bateaux bougent et les défenses grincent entre les coques. Quand ce vent tournera-t-il ? C’est prévu pour le 28 ou 29. Partir me fera bien plaisir. Mimi aussi a des fourmis dans les jambes…
Le matin nous allons sur internet. J’installe UGrib sur le PC de Mimi pour capturer des fichiers météo dans les cybers. Ça prend du temps, mais ça finit par marcher, puisque je ne trouve pas de lecteur de fichier grib pour mac… Quelques mails dont un couple de bateaux stoppeurs qui sont au Sénégal et qui voudraient aller au Brésil. Ils me sont envoyés pas Julien de la Mandragore. Moi je ne compte pas traverser avant fin avril… Je leur réponds dans ce sens en leur souhaitant bonne chance…
L’après-midi nous allons nous promener en ville vers la place Santa Catalina, lieu du Carnaval et des réjouissances. Effectivement, il y a du monde vers 14h30. C’est la sortie des jeunes qui ont dû défiler, déguisées en romaines. Que de jeunes Messalines ! Un bon nombre sont bien enrobées, voire obèses. Les parents tout fiers filment leur progéniture.
sortie de défilé
Sur la place il y a des reliefs en mosaïque qui figurent les drapeaux des pays du monde. Il y a l’Afrique avec le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissao où nous irons. Mimi photographie le Moyen Orient avec l’Irak et les pays voisins dont Israël…
Nous regardons le décor totalement kitch des réjouissances et un grand écran qui retransmet en différé les défilés. Nous allons vers la plage de Las Canteras qui est sur la face ouest de l’île. Elle borde une longue baie urbanisée d’immeubles tous différents et souvent moches. Une longue promenade de bord de mer va jusqu’à l’auditorium tout neuf.
Plage de Las Canteras
Dans l’eau il y a du monde ! Des baigneurs et quantité de surfeurs. En effet il y a des rouleaux qui se forment sur les rochers qui barrent la baie. Les surfeurs tentent de prendre les rouleaux. Certains réussissent et font de belles figures. D’autres perdent l’équilibre et se font rouler ! C’est sportif.
Baigneurs de Janvier!
La plage de plusieurs kilomètres est impeccablement propre. Nous allons jusqu’à l’auditorium d’une architecture moderne et originale. L’espace est parsemé de grandes sculptures. Certaines sont belles, d’autres assez moches. Les acheteurs municipaux ne me paraissent pas avoir un goût bien sûr ! Mais l’investissement des différentes îles des Canaries dans les œuvres d’art est très important, bien supérieur à ce qui se passe en France.
Traces de Raquel WelchMimi en bonne compagnie
Nous refaisons la promenade en sens inverse et le jour baisse. Les couleurs sont majestueuses.
Fin d’après-midi à Las PalmasLe soleil baisse
Nous faisons un arrêt dans un salon de thé. Après une longue promenade ça fait du bien.
Nous repassons par la place Santa Catalina. Il y a l’élection de la jeune miss carnaval. Nous montons dans les gradins. Il y a peu de places libres. Pourtant le spectacle est kitch et tarte au possible avec tous les dieux de l’Olympe…
concours de jeunes miss
Nous rentrons à 21h passées. Bonne ballade !
Des côtelettes d’agneau, un DVD et au lit !

Le 27.01.2008
Soleil et peu de vent, mais toujours de sud est ! J’appelle Daniel, notre routeur pour avoir son opinion sur un prochain départ dans de bonnes conditions. A partir de mercredi ce sera bon. Il faudra longer les côtes à environ 100 miles et ce le vent sera nord à 20 nœuds avec des creux de 2,5 mètres. Je le rappellerai mardi soir pour voir si l’évolution prévue s’est confirmée.
Et ce sera enfin le départ !
Mimi fait une lessive… et des confitures à l’orange. Nous aurons de quoi tenir pour un moment. Pendant ce temps je m’occupe de photos et j’écris.
Après-midi relaxe, à ne pas faire grand chose. Un peu de tension pour ma part comme avant chaque départ. Le bateau a connu des pannes d’alimentation gasoil, des entrées d’eau aussi ça fait toujours une appréhension avant chaque nouveau départ.
Je discute sur le ponton avec les un s et les autres. Olivier et Patricia viennent saluer et annoncer leur départ pour demain matin. Nous échangeons nos mails. Ils vont aller au Sénégal puis au Brésil. Nous nous reverrons sûrement et avec bien du plaisir car ils sont très sympathiques.
Je parle avec Stéphane de son régulateur d’allure. Je lui dis que je pense à en installer un jour, mais que je ne sais pas ce qui conviendrait à mon bateau. Il me dit qu’il y a quelqu’un sur un autre ponton qui navigue depuis 30 ans, qui a créé son propre modèle de régulateur et qui pourrait me donner des conseils. Mais je compte partir très bientôt…
Je discute avec Francis et Joëlle et ils nous invitent pour un apéro ce soir.
Plus tard, nous rencontrons Jacques et Marie. Nous leur disons que nous partirons après-demain si tout va bien. Ils nous invitent à un apéro demain.
Mimi qui a fait tirer des photos de ses enfants, les accroche au dessus de la table à carte avec les photos des miens. Voilà le carré habité par la famille ! C’est super !
Les enfants au dessus de la table à carte
En soirée nous allons à bord du Bavaria 42 Paquito de Francis et Joëlle. C’est un bateau agréable à vivre. Nous prenons un verre et les discussions sur nos vies démarrent vite. Les discussions sont franches, intimes, drôles, touchantes. Les joies et difficultés des vies, dites simplement. Et cette envie de vivre autrement la retraite, avec cette passion pour la mer. Joëlle et Mimi suivent leur homme et sont malade et ont peur parfois de la mer. Pour elles c’est dur, lorsqu’il faut reprendre la navigation… Ce sont des femmes courageuses, mais elles se posent des questions, essaient de se raisonner. Nous décidons de partir ensemble mercredi. Nous ferons route ensemble quelques jours. Après nous nous séparerons. Paquito partira pour le Cap-Vert avec peut-être un arrêt dans l’une des îles ou continuera sa route pour les Antilles.
Nous continuerons à communiquer par radio. Joëlle veut acheter le livre de Mimi. Encore un que Mimi place en en parlant ! C’est super ! Je suis heureux et fier à chaque fois !

Le 29.01.2008
Ce matin je me réveille tôt un peu tendu par le départ de demain. Et puis aussi je veux voir le départ de nos voisins suisses Olivier et Patricia.
Je regarde sur le ponton ; ils sont encore là, au milieu d’un attroupement de voisins de ponton. Je m’approche et dis bonjour à la cantonade. Après réflexion, ils ne partiront que ce soir pour être sûrs d’arriver de jour à Tenerife. Chacun discute. Chantal raconte que le joint de culasse de leur bateau est mort et que son mari court après un rectifieur de culasse… Un moteur qui avait été refait il y a peu !
Après discussion, nous devons aller au marché pour faire l’avitaillement de frais. Mimi donne un pot de confiture à la tomate à Blandine qui lui avait donné un pot de confiture de poire. Bons échanges de ponton !
Au marché central il y a profusion de fruits et légumes. Nous achetons des fruits mûrs et d’autres qui mûriront pendant la traversée. Idem pour les tomates. Le cabas à roulette que nous avons emmené se remplit et devient lourd ! Nous aurons de quoi manger pendant la traversée, même s’il y a pétole pendant un bout de temps ! Des œufs et nous quittons le marché… Jusqu’aux abords où nous faisons une halte pour un café au lait, « un cortado ». Nous voyons Blandine qui passe à vélo, nous lui proposons un café et nous voilà en train de discuter… Les histoires de préparation de bateau, de navigation, de cuisine pour les navigations…. Blandine est bien vivante et très sympa. Elle voyage avec Stéphane depuis septembre et ils vivent de petits travaux sur des bateaux dans les ports. Ils sont courageux et gagnent leur vie en cours de route.
Mimi va dans un « locutorio » cabine de téléphone pas cher pour faire le tour de ses filles avant le départ. Pendant ce temps je rentre au bateau tout ranger dans les filets pour que ça ne bouge pas pendant la navigation et que ça se conserve au mieux.
Les coursesFilet à fruitsFilet à LégumesJambon suspendu
Je vois Francis et Joëlle et nous discutons du départ. Nous irons payer le port ce soir comme ça nous pourrons partir demain sans contrainte. Francis parle de partir avec le génois seul pour que s-ce soit confortable si le vent s’y prête. Pourquoi pas ? Nous verrons demain…
Partant demain, nous ne pourrons alimenter le site pendant une bonne semaine… Il vous faudra patienter que nous soyons arrivés, que nous ayons écrit, traité les photos et trouvé un cyber au débit assez bon pour que tout cela passe sur le site…
Alors nous vous embrassons avec nos pensées les plus tendres !