Océan Atlantique Archipel de Madère

Posted on octobre 29th, 2007 by Christian

Ce matin c’est le départ pour Madère. Notre routeur nous disant que nous allons trouver de bonnes conditions, c’est décidé, nous partons.
Je quitte Tanger avec un sentiment de n’avoir fait qu’effleurer les charmes de cette ville et du Maroc que je connaissais déjà un peu il y a bien des années. Mais le port est si sale et sent si mauvais, que nous sommes contents de mettre les voiles.
11h30 dans le port et en mer flottent beaucoup de détritus autour de notre bateau. Manifestement les habitudes écologiques progressent lentement ici. La côte est rocheuse avec des villes blanches, mais de ce côté-ci du détroit il n’il a pas d’éoliennes sur les montagnes…
Il y a peu de vent, aussi Jean-Michel propose de mettre le spi asymétrique que nous n’avons encore jamais essayé. OK On le sort de la baille à voiles, ainsi que les écoutes. On frappe une poulie sur le davier et derrière le génois nous établissons le spi. Une fois rentré le génois, il faut découvrir le réglage-optimum et là c’ests vraiment super ! Sur une mer d’huile, avec un petit vent de 7 nœuds, nous avançons à 5 nœuds. La voile gonflée est jaune, bleu et blanc. Regarder le spi gonflé c’est beau !
Diam Rek sous spi
Lorsque le vent monte vers 10 nœuds nous avançons à 6 nœuds, parfois 6,6 nœuds. Sur cette mer calme, la voile donne une stabilité au bateau qui est très confortable. Le bateau ne bouge pas et glisse sans bruit sur l’eau. La journée se passe ainsi. La pêche nous donne deux maquereaux pour midi et deux bonites pour le soir. La mer est généreuse !
Par précaution nous enlevons le spi pour la nuit et établissons le génois, des fois que le vent monte pendant la nuit.
Pendant les quarts, je regarde les étoiles si présentes. Il n’y a que la mer, le ciel et nus sur le bateau. Je respire et mes poumons se gonflent de l’infini de la mer et du ciel. L’infini rentre dans tout le corps. Certains pensent que l’âme est infinie. Pour ma part je ne crois pas à l’âme, mais je sens le corps infini. Il participe de l’infini tout le temps par les échanges continuels et même lorsqu’il cesse de vivre, il retourne à l’infini de la matière qui se réorganise. Voilà les rêveries d’un navigateur de quart… Je pense à Brahim que le temps n’a pas permis que l’on revoie. Je suis heureux de l’avoir rencontré à Tanger. Des gens pensent que c’est courageux de naviguer. Mais c’est vivre une maladie chronique au jour le jour qui est courageux et encore plus de s’occuper d’une association de malade ! Je ne suis pas près de l’oublier Brahim, même si le vent nous pousse plus loin.

Le 06.10.07 Le Spi
Les jours se suivent et se répètent, aussi calmes. Peu de vent mais une avance confortable avec le spi.
La journée nous croisons quelques bateaux de commerce qui vont vers le détroit. Il faut être vigilant car ils sont plus rapides que nous, mais peu manoeuvrants. C’est à nous de les éviter !
Deux autres bonites viennent au menu. Le soleil tape et nous installons un taud pour nous en protéger.
En fin d’après-midi, soudain le spi descend en douceur et tombe à la mer !!! L’attache s’est rompue et la drisse est en haut de mât. Nous nous précipitons pour récupérer la voile. Elle flotte sur le côté du bateau. Nous arrivons à la hisser à bord sans la déchirer. Il manque la chaussette, pièce qui permet de rentrer la voile en la dégonflant. Mais si elle est sous l’eau attachée par l’écoute qui sert à la manœuvrer. Tout est à bord. Au premier regard c’est la sangle qui permet d’étarquer la voile qui s’est décousue. Il suffira de recoudre et de renforcer.
Nous continuons sous génois.
Le soir le vent fraîchit et vire nord-ouest, comme nous l’avait indiqué Daniel, notre routeur. Nous pouvons alors prendre un cap plus à l’ouest direct sur Porto Santo.
coucher de soleil
Le vent nous mène à 7 nœuds parfois 7,5 nœuds dans une allure moins confortable qu’avec le spi. La houle se creuse et les lames trois quarts arrière déportent le bateau. Le pilote rétablit et le bateau roule un peu et secoue à cette vitesse.

Le 07.10.07 Malades
La nuit est difficile. Je suis malade, puis Jean-Michel aussi. Dans ces conditions les quarts sont durs, longs. Nous luttons contre le sommeil, contre le mal de mer. Ce que nous mangeons, ressort vite. Alors la nuit est longue. Il faut éviter quelques bateaux de pèche.
Je suis de quart lors du lever de soleil. Il commence un peu avant 8h et se termine à 9h. Je regarde ça comme un film. Les premières teintes brun orangé sur le noir du ciel. Puis du brun rouge. Lentement ça vire au rouge orangé puis des zones jaunes. C’est alors que les nuages ont leur rôle. Soit ils répartissent bien les teintes, soit ils les masquent et le résultat n’est pas bien beau. Et puis la mer à son tour prend les couleurs, c’est magnifique.
Lever de soleil
La journée se passe entre la couchette et le cockpit, à tenter de récupérer. Un jour après le départ de Tanger, j’avais un début de mal à la gorge. Maintenant c’est en plus le mal de mer. Il est sournois, il va et vient, s’endort, revient brusquement… Dans la cabine, je suis étendu sur la couchette. Les mouvements de la mer me tirent d’un côté puis de l’autre. Ce qu’il y a dans le ventre se déplace ? C’est comme un massage dans le ventre. Mais lorsque je me lève, c’est pour rendre aussi tôt.
Dure journée alors que la mer n’est pas mauvaise. La houle a des creux de 2,5m. et le bateau avance toujours à plus de 7 nœuds.
La houle se creuse
Avant la nuit comme le vent est monté à plus de 20 nœuds, nous jouons la prudence et affalons l’artimon. Le bateau avance toujours aussi vite. Nous prenons un ris dans la grand voile. Il faut opérer en pied de mât, avec quelques paquets de mer qui mouillent les habits.
Nous avançons toujours aussi vite. Il faut prendre un deuxième ris et ça se fait sans problème, sans même l’appui du moteur, mais un en pied de mât et l’autre aux commandes.
Le bateau est toujours à plus de 7 nœuds et le vent entre 20 et 25 nœuds. Diam Rek est un bateau qui n’aime pas être trop surtoilé. Il supporte bien ça, mais gîte plus, se freine dans la vague et n’avance pas plus bien qu’ayant plus de voiles….

Le 08.10.07 Ça avance vite, mais c’esst dur…
Nouvelle journée de vent stable d-en direction et en force. Nous avons des nouvelles par mail des familles et de la météo, même si ça ne passe pas facilement à toutes les heures…
Nous avançons vite en étant un peu comme des zombies en survie. C’est dur pour faire n’importe quoi. Et pourtant en regardant la mer, le spectacle est superbe. La houle est belle à regarder, sinon à subir. Le ciel est parfois couvert.
Depuis hier nous ne mangeons presque plus rien, ou à peine quelque chose qui ressort…
Jean-Michel est prudent et met son gilet de sauvetage lorsqu’il est dans le cockpit et s’attache lorsqu’il bouge ou lorsqu’il fait nuit. J’ai du mal à faire de même. J’ai sûrement trop confiance en moi. Je mets le gilet. Je n’aime pas cette gêne, mais j’essaie.
La journée se traîne alors que le bateau avance vite ! Mais la mer nous broie. J’ai l’impression d’être dans une machine à laver en marche. Le corps essaie de compenser tous ces mouvements. Il est fatigué, fatigué.
La nuit arrive et les quarts sont bien difficiles à faire !

Le 09.10.07 On approche!
Le vent est redescendu autour de 20 nœuds Et le bateau vers 6,5 à 7 nœuds. Nous arriverons dans la nuit qui vient. Pas de chance ce sera la nuit dans un port que nous ne connaissons pas et qui a la réputation d’être souvent plein… S’il le faut nous mouillerons la nuit dans la baie avant d’entrer au port le matin….
La journée nous continuons difficilement. À midi je pense faire une salade de tomates qui supportent mal le voyage et des œufs au bacon. J’y pense tout l’après midi et le soir sans arriver à cuisiner….
Le soir arrive et une lueur à l’horizon doit être Porto Santo, la plus petite île habitée de l’archipel de Madère. C’est aussi la plus à l’ouest, c’est pourquoi nous arrivons par là, comme ses découvreurs au 15ème siècle. Christophe Colomb y a vécu quelques années et s’y est marié avant de partir pour les Indes devenues les Amériques pour le plus grand malheur de ses habitants.
Les lueurs deviennent lumières. Porto Santo brille de centaines de lumières au ras de mer et sur la montagne.
Nous nous approchons. C’est super d’arriver droit sur l’île que nous visions sur la carte électronique. Nous agrandissons l’échelle pour voir les détails au plus près.
Nous affalons la grand voile et préparons amarres et pare battages. Le bateau rentre doucement dans le port qui est vaste ? À tribord le port pour ferry et à Bâbord le port de pêche et deux pontons pour voiliers. Un premier repérage nous permet de voir une place en bout de ponton qui irait bien. Un tour pour rien et nous voilà amarrés à ce bout de ponton d’une petite île de l’Atlantique. Malgré la fatigue, nous amarrons bien car le vent est assez fort en descendant de la montagne. Il est 3h30 du matin. Un tour aux sanitaires nous fait longer le quai tout au long du quel des navigateurs ont peint leur carte souvenir. Il y en a de tous pays, garçons et filles. d’Europe, d’Amérique, d’Australie…. Certains marquent leur nom et celui de leur bateau. D’autres font œuvre d’art !
Retour sur la couchette pour dormir sans que le bateau bouge !

Le 10.10.07 Enfin arrivés!
Réveil pas bien tard et petit-déjeuner. Ici il est une heure plus tôt qu’en France, comme dans la mère patrie, le Portugal. J’ai fini lorsque passe la police ? je me présente et nous allons dans le bureau pour remplir les fiches nécessaires. Le policier est courtois et polyglotte ! Puis c’est au tour de la marina. La secrétaire est aussi courtoise, polyglotte et jolie en plus.
Porto Santo
Retour au bateau pour nettoyer les traces de tomates et fruits écrasés qui ont coulé, la vaisselle abondante…. Un peu de bricolage aussi.
Jean-Michel choisit d’aller sur internet en ville. Moi je reste au bateau pour écrire et préparer des photos. J’irai alors en ville demain pour alimenter le site et gérer les affaires de loin.
Le port est presque vide. Il y a peu de monde cette année. Quelques Français avec des enfants.
Il est surplombé par la montagne rousse avec une végétation cramée par le soleil.
Quel plaisir de se retrouver ici, dans une île nouvelle, à découvrir. Un petit coin de Portugal perdu dans l’Atlantique à la latitude de Casablanca ! En plus Mimi m’appelle pour échanger des nouvelles et de la tendresse. Elle avance sur son bouquin : les épreuves corrigées sont remises et le livre est à l’impression pour être le 25 octobre dans les bacs des libraires ! Après il lui reste la promotion du livre et elle prend un avion pour revenir à bord me tenir compagnie ! Ça c’est super !

Le 11.10.07
Après le petit-déjeuner, Jean-Michel est en forme pour plonger sous la coque et regarder si nous avons un bout dans l’hélice et d’autre part pour décoincer la roue à godets du speedo qui refuse de fonctionner depuis Tanger. Il essaie d’entrer dans ma combinaison de plongée et y arrive. Mais il est bien à l’étroit et au chaud ! Il plonge et ne voit qu’une garcette prise autour de l’hélice. Il n’y a plus de bout et il dit qu’avant d’arriver nous n’entendions plus le bruit contre la coque des jours précédents. En tout cas, l’hélice est libre. Il plonge alors vers la proue du bateau et muni d’une brosse nettoie la roue à godet du speedo. Ça tourne et ça devrait nous indiquer la vitesse du bateau sur l’eau. Jean-Michel remonte en soufflant. Un peu de repos et une douche et cette fois c’est à moi de travailler. Je vais monter en haut du mât pour récupérer la drisse de spi qui est en tête de mât depuis la chute du spi, pour retendre le ridoir de l’étai de trinquette.
Les gens du bateau d’à côté nous prêtent un harnais de grimpeur qui permet que je sois assuré par une drisse que tiendra Jean-Michel sur un winch. Je m’équipe et monte les premiers échelons du mât. Jean-Michel raidit la drisse au fur et à mesure. Je monte, passe les barres de flèche, monte encore jusqu’en haut. C’est haut ! 15 mètres au-dessus du pont. Je récupère la drisse de spi et la fais descendre. Il y attache un sceau d’outils qu’il me monte et je me mets à resserrer le ridoir de l’étai de trinquette. Il me faudra une bonne demi-heure pour préparer, serrer et remettre des goupilles et du scotch pour protéger les voiles d’une déchirure.
Grimpant au mât!En haut du mât!Jean-Michel me hissant
Je profite de la situation pour photographier Diam Rek vu de haut. Jean-Michel me photographie depuis le pont, perché en haut du mât ! Voilà pour les souvenirs.
Je redescends. Je n’ai pas ressenti de vertige ; juste un manque d’assurance pour travailler sans les appuis habituels. Après je ressens les muscles du dos fatigués, tendus…. Ils ont travaillé de façon peu ordinaire….
Nous passons l’après-midi à divers bricolages et entretien du bateau. Quel travail de faire fonctionner un bateau !
Les plaisirs de la navigation, lorsqu’il y en a, se payent au prix de bien du labeur de préparation et d’entretien voire de réparations !
Histoire de se relaxer nous allons admirer les traces laissées sur la jettée par les équipages déjà passés avant nous. C’est émouvant de trouver des traces d’équipages que je connais par leur site, par des on dits…. Que d’inventions graphiques pour certains! Et puis les anciens s’éffacent avec le temps comme le sillage dans la mer s’efface…
Traces de passage
Traces à Porto SantoOld Nick

Le 12.10.07 Les amis de retour et les autres…
Dès le réveil, nous nous penchons sur la question des fuites de gasoil. Le puisard vidé la veille contient du gasoil… Nous croyions avoir isolé le réservoir, or il y a une fuite que nous ne trouvons pas. Nous pompons une nouvelle fois pour voir si ça continue…
Puis nous allons au village faire des courses. Pour cela nous longeons la plage qui est magnifique et longue de quelques kilomètres.
Plage de Porto Santo
Toute de sable doré ! Quelques voiliers sont à l’ancre non loin ! C’est le grand calme, alors qu’au port le vent souffle fort, car la montagne prend le vent en altitude et le fait suivre ses pentes à grande vitesse.
Le village est moderne, propre, bien aménagé, fleuri. Superbe endroit !
vue du village Baliera
Nous trouvons un super marché très bien fourni. Puis Jean-Michel fait un saut dans un cyber wifi où la liaison est gratuite, il suffit de consommer… C’est pas beau la vie. Je prends une bière de Madère qui est parfumée et fraîche ! Jean-Michel préfère un café dont il est privé à bord !
Lorsque nous rentrons à bord nous voyons arriver Frédérique et Catherine arriver avec leurs trois enfants en annexe. Ils sont ancrés un peu plus loin dans le port. Ça fait vraiment plaisir de les revoir !
Frédérique et Catherine
Après Gibraltar, eux ne sont pas allé à Tanger, mais à Ceuta, enclave espagnole dans le Maroc. Puis ils arrivent après une traversée durant laquelle ils ont été malades, surtout les deux garçons ! Maintenant nous irons regarder ensemble la demie finale de rugby contre l’Angleterre dans un café du village ! c’est super et Pablo est bien heureux !
Peu après arrive un voilier que nous aidons à amarrer : un couple de français qui paraissent 25 ans et qui sont partis pour 5 ans autour du monde ! C’est ce que j’aurais voulu faire. Nous parlons itinéraires. Eux aussi veulent aller en Afrique et sont intéressés par ce que je connais du Sénégal. Ce soir nous sommes invités à boire un coup ! Peut-être nous ferons un bout du voyage ensemble. Ce serait super !
C’est étonnant comme les affinités vont vite dans les ports. Et puis ceux qui passent à Porto Santo sont ceux qui voyagent et veulent aller loin. Nous parlons de la même chose. Certains sont jeunes, d’autres moins ; certains ont des bateaux d’une sorte, d’autres ont d’autres engins et néanmoins ça accroche vite. Le même désir d’aller plus loin, de découvrir du pays, des gens. La même humilité devant le vécu marin du voyage, le même manque d’expérience de beaucoup, qui tentent courageusement, certains pour une année sabbatique, d’autres pour une durée non déterminée…. Hier soir nous discutions avec deux familles parties pour une année faire le tour de l’Atlantique, sans très grande expérience du bateau ; elles disaient leurs plaisirs, leur mal de mer, leurs peurs, leurs envies…. Sans affectation, sans fanfaronnerie. Et chacun parlait de ses ennuis techniques… Somme toute nombreux et récurrents !
Cette après-midi, je fonce au cyber pour retrouver la famille, les enfants, les amis, et vous qui passez sur notre site parfois par hasard et qui y restez et y revenez, j’espère !
Si la liaison est bonne, je pourrai mettre les photos que j’ai en réserve ! Bonne chance pour moi et pour vous !
Je vous embrasse bien fort !

Position actuelle : 33.03.723N 16.18.941W Porto Santo

Tout le centre de Porto Santo est équipé en wifi d’accès libre ! Om peut s’assoire quelque part et aller sur internet. Moi je suis allé dans un café moderne, j’ai pris une bière et suis resté près de trois heures sur internet pour alimenter le site. La liaison était bonne et je pouvais travailler sur ma machine alors que lorsque je travaille sur un pc d’un cyber, il arrive que la typo change, la mise en page aussi… Un vrai bazar en somme ! Avec le wifi, je n’ai pas ce genre de problème. De plus j’ai partout le même clavier français !
Pendant ce temps, Jean-Michel a plongé en groupe, non loin du port. Par 15 mètre de fond et avec une super visibilité, ils ont vu les fonds de sable, sans algues ni coraux, mais avec quelques poissons. Jean-Michel est revenu avec des photos prise de très près de poissons pas du tout farouches, d’une murène, d’une raie, de poissons bleus…. C’était pour lui une plongée pour ne pas perdre la forme et découvrir faune et flore du coin !
À peine rentré au bateau, je commence la cuisine avec un poulet tandoori. Julien, du bateau voisin, La Mandragore, frappe pour nous inviter à boire un coup. Je mets le feu au plus bas sous le poulet et nous allons à bord de la Mandragore boire un verre de vin d’Anjou car Julien est d’Angers. Il a acheté, il y a quelques mois son bateau en acier de 10,50 mètres et il est parti pour un tour du monde de 5 ans avec sa compagne Agnès. Leur bateau est sympa et fonctionnel. Nous parlons voyage et Afrique qu’ils ne connaissent pas et aimeraient découvrir bien qu’ayant un peu peur.
Après un verre, je leur dis que le poulet cuit, Jean-Michel les invite et nous passons à notre bord pour manger le poulet qui a mijoté sans brûler ! Nous continuons à discuter toute la soirée et c’est bien agréable. Eux ont 30 ans, nous le double et ça ne gêne en rien. Le désir de voyage, l’expérience du bateau sont des liens rapides, des raisons d’échange. Nous irons, j’espère au Sénégal ensemble ; ça pourrait être bien d’être à plusieurs bateaux parfois dans les bolons de Casamance par exemple. Eux aimeraient rester un moment au Cap-Vert ; j’aimerais bien aussi. Affaire à suivre.

Le 13.10.07
C’est samedi, alors on pense à faire des courses car peut-être que dimanche tout sera fermé.
Nous allons au centre du village. Il y a 20 minutes de marche à pied sous le soleil pour y arriver. Tout est ouvert. Nous trouvons un super marché bien fourni. Les prix sont inférieurs à ceux de France, mais supérieurs à ceux d’Espagne du nord-ouest ou du Portugal.
Le soir nous sommes convenus avec Frédérique et Pablo de regarder ensemble la demie finale de la coupe du monde de rugby. Le soir venu nous allons au café-restaurant du port. Dominique et Marylène nos autres voisins nous rejoignent. Dans la terrasse couverte, il y a un grand écran. Un Anglais a apporté son drapeau, un Français aussi. D’autres consommateurs mangent ou boivent en silence. Une famille d’allemands mange et boivent bières, puis bouteilles de vins les unes après les autres ! Le match commence. L’Anglais est frémissant sur son siège ! Au moindre espoir de belle action anglaise, il crie et accompagne du geste !
Dominique est à côté de moi avec Marylène. Eux aussi sont de fervents supporters. Jean-Michel, pour bien y voir est allé plus près de l’écran.
La France mène, alors que le jeu est acharné et indécis. Les attaquants tant anglais que français échouent devant la défense adverse…. Finalement l’Angleterre mène et gagne ! Cris, applaudissements des Anglais… Les Français sont déçus, moi aussi… Nous quittons la terrasse et rentrons. Dominique et Marylène nous invitent gentiment à leur bord pour un dernier verre. Autour d’un Cognac, nous discutons de navigation, de leur bateau superbe qu’ils nous font visiter. C’est un OVNI 385 qu’ils ont commandé et attendu deux ans avant la livraison.
Ils l’ont pris en main aux Sables d’Olonne. Ils nous font voir des photos de la construction, de la livraison, de la mise à l’eau… C’est émouvant, c’est comme une naissance dit Marylène !
Dominique et Marylène avec Daam Dour
Oui ça doit être une sensation forte d’acheter un bateau neuf et d’en prendre livraison ! Il est superbe et vaste pour deux ! Nous passons toute la soirée ensemble. Dominique et Marylène ont vendu leur garage, leur maison, leurs meubles pour acheter ce bateau et partir autour du monde pour « ne pas vieillir comme les autres ». C’est un choix radical, différent de ceux de bien des gens ; c’est un risque, car maintenant il faut que l’aventure leur plaise pour continuer quelques années ! Je suis admiratif devant ce choix, moi qui n’ai pas été obligé de vendre ma maison pour partir. Ils ont la cinquantaine qu’ils portent bien, avec une allure sportive !
La soirée est agréable et nous ne quittons le bord qu’après 3h du matin, après avoir échange nos coordonnées. Eux aussi vont à Madère puis aux Canaries. Nous nous reverrons avec grand plaisir !

Le 14.10.07
La nuit a été courte, mais nous sommes réveillés. Nous avons décidé de faire un tour de l’île en bus découvert. Ce matin je vais en ville pour acheter les billets.
Je vais au village par la plage. Il fait un soleil superbe et la mer est calme, bleue, sans une vague ! Une vraie carte postale. Je pense à Mimi pendant que je marche devant un tel tableau. Je me rappelle un séjour au Sénégal, sur la petite côte dans un village calme, au bord d’une plage de sable infini où nous nous promenions en amoureux sans rencontrer grand monde !
Elle est loin et elle me manque. Vivement qu’elle revienne à bord !
Le dimanche matin tout le monde est dans les terrasses des cafés, au soleil ! Ici il fait bon vivre avec un tel climat !
Je rentre à bord et fais la cuisine pendant que Jean-Michel sacrifie à la coutume en préparant une trace peinte sur la jetée. Il a préparé un cadre peint et un croquis de dessin. Ça avance, avant que nous ne partions.
Après déjeuner, nous allons au village avec Dominique et Marylène pour faire ce tour de l’île. Nous sommes à côté dans le bus. Le tour de l’île nous présente une île très sèche, brûlée par le soleil. La terre ou la roche affleure souvent nue, noirâtre. Une végétation rabougrie est gris jaune. Presque toutes les maisons sont neuves. L’île est en plein boom immobilier !
Le bus nous arrête à certains points de vue très spectaculaires. Comme il fait beau, nous voyons une mer d’un bleu intense, parfois verte, avec une frange d’écume près des falaises !
Bus pour le tour de l’îleLa mer se brise contre les falaisesFiguier de barbarie
Marina de Porto Santo
Dans un endroit qui est une courte plaine, il y a des champs entourés de murets de pierres sèches. Les champs servent pour la vigne et le maraîchage. Seul un pic est couvert de pins, tous les autres sont pierreux et nus. Nous revenons à la marina.
Pic de Porto SantoDominique et MarylèneEglise à Porto SantoUne falaise de Porto Santo
Nous discutons avec nos mais qui nous disent avoir eu une réduction sur le prix du port parce qu’ils sont membres de Sail The World une association de navigateur dont je fais partie.
J’appelle alors la marina et lui explique que moi aussi je fais partie de cette association alors que je n’ai pas eu de réduction. La personne me dit de passer et qu’on va me la faire. Je vais au bureau et la personne très aimable me refait la facture allégée ! Comme il n’est pas possible de joindre la marina de Madère où nous pensons aller, pour savoir si elle peut nous accueillir, nous resterons cette nuit ici et après un appel téléphonique, nous partirons demain !
Pendant ce temps, Jean-Michel a fini la trace peinte que nous laisserons à Porto Santo. C’est son œuvre et c’est bien fait ! Chapeau ! J’immortalise l’œuvre en photo !
L’artiste à l’oeuvre!Trace de Diam Rek sur la jetée de Porto Santo
De retour au bateau nous invitons la famille de Yallungup pour voir les photos de plongée de Jean-Michel et pour prendre l’apéro. Ils viennent et regardent les photos puis nous discutons de choses et d’autres, comme de vieux amis. Nous parlons de nos parcours et nous nous retrouverons à Madère, après nous êtres joints par mail si nécessaire…A plus tard les Yallingup !
Ce soir, après le dîner, j’écris alors que Jean-Michel est allé regarder l’autre demie finale de rugby…

Position : 33.03.723N 16.18.941W Porto Santo

Le 15.10.07
Le départ pour Madère ce matin, lorsque nous serons prêts. Rangements de tout ce qui peut bouger dans le bateau en traversée, puis les adieux.
Dominique de Daam Dour est sur le ponton. Nous échangeons quelques mots et on dit que l’on s’enverra des mails. Lui reste encore quelques jours puis viendra à Madère dans un port plus au sud. Un coucou à Marylène et nous larguons les amarres aidés par le responsable du port toujours très aimable et serviable !
Il y a peu de vent. Au moteur nous allons saluer Yallingup qui est au mouillage non loin. On reste en contact par mail et l’on se retrouvera à Madère.
Plus loin nous saluons La Mandragore. Personne sur le pont, alors je sors la corne de brume et sonne quelques coups. Agnès sort voir ce qui se passe, l’œil encore ensommeillé bien qu’il soit plus de 11h. Nous avions oublié que c’était leur lune de miel !
La MandragoreJulien et Agnès
Eux aussi viendront à Madère dans quelques jours. Ils nous disent être allés sur notre site et avoir aimé. Ça fait toujours plaisir !
Nous mettons les voiles par petit temps et vent de travers. Nous avançons lentement sur une mer plate seulement animée par une légère houle qui vient de loin, doucement. Une respiration en somme. Un bateau hollandais parti en même temps que nous, n’avance pas car il a déchiré sa grand voile en la hissant. Le sable de Porto Santo, emporté par le vent continuel, a grippé ses coulisseaux… Le même sable a coloré en marron ocre toutes nos drisses, les filets des filières…. Tout est sale, coloré. Jean-Michel avait pourtant passé un coup de jet d’eau avant de partir !
Avant 13h quatre petits poissons viennent se prendre à la ligne. Nous les mangeons accompagnés de cristophines, légumes typiques de Madère, qui ressemblent comme goût à des courgettes. Pour le soir nous prendrons une bonite.
L’après-midi la navigation tranquille permet une longue sieste.
Le pilote donne des signes inquiétants : il se met en stand-by en indiquant un niveau de batteries faible, alors que l’ampèremètre indique le contraire… Il se remet néanmoins en marche.
L’eau est très limpide et si on regarde à la verticale on voit une eau bleue waterman transparente. Une couleur difficilement définissable, mais superbe !
Mer bleue watermanLa pointe est de Madère
Madère s’approche : des pics qui émergent de la mer, avec des formes déchiquetées, marron terre de sienne brûlée, sans végétation. Nous contournons la pointe est de l’île. Tout de suite après, il y a la marina de Quinta do Lorde. Un employé vient nous accueillir en mer en dingy. Lorsque nous entrons il nous guide au ponton et nous aide pour l’amarrage. Le port est blotti contre une falaise d’une hauteur impressionnante.
Falaise dominant le port de Quinta de LordeMarina de Quinta de Lorde
Des constructions neuves le long du quai forment le début d’un vaste projet immobilier. Par contre la marina est loin des villes, mais il y a des liaisons faciles par bus.
Nous avons comme voisins de catway Harem, le bateau de Christophe et Catherine, comme à Porto Santo. Ils nous accueillent avec le sourire et nous mettent au courant des commodités du lieu. A la réception on me dit que le voilier viendra demain et donc qu’il viendra me voir pour le spi. Je donne ma bouteille de butagaz française qui sera remplie demain en même temps que d’autre. Après-demain le seul spécialiste d’électronique marine passera et regardera mon pilote si je veux….

Le 16.10.07
Dans la matinée une novette nus amène à la ville voisine, Machico, pour faire quelques approvisionnements.
Machico
L’après-midi le spécialiste de l’électronique marine passe. Il écoute à peine mes explications de panne et regarde le pilote. Il me demande les manuels, les regarde, essaie quelques manipulations et téléphone à un ingénieur de Lisbonne qui dit qu’il faut envoyer le calculateur du pilote à Lisbonne pour contrôle. Le spécialiste me fait très mauvaise impression. Je lui dis que je vais aller à Funchal et que je l’appellerai si ça ne marche pas.
Puis j’apprends que le voilier est arrivé. Je lui apporte mon spi. Il est occupé sur une autre voile. Un peu plus tard il me recoud ce qu’il faut en une demi-heure et me demande entre 5 et 10 euros en paiement. Je lui donne 10, tout heureux d’avoir une voile en état pour ce prix !
En soirée des voisins de ponton passent voir le pilote car nous avions discuté de cela avec eux.
Patrick et Nicole ont construit leur bateau en 14 ans. Patrick a tout fait par lui-même. Nous avons visité son bateau qui a un aspect différent des bateaux de série. Il est plein d’astuces qui font qu’il marche bien à toutes les allures. Je suis impressionné par tant de travail. Patrick donne l’impression de réfléchir en permanence à des solutions possibles pour quelque problème que ce soit. Il vient à bord et vérifie les tensions pendant les manipulations de la barre, du pilote… Il n’y a pas de chute de tension, c’est le pilote qui aurait un problème… Ce qui ne m’arrange pas. Nous prenons l’apéritif, puis un autre. Patrick nous parle de son boulot chez Airbus qui consiste à trouver les pannes à venir dans le bureau d’essai en vol ! Il a pris une année sabbatique, très heureux de quitter pour un temps Airbus et ses turbulences de gestion. L’ambiance est agréable. Puis Nicole nous invite à dîner à leur bord. Nous changeons de bateau et les discussions continuent jusqu’à trois heures du matin ! Leur bateau a un carré arrière, et c’est la première fois que je vois un carré arrière qui ne donne pas l’impression d’être enfermé. Celui-là a de nombreux hublots et est clair.

Nous nous quittons pour aller se reposer un peu !

Le 17.10.07
En allant prendre une douche nous rencontrons Patrick qui a réfléchi à mon problème de pilote. Il va passer à bord pour vérifier une hypothèse. C’est très sympa car je ne sais que faire à Madère, n’ayant pas confiance en le seul spécialiste de l’île… Il passe mais son hypothèse de donne rien de plus…
Dans l’après midi je passe au café wifi du port pour vous donner les dernières nouvelles et des photos. Pendant que ça veut bien passer, il faut en profiter!
Patrick et Nicole au café wifi avec Jean-Michel
Grosses bises à tous et à chacun!

Position actuelle : 32.44.382N 16.42.720W Quinta do Lorde

Le 18.10.07
Aujourd’hui nous avons loué une voiture pour visiter le nord de l’île. Nous partons par des routes qui serpentent dans les vallées, grimpent sur les sommets ou plongent dans de nombreux tunnels. Au sud est les plages sont de sable noir, issu des résidus volcaniques.
Les vallées sont très vertes et couvertes de maisons avec autour des champs en terrasses. Les terrasses sont maintenues par des murets de pierres sèches noires.
Champs en terrasses
Dans les champs sont cultivés toutes sortes de légumes, des bananiers, de la canne à sucre et des arbres fruitiers européens. Ici tout pousse avec un travail quotidien acharné. On voit de nombreuses personnes travailler dans les champs pentus, hommes et femmes. Les maisons sont nombreuses sur les pentes, dans les vallées.Il y a près d’un demi million d’habitants sur l’île qui n’est pas si grande !
Nous passons par des villages de montagne aux rues en pentes. Quelques cafés, quelques magasins et des maisons d’habitation. Beaucoup de maison ont des toits avec aux angles des personnages ou des animaux comme dernière tuile de rive. C’est joli ! Toutes les maisons ont des toits de tuiles, il n’y a pas de toits terrasses. Par contre beaucoup de maison sont ceinturées de grands balcons. Toutes les maisons sont entourées de pots de fleurs. Souvent les jardins ont des bordures fleuries. Ici poussent des fleurs que nous voyons chez les fleuristes français…
Nous allons vers la montagne et nous nous arrêtons au départ d’un sentier de grande randonnée. Un sentier balisé sur 6,5 kms faisables en 5,5h. Pourquoi pas ! Nous voilà partis. Le sentier est large, couvert de feuilles mortes. Ça sent l’humus et les résineux. Le long coule une lévada, petit canal qui apporte l’eau aux champs. Tout Madère est parsemé de canaux d’irrigation. Un vrai travail de plusieurs générations !
Lévada pour l’irigation
Sentier de grande randonnée réduit à un muret étroit
Le sentier devient étroit. Par endroits ce n’est plus qu’un muret de 40 centimètres de large qui court le long de la lévada. Un fil de fer court de piquet en piquet pour éviter les chutes ! Ailleurs le sentier passe dans un tunnel qui passe sous une crête. Le tunnel est étroit et sans lumière.
Tunnel avec lévada
Nous avançons à tâtons. Jean-Michel qui passe en premier, crie parfois lorsqu’il se cogne la tête contre la paroi. Il faut se courber davantage ! le paysage est grandiose. Nous dominons des vallées profondes et les pics nous entourent.
Vallée profonde
Le long du sentier la végétation est exubérante ; il y a de nombreuses espèces d’arbres et de plantes. Les fleurs sont nombreuses : Hortensias sauvages et une fleur bleue bordent toutes les routes et aussi le sentier.
Hortensias sauvages
Au bout des 6,5 kilomètres nous arrivons dans un cirque avec une chute d’eau qui tombe de plus de 100 mètres.
Chute d’eau
Nous repartons en sens inverse à bon train. L’ air embaume et la marche vive nous fait respirer fort.
Forêt d’eucalyptus
Que la montagne est belle ! En altitude (1100 m) il fait un peu frais à l’ombre et chaud au soleil.
Nous reprenons la voiture pour traverser un plateau central désertique, avec des éoliennes qui tournent.
Eoliennes du plateau central
Puis nous redescendons dans les vallées pour regagner le sud. Alors qu’au nord les cultures de légumes et de bananes dominaient, là ce sont les vignes qui dominent ; elles sont en hauteur, soutenues par des piquets, en forme de treille.
Nous nous arrêtons dans un café de village pour prendre un sandwich. La patronne nous sert et discute avec nous dans un français impeccable : elle a travaillé 14 ans à Strasbourg. Elle nous dit qu’au retour de France elle a jeté ses manteaux avec plaisir ; ici un gilet suffit !
Nous arrivons à Funchal, la capitale de l’île. La ville est très étendue sur toutes les pentes qui descendent vers la mer. Nous arrivons au port qui n’est pas très grand, avec des ferries et des voiliers. Le pourtour du port est bordé de restaurants.
Nous cherchons les magasins d’électronique marine. Il n’y en a qu’un, celui dont le spécialiste qui était venu à bord m’avait donné la carte. Nous lui demandons le prix d’un pilote. Après de longues recherches et des appels à Lisbonne pour savoir quel était le bon modèle, il me dit un prix plus cher que celui annoncé par Laurent à Nantes. En plus il viendrait de Lisbonne et en ce moment il y a grevé de transports…
Nous rentrons à la marina nous reposer de notre marche dans la montagne, des souvenirs plein la tête ! On comprend que Madère soit une île qui attire les touristes car elle est très belle avec des paysages variés.
J’appelle Mimi qui est chez l’une de ses filles à Marseille et lui raconte ma balade en montagne. Elle me dit qu’elle en rêve ! Ce sera pour bientôt dans une prochaine île volcanique…

Le 19.10.07
Ce matin nous repartons en voiture pour le nord-ouest de l’île. Nous retraversons jusqu’au nord avec toujours le même étonnement devant les jardins entourés de murs de pierres sèches. Aucun endroit n’est inexploité, malgré la pente fort raide !
Arrivés au nord, nous prenons la route de l’ouest qui longe la côte.
La côte nord verteLa montagne bien verte
C’est une merveille. D’abord la route est en sens unique vers l’ouest car elle est très étroite et elle est sinueuse pour longer au plus près la mer en serpentant sur les flancs de la montagne. L’eau ruisselle des flancs de la montagne, parfois en cascades qui tombent à même la route. Les forêts de pins alternent avec celles d’eucalyptus et ça sent bon ! Les fleurs bordent toute la route, à l’état sauvage. A un endroit on voit des cantonniers qui taillent dedans pour qu’elles n’envahissent pas la route !
Le bord de mer est très beau. Souvent la montagne se jette dans la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers avancent dans la mer, déchiquetés, percés d’arches, entourés d’une eau limpide, transparente qui laisse voir les fonds, de rochers ou de sable noir, rarement de sable blond.
Côte sudRochers dans l’eau limpide!Champs avec maisonnettes établesObjet de piété…Maisons au toit de chaume
Nous revenons le soir au bateau les yeux pleins d’images superbes. Nous avons pris bien des photos ! L’île est vraiment superbe et tellement variée.
Vallée profonde du Nord
VégétationFleur des bords de routeFleur des prèsFleur qui borde beaucoup de routes
Marina de Machico
Elle n’a pas de plage de sable blond comme Porto Santo, mais à part ça rien ne lui manque. En me promenant je pensais souvent à Bali avec les mêmes champs en terrasse, la même exubérance de végétation, le même patient travail d’irrigation partout, la même variation de climat entre les sommets et les vallées.
Jean-Michel pense lui à la Réunion avec ses pics déchiquetés, sa végétation…
Mais Madère est originale, portugaise bien qu’africaine, en voie de modernisation accélérée avec le concours de l’Europe.
Plante grasse très commune sur les rochers
Nous terminons la soirée devant la télévision du café du port pour voir une petite finale de la coupe du monde de rugby. L’équipe de France est décevante et en plus donne une image bien triste de non sportivité. Plusieurs joueurs ont des gestes déplacés sur un stade et confondent sport et règlement de compte. Si j’étais arbitre, j’aurai procédé à une expulsion rapide suivie de d’autres si nécessaire !

Le 20.10.07
Journée de flottement : pas de visite, pas de navigation. Un peu de nettoyage et de bricolage. Et puis un apéro à bord de Café Liégeois. Stéphan et Sylvie ont discuté avec Jean-Michel et leur on dit leur désir d’aller en Casamance. Alors je suis allé les voir et ils nous ont invités à prendre l’apéro et à discuter de voyage et de Casamance. Avant Stéphan cherche à réparer un calorstat de moteur qui ne lui laisse que 1,5 h de fonctionnement, après ça chauffe… Sylvie fait faire les cours du CNED à ses enfants… Lorsqu’ils ont fini ils nous invitent. Leur bateau a le même âge que le nôtre 24 ans ! Eux naviguent depuis avec. Ils sont allés en mer Rouge et dans l’océan indien. Puis ils sont allée autour de l’Atlantique en passant par la Casamance qu’ils veulent revoir car ils ont bien apprécié leur premier séjour. Nous parlons de navigation, puis de Casamance et de notre désir commun d’y aller. Avant ils passeront par les Canaries puis iront directement au Sénégal pendant que j’irai au Cap-Vert. Eux iront au Cap-Vert après le Sénégal pour aller vers les Antilles alors que je compte aller au Brésil ! Nous devrions nous rencontrer bien des fois à l’avenir ! D’autant plus que la rencontre est simple et généreuse au niveau de l’apéro ! C’est une belle famille qui a pris une année sabbatique pour un tour de l’Atlantique. Voilà une nouvelle fois le charme du voyage. En plus ils me donnent des nouvelles d’Abondance qu’ils ont rencontré dans des ports du Portugal. Ils me racontent les déboires de Yann avec ses pannes successives… Ils ont rencontré aussi Yallingup et la famille Menguy avec ses enfants adorables. Le monde est petit sur la vaste mer lorsqu’on tourne dans le même sens !

Le 23.10.07
Nous sommes coincés dans la marina de Quinta do Lorde en attendant le calculateur du pilote.
Hier et aujourd’hui sous un chaud soleil, nous avons peint le pont du bateau. Il est blanc étincelant ! Mais le moindre pas avec une chaussure sale laisse des traces abominables !
Maintenant j’espère que le calculateur va arriver vite, car nous avons envie de bouger !
Jean-Michel pour se rafraîchir a plongé dans le port et a nettoyé la coque du bateau et le speedo qui ne fonctionnait plus. De petits organismes odorent venir se nicher dans ce recoin sombre et frais et empêchent la roue à godets de fonctionner ! Maudites bêtes !

Le 24.10.07
Ce matin Jean-Michel va au café wifi. Moi je décide d’aller explorer la pointe est de Madère qui paraît désertique. Je quitte la marina par une route goudronnée qui monte très raide. Ça casse les pattes d’emblée ! Puis une route oblique sur la droite, je la suis. Vite je quitte la route pour marcher dans la nature. En fait de la terre par endroits couverte d’une herbe depuis longtemps cramée par le soleil. D’ailleurs il tape fort aujourd’hui et la marche me fait transpirer ! Je vois au loin une colline rouge lie-de-vin. Je me dirige dans cette direction. Le sol est couvert de traces d’activité volcanique ancienne. Des pierres sont figées dans des gangues de lave que l’érosion effrite, fait éclater.
Pierres entourées de lave
Ça me rappelle la corniche de Dakar en bord d’océan qui est constellée des mêmes pierres figées dans la lave ! C’est émouvant d’être devant les traces si visibles de l’histoire de la terre. Les couleurs sont différentes et bien nettes. Des pierres beiges dans de la lave grise ou noire. Des veines calcaires blanches. De la latérite de différents rouges ; des ocres variés. Le paysage est très aride, presque hostile et pourtant absolument magnifique ! Il est d’une beauté saisissante, envoûtante.
Paysage lunaire très coloréErosion des sols
Je marche sur la colline rouge dont la surface est composée de granulés de la même couleur. Tout est friable et glisse sous les chaussures ! Marcher, escalader demande un effort sous le soleil, mais quel bonheur dans une telle beauté !
Végétation rabougrie
Terres de différentes couleurs
Les laves sont de diverses couleurs et elles sont très friables. Les ravines sont très abruptes, creusées par le ruissellement des pluies.
Depuis ces collines rouges et ocres on voit d’un côté la mer d’un bleu intense et de l’autre côté une plaine avec de la verdure magnifique. En peu de kilomètres les paysages sont très différents, d’une beauté propre et différente.
Bel arbreDésert et verdure au loinVallées de couleurs différentes
Une végétation rabougrie survit par endroits ; une sorte de thym avec des feuilles sèches pour la plupart ; des herbes sèches ; des très petits arbustes épineux. Ce jour-là j’ai mis un short… L’idée n’était pas bonne !
Je reviens à la marina en longeant la mer, sur le rebord de la falaise. Haute de plus de 100 mètres, elle plonge de façon abrupte avec des éperons rocheux qui forment promontoires et des criques rocheuses.
Oiseau de mer aux aguetsFerme aquacole
Vue d’en haut l’eau est bleue intense, avec des franges vertes transparentes avec le blanc de la vague qui s’écrase sur la falaise. Que c’est beau sous le soleil quasi permanent de Madère. Il fait bon vivre ici dans un éternel été, avec un paysage aussi beau et des gens si aimables.
Vue de la marina de Quinta do Lorde
Rentré au bateau, Jean-Michel appelle Laurent pour savoir quand arrivera le calculateur du pilote. Hélas il n’est pas près d’arriver. Il paraît que le fournisseur n’a pas voulu nous envoyer directement la pièce. Elle va arriver à Nantes chez l’entreprise de Laurent et de là elle repartira pour Madère. Je suis très déçu et je ne suis pas convaincu par les explications de Laurent. Conclusion nous partons ce jour même pour les Canaries et le pilote nous sera envoyé là-bas. Nous cherchons un port sur Graciosa pour donner une adresse. Impossible de joindre le responsable. Mais nous pouvons joindre un port de Lanzarote qui nous confirme son adresse exacte et le fait qu’il peut recevoir le colis et le garder en nous attendant.
Nous réglons ce que nous devons à la marina. J’en garde le souvenir d’un endroit agréable mais isolé où les gens sont très aimables et serviables.
Nous rangeons dans le bateau et larguons les amarres à 17h30. Nous sortons du port et nous voyons une petite crique avec une plage de sable noir et quelques maisonnettes. Il y a peu de vent, mais ce qu’il faut pour établir le spi que nous avions fait réparer. Il donne un résultat très satisfaisant et nous avançons à 6 nœuds pour près de 10 nœuds de vent.
Nous voyons Madère s’éloigner, voilée en partie par un nuage dont émerge les sommets. C’est beau.
Adieu MadèreLe calme en mer
Devant nous il y a d’autres îles : les îles désertes qui sont des réserves naturelles.
Soudain, dans leur direction j’aperçois un jet d’eau qui s’élève de la mer ! Puis un autre ! J’aperçois le dos d’une baleine noire ! J’appelle Jean-Michel qui vient voir vite ! Deux jets puis deux dos noirs au loin qui plongent. Dans quelle direction regarder pour les voir apparaître ? Nous sommes tout excités de voir de tels animaux. J’aimerais les voir de près ! Ils réapparaissent au loin. Manifestement les baleines s’éloignent et après une dernière plongée, nous ne les reverrons plus. Nous ne les avons vues que de loin, mais moi qui tenais tant à en voir je suis déjà content et ému. Le village de Machico à côté de la marina que nous venons de quitter a un musée de la chasse à la baleine car c’était l’activité principale du village dans un temps pas si lointain. Les pêcheurs n’avaient pas loin à naviguer pour trouver les baleines !