Bonnes fêtes et excellente année 2008!!!

Posted on décembre 18th, 2007 by Christian

Excellente année 2008!!!

Océan Atlantique Archipel des Canaries

Posted on décembre 4th, 2007 by Christian

Le 25.10.07
Graciosa
La nuit est tiède, étoilée avec quelques nuages. C’est presque la pleine lune. Elle éclaire l’océan et la luminosité permet de voir la mer, les vagues. J’aime bien naviguer avec la lune. En plus elle se lève avant le coucher du soleil, ce qui fait que nous y voyons bien.
Les quarts se succèdent au rythme de 4 heures. Ça permet de bien dormir, mais c’est long de tenir éveille pendant son quart ! Le vent est faible amis le bateau avance bien avec le spi.
Au matin nous voyons sur la carte une belle progression. La mer est déserte, nous sommes seuls. J’essaie de pêcher. La planchette de la ligne remonte. Je pense rapporter un poisson. Je tire. C’est bien léger… Effectivement je remonte la ligne qui a perdu la cuiller et l’hameçon trident. Un gros poisson a mordu et coupé le fil, emportant le reste. Je répare et remets la ligne mais en vain pour aujourd’hui. On n’a pas de la chance tous les jours !
La journée se passe calmement. Pendant que Jean-Michel se repose, je lis. Je continue le roman d’Orhan Pamuk, Neige. C’est un roman magnifique et terrible qui décrit l’état de la société turque, de cet état qui ne respecte pas ses propres lois et encore moins le droit des personnes. On y voit l’affrontement entre les différents courants politiques turcs, islamistes, kurdes. On les y voit s’entretuer. Les personnages sont otages permanents de ces luttes. Cette lecture ne donne pas envie de voir entrer la Turquie dans l’Union Européenne. Elle a de sérieux progrès à faire dans le domaine de la démocratie et du respect des droits humains.
La journée se passe bien. La mer est calme avec très peu de houle, le bateau avance vite, souvent à 7 nœuds. Le pilote qui a eu du mal à se mettre en route, fonctionne bien. Pourvu que ça dure !

Le 26.10.07
La lune se lève entre les nuages qui sont nombreux, puis le soleil se couche dans un calme impressionnant. Je prends le premier quart. Le vent forcit un peu vers 15 nœuds. Je pense à affaler le spi, mais aussi tôt le vent redescend autour de 1à 12 nœuds. Alors je le laisse. Quelques nuages me font peur au cas où ils annonceraient un grain, mais ils se dissipent plutôt.
Jean-Michel prend la relève. Les batteries s’étant déchargées le pilote refuse de continuer. Jean-Michel met le moteur pour recharger les batteries et prend la barre. A un moment il hésite à me réveiller pour affaler le spi. Soudain le bateau passe sous un grain, le spi se met à battre, puis se déchire. Jean-Michel qui est à la barre ne peut rien faire. Il me réveille et j’affale ce qui reste du spi. Une partie traîne dans l’eau. Jean-Michel tire dessus d’un bras, tient la barre de l’autre. Nous arrivons à récupérer tout ; c’est toujours ça !
Graciosa se profile à l’Horizon. On voit des pics de forme géométrique simple avec des plans différents qui sont difficilement interprétables : une île en cache une autre ; Graciosa est devant Lanzarote dont on voit les pics plus hauts.
Alegranza vue de la merGraciosa LanzaroteRivage de Graciosa
Le pilote ne veut plus rien savoir et il faut barrer pour le remplacer.
La première île est Alegranza ; elle est impressionnante avec sa forme de mille feuilles posé sur la mer, haute de 200 mètres, avec une partie effondrée dans la mer. On voit toutes les couches géologiques soulevées lors de l’apparition de l’île par une éruption volcanique. Elle est déserte et sans arbres.
Puis vient Graciosa : une plaine et quatre cratères de volcan. Des plages de sable blond et des plages couvertes de rocs noirs. Personne en vue ; l’impression d’une île déserte. Tout à coup deux silhouettes sur la plage ; non l’île n’est pas déserte. Plus loin quelques maisons blanches en bord de plage. Des toits terrasse comme dans tout le sud de l’Espagne, à la différence de Madère et de ses toits de tuiles. Pas un arbre, si moins d’une dizaine derrière des maisons…
Maison tranquille sur Graciosa!
Plus loin on aperçoit une forêt de mats et une jetée, ce ne peut être que Caleta del Sebo, là où nous avons prévu d’aller.
Nous sommes dans un chenal qui sépare Graciosa de Lanzarote. Il fait moins d’un mille de largeur. Lanzarote le domine d’une falaise de 200 à 300 mètres. Nous rentrons dans le port et nous reconnaissons un bateau de jeunes hollandais. Il nous aide à nous amarrer. Là un Français vient nous accueillir et nous fait visiter le bateau qu’il vient d’acheter. Il leur plait c’est le principal car il est dans un état déplorable…
Une personne de la sécurité nous dit que nous ne pouvons rester à la place que nous occupons car un chalutier va venir s’y mettre. Nous devons repartir. A force de discuter, nous obtenons de nous mettre dans un endroit improbable à côté de la cale de sortie des bateaux. L’amarrage est peu facile et il va falloir laisser de la marge pour le marnage….
Nous nous installons à la nouvelle place. En face, à terre, un petit village de maisons basses à toit terrasse, toutes blanches ! Un vrai décor de cinéma. Les rues sont toutes en sable. D’ailleurs elle ne sont pas longues ; elles donnent sur la mer à un bout et sur le désert à l’autre extrémité !
Marina de Caleta del SeboRue de la SociedadAutre rue de la Sociedad
Un premier coup d’œil nous laisse découvrir quelques boutiques et quelques restaurants. Car des ferries apportent des vagues de touristes.
Un navigateur vient nous saluer. En discutant nous parlons de nos ennuis de navigation et de notre spi éclaté. Claude se présente, il est navigateur et aussi voilier. A bord de son bateau il a sa machine à coudre et du tissu à voile. Il peut nous réparer notre spi. Il vient voir, nous dit qu’il y a du boulot, mais que c’est faisable et que ce sera solide. Il nous en coûterait une centaine d’euros. Marché conclu ! Mais avant il nous faut laver notre spi pour le dessaler.
Claude le voilier
Nous allons aux sanitaires et dans la douche nous douchons le spi ! Après il faut le faire sécher sur le pont !
Puis nous allons manger au restaurant avec Claude. Le resto est une vraie escroquerie pour touriste. Cher et pas bon alors qu’on mange si bien en Espagne !
Nous sommes fatigués et pressés d’aller dormir.

Le 27.10.07
Claude vient pour voir précisément le spi. Il faudrait une pièce pour l’étaler au sol et travailler. Il faudrait aussi de l’électricité pour la machine à coudre. J’ai repéré que le chantier d’à côté a des prises électriques. Je vais voir. Je demande si on peut se brancher à un homme qui ponce la peinture vieille de pièces de bateaux. Il me répond par signe et me fait voir un fil qui court vers un bateau à sec. Je lui pose une question sur une éventuelle rallonge. Il me fait des signes que j’ai du mal à interpréter. Voyant que je ne comprends pas il enlève son masque et essaie de dire quelque chose, mais je constate qu’il est muet… Je le remercie et m’en vais. Depuis à chaque fois qu’il me voit passer il me salue et me pose des questions pas signes.
Je vais voir la gardienne et lui explique nos besoins. Elle nous dit qu’il n’y a pas de salle… J’avais repéré sur les quais une salle d’attente désaffectée pour les passagers des ferries. Je lui demande si on peut s’y mettre. Pas de problèmes. Avec Claude, nous allons dans la salle, pour étaler la laize déchirée. Claude prend les mesures nécessaires. La gardienne revient nous dire que le responsable du port dit que nous ne pouvons rester dans la salle. Je lui dis que nous n’en avons plus pour longtemps… et nous continuons juste le temps nécessaire.
Pendant ce temps je cours aux toilettes car depuis la veille au soir j’ai une colique pénible…
Jean-Michel aide à découdre les parties déchirées, puis va aider Claude pour reconstituer une laize jaune qui désormais intégrera deux triangles vert de tissus neuf…
Le soir nous mangeons à bord. Je répare un ragoût de bœuf avec carottes et pomme de terre et du riz. En mangeant nous discutons et nous racontons nos vies. Claude qui est très sympathique nous raconte des épisodes de sa vie. Il a été voilier, pour le nautisme et le parapente. Il a aussi été travailler en Algérie dans la menuiserie industrielle, puis au Cameroun dans l’exploitation forestière pendant près d’un an. Nous parlons Afrique à n’en plus finir. D’ailleurs il voudrait aller en Casamance et aux Bijagos lui aussi. Il a travaillé aussi en Indonésie et nous comparons nos souvenirs. La soirée passe vite et nous nous séparons ravi de cette rencontre.

Le 28.10.07
Nous nous réveillons tard mais l’heure d’été change et nous sommes une heure plus tôt qu’hier ! Je commence à préparer les photos et les textes pour alimenter le site. Claude vient chercher le spi pour se mettre au travail à son bord. Il repart aussitôt. Je me remets à l’écriture. Jean-Michel va explorer le village.
Après déjeuner, nous voyons arriver Café Liégeois avec Stéphan et Sylvie et leur deux garçons.Ils viennent au port car leur moteur chauffe et Stéphane a décidé de le déposer pour l’ouvrir et voir ce qui le fait chauffer. Il dit ça très calmement. Je suis admiratif ! Je suis aussi heureux de les revoir.
Café Liégeois
Après déjeuner, le soleil tape dur. Jean-Michel n’aime pas la chaleur pour marcher. Alors je pars seul pour explorer l’île. Je commence à longer la mer par les rues du village. La vue est splendide. Je comprends les gens qui ont acheté une maison pour être tranquilles dans un décor superbe.
La SociedadMaison de la Sociedad
Toutes les rues sont en sable. Quelques plantes grasses poussent et fleurissent.
Rare plante en fleurPlante grasse
Puis je me dirige vers l’extérieur du village, vers le désert. Il y a des dunes de sable avec de nombreux coquillages qui indiquent que jadis le niveau de la mer était plus haut et couvrait la plaine.
Sol jonché de coquillagesvegetation-rabougrie1.jpg
Des plantes s’accrochent entre les dunes, toutes sèches pour la plupart. Mais certaines sont vertes ou même fleuries. Pourtant la pluie est très rare ici !
Le cône du volcan que je veux voir de près
Je marche dans cette sorte de désert sous le soleil du début de l’après-midi. C’est très agréable. Je vois le cône d’un des quatre volcans de l’île. Je me dirige vers lui. Surprise tout d’un coup, car je vois de la verdure, au loin, le sommet d’arbres. J’approche et je vois des jardins en plein désert, au pied du volcan, entourés de palissades pour les protéger du vent. Des bananiers, des goyaviers, des figuiers et puis des légumes avec des jardins de terre volcanique noire, ratissée au cordeau !
Dans les jardins du désert
Un couple de vieux agriculteurs y travaillent, la tête couverte du chapeau typique de l’île en forme de double cloche. Quel travail pour faire pousser avec de l’irrigation fruits et légumes dans un endroit aussi sec et isolé !
Je continue vers le cône du volcan. Je vois une entaille, une sorte de vallée de ravinement avec en son milieu une fumerole fossilisée. Je veux voir ça.
Une an cienne fumerolle
Alors j’entame l’escalade sur les flancs de lave et d’éboulis. Il y a des pierres de lave noires, rouges et brunes. Par moments le pied dérape et je me retrouve un peu plus bas. Je cherche les roches dures qui tiennent. J’arrive près de la fumerole toute de lave grise. Je suis heureux de voir l’action d’un volcan en toute sécurité. J’aimerais bien en voir un en action aussi, ce sera pour plus loin.
Arrivé à mon premier but, j’ai envie de monter plus haut, pas au sommet, mais à un point ou la lave en refroidissant a ménagé des grottes, des bulles. Allez encore un effort. Je souffle mais encore un effort. J’arrive à cet endroit où la lave brun jaunâtre a déposé une croûte avec des bulles d’air qui ont ménagé des sortes de grottes, de bulles vides qui tiennent encore par miracle. Je marche dessus avec précaution. Ça tient. C’est certes friable, mais ça tient.
la lave pleine de bulles
Une fois là j’ai envie de monter au sommet. Il ne paraît pas loin, cent mètre peut être.
Le sol est plus friable ; une sorte de granulés de laves et de roches qui tiennent par miracle. Je dois trouver le bon angle d’attaque. Je dérape parfois, mais je gagne de l’altitude et finis par arriver au sommet. Que c’est beau la haut ! D’un côté on voit une enfilade de deux cônes de volcans avec la mer de chaque côté qui brille au soleil qui baisse déjà. Le premier cône est sombre et profond. Il est bien circulaire.
Cônes de deux volcansCônes en enfilade
De l’autre côté, côté nord, le cône est écroulé vers la plaine et plus loin il y a un autre cône de volcan dans les beige, qui descend doucement vers la mer. Tout Graciosa est devant moi. Magnifique paysage qui vaut largement la montée !
Du haut du volcanLes jardins au pied du volcan
C’est en vivant une expérience que l’on peut ressentir ce que cela donne, apporte, ce que l’on vit vraiment. A chaque fois que je vis quelque chose en direct je ne le regrette pas. Les livres apportent beaucoup ; ils permettent de rêver, de ressentir des choses émouvantes. Mais la vie en direct c’est autre chose, les sensations sont d’un autre ordre. Il n’y a pas concurrence, c’est complémentaire.
Après avoir admiré un long moment le paysage, c’est la descente qui commence. C’est moins dur que la montée, mais plus casse gueule. Les endroits friables, pulvérulents font que je glisse et manque de dégringoler assez vite et assez bas… A éviter absolument. Une pierre glisse sous mes pieds et continue une course d’une centaine de mètres…
Je recherche les endroits où les roches sont dures. Des marches en somme… Je redescends peu à peu. Soudain une douleur dans le genou droit m’arrête. C’est une faiblesse qui revient. Ce foutu genou n’aime pas travailler dans les descentes. Alors je descends en faisant attention et en faisant travailler surtout l’autre genou !
Je remarque des mousses et des lichens accrochés sur des pierres. Un peu de rosée a dû les faire pousser… C’est beau. D’en haut je revois les jardins au pied du volcan et le désert. Je vois des cyclistes sur une piste qui m’ont vu et qui me regardent descendre.
Devant moi il y a une faille qui me barre le chemin. Je cherche le passage. Je descends dedans en sautant et je profite de la faille de lave plus rigide pour descendre plus facilement.
Je retraverse le désert et arrive au village puis au port.
Barque de pêcheurBeau cactus!La sociédad avec Diam Rek
Je téléphone à Mimi qui a froid à Paris alors que je transpire ici. Elle va bien mais a de plus en plus hâte de revenir à bord. J’appelle Patrick et Renée qui débutent leurs vacances de la Toussaints près de Chambord chez Françoise, mon ancienne épouse. J’ai des nouvelles des trois qui m’envient, alors qu’ils étaient invités et n’ont jamais osé venir…
Je regarde les photos sur ordinateur et revis mon escalade et le paysage magnifique.
J’écris aussi pour le site et ça frappe sur la coque.
Je sors et vois Christophe de Harem qui vient aux nouvelles. Nous échangeons nos dernières aventures et promenades. Il veut aller demain escalader le volcan.
Il m’explique pourquoi dans le port il n’y a que deux pontons pour les voiliers et que sur les pontons il y a robinets d’eau et prises électriques qui ne fonctionnent pas : Les ports de Lanzarote étaient submergés ; la grande île a fait pression sur Graciosa pour aménager son port pour les voiliers ; le port a installé deux pontons et les pécheurs qui ne voulaient pas de voiliers dans leur port, ont bloqué le port ; une négociation s’en est suivie avec pour résultat un compromis ; il n’y aura que deux pontons, sans eau ni électricité et le port sera débloqué ; ce qui tient toujours…
Je rentre et écris un peu et ça retape à la coque. C’est Julien et Agnès de La Mandragore qui viennent saluer et échanger les nouvelles. Ils me racontent qu’ils sont passés par les islas desiertas et ont mouillé dans un endroit où ça ne tenait pas. Ils sont repartis et se sont arrêtés aux Salvagens en mouillant. Voulant repartir ils n’ont pu relever l’ancre coincée par un rocher.
Julien a pris une bouteille et a plongé à 15 mètres. Il a mis un moment à décoincer l’ancre effectivement coincée par un énorme rocher. Sans bouteille il perdait son ancre.
Ça me fait plaisir de les revoir. Ils viennent voir les photos du volcan. Puis ils repartent en nous invitant ce soir. Je lui dis que nous attendons Claude et le spi qu’il a dû réparer…
Effectivement, un peu plus tard Claude arrive en annexe avec le spi. Il fait nuit nous l’enverrons demain pour voir le résultat. En attendant c’est l’heure de l’apéro. Pendant ce temps je fais la cuisine et nous mangeons ensemble en discutant de choses et d’autres de façon bien agréable.
Puis comme j’avais promis à Julien qui a un problème de couture sur son génois, de lui présenter Claude, nous allons à bord de la Mandragore avec Claude. Julien et Agnès nous accueillent avec une bouteille de vin blanc de Lanzarote. Il est sucré et fruité à souhait. Nous discutons des expériences vécues par les uns et les autres. Le temps passe vite et de façon plaisante. Nous quittons le bord tard pour regagner notre Diam Rek toujours à la même place, pas fermé, sans problèmes.
Voilà la dure vie de navigateur voyageur ! Il est temps de fermer les yeux !

Le 29.10.07
J’appelle Laurent pour avoir des nouvelles de l’envoi du calculateur du pilote. Il est parti vendredi seulement ! Il devrait arriver demain à Lanzarote… si les grèves dans les transports français ne le bloquent pas… Vu de loin Sarkozy a quelque mal à faire passer ses réformes…
La matinée se passe en discussions. Je vais sur le ponton où est le bateau de Claude. Sur le chemin de sable, je croise Agnès de La Mandragore. Je discute avec elle de choses et d’autres et je lui demande si elle fait du dessin puisqu’elle a fait les beaux-arts. Oui me dit elle. Elle dessine un carnet de bord sans projet précis ; elle verra plus tard ce qu’elle en fera. Ce serait super un beau carnet de voyage édité !
Sur le ponton, je croise Catherine de Harem. On se dit bonjour et l’on s’embrasse. Puis on discute du voyage. Christophe et elle se sont rencontrés il y a dix ans dans un stage de voile et depuis dix ans ils pensaient partir voyager en bateau. L’opportunité s’est présentée lorsque tous les deux n’ont plus eu de travail. Ils ont acheté un bateau neuf et ont embarqué avec leurs trois petites filles. Justement Catherine me dit qu’avec deux filles qui n’arrêtent pas de se chamailler, c’est difficile. Parfois elle a envie d’en attacher une à la proue et l’autre à la poupe ! Rien que de normal quoi, du moment que je ne passe pas à l’acte ! dit elle. Justement je l’avais remarqué sur les quais parce qu’elle me paraissait une bonne mère s’occupant bien de ses filles ! Je lui demande s’ils vont au Cap-Vert. Ils hésitent encore, ils aimeraient bien, amis dans un programme d’une année il faut faire des choix… Pourquoi une année seulement puisque aucun travail précis ne les attends ? Catherine me répond qu’ils pensent parfois à prolonger, mais est-ce bien raisonnable ? Il n’y a qu’eux pour pouvoir répondre… En tout cas elle ne se voit pas voyager beaucoup d’années car à 5 sur un bateau de 12 mètres ça finit par être exigu…
Je vais voir Claude. Dans son bateau, Jean-Michel s’occupe de découper les bandes de renfort pour le spi, puis de leur marquer un pli contre le rebord de la table. Pendant ce temps Claude tente de démonter son inverseur (qui est la boîte de vitesse du bateau). Un joint a lâché et de l’eau de mer se mélange à l’huile. Il veut lui éviter l’oxydation avant de partir pour Paris faire un boulot de deux mois pour remplir sa caisse de bord. Je l’aide en lui passant des outils lorsqu’il en a besoin. Claude est un manuel et il n’a pas peur de faire la mécanique lui-même.
Claude et son inverseur
Son bateau est aménagé de telle sorte que le cloisonnement sépare des espaces tout en donnant une vision jusqu’à l’avant. Chaque bateau est différent ; chaque propriétaire a trouvé ses solutions, ses compromis pour l’aménagement qui lui convient.
Claude a acheté une coque pontée en ferrociment et a terminé le bateau à son idée et navigue avec depuis 7 ans. Mais cette année, c’est le vrai grand départ sans date de retour.
Je propose de faire la cuisine à notre bord et qu’il vienne manger avec nous pour gagner du temps. Ce que nous faisons.
L’après-midi je fais une sieste puis lis un peu pendant que Claude coud le renfort du spi avec Jean-Michel. Après je vais au cyber. Il y a des postes et deux câbles pour ceux qui veulent brancher leurs machines. Je choisis cette solution pour alimenter notre site et vous donner des nouvelles avec des photos. Maintenant que j’ai retrouvé la méthode, vous pouvez voir les vignettes et en cliquant dessus vous voyez la photo en plus grand format. La manipulation est un peu longue pour chaque photo, mais le résultat en vaut la peine. Il faudra que je me lance dans une mise en page plus travaillée… Tout viendra en son temps.
Le voyage est une occasion d’apprendre beaucoup de choses que l’on ne sait pas encore faire. C’est le cas sur le bateau. J’ai pas mal de livres de navigation, des manuels techniques pour les différents appareils et je les lis lorsque j’en ai besoin pour rechercher une solution à ce qui me pose problème.
La navigation fait appel à des connaissances de navigation pure, de mécanique, d’électricité, d’informatique et d’électronique, de radio, de menuiserie, de bricolage divers et j’en oublie…
De quoi s’occuper tout le temps. Alors la plage ? Je n’ai pas pris un bain depuis Pornichet ; par contre je me suis bien promené le long des plages. Et toujours avec plaisir !
J’appelle Mimi pour avoir de ses nouvelles et pour lui rappeler qu’aujourd’hui c’est le second anniversaire de notre rencontre ! Le temps passe vite ! J’ai l’impression que c’était avant-hier et en même temps que nous avons partagé tant de choses que nous sommes un vieux couple. Je lui redis mon désir et ma confiance que ça dure.

Le 30.10.07
Le mois va se terminer. Encore un mois passé en voyage et en navigation. Je ne vois pas le temps passer. Les grandes vacances se prolongent. Je mesure la chance que j’ai, que je me suis donnée. Je reçois des mails des enfants et d’amis de France qui commencent à avoir froid, pendant qu’ici c’est l’été !
Ce matin Jean-Michel va escalader le volcan proche avec Julien et Agnès de la Mandragore.
Moi je peux lire, écrire et faire des courses.
Je lis « La fiancée pakistanaise » de Bapsi Sidhwa. C’est un roman très sensible et dépaysant sur la société pakistanaise. C’est très bien écrié avec une grande sensibilité, une vraie humanité.
Puis je veux aller au cyber. En voulant quiller le bateau je m’aperçois qu’une amarre a lâché ; elle a ragué et a été coupée par le quai en béton. J’aperçois Christophe ; je l’appelle. Il vient me donner un coup de main pour faire un nœud et je règle l’amarre. Après quoi nous allons boire une bière à l’un des cafés du port. Nous discutons agréablement comme si on était de vœux amis. Il me quitte pour aller à la plage avec ses filles.
Je veux aller au cyber qui devrait être ouvert, mais est fermé…
Qu’à cela ne tienne, je vais faire quelques courses pour manger. Je reviens au bateau et commence à cuisiner pour plusieurs. Jean-Michel m’appelle ; il revient de ballade et me demande si on peut inviter Julien et Agnès. Avec plaisir. On pense aussi à aller chercher Claude. J’avais fait des pilons de poulet à la tomate avec des petits légumes sautés ; c’était juste la quantité nécessaire. Pendant le repas ils ont commenté leur marche jusqu’au sommet du volcan. Ils étaient heureux de la marche et ils ont bien mangé et bu.
L’ambiance est bien agréable. Claude part demain pour une île voisine pour prendre un avion pour la France. Nous nous partirons pour Lanzarote et Julien et Agnès partiront bientôt pour Lanzarote aussi. Et que la fête continue !
Après-midi de sieste et de lecture pour moi avec un passage au cyber pour consulter la météo sur plusieurs sites en vue d’un départ demain ; après-midi avec Claude et Julien pour Jean-Michel. Ils aident Claude à terminer tout ce qu’il veut faire pour préparer son bateau à rester deux ou trois mois seul ici pendant son séjour en France. Et puis qu’ils l’aident, Claude trouve le temps de recoudre une bordure du génois de Julien qui est tout content ! Voilà de l’entraide efficace.
Le soir nous dînons tous ensemble au restaurant autour de Pizzas plus canariennes qu’italiennes. L’atmosphère est très agréable. Evidemment nous parlons bateau et navigation.
Il y a un peu de nostalgie de se quitter demain. Claude part pour la France, Julien pour un mouillage et nous pour Lanzarote.
Même les gens qui paraissent en marge par leur itinérance sont des êtres sociaux. Nous remplaçons les manques dùs à l’éloignement de la famille, des amis, par d’autres liens qui sont forts bien que fugaces entre deux départs.

Le 31.10.07
A 8h, le ferry qui dessert les îles emporte Claude. Nous faisons chacun de grands gestes d’amitié…
Départ de Claude
Je téléphone à Laurent pour savoir où est le colis du calculateur du pilote. S’il est à Lanzarote nous partons, sinon nous restons encore un peu ici. Laurent ne rappelant pas, Jean-Michel va au cyber pour voir le suivi sur le net. Mais il faut attendre l’ouverture soir 11h. De retour, mauvaise nouvelle. Le calculateur est à Madrid après être passé par Liège pour éviter les grèves de Paris. Quand sera-t-il à Lanzarote ? Mystère…
Alors nous restons.
Christophe et Catherine de Harem, viennent non loin s’amarrer pour faire le plein d’eau. Nous échangeons adresses de blog et de site et nous suivrons avec plaisir nos aventures! J’espère bien que nous nous reverrons plus loin, car ce sont vraiment des personnes super et une belle famille!
Catherine de Haremchristiophe et son Harem!
C’est l’occasion de dire au revoir à Julien et Agnès qui viennent avec La Mandragore faire le plein d’eau avant d’aller un peu plus loin au mouillage. Nous nous suivrons sur internet sur nos sites et par mail, espérant nous revoir bientôt.
Après déjeuner je termine le roman « La fiancée pakistanaise ». C’est vraiment très beau et très évocateur d’une sensibilité si différente et d’une façon de penser toute basée sur un code de l’honneur encore en vigueur dans quelques parties d’Europe…
Lorsqu’il fait chaud j’aime bien aller marcher dans le désert. C’est sec ; les arbustes sont rabougris et beaucoup sont morts.
La végétation est sèche ou morte
Je vais vers un volcan. Leurs formes pures me plaisent et m’attirent. Je rencontre une ferme avec un cochon qui est en liberté et des chevaux dans un corral. Des chiens aboient. Je continue et arrive sur un tumulus de pierres probablement projetées par le volcan. Au loin on voit la mer bleue et verte sous le soleil. Un chalutier rentre vers le port. Sur le retour je croise deux paysans qui vont travailler leurs champs. L’un pousse une brouette chargée dans le sable. Quelle volonté de s’accrocher au pays même s’il est dur d’y survivre !
Paysans allant aux champs
Déjà le soleil est plus bas sur l’horizon. Nous sommes ici depuis dimanche dernier au temps universel, une heure avant la France. Cela fait de longues soirées. Plus on va vers les tropiques plus la nuit tombe tôt, autour de 18h. Cela laisse de longues soirées pour les discussions et la lecture. J’aime ce temps de rencontre vivantes ou écrits, ces temps de découverte d’autres mondes, d’autres personnes.

Le 01.11.07
Encore un mois d’écoulé, qui est passé si vite, dans ce temps suspendu des vacances !
Au lever Jean-Michel me dit qu’il vient de penser que l’on est un jour férié et que nous ne pourrons pas partir peut-être avant lundi. Je sors la tête pour voir les alentours ; je vois le bureau de la capitainerie ouvert. Je me précipite. Le capitaine du port est là, et toujours très aimable, il me fait l’addition et je paye. Je lui demande le tuyau d’eau et il me l’installe. Nous pouvons passer le jet sur le pont du bateau qui est devenu noir, couvert de poussière de lave !
C’est agréable de le revoir blanc !
Nous allons dire au revoir à Stéphan et Sylvie de Café Liégeois que nous avons bien apprécié avec leur deux garçons. Nous nous promettons de nous retrouver plus loin et au Sénégal et tout cas ! Stéphan arrive bientôt à bout de ses ennuis de moteur qui chauffe et il viendra à Lanzarote très bientôt.
Café Liégeois
Stéphane nous aide à larguer les amarres et nous quittons le port de Graciosa. Nous prenons le chenal qui sépare Graciosa de Lanzarote vers le nord-est. La falaise de Lanzarote est abrupte et sombre ; c’est un mille feuilles de couches différentes.
Falaise mille feuilles
Nous contournons la pointe nord de l’île et longeons la côte est. Il y a peu de vent et il est arrière. Mais en tangonnant le génois en papillon, ça avance à 5 nœuds.
Pointe nord de Lanzarote
Nous arrondissons trop la pointe de l’île, bien que j’aie tracé la route plus au large. Soudain le sondeur indique que les fonds remontent très vite ! Si vite que ça tape : nous talonnons. Vite nous faisons gîter le bateau et mettons le moteur pour accélérer la manœuvre. La semelle de la quille du bateau touche trois ou quatre fois puis le bateau est libre, il repart plus au large. Que ces instants paraissent longs et qu’ils sont désagréables ! Je prends la résolution de passer toujours plus au large des pointes rocheuses. Pas de risques inutiles !
La première impression est que l’île est grande ; elle est longue de plus de 45 miles et elle est hérissée d’une multitude de cônes de volcans, plus ou moins arrondis. Presque toute la côte est rocheuse et la falaise tombe à pic dans la mer. Très près du bord il y a plus de 100 mètres de fond. Les urbanisations sont nombreuses. Ce sont d’abord des villages de maisons, puis des complexes d’immeubles, particulièrement là où il y a un peu de plages de sable blond.
Nature sauvage et urbanisations
On voit des immeubles qui sont des barres de plus de 100 mètres en pyramide pour que chaque appartement aie balcon et soleil…L’île n’a pas le côté sauvage de Graciosa, bien que le paysage soit de même nature… il y a le tourisme de masse en plus.
Voilà Arrecife, la capitale. C’est étendu avec beaucoup d’urbanisation et un port de commerce. Il y a 4 paquebots de croisière à quai, qui ont dû décharger leurs touristes. L’un est vraiment énorme. Il doit contenir plusieurs milliers de touristes ! D’ailleurs il fait hurler sa sirène et une demi-heure plus tard nous le voyons quitter le port pour sa prochaine escale.
les paquebots de croisière
Nous approchons de l’aéroport. Nous voyons des avions arriver toutes les deux minutes ! D’autres repartent. Quel trafic. Les Canaries reçoivent 8 millions de touristes par an ! C’est la principale ressource des îles.
C’est sûr que nous ne recherchons pas ces lieux de tourismes de masse. Je pense que nous allons avoir du mal à y échapper dans les Canaries. Ce sera l’occasion d’aller mouiller dans des criques tranquilles.
Nous continuons en tenant la barre puisque le pilote est devenu inopérant. Nous approchons de notre destination Puerto Calero. Nous rentrons dans la Marina et nous nous mettons au ponton d’accueil.. Je vais à la réception : pas de place ! et le préposé me montre une la liste d’attente de trois pages ! Je lui dis que nous attendons un colis à la marina. Je lui laisse mes coordonnées pour qu’il me téléphone lorsque ce sera arrivé…
Et nous repartons plus au sud à 10 miles environ il y a une autre marina où il y a de la place : Marina Rubicon. C’est là où voulaient aller plusieurs bateaux que nous connaissions à Graciosa. Bon nous établissons les voiles de nouveau et en route. Nous arriverons après la tombée du soleil, ce que je n’aime pas. D’ailleurs le soleil se couche sur Lanzarote et le paysage est très beau auréolé de rouge.
Nous contournons la pointe sud de l’île. Cette fois nous prenons très au large car les rochers dangereux avancent de plus de 100 mètres après la falaise !
Une large baie se dévoile avec de nombreuses lumières. Il y a beaucoup d’urbanisations car il y a du sable blond et des fonds qui descendent lentement. Marina Rubicon est devant nous. Nous entrons après avoir appelé à la VHF avoir demandé en espagnol s’il y avait une place et s’être entendu répondre dans un bon français que nous pouvons entrer et qu’on nous aidera !
J’ai des progrès à faire pour mon accent espagnol !
Le ponton d’accueil est dominé par la capitainerie, mais surtout par un bar restaurent ! Quelle invitation à consommer. La secrétaire me reçoit avec une grande amabilité et me donne force papiers, documentations, plans. Tous les services sont sous la main !
Nous allons au ponton qui nous est indiqué. Une fois amarré nous regardons autour de nous.
J’ai l’impression d’être dans un Disneyland. Tout autour il y a des bars, des restaurants, des boutiques, un shopping center, des tennis, une piscine géante… et des bateaux de voyage.
Nous pourrons découvrir demain ce nouveau monde qui nous entoure.

Position actuelle : 28.51.460N 13.48.931W Marina Rubicon Lanzarote

Le 02.11.07
Je passe une partie de la matinée à bord sur le réseau wifi du port en profitant de la journée d’essai gratuite. Bonne occasion pour mettre à jour le site et pour aller voir un peu l’actualité du monde. L’actualité est en toile de fond en voyage, mais lointaine. Les préoccupations sont d’un autre ordre, sauf pour choisir le prochain pays à visiter. Paix et bon accueil sont des critères essentiels. Eviter les périodes de coup d’état, de guerre civile, voire de guerre…
Je décide d’aller faire un tour de la marina. C’est la première marina de ce genre que je vois. Tout est récent. Elle est ovale avec tout l’espace environnant conçu en même temps. Une promenade la borde. Elle est bordée de restaurants, de boutiques et de parterres de plantes grasses et d’arbres. C’est vraiment bien fait et beau.
places et jardins de la marinaPiscine de Marina RubiconPlantes de la marina
Il y a un shopping center, un bowling, des tennis, un mini golf, une piscine, une discothèque…
Pour que les touristes s’amusent tout est prévu. Au prix de changer le paysage et transformer une ancienne plage en marina. Un ancien propriétaire n’a pas voulu vendre et laisser la place. Sa maison est restée, encerclée par la marina, à la place de la plage où il avait sa barque de pêche…
La résistance en action!
Plus on avance vers les pontons des gros bateaux, plus les boutiques sont de luxe. Je regarde une chemise. Elle coûte 105 euros. Heureusement il n’y a pas la couleur que j’aurais aimée ; voilà une belle économie !
Au ponton des grosses unités, il y a de splendides voiliers entre 15 et 20 mètres. Des bateaux de rêve. Il y a un nouvel Amel 54. Il est le plus petit du ponton !
Il n’y a pas à dire les Espagnols ont le sens du tourisme ! Rien à voir avec ce que fait la France, avec ses deux mois de haute saison. Ici c’est toute l’année et ça tourne à plein. Beaucoup d’employés parlent trois ou quatre langues ! ils ont le sourire et sont aimables…
La France a de sérieux progrès à faire en ce domaine…
L’après-midi, nous allons au village. Distant d’environ deux kilomètres, il est relié par une voie de promenade piétonne en bord de mer. La baie est calme et belle, avec quelques bateaux à l’ancre. La promenade longe la mer et est bordée de pierres de lave noire, taillées et assemblées. Quel travail ! Le résultat est beau, majestueux. Le noir au soleil est superbe, pas triste. C’est tellement plus beau que du béton. C’était déjà le cas à Madère pour les entrées de tunnels, les rebords de route…
La promenade est bordée d’hôtels resorts5 étoiles avec des jardins. Les bordures montrent toutes sortes de cactus énormes. Certains ont des épines impressionnantes. Attention à ne pas tomber dessus ! Côté mer il y a une plage artificielle en forme de croissant, avec du sable blond bordé de blocs de lave noire. Des rangées de parasols et de chaises longues et beaucoup de touristes.
Plus loin côté terre ce ne sont que restaurants et bars. Tous rivalisent d’architecture et de décoration originales. Les bâtiments sont blancs et l’architecture générale fait penser à ce que j’ai vu de Disneyland. Nous sommes ici dans le monde du rêve et du business. Tout est pensé pour satisfaire le touriste et éveiller en lui des désirs.
Nous arrivons au village. Les restaurants laissent la place à des boutiques de toutes sortes. Articles de plages, souvenirs venus du monde entier et que l’on trouve de nos jours dans tous les centres commerciaux, des appareils photos et toute l’électronique, alcools et tabacs.
Aux Canaries, le commerce est hors taxes.
Jean-Michel a un appareil photo qui refuse de fonctionner depuis qu’il est tombé avec sur les pentes d’un volcan de Graciosa. Il regarde une boutique puis une autre. Il y en a plus de 50…
Tous proposent des appareils très peu chers. Mais lequel choisir ? Lequel correspond le mieux à ses besoins. Toutes ces boutiques sont tenues par des indiens ; c’était déjà le cas à Madère, et souvent le cas au Portugal. Les Indiens sont prêts à marchander les prix, avec leur calculette. Ils affichent leur prix ; on peut prendre la calculette et y inscrire son prix et en quelques échanges on arrive à un prix qui convient aux deux parties.
Je demande le prix d’un casque pour le baladeur qui égaie les quarts de nuit : 39 euros. C’est cher, je repasserai. Alors 25 maintenant ! me dit l’Indien.
Toutes les premières rues du village côté mer ne sont que boutiques et restaurants. Derrière ce sont appartements, résidence et hôtels ! L ‘industrie du tourisme tourne à plein !
Malgré les odeurs alléchantes des restaurants, nous rentrons dîner au bateau. A moi de faire une cuisine qui vaille le resto. Pendant ce temps Jean-Michel prépare un punch musclé !

Le 03.11.07
Jean-Michel va faire de la plongée, ce matin. Il a fait des formations et a le niveau deux. Ici il peut plonger à 30 mètres et voir des poulpes ce qui lui plairait bien.
Pour ma part je commence un nouveau livre : Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Encore un nouveau décor, l’Italie du sud fin 19ème début 20 ème. Mais une même société, traditionnelle. Tous ces livres que je lis en ce moment disent la difficulté de l’émergence de l’individu dans la société traditionnelle qui ne supporte que le collectif et le semblable…
Après déjeuner, je vais à la piscine. Là les doigts de pieds en éventail sur une chaise, je lis, je bronze et avant de cramer tout à fait, je plonge dans une eau fraîche. Le fond est bleu comme le ciel.
Je bulle!
Autour de la piscine des adultes se font bronzer et discutant. Seuls des enfants se baignent dans le petit bain avec des cris joyeux.
J’attends avec impatience le moment où je pourrai passer des heures dans l’eau chaude des îles, des lagons. Avec un masque et un tuba, je pourrai voir des poissons et le chasser…
En attendant j’ai du mal à retrouver une aisance d’ans l’eau. Je me fatigue vite en nageant. Il va me falloir retrouver les gestes coulés et l’entraînement…
Lorsque je rentre au bateau, Jean-Michel est là avec un CD de photos sous-marines que lui a obligeamment copié son binôme de plongée. Je peux ainsi voir une partie de ce qu’il a vu par près de 30 mètres de fond, tout près de la marina. Pas d’algues ni de coraux, mais du sable et des rochers et des poissons et autres habitants des fonds.
Etoile de merCalamarPoissons
Il a même vu deux épaves, l’une d’un voilier et l’autre d’un chalutier. Et puis un visiteur étrange : un sous-marin qui est basé à la marina et qui emmène les touristes voir les poissons sous la mer et parfois les plongeurs !
Epave et sous-marinsous-marin et plongeur
Voire les photos donne envie de voir en vrai toutes ces merveilles. Mais pour cela il faut apprendre progressivement. Si je reste longtemps en voyage, c’est sûr que j’apprendrai à plonger. Ça me serait utile aussi pour sauver mon ancre parfois lorsqu elle se coince entre des rochers et que même avec un orin il est impossible de la remonter…
En soirée nous retournons au village toujours à la recherche d’un appareil photo adapté pour Jean-Michel. Moi je pense à Mimi et j’achète un casque pour le baladeur, car elle aime bien écouter de la musique pendant les quarts de nuit et un casque est plus agréable que des oreillettes.
Je pense souvent à ma compagne qui me manque. Elle s’occupe de son livre, où plutôt elle attends de s’en occuper car la maison d’édition la laisse dans un flou complet quant à la promotion… Alors quand pourra-t-elle revenir à bord ? Patience ! Un bouquin, comme un bébé, ça met du temps à venir et après il faut s’en occuper…

Le 04.11.07
Journée relaxe, journée d’attente du pilote sur place. Journée sur le net, sur le site à essayer d’améliorer et de compléter les rubriques du site. C’est long car il faut maîtriser le programme que je ne connais qu’à peine. Jean-Michel m’aide.
Nous sommes connectés tous les deux avec une seule connexion payée. La secrétaire qui vend les connexions pour 24h à 5 euros, donne un mot de passe et un login. Elle m’en avait offert un et j’en ai acheté un autre. Je remarque que seul un chiffre change et qu’il a l’air d’être près du précédent. Jean-Michel essaie un chiffre voisin et bingo, ça marche !
Je repense aux rencontres agréables faites depuis le départ et je recherche des photos pour la rubrique rencontre.
Nous y passons un bon moment avant de s’apercevoir qu’il est le temps de déjeuner !
De nouveau sur les problèmes informatiques non résolus ce matin, le début d’après-midi y passe. C’est long pour faire ce que nous voulons, mais le plaisir d’y parvenir même imparfaitement donne du plaisir !
Pendant ce temps Mimi est avec ses filles parisiennes et la mienne à la maison autour d’un repas fait par Sophie ! Ça me fait plaisir qu’ils puissent se réunir même sans moi avec plaisir.
l’entrepôt de SophieLa fête en mon absenceAutomne à la maisonAutomne au jardin
Mimi fait le tour du jardin. C’est l’automne, les feuilles tombent et les fruits font ployer les branches ! Puis Sophie fait visiter l’entrepôt (mon ancien atelier) qu’elle a peint et installé à son goût. Beau travail !
Je vais à la piscine pour trouver un peu de fraîcheur, tant le soleil est chaud ! Jean-Michel m’y rejoint. Nous nageons un moment dans une eau limpide et fraîche.
Je continue la lecture de mon roman sur l’Italie des Pouilles. C’est très bien écrit, avec sensibilité et avec un découpage alerte digne d’un film. Dans une société traditionnelle, les hommes vivent durement et l’individu n’est qu’au service de la famille, du clan. Toute attitude contraire mène à la mort rapide !

Le 06.11.07
La journée commence avec l’impatience de savoir où est le colis du calculateur que nous attendons. Une visite sur le site Internet du transporteur nous apprend qu’il est toujours à Madrid depuis le 30 octobre… Alors commence le jeu de piste. Sherlock Holmes à côté, ce n’est rien !
Coups de fil en France à Laurent qui l’a envoyé, à une amie pour qu’elle se renseigne, au transporteur. Les infos se contredisent ou se complètent selon les conversations.
Il serait bloqué en douanes, à Madrid, ou aux Canaries, où aux Baléares ! Pourquoi les Baléares ? Erreur ! De qui, personne le sait. La piste des Baléares semble se confirmer. En plus il serait en douanes là-bas… Le transporteur va le réacheminer sur les Canaries. Nous redonnons l’adresse. Mais il fait que la douane le redonne… Le transporteur parle de 48 heures lorsqu’il l’aura récupéré…
Une journée entière pour en arriver là, après de nombreux coups de fils et des passages par des émotions diverses : colère, incrédulité, désespoir, résignation, espoir….
Nous n’avons plus qu’à suivre l’affaire de près pour que le transporteur ne s’endorme pas et à garder moral et patience…
Le soir nous recevons des mails de deux bateaux. De Daam Dour qui viendra demain dans la marina. De Café Liégeois qui viendra aussi demain mais le soir. Nous serons bien heureux de les revoir !
Pendant la journée Jean-Michel qui est toujours à la recherche d’un appareil photo, a fait un aller et retour au village pour aller acheter l’un de ceux qu’il avait vus et dont il avait regardé les bancs d’essai sur Internet. Il va dans le magasin qui l’avait et avait le caisson de prise de vue sous-marine. Finalement l’appareil photo est bien là mais le caisson non alors que le vendeur lui avait dit l’avoir. Le vendeur veut lui vendre l’appareil seul, puis un autre appareil plus cher qui n’a rien à voir. Jean-Michel revient une fois de plus bredouille. Il regarde de nouveau sur Internet les qualités de d’autres modèles.
Après dîner nous y retournons ensemble. Ça fera toujours un peu d’exercice, une balade de quelques kilomètres. Le manège recommence. Le vendeur d’un autre magasin qui fait un bon prix sur l’appareil retenu, n’a pas le caisson contrairement à ce qu’il avait affirmé d’abord, et veut vendre l’appareil seul, ou un autre plus cher…. Jean-Michel est excédé et n’achète rien. Nous rentrons dans le vent léger du soir.

Le 07.11.07
Ce matin il fait un beau soleil comme chaque jour, mais les volcans que l’on voit derrière la marina ont les sommets enrobés de nuages. On dirait qu’ils sont enneigés ! Le soleil éclaire les murs de lave noire de la marina. Les plantes respirent la fraîcheur relative du matin. Le thermomètre du bateau indique 23°.
Dès le matin la recherche du pilote reprend. Visiblement nos appels téléphoniques agacent et l’on nous envoie balader, on nous fait attendre. Ça traduit un malaise. Une chef finit par avouer que le transporteur ne sait pas où est le colis… mais qu’ils le recherchent….
Je suis excédé, d’autant plus que Jean-Michel est venu naviguer et non rester dans les ports à attendre… Je me renseigne par téléphone et internet pour trouver un calculateur aux Canaries.
Je n’obtiens que des répondeurs et j’envoie des mails ; il n’y a plus qu’à attendre des réponses. Si je trouve aux Canaries à un prix raisonnable, je l’achèterai sur place tout en étant désolé pour Laurent qui l’aura envoyé pour rien. Je pense qu’il pourra le replacer sur un autre bateau en France…
Histoire de nous détendre, nous allons à la piscine. Là nous voyons passer un couple de navigateurs que nous voyons depuis Porto Santo. Ils sont assez farouches si bien que nous ne connaissons pas leur prénom. Ils ont un catamaran Lagoon. Le prix d’une nuit dans les ports étant bien cher à cause de la largeur du bateau, ils restent en général au mouillage. C’est encore le cas cette fois-ci. Ils visitent à terre et sont là. Ils nous parlent de leur visite en voiture de l’île, de ce qu’il y a d’original à voir. Il semble que les curiosités soient très fabriquées pour les touristes et que le paysage volcanique ressemble bien à celui de Graciosa.
Puis nous voyons arriver Café Liégeois de Stéphan et Sylvie avec leurs garçons Arthur et Charles. Super ! Ils nous rejoignent à la piscine. Nous les invitons à dîner à bord ; ils nous invitent aussi. Finalement ils viendront à bord.
Je prépare un yassa poulet pour leur donner un avant-goût du Sénégal. Lorsqu’ils viennent tout est prêt. Ils apportent du vin et des olives ! En mangeant, nous discutons la la suite du parcours. Eux iront au Sénégal sans passer par le Cap-Vert qu’ils visiteront après. Ils sont déjà allés au Sénégal il y a vingt ans en bateau. Nous parlons des fleuves que nous pourrions remonter. Ils me parlent d’un guide qu’ils ont photocopié et qu’ils m’invitent à consulter demain matin. Nous leur faisons voir nos cartes Maxsea d’Afrique. Elles ne servent qu’à marquer la côte, il n’y a rien sur les fleuves. Pour le prix payé c’est une vraie escroquerie de la part de Maxsea ! Sylvie me dit qu’ils ont des cartes d’une autre marque, plus détaillées et que nous pourrions les copier. Nous verrons demain.
La soirée se passe très agréablement. Pendant que nous parlions Charles s’est endormi sur la banquette. Stéphane le prend et Charles se réveille et ils partent en annexe jusqu’à leur bateau à un autre ponton.
Stéphan, Sylvie et Charles

Le 08.11.07
Journée d’attente et de démarches pour retrouver une piste du calculateur…
Après maints appels en fin de journée la responsable du dossier après avoir consulté le directeur pour l’Espagne de la société de transport annonce à Jean-Michel que le colis est perdu et que nous pouvons nous en faire envoyer un nouveau à leur charge !!!
Appel pour en commander un nouveau à Laurent qui prend note pour l’envoyer demain…
La soirée est morose…

Le 09.11.07
Dès le matin nous louons une voiture pour aller à Arrecife voir si nous trouvons un calculateur de pilote. En cours de route Laurent nous appelle ; Le transporteur a retrouvé le colis aux Canaries, à la douane. Il fait le nécessaire et nous l’aurons sous deux jours. Super si c’est vrai !
En attendant nous roulons dans un paysage de volcans.
Colline colorée
Au pied de certains s’étendent de vastes champs de lave hirsutes, hérissés de gratons. Jean-Michel qui en a vu de récents à la Réunion dit que c’est pareil. Il serait difficile de marcher dedans tant les blocs sont inégaux. Tout est noir charbon.
volcans et champs de lave
Plus loin nous voyons des maisons isolées ; ce sont des fermes au milieu de terrains noirs de résidus de lave. Ces champs sont entourés de murets de pierres sèches de lave. Dans le champ des murets en demi-cercles protègent des figuiers, des goyaviers, des ceps de vigne. On voit courir des tuyaux noirs d’irrigation ! Tout est irrigué !
Muret de pierres sèches de laveCulture de la vigneVigne protégéeCulture de la vigne
Des champs de légumes sont parsemés de parpaings pour protéger les légumes, les fraises…
Un tel travail est stupéfiant !
Champs de parpaingsChamps
Je suppose qu’il s’accumule de génération en génération. On voit par endroits des murets de jardins ou de terrasses qui s’éboulent. Il y a moins de parcelles entretenues qu’autrefois. Mais elles sont toutes irriguées maintenant.
Nous arrivons dans la banlieue d’Arrecife, la capitale de l’île. La route est bordée de palmiers avec arrosage intégré. Les maisons sont belles, toutes à toit terrasse, toutes blanches.
Dans la ville les immeubles ne sont pas trop hauts. Il y a un vieux quartier, tout le reste est neuf.
Nous allons au copy center près du port. Là je demande les guides de navigation. Ils me montrent une liste. Je dis ceux qui m’intéressent. On va me chercher des versions photocopiées. Ce sont des livres piratés… J’en achète sur l’Afrique de l’Ouest et sur Argentine et Brésil. En quelques minutes ils sont réalisés devant moi et reliés avec une spirale. On m’a dit qu’ils copiaient aussi toutes sortes de cartes. Je n’en ai pas besoin.
Nous allons un peu plus loin sur le port chez un ship. Là j’achète de nouvelles amarres, divers accastillages et des accessoires de pêche. Le magasin est très bien fourni.
Nous quittons Arrecife vers le Nord. Le paysage est ponctué de multiples cônes de volcans. Le plus haut culmine à 608 mètres. Le paysage est de plus en plus cultivé, toujours avec la protection de multiples murets de pierre de lave noire.
Cactus de belle tailleJardin zenPapayers
Nous passons par Teguise. C’est une petite ville branchée, très belle avec de superbes maisons et des magasins d’art et d’artisanat. Nous quittons la ville. Les maisons sont à flanc de volcan. Certaines ont des parties troglodytes.
Maison dans la colline
Nous passons dans un village et nous voyons une maison d’un facteur Cheval local. Tout le jardin est rempli de personnages sculptés, d’objets divers. Les murs sont couverts de peintures; des objets sont incrustés dessus ou dedans.
Art brut 1Art brut 2Art brut 3Art brut 4Art brut 5
Nous remontons vers le nord. Il y a un mirador d’où l’on voit Graciosa entourée par la mer qui miroite. Sur Lanzarote il y a quelques marais salants.
Graciosa vue de Lanzarote
Nous redescendons vers le sud. Nous voyons un château à flanc de volcan. Il date du 16 ème siécle.
Château du 16ème siècle
De là la vue s’étend loin, jusqu’à la mer. L’île est belle. Très austère et marquée par le travail des hommes qui ont la volonté de vivre dans ces conditions difficiles.
Le berger et son troupeau de chèvres
Maintenant il y a l’eau courante. Avant ce devait être très précaire selon les pluies. Sur une piste nous avons vu une flaque d’eau probablement de l’eau renversée là car voilà bien longtemps qu’il n’a pas plu !
La flaque d’eau de Lanzarote
Nous ne regrettons pas d’avoir fait ce tour en voiture. Nous avons découvert toute cette marque de l’homme sur le paysage rude. Et puis parfois les paysages sont grandioses, lunaires.
Parfois les constructions sont bizarres, étonnantes.
Inspiration de GaudiDisciple de Gaudi
Le soir nous rentrons au port et nous apprenons que le pilote n’est pas arrivé, mais que Daam Dour est là. Nous allons au ponton E et cognons sur la coque. Dominique et Marylène sont là.
Ça fait plaisir de se revoir. Ils prenaient un appérot. Nous les accompagnons. Ils nous racontent leur navigation pour venir à Lanzarote. Ils ont eu beaucoup de vent et Marylène a été malade.
Nous passons la soirée à échanger des nouvelles, à parler de bateaux. Marylène passe du temps sur MSN avec ses enfants.
Marylène sur MSNDominique
C’est super lorsqu’il y a le wifi ! Nous dînons ensemble à bord de Daam Dour. L’ambiance est si agréable que nous laissons l’heure passer et ne partons que vers une heure !
C’est vraiment agréable de se retrouver de port en port, à chaque fois avec autant de plaisir. Nous les attendions et ils sont venus lorsque nous étions encore là. Nous attendons d’autres bateaux. Viendront-ils avant notre départ ?

Le 10.11.07
Journée d’attente déçue puisque le colis n’est pas arrivé…
Journée de bricolage avec l’accastillage acheté la veille. Journée informatique pour copier de la musique gentiment passée par Marylène sur un disque dur. Bien des heures pour essayer et ne pas y parvenir… N’est pas pirate qui veut, il faut de l’expérience !
La journée se termine de façon agréable car Dominique et Marylène viennent dîner à bord.
Nous expliquons à Marylène notre échec pour lire sa musique ; elle n’est pas étonnée car elle se souvient avoir utilisé un logiciel de compression en plus de Realplayer… Elle nous le passera demain. La soirée se passe à discuter de choses et d’autres, de la vie de chacun. Je parle de Mimi qui reviendra après le lancement de son livre. Marylène me demande quel genre de livre. Je lui explique un peu la vie de Mimi. Elle est intéressée et veut en acheter un exemplaire que Mimi lui dédicacerait !
Je fais l’agent commercial ! Et justement voilà que Mimi appelle au téléphone. Je lui raconte et elle est contente.
Un peu après c’est Maxime qui appelle. Il est avec Sophie en voiture qui ne veut plus démarrer. Je fais une séance de conseils mécaniques. Ils ont trop tiré sur la batterie. Ils n’ont plus qu’à mettre les câbles et demander à une voiture de brancher les câbles sur sa batterie…
Voilà des semaines que Maxime n’avait pas téléphoné ! Il appelle parce qu’il est dans le besoin…

Le 11.11.07
L’attente continue. Pendant ce temps, nous nous occupons à essayer de lire la musique copiée. Des heures sans y parvenir. Marylène nous apporte un logiciel de conversion et oh miracle la musique devient audible ! Maintenant j’ai deux logiciels de lecture de musique, l’un de Sonny et l’autre d’Apple, qui semblent totalement étanches. Je ne réussis pas à faire passer des morceaux qui sont dans l’un, dans l’autre. Leur mode de compression n’est pas le même…
Dans l’après-midi Dominique et Marylène passent et nous allons nous promener ensemble au village. Ils cherchent une montre étanche et un câble pour relier leur BLU à leur ordinateur.
Nous allons dans différents magasins indiens. Recherches, démonstrations et marchandage…
Au bout du village, dans l’un des derniers magasins, tenu par une femme indienne, Dominique trouve le câble et voit des montres. Les prix sont trop élevés. Marchandages et baisse. OK pour les deux objets. Nous repartons. En route Dominique peine à faire les réglages de sa montre. Nous retournons dans le magasin demander le mode d’emploi. La femme sort deux caisses pleines de mode d’emplois divers et variés ! Après un moment de recherche, victoire elle sort le bon !
Nous prenons un pot en bord de mer dans la douceur de l’été.
De retour, nous convenons de nous retrouver vers 20h. En attendant je trie les photos que je pourrai mettre sur le site.
Dominique et Marylène viennent pour l’apéro. Ils regardent les logiciels de lecture de musique. Marylène m’apprend à me servir de celui qu’elle connaît et je lui montre itunes et ma bibliothèque.
Nous les retenons à dîner. Et la soirée se passe dans la joie jusque fort tard. Dominique et Marylène nous racontent leur stage de voiles faits ces dernières années. L’un se passait sur Pen Duick 2, l’un des bateaux de Tabarly. Ils ont navigué de temps en temps en fonction du temps laissé par leur travail. Ils ont eu cette volonté de formation pour partir un jour et ils ont réussi à tout organiser pour le grand départ. Chapeau pour la ténacité. Ils racontent avec modestie en parlant des doutes et des difficultés. Moi aussi j’ai eu des moments de doutes, des difficultés. Et nous entendons ça de la part de bien des voyageurs. C’est une communauté de vécu et d’esprit.

Le 12.11.07
Matinée de recherche téléphonique de la part de Jean-Michel. Le transporteur dit que le colis est toujours en douane. Il donne un numéro d’appel pour les douanes ; mais ce n’est qu’une fausse piste. Nous faisons intervenir le consul de France en lui expliquant notre problème.
Le consul nous rappelle et contacte la douane en nous laissant peu d’espoir sur la rapidité des transmissions espagnoles. Il a envoyé une lettre rapide de Grande Canaria à Lanzarote et ça a mais 16 jours….
Nous cherchons un pilote dans les Canaries. Sur Lanzarote un agent Raymarine peut en avoir un en 48h et moins cher qu’en France ! Il est assez affirmatif sur les délais et là il n’y aura pas de douanes. J’appelle Laurent, lui explique la situation et lui demande s’il pourra replacer le pilote sur un autre bateau si je ne lui prends pas. Il me dit oui, sans joie après tout le mal qu’il s’est donné même s’il n’a pas eu de résultat ! Je commande donc le pilote espagnol.
Nous espérons vivement que nous l’aurons dans deux jours !
Myriam m’appelle; elle tourne en rond en France et aimerait revenir. Je l’exhorte à bien faire sa promotion de livre. Je lui dis que vu les délais pour le pilote, vu que Jean-Michel doit rentrer en France fin novembre, nous n’avons plus le temps d’aller au Cap-Vert. Nous irons donc voir les autres îles des Canaries et de l’une d’elles il pourra rentrer en France pour un coût raisonnable. Moi j’attendrai Mimi ou si nécessaire je ferai un saut en France pour revenir avec Mimi et continuer ensuite vers le Cap-Vert.
Le soir nous allons dîner à bord de Daam Dour et la soirée est bien agréable. Nous nous séparons tard, après de longues discussions et bien des rires.
Dominique et sa nouvelle montre

Le 13.11.07
Journée d’attente ; nous occupons la matinée à différents bricolages sur le bateau. Il faut bien .le préparer, pour qu’il soit prêt à naviguer lorsque, sait-on jamais, le pilote sera en état.
Après une sieste, j’entreprends de nettoyer le disque dur du PC qui sert à la navigation. Il est trop plein et je dois expurger les choses inutiles. Dieu sait s’il y en a : des documents ou des logiciels glanés au fil du temps pour le cas où ils seraient utiles pour le voyage. Pendant des mois j’ai navigué sur internet avec cette idée et j’ai accumulé. Maintenant avec l’expérience du début de voyage, je peux éliminer.
Idem pour la musique. J’élimine les morceaux en double ; ça prend du temps.
Le soir, Dominique et Marylène viennent dîner à bord. Jean-Michel a décidé d’arroser le premier versement de sa toute nouvelle retraite ! Nous la lui souhaitons longue et heureuse en buvant un vin espagnol champagnisé tout à fait convenable. J’ai préparé un yassa poulet qui réjouit nous invités et Jean-Michel. C’est le principal. Jean-Michel nous prépare des bananes flambées pour le dessert. Les discussions durent, les rires aussi.
Dîner à bordMarylène et Jean-MichelJean-Michel arrose sa retraite
Il est près de 2 heures du matin lorsque nous nous séparons, très heureux de la soirée.
Une ombre au tableau dans nos projets de navigation ensemble : Mimi vient de m’appeler et de m’apprendre que l’une de ses filles va se marier le 22 décembre. Je suis heureux de ce mariage car Hamassat et Loïc forment un beau couple qui a tout pour être heureux. Par contre je n’avais pas prévu de rentrer en France avant un an. Je rêvais de naviguer au cap vert avec Mimi et Daam Dour… Dominique et Marylène sont déçus ; moi aussi.
Mais je vais rentrer pour le mariage et une fois sur place je serai heureux de revoir la famille et de faire la fête !
Cela implique de laisser le bateau en sécurité quelque part. Au Cap-Vert la sécurité est très aléatoire. Bien des voyageurs ayant laissé leur bateau l’ont retrouvé pillé… Aux Canaries, il n’y a pas de problème de ce point de vue. Reste à trouver une marina aux prix non prohibitifs, et si possible dans une île avec aéroport international. Peut-être rentrerais-je en même temps que Jean-Michel en fin novembre…

Position actuelle: 28.51.460N 13.48.931W Marina Rubicon Lanzarote

Le 14.11.07
Le calculateur du pilote devrait arriver aujourd’hui… Jean-Michel reprend ses appels téléphoniques. Cette fois ci à 13h les nouvelles sont positives. Le marchand a reçu le calculateur à Puerto Calero, à une vingtaine de kilomètres de notre marina. Celui qui pouvait nous l’apporter est déjà parti sans le calculateur. Il peut nous l’apporter demain matin ou nous allons le chercher…
C’est vite réfléchi. Nous ne pouvons louer une voiture car c’est l’heure de fermeture. Nous prenons un taxi qui nous conduit, nous attends pendant la course et nous ramène.
De retour, nous installons le calculateur à la place de l’ancien, fil électrique pour fil électrique à la même place. Voilà c’est fait. Nous irons demain matin en mer pour calibrer le pilote de la façon indiquée sur la notice.
J’appelle Laurent pour lui dire que j’ai trouvé un nouveau pilote et qu’il doit reprendre celui qu’il a envoyé lorsque la douane voudra bien s’en dessaisir. Il n’est pas emballé mais il comprend…
Je suis heureux d’avoir enfin la pièce et de l’avoir montée. Jean-Michel aussi !
Nous voyons Dominique et convenons que nous partirons demain après les essais en mer pour l’île de Ténérife, plus à l’ouest de l’archipel. Nous pourrons enfin naviguer de nouveau!

Position actuelle : 28.51.457N 13.48.933W Puerto Rubicon Lanzarote

15.11.07
Ce matin, nous rangeons le bateau pour le départ ; je vais au bureau payer ; nous débranchons eau et électricité et c’est le départ pour la baie, devant le port. Nous faisons des ronds dans l’eau comme indiqué pour calibrer le pilote. Pourtant le calibrage ne se fait pas… Je vérifie le bon contact de chaque fil ; pas de problème. Nous essayons de tenir un cap avec le pilote, mais en vain… Ça ne marche pas. C’est peut-être le compas du pilote qui ne fonctionne pas. IL faudrait mettre le nouveau, livré avec le calculateur.
Mais Daam Dour arrive. Nous discutons à la VHF. Finalement nous partons pour une navigation de 24 heures et tenant la barre et nous naviguerons de conserve.
Le temps est beau ; la mer est calme et il y a 15 nœuds de vent de travers. Nous avançons bien avec Génois, grand voile et artimon, autour de 6 nœuds.
Peu après le départ je vois une forme blanche sous l’eau. C’est sûrement un orque. Mais il plonge et nous ne le revoyons plus. Ce n’était qu’une furtive apparition. C’est à chaque fois une réelle émotion de voir les cétacés, même de loin, même imparfaitement. Au moins on sait qu’ils sont là, qu’il y en a encore !
La pèche ne donne rien cette fois-ci ; pas de chance. Nous en profitons pour faire des photos sous voile de Daam Dour, qui nous photographie en retour. Ce n’est pas souvent que l’on peut avoir des photos de son voilier sous voile.
Daam Dour de prèsDaam Dour naviguantDaam Dour sous voiles
Diam RekDiam Rek sous voilesDiam Rek vu de Daam Dour
La soirée arrive avec la perspective de devoir barrer toute la nuit. Jean-Michel aime bien barrer et barre bien, mais n’est pas un forcené ; il aime bien aussi le pilote, lorsqu’il fonctionne. Moi je n’ai pas de plaisir à barrer plus d’une heure. Alors c’est la corvée. Pourtant c’est aussi formateur pour savoir bien barrer en cas de besoin. Finalement c’est Jean-Michel qui commence. Je vais dormir. Puis c’est mon tour. Le vent est frais ; j’ai froid bien que je sois couvert. Il y a un premier croissant de lune, mais il y a tellement de nuages qu’ils cachent presque toutes les étoiles, puis la lune. Nous suivons Daam Dour et pointant sur les feux de mât.
Soudain Jean-Michel remonte, malade. Il rend la soupe aux poissons. Puis pour être plus en forme il prend la barre. La nuit sera dure pour tous les deux et surtout pour lui qui tiendra la barre longtemps ! Mais comment faisaient les anciens marins ?
Lorsque je prends la barre je me prends au jeu de dépasser Daam Dour. Mais la nuit est longue.
Longtemps nous voyons les lueurs de Gran Canaria sur notre bâbord. Les lumières sont d’une intensité rare malgré la distance. Nous les voyons longtemps si bien que nous n’avons pas l’impression d’avancer.
Nous discutons de temps en temps avec Dominique par VHF, c’est sympa.
Au matin, le soleil se lève et il est très ardent ! Nous voyons depuis longtemps les lueurs de Ténérife, avec le jour, nous voyons les montagnes. Un massif touffu de montagnes. L’une d’elles, le Téide culmine à plus de 3800 mètres ! La première impression est que vue de la mer l’île est encore plus montagneuse que les autres Canaries que nous avons vues.
Diam Rek au petit matinVu depuis Daam DourVue de TenerifeVillage niché dans une vallée
De petits villages se nichent en bord de mer dans les anfractuosités de montagnes. D’autres grimpent à flanc de montagne. Nous voyons un peu de verdure sur les montagnes pour une fois ! Quelques arbres et des buissons.
Nous voyons vite Santa Cruz de Tenerife, la capitale, toute blanche. Elle dévale de la montagne jusqu’à la mer. C’est une ville importante.
Santa Cruz de TenerifeCachalot ou orque?
Jean-Michel voit des cachalots ou de petites baleines ou des orques. Elles ou ils sont non loin du bateau. Il y en a plusieurs. En fait nous ne voyons qu’un grand aileron noir suivi d’un dos noir qui plongent pour réapparaître plus loin. J’essaie de prendre des photos, mais hélas les piles sont déchargées…
Nous rentrons dans le port, fatigués. Le service de port ne répond pas à nos appels. Nous nous mettons à la première place libre que nous repérons. Daam Dour est non loin.
Mais le service du port vient en canot et nus fait déplacer plus loin. Nouvelles manœuvres, pour le poser. Je vais faire les papiers. Jean-Michel branche électricité et range.
Un repas rapide et une bonne sieste pour nous remettre ! Une navigation éprouve toujours le corps et le repos fait du bien à l’arrivée !
La fin d’après-midi est consacrée à démonter le compas du pilote, qui semble en bon état. Nous prenons contact avec le vendeur du calculateur puis Laurent qui nous disent ce que nous pourrions faire. Dema in matin, nous ferons une sortie en mer pour tenter une nouvelle fois d’étalonner le pilote. Laurent nous a dit que nous avions du faire une réponse inadéquate à l’une des questions de la programmation…
Le soir nous nous concertons avec Dominique et Marylène pour louer une voiture afin de visiter l’île demain et après-demain ou dimanche et lundi…

Le 17.11.07
Ce matin, je vais voir à un ponton plus loin un bateau que Jean-Michel me dit que nous avons déjà rencontré. J’y vais et je vois Jacques que nous avions rencontré à Gibraltar. Il pensait passer à Tanger et nous ne l’y avions pas vu. Il est allé directement à Graciosa. Nous nous retrouvons ici avec plaisir. Je vois son épouse, Marie avec leur petite fille de deux ans.
Ils m’invitent à prendre un café. Ce sera pour plus tard car nous devons sortir en mer essayer le pilote.
Nous sortons en mer, devant le port, dans le but de tenter d’étalonner le calculateur du pilote et d’essayer avec le nouveau compas s’il ne veut pas fonctionner avec l’ancien.
sortie de la marina del altantico
Nous faisons des ronds dans l’eau en moins de 3 minutes et à 2 nœuds. Le calculateur nouveau refuse de s’étalonner avec l’ancien compas.
Qu’à cela ne tienne, comme j’ai dû acheter le calculateur avec le compas, j’installe en mer le nouveau compas avec le fil directement relié au calculateur, passant par la descente.
Nouveaux tours sur l’eau et miracle, le calculateur se paramètre ! Eclats de joie ! Finalement c’est presque sûr que la panne venait non du calculateur mais du compas ou de son fil…
Maintenant il faut fixer un cap et mettre le pilote pour qu’il le tienne à 5 nœuds. Nous choisissons un cap et nous mettons les gaz… et le moteur s’arrête… Encore un problème d’alimentation de gasoil ou ça y ressemble bien !
Comme nous sommes près de la côte et que le vent nous y pousse, nous mettons la trinquette pour rendre le bateau manoeuvrant. Jean-Michel s’occupe des manœuvres et je descends voir le problème de gasoil. J’ouvre les trappes pour voir les deux côtés du moteur. Effectivement l’arrivée de gasoil ne coule plus. Je souffle dans le tuyau et l’air passe ; j’entends les bulles.
J’aspire et le gasoil n’arrive pas. Je souffle de nouveau, puis aspire encore. Puis une nouvelle fois et le gasoil se met à couler. Que le goût dans la bouche n’est pas bon ! Mais ça coule et c’est le principal ! Je rebranche le tuyau, purge le circuit et le moteur démarre sans problème.
Je remonte en transpirant après avoir rangé en bas.
Nous finissons les essais. Le pilote tient le cap indiqué ! C’est gagné pour le pilote ! Reste le problème d’alimentation gasoil qui est récurrent et que cette fois-ci je veux traiter en démontant tout le circuit et le réservoir journalier pour éliminer cette panne de façon sûre !
Nous rentrons au port et déjeunons tout joyeux et conscient de ce qui restait à faire.
Dominique passe nous voir… Nous lui racontons ce qui nous est arrivé. Il dit qu’il viendra nous aider pour le circuit gasoil. C’est très gentil de sa part. Et comme il était garagiste, il connaît ce domaine parfaitement.
Nous allons ensemble faire quelques courses et nous nous mettons au travail pour regarder par où passait le fil de l’ancien compas pour faire passer le nouveau. Nous nous rendons compte que le fil avait été installé en le reliant à un autre. Les deux fils n’avaient pas été soudés, mais simplement épissurés et que le contact de l’un des fils n’était plus bon. La panne venait d’un simple fil et non du compas lui-même…
Nous passons l’après-midi à faire passer le nouveau fils sans qu’il soit visible, proprement, et en le raccordant directement au calculateur.
Dominique pendant ce temps-là se penche sur le circuit de gasoil. Il l’examine et comprend comment il est monté. Il veut commencer en enlevant le dessus du cockpit pour que tout le haut de la gatte moteur soit accessible. Mais il est tard et il va faire bientôt nuit. Dominique nous dit qu’il viendra demain pour que nous fassions le travail ensemble.
En attendant il retourne à son bateau préparer des crêpes bretonnes pour nous quatre. Il a des origines bretonnes et les crêpes sont sa spécialités.-
Nous allons donc dîner à bord de Daam Dour. Nous sommes fidèles aux bonnes adresses.

Le 18.11.07
Ce matin après le petit-déjeuner, je prépare le bateau et j’ouvre la trappe du cockpit pour accéder directement depuis le haut à la gatte moteur. De là on voit tout le circuit gasoil haut : le réservoir journalier, les arrivées de gasoil et les départs.
Dominique ne tarde pas à arriver. Il regarde, analyse et se met à intervenir pour démonter tout de qui arrive ou sort du réservoir journalier. En peu de temps il trouve la cause de la panne moteur récurrente : sur la sortie de gasoil du réservoir vers le moteur, le fabricant de réservoir a cru bien faire en mettent un petit filtre, une crépine. Elle est si petite que la moindre saleté dans le réservoir de gasoil, arrive contre la crépine et l’obstrue. Si je soufflais dans le tuyau de gasoil la saleté se poussait et revenait aussi tôt et bouchait de nouveau l’arrivée le plus souvent ; parfois la saleté allait plus loin pour un temps indéterminé et le moteur était alimenté en gasoil…
C’est un vrai soulagement que Dominique ait trouvé la cause de cette panne qui pouvait être cause d’insécurité ! Dominique avec sa gentillesse habituelle a cherché et trouvé ce que n’avaient pas trouvé d’autres mécaniciens…
Puis il se penche sur chaque cause de fuite, refait les joints et ça ne devrait plus fuir !
Enfin il examine L’évent qui refoule du gasoil lorsque l’on remonte du gasoil des réservoirs bas vers le journalier. Pas étonnant le travail a été mal fait et un tuyau est trop long, fait des coudes avec des points bas qui retiennent du gasoil qui ne peut que ressortir lors du pompage. Dominique supprime un mètre de tuyau et ça fonctionne parfaitement.
Voilà bien des causes d’ennui en moins.
Nous examinons le réservoir qui fuit. Nous cherchons le moyen de le démonter. Hélas ce n’est pas possible sans découper des structures métalliques qui le retiennent. Nous ouvrons les trappes de visite. Nous sommes effarés de voir comme elles ont été mal faites ce qui ne pouvait avoir comme résultat que des fuites… Nous les refermons avec de la pâte à joint bien mise. Je ferai faire les travaux au Vénézuéla. En attendant, le réservoir est isolé et ne servira pas, donc ne fuira plus !
Dominique regarde le vérin du pilote. La partie fixée sur le secteur de barre est mal serrée et donne du jeu. Elle a mal été montée. Encore un travail mal fait. Dominique ressert tout ce qui doit l’être. Maintenant c’est prêt pour un long moment de fonctionnement !
Voilà l’après-midi passée. Nous prenons une douche puis un thé. Marylène arrive. Elle a un fichier à imprimer. Je sors l’imprimante et m’aperçois que je ne peux imprimer car aux Sables d’Olonne pour imprimer un papier avec l’imprimante de la capitainerie, le gars de service m’a effacé les drivers d’imprimante ! Je ne suis donc pas en mesure d’aider Marylène. J’enrage contre ce con qui m’a effacé des dossiers sur mon ordinateur !
Voilà une journée bien remplie qui a permis de solutionner des problèmes en suspens depuis longtemps. Tout ça grâce à la gentillesse de Dominique. Aussi parce que seul je n’ose pas m’attaquer à certains démontages. Il suffit d’être à plusieurs et ça avance, comme par miracle. Les énergies et les idées s’additionnent !
Le soir nous Jean-Michel va faire un tour du port pour regarder les bateaux. Lorsqu’il revient il me dit qu’il ne faut pas que je manque un nouveau bateau. Nous y allons et je découvre un voilier de 50 mètres de long, avec deux gigantesques mâts avec des haubans en inox rutilants. Le voilier a une superstructure très élégante et majestueuse. Chaque pièce d’accastillage est dimensionnée en rapport, chromée, polie comme un miroir. Chaque pièce doit valoir le prix de mon bateau… L’ensemble est une vraie œuvre d’art. Dans un autre coin du port il y a de plus petits bateaux, de 35 mètres quand même. Deux se ressemblent, l’un est un voilier de course, l’autre un voilier de grande croisière. Tous les deux verts anglais, magnifiques !
super voiliers
Il y a dans les ports des Canaries des bateaux que l’on ne voit pas en France, des bateaux que très peu de ports français sont capables d’accueillir faute d’installations adéquates.
Je ne suis pas le moins du monde jaloux, je suis admiratif devant ces œuvres d’art !

Position actuelle : 28.28.036N 16.14.642W Marina del Atlantico Santa Cruz de Tenerife

Le 19.11.07
Ce matin nous faisons le tour des shipchandlers de Santa Cruz pour trouver l’équipement qui manque ou pourrait manquer jusque de l’autre côté de l’Atlantique. Ici on peut trouver et au meilleur prix, ce que l’on ne trouvera plus après qu’au Brésil ou aux Antilles.
Nous allons près du port dans des rues anciennes. Les maisons ou immeubles sont de styles variés, parfois typiquement espagnol, parfois moderne international. Rien de typiquement canarien pour l’instant.. Nous faisons quatre magasins de ships. Chacun a sa spésialité et on finit par trouver du joint, du filet, de la peinture, de l’accastillage.
L’après-midi nous nous promenons dans les rues piétonnes de Santa Cruz.
Une église de Santa Cruz
Le quartier est agréable, propre, avec des magasins et des cafés qui ont des tables au milieu des rues. Hélas les magasins sont les mêmes que dans toutes les villes d’Europe, avec les mêmes marques. Il y a bien peu de choses originales, canariennes. Dans les rues il y a des arbres de beaucoup de variétés : divers palmiers, des caoutchoucs, des flamboyants et bien d’autres que je ne connais pas.
Arbre de Santa CruzSanta Cruz de TenerifeNoël approche
Avant dîner je vais dans la zone wifi pour aller relever mes mails et alimenter le site. Ça marche de nouveau après un week-end de non-fonctionnement. Des jeunes avec planches à roulettes et ordinateurs, des marins s’activent sur internet en pleine rue. C’est le soir, il est 20h et il fait nuit. Un thermomètre public indique 25°. Je pense à Mimi qui gèle à Paris et je lui téléphone pour l’entendre et la réchauffer en parole…

Le 20.11.07
Location de voiture et balade dans l’île sont le programme de la journée avec Dominique et Marylène. Jean-Michel va louer la voiture pour deux jours pour 60 euros, tout près le la marina. Nous partons à quatre dans une Opel Astra, Jean-Michel au volant.
Nous allons vers la pointe nord de l’île. Elle est montagneuse et très sèche. De loin on voit des taches vert jaune, des buissons semble-t-il. En approchant ce sont des buissons de cactus qui se ramifient et se dressent vers le ciel. Malgré la sécheresse ils se portent bien alors que des figuiers de barbarie s’affaissent, se flétrissent.
Cactus dans la montagne
La route tournicote à flanc de montagne. On voit des fermes isolées dans la montagne avec autour des champs en terrasse avec vigne et jardin potager. Je pense qu’il faut être né là pour vouloir y rester et s’acharner sur une terre si difficile à travailler. D’ailleurs on voit de nombreuses traces de champs en terrasse abandonnés. Les jeunes s’en sont allés à la ville…
Montagne déchiquetéeFermes dans la montagneChamps en terrasses
La route s’arrête en cul-de-sac. Nous redescendons vers le sud et l’ancienne capitale, La Laguna. La ville est grande, et paraît sans caractère bien marqué. Les maisons ou immeubles sont peints de couleurs vives. Il y a des rues piétonnes. Nous ne trouvons pas le centre, ni une place pour garer la voiture et nous continuons vers Tacoronte sur la côte nord de l’île. La montagne devient verte peu à peu. Une végétation rabougrie d’abord puis des buissons comme un maquis corse, puis enfin de petits résineux. Bientôt ce sont de grands pins canariens dont certains sont couverts de mousse, preuve d’humidité fréquente.
Sorte de pissenlit géant
Nous nous arrêtons dans un restaurant de village qui nous permet de goûter des poissons délicieux avec des pommes de terre en robe de chambre au four avec du gros sel et une sauce huile d’olive ail. Un délice !
Nous reprenons la route vers le volcan central de l’île, le Teide qui culmine à plus de 3700 mètres. La forêt de pins s’arrête brusquement et la végétation d’herbe dure et de cactus reprend. Plous on s’élève, plus la température descend pour arriver à 7° à 2400 mètres.
Là la route s’arrête et il y a un téléphérique. Mais les nuages nous ont rattrapés et nous sommes dans la ouate et la pluie. Donc pas utile d’aller plus haut. Par beau temps on peut voir toutes les îles des Canaries. Aujourd’hui on voit à moins de quelques centaines de mètres.
Un volcanUn très grand cratèreArc en ciel sur les volcans
La pluie ça existe aux Canaries, nous l’avons vue et sentie, froide. Nous redescendons par la route du sud. Nous traversons des endroits grandioses qui dégagent une force impressionnante. Ce sont de champs de lave qui sont hérissés de ce que le centre de la terre a craché : parfois des champs de petites pierres ; parfois des masses informes de rochers très denses, aigues et désordonnées ! Souvent la couleur est noire. Parfois ocre rouge. En descendant nous voyons des roches vertes comme de l’oxyde de cuivre. Dans le brouillard certains rochers ressemblent à des fantômes.
Brouillard et pluieFantômes de rochersFantômes et Jean-MichelRoches rouges et vertes
Nous descendons sous la pluie. Nous retraversons les pinèdes dont le sol est jonché d’aiguilles mortes ocre rouge ! Que c’est beau !
Fantaisie naturelle de lave
Nous allons vers le sud. Los Christianos est une urbanisation balnéaire, énorme, laide, mal pratique, avec des centaines d’hôtels, d’immeubles, de magasins, de restaurants. Que c’est laid. Et pourtant ça tourne en cette saison avant de s’endiabler pour la période des fêtes…
Aiguille avec DominiqueLa mer brillePlage artificielle avec sable du Sahara
Il y en a vraiment pour tous les goûts sur cette terre !
Au bord d’une route nous voyons des fermes avec des apentis au toit de chaume. A côté il y a des chataigners et des mandariniers! Des arbres de pays tempérés et de pays chauds côte à côte!
Apentis au toit de chaumeClémentines et châtaignes
Nous rentrons à la marina, fatigués par la voiture et l’attention portée aux paysages.

Le 21.11.07
Ce matin j’ai envie de parler des sanitaires des ports. Il y a toujours ceux pour dames, que je ne connais pas et ceux pour messieurs. Dans de nombreux ports ils sont en nombre assez restreints. Néanmoins il y a peu souvent la queue, on se débrouille avec les horaires.
Selon les marinas, c’est rustique ou c’est le grand luxe. Espagne et Portugal ont des marinas luxueuses, avec toilettes souvent en marbre, toujours en beaux carrelages. C’est très chic et fonctionnel. Cascais tient la palme pour l’espace et le marbre. Quinta do Lorde aussi.
Marina del Atlantico a des toilettes et des douches fonctionnelles mais peu nombreuses. Alors il y a souvent la queue. De plus l’espace y est un peu juste.
Quelle que soit la marina, le sol en marbre, en carrelage, en ciment est glissant et il faut un prodige de prudence pour ne pas glisser et se casser un bras ou une jambe.
Dans les douches hommes il y a une ambiance de hammam, parfois avec la buée. Les hommes déambulent nus. Certains font vite, d’autres prennent leur temps, s’exhibent.
C’est drôle de voir les différentes attitudes. Allemands et Anglais sont plus naturellement nus que les Français. Notre société me semble assez prude.
Nous voici repartis en voiture. Nous sommes d’accord pour retourner sur les pentes du Teide que nous avions vu la veille en partie sous la pluie et dans les nuages. Ce matin il fait un ciel pur avec un air d’une grande limpidité. Jean-Michel prend le volant et roule plus vite que ne l’aimerait Dominique qui manifeste son malaise.
Nous reprenons la route de Puerto la Cruz, puis la vallée de l’Orotava qui est la plus cultivée de l’île. Champs de pomme de terre en terrasse, vigne, potagers, bananiers surs des serres en tulle plastique qui les protège du vent.
Puis on aperçoit les pentes du Teide dans un ciel bleu intense.
Champs en terrasses et TeideLe teide et le téléphérique
Nous traversons des champs de lave très étendus. Le plus souvent noirs, parfois rouges, granuleux ou couverts de blocs de roches découpées et hirsutes.
Roches volcaniquesPlaine avec coulée de lavesGrains de lave et couléeCoulée de lave figée
L’étendue, la couleur, l’impression de chaos sont prenantes. Les forces de la nature se manifestent là et laissent pantois et admiratifs. Par endroits la lave laisse place à de fins granulés de pierre de lave jaunes, grises, ocres. C’est très beau. Le plus souvent il n’y a aucune végétation. Sur des champs de lave plus anciens poussent des cactus, des herbes dures. Parfois l’herbe est aussi noire que la lave, couverte de poussière de lave !
A un endroit des blocs géants émergent, plus ou moins verticaux. Des touristes en font le tour dans un air vivifiant à 7° et un vent plus frais encore. Nous avions apporté les pulls, heureusement !
Ce genre de spectacle coupe le souffle, en impose par sa grandeur, sa majesté. On essaie de se concentrer sur des images pour se rappeler encore longtemps ces impressions fortes.
Au loin nous voyons le sommet. Nous allons jusqu’où la route monte, au pied du téléphérique. Nous ne le prenons pas. Il en coûte 24 euros par personnes.
Nous redescendons par des routes sinueuses. Nous retrouvons la forêt de pins canariens. Une partie porte encore les traces de l’incendie de cet été. Les troncs sont noircis, les aiguilles sont roussies. C’est triste, un tel paysage !
Forêt de pins canariens
Nous prenons la direction d’Icod. C’est le premier village joli que nous voyons. Il y a des maisons traditionnelles avec toits de tuiles et grands balcons de bois ouvragé.
Maisons d’IcodMaisons à balcons typiques
Nous nous arrêtons pour voir un arbre millénaire, un drago. Il est dans un parc botanique. Des espèces autochtones et des espèces d’Europe se mêlent. Des arbres majestueux et des arbustes qui sont petits et en pot chez les fleuristes, sont imposants ici. Les poinsettias par exemple.
CotonnierDracenaDrago millénaireVue d’Icod avec le drago
Dans le parc il y a une évocation de la vie des Guanches, les habitants de l’île avant que les Espagnols n’arrivent, les réduisent en esclavage, les déciment. Ils vivaient en société à la technologie moins avancée. Ils ont pourtant résisté longtemps, mais ont fini par être vaincus.
Evocatioon des Guanches
L’évocation est maladroite, mais le sujet est intéressant.
Nous reprenons la voiture vers Los Gigantes : des falaises qui tombent abruptement dans la mer de plusieurs centaines de mètres de haut. Le soleil se couche et les éclaire d’une couleur dorée.
Dominique et MarylèneLos gigantes
Marylène voulait voir les plages de sable noir, mais il va faire nuit et il est temps de rentrer. Il reste cent kilomètres pour rentrer. Nous prenons l’autoroute qui est assez bondée à cette heure de fin de travail pour les insulaires qui rentrent chez eux.
La pluie sut Ténérife
Au retour, Dominique dit qu’il est heureux que ça s’arrête tant il était stressé par la conduite de Jean-Michel.

Le 22.11.07
Ce matin nous terminons les parties en travaux. Nous mettons les joints d’étanchéité et remettons la plaque qui couvre l’accès supérieur moteur. Visser cette plaque solidement pour que l’étanchéité soit réelle n’est pas chose simple. A deux nous y parvenons. Pendant ce temps Dominique travaille sur la commande moteur pour qu’elle soit plus souple. Non sans mal il y parvient. Nous remettons le plancher du cockpit et mettons du sika incolore pour faire joint tout le tour.
Reste à voir d’où vient le jeu dans la barre à roue. Nous parvenons à dévisser le devant de la barre en forçant à deux. Mais il est impossible de démonter davantage. Nous ne pouvons que remonter. Plus tard nous trouverons bien un marin ayant déjà démonté sa barre pour nous expliquer la façon de s’y prendre.
Nous voulons partir demain pour aller sur La Gomera. Nous avons fait téléphoner au port de San Sebastian, il y a de la place.
Nous allons faire quelques courses d’avitaillement. Au retour nous discutons avec Dominique sur la route. Il y a 60 miles soit au moins 12 heures de navigation. Comment arriver de jour ? Naviguer la nuit ne plait pas à Jean-Michel qui veut voir l’île et espère voir des baleines…
Dominique ne désire pas mouiller car les fonds sont peu propices….
Ce soir nous allons en discuter au restaurant car j’invite Dominique et Marylène en remerciement des travaux qu’ils nous ont permis de faire sur notre bateau en nous donnant un sérieux coup de main de pros !
Marylène avait discuté avec un navigateur qui lui avait dit beaucoup de bien d’un restaurant turc. C’est d’accord, nous y allons ; il est dans le centre ville. Nous y sommes bien accueillis.
La patronne nous explique en anglais ce qu’est chaque plat. La serveuse nous parle en français des vins ! Nous prenons quatre plats différents pour que chacun puisse goûter à chaque plat. Le vin est très bon, un rioja espagnol. Les plats sont succulents ! Chacun se régale tout en discutant de la vie de chacun. Pour dessert nous prenons des baklavas qui sont les meilleurs que j’ai jamais mangés ! Pendant que nous prenons le thé, je vais payer et discute avec la serveuse qui est Uruguayenne et qui a appris le français à l’alliance française. Elle est heureuse de discuter avec des français à chaque fois qu’elle le peut pour le perfectionner.
Nous rentrons heureux d’avoir partagé un super repas ensemble !

Le 23.11.07
Jean-Michel pense au retour et au billet ; moi aussi avec plus de mal. Nous allons dans la zone wifi pour rechercher un billet pas cher sur le net.
Jean-Michel trouve un retour peu cher. Je cherche ; je trouve un aller et retour acceptable. Mais je ne réussis pas à trouver un aller simple pour Mimi dans le même avion. Nous verrons dans une agence à la Goméra….
Nous allons discuter un moment avec Jacques qui bricole sur son bateau. Il compte terminer ses travaux de peinture et partir au plus tard le 15 janvier. Il me propose de surveiller mon bateau que je laisserai à Ténérife lorsque je rentrerai en France. Il est vraiment aimable.
Nous déjeunons et larguons les amarres vers 14h30. Nous sortons du port par mer calme.
voiliers-de-competition.jpg
La météo annonçait du vent de 15 nœuds qui allait en augmentant dimanche. En fait nous trouvons peu de vent, 7 nœuds. Et puis le vent finit par tourner de nord est à sud. Un peu de moteur pour arriver au mouillage prévu. C’est une crique avec un petit village aux deux extrémité. Nous arrivons avant la nuit ce qui nous permet de mouiller dans de bonnes conditions. En plus nous sommes seuls, sans aucun bateau pour nous gêner. Nous jetons l’ancre par 4 mètres de fond sur du sable. Nous regardons longtemps notre position sur le logiciel de navigation notre position GPS.
Au mouillage
Le bateau tient face à la houle et ne bouge pas.
Nous dînons et nous décidons par sécurité de nous réveiller toutes les deux heures. Donc toutes les heures l’un de nous se lèvera pour vérifier la position. Le bateau roule. Ce n’est ni bien confortable, ni rédhibitoire. Dans la nuit le vent tourne et redevient nord comme prévu. Le bateau tient. Puis le vent se lève, la houle augmente et n’est pas dans le même sens que le vent. Alors ça devient très inconfortable vers 6h30. Soudain un bruit : c’est le barbotin du guindeau qui laisse aller la chaîne par à-coups. Je tente de le serrer sans y parvenir. J’attache la chaîne avec une sangle. Celle-ci trop faible ne tarde pas à casser. Alors nous décidons de relever l’ancre et de partir. Il fait 25 nœuds de vent.
Position: 28.09.265N 16.25.855W Punta de Abona Tenerife

Le 24.11.07
Un peu avant le jour, nous relevons l’ancre. Ou plus exactement nous essayons. Car j’avais mis une main de fer pour tenir l’ancre avec la sangle et le manillon de la main de fer ne veut plus libérer la chaîne. Il me faut une pince pour l’enlever. Je remonte l’ancre et Jean-Michel à la barre, nous quittons la crique au moteur.
Je suis trempé car en remontant l’ancre j’ai pris des paquets de mer à cause de la houle forte.
Je descends me changer car avec le vent j’ai froid.
Sortis de la crique, nous pouvons établir la grand voile. Je vais au pied de mât pour la hisser et je reprends des paquets de mer. En fait je suis surpris et je crie contre la mer. Mais l’eau n’est pas froide. Après j’ai froid à cause de vent fort. Celui-ci nous fait avancer un bon moment puis faiblit dans la matinée.
Nous essayons le spi que Claude nous a réparé. Mais le vent est si faible qu’il faut se résoudre à l’affaler bientôt. Alors nous mettons le moteur pour arriver de jour à la marina. Soudain Jean-Michel voit un dauphin, puis deux, puis dix, puis des centaines. Ils pêchent en plongeant dans le banc ; puis ils remontent et replongent. Nous les voyons plus d’une demi-heure. C’est magnifique ! Ils sont gris avec des taches plus claires et leur ventre est blanc.
Dauphins au large de Tenerife
Je me repose un moment. Pendant ce temps Jean-Michel surveille le pilote qui fonctionne bien maintenant.
Soudain le vent monte à 15 nœuds, puis 20 et 30 nœuds. Il est trop tard pour prendre deux ris dans la grand voile sans que ce soit très sportif. En plus comme nous n’avions pas rentré le spi dans un coffre, pensant que nous allions l’envoyer bientôt, maintenant il nous gêne pour envoyer la trinquette. Ça équilibrerait le bateau. Il faut faire sans.
Paquets de mer
Cette accélération subite et forte du vent était décrite dans le guide et nous ne l’avions pas assez prise en compte. D’un seul coup nous sommes entrés dans le cône d’accélération et le vent est monté à 25 30 nœuds. Nous aurions dû nous y attendre. Il faut dire que c’est la première île où c’est si net et si important. Nous arrivons en vue de la Gomera. Nous voyons les falaises, quelques villages. La mer est houleuse, parsemée de moutons d’écume. Il y a encore des dauphins près du bateau. Un ferry nous dépasse et rentre au port. Nous approchons. Il faut aller près des falaises, protégés par l’avancée du port pour être abrité un peu du vent. Nous n’avons plus que 15 nœuds. Nous approchons en regardant le guide qui décrit bien le port que nous ne voyons pas sur la carte Maxsea que j’ai pourtant achetée cette année alors que la marina a plus de dix ans ! Maxsea se fout parfois du monde car il vend ses cartes chères ! C’est une cause d’insécurité !
San Sebastian de la Gomera
Nous arrivons au port mais on nous fait signe de ressortir et de tourner dans l’avant-port pendant que l’homme de service place d’autres bateaux. Nous attendons de longues minutes.
Puis le placier nous fait signe et nous dit au fond. Effectivement il y a une place que nous prenons. Il nous aide pour les amarres avant. Nous sécurisons le bateau. Lorsque je veux aller au bureau de la marina, il est fermé. Il ouvrira demain matin.
Il faut dire que l’activité de la marina est axée pour le moment sur une course particulière : la traversée à la rame de l’Atlantique à Antigua près du Vénézuéla ! Les bateaux sont là tout autour sur les quais et sont en cours de préparation. Le départ est le 2 décembre. Nous allons faire un tour des bateaux. Ce sont des barques de 8 mètres fermées à l’avant et à l’arrière pour une cabine et une réserve d’eau et de nourriture. La course est par équipage de deux. Voir les bateaux de près fait froid dans le dos ! Nombreuses seront les vagues à les submerger, à les retourner ! Et que d’efforts pour ramer dans ces conditions de forçats !
L’Atlantique à la rame!
Le monde est si divers ! Combien de fois j’ai entendu que j’étais fou de partir pour des navigations risquées ! Cette fois c’est moi qui pense que cette course est une histoire de fou et de masochistes !
Position actuelle: 28.05.349N 17.06.454W San Sebastian Gomera

Le 25.11.07
Une bonne nuit de sommeil ça fait du bien après une nuit de mouillage agitée.
Il a plu cette nuit. Maintenant le soleil est là sur la marina et la falaise qui la borde.
Une douche dans des sanitaires bien installés, c’est super ! Une fois encore les carrelages des sanitaires sont superbes. Espagnols et Portugais sont très doués pour les carrelages, bien plus que les Français !
C’est dimanche, jour de repos pour les espagnols. La ville vit au ralenti. Les cafés sont ouverts et les terrasses sont pleines d’hommes qui discutent et de touristes qui passent. Les ferries apportent leur cargaison régulièrement. Quelques commerces alimentaires sont ouverts. Nous trouvons du bon pain croustillant, comme dans une boulangerie française ! A chaque fois ça fait plaisir ! La petite ville a un centre ville ancien et autour des bâtiments modernes. La montagne limite l’expansion, tant elle est proche. Il y a déjà des maisons sur les pentes pourtant abruptes.
L’après-midi nous nous nous promenons puis nous allons près de la capitainerie nous connecter à internet. J’ai des mails, des nouvelles de Mimi et de Sophie. Mimi va bien, elle m’indique que son livre figure sur le net. Je vais voir et vois la couverture que je trouve pas mal, bien qu’accrocheuse.
Mimi me dit que Manal , l’une de ses filles viendra à bord pour une dizaine de jours lorsque nous reviendrons. Super ! Ce sera une occasion de faire des choses agréables ensemble, et une occasion pour elle de déconnecter des problèmes de travail et de la fatigue parisienne…
J’espère qu’un jour Sophie et Maxime viendront à bord aussi !
Sophie me dit être allée à l’enterrement d’un cousin pourtant à peine plus âgé qu’elle ! Lorsqu’on est en voyage c’est le genre de chose qui se produit. Parfois on est prévenu directement, parfois on l’apprend plus tard… L’un des navigateur que l’on rencontre depuis Porto Santo, Marijn, un hollandais voyageant avec son épouse et deux petites filles, vient d’apprendre la mort du père de son épouse et ils sont rentrés pour les funérailles…
Nous voyons Christophe du bateau Harem au port. Il vient d’arriver et se prépare à traverser l’Atlantique pour la Martinique. IL part demain. Il vient vérifier la météo. Il nous invite à prendre l’apéro à son bord.
Nous y allons. Il y a Catherine et un ami équipier pour la traversée. Les petites filles nous entraînent dans leur chambre pour nous faire voir leur domaine, leurs jouets, leurs magazines.
Nous passons un moment agréable. Christophe nous fait voir les points qu’il a reportés sur une carte papier. Ce sont les positions prévues pour chaque jour, la progression espérée. Sur le papier une traversée se résume à peu de choses…
Déjà entre Tenerife et La Gomera il a essuyé des vents à 40 nœuds et des déferlantes lui ont rempli le cockpit deux fois, dit-il dans la bonne humeur.

Le 26.11.07
La matinée a filé vite. Nous cherchons des billets pour le retour sur Paris. Nous trouvons des billets à 116€ pour les quel nous ne pouvons imprimer les billets ; donc ce n’est pas bon. Nous allons dans une première agence de voyage. Une jolie brune cherche et ne trouve rien à moins de près de 400. Nous allons dans une seconde où une fille moins belle peine avec une liaison internet aléatoire. Mais très aimable elle nous indique un site internet espagnol pour trouver des billets pas chers : subillete.com.
Nous retournons dans la zone wifi. Avec patience nous cherchons un vol Tenerife Paris. Pas moyen avec un billet électronique. Alors Jean-Michel cherche Tenerife Madrid et Madrid Paris. C’est possible pour des billets électroniques avec des horaires compatibles et 5 heures d’attente à Madrid… Nous prenons les billets. Les dés sont jetés, nous rentrons à Paris le 03 décembre. Il me restera à trouver des allers simples Paris Tenerife pour Myriam et moi et un aller et retour pour Manal. Nous verrons cela à Paris.
Je suis heureux de revoir Mimi ; j’aurais préféré la revoir revenant à Tenerife. J’ai du mal à quitter le bateau, les îles, le soleil… Je me console en pensant à la famille et aux amis que je vais revoir !
J’appelle Mimi qui est heureuse du retour qu’elle attendait tellement impatiemment ! J’appelle Sophie mais en vain… Je lui laisse un message.
Après le déjeuner, je vais faire un tour en ville. Je longe la plage de sable noir. La mer est calme et le soleil chauffe…
Plage de San Sebastian
Vers la ville il y a le parc avec une tour historique bien retapée. Le parc est superbe, entouré de palmiers et de flamboyants. Peu de flamboyants sont déjà fleuris, mais tous ont de longues gousses de graines qui pendent. Des écoliers et des flâneurs se promènent. Dans le parc il y a un joli théâtre en plein air ; ici le climat s’y prête !
Bel arbre en fleurthéatre en plein air
Je déambule dans les vieilles rues de la ville en regardant les maisons anciennes. Souvent elles sont vivement colorées.
Maison de San Sebastien
Il y a la grande église de la ville. Les portes ouvertes invitent à profiter de l’atmosphère ombragée et silencieuse. Elle est richement décorée avec des retables anciens. Des vierges avec la lune à leurs pieds sont richement vêtues.
Eglise de San SebastianRetableVierge à la lune
Plus loin je vois une petite église. L’intérieur est tout blanc, simple, calme. Une vierge naïve est peinte.
Vierge naïve
Je prends une bière en terrasse d’un café cubain qui distille sa musique balancée ! Je suis au soleil ; j’en profite avant de rentrer dans le froid parisien …
Je rentre à la marina. Devant son entrée il y a un monument aux intrépides Gomériens qui partaient gagner leur vie aux Amériques, principalement à Cuba.
Monument aux émigrés Gomériens
Le port s’est vidé un peu aujourd’hui. Plusieurs bateaux sont partis, la plupart pour traverser l’Atlantique vers les Antilles. Ce port est une dernière escale pour beaucoup avant le grand saut. Cela donne une ambiance particulière ; certains bricolent pour fignoler leur bateau, d’autres partent.
Jean-Michel photographie le départ de Harem avec Catherine et Christophe et leur trois filles. Bon vent à eux ; nous suivrons leur périple sur leur site.
Départ de Hareml’Atlantique à la voile ou à la rame…
Pendant ce temps d’autres se préparent pour traverser l’Atlantique à la rame. Sur l’un des bateaux une devise est inscrite qui me laisse songeur : « Punition de la chair, réjouissance de l’esprit » Le vieux fond masochiste chrétien est vivace !
Devise qui laisse songeur..La soeur de Loustic est indifférente aux départs

Le 27.11.07
Ce matin nous louons une voiture pour faire un tour de l’île. De San Sebastian, nous remontons vers le nord, vers Hermigua et Agulo. La route serpente tout de suite, et va à flanc de montagne pour atteindre vite 800 mètres puis 1400. La vallée de San Sebastain est habitée et cultivée. Les flancs de montagnes sont avec des jardins en terrasses où poussent vigne, bananiers, légumes et palmiers. Le haut de la montagne est sec, rocheux avec des cactus.
Terrasses en bord de merCultures en terrain secChamps en terrassesMontagne aride
Cela ressemble aux côtés secs des autres îles des Canaries.
De là nous allons vers Vallehermoso.
Village dans les palmiersLa seule chèvre apperçue…
C’est un joli village qui n’est pas changé par le tourisme. Sur une place il y a un jardin de cactus. Certains sont étonnants par leur forme, d’autres sont beaux!
CactusCactus bouleCactus peu communCactus poilusDifférents cactusJardin de cactus
Les vallées sont cultivées.
Vallehermoso
Moins que par le passé et moins haut sur les flancs de montagne. Ce que faisaient les vieux, les jeunes ne veulent plus le faire et vont chercher du travail dans les autres îles touristiques ou aux Amériques. Alors on voit des champs en terrasses en friche, envahis par des ronces ou des cactus…
Nous descendons vers le sud-ouest. Nous traversons une partie du parc national qui occupe tout le centre de l’île. Dès que nous montons au-delà de 700 mètres, les cactus et l’herbe laissent la place à un maquis dense de résineux et de buissons, puis à une forêt primaire de pins canariens, de lauriers et d’autres arbres que je n’identifie pas. Troncs et branches sont tous verts, couverts de mousses et de lichens. Par endroits le sol aussi est entièrement couvert de mousses de différentes espèces et couleurs. C’est magnifique.
Arbres moussusArbres moussus dans le parc national GajoronaySous bois humidesSous bois
On se croirait dans les forêts humides d’Auvergne ! En plus il fait froid (10°) et humide avec un vent qui accentue la sensation de froid. Un pull n’est pas superflu. Nous nous promenons à pied dans la forêt. Il y a des sentiers balisés, avec des pancartes indiquant les espèces remarquables… pas forcément à la saison où nous sommes !
Sur le parking où nous avons laissé la voiture il y a des sculptures naïves qui sont des jeux pour les enfants. Il y a aussi de nombreux barbecues pour que les gens s’en servent plutôt que d’allumer des feux dangereux pour la nature.
Jeu pour les enfants
Nous déjeunons en route dans un restaurant de village. La patronne nous aide à choisir : un potage au cresson chaud puis des sèches avec des pommes de terre « arrugadas ».
Pour le potage elle nous demande si nous voulons du « gofio », une farine de céréales et surtout de maïs grillée que l’on saupoudre sur le potage. Je fais un essais et ne suis pas convaincu de la valeur ajoutée. Les seiches sont excellentes. Les pommes de terre « arrugadas » sont de pommes de terre en robe de chambre, bouillie dans l’eau salée, puis égouttées et passées au four pour les sécher. Sur la peau, le sel cristallise. C’est très bon. C’est servi avec une sauce pimentée et une autre à l’ail et au persil ! Pour le dessert il y a de « l’almorgrote » un fromage en miette préparé avec de l’huile d’olive, de l’ail et du piment. C’est bon mais ce serait meilleur avec du fromage plus affiné. Puis il y a des gâteaux aux amandes locaux qui sont bons mais secs. Nous testons les produits locaux !
Nous arrivons à Valle Gran Rey. Le nom marque le souvenir du souverain Guanche le plus puissant d’avant la conquête espagnole. La vallée est encaissée mais fertile et très cultivée.
Le village est joli et il y a une urbanisation modérée pour les touristes allemands. Plusieurs magasins ont leurs inscriptions en allemand. La mer est bordée d’une belle plage de sable noir et il y a un port. Le port est tout petit pour quelques bateaux de pêche, quelques voiliers à l’ancre, et un quai pour le ferry. Il y a même un chantier bien équipé pour sortir les bateaux de bonne taille et les entreposer sur son terrain.
Plage de sable noirPort de Playa Santiago
A côté il y a un café-restaurant construit dans une grotte de la falaise. Nous prenons un café et un « gomeron ». C’est une eau de vie mélangée avec du miel de palme (le suc du palmier râpé). C’est trop sucré à mon goût.Le café est bordé de frangipaniers fleuris qui embaument!
Fleur odorante de frangipanier
A côté du café il y a une petite chapelle dans une grotte aussi. Une vierge trône avec des maquettes de navires à ses côtés. Ici on a la croyance utile!
La Vierge des pêcheurs
De là nous retraversons une partie du parc national donc de forêt moussue et fraîche.
Puis nous débouchons de nouveau sur les versants sud sec et avec des escarpements très abrupts.
Nous descendons vers San Sebastain. Du haut de la vallée, on voit toute la ville et au loin l’île de Tenerife avec le Teide qui sort des nuages qui le couvrent en partie. Beau spectacle ! On voit aussi le ferry hydroglisseur qu part en faisant une longue traînée blanche derrière lui !
San Sebastian et le Teide au fond
Ce tour de l’île laisse plusieurs impressions. C’est le royaume des randonneurs à pied et en vélo. Il faut faire des efforts, mais c’est superbe. La forêt centrale est très belle et il y a de nombreux sentiers balisés. Pour le reste il n’y a pas le côté lunaire de Lanzarote ou de Tenerife.Les champs en terrasses sont moins abondants qu’à Madère ou à Tenerife.
La Goméra demande sans doute plus de temps pour découvrir tous ses charmes.
Le soir je fais une ratatouille pour effacer la froidure de la montagne et prévenir celle du retour en France.

Le 28.11.07
Ce matin pas de trace de Daam Dour qui devait partir hier de Santa Cruz, naviguer de nuit et arriver ce matin à San Sebastain. Peut-être ont-ils été retardés ? Ou ne sont-ils pas encore partis…
Nous songeons à préparer le retour sur Tenerife et le départ pour la France. Hier soir j’ai appelé Mimi qui se réjouit et compte les jours. J’ai appelé Maxime qui va prévenir Sophie que je n’ai pas réussi à joindre. Nous partirons demain si la météo est favorable.

Le 29.11.07
Une bonne douche ; je vais payer la marina ; dernier coup d’oeil sur la météo qui prédit du vent dans le nez et nous sommes prêts pour le départ.
Un peu avant 10h je largue les amarres. Jean-Michel prend la barre, bat arrière pour faire une manœuvre de dégagement. Soudain il me crie qu’il ne peut repasser la marche avant. C’est bloqué. Je fonce à l’arrière pour retenir le bateau qui recule lentement et va toucher un autre bateau amarré puis le quai. Je retiens ce que je peux et Daim Rek vient s’arrêter contre un vieux bateau épave, sans dommage. J’ai crié à Jean-Michel de couper le moteur, ce qui a stoppé l’impulsion arrière et lui a permis en redémarrant de passer la marche avant.
Après ce départ mouvementé, nous sortons du port par temps calme, vent 7 nœuds.
C’est l’occasion de hisser le spi réparé par Claude. Lorsqu’il est gonflé il est magnifique, avec ses réparations de deux triangles verts et une bande rose ! Un vrai arc-en-ciel !
Nous quittons la Gomera
Nous avançons bien pendant quelques heures. Assez vite j’ai mis les lignes et ça mord. Je remonte deux bonites qui ont mordu ensemble sur deux des six hameçons !
J’en prépare une pour le déjeuner et je vide l’autre pour la mettre au frigo pour la donner à l’arrivée à Daam Dour qui n’a pas la chance d’attraper grand chose lorsqu’ils mettent les lignes.
Des dauphins viennent autour du bateau. Nous avançons à 2 nœuds, eux aussi. Ils jouent dans la mer calme. Je leur parle, ils passent mais ne s’arrêtent pas…
Le vent tombe. Nous affalons le spi et le rangeons dans le coffre pour ne pas refaire la même erreur qu’à l’aller. Pourtant le temps est dégagé et laisse penser que nous pourrons le reétablir bientôt. Sans vent nous mettons le moteur une partie de l’après-midi.
Le vent se lève en fin d’après-midi. Nous remettons grand voile, génois et artimon. Mais le vent de face nous oblige à tirer un long bord bien plus à l’ouest que la route directe.
Le bateau gîte car le vent monte vers 25 nœuds. Soudain je m’aperçois qu’il y a de l’eau dans les fonds et que ça dépasse le plancher côté bâbord. Je descends, mets les pompes en route.
Beaucoup d’eau est rentrée. La seule vanne pas fermée est l’évacuation de l’évier. J’ai souvent navigué en la laissant ouverte sans problème. En tout cas je la ferme. J’écope avec sceau et écope. Bientôt il n’y a plus d’eau et il n’en rentre plus !
La nuit tombe. La veille commence. Nous tirons des bords contre le vent et le courant, si bien que nous n’avançons que très peu. Il faudrait tirer des bords bien plus larges en rallongeant de beaucoup la route. Le vent baisse et se stabilise à 15 nœuds.

Le 30.11.07
Nous mettons le moteur. Contre le vent nous n’avançons pas vite. Nous rentrons l’artimon.
L’avancée se poursuit difficilement. Il faut envisager d’y passer la nuit.
Soudain, pendant que Jean-Michel se repose, le régime moteur baisse, puis le moteur s’arrête.
Jean-Michel prend les manœuvres et je descends dans la cale moteur. L’alimentation gasoil ne se faisait plus ! Encore une fois, alors que je croyais le problème réglé ! Le moral en prend un coup ! J’aspire dans le tuyau et le gasoil revient. Je démarre le moteur et ça tourne.
On continue, avec l’inquiétude en plus.
En approchant de Santa Cruz, un nuage crève et c’est l’ondée nourrie et assez courte.
Ondée sur la mer près de Santa Cruz
Nous avançons doucement et soudain le moteur baisse de régime et s’arrête. Je recommence la manœuvre, mais le moteur cale bientôt.
Nous continuons la route ainsi jusque devant le port de Santa Cruz. Là le moteur cale toutes les minutes. Mais il redémarre au premier coup de clef. Un peu de gasoil passe. La transmission débrayée, le moteur prend des tours ; un coup d’embrayage et nous avançons un peu ; le moteur cale de nouveau…
Devant le port c’est le dilemme. Essayer d’entrer avec le risque d’être vraiment en passe et non manoeuvrant ou repartir en mer essayer de réparer ? Je tente d’appeler le port à la VHF qui ne répond pas. Je tente d’appeler Daam Dour pour qu’il vienne nous remorquer. Mais il ne répond pas non plus.
Alors on rentre en calant souvent. Une fois la jetée du port franchie, il n’y a plus de houle et le moteur ne cale plus ! Pourvu que ça dure. A la VHF la capitainerie m’indique le ponton 4 où l’on nous indiquera la place. Nous y allons et sans caler !
Les amarres passées, nous sommes soulagés !
Je vais faire les papiers à la capitainerie. Pendant ce temps Jean-Michel va saluer Daam Dour qui nous invite à déjeuner car li est midi. C’est vraiment gentil car nous sommes crevés !
Un bon apéro brésilien, un repas bien agréable et nous rentrons pour une courte sieste réparatrice. Dominique viendra nous aider pour le problème de gasoil après la sieste.
Il vient vers 18h et analyse les causes, tente de voir différentes choses…
Finalement il démonte entièrement le préfiltre. Il est sale et il le nettoie. Il démonte une partie coudée et trouve dans le conduit du silicone bleu qui avait servi à fermer les trappes de visite des réservoirs de gasoil ! Lorsque Laurent a fait ces trappes il n’a pas évité d’en faire tomber dans le réservoir. Les déchets ont été aspirés jusque dans le préfiltre. Comme la matière est un film très souple les déchets peuvent se déplacer un peu et laisser passer un peu de gasoil ou boucher le conduit…
Un bon nettoyage, remontage et ça tourne rond. Le ralenti moteur est un peu rapide. Dominique prend le temps de démonter le fil d’accélérateur, de percer de nouveau trous pour reculer le blocage de la manœuvre et de régler le ralenti ! Un coup de clé aussi pour retendre la courroie de l’alternateur et Dominique repart un peu avant 22h !
C’est un soulagement d’avoir trouvé la cause de la panne et de savoir où intervenir au cas ou… C’est vraiment gentil à Dominique de nous avoir aidé une nouvelle fois !
Un rapide dîner et nous allons voir les grands voiliers qui sont dans le port. Un magnifique 105 pieds et un de 130 ! Ce sont des voiliers de luxe, magnifiques à voir. Je n’en ai encore jamais vu de tels avant les Canaries !

Le 01.12.07
Journée de rangement, de nettoyage et d’entretien du bateau.
Lessive le matin avec la machine à laver et à sécher de la marina. J’en fais une, Jean-Michel aune autre. Voilà le linge sera propre pour le retour.
Nous finissons de pomper l’eau qui reste dans les fonds. Heureusement les marinas ont des bacs de récupération des huiles usagées, des eaux grasses… Il faut porter les jerrycans qui sont lourds et ce n’est pas à côté…
Je veux copier de la musique pour Marylène sur son disque dur grâce à mon disque dur externe. Surprise ! L’ordinateur ne le reconnaît plus. Il faut dire qu’en navigation il a fait une chute d’un placard à par terre, dans un coup de gîte. Il n’a sûrement pas aimé ! Je le bouscule un peu et il arrive à repartir. Il copie un peu de musique puis cale sur une histoire de doublon. Enfin il refuse de repartir à la tâche. Je vais avoir de quoi remettre à niveau le matériel informatique pendant mon séjour parisien !
Puis je vais acheter des bidons d’huile pour faire les vidanges moteur et inverseur. Je change aussi les filtres à huile et à gasoil. Je fais un essai moteur : il tourne parfaitement. Il est prêt pour les prochaines navigations !
J’appelle Myriam qui attend impatiemment nos retrouvailles ! Elle viendra me chercher à l’aéroport avec Manal. Ce sera un beau moment !
Ce soir nous avons invité Dominique et Marylène à prendre l’apéro à bord et après nous devons retourner au restaurant turc que nous avions aimé. Il faut un bon programme agréable pour faire oublier la difficulté de rentrer… Nous allons au restaurant Istanbul. Le samedi soir c’est plein. Nous avons réservé pour 10H. Nous attendons un peu puis on nous place avec le sourire. La serveuse nous reconnaît. Le dîner est un régal. Samedi soir une jeune fille vient faire la danse du ventre. Elle danse sur une musique arabisante. Elle est d’une souplesse superbe et suggestive. A la fin les applaudissements fusent. Dans la soirée nous discutons avec la serveuse Monica et sa fille serveuse aussi Valentina. Elles travaillent dur et sont très aimables. Visiblement Monica rêve de voyage et pourquoi pas en bateau. Demain elle viendra visiter nos bateaux à l’heure du thé.
Monica et ValentinaDésert à IstanbulDominique
Nous rentrons heureux passé 2 heures du matin !

Le 02.12.07
Dernier jour avant l’envol ! Nettoyage et rangements pour faire les valises. Je trie ce qui ne servira plus pour le remporter à la maison. J’emporte l’informatique pour l’optimiser. Le reste demeure à bord. Jean-Michel qui est venu très chargé a des problèmes de poids limite au-delà duquel il devra payer. S’il me reste de la place et du poids possible, je prendrai des affaires.
Pour déjeuner je cuisine les restes, pour ne rien laisser perdre.
Jacques vient frapper à la coque. Il nous invite pour l’apéro avant le départ. C’est vraiment gentil. Moi qui voulais aller le voir, il m’a devancé. Nous parlons un moment. Il a l’intention peut-être d’aller à Gran Canaria pour faire son carénage. Après il ira au Cap-Vert, puis au Sénégal, et il traverserait cette année pour le Brésil. Si nous pouvions faire un bout de chemin ensemble ce serait vraiment sympa. Nous échangerons nos moyens de communication, pour savoir où nous retrouver dans les pays.
En fin d’après-midi nous allons donc sur le bateau de Jacques et de Marie. La soirée commence par un apéro suivi de quelques autres lorsque arrivent des amis de ponton, Virginie et Philippe. Eux ont déjà voyagé plusieurs années sur leur bateau. Cette fois-ci ils repartent et vont vers l’Afrique. Jacques et Marie aussi vont aller au Cap-Vert puis au Sénégal. Nous discutons de ces pays, de l’envie de découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles gens. Dans les discussions reviennent les peurs des endroits inconnus. Est bien ? Est sûr ? Et les approvisionnements sont-ils faciles ?
Jacques est en train de finir la peinture de son pont. Il va entreprendre de peindre les endroits accessibles de la coque intérieure. Mais vivre dans un bateau où l’on peint n’est pas chose facile. Je lui propose de venir dormir dans mon bateau pendant mon absence. Il me remercie mais n’ose pas accepter. Je lui indique où j’ai laissé les clefs. A lui de choisir.
Marie nous retient gentiment à dîner. Le carré est plein, 7 personne avec Rose qui a deux ans et participe à la conversation.
Nous passons une soirée très agréable. Je pense que nous arriverons à faire route par moments ensemble et ce sera super !
En sortant du bord nous allons dire au revoir à Daam Dour. Mais il est plus de minuit et il n’y a plus de lumières…

Le 03.12.07
Lever à 4h15 pour se préparer, fermer le bateau et attendre le taxi prévu à 5h. Nous l’appelons à 5h moins 5. Heureusement car il serait venu à 17h… Il saute dans ses habits puis dans son taxi et le voilà à 5h20. Il nous emmène à l’aéroport en vitesse, avant même l’ouverture de l’aéroport !
Attente devant la porte, puis devant le guichet de la compagnie Air Europa, puis pour l’embarquement.
Le premier avion Tenerife Madrid décolle à 7h30. Voyage sans histoires et longue escale à Madrid avec queue au guichet pour le second billet Easyjet. Longue attente dans les salles d’attente assez pleines. L’avion est en retard. Finalement ce sera une heure de retard !
Nous décollons à 17H40 pour arriver à Orly un peu après 19h.
L’épouse de Jean-Michel l’attend. Mimi et mes enfants m’attendent. Les adieux sont courts d’autant plus que nous irons, Jean-Michel et moi, ensemble au salon nautique…
A Paris il fait humide et un peu froid pour nous : 10°. Les enfants trouvent ça chaud car il y a peu il gelait…
Retrouver les embouteillages ce n’est pas terrible. Mais je suis heureux de retrouver Mimi et les enfants qui sont en forme.