Océan Atlantique Archipel de Madère

Posted on octobre 29th, 2007 by Christian

Ce matin c’est le départ pour Madère. Notre routeur nous disant que nous allons trouver de bonnes conditions, c’est décidé, nous partons.
Je quitte Tanger avec un sentiment de n’avoir fait qu’effleurer les charmes de cette ville et du Maroc que je connaissais déjà un peu il y a bien des années. Mais le port est si sale et sent si mauvais, que nous sommes contents de mettre les voiles.
11h30 dans le port et en mer flottent beaucoup de détritus autour de notre bateau. Manifestement les habitudes écologiques progressent lentement ici. La côte est rocheuse avec des villes blanches, mais de ce côté-ci du détroit il n’il a pas d’éoliennes sur les montagnes…
Il y a peu de vent, aussi Jean-Michel propose de mettre le spi asymétrique que nous n’avons encore jamais essayé. OK On le sort de la baille à voiles, ainsi que les écoutes. On frappe une poulie sur le davier et derrière le génois nous établissons le spi. Une fois rentré le génois, il faut découvrir le réglage-optimum et là c’ests vraiment super ! Sur une mer d’huile, avec un petit vent de 7 nœuds, nous avançons à 5 nœuds. La voile gonflée est jaune, bleu et blanc. Regarder le spi gonflé c’est beau !
Diam Rek sous spi
Lorsque le vent monte vers 10 nœuds nous avançons à 6 nœuds, parfois 6,6 nœuds. Sur cette mer calme, la voile donne une stabilité au bateau qui est très confortable. Le bateau ne bouge pas et glisse sans bruit sur l’eau. La journée se passe ainsi. La pêche nous donne deux maquereaux pour midi et deux bonites pour le soir. La mer est généreuse !
Par précaution nous enlevons le spi pour la nuit et établissons le génois, des fois que le vent monte pendant la nuit.
Pendant les quarts, je regarde les étoiles si présentes. Il n’y a que la mer, le ciel et nus sur le bateau. Je respire et mes poumons se gonflent de l’infini de la mer et du ciel. L’infini rentre dans tout le corps. Certains pensent que l’âme est infinie. Pour ma part je ne crois pas à l’âme, mais je sens le corps infini. Il participe de l’infini tout le temps par les échanges continuels et même lorsqu’il cesse de vivre, il retourne à l’infini de la matière qui se réorganise. Voilà les rêveries d’un navigateur de quart… Je pense à Brahim que le temps n’a pas permis que l’on revoie. Je suis heureux de l’avoir rencontré à Tanger. Des gens pensent que c’est courageux de naviguer. Mais c’est vivre une maladie chronique au jour le jour qui est courageux et encore plus de s’occuper d’une association de malade ! Je ne suis pas près de l’oublier Brahim, même si le vent nous pousse plus loin.

Le 06.10.07 Le Spi
Les jours se suivent et se répètent, aussi calmes. Peu de vent mais une avance confortable avec le spi.
La journée nous croisons quelques bateaux de commerce qui vont vers le détroit. Il faut être vigilant car ils sont plus rapides que nous, mais peu manoeuvrants. C’est à nous de les éviter !
Deux autres bonites viennent au menu. Le soleil tape et nous installons un taud pour nous en protéger.
En fin d’après-midi, soudain le spi descend en douceur et tombe à la mer !!! L’attache s’est rompue et la drisse est en haut de mât. Nous nous précipitons pour récupérer la voile. Elle flotte sur le côté du bateau. Nous arrivons à la hisser à bord sans la déchirer. Il manque la chaussette, pièce qui permet de rentrer la voile en la dégonflant. Mais si elle est sous l’eau attachée par l’écoute qui sert à la manœuvrer. Tout est à bord. Au premier regard c’est la sangle qui permet d’étarquer la voile qui s’est décousue. Il suffira de recoudre et de renforcer.
Nous continuons sous génois.
Le soir le vent fraîchit et vire nord-ouest, comme nous l’avait indiqué Daniel, notre routeur. Nous pouvons alors prendre un cap plus à l’ouest direct sur Porto Santo.
coucher de soleil
Le vent nous mène à 7 nœuds parfois 7,5 nœuds dans une allure moins confortable qu’avec le spi. La houle se creuse et les lames trois quarts arrière déportent le bateau. Le pilote rétablit et le bateau roule un peu et secoue à cette vitesse.

Le 07.10.07 Malades
La nuit est difficile. Je suis malade, puis Jean-Michel aussi. Dans ces conditions les quarts sont durs, longs. Nous luttons contre le sommeil, contre le mal de mer. Ce que nous mangeons, ressort vite. Alors la nuit est longue. Il faut éviter quelques bateaux de pèche.
Je suis de quart lors du lever de soleil. Il commence un peu avant 8h et se termine à 9h. Je regarde ça comme un film. Les premières teintes brun orangé sur le noir du ciel. Puis du brun rouge. Lentement ça vire au rouge orangé puis des zones jaunes. C’est alors que les nuages ont leur rôle. Soit ils répartissent bien les teintes, soit ils les masquent et le résultat n’est pas bien beau. Et puis la mer à son tour prend les couleurs, c’est magnifique.
Lever de soleil
La journée se passe entre la couchette et le cockpit, à tenter de récupérer. Un jour après le départ de Tanger, j’avais un début de mal à la gorge. Maintenant c’est en plus le mal de mer. Il est sournois, il va et vient, s’endort, revient brusquement… Dans la cabine, je suis étendu sur la couchette. Les mouvements de la mer me tirent d’un côté puis de l’autre. Ce qu’il y a dans le ventre se déplace ? C’est comme un massage dans le ventre. Mais lorsque je me lève, c’est pour rendre aussi tôt.
Dure journée alors que la mer n’est pas mauvaise. La houle a des creux de 2,5m. et le bateau avance toujours à plus de 7 nœuds.
La houle se creuse
Avant la nuit comme le vent est monté à plus de 20 nœuds, nous jouons la prudence et affalons l’artimon. Le bateau avance toujours aussi vite. Nous prenons un ris dans la grand voile. Il faut opérer en pied de mât, avec quelques paquets de mer qui mouillent les habits.
Nous avançons toujours aussi vite. Il faut prendre un deuxième ris et ça se fait sans problème, sans même l’appui du moteur, mais un en pied de mât et l’autre aux commandes.
Le bateau est toujours à plus de 7 nœuds et le vent entre 20 et 25 nœuds. Diam Rek est un bateau qui n’aime pas être trop surtoilé. Il supporte bien ça, mais gîte plus, se freine dans la vague et n’avance pas plus bien qu’ayant plus de voiles….

Le 08.10.07 Ça avance vite, mais c’esst dur…
Nouvelle journée de vent stable d-en direction et en force. Nous avons des nouvelles par mail des familles et de la météo, même si ça ne passe pas facilement à toutes les heures…
Nous avançons vite en étant un peu comme des zombies en survie. C’est dur pour faire n’importe quoi. Et pourtant en regardant la mer, le spectacle est superbe. La houle est belle à regarder, sinon à subir. Le ciel est parfois couvert.
Depuis hier nous ne mangeons presque plus rien, ou à peine quelque chose qui ressort…
Jean-Michel est prudent et met son gilet de sauvetage lorsqu’il est dans le cockpit et s’attache lorsqu’il bouge ou lorsqu’il fait nuit. J’ai du mal à faire de même. J’ai sûrement trop confiance en moi. Je mets le gilet. Je n’aime pas cette gêne, mais j’essaie.
La journée se traîne alors que le bateau avance vite ! Mais la mer nous broie. J’ai l’impression d’être dans une machine à laver en marche. Le corps essaie de compenser tous ces mouvements. Il est fatigué, fatigué.
La nuit arrive et les quarts sont bien difficiles à faire !

Le 09.10.07 On approche!
Le vent est redescendu autour de 20 nœuds Et le bateau vers 6,5 à 7 nœuds. Nous arriverons dans la nuit qui vient. Pas de chance ce sera la nuit dans un port que nous ne connaissons pas et qui a la réputation d’être souvent plein… S’il le faut nous mouillerons la nuit dans la baie avant d’entrer au port le matin….
La journée nous continuons difficilement. À midi je pense faire une salade de tomates qui supportent mal le voyage et des œufs au bacon. J’y pense tout l’après midi et le soir sans arriver à cuisiner….
Le soir arrive et une lueur à l’horizon doit être Porto Santo, la plus petite île habitée de l’archipel de Madère. C’est aussi la plus à l’ouest, c’est pourquoi nous arrivons par là, comme ses découvreurs au 15ème siècle. Christophe Colomb y a vécu quelques années et s’y est marié avant de partir pour les Indes devenues les Amériques pour le plus grand malheur de ses habitants.
Les lueurs deviennent lumières. Porto Santo brille de centaines de lumières au ras de mer et sur la montagne.
Nous nous approchons. C’est super d’arriver droit sur l’île que nous visions sur la carte électronique. Nous agrandissons l’échelle pour voir les détails au plus près.
Nous affalons la grand voile et préparons amarres et pare battages. Le bateau rentre doucement dans le port qui est vaste ? À tribord le port pour ferry et à Bâbord le port de pêche et deux pontons pour voiliers. Un premier repérage nous permet de voir une place en bout de ponton qui irait bien. Un tour pour rien et nous voilà amarrés à ce bout de ponton d’une petite île de l’Atlantique. Malgré la fatigue, nous amarrons bien car le vent est assez fort en descendant de la montagne. Il est 3h30 du matin. Un tour aux sanitaires nous fait longer le quai tout au long du quel des navigateurs ont peint leur carte souvenir. Il y en a de tous pays, garçons et filles. d’Europe, d’Amérique, d’Australie…. Certains marquent leur nom et celui de leur bateau. D’autres font œuvre d’art !
Retour sur la couchette pour dormir sans que le bateau bouge !

Le 10.10.07 Enfin arrivés!
Réveil pas bien tard et petit-déjeuner. Ici il est une heure plus tôt qu’en France, comme dans la mère patrie, le Portugal. J’ai fini lorsque passe la police ? je me présente et nous allons dans le bureau pour remplir les fiches nécessaires. Le policier est courtois et polyglotte ! Puis c’est au tour de la marina. La secrétaire est aussi courtoise, polyglotte et jolie en plus.
Porto Santo
Retour au bateau pour nettoyer les traces de tomates et fruits écrasés qui ont coulé, la vaisselle abondante…. Un peu de bricolage aussi.
Jean-Michel choisit d’aller sur internet en ville. Moi je reste au bateau pour écrire et préparer des photos. J’irai alors en ville demain pour alimenter le site et gérer les affaires de loin.
Le port est presque vide. Il y a peu de monde cette année. Quelques Français avec des enfants.
Il est surplombé par la montagne rousse avec une végétation cramée par le soleil.
Quel plaisir de se retrouver ici, dans une île nouvelle, à découvrir. Un petit coin de Portugal perdu dans l’Atlantique à la latitude de Casablanca ! En plus Mimi m’appelle pour échanger des nouvelles et de la tendresse. Elle avance sur son bouquin : les épreuves corrigées sont remises et le livre est à l’impression pour être le 25 octobre dans les bacs des libraires ! Après il lui reste la promotion du livre et elle prend un avion pour revenir à bord me tenir compagnie ! Ça c’est super !

Le 11.10.07
Après le petit-déjeuner, Jean-Michel est en forme pour plonger sous la coque et regarder si nous avons un bout dans l’hélice et d’autre part pour décoincer la roue à godets du speedo qui refuse de fonctionner depuis Tanger. Il essaie d’entrer dans ma combinaison de plongée et y arrive. Mais il est bien à l’étroit et au chaud ! Il plonge et ne voit qu’une garcette prise autour de l’hélice. Il n’y a plus de bout et il dit qu’avant d’arriver nous n’entendions plus le bruit contre la coque des jours précédents. En tout cas, l’hélice est libre. Il plonge alors vers la proue du bateau et muni d’une brosse nettoie la roue à godet du speedo. Ça tourne et ça devrait nous indiquer la vitesse du bateau sur l’eau. Jean-Michel remonte en soufflant. Un peu de repos et une douche et cette fois c’est à moi de travailler. Je vais monter en haut du mât pour récupérer la drisse de spi qui est en tête de mât depuis la chute du spi, pour retendre le ridoir de l’étai de trinquette.
Les gens du bateau d’à côté nous prêtent un harnais de grimpeur qui permet que je sois assuré par une drisse que tiendra Jean-Michel sur un winch. Je m’équipe et monte les premiers échelons du mât. Jean-Michel raidit la drisse au fur et à mesure. Je monte, passe les barres de flèche, monte encore jusqu’en haut. C’est haut ! 15 mètres au-dessus du pont. Je récupère la drisse de spi et la fais descendre. Il y attache un sceau d’outils qu’il me monte et je me mets à resserrer le ridoir de l’étai de trinquette. Il me faudra une bonne demi-heure pour préparer, serrer et remettre des goupilles et du scotch pour protéger les voiles d’une déchirure.
Grimpant au mât!En haut du mât!Jean-Michel me hissant
Je profite de la situation pour photographier Diam Rek vu de haut. Jean-Michel me photographie depuis le pont, perché en haut du mât ! Voilà pour les souvenirs.
Je redescends. Je n’ai pas ressenti de vertige ; juste un manque d’assurance pour travailler sans les appuis habituels. Après je ressens les muscles du dos fatigués, tendus…. Ils ont travaillé de façon peu ordinaire….
Nous passons l’après-midi à divers bricolages et entretien du bateau. Quel travail de faire fonctionner un bateau !
Les plaisirs de la navigation, lorsqu’il y en a, se payent au prix de bien du labeur de préparation et d’entretien voire de réparations !
Histoire de se relaxer nous allons admirer les traces laissées sur la jettée par les équipages déjà passés avant nous. C’est émouvant de trouver des traces d’équipages que je connais par leur site, par des on dits…. Que d’inventions graphiques pour certains! Et puis les anciens s’éffacent avec le temps comme le sillage dans la mer s’efface…
Traces de passage
Traces à Porto SantoOld Nick

Le 12.10.07 Les amis de retour et les autres…
Dès le réveil, nous nous penchons sur la question des fuites de gasoil. Le puisard vidé la veille contient du gasoil… Nous croyions avoir isolé le réservoir, or il y a une fuite que nous ne trouvons pas. Nous pompons une nouvelle fois pour voir si ça continue…
Puis nous allons au village faire des courses. Pour cela nous longeons la plage qui est magnifique et longue de quelques kilomètres.
Plage de Porto Santo
Toute de sable doré ! Quelques voiliers sont à l’ancre non loin ! C’est le grand calme, alors qu’au port le vent souffle fort, car la montagne prend le vent en altitude et le fait suivre ses pentes à grande vitesse.
Le village est moderne, propre, bien aménagé, fleuri. Superbe endroit !
vue du village Baliera
Nous trouvons un super marché très bien fourni. Puis Jean-Michel fait un saut dans un cyber wifi où la liaison est gratuite, il suffit de consommer… C’est pas beau la vie. Je prends une bière de Madère qui est parfumée et fraîche ! Jean-Michel préfère un café dont il est privé à bord !
Lorsque nous rentrons à bord nous voyons arriver Frédérique et Catherine arriver avec leurs trois enfants en annexe. Ils sont ancrés un peu plus loin dans le port. Ça fait vraiment plaisir de les revoir !
Frédérique et Catherine
Après Gibraltar, eux ne sont pas allé à Tanger, mais à Ceuta, enclave espagnole dans le Maroc. Puis ils arrivent après une traversée durant laquelle ils ont été malades, surtout les deux garçons ! Maintenant nous irons regarder ensemble la demie finale de rugby contre l’Angleterre dans un café du village ! c’est super et Pablo est bien heureux !
Peu après arrive un voilier que nous aidons à amarrer : un couple de français qui paraissent 25 ans et qui sont partis pour 5 ans autour du monde ! C’est ce que j’aurais voulu faire. Nous parlons itinéraires. Eux aussi veulent aller en Afrique et sont intéressés par ce que je connais du Sénégal. Ce soir nous sommes invités à boire un coup ! Peut-être nous ferons un bout du voyage ensemble. Ce serait super !
C’est étonnant comme les affinités vont vite dans les ports. Et puis ceux qui passent à Porto Santo sont ceux qui voyagent et veulent aller loin. Nous parlons de la même chose. Certains sont jeunes, d’autres moins ; certains ont des bateaux d’une sorte, d’autres ont d’autres engins et néanmoins ça accroche vite. Le même désir d’aller plus loin, de découvrir du pays, des gens. La même humilité devant le vécu marin du voyage, le même manque d’expérience de beaucoup, qui tentent courageusement, certains pour une année sabbatique, d’autres pour une durée non déterminée…. Hier soir nous discutions avec deux familles parties pour une année faire le tour de l’Atlantique, sans très grande expérience du bateau ; elles disaient leurs plaisirs, leur mal de mer, leurs peurs, leurs envies…. Sans affectation, sans fanfaronnerie. Et chacun parlait de ses ennuis techniques… Somme toute nombreux et récurrents !
Cette après-midi, je fonce au cyber pour retrouver la famille, les enfants, les amis, et vous qui passez sur notre site parfois par hasard et qui y restez et y revenez, j’espère !
Si la liaison est bonne, je pourrai mettre les photos que j’ai en réserve ! Bonne chance pour moi et pour vous !
Je vous embrasse bien fort !

Position actuelle : 33.03.723N 16.18.941W Porto Santo

Tout le centre de Porto Santo est équipé en wifi d’accès libre ! Om peut s’assoire quelque part et aller sur internet. Moi je suis allé dans un café moderne, j’ai pris une bière et suis resté près de trois heures sur internet pour alimenter le site. La liaison était bonne et je pouvais travailler sur ma machine alors que lorsque je travaille sur un pc d’un cyber, il arrive que la typo change, la mise en page aussi… Un vrai bazar en somme ! Avec le wifi, je n’ai pas ce genre de problème. De plus j’ai partout le même clavier français !
Pendant ce temps, Jean-Michel a plongé en groupe, non loin du port. Par 15 mètre de fond et avec une super visibilité, ils ont vu les fonds de sable, sans algues ni coraux, mais avec quelques poissons. Jean-Michel est revenu avec des photos prise de très près de poissons pas du tout farouches, d’une murène, d’une raie, de poissons bleus…. C’était pour lui une plongée pour ne pas perdre la forme et découvrir faune et flore du coin !
À peine rentré au bateau, je commence la cuisine avec un poulet tandoori. Julien, du bateau voisin, La Mandragore, frappe pour nous inviter à boire un coup. Je mets le feu au plus bas sous le poulet et nous allons à bord de la Mandragore boire un verre de vin d’Anjou car Julien est d’Angers. Il a acheté, il y a quelques mois son bateau en acier de 10,50 mètres et il est parti pour un tour du monde de 5 ans avec sa compagne Agnès. Leur bateau est sympa et fonctionnel. Nous parlons voyage et Afrique qu’ils ne connaissent pas et aimeraient découvrir bien qu’ayant un peu peur.
Après un verre, je leur dis que le poulet cuit, Jean-Michel les invite et nous passons à notre bord pour manger le poulet qui a mijoté sans brûler ! Nous continuons à discuter toute la soirée et c’est bien agréable. Eux ont 30 ans, nous le double et ça ne gêne en rien. Le désir de voyage, l’expérience du bateau sont des liens rapides, des raisons d’échange. Nous irons, j’espère au Sénégal ensemble ; ça pourrait être bien d’être à plusieurs bateaux parfois dans les bolons de Casamance par exemple. Eux aimeraient rester un moment au Cap-Vert ; j’aimerais bien aussi. Affaire à suivre.

Le 13.10.07
C’est samedi, alors on pense à faire des courses car peut-être que dimanche tout sera fermé.
Nous allons au centre du village. Il y a 20 minutes de marche à pied sous le soleil pour y arriver. Tout est ouvert. Nous trouvons un super marché bien fourni. Les prix sont inférieurs à ceux de France, mais supérieurs à ceux d’Espagne du nord-ouest ou du Portugal.
Le soir nous sommes convenus avec Frédérique et Pablo de regarder ensemble la demie finale de la coupe du monde de rugby. Le soir venu nous allons au café-restaurant du port. Dominique et Marylène nos autres voisins nous rejoignent. Dans la terrasse couverte, il y a un grand écran. Un Anglais a apporté son drapeau, un Français aussi. D’autres consommateurs mangent ou boivent en silence. Une famille d’allemands mange et boivent bières, puis bouteilles de vins les unes après les autres ! Le match commence. L’Anglais est frémissant sur son siège ! Au moindre espoir de belle action anglaise, il crie et accompagne du geste !
Dominique est à côté de moi avec Marylène. Eux aussi sont de fervents supporters. Jean-Michel, pour bien y voir est allé plus près de l’écran.
La France mène, alors que le jeu est acharné et indécis. Les attaquants tant anglais que français échouent devant la défense adverse…. Finalement l’Angleterre mène et gagne ! Cris, applaudissements des Anglais… Les Français sont déçus, moi aussi… Nous quittons la terrasse et rentrons. Dominique et Marylène nous invitent gentiment à leur bord pour un dernier verre. Autour d’un Cognac, nous discutons de navigation, de leur bateau superbe qu’ils nous font visiter. C’est un OVNI 385 qu’ils ont commandé et attendu deux ans avant la livraison.
Ils l’ont pris en main aux Sables d’Olonne. Ils nous font voir des photos de la construction, de la livraison, de la mise à l’eau… C’est émouvant, c’est comme une naissance dit Marylène !
Dominique et Marylène avec Daam Dour
Oui ça doit être une sensation forte d’acheter un bateau neuf et d’en prendre livraison ! Il est superbe et vaste pour deux ! Nous passons toute la soirée ensemble. Dominique et Marylène ont vendu leur garage, leur maison, leurs meubles pour acheter ce bateau et partir autour du monde pour « ne pas vieillir comme les autres ». C’est un choix radical, différent de ceux de bien des gens ; c’est un risque, car maintenant il faut que l’aventure leur plaise pour continuer quelques années ! Je suis admiratif devant ce choix, moi qui n’ai pas été obligé de vendre ma maison pour partir. Ils ont la cinquantaine qu’ils portent bien, avec une allure sportive !
La soirée est agréable et nous ne quittons le bord qu’après 3h du matin, après avoir échange nos coordonnées. Eux aussi vont à Madère puis aux Canaries. Nous nous reverrons avec grand plaisir !

Le 14.10.07
La nuit a été courte, mais nous sommes réveillés. Nous avons décidé de faire un tour de l’île en bus découvert. Ce matin je vais en ville pour acheter les billets.
Je vais au village par la plage. Il fait un soleil superbe et la mer est calme, bleue, sans une vague ! Une vraie carte postale. Je pense à Mimi pendant que je marche devant un tel tableau. Je me rappelle un séjour au Sénégal, sur la petite côte dans un village calme, au bord d’une plage de sable infini où nous nous promenions en amoureux sans rencontrer grand monde !
Elle est loin et elle me manque. Vivement qu’elle revienne à bord !
Le dimanche matin tout le monde est dans les terrasses des cafés, au soleil ! Ici il fait bon vivre avec un tel climat !
Je rentre à bord et fais la cuisine pendant que Jean-Michel sacrifie à la coutume en préparant une trace peinte sur la jetée. Il a préparé un cadre peint et un croquis de dessin. Ça avance, avant que nous ne partions.
Après déjeuner, nous allons au village avec Dominique et Marylène pour faire ce tour de l’île. Nous sommes à côté dans le bus. Le tour de l’île nous présente une île très sèche, brûlée par le soleil. La terre ou la roche affleure souvent nue, noirâtre. Une végétation rabougrie est gris jaune. Presque toutes les maisons sont neuves. L’île est en plein boom immobilier !
Le bus nous arrête à certains points de vue très spectaculaires. Comme il fait beau, nous voyons une mer d’un bleu intense, parfois verte, avec une frange d’écume près des falaises !
Bus pour le tour de l’îleLa mer se brise contre les falaisesFiguier de barbarie
Marina de Porto Santo
Dans un endroit qui est une courte plaine, il y a des champs entourés de murets de pierres sèches. Les champs servent pour la vigne et le maraîchage. Seul un pic est couvert de pins, tous les autres sont pierreux et nus. Nous revenons à la marina.
Pic de Porto SantoDominique et MarylèneEglise à Porto SantoUne falaise de Porto Santo
Nous discutons avec nos mais qui nous disent avoir eu une réduction sur le prix du port parce qu’ils sont membres de Sail The World une association de navigateur dont je fais partie.
J’appelle alors la marina et lui explique que moi aussi je fais partie de cette association alors que je n’ai pas eu de réduction. La personne me dit de passer et qu’on va me la faire. Je vais au bureau et la personne très aimable me refait la facture allégée ! Comme il n’est pas possible de joindre la marina de Madère où nous pensons aller, pour savoir si elle peut nous accueillir, nous resterons cette nuit ici et après un appel téléphonique, nous partirons demain !
Pendant ce temps, Jean-Michel a fini la trace peinte que nous laisserons à Porto Santo. C’est son œuvre et c’est bien fait ! Chapeau ! J’immortalise l’œuvre en photo !
L’artiste à l’oeuvre!Trace de Diam Rek sur la jetée de Porto Santo
De retour au bateau nous invitons la famille de Yallungup pour voir les photos de plongée de Jean-Michel et pour prendre l’apéro. Ils viennent et regardent les photos puis nous discutons de choses et d’autres, comme de vieux amis. Nous parlons de nos parcours et nous nous retrouverons à Madère, après nous êtres joints par mail si nécessaire…A plus tard les Yallingup !
Ce soir, après le dîner, j’écris alors que Jean-Michel est allé regarder l’autre demie finale de rugby…

Position : 33.03.723N 16.18.941W Porto Santo

Le 15.10.07
Le départ pour Madère ce matin, lorsque nous serons prêts. Rangements de tout ce qui peut bouger dans le bateau en traversée, puis les adieux.
Dominique de Daam Dour est sur le ponton. Nous échangeons quelques mots et on dit que l’on s’enverra des mails. Lui reste encore quelques jours puis viendra à Madère dans un port plus au sud. Un coucou à Marylène et nous larguons les amarres aidés par le responsable du port toujours très aimable et serviable !
Il y a peu de vent. Au moteur nous allons saluer Yallingup qui est au mouillage non loin. On reste en contact par mail et l’on se retrouvera à Madère.
Plus loin nous saluons La Mandragore. Personne sur le pont, alors je sors la corne de brume et sonne quelques coups. Agnès sort voir ce qui se passe, l’œil encore ensommeillé bien qu’il soit plus de 11h. Nous avions oublié que c’était leur lune de miel !
La MandragoreJulien et Agnès
Eux aussi viendront à Madère dans quelques jours. Ils nous disent être allés sur notre site et avoir aimé. Ça fait toujours plaisir !
Nous mettons les voiles par petit temps et vent de travers. Nous avançons lentement sur une mer plate seulement animée par une légère houle qui vient de loin, doucement. Une respiration en somme. Un bateau hollandais parti en même temps que nous, n’avance pas car il a déchiré sa grand voile en la hissant. Le sable de Porto Santo, emporté par le vent continuel, a grippé ses coulisseaux… Le même sable a coloré en marron ocre toutes nos drisses, les filets des filières…. Tout est sale, coloré. Jean-Michel avait pourtant passé un coup de jet d’eau avant de partir !
Avant 13h quatre petits poissons viennent se prendre à la ligne. Nous les mangeons accompagnés de cristophines, légumes typiques de Madère, qui ressemblent comme goût à des courgettes. Pour le soir nous prendrons une bonite.
L’après-midi la navigation tranquille permet une longue sieste.
Le pilote donne des signes inquiétants : il se met en stand-by en indiquant un niveau de batteries faible, alors que l’ampèremètre indique le contraire… Il se remet néanmoins en marche.
L’eau est très limpide et si on regarde à la verticale on voit une eau bleue waterman transparente. Une couleur difficilement définissable, mais superbe !
Mer bleue watermanLa pointe est de Madère
Madère s’approche : des pics qui émergent de la mer, avec des formes déchiquetées, marron terre de sienne brûlée, sans végétation. Nous contournons la pointe est de l’île. Tout de suite après, il y a la marina de Quinta do Lorde. Un employé vient nous accueillir en mer en dingy. Lorsque nous entrons il nous guide au ponton et nous aide pour l’amarrage. Le port est blotti contre une falaise d’une hauteur impressionnante.
Falaise dominant le port de Quinta de LordeMarina de Quinta de Lorde
Des constructions neuves le long du quai forment le début d’un vaste projet immobilier. Par contre la marina est loin des villes, mais il y a des liaisons faciles par bus.
Nous avons comme voisins de catway Harem, le bateau de Christophe et Catherine, comme à Porto Santo. Ils nous accueillent avec le sourire et nous mettent au courant des commodités du lieu. A la réception on me dit que le voilier viendra demain et donc qu’il viendra me voir pour le spi. Je donne ma bouteille de butagaz française qui sera remplie demain en même temps que d’autre. Après-demain le seul spécialiste d’électronique marine passera et regardera mon pilote si je veux….

Le 16.10.07
Dans la matinée une novette nus amène à la ville voisine, Machico, pour faire quelques approvisionnements.
Machico
L’après-midi le spécialiste de l’électronique marine passe. Il écoute à peine mes explications de panne et regarde le pilote. Il me demande les manuels, les regarde, essaie quelques manipulations et téléphone à un ingénieur de Lisbonne qui dit qu’il faut envoyer le calculateur du pilote à Lisbonne pour contrôle. Le spécialiste me fait très mauvaise impression. Je lui dis que je vais aller à Funchal et que je l’appellerai si ça ne marche pas.
Puis j’apprends que le voilier est arrivé. Je lui apporte mon spi. Il est occupé sur une autre voile. Un peu plus tard il me recoud ce qu’il faut en une demi-heure et me demande entre 5 et 10 euros en paiement. Je lui donne 10, tout heureux d’avoir une voile en état pour ce prix !
En soirée des voisins de ponton passent voir le pilote car nous avions discuté de cela avec eux.
Patrick et Nicole ont construit leur bateau en 14 ans. Patrick a tout fait par lui-même. Nous avons visité son bateau qui a un aspect différent des bateaux de série. Il est plein d’astuces qui font qu’il marche bien à toutes les allures. Je suis impressionné par tant de travail. Patrick donne l’impression de réfléchir en permanence à des solutions possibles pour quelque problème que ce soit. Il vient à bord et vérifie les tensions pendant les manipulations de la barre, du pilote… Il n’y a pas de chute de tension, c’est le pilote qui aurait un problème… Ce qui ne m’arrange pas. Nous prenons l’apéritif, puis un autre. Patrick nous parle de son boulot chez Airbus qui consiste à trouver les pannes à venir dans le bureau d’essai en vol ! Il a pris une année sabbatique, très heureux de quitter pour un temps Airbus et ses turbulences de gestion. L’ambiance est agréable. Puis Nicole nous invite à dîner à leur bord. Nous changeons de bateau et les discussions continuent jusqu’à trois heures du matin ! Leur bateau a un carré arrière, et c’est la première fois que je vois un carré arrière qui ne donne pas l’impression d’être enfermé. Celui-là a de nombreux hublots et est clair.

Nous nous quittons pour aller se reposer un peu !

Le 17.10.07
En allant prendre une douche nous rencontrons Patrick qui a réfléchi à mon problème de pilote. Il va passer à bord pour vérifier une hypothèse. C’est très sympa car je ne sais que faire à Madère, n’ayant pas confiance en le seul spécialiste de l’île… Il passe mais son hypothèse de donne rien de plus…
Dans l’après midi je passe au café wifi du port pour vous donner les dernières nouvelles et des photos. Pendant que ça veut bien passer, il faut en profiter!
Patrick et Nicole au café wifi avec Jean-Michel
Grosses bises à tous et à chacun!

Position actuelle : 32.44.382N 16.42.720W Quinta do Lorde

Le 18.10.07
Aujourd’hui nous avons loué une voiture pour visiter le nord de l’île. Nous partons par des routes qui serpentent dans les vallées, grimpent sur les sommets ou plongent dans de nombreux tunnels. Au sud est les plages sont de sable noir, issu des résidus volcaniques.
Les vallées sont très vertes et couvertes de maisons avec autour des champs en terrasses. Les terrasses sont maintenues par des murets de pierres sèches noires.
Champs en terrasses
Dans les champs sont cultivés toutes sortes de légumes, des bananiers, de la canne à sucre et des arbres fruitiers européens. Ici tout pousse avec un travail quotidien acharné. On voit de nombreuses personnes travailler dans les champs pentus, hommes et femmes. Les maisons sont nombreuses sur les pentes, dans les vallées.Il y a près d’un demi million d’habitants sur l’île qui n’est pas si grande !
Nous passons par des villages de montagne aux rues en pentes. Quelques cafés, quelques magasins et des maisons d’habitation. Beaucoup de maison ont des toits avec aux angles des personnages ou des animaux comme dernière tuile de rive. C’est joli ! Toutes les maisons ont des toits de tuiles, il n’y a pas de toits terrasses. Par contre beaucoup de maison sont ceinturées de grands balcons. Toutes les maisons sont entourées de pots de fleurs. Souvent les jardins ont des bordures fleuries. Ici poussent des fleurs que nous voyons chez les fleuristes français…
Nous allons vers la montagne et nous nous arrêtons au départ d’un sentier de grande randonnée. Un sentier balisé sur 6,5 kms faisables en 5,5h. Pourquoi pas ! Nous voilà partis. Le sentier est large, couvert de feuilles mortes. Ça sent l’humus et les résineux. Le long coule une lévada, petit canal qui apporte l’eau aux champs. Tout Madère est parsemé de canaux d’irrigation. Un vrai travail de plusieurs générations !
Lévada pour l’irigation
Sentier de grande randonnée réduit à un muret étroit
Le sentier devient étroit. Par endroits ce n’est plus qu’un muret de 40 centimètres de large qui court le long de la lévada. Un fil de fer court de piquet en piquet pour éviter les chutes ! Ailleurs le sentier passe dans un tunnel qui passe sous une crête. Le tunnel est étroit et sans lumière.
Tunnel avec lévada
Nous avançons à tâtons. Jean-Michel qui passe en premier, crie parfois lorsqu’il se cogne la tête contre la paroi. Il faut se courber davantage ! le paysage est grandiose. Nous dominons des vallées profondes et les pics nous entourent.
Vallée profonde
Le long du sentier la végétation est exubérante ; il y a de nombreuses espèces d’arbres et de plantes. Les fleurs sont nombreuses : Hortensias sauvages et une fleur bleue bordent toutes les routes et aussi le sentier.
Hortensias sauvages
Au bout des 6,5 kilomètres nous arrivons dans un cirque avec une chute d’eau qui tombe de plus de 100 mètres.
Chute d’eau
Nous repartons en sens inverse à bon train. L’ air embaume et la marche vive nous fait respirer fort.
Forêt d’eucalyptus
Que la montagne est belle ! En altitude (1100 m) il fait un peu frais à l’ombre et chaud au soleil.
Nous reprenons la voiture pour traverser un plateau central désertique, avec des éoliennes qui tournent.
Eoliennes du plateau central
Puis nous redescendons dans les vallées pour regagner le sud. Alors qu’au nord les cultures de légumes et de bananes dominaient, là ce sont les vignes qui dominent ; elles sont en hauteur, soutenues par des piquets, en forme de treille.
Nous nous arrêtons dans un café de village pour prendre un sandwich. La patronne nous sert et discute avec nous dans un français impeccable : elle a travaillé 14 ans à Strasbourg. Elle nous dit qu’au retour de France elle a jeté ses manteaux avec plaisir ; ici un gilet suffit !
Nous arrivons à Funchal, la capitale de l’île. La ville est très étendue sur toutes les pentes qui descendent vers la mer. Nous arrivons au port qui n’est pas très grand, avec des ferries et des voiliers. Le pourtour du port est bordé de restaurants.
Nous cherchons les magasins d’électronique marine. Il n’y en a qu’un, celui dont le spécialiste qui était venu à bord m’avait donné la carte. Nous lui demandons le prix d’un pilote. Après de longues recherches et des appels à Lisbonne pour savoir quel était le bon modèle, il me dit un prix plus cher que celui annoncé par Laurent à Nantes. En plus il viendrait de Lisbonne et en ce moment il y a grevé de transports…
Nous rentrons à la marina nous reposer de notre marche dans la montagne, des souvenirs plein la tête ! On comprend que Madère soit une île qui attire les touristes car elle est très belle avec des paysages variés.
J’appelle Mimi qui est chez l’une de ses filles à Marseille et lui raconte ma balade en montagne. Elle me dit qu’elle en rêve ! Ce sera pour bientôt dans une prochaine île volcanique…

Le 19.10.07
Ce matin nous repartons en voiture pour le nord-ouest de l’île. Nous retraversons jusqu’au nord avec toujours le même étonnement devant les jardins entourés de murs de pierres sèches. Aucun endroit n’est inexploité, malgré la pente fort raide !
Arrivés au nord, nous prenons la route de l’ouest qui longe la côte.
La côte nord verteLa montagne bien verte
C’est une merveille. D’abord la route est en sens unique vers l’ouest car elle est très étroite et elle est sinueuse pour longer au plus près la mer en serpentant sur les flancs de la montagne. L’eau ruisselle des flancs de la montagne, parfois en cascades qui tombent à même la route. Les forêts de pins alternent avec celles d’eucalyptus et ça sent bon ! Les fleurs bordent toute la route, à l’état sauvage. A un endroit on voit des cantonniers qui taillent dedans pour qu’elles n’envahissent pas la route !
Le bord de mer est très beau. Souvent la montagne se jette dans la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers avancent dans la mer, déchiquetés, percés d’arches, entourés d’une eau limpide, transparente qui laisse voir les fonds, de rochers ou de sable noir, rarement de sable blond.
Côte sudRochers dans l’eau limpide!Champs avec maisonnettes établesObjet de piété…Maisons au toit de chaume
Nous revenons le soir au bateau les yeux pleins d’images superbes. Nous avons pris bien des photos ! L’île est vraiment superbe et tellement variée.
Vallée profonde du Nord
VégétationFleur des bords de routeFleur des prèsFleur qui borde beaucoup de routes
Marina de Machico
Elle n’a pas de plage de sable blond comme Porto Santo, mais à part ça rien ne lui manque. En me promenant je pensais souvent à Bali avec les mêmes champs en terrasse, la même exubérance de végétation, le même patient travail d’irrigation partout, la même variation de climat entre les sommets et les vallées.
Jean-Michel pense lui à la Réunion avec ses pics déchiquetés, sa végétation…
Mais Madère est originale, portugaise bien qu’africaine, en voie de modernisation accélérée avec le concours de l’Europe.
Plante grasse très commune sur les rochers
Nous terminons la soirée devant la télévision du café du port pour voir une petite finale de la coupe du monde de rugby. L’équipe de France est décevante et en plus donne une image bien triste de non sportivité. Plusieurs joueurs ont des gestes déplacés sur un stade et confondent sport et règlement de compte. Si j’étais arbitre, j’aurai procédé à une expulsion rapide suivie de d’autres si nécessaire !

Le 20.10.07
Journée de flottement : pas de visite, pas de navigation. Un peu de nettoyage et de bricolage. Et puis un apéro à bord de Café Liégeois. Stéphan et Sylvie ont discuté avec Jean-Michel et leur on dit leur désir d’aller en Casamance. Alors je suis allé les voir et ils nous ont invités à prendre l’apéro et à discuter de voyage et de Casamance. Avant Stéphan cherche à réparer un calorstat de moteur qui ne lui laisse que 1,5 h de fonctionnement, après ça chauffe… Sylvie fait faire les cours du CNED à ses enfants… Lorsqu’ils ont fini ils nous invitent. Leur bateau a le même âge que le nôtre 24 ans ! Eux naviguent depuis avec. Ils sont allés en mer Rouge et dans l’océan indien. Puis ils sont allée autour de l’Atlantique en passant par la Casamance qu’ils veulent revoir car ils ont bien apprécié leur premier séjour. Nous parlons de navigation, puis de Casamance et de notre désir commun d’y aller. Avant ils passeront par les Canaries puis iront directement au Sénégal pendant que j’irai au Cap-Vert. Eux iront au Cap-Vert après le Sénégal pour aller vers les Antilles alors que je compte aller au Brésil ! Nous devrions nous rencontrer bien des fois à l’avenir ! D’autant plus que la rencontre est simple et généreuse au niveau de l’apéro ! C’est une belle famille qui a pris une année sabbatique pour un tour de l’Atlantique. Voilà une nouvelle fois le charme du voyage. En plus ils me donnent des nouvelles d’Abondance qu’ils ont rencontré dans des ports du Portugal. Ils me racontent les déboires de Yann avec ses pannes successives… Ils ont rencontré aussi Yallingup et la famille Menguy avec ses enfants adorables. Le monde est petit sur la vaste mer lorsqu’on tourne dans le même sens !

Le 23.10.07
Nous sommes coincés dans la marina de Quinta do Lorde en attendant le calculateur du pilote.
Hier et aujourd’hui sous un chaud soleil, nous avons peint le pont du bateau. Il est blanc étincelant ! Mais le moindre pas avec une chaussure sale laisse des traces abominables !
Maintenant j’espère que le calculateur va arriver vite, car nous avons envie de bouger !
Jean-Michel pour se rafraîchir a plongé dans le port et a nettoyé la coque du bateau et le speedo qui ne fonctionnait plus. De petits organismes odorent venir se nicher dans ce recoin sombre et frais et empêchent la roue à godets de fonctionner ! Maudites bêtes !

Le 24.10.07
Ce matin Jean-Michel va au café wifi. Moi je décide d’aller explorer la pointe est de Madère qui paraît désertique. Je quitte la marina par une route goudronnée qui monte très raide. Ça casse les pattes d’emblée ! Puis une route oblique sur la droite, je la suis. Vite je quitte la route pour marcher dans la nature. En fait de la terre par endroits couverte d’une herbe depuis longtemps cramée par le soleil. D’ailleurs il tape fort aujourd’hui et la marche me fait transpirer ! Je vois au loin une colline rouge lie-de-vin. Je me dirige dans cette direction. Le sol est couvert de traces d’activité volcanique ancienne. Des pierres sont figées dans des gangues de lave que l’érosion effrite, fait éclater.
Pierres entourées de lave
Ça me rappelle la corniche de Dakar en bord d’océan qui est constellée des mêmes pierres figées dans la lave ! C’est émouvant d’être devant les traces si visibles de l’histoire de la terre. Les couleurs sont différentes et bien nettes. Des pierres beiges dans de la lave grise ou noire. Des veines calcaires blanches. De la latérite de différents rouges ; des ocres variés. Le paysage est très aride, presque hostile et pourtant absolument magnifique ! Il est d’une beauté saisissante, envoûtante.
Paysage lunaire très coloréErosion des sols
Je marche sur la colline rouge dont la surface est composée de granulés de la même couleur. Tout est friable et glisse sous les chaussures ! Marcher, escalader demande un effort sous le soleil, mais quel bonheur dans une telle beauté !
Végétation rabougrie
Terres de différentes couleurs
Les laves sont de diverses couleurs et elles sont très friables. Les ravines sont très abruptes, creusées par le ruissellement des pluies.
Depuis ces collines rouges et ocres on voit d’un côté la mer d’un bleu intense et de l’autre côté une plaine avec de la verdure magnifique. En peu de kilomètres les paysages sont très différents, d’une beauté propre et différente.
Bel arbreDésert et verdure au loinVallées de couleurs différentes
Une végétation rabougrie survit par endroits ; une sorte de thym avec des feuilles sèches pour la plupart ; des herbes sèches ; des très petits arbustes épineux. Ce jour-là j’ai mis un short… L’idée n’était pas bonne !
Je reviens à la marina en longeant la mer, sur le rebord de la falaise. Haute de plus de 100 mètres, elle plonge de façon abrupte avec des éperons rocheux qui forment promontoires et des criques rocheuses.
Oiseau de mer aux aguetsFerme aquacole
Vue d’en haut l’eau est bleue intense, avec des franges vertes transparentes avec le blanc de la vague qui s’écrase sur la falaise. Que c’est beau sous le soleil quasi permanent de Madère. Il fait bon vivre ici dans un éternel été, avec un paysage aussi beau et des gens si aimables.
Vue de la marina de Quinta do Lorde
Rentré au bateau, Jean-Michel appelle Laurent pour savoir quand arrivera le calculateur du pilote. Hélas il n’est pas près d’arriver. Il paraît que le fournisseur n’a pas voulu nous envoyer directement la pièce. Elle va arriver à Nantes chez l’entreprise de Laurent et de là elle repartira pour Madère. Je suis très déçu et je ne suis pas convaincu par les explications de Laurent. Conclusion nous partons ce jour même pour les Canaries et le pilote nous sera envoyé là-bas. Nous cherchons un port sur Graciosa pour donner une adresse. Impossible de joindre le responsable. Mais nous pouvons joindre un port de Lanzarote qui nous confirme son adresse exacte et le fait qu’il peut recevoir le colis et le garder en nous attendant.
Nous réglons ce que nous devons à la marina. J’en garde le souvenir d’un endroit agréable mais isolé où les gens sont très aimables et serviables.
Nous rangeons dans le bateau et larguons les amarres à 17h30. Nous sortons du port et nous voyons une petite crique avec une plage de sable noir et quelques maisonnettes. Il y a peu de vent, mais ce qu’il faut pour établir le spi que nous avions fait réparer. Il donne un résultat très satisfaisant et nous avançons à 6 nœuds pour près de 10 nœuds de vent.
Nous voyons Madère s’éloigner, voilée en partie par un nuage dont émerge les sommets. C’est beau.
Adieu MadèreLe calme en mer
Devant nous il y a d’autres îles : les îles désertes qui sont des réserves naturelles.
Soudain, dans leur direction j’aperçois un jet d’eau qui s’élève de la mer ! Puis un autre ! J’aperçois le dos d’une baleine noire ! J’appelle Jean-Michel qui vient voir vite ! Deux jets puis deux dos noirs au loin qui plongent. Dans quelle direction regarder pour les voir apparaître ? Nous sommes tout excités de voir de tels animaux. J’aimerais les voir de près ! Ils réapparaissent au loin. Manifestement les baleines s’éloignent et après une dernière plongée, nous ne les reverrons plus. Nous ne les avons vues que de loin, mais moi qui tenais tant à en voir je suis déjà content et ému. Le village de Machico à côté de la marina que nous venons de quitter a un musée de la chasse à la baleine car c’était l’activité principale du village dans un temps pas si lointain. Les pêcheurs n’avaient pas loin à naviguer pour trouver les baleines !

Océan Atlantique, Maroc

Posted on octobre 12th, 2007 by Christian

Le 01.10.07
35.47.247N 05.48.367W Tanger

Après avoir affalé les voiles et préparé le bateau nous rentrons entre les jetées. Nous appelons la capitainerie à la VHF en français et l’on nous répond en français qu’on nous attend au fond près du club nautique !
Port de Tanger
Nous traversons le port de commerce, puis le port de pêche et sur les indications d’un homme qui agite les bras nous allons vers le club, à couple d’un Ovni 39 hollandais. L’employé du port et le couple hollandais nous aident à passer les amarres. L’employé me dit que la police va venir pour les formalités. Puis il revient et me dit de le suivre avec les papiers du bateau et des personnes. Je le suis non loin, jusque dans le bureau d’un policier très aimable, qui me dit qu’il allait partir pour rompre le jeune. Il remplit ses papiers rapidement et aimablement. Il me demande si je sais ce que veut dire mon nom Labes en arabe. Je lui réponds que oui : ça va. Il est content. Je lui fais remarquer que dans le bureau il y a le portrait du roi précédent Hassan 2, mais pas celui de l’actuel. Il sourit et me dit qu’il a le père !
Je rentre sur le bateau. Les Hollandais nous avaient prêté une prise pour nous raccorder à l’électricité, la norme européenne n’ayant pas cours ici. Nous voilà installés près des pêcheurs et de quelques voiliers. Lez couple de hollandais est parti depuis 4 mois de Hollande et il va aux Antilles en longeant la côte marocaine.
Je téléphone à Mimi pour la rassurer et entendre sa voix, et à Maxime. Puis nous dînons et faisons un tour au club nautique. Le bâtiment est moderne, décoré de nombreuses plantes dont un certain nombre sont déjà mortes faute d’arrosage. Le restaurant est très grand et cher, avec des serveurs très aimables. On voit la vieille ville juste derrière le port. C’est heure de la prière et la première mosquée fait entendre ses hauts parleurs, puis une autre et une autre encore. C’est fort, mais moins long qu’à Dakar.
Nous irons visiter demain et j’appellerai mon ami Brahim.

Le 02.10.07
Au réveil nous allons prendre une douche au club nautique. Les lieux sont neufs et propres, amis pour les hommes il n’y a qu’un WC et une douche. Heureusement il n’y a pas beaucoup de bateaux. A la sortie, je rencontre l’employé qui nous a accueilli la veille, il me dit qu’il me conduit au bureau de la marina pour nous enregistrer. Je le suis jusqu’au bureau d’une charmante secrétaire. Je remplis son cahier de présence des bateaux et je discute avec elle de la ville, des bateaux. Pas de bateaux français, alors qu’ils étaient nombreux la semaine passée. Je regarde le registre, ils rentraient en Méditerranée vers la France. Nous parlons de la ville, des magasins qui indiquent des prix et où l’on peut négocier quand même, et du coût de la vie cher pour les salaires marocains, puisque le salaire minimum est d’environ 200 euros.
Puis nous allons nous promener en ville, dans la médina. Les odeurs des villes africaines me reviennent en mémoire ; odeurs fortes de décomposition des ordures qui traînent, odeurs des épices, du thé à la menthe, odeurs des pâtisseries, odeurs des boutiques de cuir ; tout est mélangé et le mélange est puissant ! Il y a peu de gens car les gens travaillent. Les ruelles sont très étroites et pentues.
Entrée de la Médina
Ruelle de la Médina
Il y a une multitude d’échoppes et de vendeurs ambulants dans la rue. Nous rentrons pour déjeuner. Lorsque j’allais faire la sieste, Brahim appelle : il donne rendez-vous à la porte principale du port. J’y vais et peu de temps après il arrive. Il marche en boitant à cause de ses prothèses diverses dues à sa maladie de la spondylarthrite… Je suis heureux de le voir en chair et en os. Nous nous connaissons depuis des années ; nous échangions de nombreux mails pour échanger nos expériences lorsque je m’occupais d’une association de malade de la polyarthrite. Lui voulait monter une association de malade au Maroc. C’est ce qu’il a fait avec ténacité malgré la méfiance des médecins. En effet il n’existait que deux autres associations de malades au Maroc, celles des diabétiques et des victimes du cancer du sein. Brahim me reparle de cette période de coopération et me remercie encore ce qui me gêne. Tout le mérite lui revient avec son courage et sa ténacité.
Et le voilà devant moi, tout sourire. Nous nous embrassons et je l’emmène au bateau.
Brahim à bord
Il a du mal à monter, mais il voit là où je vis pour l’instant. Ensuite nous allons faire une promenade en ville guidés par Brahim. Il nous entraîne vers la plage qui borde toute la baie. La promenade de bord de mer est bien aménagée. Les jeunes s’y promènent.
Plage de Tanger
Tout le long la ville moderne s’étend avec de grands immeubles dont beaucoup en construction. A 30 Kms de Tanger se construit un nouveau port Tanger Med qui sera le plus grand d’Afrique lorsqu’il sera fini. Il ouvrira en 2008. Il attire des travailleurs de tout le Maroc et Tanger s’étend. Le contraste est grand entre la ville nouvelle et son étalage de richesse et la médina avec ses petites boutiques, ses échoppes, ses vendeurs d’objets à même le trottoir, qui survivent.
Bar des navigateurs!Atelier d’un plombierPortail de la MosquéeLe marabout d’un saintVue des hauts de Tanger
Dans la médina, Brahim croise des amis qui le saluent. Il habitait ici, avant de déménager plus loin, et il était le représentant des habitants du quartier. Nous passons dans des ruelles si étroites que les balcons du premier étage sont tout près de ceux d’en face. Les gens peuvent à peine ouvrir complètement leurs volets et ils peuvent se serrer la main. Les couleurs des murs sont variées, de couleurs pastel chaudes et de blanc.
Au port et un peu partout en ville on voit des placards Tanger expo 2012. En effet Tanger est candidate pour organiser une exposition internationale en 2012. Le choix de la ville gagnante est imminent et Tanger croit en ses chances !
Nous revenons au port avant la rupture du jeune en cette période de ramadan. Nous quittons Brahim qui rentre en famille. Nous l’invitons pour le lendemain soir pour dîner ensemble au restaurant.

Le 03.10.07
Ce matin il pleut. Le bateau sur lequel nous étions à couple part à 9h donc 7h heure marocaine. Nous nous amarrons à couple d’un bateau-pilote qui ne bouge pas avec l’aide des gens du port toujours aimables et efficaces.
Tanger avant la pluie
La pluie ne cesse pas. Daniel, notre routeur m’appelle me disant qu’il m’a envoyé un message avec une proposition de départ sous 48h avec un début en longeant la côte jusque vers El Jadida puis un cap direct vers Madère avec un vent établi 20 à 25 nœuds. A préciser. Si ça tient nous partirons dans un ou deux jours.
En attendant écriture et traitement des photos pour le site à bord avant d’aller dans un cyber.
Des cybers il y en a beaucoup dans la ville. Nous allons au premier. Les ordinateurs ne sont pas vieux. Les claviers sont avec des indications européennes et arabes. Je mets des textes sur le site de Diam Rek, mais ça passe lentement. En plus, la typographie change sans que j’arrive à maîtriser la chose. Je tente de mettre des photos mais en vain. Ça fait que j’ai un retard important et que vous ne voyez pas toutes les photos que j’ai sélectionnées. J’espère que ce sera pour bientôt !
De retour au bateau, nous allons faire des courses pour préparer le départ. Dans la vieille ville, les vendeurs sont à touche-touche sur les trottoirs, avec des fruits et légumes, des habits, de la quincaillerie… Nous demandons les prix. Certains nous donnent des prix bien plus élevés, voyant que nous sommes européens. D’autres indiquent leurs prix normaux. Nous prenons fruits et légumes pour une semaine. Du pain aussi, le reste nous avons à bord et nous comptons sur les résultats de notre pêche… En faisant les courses, nous rencontrons Brahim dans une boutique, c’est celle de son frère qu’il aide après son propre travail de comptable.
Jean-Michel lui achète un grille-pain pour mettre sur le gaz du bord et remédier ainsi au ramollissement du pain en ambiance marine.
Nous terminons les courses lorsque tous les vendeurs remballent très vite car l’heure de la rupture du jeune arrive et tous rentrent chez soi pour rompre le jeûne en famille. En très peu de temps les rues remplies de monde se retrouvent vides. Nous rentrons au port et ce port si actif est mort, vide de gens. Les gardiens qui doivent continuer leur travail, mangent sur place ce que la famille leur a apporté, la harrira, des dates, du lait caillé, des gâteaux. Certains sortent la première cigarette de la journée.
Le soir nous avons rendez-vous avec Brahim que nous avons invité au restaurant. Nous le retrouvons à l’entrée du port. Il nous emmène à pied dans la ville pour nous montrer des quartiers que nous ne connaissons pas encore. Le soir les rues sont pleines de monde qui se promène en famille ou hommes avec hommes et femmes entre elles. La grande majorité des femmes sont voilées et souvent joliment maquillées. Nous passons devant la grande mosquée à l’heure de la fin de la prière. Beaucoup de monde en sort les hommes par une porte, les femmes par une autre. C’est le mois de la prière et les fidèles sont là.
Nous rejoignons le bord de la falaise et voyons la baie de Tanger parsemée de lumières. C’est beau ! Nous finissons par aller au restaurant, chez Hammadi. Les salles sont décorées à la marocaine ; il y a un orchestre qui joue un air.
La cuisine est succulente : harrira, tajine, pastilla et gâteaux fins ! Je pense à Mimi qui n’est pas là et qui sait faire cette bonne cuisine et qui l’apprécie. Je suis heureux de discuter avec Brahim. La soirée passe vite et le restaurant ferme. Il est minuit et nous quittons Brahim à l’entrée du port. Peut-être nous reverrons nous demain s’il n’y a pas assez de vent pour partir.

Le 04.10.07
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils Maxime qui a 31 ans ! Je pense à lui très fort. D’ailleurs en navigation, loin des gens que j’aime, je pense plus à eux que lorsque je suis à la maison. Ils me manquent et j’ai souvent du temps pendant lequel ils s’invitent dans mon esprit. Que font-ils lorsque je ne suis pas là, que vivent-ils ? Chacun sa vie, chacun ses soucis et ses joies, mais grâce aux moyens modernes de communication, le téléphone et le mail, nous restons très proches.
Daniel, notre routeur, nous confirme par mail que le départ est possible demain. Donc encore un jour dans ce port dont l’eau est sale, encombrée de détritus qui flottent, de gasoil et d’huile. Elle sent mauvais comme dans le port de Hong Kong. Elle est noire. Pourtant on voit de nombreux poissons qui cherchent leur pitance…
Des Canadiens arrivent en deux bateaux. L’un se met devant nous et l’autre à couple. L’un a déjà fait deux traversées de l’Atlantique, l’autre vient de Port-Saint-Louis-du-Rhône et va hiverner en Espagne. Le skippeur me demande des renseignements sur les ports espagnols. Je lui prête mon guide.
Je dis aux personnes du port que nous partirons demain. On m’envoie au secrétariat du club nautique. La secrétaire me fait la facture, mais n’accepte pas les cartes… J’irai en ville retirer des dirhams. Pour la police qui a nos papiers, le policier pourra venir nous les rapporter vent 21h ou nous pourrons y aller le matin même…
Nous allons en ville à la recherche de pain et de vin. On nous indique après plusieurs demandes un endroit « sur le boulevard ». C’est vague. Nous allons dans la ville nouvelle. Nous tournons en redemandant plusieurs fois. Finalement un homme nous donne une indication précise « première à gauche, Casa Pépé ». Effectivement c’est une épicerie avec des étagères voilées par une bâche sur 10 mètres. On demande du vin et l’on nous dit que c’est là. On soulève la bâche et il y a un grand choix de vin et d’alcool. Nous prenons du vin marocain. Quelle aventure pour trouver du vin en période de ramadan, dans un pays où la constitution garantie la liberté de pratique religieuse, donc celle des non musulmans… Toute majorité, dans chaque pays, a toujours tendance à brimer la ou les minorités…
Le port poubelleAdieu Tanger!

Le grand départ (France, Espagne, Portugal)

Posted on octobre 3rd, 2007 by Christian

Le grand départ

Le 22.07.07

De retour en région parisienne, j’ai tout le temps la pensée du départ. Myriam n’est pas tout à fait prête. Il lui reste encore quantité de choses à faire, des affaires à régler avec ses filles.
Je suis heureux que nous puissions dîner tous ensemble un soir. Le repas est joyeux. Je vois quelques personnes mais pas toutes celles que j’aimerais voir…. Mais il faut partir, car à retarder toujours on ne partirait jamais
Le 16.07.07 je passe prendre Myriam chez elle avec ses affaires. Retour chez moi pour charger mes affaires. La voiture est pleine !. Il faut enlever un siège de la Scénic pour tout rentrer. Maxime et Sophie qui nous accompagnent jusqu’au bateau seront sérés à l’arrière !
Ils rentreront avec la voiture dont nous n’aurons plus besoin puisque nous serons désormais des marins. Nous partons en fin de matinée pour Blois pour passer voir mon ex épouse. Elle nous accueille pour déjeuner, après nous avoir fait faire le tour du propriétaire et des travaux en cours. Puis nous reprenons la route pour arriver en début de soirée à Pornichet. Le bateau nous attend. Maxime le voit pour la première fois et Sophie pour la seconde. Nous dînons et après un peu de rangements chacun se couche !
Le lendemain nous faisons les courses nécessaires pour l’avitaillement en profitant de la voiture. Puis Sophie et Maxime partent au volant de la Scénic. Je suis heureux qu’ils aient vu le bateau et que nous ayons été ensemble jus qu’au moment de ce départ ! Myriam pleure d’émotion. Quitter les enfants est difficile pour elle.
Nous passerons l’après-midi à ranger la nourriture dans les équipets en cherchant la meilleure place pour une utilisation pratique en navigation et au mouillage. En fin d’après-midi, les enfants appellent : ils sont arrivés à la maison. Je suis heureux que Sophie se remette à la conduite pour être autonome.
Le lendemain, Patrick et Renée passent nous voir à bord. Nous passons la journée ensemble avec un grand plaisir. Ils restent coucher et une partie du lendemain. Ça fait plaisir de voir les amis avant le départ qui signifie que nous ne les reverrons pas avant plus d’un an !
Laurent et Ludovic passent pour vérifier le gréement et installer des cartes pour Maxsea sur le PC dédié à la navigation et sur celui de Myriam qui pourra prendre le relais en cas de panne.
Les cartes d’Afrique commandées s’avèrent illisibles… Il faudra en recevoir d’autres….
De toute façon le modem pour la BLU n’est pas arrivé encore. Encore quelques jours de patience !
Le soir Myriam reçoit un appel téléphonique de sa fille Zahra qui lui annonce avoir trouvé une entreprise pour la seconde année de son BTS en alternance. Excellente nouvelle qui rassure Myriam et lui donne une tranquillité d’esprit pour le départ !
Nous sommes déjà vendredi. Je fais le point avec Laurent sur les travaux et les paiements. Pendant ce temps Ludovic installe les cartes d’Afrique sur les ordinateurs. Laurent sera en vacances dès le lendemain. Il vérifie encore une fois le gréement et constate une fissure sur la barre de flèche tribord de l’artimon. Une fissure toute récente dont les lèvres brillent. Par téléphone, rendez-vous est pris avec un soudeur à l’argon pour le lendemain. Je l’attendrai en vain… Et lorsque je l’appellerai il me donnera un rendez-vous pour le lundi matin, non sans m’avoir dit qu’il venait pour m’arranger car son planning ordinaire était à trois semaine de délais…. Alors il me faisait une fleur et je n’avais qu’à le remercier… Décidément le milieu de la plaisance est spécial !
Zahra appelle Myriam ; dans le courrier qu’elle traite, il y a une lettre d’un organisme de retraite qui réclame des pièces supplémentaires alors que Myriam s’était déplacée avant le départ et que le dossier semblait complet…. Et bien non il manque des pièces des Assedic qui nécessitent un déplacement à Paris ! Décidément c’est difficile de partir et que tout soit en bon ordre !
Je vais dons accompagner Myriam à la gare le dimanche midi. Elle aura le temps de rechercher les papiers demandés et de passer chercher aux Assedic ceux qui manquent pour les donner en espérant que cette fois le dossier soit complet ! Pendant ce temps je fais l’inventaire de la pharmacie du bord sur un fichier Excel, pour savoir exactement l’état des stocks et pouvoir voir les dates de péremption.
Je fais aussi l’état des stocks alimentaires avec l’indication de leur localisation dans les équipets.

Le 23.07.07

L’entreprise de gréement passe à bord pour la fissure de la barre de flèche. Les deux gars font tout le tour du gréement. Ils trouvent à redire sur le montage des deux enrouleurs, montage non conforme aux prescriptions du fabricant d’enrouleur, qui peut se dévisser peu à peu et lâcher. Idem pour les fixations des ridoirs des haubans qui ne répondent pas aux normes….
Je reste perplexe car Laurent qui les a installés a certes bidouillé pour se débrouiller avec les fournitures du fabricant de mât, mais il a fait selon ce qu’il croyait devoir faire…
Je passe la journée à ranger les coffres. Pendant ce temps Myriam fait ses démarches à Paris.

Le 24.07.07
Le patron de l’entreprise de gréement passe voir ce que ses employés lui ont signalé la veille. Il confirme que le montage n’ est pas bon et préconise une solution. Il m’emmène voir un autre voilier sur lequel il a monté une trinquette sur enrouleur avec la solution qu’il préconise. Effectivement ce montage assure rigidité et résistance à la torsion. Il va me faire un devis. Pour les délais, il parle de la semaine prochaine… Encore du temps à ne pas bouger de Pornichet si je fais faire les travaux. J’hésite et pourtant je ne veux pas prendre de risque inutile, ni en faire prendre à ma compagne….
Je vais chercher en ville un interrupteur pour réparer le ventilateur du carré.
Au retour, je passe par le magasin de plongée. Je cherche une combinaison de plongées pour être capable de vérifier mon ancre si besoin ou mon hélice qui prendrait un bout et de faire un carénage. J’aimerais aussi pouvoir chasser au fusil harpon. Le patron me fait essayer une combinaison, puis une autre qui me va bien. Me voilà équipé. Il me faudra m’entraîner pour me sentir à l’aise.

Le 26.07.07
Je continue à mettre les filets de protection le long des filières. C’est long mais le résultat est agréable au regard et surtout il permet d’éviter des chutes à l’eau d’outils, de manivelles ou de bouts. Le droit à l’erreur c’est important.
J’appelle l’entreprise qui doit m’installer le modem pour la BLU : miracle, le modem est arrivé hier après midi et Ludovic peut passer l’installer dans la matinée. En effet il arrive vers 11H 30. Mais pas d’apéro, car il risquerait de se déconcentrer. Malgré ça, ça n’a pas l’air d’aller, malgré de multiples essais. Serait-ce le câblage? Ludovic cherche dans la documentation du modem et dans celle de la BLU… et essaie différent câblage, soude et ressoude des fils. L’ensemble ne veut rien savoir… Ludovic se décide à appeler Le Spécialiste… qui est en déplacement de travail en Italie… et qui lui fera envoyer un plan de câblage par fax, dès que possible !!! Pendant ce temps j’ai préparé à déjeuner, car il faut se remonter dans l’adversité, n’est ce pas ?
Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! D’ailleurs en allant à la capitainerie, je rencontre un propriétaire de voilier avec qui j’ai lié connaissance et qui me voit toujours sur le point de partir. Je lui raconte la déception du jour et il me raconte des déceptions passées du même genre…. D’ailleurs la capitainerie n’a pas reçu le colis de pare battage qu’une autre entreprise devait m’envoyer….
Mon nouveau voisin de ponton est un retraité propriétaire d’un Maramu. Un bateau qui m’a fait rêver un temps. Le couple s’apprête à descendre vers le sud puis les Antilles, Panama…
Le capitaine en est à son cinquième bateau en 30 ans. Il attend un créneau météo pour traverser le golfe de Gascogne. Il me demande si nous partirons ensemble. Je ne pense pas car Myriam et moi avons besoin de naviguer ensemble un moment dans les parages avant de partir, car voilà un an que nous n’avons pas navigué ensemble. Il faut rôder nos gestes de navigation.
Le soir j’appelle Myriam ; elle va finir ses démarches demain et elle reviendra à bord demain soir ! Super, l’équipage sera au complet, et le moral au beau fixe !

Le 27.07.07
Je repeins l’entourage des panneaux de ponts avec de la laque blanche. Je bricole quelques points que je m’étais promis de faire depuis quelque temps et que je voulais faire avant les prochaines navigations. Je retouche des fermetures d’équipets qui s’ouvraient en cas de gîte prononcée ce qui permettait à certains contenus de s’échapper et de joncher le sol !
Ludovic passe avec un plan de câblage pour le modem. Quelques soudures plus tard, ça fonctionne ! Par la BLU et le modem, je reçois des mails sur mon ordinateur ; les mails des premières personnes qui manifestent leur amitié après notre départ. Voilà qui fait plaisir. Ludovic tente de demander par mail une carte météo. La réponse est qu’il faut s’inscrire sur le site en question pour recevoir ensuite des cartes à la demande. Or sur le bateau je je peux surfer sur le net….
Le soir je vais chercher Mimi à la gare. Sur le chemin je m’arrête au cyber café pour relever mes mails et y répondre. Puis j’attends le train en lisant le journal, le premier acheté depuis des semaines ! Le monde n’a pas beaucoup changé depuis que je suis sur le bateau ; guerres, prises d’otages…. Mimi arrive et c’est la joie de se retrouver ! Nous allons au restaurant, ce qui a l’avantage de laisser passer la pluie et de déguster une bonne pizza.

Le 30.07.07
Après un week-end très gris et pluvieux et après avoir attendu en vain la barre de flèche réparée samedi matin, barre de flèche et devis pour la mise au point du gréement doivent arriver aujourd’hui… Les gars passent dans la matinée et remettent la barre de flèche. Ils me donnent le devis pour les modifications du gréement : 3700€. Je discutent avec les deux employés qui me donnent leur avis et ne croient nécessaire que les modifications de montage des enrouleurs. Après leur départ j’appelle Laurent pour lui dire la situation. Nous reprenons point par point le devis. Laurent me donne des explications qui me convainquent et me dit qu’il a fait le montage comme pour lui s’il partait avec le bateau, comme sur d’autres bateau qu’il a préparé pour un tour de l’Atlantique, et qui sont revenus sans encombre. Il me dit que le patron d’Accastillage Diffusion qui a fourni le matériel a vérifié le travail et a donné son aval, alors qu’il fait du gréement depuis 25 ans…. Ces explications me suffisent. Je lui parle des toilettes qui fuient et il conclue par le fait qu’il va passer mercredi pour refaire les joints, bien qu’il soit en vacances et malgré son épouse qui va le lui reprocher !
Nous partirons donc dès jeudi si le temps est propice ! Super !
La journée se passe en lessive puis farniente sur la plage pour une fois qu’il y a du soleil !

Le 31.07.07
C’est l’anniversaire de Mimi qui est toujours jeune d’esprit et de corps ! Le soir nous fêtons l’événement dans le bateau au champagne. Ce sont des amis qui nous avaient offert la bouteille dans ce but lors de leur passage au port ! C’est le premier anniversaire de Mimi loin de ses enfants. Mais ils appellent tous, des amis aussi. Tous pensent à elle dans cette période de départ, d’aventure !

Le 01.08.07
La cabine bâbord sent encore la pisse de chat, malgré les nettoyages à l’eau de javel. Alors nous sortons draps, couvertures et même matelas et housse. Tout est étalé sur le ponton, sous le robinet ! De la lessive et ça mousse ! Mimi foule au pied le matelas qui est lourd à plier et à retourner. Un dernier lavage à l’eau de javel et un rinçage. Le bateau est couvert de linge qui sèche au soleil ! Un vrai bateau caravane, dans ce port sélect !
La décision est prise de se séparer de notre chat qui ne s’habitue pas au bateau, n’en sort pas et urine un peu partout. J’ai de la peine. Mimi pense qu’à la maison il sera mieux…
J’appelle Sophie pour savoir si elle peut le reprendre. Elle est ravie et elle va venir le chercher.
Je vais la chercher le soir à la gare. Nous avons le plaisir de la voir, alors qu’à son dernier départ de Pornichet nous pensions ne pas nous revoir de sitôt. Nous discutons et dînons ensemble. Loustic est heureux de la visite.

Le 02.08.07
Petit-déjeuner avec Sophie et Myriam. Puis je m’occupe de confectionner un panier de voyage pour la chatte. Mais pour aller à la gare, je porte Loustic dans les bras en la caressant et en lui parlant pour la calmer lorsque le bruit de moteur d’un camion ou un bus lui fait peur.
Lorsque le train arrive, je met Loustic dans le panier et Sophie monte dans le TGV qui démarre bientôt. Nous sommes triste de la voir partir déjà. Nous voilà tous les deux en amoureux et en navigateurs. Il ne nous manque plus que le courrier des assurances que Maxime nous a envoyé. Je passe à la capitainerie, mail le courrier n’est pas arrivé. J’appelle Maxime. Il l’a bien envoyé mais pas assez affranchi, si bien qu’il est revenu à la maison !
Il me le renvoie aujourd’hui par chrono post ! Je devrai l’avoir demain….

Le 03.08.07
Les courriers des assurances arrivent enfin. J’ai la surprise de constater que l’une d’elle me demande un nouveau ordre de prélèvement, alors que j’avais pris soin de leur en fournir un avant le départ pour que je n’ai plus à m’en occuper, une fois en mer… L’administration des entreprises a bien du mal à s’adapter à l’internet et aux personnes mobiles !
Puis je passe au cyber café « Les souris Gourmandes » tenues par deux jeunes femmes super aimables. Je peux aller sur mon compte en banque et faire le point. Une fois par mois je devrai trouver faire ainsi pour faire le point des dépenses et des rentrées des retraites et du loyer de l’entrepôt. C’est beau le monde moderne lorsque ça fonctionne !

Le 04.08.07
Départ pour Belle Ile vers 10 heure par mer très calme, force 2. J’essaie de prendre le vent, mais entre force 1 et 2, Diam Rek ne veut rien savoir. Il est trop lourd. Il aime le vent établi !
Alors ce sera le moteur jusqu’à Belle Ile. Le soleil est de la partie. La mer est belle. C’est le paradis, dit Mimi.
Mimi contemplant la mer calme
Nous pêchons deux maquereaux : super, un chacun !
Premier maquereau de Mimi!
A Belle Ile, nous prenons une bouée dans l’avant port. Arrivent de chaque côté de nous un groupe de neuf jeunes et un coureur hauturier avec son bateau couvert de publicité pour ses sponsors.
Le dîner se passe à bord, dans le cockpit avec du vin blanc. A côté les jeunes ont du rosé et le verbe haut. J’aurai aimé naviguer à leur âge ! Le skipper, étudiant en école d’ingénieur, parle d’un tour du monde avec un ami en un an en 2009 ; et par le cap Horn en plus ! C’est beau l’enthousiasme des jeunes ! Pourvu qu’ils puissent concrétiser leur rêve !
En attendant ils manquaient de liquide vaisselle. Nous leur en en avons donné et eux nous ont donné un verre de rhum et un de rosé !
Mimi me dit son envie de partir, de bouger. Super ! Nous partirons demain dans la soirée pour l’Ile d’Yeu en naviguant de nuit. Ce sera une première pour Mimi. Elle appréhende un peu : la mer, la nuit en plus…

Le 05.08.07
L’après midi nous essayons de dormir pour être prêts pour la nuit. Je dors peu, Mimi presque pas… Puis nous rentrons l’annexe et la dégonflons malgré le beau temps qui pourrait inciter à la laisser suspendue au portique. Dans la nuit un aviron a disparu, pas de chance !
Nous larguons les amarres vers 19 heures avec l’aide de Jonathan, du service du port qui me charrie et me demande si j’ai bien mon hélice cette fois ci !
Le temps est bien calme ; force 3, vent d’ouest. Le bateau prend le vent et avance 2,5 nœuds sur une mer calme et un soleil encore chaud ! Nous dînons dans le cockpit en appréciant le calme et le silence de la mer et du ciel !
La nuit tombe
Peu à peu le soleil baisse, le vent forcit un peu. Grand voile et génois nous font avancer à 6,5 nœuds. Une petite laine pour être à l’aise dans le cockpit. Quelques photos du coucher de soleil qui ne s’épanouira pas beaucoup. Le vent est plein arrière. Je rentre le génois et largue la trinquette pour la nuit. Les lames trois quarts arrière font rouler le bateau.
Sécurité, sécurité!
Myriam ne se sent pas bien. Elle trouve que ça remue beaucoup. Nous laissons tomber la pêche après avoir pris un orphie. Maintenant l’attention est consacrée entièrement à surveiller l’horizon et la carte sur l’ordinateur. Myriam a un peu peur de rester seule de quart. Mais elle prend son tour pendant lequel elle doit éviter quelques bateaux. Tout se passe bien. Mais après elle est vraiment malade et vomit dans le carré. Rapide nettoyage et elle va se reposer, couchée. Au bout d’un moment elle réapparaît, avec la mauvaise conscience de me laisser seul, sans me relever. Je tente de la rassurer, lui disant que tout le monde est malade au début et que le corps s’habitue.
Je la renvoi se reposer dans la cabine. Elle ne dort pas, concentrée sur les bruits du bateau et des choses mal arrimées qui quittent les équipets. Pendant ce temps je veille. Soudain un éclair illumine l’horizon. Puis un autre et un autre encore Ils sont loin et tous à tribord. Puis ils se rapprochent et sont partout autour du bateau. J’ai peur pour les instruments. Le vent forcit encore à 20, 25 nœuds. Le bateau avance bien. Mais il pleut et le vent pousse la pluie dans le descente. Je descends dans le carré surveiller la carte et je remonte tous les quart d’heure ». pas un bateau dehors sous l’orage. Que c’est beau la mer la nuit ! Le vent monte encore jusqu’à 34 nœuds au lever du jour.
A un moment Mimi me demande si l’annexe est toujours bien attachée. Je lui dis oui, après un regard circulaire. Mais au bout d’un moment un bruit attire mon oreille. La baume d’artimon bat d’un côté sur l’autre, s’arrêtant sur les bastaques. Je me glisse à l’arrière : le chariot d’artimon s’est dévissé et il en manque une partie. J’arrime le palan au balcon et cherche les parties manquantes. Je retrouve une manille, puis le manillon, mais pas les pièces du chariot qui sont à la mer…
L’île d’Yeu est là vers 3h30… alors je continue vers les Sables d’Olonne, où nous devrions arriver avec le jour. Le vent est toujours fort, souvent à 30 nœuds. A un moment l’anémomètre envoie une alarme sonore de vent fort et déraille, indiquant 76, 80 nœuds. J’éteins l’alarme qui sonne de nouveau, puis encore. Enfin l’anémomètre revient à la logique vers 33 nœuds. Voilà les Sables. Grand tour dans laie pour rentrer la grand voile ce qui n’est pas aisé avec ce vent encore fort. Nous rentrons au port et trouvons une place en bout de ponton ! Mimi n’arrive plus à tirer sur l’amarre, lessivée par cette nuit de mal de mer. La pauvre ! Les débuts sont difficiles !
Après quelques heures de sommeil, elle me raconte tout ce qui lui est passé par la tête, l’envie de quitter le bateau, de retrouver Paris, son appartement, la télévision, la terrasse d’un café, les cinémas, les douches à volonté…. Son problème est qu’elle tient à moi, mais ne partage pas ma passion pour la navigation… Sa tête est emplie de doutes ! Ça me rappelle une nuit où j’étais malade à bord d’un bateau école et où je me demandais ce que j’étais venu faire à bord et en payant en plus ! Et puis il y a après les plaisirs de la navigation. J’espère que Mimi les découvrira et que je saurai lui faire partager les meilleurs côtés de la voile. Je tiens tellement à elle et je tiens tellement à mon rêve de navigation pour la retraite….
Il faut se reposer avant de traverser le golfe de Gascogne. Il faut aussi réparer le chariot d’artimon et un contact électrique sur le guindeau qui refuse de fonctionner alors que sa batterie est chargée à 12,6 volts.
En repensant à cette navigation de nuit, avec une prévision météo très calme et une situation réelle plus forte. J’ai bien fait de rentrer le génois et d’établir la trinquette, mais j’aurai aussi du prendre deux ris dans la grand voile, quitte à les larguer si le temps s’y prêtait. Je repense à la fatigue. A deux il faut que les deux personnes soient en bonne condition pour naviguer en se relayant, se reposer à tour de rôle. Sinon on atteint vite les limites de la fatigue, de l’endurance…. Je repense à ce que me disait Jean-Michel à ce propos et qui était sage. Il me disait la nécessité d’avoir un équipier supplémentaire pour les traversées, pour une bonne récupération et pour le cas où l’un des équipiers est malade et indisponible…. Je suis face à mes limites, face aussi à ma volonté de les repousser un peu plus chaque jour.

Le 07.08.07
Ce matin je consacre du temps aux réparation du bateau. Je regarde le chariot d’écoute d’artimon: finalement il ne manque que la manille que j’ai récupéré avec son manillon. Je refixe le palan et j’en profite pour resserrer toutes les mainlles du bateau. Et il y en avait besoin pour plusieurs alors qu’elles avaient été ressérrées il y peu… Les vibrations de la mer sont dures pour le matériel.
Puis je vais au guindeau qui ne fonctionne plus. Je teste la batterie qui est correctement chargée. Je regarde les fils électriques. Je trouve un fil sans cosse qui ne mène à rien d’un côté et à l’intérupteur de l’autre. Il devrait aller au plus de la batterie. Je regarde cette borne qui est entouré de graisse silicone pour la protéger. La graisse est verte alors qu’il me souvient qu’elle était blanche. Je gratte et dessous je trouve les reste de la cosse de cuivre. La majeure partie est dissoute. Je gratte et un autre bout de cosse apparaît. Les fils d’arrivée à la cosse plus sont tous bouffés par la corrosion sous la graisse. Le cuivre bouffé a fait la coloration verte de la graisse. Je vais au ship pour acheter des cosses à sertir sur les câbles et une cosse nouvelle pour fixer sur la borne plus ordinaire qui est intacte alors que la borne vissante est toute corrodée et disparue, alors que la moins est intacte! Je pense qu’un bout humide a du favoriser cette corrosion… Je n’ai pas d’autres explication plausible. L’essentiel est que la batterie est en bon état et que je puisse réparer.
L’après midi Mimi et moi allons à la capitainerie du port (Port Olonna) ou il y a un espace Wifi gratuit. J’en profite pour mettre sur le site cet article avec quelques photos pour vous qui nous faites l’amitié de nous rendre visite et de partager nos aventures! endant ce temps Mimi se bat avec son ordinateur pour écrire ce qu’elle vit ces temps ci!
Je répare le guindeau. Il fonctionne sans problème de nouveau, ce qui nous permet d’envisager des mouillages ! Je ne comprends pas comment les cosses de cuivre étamé ont pu être dissoutes en 18 mois alors qu’elles étaient protégées par une épaisseur de graisse silicone…
Pendant ce temps Mimi est restée sur son ordinateur et a écrit sa partition pour que notre histoire soit à deux voix. Chacun avec son style et la même sincérité et la même joie de partager.

Le 08.08.07
Journée ensoleillée ! Elle commence tôt car un voisin nous réveillé en limant quelque chose sur son bateau ! Impossible de nous rendormir. Bonne occasion de foire un gros câlin !
Ensuite je vais chercher à remplacer mon aviron perdu à Belle Ile. Aux Sables il y a quatre ships. Je trouve ce que je cherche chez le quatrième, mais je trouve, c’est le principal !
Je fixe les toiles anti-roulis pour notre lit et pour la banquette bâbord du carré. Ainsi nous pourrons y dormir tranquillement sans risquer d’être éjectés par les mouvements de la mer.
Le bateau est prêt pour la traversée ; nous aussi, nous avons envie de bouger. Je vérifie la météo à la capitainerie sur différents sites spécialisés. Pas de dépression en vue et du vent bien orienté nord-Ouest, entre 10 et 20 nœuds à l’approche de l’Espagne.

Le 10.08.07
Après une journée de courses et de farniente, c’est le départ des Sables d’Olonne.
Sortie du port des Salbes D’Olonne
Nous quittons le port par son long chenal qui traverse la ville, La Chaume sur tribord et les Sables à bâbord. L’horloge de l’église marque 10h20. Nombreux bateaux sortent pour une partie de pêche locale ou une petite ballade au moteur car le vent est très faible, 3 à 4 nœuds…
Un peu de moteur pour s’éloigner, puis les voiles sont hissées ; le vent peine à les gonfler. Diam Rek est un bateau lourd qui aime un vent plus fort. Aussi nous nous traînons pendant un moment. Dès que nous nous éloignons de la côte, le vent forcit un peu, de quoi avancer doucement à 4 nœuds. Peinards sur une mer calme avec du soleil. Alors quoi de mieux qu’une partie de pêche ! Nous mettons une ligne de traîne et bientôt un orphie de belle taille se fait prendre. Comme c’est l’heure du déjeuner, il passe aussi tôt à la poêle. Ça c’est du poisson frais ! L’orphie a des arrêtes vert émeraude, c’est très joli.
L’après-midi est sans histoire. Je vais faire la sieste, puis Mimi va faire la sienne en prévision des quarts à assurer la nuit. Vers 17h, c’est la pêche miraculeuse : 4 beaux maquereaux. Lorsqu’ils sortent de l’eau ils ont des couleurs vives brillantes superbes !Le soir ils passent à la poêle, à leur tour ! La mer nous fournit les protéines nécessaires. La mer est calme, juste le vent nécessaire. Le soir tombe avec un magnifique coucher de soleil.
Beaux contrastes
Mimi assure le premier quart.

Le 11.08.07
Je prends le quart vers 1h. Il fait un peu frais et il faut un pull polaire. Je veille dans le cockpit et je regarde la voûte céleste. En mer il n’y a pas de lumières parasites, alors des milliers d’étoiles apparaissent. Je vois la voie lactée très nettement. Quelle impression de plénitude devant ce spectacle, sous le vent ! J’ai l’impression qu’il y a deux types de personnes, celles qui vivent en ville et ne regardent pas la nature, les étoiles, ne sentent pas le vent et les autres qui vivent au contact des éléments. En plus c’est la période des étoiles filantes. Je vois la première qui zèbre le ciel avec un angle de 40 degrés, sur une grande longueur. C’est magnifique. Peu de temps après une autre, puis une autre encore, presque toutes vers l’ouest.
Pendant ce temps le bateau avance plus ou moins vite selon les caprices du vent. Il baisse le soir et en début de nuit et forcit un peu dans la nuit et le matin. Mimi assure ses quarts comme une grande. Elle veille et surveille la trajectoire des bateaux, dévie la route si besoin : c’est super. Elle a mis un patch anti mal de mer qui s’avère efficace.
Pendant la nuit, nous sommes seuls ou presque. Peu de bateaux, seulement des pêcheurs.
Le vent a tourné un peu et est venu très sur l’arrière. Aussi le bateau roule et Mimi s’en va dormir dans une cabine arrière pour être bien calée !
Le lever de soleil est beau. La matinée se passe à récupérer de la nuit. Au début le corps n’est pas habitude des mouvements de la mer qu’il essaie tout le temps de compenser. Le bateau ne permet pas de se promener, de se dégourdir les jambes, nous sommes le plus souvent assis ou allongés.
La journée se passe sans voir beaucoup de bateaux : quelques pêcheurs, quelques cargos et peu de voiliers. Néanmoins certains font une route qui pourrait entraîner une collision ; alors il faut obliquer, laisser passer puis reprendre le bon cap. Nous suivons la route sur l’écran de l’ordinateur. La carte indique des profondeurs qui déclinent très lentement. Le plateau continental français est vaste.
Puis soudain une alarme sonne ! Un œil sur les cadrans, c’est une alarme de profondeur ; nous venons de passer les 70 mètres et il y a une alarme à 69,9 mètres. Je ne me rappelle plus comment l’enlever. Alors ça sonne sans cesse. C’est énervant mais rassurant aussi, car si je mets une alarme de profondeur lors d’un mouillage pour être réveillé si l’ancre dérape, je sais que je serai réveillé ! Je cherche le manuel du sondeur et j’enlève l’alarme. C’est super, ce n’était pas une alarme de panne !
Autre alarme ! C’est le pilote qui le met en stand bail. Je le remets en marche et il refuse….
Je prends la barre et m’aperçois que je ne peux la tourner plus d’un quart de tour… Que se passe-t’il. Je passe la barre à Mimi et fonce dans la cabine arrière où il y a accès au secteur de barre. Avec la lampe électrique, je regarde et ne vois rien d’abord. Puis je vois un axe nu, sans rien. C’est l’axe du vérin hydraulique qui s’est dévissé ! Je le remets et sers fort l’écrou et le contre-écrou ! Je demande à Mimi de tourner la barre qui est libre dorénavant. Je reviens au pilote et le remets en marche. Il obéit aussitôt ! Super ! Je suis en colère d’avoir eu ce genre de passe sur un vérin tout neuf ! Et je suis heureux d’avoir pu réparer rapidement moi-même !
La journée est bien calme avec un vent par moments un peu défaillant.
C’est la pétole!
Le sondeur se met à ne plus rien indiquer : la profondeur dépasse 100 mètres.
Mimi est en forme. Elle nous fait même un vrai couscous en mer ! C’est super bon !
Honneur au couscous de Mimi
Tout va bien! Le 12.08.07
Après une seconde nuit de veille fatigante, c’est le grand calme.
Je me réveille bercé par la mer, mais je n’entends aucun bruit d’écoulement de l’eau contre la coque. Nous n’avançons plus. Je vais dans le cockpit : pas le moindre vent ! Mimi veille avec le baladeur en marche. Je veux mettre le moteur, mais mimi a envie de dormir…. Ce qui se comprend bien !
Le lever de soleil est somptueux ! Mer et ciel sont rouges, d’une infinité de rouges différents et intenses ! Il n’y a pas de limite entre mer et ciel !
Mer et ciel sont rouges!
Ça dure un mon moment. Les voiles qui claquent me rappellent à la réalité : il n’y a plus assez de vent pour avancer. Un peu de moteur.
La carte indique des profondeurs de plus de 4800 mètres ; plus que le mont blanc ! A un endroit la carte indique de hauts fonds en plein golfe de Gascogne de 20 mètres ! Sous la mer il y a là deux pics de près de 4800 mètres qui arrivent presque au niveau de l’eau ; un peu plus et il y avait deux îles ! C’est merveilleux la géographie marine !
J’essaie de pêcher avec la ligne et un leurre pour les thons. Peut-être que je m’y prends mal car rien ne mord….’

Le 13.08.07
La journée se passe doucement au rythme du vent, d’une très faible houle et du moteur parfois lorsque le vent refuse et que l’impatience l’emporte. Une traversée, c’est une épreuve de patience ; on prend le temps comme il vient…
Je regarde sur la carte la route restante à parcourir. Avec le vent faible, nous ne pourrons pas arriver avant la nuit prochaine. Je ne veux pas arriver la nuit dans un port que je ne connais pas. Alors je mets le moteur pour avancer à 3 nœuds seulement. Je consulte les mails par la BLU : super, nous avons un mail de l’une de nos filles, Manal. Je lui réponds et je demande un bulletin météo. J’envoie le tout et ne tarde pas à recevoir le bulletin qui indique très peu de vent, mais un vent de nord-ouest qui serait bon pour nous.
Une partie de la journée au moteur sur une mer calme, personnellement je préfère du vent et les voiles. Mais on prend ce qu’il y a.

Le 14.08.07
En début de nuit, le moteur s’arrête soudain. J’essaie de le remettre en marche, en vain…
Je descends et ouvre les accès moteur sous le regard peu rassuré de Mimi. Je nettoie le filtre à Gasoil qui a un peu de dépôts. Je remets tout en place et purge le circuit. Ça ne repart pas. Je démonte de nouveau et m’aperçois que le gasoil arrive par intermittence seulement. Je souffle dans le tuyau pour déboucher… Au bout d’un moment et d’essais infructueux, je renonce car il faudrait démonter le réservoir journalier et trouver ce qui se ballade et obstrue parfois l’arrivée de gasoil vers le moteur, alors que la cuve est pleine… C’est la nuit, nous sommes près du cap qui marque la fin de l’ouest espagnol et près de la Corogne. Nous sommes entourés de pêcheurs dont on voit les lumières. Le vent a tourné et vient du sud-ouest. Nous l’avons en face. Sans moteur, il faut tirer des bords pour avancer vers le port. Je décide de ne pas avancer pour ne pas arriver la nuit. Nous allons rester face au vent à dériver lentement en attendant le jour. Il faut surveiller les côtes qui sont à 5 miles et les pêcheurs. Je laisse Mimi de veille. Très vite elle me dit qu’elle a peur et je ne sais pas interpréter toutes ces lumières qui se déplacent dans cette nuit noire ! Alors je reste de veille et elle va se coucher, avec le mal de mer et la peur. Moi je n’ai pas peur de la situation, car je suis manoeuvrant à la voile puisque le vent est suffisant ; je sais interpréter les mouvements des bateaux. J’appréhende seulement l’arrivée vers le port sans moteur. Soit je mouillerai près du port, soit j’appellerai la capitainerie pour savoir si elle a un zodiac pour m’aider et me remorquer jusqu’au ponton.
Je reste à dériver lentement face au vent en surveillant la dérive et le phare situé sur le cap qui se rapproche. La veille est vraiment fatigante ! Lorsque j’estime me rapprocher trop du cap et avoir le temps de reprendre la mer pour arriver avec le jour, je change de cap de 180° et le vent qui est entre 15 et 20 nœuds me fait avancer à 5 à 6 nœuds. Le bateau roule. Mimi apparaît inquiète. Je lui dis ce que je fais, pourquoi le bateau roule et que nous arriverons tout à l’heure. Elle a peur néanmoins et me dit que je suis seul maître à bord avant d’aller se caler dans une cabine arrière. Je tire deux bords et nous voilà à quelques miles du port.
J’appelle la capitainerie en espagnol. Des mots d’espagnol reviennent mais se bousculent dans ma tête avec des mots d’anglais. Je me fais comprendre. J’explique que nous venons de France, que nous sommes en panne d’alimentation gasoil et demande s’ils ont un zodiac pour m’aider à rentrer au port. Je donne ma position. La capitainerie me dit d’attendre. Elle me rappelle rapidement et me dit qu’un bateau va venir nous aider. Je le dis à Mimi qui se sent revivre. Effectivement je vois arriver une vedette de sauvetage en mer ! c’est plus que j’avais demandé !
Le Salvamar
Ils me demandent d’affaler les voiles, puis ils me passent une grosse remorque que je mets au taquet. Le remorquage commence. Les moteurs du remorqueur font une écume qui rend ma mer blanche ! Comme le vent forcit à plus de 30 nœuds, nous recevons des paquets d’embruns soulevés par notre proue qui fend les vagues. Mimi prend des photos.
RemorquagePaquets d’embruns
Je prends un paquet d’embrun en pleine figure en voulant regarder pardessus la capote. Mimi rit aux larmes ; la voilà bien vivante de nouveau ! Nous entrons dans la ria de la Corogne ? Vaste endroit au paysage industriel et urbain par endroits et vert à d’autres endroits. Puis nous voilà dans le port. La vedette change l’amarrage pour nous faire entrer dans la marina à couple d’elle.
Un petit bateau du port finit de nous placer à quai. La guardia civil est là pour nous accueillir aimablement et remplir les papiers pour l’immigration. Quelques minutes suffisent. Puis c’est le Salvamar, notre remorqueur qui me demande de remplir les papiers du remorquage et présente l’adition qui est salée en fonction de la longueur du bateau et du temps passé : 454€ !
Je donne ma carte bleue : non ils ne prennent que des espèces que je dois aller chercher dans une banque proche. Je vais en ville. La Corogne est belle, avec un quartier piéton, un mélange d’architectures rigides, presque soviétique, et de construction à influence arabe. C’est beau ! Je sens des odeurs qui me rappellent l’Espagne que je connais. Les gens sont bruns et bronzés ou blonds aux yeux bleus !
De retour sur le bateau, je retrouve Mimi qui me dit être soulagée et me dit bravo pour la conduite la nuit et les bonnes décisions pour le retour au port ! Elle me dit qu’elle a eu peur cette nuit ! Nous mangeons un peu et au lit pour récupérer !
Le soir nous nous couchons tôt aussi. Il fait bon ne plus avoir de quarts et de dormir ensemble !