Océan Atlantique Europe Portugal

Posted on août 24th, 2007 by Christian

Le 24.08.07
Nous voilà au Portugal, dans la marina de Leixoes (qui se prononce quelque chose comme Lecchoes)…. Et que je n’arrive pas à prononcer comme les gens du coin). Et là, grand changement : il fait chaud ! Une vraie grosse chaleur, alors qu’une heure avant nous avions froid en mer, juste en face le port…. La marina nous fournit un plan de la ville et un autre de Porto qui est proche. Nous visitons à pied Leixoes. C’est très différent de l’Espagne. Il y a beaucoup de maisons très vieilles et pas entretenues. On sent le manque d’argent. A côté é de ça il y a des architectures très modernes. Les ruelles n’ont rien de particulier. Alors nous prenons un taxi pour Porto. Il nous dépose au centre ville. Une grande place, des rues aérées, larges. Un mélange d’architecture très particulière, assez baroque, d’architecture moderne, et d’architecture austère, à la soviétique…. Les gens semblent moins élégants qu’en Espagne. Les magasins sont plus vieillots. Nous prenons un pot à la terrasse d’un café avec une pâtisserie choisie sans peine car les variétés de gâteaux proposés sont restreintes…
La première impression de Porto est un peu décevante. En rentrant en bus, nous rencontrons un charmant monsieur qui nous guide et nous dit avoir fait ses études en France il y a 40 ans, puis n’y être jamais retourné. Il parle encore assez bien. Les quartiers de Porto le long du fleuve Douro sont faits de pavillons et de parties boisées. Des barques, quelques bateaux à l’ancre. Un grand calme des villes de province.
Nous appelons Zahra : finalement elle ne viendra pas nous rejoindre, pour des questions de budget. Pas de chance, moi qui me faisais une joie de l’avoir à bord une semaine. Ce sera, je l’espère pour une autre fois !
Sur le chemin du retour nous mangeons dans un restaurant dans une ruelle : poisson et calamars grillés, salade et vinho verde. Le gril est à même le trottoir. La vieille patronne surveille le préposé au gril et les serveurs, rien ne lui échappe ! Des familles mangent en parlant fort. Que c’est bon ! Nous nous endormons le ventre plein et le corps fatigué par la traversée. Les mouches n’arrivent pas à nous réveiller !

Le 25.08.07
Grasse matinée ensemble puisqu’il n’y a plus de quart ! Ca fait du bien de se retrouver !
On nous a dit qu’il y a un marché pas trop loin à pied. Nous y allons. C’est après un grand pont qui enjambe une partie du port. Le marché est sous une grande halle. Il y a principalement des poissonneries. Les étals sont appétissants, le choix est grand.
Marché de Matoshinos
Il n’y a que des vendeuses. Certaines ont l’âge de la retraite, et préparent le poisson et discutant. Les prix sont assez bas. Plus loin les fruits et légumes. Il y a le choix ! Il y a même des poules et des lapins vivants ! Mimi en regarde et veut caresser un lapin en pensant à Sophie qui aime les lapins apprivoisés ! La vendeuse en prend un et le lui tend. Mimi a un peu peur. La vendeuse veut une photo avec Mimi et demande qu’on lui envoie plus tard ! Les femmes plaisantent, se font la bise et nous continuons les courses. Les bras chargés nous nous arrêtons dans le café de la halle. Nous commandons à boire en français et espagnol. Le patron nous répond en français sans accent ! José a vécu toute sa jeunesse en France où il a fait ses études. A 18 ans il est venu faire son service militaire au Portugal et il y est resté, s’y est marié et y travaille.
Il se plaint de la vie chère depuis le passage à l’euro et des impôts très importants….
Nous discutons un moment avec plaisir !
De retour au bateau, déjeuner, sieste, écriture… Je consulte la météo : une dépression se creuse au sud et est menaçante sur le Portugal pour demain dimanche avec orage et des rafales possibles de sud est de 90 Kms… Nous ne partirons donc pas demain. Ce sera une journée pour visiter Porto !

Le 26.08.07
Ce matin Mimi n’a pas la forme. Ses filles sont loin et lui manquent ! Nous traînons la matinée, puis nous allons visiter Porto dès que la pluie s’arrête. Nous prenons le métro qui est moderne et très pratique.
Métro de Porto
Il y a une station non loin de la marina. Des gens très aimables nous expliquent comment prendre un billet avec la billetterie automatique. En plus le trajet n’est pas cher. Le métro est d’abord aérien et nous pouvons voir la banlieue, parfois avec des quartiers d’immeubles, parfois avec des pavillons, souvent très anciens et parfois délabrés. Des espaces de friches subsistent. Les stations sont très modernes, tout en carrelage et en dalles de granit gris. Nous voici au centre ville. Des églises baroques aux autels chargés d’or et de tentures, de vieux immeubles aux charmes désuets. Les magasins font très province.
Belle église de PortoCoeur d’église très chargé à Porto
Au bout d’un moment nous descendons vers les rives du Douro.
Porto et le Duro
Nous croisons une foule de gens qui écoutent une harmonie municipale, et d’autres qui ont des enfants habillés en anges, vierges, saints, évêques ; leur mère les accompagne pour une fête religieuse dans une église bondée. On croirait une parodie, mais non c’est une manifestation religieuse !
Magasin d’objets religieux
Service Divin
D’ailleurs la ville regorge de magasins vendant des articles religieux : cierges divers, statues de saints, vierges, christs…. Il faut croire que des gens achètent !
Magasin d’objets religieux

Nous descendons vers le Douro par des ruelles escarpées qui ressemblent aux rues escarpées de Montmartre. Le quartier est pauvre mais pittoresque. Nous arrivons sur la berge qui est aménagée récemment de façon moderne, avec de nombreuses terrasses de café. Quelques saltimbanques, quelques vendeurs d’objets divers et beaucoup de promeneurs et de touristes. Nous prenons un billet pour une promenade en bateau sur le Duro. Nous remontons le fleuve en passant sous les différents ponts, celui ancien construit par Eiffel, et des modernes. Les rives sont très diverses. De nombreuses constructions sont à l’abandon, parfois écroulées. Des petites maisons sont accrochées sur les flancs des nombreuses collines qui surplombent les berges. Il y a beaucoup de verdure, de couleurs ! C’est assez méditerranéen ! Puis le bateau redescend jusqu’à l’embouchure du fleuve. C’est beau et surprenant, tant il y a de maisons vieilles et abandonnées. L’argent manque, c’est évident.
Le bateau se range le long du quai de départ et nous débarquons. Juste là des gens mangent sur des tables installées sur le trottoir sous une tonnelle de vigne. L’endroit est surprenant, en pleine ville, la scène aussi par son naturel en plein air, avec le barbeque qui grille des sardines. Ça sent bon ! Mimi s’enhardit et demande si on peut manger. Quelqu’un lui explique en assez bon français que ce sont des amis qui fêtent l’anniversaire de l’un des leurs. Mais que si nous voulons nous sommes invités à manger et à boire ! Mimi dit que nous ne voulons pas déranger, mais l’homme insiste et dit que c’est l’hospitalité portugaise !
Nous nous attablons et l’on nous met devant nous de la salade de tomate, des poivrons au grill, des sardines grillées et du travers de porc grillé. Le tout avec un grand verre de vin rouge du cru ! Un festin à volonté dans la bonne humeur. Flavio dont c’est le 46 ème anniversaire, s’installe en face de nous et nous trinque de nombreuses fois. Il n’y a que des hommes, tous amis et membre d ‘un club sportif. Les femmes sont ailleurs. Nous prenons des photos, on échange des adresses. Trois personnes parlent bien le Français. Un homme dont la profession est de faire atterrir les avions, entreprend de nous parler de Porto et de la vie simple à Porto, qui est une ville accueillante pour les touristes. Il est pressant avec Mimi qui prend un peu de distance et vient plus près de moi. Un autre, cuisinier, nous parle de l’histoire de la ville, du porto, de ses caves, des différents goûts des portos… Que ces gens sont aimables et accueillants !
La soirée avance et les hommes commencent à ranger. Nous prenons congé tout en prenant rendez-vous pour le lendemain 10 heures, pour visiter un atelier qui fabrique les bateaux qui transportent les barriques de porto sur le fleuve. Nous terminons au bar du club pour déguster un porto rouge super !
Nous rentrons bien gais, par le métro !

Le 27.08.07
Nous reprenons le métro pour aller au club à notre rendez-vous. Joao nous attend. Nous allons non loin dans un petit atelier où le frère de l’un des amis fabrique… des maquettes de bateaux qui transportaient les barriques de porto ! Des maquettes et non des vrais bateaux ! Je suis un peu déçu, mais quel travail que ces maquettes toutes faites manuellement dans différents bois. Il y a aussi quelques maquettes de voiliers anciens de l’histoire portugaise….
Nous sortons pour aller ensuite visiter la ville avec notre guide. Quelques églises toutes aussi dorées et baroques à l’intérieur, en granit et azulejos à l’extérieur. Puis il nous emmène dans des magasins qui vendent du porto. Joao est intarissable sur chaque bouteille, expliquant le goût plus ou moins doux, les mélanges de cépages, les portos de garde. Il y en a des vieux dont une bouteille de 1938 qui vaut 1250. Et puis il y a les vinho verde, tous différents, plus ou moins acides, avec plus ou moins de bulles… Les vins rouges, de la région du Duro, des autres régions de l’intérieur, de l’Algarve…. Nous achetons quelques bouteilles pour avoir un peu de réserve dans le bateau. Dans une boutique de fromage, nous goûtons différents vieux fromages. Joao dit en acheter chaque année à Noël pour les manger l’été, bien affinés !
Nous arrêtons dans le centre, Joao veut bien boire un coup mais pas manger car il doit déjeuner avec son épouse qui l’attend. Nous mangeons des plats de poisson typiquement portugais et bien savoureux ! Puis nous rentrons au bateau bien chargés. Heureusement que nous avons acheté un Caddy à roulette qui nous servira pour les courses futures !
Nous en avons plein les pattes !
Alors c’est le moment de se dégourdir les doigts sur l’ordinateur pour vous raconter nos rencontres ! Nous ne pouvons pas naviguer vu le temps et l’absence de vent ici, tout comme les autres bateaux qui sont au port, le mêmes depuis plusieurs jours. De beaux bateaux de voyage pour la plupart, très bien équipés. L’anglais règne en maître entre étrangers de différentes nationalités.

Le 28.08.07
Toujours pas de vent pour partir… Les autres bateaux ne bougent pas, comme nous… Ils attendent. Pour le 30, la météo annonce enfin plus de vent ! Je rencontre un navigateur français, qui vit sur son bateau depuis 5 ans et qui va rejoindre la France sans son bateau pour remplir un peu la caisse de bord. Il est seul avec un chien et il veut faire le tour de la Méditerranée. Le bateau voisin à bâbord est anglais. Un couple avec une fille d’un mois qui rejoint les Canaries où il vit. A tribord un couple d’Allemands avec deux jeunes garçons…
Journée de calme mise à profit pour classer les photos du voyage afin de les identifier pendant que les souvenirs sont là.

Le 29.08.07
Journée sans vent, avec une brume qui encercle le port presque toute la journée et un soleil qui finit par percer en milieu d’après-midi. Journée de rangements et de classement de musiques pour préparer les traversées. Mimi aime bien écouter le baladeur pendant les quarts de nuit. Moi j’aime bien écouter la chaîne lorsque je navigue…. Une vie comme à la maison certains jours…
Faute de vent, tout le monde reste au port qui commence à sentir mauvais car l’eau stagne. J’ai envie de partir ! La météo promet plus de vent pour demain : nous mettrons les voiles.

Le 30.08.07
Petit-déjeuner, douche, passage à la capitainerie pour régler l’adition, une vingtaine d’euros par jour, et vers 10h nous quittons le ponton aidé par des hommes de service très aimables.
A la sortie du port, le vent est faible. Nous allons voir plus loin au large s’il est plus fort.
Oui eu peu, 10 nœuds pour commencer. Il fait beau, nous mangeons de bon appétit la cuisine de Mimi, toujours savoureuse ! Puis le vent mont à 15 nœuds et parfois 20, mais plein arrière. Je sécurise la baume pour éviter tout empannage intempestif, car le vent passe de 150° tribord à 150° bâbord. Nous avançons à 5 nœuds, parfois un peu plus avec un courant favorable qui nous fait gagner près d’un nœud. Le soir, sans soleil il fait frais ! Froid même. Deux polaires l’une sur l’autre pour veiller dans le cockpit. Souvent je descends dans le carré et remonte tous les quarts d’heure pour voir si un bateau u n’est pas sur notre route…. Mimi vient me relayer. Comme le bateau roule beaucoup, elle a peu dormi. Et puis dans le bateau on entend bien plus de bruit que dans le cockpit ; les bruits sont amplifiés dans cette caisse de résonance.
A chaque fois je trouve que la nuit c’est dur, ça casse les rythmes. Et puis la mer et le roulis travaillent le corps. Il faut se tenir bien pour monter ou descendre, pour se déplacer dans le bateau…. Mimi doit encore se protéger avec un patch. J’espère qu’elle va s’amariner et pouvoir s’en passer !

Le 31.08.07
Navigation toute la journée. Des dauphins viennent jouer de chaque côté de l’étrave. Ils sont une bande de 4 ou 5 et ils nous font voir leur ventre blanc à chaque fois qu’ils virent et plongent sous le bateau.
La mer est belle, avec de petits moutons au sommet des lames de houle. Deux mètre de creux. Parfois une lame nous déporte, le pilote corrige et nous redescendons dans un creux pour remonter plus loin. Ça bouge dans le bateau. Mimi a bien rangé les choses et rien ne jonche le sol. Il y a des progrès depuis les débuts ! L’expérience !
Mimi me demande si nous arriverons dans la journée. Je regarde la carte. Il y a encore bien du chemin… Nous arriverons le soir probablement tard, à la nuit, ce que je ne voulais pas,, je ne me sens pas à l’aise pour rentrer dans un port que je ne connais pas, la nuit ! Aussi je suis tendu. Continuer plus loin, sauter Lisbonne, ou rentrer de nuit ? Nous voulons voir Lisbonne. Alors rester au large et attendre le jour, ou rentrer de nuit ? J’ai le guide nautique qui donne des détails et le plan du port. Alors on tente. Ce sera une première pour moi et pour Mimi.
En approchant de Cascaïs, on passe un cap qui fait que le vent du nord ne vient plus de la mer, mais de la terre. Et tout d’un coup il est chaud, comme les alizés ! C’est surprenant et bien agréable. J’enlève ma polaire. Mimi qui avait mis polaire et gilet de sauvetage, vu la chaleur et la mer calme enlève tout le superflu. Nous rentrons la grand voile, préparons les amarres et les pare battage. La côte semble tout près, avec de nombreuses lumières. Où est la jetée ? Enfin nous voyons un feu rouge, mais pas le vert. L’entrée doit être par là. De petites bouées blanches, peu visibles signalent qu’il ne faut pas longer la jetée de trop près. Voilà le feu vert. Je rentre dans le port et tout de suite il y a le ponton visiteur à tribord. Mimi est prête. Des hommes sont là près de leur bateau. Mimi leur tend l’amarre et ils amarrent le bateau. Ce sont des espagnols qui naviguent pour les vacances sans leurs épouses qui n’aiment pas la mer. Nous discutons un peu. Mais il est minuit passé et j’ai sommeil. Mais un homme de la marina vient. Il veut les papiers du bateau. Nous allons dans son bureau ; il me donne une carte magnétique pour les toilettes… puis me dit qu’il faut aller se mettre à une place au fond un port, maintenant ! Il va me montrer l’emplacement. On enlève les amarres, remet le moteur en route et on le suit avec son pneumatique. Au fond du port une place sur catway. Il nous amarre. Je veux brancher l’électricité, mais les prises ne sont pas à la norme européenne…. Ce sera pour demain, on va dormir, malgré la musique de la boîte de nuit qui est en face !

Le 01.09.07
Grasse matinée, puis papiers à la capitainerie.Les gens sont aimables, mais la marina est très sélect et très chère. Nous n’y resterons pas longtemps…..
A la capitainerie, je rencontre un français. Je discute avec lui et au bout d’un momnet il me dit qu’il me connaît ! Est ce que je n’étais pas au port à sec de Portlavigne ? Oui, bien sûr. Lui aussi, il avait un bateau non loin du mien et il m’avait acheté l’annexe en alu qui tenait beaucoup de place sur le bateau et gênait pour les manœuvres. Pour lui, elle convenait parfaitement pour son bateau et ce qu’il voulait faire. Je lui ai vendu et ai acheté une annexe gonflable. Nicolas était là. Puis il disparaît pendant que je fais mes démarches administratives.
Je rentre au bateau et en parle à Mimi, lorsque l’on frappe sur la coque du bateau. Je sors et vois Nicolas en annexe avec son petit garçon de deux mois, Maël. Je les invite à bord et nous discutons un bon moment en buvant un verre. Nicolas a plaqué un jour son boulot qui ne lui convenait plus et il a retapé une maison ? Avec le bénéfice de la maison il a acheté un bateau qu’il retapait dans le port à sec où je l’ai connu. Et puis il a pris le large et le voilà au Portugal, avec femme et ses deux enfants. Il compte hiverner au sud de l’Espagne ou au Maroc car son épouse doit retourner en France travailler quelques mois pour une fin de contrat. Et puis ce sera le tour du monde. En attendant Nicolas s’est fait peur en traversant le Golfe de Gascogne où il a eu la tempête avec force 8 établi et des rafales à Force 10. Il a mis à la cape 24h et est reparti avec le temps plus calme. Il est arrivé à Camarins avec un vent de 35 nœuds. Le même parcours que nous, mais pas le même temps…
C’est le plaisir des rencontres. Après nous traînons, puis déjeunons et faisons une sieste tant la chaleur n’incite pas à la ballade tout de suite.
Ensuite nous allons nous promener le long de la baie de Cascaïs et au hasard des ruelles de la ville. La baie est magnifique entre Cascaïs et Estoril. On voit au loin le grand pont suspendu de Lisbonne. Des bateaux de pêche sont près des quais, des bateaux de plaisance sont à l’ancre dans la baie aux eaux calmes. Les plages sont pleines de monde. Il fait chaud. Il y a de belles maisons et des hôtels à l’architecture ancienne recherchée, avec des palmiers et des fleurs partout. C’est une station proche de la capitale et qui reçoit des touristes depuis longtemps. Le luxe est présent partout. Nombreux sont les restaurants dans les ruelles. Mimi fait du lèche-vitrines. Contrairement à l’Espagne on ne voit pas de Sénégalais vendre à même le sol toutes sortes de marchandises dont la plupart ne sont que des copies illicites. Ici il y a quelques magasins tenus par des indiens qui vendent habits et accessoires.
Cascaïs est une belle ville animée où il fait bon flâner. Les prix sont un peu plus chers qu’à Porto.
Demain nous irons jeter l’ancre dans la baie pour économiser le prix de la marina.
Les photos suivront une prochaine fois car cette liaison internet coupe sans cesse et ne permet pas de faire ce que nous voulons….
Notre position: Cascaïs (près de Lisbonne) 38.41.432N 09.25.139W

Le 02.09.07
Le matin je me pose la question d’aller mouiller dans la baie. J’y vois beaucoup de voiliers déjà ancrés. Trop à mon goût ; j’ai peur qu’au cas où le vent se lève, je ne puisse plus repartir sans risques. De plus le guide parle de baie peu sûre car les fonds seraient encombrés…
Alors je ne suis pas rassuré. Les souvenirs d’un précédent mouillage à l’île d’Hoëdic où mon ancre avait dérapé me poursuivent. Le vent s’étant levé j’avais du lever l’ancre et mouiller plus loin, non sans devoir faire un slalom très proche de voiliers, dont un dont j’avais effleuré la chaîne d’ancre ! Finalement je reste à la marina et nous allons nous promener dans Leixoes. Nous passons sur le ponton des pêcheurs et voyons un couple de français avec deux enfants débarquer de leur annexe. Francis retourne au bateau, Katherine et les enfants vont à la plage. Nous discutons un moment. Ils vont au Sénégal avec une mission de voiles sans frontières ; ils apportent des médicaments pour le Saloum. Nous échangeons nos coordonnées pour se joindre plus tard pour échanger des nouvelles et se rencontrer aux escales. Le couple est très sympa, le petit garçon aussi et la petite fille est une amie de rencontre.
Nous passons la journée dans la ville à flâner le long des rues et des plages. Il y a des plages de sables et des sortes de quais en escaliers en béton pour bronzer et plonger. Ça fait penser au Gates de Calcutta, mais on n’y brûle personne, on n’y prie pas…

Le 03.09.07
Lever pas trop tardif, puis nous prenons le train pour Lisbonne. Un train régional moderne nous emmène en une demi-heure au centre de Lisbonne. Nous longeons la mer et les villas de luxe. Joli paysage et richesse étalée. Pas mal de monde dans le train et encore plus dans la gare d’arrivée qui a une interconnexion avec le métro. Lisbonne a un aspect plus moderne que Porto ; les maisons délabrées sont bien plus rares. Dans le centre nous voyons de larges avenues et places. Toutes sont pavées de petits pavés blancs avec des dessins de pavés noirs. C’est superbe et glissant. Nous avisons une agence de voyage et entrons pour chercher un billet d’avion pour Mimi qui doit rentrer à Paris le 15 septembre pour la parution et le lancement de son livre autobiographique. L’idée du départ nous trottait dans la tête depuis quelques jours, mais la concrétisation, l’achat du billet fait que bientôt nous seront séparés pour deux mois. Ce sera dur ! La vendeuse très aimable et qui parle bien le français nous trouve un billet au départ de Séville qui est moins cher que depuis Lisbonne ou Tanger.
Mimi verse une larme à la pensée de la séparation prochaine. Moi ce n’est pas loin…
Nous continuons la ballade et prenons le bus 28 pour l’Alfama, un vieux quartier de la ville juché sur l’une des collines. Pour ça nous avons pris un passe pour la journée pour tous les bus : le passe des 7 collines. Le tramway est d’avant-guerre, peur être la première guerre mondiale ; il est en bois, petit et bondé. Le conducteur est un vrai personnage de film, surveillant la circulation des voitures, , son engin, les passagers qui montent ou descendent, ceux qui voyagent gratis sur les marches extérieures…. Dans les petites rues le tram passe à quelques centimètres de voitures garées ! Il grince en montant les côtes parfois raides, mais il monte vaillamment au petit pas. Nous le prenons jusqu’au terminus, puis le reprenons en sens inverse jusqu’à mi-course. Nous pouvons ainsi flâner dans l’Alfama et ses vieilles rues autour du château Saint Georges. Il y a de beaux magasins d’antiquités, d’artisanat ou d’objets religieux. Nous discutons en français avec une femme qui tient un magasin d’objets artisanaux. Comme je m’étonne du nombre d’objets religieux que nous voyons partout, elle m’explique que l’Eglise tient encor une très grande place dans la société portugaise, qu’elle a un très grand pouvoir, politique, religieux et social par l ‘intermédiaire de nombreuses associations. Elle a beaucoup de pouvoir dans le nord qui vote encore toujours à droite, alors que le sud vote plus à gauche parce que dans le sud c’est le règne des très grandes propriétés agricoles et des ouvriers agricoles souvent communistes.
En fin d’après-midi nous revenons au centre ville. A la terrasse d’un café nous rencontrons un couple de français et nous discutons de choses et d’autre. Moi, surtout de bateau avec Bruno, et Mimi surtout de choses de femmes avec la compagne de Bruno. Le soir lorsque nous en reparlerons ensemble nous constaterons que nous avons parlé de sujets très différents. Les hommes, bateau et travail ; les femmes, habits et vie de couple….
Bon il est l’heure de reprendre le train. A Cascaïs nous nous promenons encore un peu et dînons à la portugaise. Retour au bateau pour une retrouvaille d’amoureux qui pensent déjà à la séparation.

Le 04.09.07
Départ de la marina après que Mimi ait préparé le repas que nous prendrons en mer. La météo annonce un bon vent nord-ouest à nord est de 10 à 15 nœuds. En fait le vent est très faible environ 5 nœuds ; je garde le moteur pour aller chercher le vent plus au large. Je ne trouve pas le vent, mais un ciel bas, une brume de chaleur et un vent sud est… la direction où nous allons. Le vent monte un peu. Je tire des bords pour avancer un peu.
Je mets la ligne de traîne. Vite la pêche est bonne : un maquereau, deux orphie et une bonite d’un bon kilo ! Je retire la ligne car on a assez à manger. Ce soir je préparerai la bonite en levant les filets !
La brume devient un brouillard de plus en plus dense. D’un mile avant nous voyons maintenant à quelques centaines de mètres. Je mets l’AIS en route pour me signaler aux autres bateaux équipés et pour les voir sur les cartes informatiques. Je vois quelques bateaux qui ont des routes souvent parallèles, parfois de traverse. Ils passent au loin. Rien trop proche. Le plus près passera arrière à 3 miles. Il faisait 263 mètres sur 33….
J’ai peur de bateaux non équipés, comme des pêcheurs. Mais apparemment ils ne sont pas sortis car nous ne verrons personne. Mimi veille l’après midi pendant que je dors. Puis le vent étant tombé, je mets le moteur et nous avançons à 4,5 nœuds dans le coton. La nuit tombe. Je vois une auréole de lumière au sommet de mon mat : ce sont mes feux de route. Je vois un croissant de lune qui fait un petit halo.Je vois la forme de mon bateau, un peu de mer gris noir autour, et puis du coton gris depuis la mer jusqu’au ciel… Ce n’est pas rassurant, malgré les moyens modernes de détection. Pauvres marins d’autrefois qui n’avaient aucun moyen de détection ni de GPS ! Que de naufrages aussi ! Dois-je mettre à la cape ou continuer au moteur. Je choisis d’avancer. Lorsque je demande à Mimi de prendre le quart de nuit, elle a peur et refuse et disparaît dans une cabine… Alors la nuit est longue, assis dans la descente à surveiller les 300 mètres de visibilité, s’il apparaissait quelque chose. Je mange une pomme pour ne pas m’endormir, puis une autre…. C’est usant.
Mais le matin finit par se lever, la brume aussi ; pas le vent. Toujours au moteur. Mimi prend ma relève et je vais m’effondrer sur la couchette malgré le ronronnement du moteur et le bruit des lames.
Soudain Mimi me réveille. Le moteur baisse de régime semble-t-il. En effet il s’arrête ! Encore ce problème d’alimentation de gasoil ! J’en ai marre, le coup au moral est rude. Je descends et ouvre les accès moteur. Le filtre à gasoil est presque propre, pas de quoi faire caler. Je le nettoie. J’enlève l’arrivée de gasoil du filtre ; le gasoil arrive en pipi de chat. Je souffle dans le tuyau et l’air passe, ce n’est pas bouché, mais ça ne coule pas plus vite. Je souffle de nouveau puis aspire et là ça coule bien. Je remets le tuyau, purge le circuit et ça démarre. Je referme, me lave les mains pleines de gasoil odorant !
Que faire avec ce problème de gasoil qui est récurent et potentiellement dangereux. Les mécaniciens n’y comprennent rien, ne savent quoi faire. Je vais m’en occuper et je pense que j’arriverai à changer le réservoir journalier horizontal pour un vertical de façon à ne pas risquer d’avoir des moments sans alimentation lorsque ça gîte trop !
Mimi me raconte que cette nuit, elle a vu beaucoup de dauphins qui ont joué devant l’étrave du bateau pendant une heure. Elle est allée à l’avant et a pris beaucoup de photos ! En en parlant elle est encore heureuse de ce super spectacle !
Nous arrivons devant le cap Saint Vincent, qui marque la fin de la côte ouest du Portugal. Après la côte devient est, c’est l’Algarve. Le cap est impressionnant avec ses hautes falaises !
Par endroits, la mer a creusé des grottes. Des vagues y entrent, s’engouffrent violemment et ressortent en une pulvérisation d’écume jaillissante ! c’est magnifique.
Nous passons devant Baleiera où nous pensions nous arrêter. Je décide de continuer encore jusqu’à Lagos 17 miles plus loin. Nous arrivons vers 20 au ponton visiteur après un court moment à la voile avec un vent qui s’était levé à 20 nœuds. Mimi n’est pas rassurée car ça gîte assez. Une panne gasoil et la gîte c’en est trop. Elle reparle de Paris, qu’elle m’aime, mais qu’elle n’aime pas la mer et mon bateau ; que ça de bat dans sa tête et qu’elle pense à la difficulté de revenir après son séjour à Paris. Elle verse une larme ; moi je suis très triste et essaie de ne pas penser à cette éventualité. Je ne veux pas la forcer non plus à faire ce qu’elle n’aime pas. Je dois reconnaître que ce n’est pas évident pour tout un chacun , la mer, le bateau et leurs mouvements. C’est exigeant pour le corps et pour la tête. J’admire Mimi qui s’adapte pourtant assez bien et qui est courageuse. Mais je sens qu’elle peine, bien qu’elle apprécie les escales. La mer la travaille au corps et lui fait peur, les enfants lui manquent.
Nous approchons de Lagos ; les falaises sont toujours hautes. Les rares endroits où la falaise s’abaisse vers la mer abritent des villages blancs. Un cap et derrière il y a Lagos. Les falaises de ce cap sont déchiquetées, laissant dans la mer des colonnes trouées de grottes. Le roc est ocre strié de couches de teintes différentes. La nature est magnifique.
Lagos est là. Affaler la grand voile, préparer amarres et pare battages et nous entrons dans la passe entre les jetées. A bâbord la ville illuminée déjà, et à tribord terrains vagues et chantiers.
Une fois au ponton, démarche à la marina, un rapide souper et au lit biens sages !

Le 06.09.07
Ce matin nous allons nous installer à une place affectée sur catway. Là nous aurons électricité à volonté et frigo. Nous pourrons prendre une douche.
Journée de bricolage pour préparer le départ demain j’espère si le vent le veut pour Cadix.
La marina propose un accès wifi payant depuis le bateau, 10 $ la journée. Dans la marina il y a surtout des Britanniques avec des bateaux bien équipés. Peu de Français, quelques nordiques.
Je vérifie tout ce qui peut se dévisser à bord. J’appelle Laurent pour se mettre d’accord sur la longueur des lattes pour l’enrouleur de génois qu’il fera faire et pourra donner à Jean-Michel pour qu’il me les apporte en venant.
En soirée nous allons nous promener dans Lagos. La petite ville est une station balnéaire très animée. Beaucoup de gens se promènent, les restaurants sont pleins ; toutes les boutiques sont ouvertes jusque vers 23 heures. Marchands de glace, saltimbanques, vendeurs d’objets divers occupent la rue. L’Algarve est touristique et ça se voit. L’ambiance est très calme, joyeuse, c’est les vacances !

Le 07.09.07
Visite à la marina pour voir la météo : c’est le marasme, une dépression sur Espagne Portugal s’éternise et fait que le vent est très faible, force 2 à 3 et dans le mauvais sens, est, sud-est.
A côté de notre bateau deux anglais sur un beau bateau sont sur le départ. En dix jours ils comptent rallier l’Angleterre. De vrais marins ! Dans la marina il y a une très grande majorité de britanniques qui sont loin de leurs bases ! Il y a des nordiques, quelques Canadiens et américains. Rares sont les Français, car ceux qui vont loin obliquent depuis Lisbonne vers Madère.
Faute de vent, ce sera une journée supplémentaire à Lagos. Une journée sur Internet, la marina étant équipée du Wifi payant à la journée (10$). Alors c’est l’occasion de correspondre avec les enfants, les amis, de mettre les dernières nouvelles sur le site et enfin des photos.
Alors nous vous souhaitons une très bonne lecture. Le journal de Mimi est un peu en retard car Mimi à besoin d’inspiration et que la mer la laisse un peu tranquille !
Grosses bises à chacun !

Position actuelle Lagos : 37.06.568N 08.40.466W

Hélas les choses ne sont pas toujours si simple qu’on le pense ; J’ai travaillé sur le site pour mettre texte et photos pendant près de trois heures, mais la liaison wifi était sans doute insuffisante car la liaison s’est coupé, perdant ainsi tout le travail que je n’avais pas pris la précaution de sauvegarder…..

Le 08.09.07
C’est aujourd’hui que nous partirons pour Chipiona en Espagne, presque à l’embouchure du Guadalquivir à 40 miles de Séville. Nous passons la matinée à envoyer des mails, à ranger. Une sieste pour me reposer en vue de la navigation de nuit, mais je n’arrive pas à dormir : il fait chaud et je suis nerveux, j’ai envie de partir. Mimi propose d’aller déguster une glace ; bonne idée ! Deux glaces dans de jolies coupes, et elles sont bonnes !
Puis je vais payer à la capitainerie. Je demande pour l’ouverture du pont relevant ; pas de problème, vous appelez sur le canal 9 et l’on ouvre 2 à 3 minutes après. Alors de retour sur le bateau, on largue les amarres avec l’aide obligeante d’un couple d’anglais voisins. Je me dirige vers la sortie de la marina et le pont et demande l’ouverture. Pas de réponse. Je ralentis, mais le vent qui s’est levé me pousse vers la sortie. C’est trop étroit pour faire demi-tour. Je bats arrière et me retrouve en crabe. J’appelle sans cesse à la VHF. Pas de réponse. Je me rapproche d’une vedette et remets marche avant. Tout en rebattant arrière, je me rapproche du pont ! Ça répond enfin et l’on me dit qu’on ouvre. Le tablier du pont s’entrouvre lentement. Mon mât s’approche du tablier ! Je suis en crabe au lieu d’être face au pont pour passer entre les piles. La flèche de mât va toucher… Non le tablier s’ouvre assez pour que ça passe ! Je mets le moteur à fond marche avant et passe entre les piles et les deux parties du tablier du pont. OUF ! J’ai envie de me défouler à la VHF, mais je m’abstiens. En mer il fait chaud et le temps est calme, avec assez de vent pour mettre les voiles et avancer à 5 nœuds. En plus le vent est nord, nord-ouest, juste ce qu’il faut. Nous longeons les côtes du Portugal. Les stations balnéaires sont nombreuses, avec maisons et immeubles blancs et de nombreuses grues. Ça construit encore pour les européens qui recherchent le soleil !
Je mets la ligne pour pêcher de quoi dîner. Mais à l’heure du dîner, je n’ai toujours rien pris… Heureusement que Mimi a préparé un ragoût de mouton ! La soirée s’avance et le vent forcit un peu ce qui fait que nous avançons bien, plus que les prévisions-météo ne me le laissaient espérer. Le vent est tiède, je peux rester dans le cockpit pendant que Mimi se repose. La nuit est calme, mais elle semble toujours longue, lorsqu’il faut lutter contre le sommeil. En longue traversée, le corps s’habitue à un nouveau rythme, mais en naviguant une nuit de temps en temps, le corps change sans cesse de rythme et peine.
Je vais me coucher et Mimi prend la relève. Je dors, l’esprit toujours sur mes gardes, pour le cas où… Soudain je me réveille car les bruits ont changé : je n’entends plus les vagues contre la coque, ni l’écoulement de l’eau. Je monte : Mimi écoute de la musique avec son baladeur, et le vent a molli si bien que nous n’avançons plus qu’à 1,5 nœuds. J’hésite à mettre le moteur. Mimi descend dormir. J’espère que le vent va se relever. Au contraire il baisse, et disparaît. C’est le calme plat, la mer sans ride. Il faut bien se résoudre à mettre le moteur et à avancer ainsi à 4,5 nœuds.
Je vois des lumières de chalutiers au travail. Un chalutier avance et est en ligne de collision avec moi. Je le regarde se rapprocher. Il décrit une courbe qui fait qu’il va croiser ma route. Effectivement il se rapproche et va me couper la route. Il travaille et continue sa courbe, me laissant le soin de l’éviter ! Ce que je fais au dernier moment, pour ne pas toucher le chalut qu’il traîne plus ou moins profond. Plus tard après une longue courbe derrière il revient et veut me recouper la route. J’accélère et le laisse derrière !
Plus de bateau le reste de la nuit.
La matinée est calme, toujours au moteur, loin des côtes en direction directe de Chipiona. Je remets la ligne de pêche. Soudain le flotteur remonte, je vais relever et vois une bonite qui a mordu. Avant que je ne puisse la ramener à bord, elle se détache. Zut ! Je remets la ligne et peu de temps après ça mord. Je remonte et vois des reflets bleus se rapprocher. Je dis à Mimi : c’est un sac plastique, comme on en voit pas mal dériver, hélas ! Non, c’est un poisson qui se défend et tire de droite et de gauche. Je remonte et voit ma première daurade coryphène. Elle est jaune d’or avec du bleu et du vert, C’est un poisson aux couleurs vives magnifiques. Je la remonte jusque sur la plate-forme arrière. Là elle donne de frénétiques coups de queue et arrive à se détacher. Je la vois replonger en mer ! Je suis déçu et furieux ! Bon je remets la ligne. Je pêche une nouvelle bonite, puis une autre… 5 en tout ! Je range la ligne, nous avons assez à manger. Je prends un couteau qui coupe bien et je lève les filets de chaque bonite et je mets les filets au frigo. Voilà de quoi faire quatre repas !
Soudain le moteur cale ! C’est pas vrai ! Encore ! Je me précipite, tourne la clef et ça redémarre ! Ouf ! Je reste un moment à côté de la manette des gaz, mais tout va bien.
Nous arriverons bientôt. Nous voyons les côtes avec des tours de Chipiona. Je regarde bien la carte car des hauts-fonds sont indiqués et après avoir affalé et mis amarres et pare battages, nous entrons. Le port est divisé en deux, port de pêche à droite et port de plaisance à gauche. Le ponton d’accueil est au milieu. J’accoste. Mimi saute prestement sur le ponton et passe une amarre. Je saute et passe l’autre. Nous avons gagné en sûreté de geste et tout se passe bien. Je suis fier ne ma moussaillonne ! Je fais les papiers aux bureaux de la marina. Là pas de police de l’immigration comme au Portugal. La jeune fille répond aimablement à mes questions et me fournit heures de marées, et photocopies de documents pour remonter le Guadalquivir jusqu’à Séville.
Ensuite nous allons nous amarrer à la place qu’on nous a alloué. La marina est assez grande : beaucoup de bateaux espagnols, peu de Français et d’anglais. La plupart ont déjà bifurqué vers Madère ou les Canaries. Peu vont vers le sud puis le Maroc. Un couple de Français avec un chien est là ; ils vont effectivement au Maroc et nous discutons un peu.
Dîner rapide et nous allons vite au lit !

Océan Atlantique Europe Espagne

Posted on août 16th, 2007 by Christian

Le 15.08.07
Une bonne nuit au port et nous voilà en forme. Les gens du port sont très aimables. Ils me cherchent un mécanicien pour réparer le problème de réservoir. Mais aujourd’hui c’est le 15 août, jour de fête religieuse, jour férié, personne ne travaille. Demain le mécanicien pourra venir vers 10 ou 11h.
Alors nous allons explorer la ville ; nous nous promenons dans le quartier piéton près du port.
Les immeubles sont étroits et hauts de 3 étages avec des façades couvertes de balcons fermés par des vitres et des croisillons de bois, sans doute pour se protéger du vent. C’est très beau. Des sortes de moucharabiés clos de vitres. Certaines ruelles débouchent sur des places avec des sculptures contemporaines, souvent drôles. Dans le quartier il y a beaucoup de restaurants avec des tables dans la rue. Toutes les tables sont pleines en ce jour de fête. Les familles sortent, bien habillées, et vont au restaurant. Nous déjeunons à l’heure espagnole, près de 16h.
Presque tous les restaurants proposent poissons et coquillages ! Un régal, pour bien moins cher qu’en France !
Après une longue promenade, une bonne sieste !
Puis il est l’heurs d’une autre ballade dans ces ruelles animées le soir. Nous dînons dehors et rentrons tard. Il fait doux, les gens sont aimables. Nous avons bu un vin blanc de pays très fruité, très vert ; bon et très particulier !
En rentrant au port, nous voyons les premiers arrivants de l’étape de la course du Figaro.
Dans les trois premiers, je reconnais Michel Desjoyeaux qui vient de prendre la tête de la course, d’après un journaliste qui l’interroge. Michel à les yeux rouges de manque de sommeil, et il répond aimablement aux journalistes et pose pour les photos. Je suis frappé par la lucidité et l’humilité de ses réponses. Il parle d’une erreur de tactique à un moment et dit que sa tentative de virement de bord était du domaine de l’inutile….
Je vois de près quelqu’un dont les exploits depuis des années m’ont fait rêver. Il n’a pas un gabarit à la Tabarly, un homme normal, mais volontaire, endurant et à l’expérience formidable !
Arrivée de l’étape du Figaro

Le 16.07.08
Nous nos préparons pour la venue du mécanicien. UN homme du port vient m’annoncer qu’il passera plus tard car son atelier manque de s’écrouler et il faut qu’il l’évacue d’urgence…. Finalement il ne viendra pas et la capitainerie m’appelle un autre diéséliste qui viendra voir ce soir à 8h. Le temps d’aller nous balader dans les ruelles pleines de monde. Nous en profitons pour acheter une carte pour appeler la France depuis les cabines téléphoniques. Comme je n’étais pas parvenu à recharger ma mobicarte d’Orange par téléphone avec ma carte bleue, je rentre dans une agence Orange et j’explique mon problème. La dame, très aimable, se renseigne longuement : Elle ne sait rien de la mobicarte en France et me dit qu’Orange Espagne fonctionne différemment. Je pourrais prendre une mobicarte espagnole, mais elle ne se recharge pas par téléphone, mais dans des terminaux et seulement en Espagne… L’Europe des téléphone portable n’est pas encore en route !

Le 17.08.07
Le diéséliste vient à 8h, comme promis. J’ai préparé le terrain en enlevant la trappe du cockpit qui donne accès au moteur et au réservoir journalier. Exploration, hypothèses, essais autour du filtre surtout et peu de ce qui pourrait obstruer l’arrivée du gasoil. Mais il est affirmatif.
Il repart chercher un autre filtre. Il revient avec mon filtre seulement mais avec des rondelles qui manquaient, d’après lui. Par contre il n’amène pas de vanne pour fermer le gasoil en cas de travail sur le filtre. Il repart, puis revient avec une belle vanne. Il appelle un électricien pour la jauge du réservoir journalier. Celui ci vient, regarde, teste, démonte le flotteur et part l’essayer dans son atelier. Il revient vite, disant que le flotteur fonctionne. Finalement c’était un contact qui se faisait mal… Pendant ce temps la vanne est montée et le mécano purge le circuit du gasoil. Essai moteur : tout va bien ! D’après le mécano tout vient d’une prise d’air. Ça devrait ne plus tomber en panne. Je remplis le réservoir journalier avec la pompe manuelle.
Soudain, fuite de gasoil : la membrane de la pompe est trouée ! Dire que Laurent m’affirmait que ces pompes résistaient au gasoil et duraient très longtemps…. Elle aura duré deux mois !
Le mécano téléphone au ship et va manger car il est midi. Il reviendra vers 3h avec une membrane s’il y en a une, sinon il faudra la commander et on l’aura lundi ou mardi…
Ecole de patience ! De toute façon nous sommes en vacances et il faut nous faire au rythme habituel à chaque pays.
Mais à 3h revoilà le mécanicien avec la pièce ! Il répare et tout est en ordre de marche, il n e me reste plus qu’à ranger.
Nous allons nous promener en ville, dans la cohue des ruelles. Après une halte dans un calé nous rentrons nous reposer de ce bruit de fond de la rue espagnole où chacun parle fort.

Le 18.08.07
Ce matin nous devions aller visiter Saint Jacques de Compostelle. Mais à la réflexion il est un peut tard déjà et nous sommes samedi, demain les magasins seront fermés pour l’accastillage. Changement de programme. Mimi va à la laverie pour que nous ayons du linge propre. Je vais chez le ship acheter une pièce pour l’écoute du chariot de grand voile qui n’a pas résisté à un empannage brusque. Je prends un taxi et trouve sans peine. Puis je pars à la recherche d’une bouteille de butane, une de 13kgs. On m’indique une quincaillerie. Elle n’en vend pas mais vend les détendeurs qui sont différents de ceux de France. Le vendeur m’en apporte deux, un argenté à 5 euros et un noir à 7,5 euros. Quelle est la différence ? Celui-ci est meilleur dit il en me montrant le plus cher. J’éclate de rire. Lui aussi. Et je prends le moins cher !
Le taxi m’emmène dans une station-service qui vend du gaz. Il faut rendre une bouteille pour en avoir une autre. Pas possible de prendre un contrat, puisque je suis de passage ! Comment faire ? Le taxi me dit connaître un entrepôt de gaz… s’il n’est pas déjà fermé. Non, il est encore ouvert. Des bouteilles de gaz partout. Le vendeur veut bien vendre une bouteille, mais que faire sans contrat ? Il s’éloigne, réfléchit, revient et dit : le gaz c’est 12,5 euros et avec la bouteille 15 euros ! Super, marché conclu ! Le taxi me ramène au port avec ma bouteille que je porte jusqu’au bateau en passant devant les préparateurs du Figaro qui s’escriment sur les voiles des bateaux.
Cette après-midi, promenade en ville et recherche d’un café wifi pour mettre ces nouveaux textes sur votre site préféré !
Nous profitons de l’espace Wifi de la course du Figaro pour alimenter le site et relever les mails! Nous sommes au millieu des journalistes qui préparent leur papiers! Belle ambiance!

Position actuelle à la Dàrséna deportiva: 43.22.153N 8.23.828W

Le 19.08.07
Journée excursion. Nous prenons le train pour Saint Jacques de Compostelle. Un train régional qui serpente aux flancs des collines de Galice. Beaucoup de forêts d’eucalyptus et de pins et des petits champs de maïs. Les maisons n’ont rien de remarquable. Trois quarts d’heure pour arriver à Saint Jacques. La gare est excentrée, Mais il suffit de prendre en face une rue qui monte pour traverser la ville et arriver rapidement dans la vielle ville. Les ruelles sont faites de larges dalles de granit. Les maisons sont de granit aussi, tout comme des églises et couvents qui sont nombreux ! La vieille ville est animée ; les visiteurs sont nombreux. La cathédrale est baroque, d’une architecture très chargée, en granit gris. Ce n’est pas immense, avec une place devant pas très grande. Les pèlerins devaient arriver de toute l’Europe occidentale, loger dans les couvents et faire leurs dévotions dans la cathédrale et toutes les églises avoisinantes.
Saint Jacques de Compostelle
Saint Jacques
L’intérieur de la cathédrale est d’un baroque riche en or et argent, très chargé. Des autels latéraux sont plus simples ! Beaucoup de touristes bruyants ! Dans un coi sombre une statue de saint sur le bras duquel des femmes déposent des vœux écrits sur des bouts de papiers pliés….
Dans une ruelle nous avisons un restaurant et nous déjeunons à l’heure espagnole. La cuisine galicienne est excellente : Poissons et coquillages avec des vins blancs très peu alcoolisés et un peu verts.
Nous nous promenons toute l’après midi. Mimi est tout heureuse de voir Saint Jacques de Compostelle qu’elle rêvait de voir depuis longtemps. Avant de me rencontrer elle rêvait de faire ce pèlerinage à pied ; une autre aventure en somme !
La Pélerine
Je suis heureux de voir cette Espagne catholique ancienne. Je remarque l’omniprésence de la langue galicienne sur les plaques de rues, dans les magasins, dans la gare… Le régionalisme est très fort maintenant au pays de l’ex centralisateur Franco !
Le soir nous rentrons par un omnibus encore plus lent que celui du matin. Plus d’une heure pour faire 60 kms.

Le 20.08.07
Matinée d’avitaillement et de ballade en vue de partir ce soir pour Camarinas à 65 miles.
Voilà la fin d’après-midi. Je vais payer à la capitainerie. L’informatique étant en panne provisoirement, la personne de service me demande où je vais. Je lui parle de l’Afrique. Il me dit de ne pas oublier au retour de repasser par la Corogne ! C’est une gentillesse à l’image de cette Dàrsena Deportiva !
Nous quittons La Coruna vers 20h. Les prévisions météo sont vent de nord-ouest 20 nœuds.
Dans la ria, peu de vent. En sortant le vent est de face. Une heure de moteur pour pouvoir prendre un peu plus au sud-ouest et prendre un faible vent qui nous fait aller à 1,5 nœud.
Départ de La Coruna
Mais soudain le vent adonne et passe entre 15 et 20 nœuds. Nous faisons route sud-ouest et les lames de la houle sont nord-ouest. Elles nous prennent de côté, soulèvent le bateau qui roule…
Mimi était partie sans médicament anti mal de mer pour cette traversée ; la houle la rend malade aussi tôt et elle va se coucher. Le vent forcit un peu et la houle est de 2,5 mètres, parfois un peu désordonnée. C’est vrai que le bateau bouge en avançant entre 5 et 6,5 nœuds.
Mimi change de cabine pour trouver un endroit où elle sera mieux calée. Moi je lutte contre le sommeil. Mimi vomit mais ne se sent pas mieux pour autant. Je l’entends se plaindre, mais elle réagit courageusement. Elle me fait réchauffer pâtes et ratatouille. Après trois bouchées, je rends tout aux poissons. Quelques minutes après je me sens mieux et je mange de bon appétit. Je veille, amis il y a peu de pêcheurs. Ils sont plus au large. Je dois cependant en éviter deux dans la nuit, avec leur chalut qu’ils traînent loin derrière et qui ne me rassure jamais. Il fait froid dans le cockpit encore humide de la dernière pluie du début de nuit.
Je descends dans le carré, je regarde la carte sur l’ordinateur, les instruments : tout va bien.
Seule mon équipière ne va pas bien. Je l’entends même à un moment où elle fait une apparition dire que c’est la plus mauvaise nuit de sa vie !
La nuit est longue à veiller seul dans le froid. Finalement je suis souvent dans la descente, assis sur la plus haute marche avec le haut du corps dans le cockpit.
Le vent nous faisant avancer plus que je ne pensais, nous arrivons près de la ria de Camarinas vers 5h. Je ne veux pas arriver de nuit. Alors je me dirige vers le large presque face au vent, n’avançant ainsi qu’à 1,5 nœud. La fin de la nuit passe ainsi. Au petit jour, je fais volte face pour rejoindre la ria. La houle est forte et balance bien le bateau ! Les côtes sont impressionnantes. Les collines abruptes plongent dans l’océan et les vagues viennent s’écraser contre les rochers. Il ne ferait pas bon être drossé contre ces rochers !
Camarinas
Nous rentrons dans la ria dont on ne devine pas le fond. Nous avançons de découvrons un port à tribord où nous n’irons pas et un autre au fond ; c’est camarinas. Une grande jetée, et derrière un petit port avec beaucoup de place pour ceux qui préfèrent le mouillage et de nombreuses places sur catway. J’avise une extrémité de ponton. Mimi prépare l’amarre. Un homme vient la prendre et la tirer. Puis il nous conseille de nous mettre à un catway. Ce que je fais et là il nous aide encore pour amarrer. Finalement c’est le responsable de Darsena. J’en profite pour faire les papiers et paye 20 euros par nuit. Le club nautique est juste en face !
Mais je suis trop fatigué et je vais dormir ; Mimi aussi enfin ! Il est 10h.

Le 21.08.07
Après un peu de repos nous allons nous promener en ville, au village plutôt. Un village, mais bien équipé avec des boutiques de toutes sortes. Des brodeuses travaillent et exposent leurs travaux. C’est superbe ! On voit leurs mains travailler à toute vitesse pendant qu’elles parlent entre elles ! Quelle dextérité ! Le soir nous jetons notre dévolu sur un bar-restaurant pour quelques tapas. Et puis de nouveau récupération au lit !

Le 22.08.07
Je regarde la carte et le calendrier. Il faut que l’on avance. Aussi allons nous sauter de belles rias galiciennes pour rejoindre le Portugal. C’est ce que nous décidons après discussion. La destination sera Leixoes près de Porto. Environ 30 heures de navigation si les vents sont au rendez-vous. Alors nous partirons demain matin. Aujourd’hui ce sera relâche, farnienté, écriture et Internet. En plus il y a le wifi au club Internet à 50 mètres du bateau ! Super !
Il est question que Zahra, l ‘une des filles de mimi vienne nous rejoindre une semaine dans quelques jours. Ce serait bien agréable de se revoir et de partager un peu de bon temps.

Position actuelle à la Club nautico de Camarinas: 43.07.595N 09.10.949W

Le 23.08.07
Nous avons décidé de partir ce matin. Une fois prêts, nous faisons le plein de gasoil.
Ramon, le responsable de la marina nous aide à nous installer au ponton, puis nous sert. Il vient même relayer Mimi à la pompe car le plein prend du temps pour cause de refoulement.
Pendant ce temps nous discutons. Un copain de Ramon vient discuter. C’est un ancien mécanicien de marine. Il raconte ses voyages entre l’Europe et l’Amérique du sud ou le sud des USA, pour transporter du pétrole, du gaz, du jus d’orange, de la viande. Il parle des pays qu’il a adorés, comme le Brésil, le Mexique… Les femmes aux escales, la musique ; il était heureux et il l’est encore en racontant ! Il est célibataire, sans enfants au pays, peut-être ailleurs autour du monde… Il a 56 ans et est retraité et heureux ! Il parle et communique sa joie de vivre.
Nous terminons au bar de la marina avant la séparation et le départ de cette marina si calme où les gens sont si aimables !
11h, nous larguons les amarres, sous un ciel nuageux. Nous longeons les côtes espagnoles vers le sud. Les rias se succèdent. Nous aurions pu nous arrêter dans chacune si nous n’avions pas voulu descendre pour profiter du temps clément et des alizés du Portugal…
La côte est rocheuse et très découpée. Les collines tombent dans la mer, et à quelques miles des côtes la profondeur est supérieure à 100 mètres. Le vent est de 12 nœuds en début d’après-midi puis forcit entre 20 et 25 nœuds. Il est de nord est, si bien qu’il est juste arrière. Nous avançons avec cette allure rouleuse. J’ai mis une retenue de bôme pour ne pas empanner dangereusement. Le bateau avance entre 5,5 et 6,5 nœuds sous grand voile avec un ris et même plus de génois car il n’arrivait pas à se gonfler et se mettait souvent à contre. J’ai hésité à mettre le tangon, mais y ai renoncé car nous avançons déjà assez vite en roulant. Mimi résiste avec un patch. Le vent est frais et il fait froid malgré un soleil capricieux.
Une nuit de quarts commence dans le froid. Mimi apprend à différencier les lumières de la côte de celle des bateaux qui avancent ou ne bougent pas parfois pendant la pêche. Lors de son quart elle me réveille si elle hésite dans la tactique à choisir face à un bateau proche qui manœuvre. Elle n’a plus peur comme au début ; elle s’habitue ; elle progresse. C’est super, car ça me permet de dormir en sécurité. Enfin d’essayer, car parfois le bateau roule tellement que c’est du sport de rester à plat sur la banquette ! Et il y a les bruits de choses qui roulent dans des équipets, de l’écoulement de l’eau contre la coque, de lames qui frappent la coque avec un bruit de choc sourd. Mais la fatigue fait dormir un peu…
En milieu de nuit nous sommes le long du Portugal. Nous avons avancé plus vite que prévu, d’autant plus qu’un courant nous pousse à 0,7 à 1 nœud vers le sud ! C’est toujours ça de gagné. Mais qu’il fait froid ! vivement les mers du sud et les alizés chauds !
En fin de nuit, je me réveille car il n’y a plus de bruit d’écoulement d’eau ; il n’y a plus de vent et nous sommes à 0,5 nœud, la vitesse du courant. Je laisse un moment ainsi, le temps que Mimi s’endorme, puis je mets le moteur. Le jour finit par se lever, toujours avec le froid, qui demeure malgré le soleil portugais.
La côte est sablonneuse, avec de nombreuses villes et villages tout le long. Leixoes et Porto sont en vue. Rentrer les voiles, mettre pare battage et préparer amarres, la routine quoi…
Le port est grand. J’ai le guide de navigation et le plan du port. Je ne vois pourtant que des quais commerciaux, de gros navires marchands… J’avance, Un porte container fait meugler sa sirène car il n’apprécie pas que je coupe sa trajectoire alors que j’ai largement le temps de passer sans le gêner. Je distingue enfin l’entrée de la marina et aussitôt le ponton visiteur. Des hommes de services font signe de s’y arrêter et nous aident pour amarrer. Je vais avec eux faire les démarches administratives pour la marina et pour la douane. Ils sont très aimables et serviables. Mais je me sens perdu, je ne comprends rien au Portugais, alors que je comprends l’écrit. Mais la prononciation chantante est si loin de l’espagnol et de ce qui est écrit….
Après nous allons dormir un peu en ce début d’après-midi.

Le 10.09.07
Petit-déjeuner royal dans le cockpit, avec un gâteau confectionné par Mimi ! Il fait beau, déjà un peu chaud, c’est l’Andalousie !
Je regarde les documents pour remonter le Guadalquivir. Ils ne sont pas encourageants car ils parlent de tout ce que charrie le fleuve, arbres, plastiques, détritus divers. Et puis les ponts juste à l’entrée de Séville, avant les marinas, ne s’ouvrent que quatre jours par semaine à heure fixe…. Alors j’hésite à remonter le fleuve avec un moteur qui pourrait s’arrêter à n’importe quel moment…
Demain nous irons à Séville en car, pour visiter. Et aujourd’hui nous allons voir Chipiona qui semble une ville assez grande. C’est une ville balnéaire qui offre des visages très contrastés. La marina est au bout de la plage et de la ville, avec des installations très grandes surdimensionnées pour l’instant, avec des restaurants presque vides. Puis en allant vers le centre ville on traverse des zones en cours de construction, des quartiers de maisons individuelles à toits terrasses, avec des azulejos très présents, avec beaucoup de pots de fleurs et des jasmins odorants et des bougainvillées aux couleurs éclatantes. Les rues sont vides ou presque, jusqu’au centre ville où il y a la rue centrale très commerçante et animée. La place de l’église est magnifique avec des palmiers centenaires. Et des fleurs partout. Il fait bon à l’ombre.
Nous passons l’après-midi et la soirée à nous promener. Mimi cherche quelques souvenirs pour ses enfants et petits-enfants. Nous prenons quelques tapas à une terrasse de café et ça fait du bien de se reposer les jambes. Nous regardons les Espagnols se promener. Beaucoup sont obèses, alors que j’ai des souvenirs des mêmes Espagnols dans les années soixante, tous maigres et beaucoup de femmes en noir. Maintenant elles rivalisent d’élégance pour le paséo, mais elles sont souvent très enrobées.

Le 11.09.07
Ce matin nous prenons le car pour Séville. Chipiona a une gare des cars où nous prenons deux billets pour 15€. Le car s’arrête souvent et met plus de deux heures pour arriver à Séville. Ça permet de voir l’Andalousie du sud-ouest. Les petites villes sont très actives, avec une dominante agricole. Nous voyons de nombreuses caves de vin locaux et de manzanilla. Des tracteurs tirent des remorques pleines de raisins blancs qui vont au pressoir. Ce sont déjà les vendanges. Puis le car traverse une zone de collines blanches, calcaires couvertes de vignes. Plus loin ce sont les champs de blés déjà moissonnés, de tournesols moissonnés également et d’immenses champs de plantes basses et fleuries que je prends au début pour des rosiers et qui sont en fait des cotonniers ! Les haciendas ont des champs immenses, avec des entrées marquées par un portail somptueux. Par endroits on voit des habitations très rustiques, des cabanes presque pour les ouvriers agricoles…. Il y a les riches et les pauvres et la différence est clairement affichée.
Nous arrivons à Séville, à la gare des cars. Un office du tourisme non loin nous procure un plan de la ville. Nous ne sommes pas loin de la cathédrale. De larges avenues piétonnes avec juste les rails du tramway ; c’est magnifique. Nous voyons la cathédrale qui est magnifique et imposante. Il manque juste un peu de recul pour la voir tout entière. Elle est un patchwork de styles, gothique, mudéjar, baroque, du 19 ème siècle…. C’est émouvant de voir tant d’influences qui ont fait vivre les andalous dans les siècles passés et qui sont encore tant présentes. Les jardins andalous des alhambras sont somptueux avec tant de fontaines, de recoins ombragés, de bassins. C’est un sommet de l’art mondial. Je reste longtemps devant un bassin, bordé de thuyas, avec une fontaine et un banc avec azulejos. C’est aussi pur qu’un jardin d’un temple Zen, aussi beau. Deux savoir faire pour arriver à une égale beauté, avec une égale simplicité. Qui dira la beauté de ces jardins, plus secrets que les jardins à la française, plus frais que les jardins à l’italienne. Ils sont à la fois exubérants et maîtrisés, avec de nombreux recoins où se reposer, méditer, courtiser…
Nous passons l’après-midi dans ces jardins et ces pavillons. Aux azulejos superbes et portant la trace des siècles. Nous nous reposons les jambes à la terrasse d’un café avec boissons et pâtisseries. En commandant nous nous contredisons l’un l’autre et nous finissons par nous énerver bêtement, nous disputer et rentrer en silence en bus. En plus je me trompe de bus car la personne qui m’a renseigné ne m’a pas dit qu’il y avait plusieurs gares des cars à Séville et elle m’a indiqué un bus qui mène à une autre gare que celle où se trouvent les bus pour Chipiona. Mimi remarque que ce n’est pas la bonne direction. Je fais confiance aux renseignements donnés et à la mauvaise gare de cars nous devons reprendre un autre bus pour l’autre gare. Nous arrivons à temps pour le dernier car pour Chipiona. Le conducteur est pressé et il roule tout le temps à 100 kms /h malgré la pluie qui s’abat de plus en plus dense.
Mais nous arrivons entiers et heureusement la pluie s’est arrêtée et nous rentrons au bateau avant que l’orage et le déluge reprennent une partie de la nuit.

Le 12.09.07
Matinée d’écriture et de tri de photos. Matinée d’explications avec Mimi sur la brouille de la veille. Alors pour le repas elle fait un somptueux poulet avec une recette que vous trouverez sur le site. Il est vraiment délicieux. La ratatouille qui l’accompagne est aussi digne d’éloges !
Cette après-midi nous retournons dans Chipiona. Sur la plage des gens profitent des vacances, à l’ombre d’un parasol, d’autres jouent, quelques-uns se baignent. En ville les gens se promènent. Nous finissons la soirée avec des tapas de poulpe et de jambon avec un verre de vin. Le ciel chargé laisse prévoir un nouvel orage. Nous rentrons avant qu’il n’éclate.
Le 13.09.07
Nous avons décidé de passer deux jours à Séville avant le départ de Mimi. J’ai retenu une chambre d’hôtel. Mimi fait sa valise avec application mais sans joie.
Nous prenons le car pour Séville et de la gare des cars nous prenons un taxi pour l’hôtel, tellement le sac de Mimi est lourd ! Nous laissons nos affaires dans la chambre et nous allons nous promener. Sous un ciel un peu menaçant nous allons directement vers la place d’Espagne. Nous traversons les jardins du Prado de San Sebastian : un lieu aéré et ombragé planté de vieux arbres majestueux. Les cocotiers sont très hauts. Il y fait frais et la promenade est agréable. De là on débouche sur la place d’Espagne construite pour l’exposition Ibéro Américaine de 1929. Il y a un grand édifice en briques et en azulejos en demi-cercle de 200 mètres de diamètre. L’ensemble est majestueux, romantique et vraiment beau. Tout au long de la façade les provinces d’Espagne sont représentées par des fresques de céramique. C’est beau et très nationaliste, illustrant la reconquête sur les maures dans de nombreuses provinces. L’ensemble vaut vraiment le coup d’être vu. J’étais venu me promener ici 40 ans au par avant et je m’en souvenais encore comme une beauté de Séville. En face les jardins de Marià Luisa sont très beaux avec leurs arbres centenaires très bien entretenus. Il y fait frais !
Puis nous retournons vers la cathédrale. Nous sommes à l’heure pour entrer la visiter. Par ses dimensions elle est impressionnante. Mais tout une partie de la nef est encombrée par les grandes orgues et les stalles des dignitaires religieux, coupant ainsi la perspective. Puis le chœur est enclos de lourdes grilles pour protéger l’autel et le très lourd retable doré constitué de 120 panneaux, tous plus ouvragés les uns que les autres. Que d’or partout ! Que d’or volé aux Indiens et offert à Dieu pour se faire pardonner et s’acheter les portes du ciel ! Les voûtes du chœur sont incroyablement ouvragées… Tout autour il y a de nombreux autels tous protégés par de lourdes grilles et tous croulant sous les surcharges décoratives et l’or ! Trop c’est trop, mais quel travail pour terminer ce monument ! Que d’hommes ont dus travailler et combien y sont morts ? Les constructions vont du 12ème siècle au 19ème. Des Arabes aux Espagnols modernes ! C’est encore le centre de la ville pour la semaine sainte qui mobilise toute la ville dans une ferveur incroyable que j’ai ressentie il y a 40 ans avec étonnement et une impression de tragique vécu dans le quotidien et la foi !
Je suis heureux de revoir Séville que j’avais visité dans ma jeunesse. Bien sûr des choses ont changé, le tramway, les rues piétonnes, la richesse revenue et mieux partagée. Mais l’essentiel est là, cette grande ville calme et ombragée où il fait bon se promener, vivre et travailler, avec cet art de vivre du sud, souvent dans la rue, le soir, la nuit, dans les très nombreux bistrots à tapas. Dans les quartiers à touristes il faut faire attention, les prix sont élevés et la qualité des repas très médiocre. Mimi en fait l’expérience avec une paella au riz mal cuit et aux coquillages et gambas plus que rares ! Mimi est très impressionnée par les ressemblances avec certaines rues d’Alger. Des ambiances colorées, des parfums de jasmins, des ruelles étroites la replongent dans son enfance, dans ce qui lui est cher. Alors elle est heureuse et elle le dit.
Quelques poses dans des cafés nous font des étapes réparatrices. Tard nous rentrons à l’hôtel, les jambes fatiguées et les yeux remplis de merveilles. Je pense que Séville est après Paris la ville d’Europe que je trouve la plus jolie, de celles que je connais, et dans laquelle il fait le plus bon vivre.

Le 14.09.07
Réveillés pas trop tard après notre dernière nuit ensemble pour deux mois, nous allons prendre le petit-déjeuner dehors. Nous passons la journée en balade, dans le quartier de la cathédrale, puis dans les ruelles étroites du quartier Santa Cruz, le vieux quartier juif. Les ruelles sont des trésors d’architecture variée, aux couleurs vives. Elles sont vivantes et fraîches. Il y a de multiples boutiques de souvenirs, des bars. Quel bonheur de se promener là ! Puis nous allons dans le quartier du centre, aux rues plus larges mais piétonnes pour la plupart. Des toiles sont tendues entre les immeubles pour faire de l’ombre. Presque la casbah des villes arabes. L’influence est toujours vive, malgré le catholicisme très présent dans les noms de rue, dans les fresques, les azulejos, les patios, l’architecture aux arcs en fer à cheval.
Dans ce quartier les magasins sont variés en rapport avec la vie quotidienne, assez semblables aux magasins français, souvent en plus petits.
Nous allons vers le fleuve et nous longeons le Guadalquivir. Certaines rives sont bien aménagées, d’autres non, il reste du travail pour la reconquête des berges. Le fleuve est large et tranquille aujourd’hui, avec des bateaux-mouches. Quelques cafés le long de certains quais, des pêcheurs à la ligne les uns à côté des autres.
Nous revenons dans le centre puis vers l’hôtel, fourbus et heureux de trouver une table d’un restaurant dans la rue. Une sangria fraîche commence bien. Le reste est touristique hélas et cher…
Retour à l’hôtel pour prendre les affaires de Mimi. Nous prenons un taxi pour l’aéroport. IL est minuit. L’aéroport est calme. Nous nous installons pour attendre l’heure de convocation, 6h. 0 une heure, alors que nous dormons sur un banc, un vigile vient nous réveiller et nous dire que l’aéroport ferme et qu’il faut sortir ! Nous n’avions pas prévu ! Dehors il y a des bancs aussi et il fait doux. Nous nous installons pour un bout de nuit à la belle étoile (les étoiles sont là et les cigales aussi !). Il y a des pelouses impeccables et des orangers chargés d’oranges encore vertes. A 5H nous rentrons avec les premiers voyageurs. Petit-déjeuner nostalgique et un peu triste avant la séparation. Un peu d’attente puis l’enregistrement. Encore un peu de temps pour nous pour échanger un peu de tendresse et puis le haut-parleur appelle les passagers pour Paris. C’est le moment d’y aller. Mimi doit rentrer et assurer parution et promotion de son livre. Elle y va non sans se retourner. Je la regarde jusqu’au bout. Pendant qu’elle prend l’avion, je prends un taxi jusqu’à Séville puis un car jusqu’à Chipiona. Nous arrivons ensemble, elle à Paris et moi au bateau, vers 10h. C’est l’heure pour chacun de dormir un peu pour récupérer, C’est le début d’une nouvelle étape pour chacun, elle vers son livre et c’est très important, moi vers le sud avec Jean-Michel qui arrive le 19.
Je dors un peu, puis je me mets à écrire. Dans l’après-midi je vais en ville et demande s’il y a un cyber café. Oui, près du phare ! J’y vais ; il n’y a pas de wifi, mais des postes et ce sera ouvert demain. J’irai pour alimenter le site des dernières nouvelles.
J’en profite pour faire des courses et j’achète du jambon de pays qui est si bon, pas du tout salé. J’achète des fruits et du vin blanc et une bouteille de manzanilla, la spécialité de la ville d’à côté Sanlucar. L’épicier me dit que là-bas je pourrais en acheter au litre dans les caves. Le car y passe pour aller à Séville ce serait une bonne occasion au retour ! Mais attention il fait 15 degré !

Le 16.09.07

Position actuelle: 36.44.773N 06.25.748W Chipiona

Cette après-midi je vais au cyber de Chipiona. Il n’y en a qu’un d’après les renseignements.
Je demande à travailler avec mon Mac, mais ce n’est pas possible car le patron craint que ça dérègle son réseau et qu’il ait tout le réseau à configurer. Je lui repose la question du wifi et il me répond qu’il ne l’a pas, qu’il l’avait, mais qu’on lui a coupé…
Bref me voici devant un vieux PC avec un clavier espagnol, très différent du clavier français !
Je relève mes mails et tente d’y répondre, mais c’est trop long avec un tel clavier, je fais beaucoup de fautes de frappe… Je vais sur le site de diamrek.fr pour l’alimenter. Je ne peux mettre de clef USB dans ce PC. Le patron me fait changer de PC. Je mets la clef, je cherche les textes et surprise, son appareil lit mes textes d’une façon peu compatible avec une lecture aisée. Certaines lettres sont en majuscule, des chiffres apparaissent là où il ne faudrait pas… Impossible de publier un tel texte. Je reprends ma clef USB et sors mon Mac. Oh surprise, il se connecte automatiquement sur un wifi ! Je reçois donc mes mails et peux aller sur le site et l’alimenter en cachette du patron car c’est sûrement son réseau. Par contre je ne peux mettre les photos car ça prend trop de temps. Je fais le pirate des ondes un moment seulement et je retourne au bateau à moitié satisfait…
En soirée, je ressens davantage l’absence de Mimi : elle me manque. Je mange seul et me couche seul, c’est moins gai ! Je prends un livre apporté par Mimi : Ségolène Royal, ombre et lumière. Le livre est écrit par une de ses anciennes collaboratrices qui lui en veut pour diverses raisons. Aussi le livre n’est pas très équilibré, c’est un règlement de compte, même si des traits de caractère de Ségolène sont réels. Décrite ainsi, on comprend sa défaite et l’on ne la regrette pas. Comment la France a pu se trouver en situation de devoir choisir entre deux personnes qui paraissent uniquement préoccupées de pouvoir et de spectaculaire ?
Depuis que je suis parti de France, je regarde parfois les nouvelles sur le net ou dans des journaux français. Avec ce recul j’ai l’impression que notre nouveau président qui occupe tous les jours la une des périodiques n’a pas changé la France comme il le laissait entendre à qui voulait le croire. Ses actions paraissent plus relatives, plus anecdotiques. Mais un pays est-il réformable contre la volonté de la plupart des gens ?
L’Espagne est peut-être le pays d’Europe qui a le plus changé en 40 ans. D’une dictature fasciste et catholique, elle est devenue une démocratie décentralisée qui a changé de nombreuses questions sociétales bloquées si longtemps. Ces questions sociétales sont réformées de façon plus radicales qu’en France. Pour autant l’Eglise reste puissante et le balancier pourrait revenir un jour ou l’autre vers un ordre social conservateur. C’est un danger.
Sophie m’appelle et me donne des nouvelles d’elle et de Maxime. Leur entreprise de vente de fringues et d’accessoires gothiques sur Internet, sort des limbes et sera bientôt opérationnelle ! Bonne nouvelle. Pourvu que ça marche ! Sophie me donne des nouvelles de Loustic. Lors de son retour à la maison, Maxime ne lui a pas donné tout de suite la pilule… Et mademoiselle est allée traîner… Elle a dû rencontrer un beau matou car elle a un ventre qui grossit en forme de ballon, le reste du corps restant svelte ! Sophie entend laisser vivre la portée et donner les petits ! Placer des chatons ce n’est pas facile….

Le 17.09.07
Journée de bricolage à bord. J’affale la grand voile pour regarder ce qui pose problème au niveau de la plus haute latte. En fait elle est cassée et trois morceaux et cela a occasionné une déchirure de son enveloppe sur la voile. J’enlève les morceaux et je cherche une chute de voile que je découpe à la dimension et que je couds. Je couds d’une manière peu traditionnelle, sans paumelle, mais avec une pince pour pousser et tirer l’aiguille… Mais ça fonctionne et c’est le principal. Pour la latte, je cherche dans mes réserves et évidemment je n’ai pas la bonne longueur. Je vais chez le chip de la marina. IL me dit qu’il n’en a pas, mais qu’il va chercher et que je repasse demain matin ; il saura alors s’il peut en avoir une et quand.
Je passe le restant de la journée à faire du nettoyage informatique. En particulier, je passe du temps à copier de la musique sur l’ordinateur de bord. Je veux pouvoir écouter cette musique sur la chaîne avec l’ordinateur qui fonctionne lors des navigations et non sur l’autre qui ajouterait une consommation électrique non négligeable d’environ 4 ampères heure.
Je peine à trouver comment enregistrer la musique que j’ai sur CD et sur mon Mac. Il y a des incompatibilités qui me mettent en rage ! L’informatique n’est pas au service des clients, mais d’abord au service des intérêts des entreprises fabriquant les matériels et les logiciels !

Le 18.09.07
Le chip peut avoir une latte sous 24 à 36 heures. OK, je la commande.
Je passe la journée en rangements. Je fais la lessive, y compris des habits de Mimi qui est partie sans avoir le temps de s’en occuper. Comme ça je pense à elle en lavant culottes et soutien gorges… Je prépare des lignes montées différemment pour pêcher pendant les prochaines navigations. Je mets des hameçons plus gros et des bas de ligne en fil d’acier pour parer aux dents de certains poissons. J’espère que j’ai trouvé les bonnes solutions. En la matière il n’y a que le résultat des expériences qui compte… Nous verrons bien. Je fais quelques courses et ne trouve que du pain sans consistance. Au moins en Espagne il y a quelques boulangeries et le pain se vend aussi en super marché. Il est souvent semblable au pain italien, à la croûte légère et blanche et à la mie inconsistante. Au Portugal le pain était difficile à trouver ; souvent il se vendait dans les salons de thé. Il y avait du pain au maïs et des pains divers au froment ou aux céréales. Il était souvent bon. Ici à Chipiona je n’arrive pas à trouver du bon pain.
La solitude me laisse du temps pour envoyer des mails. Je reçois des réponses à bord. C’est super de pouvoir joindre ceux qu’on aime par la BLU !

Le 19.09.07
Je me lève tôt pour aller à Séville accueillir Jean-Michel à l’aéroport. Le jour n’est pas levé. Je vais à la gare des cars. Dans les rues l’odeur de jasmin domine. Je m’installe dans le car de 8h. Bientôt une Espagnole d’une cinquantaine d’année s’installe à côté de moi et des amis à elle derrière. Pendant tout le trajet ils parleront ensemble. Ma voisine parlait en regardant droit devant elle, avec une voix assez forte pour que ses amis entendent et tous les voisins aussi. A un moment elle reçoit un appel téléphonique et l’intensité de sa vois permettait à tout le monde d’entendre tout ce qu’elle pouvait dire.
Arrivé à Séville, je prends un autre car pour l’aéroport et j’y arrive en une demi-heure. Tout le trajet en car coûte moins de 10 euros contre 140 en taxi ! Mais ça dure plus longtemps, environ trois heures pour une centaine de kilomètres.
J’ai le temps d’acheter le Monde et de le lire. La France n’a pas tellement changé ; Sarkozy s’agite toujours, les socialistes se déchirent toujours aussi….
Jean-Michel arrive, tout sourire, avec plein de bagages. Mais à deux c’est portable. Nous reprenons les cars pour le retour. Nous pouvons voir une fois encore la campagne andalouse et son agriculture moderne.
Sur le bateau, Jean-Michel prend ses marques et s’installe dans une cabine arrière. 9a fait plaisir de se retrouver, de discuter ensemble. Nous parlons des prochaines étapes. Mais il se fait tard et nous sommes fatigués, alors bonne nuit et à demain !

Le 20.09.07
J’avais commandé une latte pour remplacer celle de la grand voile qui était cassée. Je passe chez le chip, mais elle n’est pas arrivée. Ce soir, dit-il. Bon, alors la journée est consacrée à faire des courses pour le prochain départ, à des rangements, à retendre l’étais d’enrouleur de génois avec le ridoir.
Le soir la latte est arrivée, mais elle est moins large que la précédente. Alors nous décidons de partir ce soir même pour Gibraltar où selon les guides on peut tout trouver en accastillage.
Dernières vérifications, niveau de liquide dans le vérin du pilote et à 21h c’est le départ. Peu de vent, mais la météo prévoit le vent dans la bonne direction à environ 10 nœuds. Pour l’instant il est moins fort et Jean-Michel règle les voiles et prend la barre pour tirer le meilleur partit de ce vent faible qui en plus varie souvent de direction. Nous passons du près, au largue, puis au vent arrière et subitement à nouveau au largue. Le ciel est nuageux. Avec le début de nuit, le vent forcit et nous avançons plus vite. Mais le vent est toujours aussi instable, alors Jean-Michel reste à la barre et je vais me coucher.

Le 21.09.07
Soudain j’entends un bruit important et Jean-Michel qui peste. Je remonte en vitesse. Jean-Michel a voulu changer de bord et a oublié qu’il y avait la trinquette, si bien que le génois n’a pas pu passer et qu’il est à contre et qu’en battant, une écoute a filé, qu’elle bat à l’avant. Je vais à l’avant en me tenant bien aux haubans.Les deux écoutes battent, emmêlées. Je mets un bon moment à les démêler, non sans recevoir quelques gifles cinglantes de ces écoutes qui battent. On rentre le génois pour mettre la trinquette puisque le vent est à 20 à 25 nœuds.
Jean-Michel reste à la barre. Moi j’ai subitement le mal de mer et je rends par-dessus bord. Puis ça passe et je vais me coucher. L’orage lance ses éclairs au loin. Puis il pleut. L’orage se rapproche et les éclairs entourent le bateau. En mer ce n’est jamais rassurant et il y a toujours un risque pour les instruments de bord. Jean-Michel fait toute la nuit. Je le relève à 8h. Le vent a baissé et est toujours très instable. Je mets le pilote et règle les voiles souvent. Je mets la ligne de traîne, sans succès rapide. L’après-midi c’est Jean-Michel qui attrape une grosse bonite. Je suis à nouveau malade un moment et rends la pomme que j’avais avalée. Et puis ça va bien. En fin d’après-midi nous sommes devant le cap Trafalgar, jadis témoin d’une bataille qui a changé le destin de l’Europe. Le courant est fort vers la Méditerranée, plus d’un nœud.
Nous longeons les côtes espagnoles et en face nous voyons les côtes marocaines. De part et d’autre les reliefs sont escarpés et l’on voit par endroits un village tout blanc aux toits en terrasses… Communauté de cultures !
Le vent faiblissant nous mettons le moteur en face de Tarifa. C’est l’endroit le plus étroit entre les deux continents. De chaque côté, des promontoires rocheux. Plus loin on aperçoit la baie d’Algésiras et de Gibraltar. Nous approchons et espérons que nous trouverons une place dans Marina Bay, la plus proche du rocher.
J’enlève le drapeau de courtoisie espagnol et mets l’union jack.
Le 21.09.07
La baie d’Algésiras étincelle de mille lumières. De gros cargos sont à l’ancre partout et cachent l’approche de Gibraltar. C’est le slalom entre les cargos. Nous voyons Gibraltar et ce que nous pensons être la piste d’atterrissage avec ses lumières. En fait des cargos nous cachent le port. En approchant, nous finissons par trouver le port puis la marina. Merci les guides ! La marina ne répond pas à la VHF. Nous allons vers le quai d’accueil. Il y a de la place. Nous amarrons à 21h. Nous allons au bureau de la marina et nous faisons les formalités, avec un préposé très aimable. Il nous dit que nous pouvons rester là où nous sommes pour la nuit et que nous verrons demain.
Nous voilà au pied du rocher illuminé pour la nuit. Un petit tour nous laisse voir une majorité de bateaux de voyage. Je fais à dîner et au lit pour récupérer. Mais avant Myriam m’appelle pour savoir si nous sommes bien arrivés. Je suis heureux d’entendre sa voix !