Traversée Cumana Guadeloupe Saint Martin

Posted on mai 29th, 2009 by Christian

Le 16.05.2009

Réveillés tôt par la tension vers le départ, nous allons sur le quai pour faire nos adieux aux navigateurs amis. Philippe nous souhaite bon vents. Paulo et Nicole nous souhaitent de ne pas revenir une nouvelle fois à Cumana contre notre gré. Ils nous aident à larguer les amarres et à 9h30, ça y est, Diam Rek quitte le quai puis la marina.
Un orchestre joue une aubadeLes spectatrices apprécientTeddy à l’oeuvre!Cumana s’éloigne!Une petite faim
La mer est calme, plate même ; au moteur, nous avançons à 5 nœuds.
Vers 11h, nous mettons les voiles en gardant le moteur car le vent est Est Nord Est et peu fort. 0 16h nous sommes au droit du phare nord de l’île de Cubagua. Le vent étant alors en plein dans le nez, nous avançons au moteur seul à 3,5 nœuds car le courant est de près de 2 nœuds.
J’avais mis la ligne qui démarre sous l’effet d’un poisson. Je ferre et ramène un beau barracuda… jusqu’au bord du bateau. Au moment de le remonter il se décroche ! Malheur ! Il faisait bien 3,5 kilos.
Vest 18h, le courant forcit le long de Margarita, jusqu’à 2,5 noueds. La nuit tombe et Teddy pèche un maquereau. Lente remontée le long de Margarita.
La nuit tombeLe calme du soirLe coucher de soleil
A un endroit je cherche le chenal et je veux passer à bâbord d’une bouée. Le fond qui remonte très vite, m’en dissuade. Plein tribord et le fond remonte et nous passons dans la nuit noire. Plus loin même problème avec une bouée. Chacun notre quart pour veiller par tranches de 4 heures. Mar moment c’est dur, le sommeil gagne. En plus il fait chaud, le corps n’est pas habitué. La mer le malaxe sans cesse….

Le 17.05.2009

Vers 5h, le jour se lève, la houle est de 0,5 mètre. Il n’y a pas eu de pêcheurs gênants cette nuit, avec leurs filets invisibles. Le bruit du moteur est fastidieux et nous avançons à contre courant de cet océan qui entre dans la mer des Caraïbes.
9h30, position : 11.03.920N 63.40.235W avec 72 miles contre le courant dans les premières 24h. A 15h15, nous avons passé Margarita, nous en sommes à plus de 20 miles et nous obliquons vers le nord est, cap 25 avec grand voile et trinquette. Malgré le courant nous avançons à 4,5 nœuds, dans le silence du vent doux. On rajoute la voile d’artimon et ça avance encore mieux, le bateau est plus équilibré.
Avant la nuit, nous prenons un ris dans la grand voile, on ne sait jamais. La nuit est calme et le tangage nous travaille au corps. Nous ne mangeons rein.

Le 18.05.2009

Teddy vomit plusieurs fois, même ce qu’il n’a pas mangé ! Il s’amarine. Je ne mange pas non plus, mais ne rends rien.
Nous avançons à 5,7 nœuds avec un vent autour de 15 nœuds toujours ENE.
Nous croisons un cargo moteurs arrêté, à la dérive, sans doute dans l’attente d’une commande. Je dois prendre la barre et le contourner malgré le courant.
Teddy aux prises avec un poissonLe capitaine pas rasé qui emmergeLa beauté des voiles au soleil!
Notre position est : 12.41.691N 62.58.147W et nous avons parcouru 108 miles en 24h.
Puis nous croisons un porte conteneur pisseux de rouille.
A midi nous marchons à 6 nœuds au cap 50° pour lutter contre le courant et la dérive.
Dans la nuit tombée, je croise deux bateaux dont un qui n’a pour toute lumière qu’un feux à éclat blanc ! Je dois me dérouter pour l’éviter…

Le 19.05.2009

A 9h30 notre position est : 14.31.811N 61.59.736W avec 126 miles en 24h. Ça avance bien.
A midi un poisson mord. Je remonte une grosse coryphène qui se décroche au pied du bateau en laissant une lèvre sur l’hameçon. On voit l’aileron d’un requin pour qui la coryphène n’est pas perdue…
Une demi-heure plus tard, un autre poisson mord. Il devait être gros car en le ramenant il casse la ligne. Décidément, la pèche, ça s’apprend !
Vers 17h30 un garde côte américain s’approche. Par VHF, il demande notre identité, celle du bateau, des passagers, notre dernière escale et là où nous allons… Nous pensons qu’ils se renseignent car ils nous demandent de rester en ligne un moment, puis ils nous remercient et s’en vont. Nous pensons que nous serons accueillis par la douane française à Pointe à Pître… Le coin voit passer beaucoup de drogue et les douaniers cherchent…
Moi, la drogue illégale, ce n’est pas mon truc. Je préfère les drogues légales : l’alcool et les femmes ! Ce sont les plus dures, les meilleures !
Un vent de 20 nœuds nous fait avancer entre 6,5 et 7,5 nœuds !

Le 20.05.2009

A 2h nous sommes en vue des Saintes. De nuit on ne voit que des tâches noires dans la nuit. Nous passons entre les Saintes et Marie Galante, dans une immense baie dont le fond est Pointe à Pitre. Le jour se lève et c’est la déception. On ne voit rien à cause des nuages. La soufrière reste dans les nuages. On ne voit plus les lumières des côtes qui illuminaient la nuit…
Le ferry qui dessert les îles
Pointe à Pitre approche. Une régate part au même moment : c’est le tour de la Guadeloupe. Nous arrivons à la marina du bas du fort où nous sommes à quai 0 10H. Notre position est : 16.13.308N 61.31.788W. nous avons fait 112 miles dans les 24h30 dont les 15 derniers en nous aidant du moteur, faute de vent…
Nous voilà en Guadeloupe après 4 jours juste de voyage. C’est beau et vert, avec un air de fête dans la marina. Pourtant bien des magasins sont fermés, à cause de la grève, de la crise… Les femmes créoles sont ravissantes. C’est la carte postale !
Troquet de la marina de Pointe à PitreMarina du bas du fortLa frégateYacht de luxe près de notre bateanCertains briquent le luxe: Vive la vie!
Je comptais voir Fleure, mon ex-assistante retournée au pays. Son numéro a changé. Je lui envoie un mail, il faut toujours croire au miracle.
J’ai appelé un électricien pour voir quelle batterie me pose des problèmes d’autonomie. Il est très occupé. Il viendra peut être avant le début de semaine… Nous verrons si nous attendons…
Teddy cherche des anciens copains de travail ici, mais en vain pour l’instant…
Je suis heureux d’avoir trouvé Teddy comme équipier. Il est efficace dans les manœuvres. Sérieux pour les quarts, Bien participants pour cuisine et vaisselle… Tous est bien et agréable et je pense que ça va continuer.
Le bateau marche très bien à la voile. Le moteur fonctionne. Il ne manque plus qu’une meilleure autonomie électrique et ce sera parfait.
Je vais dans un cyber café : La Frégate. Belle terrasse au bord des pontons. En Guadeloupe où il y a de si belles créoles, je prends une blanche… J’envoie un mail à Fleure, mon ex assistante, puisqu’elle a changé de numéro de téléphone.
Le soir au bateau, nous prenons le frais après une journée étouffante. Nous avons comme voisins Hervé et Karen, qui viennent du golfe de Cariaco au Venezuela, vendre ici l’un de leur bateau. C’est drôle de se retrouver ici côte à côte. Hervé chante d’une voix éraillée car il a bien bu pour supporter la séparation d’avec ce bateau qu’il aime. Nous buvons ensemble punch puis bière. Tous deux ont acheté un terrain en bord du golfe de Cariaco avec arbres fruitiers, maison, plage et ponton pour 10.000€. Ils vont s’y établir et ouvrir une crêperie. Le savoir faire s’exporte au Venezuela. ! Ils aiment ce beau pays et les gens gentils. Bonne chance les amis !

Le 21.05.2009

J’appelle Le vendeur de ma carte Sim Iridium en vain, pas moyen de le joindre ! J’apprends après qu’aujourd’hui c’est férié et après c’est le week-end ! Damned !
Sur mon ordinateur, je retrouve le téléphone de la mère de Fleure qui me donne le numéro de sa fille. J’appelle Fleure qui est toute contente. Elle voit avec son mari et nous nous verrons ce soir, ils viendront. Je suis tout heureux de la revoir.
En discutant sur le pont, je vois une annexe arriver à côté. Je reconnais la silhouette de Jean-Claude de Chamicha. Je l’appelle, il passe sans répondre. Je descends à quai et je le vois remplir des bidons d’eau. Il me reconnaît. Nous discutons un moment. Nous prendrons l’apéro ensemble avant le départ. Je lui demande si Chantal pourrait jeter un œil sur mon programme de navigation qui ne capte plus le GPS. Je suis vraiment heureux de le revoir ! Nous nous étions quittés en Casamance à Karabane, avant que je ne traverse vers le Venezuela. Depuis chacun a vécu des aventures, nous en avons des choses à nous raconter. Pourtant chacun a un site que nous lisons régulièrement…
En attendant nous allons voir un loueur de voiture pour en avoir une demain pour un tour de l’île. C’est fermé pour cause de jour férié, mais on lui passe un coup de fil et ce sera bon pour demain. Sur le retour, nous passons par la Frégate prendre un punch avec des acras de morue. Que c’est bon, à l’ombre d’un auvent avec l’alizée qui souffle doucement ! Une femme âgée à côté commande une glace qui lui est apportée avec une montagne de Chantilly. Quelque temps plus tard elle en commande une autre. Nous sourions et entamons la conversation. Elle à 75 ans et elle a été pilote et formatrice de pilote d’avion pendant 50 ans ! Sa passion. Elle s’est imposée, parmi les hommes par ses qualités. C’était sa vie. Depuis trois ans on lui a retiré sa License. A 72 ans alors qu’on la retire à 60 ans à la plupart des pilotes. Elle a longtemps travaillé au Maroc, puis au Sénégal, puis en Guadeloupe où elle s’est fixée. Elle a été mariée, mais n’a pas voulu d’enfants tant elle se donnait à son travail. Quelle vie ! Elle a eu 4 crashs, 4 pannes. Elle a réussi à chaque fois à sauver avion et passagers ! Elle vient d’écrire sa biographie qui paraitra bientôt en livre. Avant elle sera lisible sur le net, sur le site : lulu.com desailespourlaliberte Daniiele Bourgouin Avis aux amateurs ! Ça m’a donné envie de le lire ! Belle rencontre. Teddy était ravi aussi.

Fleure m’appelle au téléphone, elle est sur le ponton devant le bateau ! Avec Daniel son mari, dont je fais connaissance et leur petite merveille de fille de 7 mois !
Fleure et sa petite merveille de 7 mois!
Nous allons dans un café discuter des souvenirs communs et de nos vies actuelles. Quel plaisir de revoir Fleure, cette jeune fille pleine de qualités et de potentialités à qui j’avais appris des choses au travail et qui m’en avait appris beaucoup aussi. Et je la revois, bien installée dans la société de son île d’origine, avec travail, mari et enfant. Voir les jeunes trouver leur place dans la société et les aider pour ça, quel plaisir ! Et elle est un peu plus jeune que mes enfants, 30 ans. Bravo Fleure !
Nous passons la soirée avec Hervé et Karen sur leur bateau La Câline. Planteur après planteur, la soirée passe en discussion. Je finis par abandonner pour ne plus abuser du rhum.

Le 22.05.2009

Nous louons une Twingo pour la journée pour faire un tour de l’île.
Au moment de partir, l’électricien m’appelle, il peut passer. OK, je lui montre ce qu’il y a à faire pour améliorer l’autonomie électrique. IL va faire le travail en notre absence, ce sera fait avant notre départ.
Teddy connaît , il nous guide. Karen est venue avec nous. Nous prenons la route de traverse qui va à Pointe noire. Que c’est beau, ces mornes bien verts, avec une végétation luxuriante !
Un arrêt à la cascade aux écrevisses : quelle fraicheur avec cette cascade entourée d’arbres couverts de plantes saprophites aux feuilles très grandes.
La cascade aux écrevissesQuelle nature!Le fruit de l’arbre à painLes plantes saprophytes sur les arbresUne plage de gallets
Puis nous nous arrêtons à Deshaies, aux vielles maisons créoles, avec des terrasses aux bordures de bois ouvragé. Elles sont de couleur pastel ravissantes, parfois couvertes de bougainvillées.
Nous allons sur la plage de Grande Anse. Un plongeon dans l’eau verte, quel délice ; elle est chaude, 27° environ. La plage est encore calme. Peu de monde, des petits restos sous les palmiers. Nous déjeunons d’accras de morue, à l’ombre. Super !
une barque de pêcheursBelle fleurLa belle plagePlage carte postaleVraiment belleLe petit resto de plageKarenla PlageUne rivière se jette dans la mer
Teddy nous entraîne au bout de la plage vers une maison perdue dans la végétation. C’est un hôtel de charme, avec des maisons indonésiennes en bois sous les cocotiers, entourées de fleurs.. Un français les a fait venir de Java. On nous fait visiter une chambre de rêve de 60 mètres carrés. 150 € la nuit en basse saison. Le Taïnos, pour ceux qui aiment les beaux endroits !
PiscineMasqueinmasque indonésienterrasse ombragéeMaisonnettes chambre indonésienneschambre dans la verdureFrangipanierRose de corailTeddy dans un endroit relaxe
Nous rentrons par le nord et les Grands Fonds. Là la vie est plus traditionnelle, les maisons plus anciennes. Les vaches croisées avec les zébus paissent le long des routes.
Nous rentrons avec de belles images plein les yeux. La Guadeloupe, mérite d’y revenir. Il y fait bon vivre. Les gens sont très accueillants, avec le sourire pour peu que l’on soit souriant et ouvert.
Nous ramenons Karen à la Marina et nous voilà repartis, chez une amie de Teddy, Corine. Difficile de trouver sa maison au fond de la campagne, mais quel havre de paix. Une maison ouverte sur un beau jardin. Une maison pleine d’œuvres d’art d’amis et de Corine. Superbe. Nous rentrons tard au bateau.

Le 23.05.2009

Nous rendons la voiture. J’attends l’électricien qui doit venir se faire payer… Je l’appelle et je vais à son bureau. Mes batteries sont bonnes, il a mis répartiteur de charge qui fera que l’alternateur du moteur rechargera la batterie moteur et ensuite, rapidement les batteries servitudes. Donc nous ne devrions pas manquer d’énergie car si les batteries se vidaient on pourrait les recharger au moteur de temps en temps…
Je vois Chantal de Chamicha. Elle a la gentillesse de venir au bateau pour regarder pourquoi mon GPS ne donne plus la position directement sur la carte du logiciel de navigation. Pendant qu’elle téléphone, je mets en marche le PC puis je lance le logiciel de navigation… et la position du bateau apparaît sur la carte !!! Elle doit avoir des ondes super positives, Chantal ! Je lui dis et elle rigole. Ça marche, elle ne sait pas pourquoi, ni si ça ne disparaîtra pas de nouveau… AH ! l’informatique ça peut être déjà capricieux, mais l’électronique marine, c’est encore pire !
Calme sur la marina de Pointe à PitreJoleetJoëlle et Francis
Karen vient à bord et me donne des musiques d’Amérique du Sud et d’Afrique. Super !
Nous allons prendre un apéro, chez Joëlle et Francis de Paquito. C’est l’occasion de se raconter cette année passée depuis notre départ de Gran Canaria. Eux vers les Antilles et moi vers le Venezuela. C’est émouvant de se retrouver puis de se souhaiter bon vent. Eux Restent aux Antilles et moi je rentre en Europe.

Le 24.05.2009

9h30 Départ pour Saint Martin. Petit temps, vent de 12 nds d’Est Sud Est. Il nous pousse doucement. Dés le départ, je suis brabouillé, mais rien ne ressort. Teddy va bien et fait la cuisine. La journée se passe tranquillement, la nuit aussi.
La soufrière cachée par les nuagesCôtes de GuadeloupeCôtes de Guadeloupecôtes de GuadeloupeLe soir

Le 25.05.09

Lever de soleilRocher à évitrer
Le vent continue d’être favorable. La pêche, moins. Nous attrapons quatre poissons qui reviennent à l’aplomb du bord et se décrochent. Un gros nous emporte tout le bas de ligne… Nous croisons un cargo, deux voiliers, et un ballon de foot…
Nous arrivons près de Saint Barthélémy et nous y entrons de nuit. Nous sommes à quai à 24h30, avec un amarrage rouleur qui me fait perdre des défenses.

Le 26.05.2009
Départ à 5h pour Saint Martin, Oyster Pond. Le ciel est charge, mais les grains tombent plus loin. Nous slalomons entre les rochers nombreux dans les parages. Nous voilà à Oyester Pond, un îlot de richesse indécent, qui ne me plait pas.
Oyester pondDiam Rek à quai
Le plein de Gasoil pour le retour. Personne de disponible pour intervenir sur la girouette et l’anémomètre, on fera sans.
Nous allons faire le plein de nourriture, nous passerons chez le ship et départ dans 2 ou 3 jours…
Première journée relaxe. Juste le plein de gasoil, 260l Pour 170 €, plus qu’au Venezuela, mais moins qu’en France… Je me sens mal tout de suite dans cet îlot de luxe dans cette île colonie. Une bonne sieste pour récupérer. Teddy va voir ce qu’il peut retrouver de copains du temps où il faisait des convoyages ici…
Le soir il revient en disant qu’un copain nous emmènera en ville faire les courses. Car ici nous sommes à Oyester pond, une baie aménagée par le Capitaine Oliver, débarqué début 80. Il a construit un hôtel ressort 4 étoiles et une marina. Autour se sont construites des villas de luxe, accrochées aux collines, au milieu d’une végétation de maquis, cactus et arbrisseaux. L’eau est rare et seules les pluies en apportent. Une usine de désalinisation de l’eau de mer fournit le reste. Les jardins des riches sont fleuris, ailleurs, c’est sec….

Le 27.05.2009

La journée se passe. Je bricole sur le bateau, puis je vais dans le hall de l’hôtel où je peux m’installer avec mon ordinateur pour avoir électricité et internet, le luxe ! Les petite monstres de moustiques sont en supplément ! Et ils sont voraces ! Chaque paradis a son enfer… Je classe la musique donnée par Karen. Des merveilles de musiques africaines et d’Amérique latine où elle s’est baladée ! Merci Karen !
Je vais me promener à pied sur la colline qui domine la marina. Des maisons de luxe bordent la route. Puis la colline est déserte, sèche, avec des cactus et une case et un terrain avec chèvres et ânes. Un créole est installé là, jusqu’à quand ? L’urbanisation gagne, les villas contre les ânes…
cactus en fleurVue de la collineVue de la collineVillas de luxeles ânes
J’appelle Mimi qui fait sa cure à Dax et qui m’envoie des photos de Biarritz où elle est allée en excursion. Elle a bien raison d’en profiter !
Mimi à BiarritzMimi en promenade en cure
Finalement, je ne vois pas Teddy ni son copain qui se proposait de nous emmener…
Demain je prendrai un taxi !

Le 28.05.2009

Teddy se réveille aussi tôt que moi. Son copain va nous emmener en conduisant son fils à l’école. Nous allons chez lui à pied. Lorsque tout le monde est prêt, nous montons dans sa Jeep. Un demi tour de l’île nous fait découvrir ce paysage de collines escarpées. Dans le centre, les maisons sont pauvres, parfois encore de vielles cases en bois. Le dernier cyclone a laissé des traces, on voit des squelettes de maisons… Côté néerlandais ou côté français, ce n’est pas plus riche. Certains points des côtes abritent des îlots de luxe. Ça construit encore. Avec la crise, les touristes et les investisseurs sont plus rares. Tout le monde peine. Pourtant la plupart des choses sont hors taxe, ou avec des taxes plus basses.
Côté hollandais on va dans un cash and carry faire l’avitaillement de conserves et boissons. On paye en dollar qui règne sur une bonne partie de l’île. Les produits sont internationaux, surtout anglo-saxons. Tout est importé… Puis on va chez Budget, un grand ship des Caraïbes. Je trouve tout ce qu’il me faut. Là encore, je paye en dollars avec ma carte. Au moins le change sera au cour du jour, près de 1,4 dollar pour 1 euro, alors que dans les cafés et restos, le change est de 1 pour 1 !!!
Retour au bateau pour ranger les provisions. Teddy veut jeter des produits déjà dans le bateau dont la date de péremption est passée. Je les garde pour les consommer, sans crainte, comme d’habitude… Qu’est ce que c’est que cette habitude d’occidental conditionné par les médias, comme mes enfants !
On va manger dans un bistrot de la marina. Je prends un fish and ships, comme à Gibraltar ! De temps en temps, ça fait du bien, en plus c’est un des seuls plats britanniques que j’aime !

Le 29.05.2009

Hier nous n’avons acheté que conserves et boissons. L’autre magasin était fermé avec un panneau affichant la raison : solidarité avec les deux derniers représentants de la communauté indienne assassinés et contre l’insécurité grandissante.
Christophe nous explique que l’espoir d’un travail, du RMI, fait passer beaucoup d’étrangers clandestins sur Saint Martin. Mais du boulot il n’y en a pas pour tout le monde, alors les trafics et les vols et agressions se multiplient… J’avais déjà entendu ça à propos de Saint Vincent et de d’autres îles où le trafic de krack fait des ravages avec une montée de la criminalité importante… Tant de richesses étalées font envie et certains ne résistent pas à l’envie…
Nous allons au supermarché. Nous achetons principalement fruits, légumes et fromages.
Teddy a peur de manquer, alors il fait des provisions. J’espère que nous n’en perdrons pas trop ! Au retour il faut ranger. Tout finit par trouver sa place.
Je vais sur internet. C’est le dernier jour. Nous partons demain, samedi. J’espérais partir aujourd’hui, mais mon équipier respecte les traditions. Un marin ne part pas un vendredi, jour de la mort du Christ. Qu’en est il de la mort de Mahomet, de Bouddha, et de bien d’autres… Si chacun croyait en de telle sornettes, il n’y aurait plus de départ possible pour les marins !
Hervé me parlait de sa superstition : il jette les pièces de monnaie à la mer pour chaque traversée. Il verse aussi la première gorgée de bière ou d’alcool… Chacun son rituel pour se rassurer face à la puissance de la mer…
Moi, j’ai hâte de mettre les voiles, non sans appréhension des dangers de la mer, de ses caprices, non sans respect pour elle qui a toujours le dernier mot…
Trois ou quatre semaines jusqu’aux Açores, plus si on tombe dans les calmes vers la mer des sargasses… Nous verrons bien. Nous avons de quoi tenir, eau, pâtes, riz, conserves, et résultats de notre pêche qui ne peut que s’améliorer !
J’essaierai de faire passer notre position chaque jour à Jean-Michel qui l’indiquera sur le site, avec sa gentillesse habituelle. Nous resterons ainsi en contact. A milieu de l’océan, c’est fou ce que l’on pense aux autres !

Avant la traversée retour

Posted on mai 15th, 2009 by Christian

Le 30.04.2009

Ça y est, c’est le jour du départ, pour rejoindre Cumaná au Venezuela et retrouver le bateau.
J’ai mis mon réveil à 5h. J’ai mal dormi, de peur de ne pas me réveiller à temps et de rater l’avion. Je suis réveillé avant le réveil. Vite debout ! Je réveille Mimi. Une douche rapide, je réveille Sophie. J’entends Maxime qui est réveillé.
Nous sommes prêts. Je prends la voiture, direction Orly ouest. A cette heure là, il n’y a pas grand monde dans les rues. Voici Orly. Il n’y a pas la queue à l’enregistrement pour le vol d’Iberia pour Madrid.
Nous avons le temps de prendre un crème avec des croissants. Les derniers bons croissants avant longtemps. Les derniers instants avec les enfants et Mimi. Comme souvent dans ces cas là on échange des banalités, au lieu de dire des choses importantes avant la séparation…
Bon, il faut y aller. Je passe le portique de sécurité. Je vois encore Mimi et les enfants qui me font des signes aux quels je réponds. J’attends pour l’embarquement. L’avion décolle à l’heure, 7h50.
L’Ile de France
Que c’est beau l’île de France vue du ciel ! Les villages à la française sont nombreux. Certains ont les maisons réparties géométriquement, d’autres dessinent une forme courbe abstraite. Entre les villages il y a des champs ou des bois.
Je suis fatigué, mais n’arrive pas à dormir. Je lis la presse, le Monde. Voici Madrid. L’écran indique 610 mètres d’altitude et 15° dehors.
Aéroport de Madridaéroport de Madrid
Mais nous ne sentirons que l’air conditionné de l’aéroport. Il est grand et long, cet aéroport ! Nouveau portique de sécurité, nouvelle attente pour l’embarquement. Quelques employés portent des masques de protection pour cette nouvelle grippe dont les média nous rebattent les oreilles.
L’avion décolle avec une demie heure de retard. Un A340-300 qui est plein pour Caracas. Je suis au milieu, je ne verrai rien par les hublots. Avant le décollage, ma voisine se signe. Au décollage elle recommence et ferme les yeux. Nous sommes donc protégés. Effectivement l’avion décolle sans problème et gagne en altitude au dessus des nuages.
Partis à 13h30 heure française, après 8 heures de vol nous devrions arriver vers 15’autant plus que les passagers peuvent ingurgiter trois films sans intérêt juste entrecoupés par de la publicité…
Ma voisine se signe encore car l’avion descend vers Caracas. On voit la mer puis l’aéroport entre mer et montagne. Bien posé, les gens applaudissent, ça devient rare.
J’attends pour passer l’immigration. Les queues sont longues. Tous les employés sont avec un masque qui couvre bouche et nez. Une employée nous donne un imprimé à remplir en plus de celui de l’immigration et celui de la douane. Identité, provenance, destination et déclaration de symptômes au cas où… D’ailleurs un médecin avec un stéthoscope circule entre les gens. Dans les files des passagers vénézuéliens portent des masques. Lorsque je franchis enfin l’immigration avec un nouveau tampon sur mon passeport, autorisation de séjour de trois mois, je vais récupérer mes bagages. J’ai la désagréable surprise de trouver l’un des deux sacs de voyage ouvert. J’avais mis un verrou sur les deux languettes métalliques des fermetures Éclair. L’une des attache a été cassée. Je ne prends pas le temps de vérifier s’il manque quelque chose. Je prends un porteur et nous allons jusqu’à l’aéroport national. Dehors il fait chaud et gris. Je transpire déjà. Je ne suis plus habitué !
Je fais emballer mon sac forcé avec un film plastique. Ça devrait aller. Je vais à l’enregistrement pour le vol intérieur vers Cumaná. Il est 16h. Ils prennent mes bagages et me donnent le billet. Comme j’ai du temps, je vais manger une pizza. Puis je gagne la salle d’attente devant la porte 5A. L’écran indique le vol de Cumaná en troisième position. Je passe mon temps à me familiariser de nouveau avec les gens, leur morphologie. Les gens sont en moyenne bien plus gros. Souvent bronzés, parfois métis avec les yeux un peu bridés, le nez un peu camus, les cheveux bien noirs et raide. L’apport indien est présent. Devant moi une jolie femme au bras de son homme. Quelqu’un de la famille les photographie. La femme porte un masque, l’homme aussi. Ils font semblant de s’embrasser, masque contre masque. Ils recommencent pour des photos en riant de bon cœur de cette situation inhabituelle.
Tiens, le vol pour Cumaná ne figure plus sur l’écran ! Je me renseigne : l’embarquement se fera porte 5C. J’y vais et me fais confirmer plusieurs fois que c’est bien là, car ce n’est pas porté sur l’écran. Je vais voir le grand écran des départs et je vois après le vol pour Cumaná : Canceled- cancelado, ce qui veut dire annulé ! Un homme regarde comme moi, sans oser comprendre. Je lui demande ce qu’il en pense ? Incrédules, nous remontons, sortons de la zone de sécurité pour retourner vers le bureau d’enregistrement de la compagnie. En arrivant on entend crier. Nous approchons : il y a une vingtaine de personnes qui essaient d’obtenir des employés de la compagnie des places sur un autre vol. Le ton monte, car il n’y a plus d’autre vol ce soir. Il faut attendre demain disent calmement les employés. Le ton monte encore. Des enfants pleurent. Les mères prennent les autres à témoin. Rage, désespoir, et mots d’oiseaux ! J’avais toujours vu les vénézuéliens cools, calmes, lents à bouger ; là il en va tout autrement ! Une brune qui ressemble à une héroïne des films d’Almodovar crie contre le je-m’en-foutisme des employés et veut faire valoir ses droits. Deux hommes reprennent. Ils sont bien 5 ou 6 à crier contre les employés, à réclamer un responsable.
Finalement, devant les assauts répétés, il y a une proposition pour un vol le lendemain en fin de matinée. Refus général, et les cris sont repartis. Commencé vers 19h, ça continue et il est 21h. On nous propose enfin un vol spécial dans un petit avion. On y va !
C’est un avion de 20 places et nous sommes 12 à être resté à réclamer. L’avion s’appelle « Espiritù Santo », il ne peut nous mener qu’à bon port ! Décollage à 21h30. On arrive près d’une heure plus tard au dessus de Cumaná. Trop tard, l’aéroport est fermé, il n’y a pas d’autorisation d’atterrir. Le pilote nous en informe. Un homme se lève, va vers la cabine de pilotage et exige de redemander l’autorisation, sans résultat. Il exige alors un atterrissage à Barcelona, plus près que Caracas… Rien n’y fait, retour à Caracas et au bureau de la compagnie Avior. Nouvelles négociations à 23h passées.
Nous obtenons enfin une promesse de places sur un vol pour Carùpano tôt puis transfert en bus ou un vol pour Cumaná à 11H. Selon les préférences on s’inscrit sur deux listes. Nous serons 4 pour Cumaná. Je laisse mes deux sacs à la compagnie, non sans inquiétudes, mais ils sont tellement lourds… En attendant on nous conduit dans un hôtel avec promesse d’hébergement et de dîner. Sur place, les cuisines sont fermées, pas moyen d’obtenir autre chose que de l’eau avec des glaçons. Nous avons les chambres à 24h. Je n’arrive pas à dormir, je regarde la télévision.

Le 01.05.2009

Vue de la chambre
Réveillé avant 7h, je regarde la télévision. Après une douche, je descend pour le petit-déjeuner vers 8h. L’un des passagers les plus revendicatifs est déjà en train de manger. Je me mets à sa table et nous discutons. Il est très souvent en voyage dans le monde entier car il représente les pêcheurs de thon vénézuéliens dans toutes les réunions internationales sur la pêche. Il parle de son travail, lorsqu’arrive une passagère elle a un regard angélique ! Notre passager continue à parler de ses voyages, des pays avec leurs spécificités, des hôtels magnifiques qui l’on impressionné…
Le car de la compagnie vient nous chercher. Nous repassons par la sécurité après nouvelles négociations avec la compagnie qui nous paye les taxes d’embarquement que nous avions payées la veille. Courte attente et le vol est déprogrammé. Retour à la compagnie. L’avion a un ennui mécanique et ne peut venir. Alors pas de vol pour Cumaná aujourd’hui. Nous sommes les 4 d’hier plus 4 d’aujourd’hui. Nouvelles négociations : on nous trouve des places sur un vol pour Barcelona puis transfert en car de la compagnie…
Nous décollons vers 12h avec un DC9 de 60 personnes sièges en cuir, très class ! L’hôtesse proposent à boire. Je demande un whisky. L’hôtesse remplit le verre de glaçons puis remplit le vide de whisky, comme font les Vénézuéliens. C’est généreux !
L’aéroport de CaracasUne île au large de Caracas
Atterrissage vers 13h. J’attends mes bagages, il ne sont pas là. Nous allons aux bureau de la compagnie. Renseignements pris ils arriveront à Cumaná directement. Nous prenons le petit car, nous sommes 7. On nous apporte sandwichs chauds et boissons.
Publicité dans BarcelonaLe long de la route
Nous voilà partis ! Nous traversons la ville puis nous dirigeons vers la côte. Il fait chaud et c’est un long week-end avec le 1er mai. Alors les gens vont à la plage et c’est une file interrompue le long de la côte. On longe le golfe de Mochima, toujours aussi beau. Les gens sont nombreux sur les plages et dans l’eau très calme. La route tourne tout le temps. On s’arrête un moment pour des boissons et des chips payées par la compagnie.
Voilà Cumaná que je reconnais. Je me sens chez moi. Le car nous mène à l’aéroport. Mes bagages sont dans les bureaux de la compagnie. Je suis soulagé ! Chacun se sépare et prend un taxi ou se fait prendre par un conjoint. Le taxi me mène à la marina. Un employé de la marina m’aide à porter un sac. Le bateau est à sa place, il n’a pas souffert. Il est juste sale, plein de déjections de cormorans…
J’ouvre la descente. Il fait chaud et ça sent le renfermé. J’aère. Je vois Antonio qui rentre en lancha d’une partie de pêche en famille. Je vais lui dire bonjour. J’en profite pour lui demander s’il connaît un artisan qui pourrait me faire vite un taud. Il connaît et on verra demain.
Je retourne au bateau. Je défais mes sacs de voyage. Finalement il ne manque rien et ils entent les fromages que je rapporte avec moi et qui devaient servir de repoussoir pour les douaniers. Mais heureusement des douaniers, je n’en ai pas vu à Caracas ! Ils auraient pu me taxer pour les pièces détachées que je rapportais pour le bateau…
J’appelle Mimi pour la rassurer, puis je vais voir Zuly… qui n’est pas là. Le port ne contient plus beaucoup de voiliers. Celui de Paulo n’est pas là, celui d’Emma non plus. Il y a peu de français maintenant. Je range mes affaires, je passe un coup de jet sur le pont.
Je dîne et me mets à écrire pour le site, pour vous retrouver ! J’écris, seul dans le carré.
Le bateau est mon petit chez moi. Il y manque Mimi. Pour le reste, je le retrouve tel que je l’avais laissé. Rien ne manque sur le pont, tout est en ordre. A l’intérieur, idem. Je ne suis pas dépaysé ; le séjour de 7 semaines en France, en Europe, n’a été qu’un intermède.
Pendant le retour, j’ai entendu parler uniquement espagnol et je n’ai parlé qu’espagnol, ou du moins j’ai essayé. Après le français, l’anglais pendant dix jours à Prague, les mots qui me viennent se mélangent, moitié anglais, moitié espagnol…
Je lis un moment et me couche tôt.

Le 02.05.2009

Je suis réveillé avant le jour. Dans la cabine il fait chaud même sans drap. Dehors tout est calme, alors qu’hier au soir je me suis endormi avec la musique à fond dans le bar de Marina Plazza qui jouxte la marina.
Je vais au marché faire un réapprovisionnement en fruits, légumes, poisson et viande. La saison avance, les clémentine ont disparu, les mangues sont là. Les légumes ont baissé. Mais le bus a augmenté. Il fait chaud. Mon corps pas encore habitué transpire. Je ne suis pas le seul. Les corps bronzés brillent de sueur. Les femmes ont relevé leur tee-shirt pour aérer leur ventre. Je suis frappé par la taille des poitrines des Vénézuéliennes. Je ne me souvenait pas qu’elles étaient si développées par rapport aux Françaises…
En rentrant, je vois Antonio qui sort en lancha. Il me confirme qu’il m’appelle lundi pour voir le fabriquant de tauds.
Pendant que j’écris, je vois l’aiguille du voltmètre monter à plus de 15 volts. Ce n’est pas normal. J’ouvre le coffre à batteries et je vois tout de suite qu’un fil de la résistance qui dissipe l’énergie en trop a fondu au niveau de la cosse. Je change la cosse. La résistance chauffe et le voltage redescend à 13,6. C’est la première panne depuis mon retour !
Je fais une sieste de trois heures, probablement à cause du décalage horaire. Puis je prends le jet d’eau et la brosse pour nettoyer le pont couvert de fientes de cormoran. Ils ont colonisé les sommets de mâts et le vent repend leur fiente sur le pont, le ponton et le quai ! Saloperie. Il me faut plus de deux heures pour redonner au pont la propreté d’avant mon départ…

Le 03.05.2009

Ce matin je place des pièces de rechange rapportées de France. Je change une carte électronique sur le tableau de bord du moteur. Puis je mets en route. Le moteur démarre au premier coup de clef. Il tourne bien. Je le laisse monter en température. Marche avant, marche arrière. Parfait.
Je place le nouvel AIS. Pour l’instant, il n’est pas reconnu par le PC. Ça reste à peaufiner…
Pour le déjeuner, je mange de bons produits vénézuéliens : avocat, côte de porc fumée, fruit de la passion. J’y rajoute un peu de camembert de France ! Il fait une chaleur soutenue car il y a peu de brise. Je transpire et bois beaucoup.
En fin d’après-midi je vais au cyber pour mettre des photos sur le site. C’est long, mais ça passe. A côté de moi les jeunes jouent à des jeux électroniques. Mais cette fois ci ils le font en silence…
J’appelle Mimi, ça fait du bien, car ici je me sens bien seul. Il n’y a que les deux alcolos en dérive qui sont sur leur bateau et n’en sortent pas ou si peu. Les voiliers sont partis dans les Caraïbes ou plus loin par peur de la piraterie.

Le 04.05.2009

J’ai bien dormi, je récupère le décalage horaire. Je me mets au bricolage pour changer les charnières cassées de quelques portes d’équipets. Ce n’est pas sans mal car l’oxydation n’aide pas. Je continue avec les pièces du guindeau que j’ai rapportées.
Pendant que je visse une pièce, un gardien de la marina et une femme viennent. Ils veulent que je les suive pour une vaccination. Pourquoi ? Parce que je viens de l’étranger et que je n’ai pas eu de vaccination en entrant. Quelle vaccination ? Contre la grippe en prévention ! Ça ne sert à rien puisque ce n’est pas contre cette nouvelle grippe. Ça ne sert à rien de discuter, c’est un ordre du gouvernement. Il faut bien qu’il se protège le gouvernement, alors il fait quelque chose. Il fait travailler les grands laboratoires internationaux en tous cas… Bon, je les suis. A la porte de la marina, l’infirmière est là, avec une glacière remplie de vaccins. Elle vaccine tous les employés et les navigateurs.
Je donne mon carnet de vaccination. L’infirmière marque le vaccin, mais elle n’a pas de tampon. La preuve internationale n’existe donc pas, mais elle dit que ça n’a pas d’importance… Elle pique, les deux autres français et moi, puis les employés…
J’avais demandé à Antonio et à Alexis de me mettre en rapport avec un fabriquant de taud. Ne voyant venir personne je rappelle Alexis. Pancho, le fabriquant arrive vers 11h30. Il prend les mesures et repassera à 15h avec un devis.
J’appelle José de l’agence de voyage qui me fournit les billets. Il n’avait pas lu le mail de Teddy, ni le mien pour trouver un billet pas cher pour Teddy… Ici il faut être derrière les gens si on veut que ça avance ! Il voit et doit me rappeler. En fin d’après midi, je le rappelle, il trouve un billet Air France, AR Paris Caracas pour 230 euros ! Super !
L’artisan qui fait des taud passe avec un devis à 500€, ce qui est exorbitant. Il m’explique que tout le matériel est importé et donc au prix européen… Je vais réfléchir.

Le 05.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à bord de son bateau à moteur. Il est à peine réveillé. Nous échangeons des nouvelles. Il m’apprend qu’hier il y a eu un tremblement de terre un peu au sud de Caracas qui a fait quelques dégâts jusque par ici… Je n’ai rien ressenti, il faut dire que j’étais sur l’eau… Christian passera m’aider pour quelques questions électriques avant que je ne parte.
Je fais ma lessive, puis l’inventaire de la nourriture à bord du bateau pour connaître les ressources avant d’aller faire le complément calculé large pour une traversée à la durée variable selon les vents, les courants et les ennuis. Ça me prend toute la matinée et je n’ai pas fini !
Je dois jeter des sacs de sucre en poudre trop humide, des sacs de farine avec charançons, idem pour des fruits secs. Dans le bateau il y a encore des charançons vivants, bien qu’il y aie bien des cadavres, mais il n’y a plus un seul cafard. L’acide borique est super efficace !
Depuis mon retour, les vents dominants sont d’ouest, alors qu’ils étaient d’est, nord est lorsque je suie parti, il y a près de deux mois. Si ça continue, ce devrait être facile d’aller en Guadeloupe. Nous verrons si ça dure. Par contre ce vent est faible et intermittent.
L’artisan me rappelle pour le taud. Je lui dis que c’est trop cher. Il repassera à 15h pour étudier un taud plus court.
Pendant que je monte une nouvelle ligne pour pêcher pendant la traversée, Christian passe pour voir le guindeau. Avec son expérience d’ingénieur, il trouve vite deux pannes : des fils oxydés qui ne laissent plus passer le courant. Il m’aide à les changer et tout fonctionne !Demain il faudra que j’aille acheter des cosses de différentes tailles.
L’artisan repasse pour le taud et nous tombons d’accord. Il sera prêt dimanche.

Le 06.05.2009

Toute la nuit il a soufflé un fort vent d’est. Ce matin Christian me dit qu’il vient de voir sur internet les photos de la pluie diluvienne qui s’est abattue sur la Martinique engendrant des inondations et des glissements de terrain.
Christian s’est abonné à internet via un modem en payant chaque mois. Car les wifis du coin ont mis des sécurités avec mot de passe. Il n’y a donc plus de wifi accessible dans la marina. Pas de service aux navigateurs. Il faut aller aux nombreux cybers du centre commercial en payant bien sur…
Je vais en ville à la recherche de cosses. J’en trouve certaines pas d’autres, introuvables ici d’après les marchands. Quelques courses et je rentre au bateau par le bus. A un moment le bus s’arrête à un carrefour. Le chauffeur siffle en direction du dehors. Il y a une marchande de poisson et un vendeur de papelon sur le trottoir. La vendeuse de poisson vient voir ce que veut le chauffeur. Un verre de papelon. La vendeuse de poisson va en prendre un chez le vendeur de papelon et l’apporte au chauffeur qui lui donne l’argent. Il était temps car derrière ça klaxonne. Qu’importe ! Le chauffeur redémarre et franchit le carrefour, verre à la main, jus de canne, de citron et glaçons. Il boit doucement en conduisant d’une main en prenant son temps. Lorsqu’il a fini il lance le verre en plastique par la fenêtre du bus…
Teddy m’appelle car il n’a pas encore reçu tous les éléments pour son voyage en avion, Vénézuélienne de 40 ans vient me demander si je n’ai pas vu Yann. Elle m’explique qu’il va se marier avec sa tante… Je la renvoie chez Philippe. Il est en train de boire avec Yann et des dames de compagnie.
Je passe à la BLU pour vérifier qu’elle fonctionne. A cette heure l’émission passe bien. J’essaie un peu à tâtons depuis le temps que je ne m’en suis plus servi. On m’appelle dehors. La même Vénézuélienne me demande ce que je fais, elle veut aller manger avec une amie dans le centre commercial et elle m’invite. Je refuse et elle s’en va. Elle a tenté sa chance…
Je me remets sur la BLU. J’envoie un mail de demande de fichier météo. Il part bien. J’attends un moment pour la carte météo. Je fais un contact et elle arrive. Donc ça fonctionne bien. La BLU consommant beaucoup d’énergie, il faut faire fonctionner le moteur en mer.
Demain il faut que je me penche sur l’AIS pour le faire fonctionner.

Le 07.05.2009

Réveillé de bon heure, je profite de la fraicheur pour me remettre sur le moteur de l’annexe. Il démarre puis cale. Je mets l’annexe à l’eau. Je veux descendre le moteur. Les vis du siège sont bloquées. Je force en mettant du WD40. Une vis se dégrippe un peu. L’autre résiste et c’est la vis de la poignée qui lâche. Je vais chercher la perceuse pour chasser les restes de la vis rouillée et agrandir le trou pour mettre une vis d’un diamètre supérieur. L’opération peut être simple, mais en l’occurrence, j’y laisse quatre mèches neuves achetées chez Casto en France ! Je passe plus d’une heure à désoxyder ces deux t dire que j’avais déjà fait la même chose il y a deux mois ! La navigation doit composer avec une oxydation permanente de la coque, de l’accastillage, du matériel électrique et électronique…et tout le reste !
Je mets le moteur sur l’annexe. Je démarre et le fais tourner un moment. Il ne tient pas le ralenti. Je redémonte le carburateur, nettoie et remonte. Même fonctionnement aléatoire. Le temps passe. Alors avant la fermeture de la pompe, je prends les jerrycans et je vais à la pompe de la marina. 65 litres de gasoil pour moins d’un demi euro. Je les vide dans les réservoir et fais un nouveau plein avec 15l d’essence : 0,6 euro. Les pleins sont faits à peu de frais. Au retour de la pompe je vois un plongeur qui nettoie les coques. Je lui demande s’il peut nettoyer la mienne. Il vient et me demande 300 bolivars (moins de 50 €). Un autre ce matin, m’a demandé 450… C’est d’accord. Le départ approche. Il faut encore que je m’occupe de faire remplir une bouteille de gaz pour avoir de la marge pour la traversée… La plaisance c’est fatigant !
Je retourne vers l’AIS. Mes connaissances en informatique étant ce qu’elles sont, je n’arrive pas à le relier au port com 4. J’y passerai encore du temps et j’espère réussir.
Mimi m’appelle pour me dire que Teddy n’a pas encore reçu de mail pour son billet électronique. Je rappelle José qui lui renvoie un mail avec son billet électronique. Espérons que cette fois sera la bonne. Le vol a lieu Lundi, dans peu de jours…

Le 08.05.2009

On est vendredi. Je veux changer un éclairage néon par un plus neuf. J’y passe vraiment du temps et ça ne marche pas. Je n’avais qu’à lire car c’est indiqué dessus que c’est en 220 volts. J’aurai pu gagner du temps. En tous cas, j’en profite pour nettoyer le coin de la cuisinière et de ses vapeurs grasses.
Je fais pendant ce temps le plein d’un des réservoir d’eau douce, puis de l’autre. Vu le débit des robinets ici, ça prend du temps. Pendant ce temps arrivent le nettoyeur de coque avec un ouvrier. Ils sont en combinaison. Ils ont un compresseur pour travailler sous l’eau sans avoir besoin de remonter sans cesse. Pendant que je suis dans le bateau, je les entends gratter la coque. Je fais une lessive car dans la cabine tribord, j’ai trouvé le drap mouillé. Je me demandais d’où pouvait venir cette fuite. Après recherche, elle venait d’un pack de canettes de bière. Deux canettes étaient percées par électrolyse sans doute !
Mimi me rappelle pour me dire que Teddy a reçu son billet jusqu’à Caracas, mais pas jusqu’à Cumaná… Je rappelle José qui me certifie envoyer un mail sur le champ ! J’appelle Teddy pour le rassurer. Il est tout joyeux de venir, de retrouver les tropiques et l’océan ! Tant mieux…
Je vais chez le coiffeur pour être propre pour le voyage et ne pas arriver hirsute aux Açores. Un homme neuf, je pense en me voyant dans la glace. Je fais un grand sourire et remercie ma coiffeuse très ronde.

Le 09.05.2009

Au réveil, je termine un livre que j’ai lu jusqu’à la fin sans grande conviction : Christophe Colomb, Mémoires de Stephen Marlow. Ce sont bien les mémoires de Colomb. Mais l’auteur, les écrit en à la première personne tout en se mettent par moment au 20ème siècle… Il parle des autres biographies de Colomb, compare, dit ce qu’il en pense sur tel événement. C’est énervant et on ne sait ce qui est vrai ou ce qui n’est que l’interprétation de l’auteur. 600 pages qui dressent un portrait psychologique et un univers historique avec le langage d’aujourd’hui. Je ne suis pas sur d’en savoir tellement plus sur Colomb et ses frères Bon si vous avez quelques chose de plus pressé à lire, vous pouvez…
Je vais au centre ville, à la serrurerie qui m’a fait le double de la clef moteur, pour qu’il me la retouche. Il est fermé, les magasins proches aussi. Il n’est que 9h, peut être n’ouvre t-il qu’à 10h. Je vais avenue Bermudes, là les magasins sont ouverts ou ouvrent. Je prends un bon papelon bien frais en pensant que bientôt, je n’en aurai plus l’occasion. Je retourne à la serrurerie à 10h. Elle est fermée, mais la fleuriste d’à côté a ouvert. Je lui demande si elle sait si la serrurerie va ouvrir ? Pas ce matin car il a eu un appel urgent de la faculté pour un travail et il est parti avec sa fille. Peut être cette après-midi ou mardi…
Avant 14h on frappe sur la coque. Je monte dans le cockpit. El señor Pancho et là avec deux de ses fils et le taud de soleil. Il est venu l’essayer avant de faire les finitions. Les bouts de fixation sont trop courts, mais le reste se présente bien. Il va faire les passages pour l’artimon et pour la balancine, rajoutes les fixations pour les côtés et il revient demain matin. Voilà un artisan vénézuélien qui respecte ses délais ! Le taud est blanc, il m’avait présenté du beige, ce sera plus salissant mais moins chaud.
C’est un jour sans. Je n’ai le courage de faire quoi que ce soit. Alors je glande, je me réfugie sur mon ordinateur avec la musique. Je trie les morceaux, les genres. Je m’occupe quoi. Je ne fais rien d’urgent, mais c’est comme ça.

Le 10.05.2009

Je change les pavillons ou ce qu’il en restait pour des neufs, France et Europe. Tout de suite ça présente mieux. Mais dans trois mois ce sera la même chose. Les fabricants de pavillons doivent en fabriquer dans le seul but que le client soit obligé de les renouveler rapidement !
Je démonte le vieux taud fait en Casamance pour récupérer les sangles très solides et les bouts. Quelle manie de récupérer toujours. Mais en mer on a souvent besoin de choses qu’il faut avoir à bord…
Je vérifie le gréement dormant et le gréement courant. Tout est en ordre. Je mets en marche le moteur qui démarre au premier coup. Je le laisse tourner un quart d’heure, marche avant, marche arrière puis de nouveau marche avant. Moteur et inverseur fonctionne bien. L’hélice pousse bien dans les deux sens.
Je range dans les deux cabines arrière.
Teddy arrive demain. J’aère. L’autre cabine sera pour Nataly, une Vénézuélienne qui m’a demandé de la déposer en Guadeloupe où vit sa sœur. Nous avions passé le nouvel an en sa compagnie avec son ami Philippe à bord du bateau d’André et de Sylvaine. Elle rigole tout le temps. Mais elle m’a annoncé qu’elle est malade en mer. Ça promet ! Mais de Cumaná à la Guadeloupe il n’y aura que 5 à 7 jours de navigation…
Aujourd’hui, c’est la fête des mères. Sur mon mob ile je reçois des publicités pour des appareils et des abonnements à prix bas pour les mères. Je n’ai plus de mère, ni de père d’ailleurs. La mère de mes enfants n’est plus… J’ai ce sentiment d’être orphelin que chante Barbara dans une de ses belles chansons. J’ai mes enfants et Mimi en France…
J’essaie d’appeler Mimi un bon nombre de fois. Hélas, il n’y a pas de ligne, tout le Venezuela téléphone en même temps. Je finis par l’avoir sur le fixe, puisque tout le monde utilise un mobile ici…

Le 11.05.2009

Je dors mal et suis réveillé tôt. C’est le dernier jour que je suis seul à bord. Teddy arrive ce soir. J’espère que les vols vont bien se passe pour lui et j’irai le chercher à l’aéroport de Cumaná. Je vais au marché pour réassortir le frais. Les mois passent, les fruits changent. Les clémentines sont rares ; les mangues sont revenues en nombre, de plusieurs espèces, délicieuses. Les fruits de la passion sont toujours là, les goyaves aussi. Des sortes de grosses jujubes sont apparues. Les poissons aussi changent, la lotte que j’aime bien se fait rare…
Au retour, je vois Alexis, l’agent à tout faire, il me rapportera la bonbonne de gaz remplie ce soir. Je lui rappelle que je lui donnerai les papiers à faire Jeudi, pour une sortie officielle.
Après le déjeuner, le señor Pancho passe avec deux de ses fils pour livrer le taud de soleil. Nous l’installons à quatre. Il va bien, avec les côtés qui descendent assez bas, ça fait bien de l’ombre tout en donnant une b elle hauteur sous toile. Blanc ce sera salissant, mais ce sera ce qu’il y a de plus frais. Et puis c’est très class !
Je nettoie le bateau. D’abord dedans. Je range et prépare les deux cabines arrière. En prenant les draps, je m’aperçois qu’ils sentent le moisi. Je les laves et ils sèchent en quelques heures.
Je nettoie aussi le pont, à cause des chiures de cormorans ! Quelle saloperie, ils reviennent toujours. Je les chasse toujours aussi. Et puis il y a cette poussière ocre qui se dépose sur les haubans, les taud, le pont. C’est une poussière de terre qui vient d’est avec le vent. Elle est fine, impalpable, mais salit tout. La sécheresse favorise cet envol de terre qui va se déposer plus loin.
Vers 17h, j’appelle Teddy. Il est à Caracas, il attend le vol pour Cumaná. Tout va bien ! J’avais commandé un taxi pour 19h30. A 19h45, il n’est pas là ; je lui fais téléphoner. Il est occupé et pourra être là dans une demi-heure… C’est chaque fois pareil ! Je trouve un taxi sur le parking du centre commercial. Il roule vite et je ne suis qu’à moitié rassuré.
A l’aéroport, Teddy est déjà là, tout sourire. Il est heureux d’être là, mais fatigué par le voyage. Nous revenons directement à la marina et au bateau.
Un t’it punch des œufs sur le plat et du fromage. Une courte discussion et Teddy va récupérer dans sa cabine.

Le 12.05.2009

Je suis réveillé avant Teddy, qui récupère son décalage horaire. Nous passons la matinée à se reposer et à prendre connaissance du bateau pour Teddy. A midi je prépare la cuisine car Nataly doit venir pour faire connaissance avec Teddy avant de se joindre à nous jusqu’en Guadeloupe. Elle arrive avec une amie, Amélia. Christian aussi arrive au moment de l’apéro. Il a du remarquer que nous avions deux filles à bord. Après l’apéro, il ne part pas, il déjeune donc avec nous.
Christian me demande si j’ai trouvé quelqu’un pour réparer les instruments de bord. Non, il n’y a personne ici qui sache faire. Il me dit : Si moi, lui qui m’avait dit ne pas avoir le temps. Il me laisse entendre qu’il passera. Il s’en va, Nathalie aussi, et Teddy va faire sa sieste. Je reste avec Amélia. Je la fais parler ; elle me raconte sa vie. 34 ans, deux enfants 11 et 10 ans, divorcée depuis 10 ans et au chômage en ce moment. Le tableau classique qui cherchent une aide. Je l’écoute : elle ne veut pas de mari macho vénézuélien. Elle a trouvé un Français de 60 ans qui veut l’épouser. Elle n’est pas amoureuse, mais il est gentil et il a fini par aimer ses enfants. Alors elle va sans doute se marier en France… Venezuela, Sénégal, Thaïlande, pays du tiers monde : toujours le même tableau des femmes qui rêvent de changer de vie, d’être amoureuses ou en tout cas à l’abris du besoin…
Il n’y a pas de vent et il fait très chaud !

Le 13.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à son bateau pour savoir s’il veut passer cet après-midi. Il n’a pas trop envie de faire ce travail… Il se fait prier comme une pute. Après une demie heure de négociation, il passerait dans l’après midi faire des mesures électriques… Vers 13 heures, je le vois entrer dans le bateau de Philippe, ils vont boire avec des filles…
Paulo et Nicole arrivent ce matin d’un séjour d’un mois en Martinique. Pour descendre au Venezuela, ils ont eu une mer agitée avec une houle courte, très inconfortable, avec un vent 20 à 25 nœuds. Il paraît que ça va se calmer en fin de semaine. Nous somme prévenus, la mer sera sans doute agitée.
Nous allons faire un tour en centre ville pour que Teddy découvre. Il cherche des tee-shirt avec Venezuela dessus et il en trouve…
Nathalie passe. Je le lui dis. Elle est songeuse, elle va réfléchir et nous dira dans l’après-midi si elle vient en bateau avec nous. Elle a déjà fait l’expérience en catamaran qui remue moins qu’un quillard et elle a été malade tout le temps. Je pense qu’elle ne viendra pas, ce qui m’arrangerait plutôt que de la trimbaler malade, avec son sceau…
Christian ne passant pas, je passe voir Paulo qui vient voir. Il réfléchit sur le circuit des instruments, fait des déductions et des mesures, y passe plus d’une heure et me dit ce que nous devrions faire. La nuit &étant tombée, c’est la pause.
Teddy fait la cuisine, nous mangeons et au lit après un peu de fraicheur dans le cockpit…

Le 14.05.2009

Dés le réveil, nous nous mettons à suivre les fils des instruments pour voir ce qui pourrait être coupé, dessoudé, oxydé. Finalement le sondeur fonctionne, alors que le loch refuse. Pour la girouette anémomètre, il faut que je monte au mât pour placer la nouvelle girouette. Je monte avec baudrier, assuré par la drisse de grand voile que Teddy raidit au fur et à mesure sur le winch. Je monte prudemment en haut des 15 mètres. C’est la première fois depuis plusieurs mois. Les muscles se tendent et j’arrive en haut. Je change facilement la girouette. J’en profite pour vérifier gréement et poulie. Tour va bien. Je redescends et nous essayons : l’écran n’indique rien. On a beau triturer les fils, vérifier les branchements… Rien… Bon, ce n’a rien d’indispensable. Teddy s’en passe facilement, moi, je préférée quand ça marche, mais nous verrons plus tard…
Je vais voir Alexis pour qu’il nous fasse les papiers de sortie du bateau et des personne. Au même moment un employé de la marina, m’apporte un passeport, celui de Nataly, qui donc viendra avec nous jusqu’en Guadeloupe. Pourvu que ça se passe bien et qu’elle ne soit pas malade tout du long !
En même temps, je récupère la bouteille de gaz qu’Alexis à fait remplir. Nous avons de quoi traverser !
J’appelle le changeur, qui viendra cet après-midi pour nous changer un peu d’argent pour faire les dernières courses que nous ferons demain matin et nous pourrons partir samedi matin. Teddy m’ayant fait remarquer que les marins ne partaient jamais le vendredi par superstition. Nous irons en Guadeloupe déposer Nataly et voir des amis de Teddy. De là nous ferons une halte à Saint Martin, l’île moitié française, moitié néerlandaise, faire le dernier ravitaillement avant la traversée pour les Açores. Teddy connaît la Guadeloupe et Saint Martin où il a fait de nombreux convoyages…
J’ai mon change vers 18h, demain nous pourrons aller au marché. Je vais au cyber regarder mails et météo. J’avais envoyé un mail demandant l’initialisation de ma carte Sim d’Iridium. Mais, je n’ai aucune réponse. Idem pour Daniel le routeur. Je téléphonerai demain.

Le 15.05.2009

Nous allons au marché. On y rencontre Nataly qui nous cherchait puisqu’elle savait que nous y irions. Elle nous emmène là ou elle travaille à faire des arepas et des batidos. Elle nous offre une arepa à chacun et une boisson. Puis elle nous emmène dans le marché aux fringues puisque Teddy cherche des tee-shirt avec marque dessus Venezuela. Elle nous mène là où il faut car nous n’avions pas trouvé avant…
Nous faisons des achats de fruits et légumes, poisson et viande. Nous rentrons au bateau sous une chaleur accablante qui nous fait transpirer comme des fontaines.
Alexis nous apporte les passeports et la zarpe (sortie) pour le bateau. Nous sommes prêts. Lorsqu’après déjeuner, Philippe nous appelle et vient au bateau. Il vient de recevoir un appel de Nataly qui ne vient plus car sa mère vient d’avoir un infarctus…
Teddy est déçu, il avait des espoirs qui s’écroulent… Nous serons donc deux pour le voyage. C’est Mimi qui va être rassurée !

Venezuela & Brasil

Posted on mars 8th, 2009 by Christian

Venezuela Brésil

Le Lundi 12.01.2009
L’excitation du départ nous réveille tôt ; nous allons bouger, voir du pays. Mimi est toute contente. Les sacs à dos sont prêts depuis la veille au soir.
Petit-déjeuner sans se presser, puis nous sortons les sacs et nous fermons le bateau. J’ai répandu sur le plancher et dans les coffres de l’acide borique, fine poudre blanche, remède souverain contre les cafards. Nous avons l’espoir de les exterminer durant notre absence !
9h30, c’est le départ pour la gare des cars. Le guide parle d’un car venant de Caracas qui va au Brésil en passant par Ciudad Bolivar. C’est la ville d’où l’on peut aller au Salto Angel, la plus haute chute d’eau du monde avec 987 mètres !
A la gare, nous trouvons un car qui part pour San Feliz, à côté de Ciudad Boilvar et qui part dans quelques minutes. Si non il faut attendre plusieurs heures. Je prends deux billets et on monte dans le car. Car moderne, un Marco Polo de Scania, avec fauteuils-lit, toilettes, TV…
Et hélas climatisation ! Je dis hélas car elle est réglée sur 17°, ce qui fait qu’on a vite froid, surtout lorsque le corps est habitué à des températures autour de 30° depuis des mois.
Par mesure de sécurité les rideaux du car doivent rester fermés, si bien qu’il est difficile de voir le paysage. Nous passons par Puerto La Cruz, puis nous allons vers Ciudad Bolivar et tournicotant d’abord dans les montagnes basses, puis dans des plaines boisées.
Le car s’arrête pour que les passagers se restaurent dans des cafés restaurants au bord de la route ou dans des gares des cars. Toujours la même nourriture frite : empanadas, dulces…
A 20h, nous arrivons à Puerto Ordaz, une ville champignon près de puits de pétrole, au bord de l’Orénoque. La ville a de larges avenues, des immeubles neufs, des grands magasins, des lumières partout !
Nous descendons pour changer de car pour Ciudad Bolivar.
Il y a de la place ; nous voilà repartis. Les sièges ont beau être confortables, on finit par s’ankyloser. Une heure de route et voilà la banlieue de Ciudad Bolivar. La ville est plus ancienne et plus pauvre. Fondée au 16ème siècle, après une splendeur coloniale, elle s’est endormie au bord de l’Orénoque. Gina et Piotr, navigateurs amis, nous ont donné des indications et l’adresse d’une bonne posada dans le centre historique.
Nous prenons un taxi qui nous y conduit. Les maisons sont de type colonial, avec de hautes portes et fenêtres, des murs peints de couleurs vives. C’est beau !
La posada Don Carlos est une vielle bâtisse coloniale retapée avec beaucoup de goût. Les bâtiments entourent deux patios intérieurs. Les murs sont crépis et blancs. L’entourage des portes et fenêtres laissent voir la brique nue. Portes et fenêtres font plus de trois mètres de haut, en bois avec jalousies. Des grilles de fer forgé protègent les issues. La hauteur de plafond est d’au moins 4 mètres.
On nous donne une chambre à trois lits avec une mezzanine. La chambre est vaste, décorée, superbe. Nous posons les sacs et demandons où nous pourrions dîner. Le gardien hésite et nous dit sur le boulevard qui longe le fleuve, non loin.
Nous y allons, par les rues vides. Mimi n’est pas trop rassurée. Quelques rues plus loin, voici l’Orénoque (Orinoco), large de plusieurs centaines de mètres, aux eaux marron et apparemment avec du courant.
Toutes les boutiques sont fermées, les restaurants aussi. Mimi est pressée de rentrer. Demi-tour et nous grignotons fruits et biscuits à l’hôtel. La fatigue du car nous permet de dormir rapidement !

Le 13.01.2009-01-29
Le petit déjeuner est super, avec œufs, fromage, fruits et pain confiture. De quoi bien commencer la journée ! Après avoir pris notre temps, nous allons à l’aéroport où sont installées les agences qui organisent des tours vers le Salto Angel et la Gran Savana.
Le taxi nous dépose devant l’aéroport, devant un avion à hélice, celui d’Angel, avion avec lequel il a découvert le Salto (Chute d’eau) qui porte son nom. C’était les débuts de l’aviation ; il fallait être gonflé pour prendre l’air avec de tels engins.
Nous entrons dans l’aéroport et par les vitres nous apercevons sur les pistes des avions encore plus petits ! C’est ceux qui emmènent les touristes au Salto Angel ! Ca promet des sensations !
Nous allons voir l’agence que Claude nous a recommandée. Elle nous explique le tour proposé et nous donne un prix. Nous allons voir une seconde agence, puis une troisième. Nous marchandons les prix. Les agences baissent un peu, pas plus. Nous choisissons une agence qui propose un tour de trois jours et deux nuits dont une dans un campement isolé près du salto.
Nous prenons des billets pour le lendemain.
Nous reprenons un taxi pour le boulevard qui longe l’Orénoque. Nous marchons sous le soleil, plus chaud qu’à Cumana. L’Orénoque est impressionnant pas sa largeur, par son courant, par les îles et rochers qui émergent dans le lit, par la végétation sur ses rives et ses petites plages par endroit. Un pont suspendu par deux hauts piliers l’enjambe au loin. Dans la ville, il n’y a pas de pont, mais des navettes qui servent aux habitants qui ont fait construire sur l’autre rive. On voit les navettes luter contre le courant pour arriver enfin à traverser.
La ville semble calme et sûre. Nous allons au marché aux poissons, le mercadito. Là il y a de vieux bâtiments qui abritent des restaurants où l’on peut manger les poissons du fleuve. Les serveurs racolent les rares clients, souvent des touristes. Nous nous attablons en terrasse, au bord du fleuve. Il y a de l’ombre et de l’air. Nous commandons un poisson local, le lau-lau.
Avec frites et salade, c’est succulent !
Nous visitons la ville ancienne. Il y a des rues en pente dont les deux côtés sont une alternance de couleurs vives. Les maisons sont repeintes soigneusement. La place Bolivar, il y en a une dans chaque ville, est superbe : un parc central bordé par la cathédrale, la mairie, des musées et des administrations. L’architecture coloniale est superbe ; elle donne l’impression de robustesse, de richesse, de confort. Les maisons ont des toits de tuiles. La hauteur de plafond donne de la fraîcheur. Les patios apportent la verdure, des fruits, des fleurs et l’eau de pluie ou de fontaines. Le commerce est très présent dans les boutiques et dans la rue.
A la tombée de la nuit, nous prenons la précaution de chercher un restaurant plus tôt. Nous allons vers le boulevard longeant l’Orénoque. Pas de restaurant. Nous demandons à une jeune femme. Elle nous explique, et finalement nous conduit. Nous allons vers le centre ; les boutiques ferment avec la tombée du jour ; les restaurant aussi. Deux chinois ferment ; les gens ont peur de l’insécurité, chacun rentre chez soi. La jeune femme nous conduit plus loin, jusqu’à un restaurant qui lui ne ferme pas. Nous l’invitons à dîner. A un moment vient sa sœur. Nous discutons un moment. Elle veut nous entraîner à Puerto Ordaz pour nous montrer la ville et le pont sur l’Orénoque à la construction du quel son mari a participé. Au retour peut être… Nous nous quittons pour aller dormir. Demain départ à 7h.

Le 14.01.2009-01-29
Départ à 7h. L’agence vient nous chercher et nous conduit à l’aéroport. Vérification des bagages. Nos deux couteaux sont mis de côté et donnés au pilote qui nous les rendra à l’arrivée.
Sur la piste il y a plusieurs « avionetas » des coucous à six places dont une pour le pilote. Les ailes sont en alu riveté de façon très artisanale ; les roues sont toutes petites…
Les bagages d’abord, puis on monte. Les sièges sont petits et au raz du sol ; on s’installe comme on peut. Le pilote met en route. Le moteur fait un bruit qui couvre les conversations. Le pilote met les gaz, l’avion roule sur la piste asphaltée. Tout vibre. L’avion se cabre, la queue touche le sol et on quitte la terre. On survole la ville et prenant de l’altitude ; les maisons sont ordonnées dans les quartiers. La majorité des toits sont en tôle.
Le paysage est superbe. Nous volons sous les nuages. La ville s’éloigne, la plaine vallonnée succède à de la forêt. Puis la forêt domine. Par endroit émerge un tepuy à 2000 mètres d’altitude. C’est une formation géologique, une gigantesque table sortie du sol, une roche dure qui a résisté à l’érosion. Les flancs sont couverts de forêt le plateau aussi. Souvent du sommet d’un tepuy, coule une cascade, un salto. Les tepuyes sont protégés. On ne peut les escalader, car ils sont censés être la demeure des dieux indiens… La région est parsemée de tepuyes. Plus loin, on survole une région très irriguée avec un lac intérieur très grand. Des pistes vont on ne sait où et s’interrompent dans l’eau. On voit des pirogues et quelques toits de maisons. Les habitants ne sont pas dérangés par les voisins !
Vers midi l’avion baisse d’altitude, une piste en terre se présente et un petit village aux toits de chaume. Les roues touchent la piste et l’avion s’immobilise. Les sensations sont plus fortes que dans un gros avion moderne et l’on voit bien mieux le paysage en volant à 750 pieds.
Une camionnette nous conduit au campement et à un embarcadère. Une pirogue nous prend. Nous sommes une dizaine à bord avec un pilote indien. On remonte le fleuve, le rio Churun. De part et d’autre, c’est la forêt dense. Toutes sortes d’arbres dont certain arrivent à dominer le reste de la canopée. Des lianes pendent jusque dans l’eau. Des orchidées ont colonisé beaucoup d’arbres. Le rio a un fort courant que la pirogue remonte grâce à son moteur de 48 chevaux. Par endroit on voit l’eau bouillonner, faire des vagues et sauter des déclivités de 50 centimètres. Le pilote choisit son angle d’attaque et l’endroit précis où il y a assez de fond et la pirogue remonte le rapide. Les gerbes d’eau jaillissent de chaque côté ; quelques-unes rentrent dans la pirogue. Gare aux appareils photos ! Nous sommes tout mouillés. Le pilote écope l’eau des fonds.
Après plusieurs rapides, il faut descendre et marcher pour que le pilote remonte un rapide sans la charge des passagers. Le paysage est magnifique, une sorte de savane, avec les tepuyes à l’horizon. Le sol est parsemé de roches volcaniques et de sable très fin, blanc rose. Des herbes font des fleur. Plus d’un kilomètre plus loin nous remontons en pirogue pour approcher du Salto Angel. On déjeune dans la pirogue avec des sandwichs. Nous arrivons vers 14h au pied du salto, au campement.
Nous laissons nos sacs au campement et nous voilà partis sur un sentier de forêt. Nous traversons une rivière à guet. Puis le sentier grimpe sous le couvert de la forêt. Ce n’est qu’un entre-lac de racines et un entassement de pierres instables ou hautes. L’escalade dure. Mimi traîne les pattes, mais elle s’accroche courageusement. Moi aussi je suis fatigué lorsqu’on arrive au belvédère d’où l’on voit le salto devant nous, avec toute sa hauteur. Le bruit est impressionnant, la chute aussi. L’eau rebondit sur les rochers plusieurs fois et finit au sol dans un nuage d’embruns. C’est d’une beauté saisissante. Le paysage est grandiose ; les spectateurs sont petits !
Chacun prend des photos et il est temps de redescendre. Même sentier escarpé, difficile à descendre. Il faut éviter de glisser. Les plantes sont partout avec de grandes feuilles pour certaines et des orchidées sur chaque arbre ! Un horticulteur ferait ici une récolte superbe ! Mimi peine. Il faut presser le pas avant la tombée de la nuit. Dans le noir ce serait plus difficile et il y aurait des animaux peut être. L’argument lui redonne du courage ! Nous arrivons avant la nuit à l’embarcadère puis au campement proche. Les poulets finissent de griller sur la braise. Nous dînons à la lueur des bougies sur des tables à toile cirée au milieu de la jungle !
A côté, les hamacs sont suspendus aux poutres d’une paillote. Chaque hamac a sa moustiquaire. Les autres personnes du tour restent discuter en espagnol. Ils sont Vénézuéliens ou Argentins. Nous sommes les seuls Européens et non hispaniques. Nous sommes fatigués ; nous sommes aussi les plus âgés. Nous nous glissons dans nos hamacs, sous les moustiquaires. Il fait frais et humide, une couverture n’est pas de trop. On entend les autres qui parlent et le bruit du salto proche. Peu de bruits d’oiseaux, pas de mammifères…

Le 15.01.2009
J’ai bien dormi dans mon hamac malgré l’humidité. Je me réveille tôt. J’entends le bruit du salto. Je soulève la moustiquaire. Mimi dort encore dans le hamac d’à côté. Peu à peu d’autres se réveillent et commencent à parler. Les sud-américains sont sympa, mais pas silencieux !
Je vais regarder la majesté du salto sous le soleil oblique du matin. Des nuages nocturnes s’accrochent encore au sommet du tepuy. Près du campement, je regarde les plantes. Je vois des nids d’abeille ou de fourmis ou de termites suspendus aux branches. En remontant le fleuve en pirogue, j’en voyais beaucoup dans les arbres. Je vois aussi des rapaces perchés, qui se laissent approcher à distance raisonnable sans s’envoler. L’un, plus craintif, change de branche.
Je reviens vers le campement. Mimi a du mal a émerger. Le petit déjeuner la sort du lit, du hamac plus tôt. Il est 8h, c’est l’heure du départ en pirogue. Hier nous avons fait 4 heures de pirogue pour remonter la rivière jusqu’au salto. Aujourd’hui nous sommes dans le sens du courant. Trois heures suffiront. Avec le courant, nous allons vite, même dans les rapides. Le pilote a vraiment un oeil sûr ! C’est un super pilote !
C’est agréable de voir le même paysage dans l’autre sens, avec la lumière du matin. L’eau est marron et là où elle est moins profonde, elle a la couleur du thé, du cognac. C’est magnifique. Mimi s’extasie, elle est emportée par le spectacle grandiose de la nature. Moi aussi, je suis dans mon élément dans cette nature grandiose. Pourtant j’en sens toute la force. Je n’aimerai pas m’y perdre. La forêt ne pardonne pas. Il faut tout le savoir des indiens pour y survivre. Nous sommes en territoire indien. Ce sont des indiens qui nous ont pris en charge, qui nous guident. Ils sont habillés à l’américaine, tee-shirt et blue jean, mais ils vivent ainsi sur leur terre, dans leur communauté.
Nous revoilà là où le rapide laisse trop peu de profondeur pour passer, alors nouvelle marche dans cette nature qui semble vierge, hors des âges, sortie de la préhistoire. Pourtant il y a un chemin et on y rencontre un autre groupe qui va voir le salto. On y rencontre Alex et Florence, rencontrés à Ciudad Bolivar. Elle vient pour deux semaines de vacances et lui monte une entreprise de tourisme au Venezuela à 24 ans ! Bravo ! Et ils sont sympa. Nous nous quittons en continuant le chemin. A un endroit une jeune indienne tient un stand de bijoux et vanneries. C’est beau. Elle vend aussi des sarbacanes. Certains en essaient sur une cible, non sans succès…
La pirogue descend le fleuve jusqu’à une chute peu importante en hauteur, mais avec un débit important. L’eau tombe de quelques mètres sur un rocher arrondi et dans une sorte de piscine on appelle l’endroit le pozo de la felicidad (le puits du bonheur). Nous descendons et les plus intrépides se baignent dans l’eau fraîche. Les autres suivent, sauf moi qui ai une laryngite due à l’air conditionné du car. Je n’ai plus de voix et j’ai hâte que ça passe ! La plus intrépide est une vénézuéliennes de 30 ans, serveuse à Las Vegas, qui va jusque sous la chute. Mimi aussi veut faire la sirène. Je prends des photos depuis un rocher au sec.
Il est temps de reprendre la pirogue. Nous arrivons au campement de l’île Anatoly. De là on voit une série de quatre chutes impressionnantes par leur débit et leur grondement. Le site est grandiose ! Nous y prenons un déjeuner avec le traditionnel poulet riz haricots.
Après une petite sieste, nous allons à pied vers une des cascades, le salto Sapo. Nous la regardons de près, puis nous passons derrière, entre l’eau et les rochers. Pour ça il faut traverser un rideau d’eau qui nous masse vigoureusement au passage. Des herbes réussissent à vivre presque totalement immergées dans l’eau courante ! De gros blocs de rocher sont pèle mêle au pied de la cascade.
Nous restons un bon moment à regarder les torrents d’eau qui chutent. Des jets d’embruns jaillissent de la chute. Le spectacle est fabuleux ! Après une longue contemplation, nous montons par un sentier raide pour voir une autre cascade vue du dessus. On peut approcher du bord et voir les torrents d’eau tomber avec vitesse et violence. Du bord, on ne risque rien, mais malheur à qui se laisse emporter. Un guide célèbre, Thomas Bernal, et un autre guide sont mort là, noyés, l’un victime d’une panne de moteur et l’autre tombé à l’eau et emportés par le courant…
Quelle beauté que cette nature vierge et majestueuse ! Après les saltos, il y a une grande lagune, la lagune de Canaima. Elle est bordée par une plage de sable blanc rose avec des cocotiers et la forêt plus loin. Un jardin d’éden où on aimerai bâtir sa hutte !
Avant la nuit il est l’heure de rentrer. Nous marchons le long de la lagune dans le sable fin. Il y a des rochers fissurés, quelques arbres, palmiers et cocotiers. Quelques pirogues des indiens pour transporter touristes, nourriture, affaires diverses.
Après une douche, nous prenons le dîner dans la bonne humeur. Le groupe est sympa, il s’est soudé à mesure des choses vécues ensemble. Le soir certains préfèrent un lit, comme moi, et d’autres un hamac, comme Mimi.

Le 16.01.2009
Ce matin une pirogue nous conduit au village. Nous voyons une galerie de souvenirs sans intérêt. En marchant nous allons vers une autre galerie qui a des objets indiens superbes : masques, sculptures, vanneries. Les vanneries sont d’une finesse et d’une sobriété du plus bel effet. A côté de la galerie, il y a de grandes cages avec diverses races de singes, dont des singes rouges superbes. Une serre d’orchidées, mais ce n’est pas la saison de la floraison, dommage.
Nous rentrons et l’on nous emmène en pirogue devant les saltos. 4 saltos côte à côte, qui grondent et projettent des nuages d’embruns. Le spectacle vu de près est très impressionnant. Que la nature est belle et puissante ! On peut passer derrière un salto. Certains se mouillent. Puis nous suivons la plage jusqu’au village. Je ramasse des graines diverses, toutes de forme différentes, avec un Argentin, qui dirige un musée de sciences naturelles en Argentine à Santa Fe. Nous discutons souvent nature entre passionnés !
Le repas nous attend, puis une voiture nous emmène jusqu’au village et à son mini aéroport. Il y a la piste en terre rouge et quelques boutiques pour boire et acheter des souvenirs. Nous y retrouvons Alex qui a fini le repérage du tour qu’il proposera aux touristes de son coin, Valencia. Les petits avions emmènent leur touristes. Nous attendons le nôtre qui vient spécialement nous chercher. Nous ne sommes plus que trois. Les adieux avec les membre du groupe ont été très sympas, émouvants ; et chacun est reparti vers son destin, vers sa vie dans son pays.
Nous montons dans l’avion : le pilote et trois passagers. L’avion décolle facilement. Le spectacle féerique recommence ; les tepuyes, la forêt, les vastes étendues d’eau. Je photographie l’ombre de l’avion sur le sol. Une ville au loin, l’avion se dirige vers elle. On voit une piste et il atterrit. Il veut prendre un passager qui est absent. L’avion redécolle vers Ciudad Bolivar. Un atterrissage et un décollage pour le plaisir ! Les nuages sont au-dessus de nous, blanc neigeux. La ville approche. La piste et l’atterrissage parfait, la routine quoi, pour le pilote qui travaille en tenue de ville relaxe.
Nous revoilà à l’aéroport. Nous rencontrons un couple de français, coincés là par manque de moyen de retirer de l’argent. Ils ne savaient rien du change parallèle et leur carte ne leur permet pas de retirer plus qu’une somme dérisoire… Nous leur donnons quelques informations…
Nous passons à la gare des cars pour prendre les billets pour Manaus. On nous vend des billets jusqu’à Boa Vista au Brésil pour 120 bolivars. Nous achetons du poulet grillé et des fruits et nous rentrons à la posada où nous avions réserve une chambre, la même que nous avions auparavant. J’achète un médicament pour la laryngite. On mange et on se couche la tête pleine encore des images de nature.

Le 17.01.2009
Après un petit-déjeuner copieux, nus allons sur internet, dans la posada. Puis Mimi veut se reposer, passer tranquillement la matinée. Je vais alors seul en ville. Je prends un taxi pour visiter le musée Soto.
Soto est un artiste né à Ciudad Bolivar qui y a fait ses études et les beaux-arts. Puis il part à Paris où il retrouve des artistes de son pays et d’Amérique du sud. Il côtoie tous les artistes parisiens d’avant-garde des années 40 à la fin du siècle. Il meurt à Paris. Il a eu une démarche artistique radicale. Il défend l’abstraction et invente le cinétisme, avec quelques amis peintres.
Le portrait de Pompidou au musée Beaubourg à Paris est de lui. Il a fait don à sa ville de ses œuvres et de sa collection personnelle des œuvres de ses amis. Sa ville lui a construit un beau musée moderne.
Le musée est magnifique. La présentation des œuvres est moderne et agréable. Tous les textes sont en espagnol, très didactiques. Les œuvres de ses amis et les siennes montrent les voies de l’abstraction du 20ème siècle. Le cinétisme est présenté avec de très belles œuvres. Au bout du monde on retrouve Paris et ses artistes !
Un gardien vient discuter. Il me pose des questions sur la France, sur l’Europe. Pourquoi l’Europe a voté une loi restreignant l’immigration ? Je lui explique la crise, les SDF… Il n’en revient pas. Il pensait que tous les européens étaient riches… Les Tv du monde entier sont si pauvres en vraie information…
Je rentre retrouver Mimi et nous allons déjeuner en ville. Nous avons rendu la chambre, mais avons laissé les affaires à la posada. Donc retour à la posada où nous regardons internet une dernière fois avant le départ.
A 19h, un taxi vient nous prendre pour aller à la gare des cars. Le car arrive de Caracas à 19h30 et il repart à 20h pour Boa Vista. Beau car réfrigéré et confortable. Nous nous emmitouflons dans la couverture et en route pour un voyage de nuit. Nous traversons le paysage que nous avons vu en avion : plaines vallonnées, forêts, tepuyes…

Le 18.01.2009
Arrêt au matin près de la frontière à Santa Helena. Arrêt technique pour nettoyer le car et ses toilettes. On repart et un peu plus loin c’est la douane. Des bâtiments modernes et propres inaugurés récemment par le président. Les douaniers sont courtois. Ils montent à deux dans le car pour vérifier les affaires en demandant si on a des choses à déclarer, de l’électronique. Non. Ils s’en vont. Plus loin c’est le Brésil et la police. Descente pour tamponner les passeports. Puis la douane relaxe. Ca y est nous sommes au Brésil. Ca fait plaisir de voir un nouveau pays. Un peu plus loin, arrêt buffet. On peut encore payer en bolivars.
Le paysage est plus marqué par l’homme. Des lignes électriques traversent la forêt avec de larges saignées. Des maisons et des fermes tout le long de la route. Les maisons sont plus grandes, plus riches qu’au Venezuela. Les abords de la route sont avec des plantations d’arbres, des clôtures. Beaucoup d’eau, de près inondés, de rivières limoneuses…
La route est belle. Nous arrivons à Boa Vista. Vaste ville moderne, avec de larges avenues, des voitures neuves de petites cylindrées, européennes, de belles maisons, des arbres et des rues propres. Dans la gare je trouve un distributeur de billet qui fonctionne avec la carte visa.
Je retire des réals. Je peux aller acheter les billets Boa Vista Manaus pour 60 réals chacun. Au Brésil il n’y a pas de change parallèle. Le réal vaut un tiers d’euro.
Nous traversons la rue pour aller manger dans une churascaria. C’est un restaurant gril où l’on mange les plats payés au kilo. On se sert pour les entrées et les légumes, on fait peser et l’employé note le prix sur une note. Puis on va au gril et on demande ce que l’on veut : côtelettes, filet, poulet, cochon, saucisses… Le serveur sort une broche du gril, présente la viande et découpe un morceau. Les serveurs ont du mal à servir de la viande rouge, même rose. Il faut demander avec insistance. Ici les gens la mangent toujours bien cuite. La viande est succulente. On mange en se resservant plusieurs fois. L’adition est de 34 bolivars à deux ! On mange bien au Brésil et pas cher.
Il fait très chaud. On approche de l’équateur. On attend le car dans une salle climatisée. Des jeunes Brésiliens nous parlent et nous donnent des conseils pour nous débrouiller en brésilien. Nous avons des billets pour le car de 18h. Nous allons pour le prendre, alors qu’il est déjà parti. Nous n’avons plus pensé au décalage horaire d’une demi-heuree avec le Venezuela…
Retour au bureau qui nous change les billets pour le car de 20h. Nouvelle attente.
Le car est moins réfrigéré que le précédent. Il part avec la nuit. On ne voit guerre le paysage, on devine la forêt tout le long de la route. On ne tarde pas à s’endormir. On dort par morceaux, réveillés par les arrêts, par les soubresauts de la route, par les virages…

Le 19.01.2009
La route est souvent mauvaise. Le car ralentit. De part et d’autre la forêt équatoriale luxuriante. Arrêt à 6h, dans une petite ville moderne au milieu de la forêt. Petit-déjeuner et on repart.
A 7h30 on arrive en banlieue de Manaus. Les usines sont nombreuses, les concessions automobiles sont grandes, les maisons sont vastes et belles. Nous passons devant un grand centre commercial Carrefour et plus loin devant un second. C’est une impression de richesse dans ce nord réputé pauvre. Il faut dire que pour relancer l’activité dans cette ville endormie, la zone est déclarée port franc.
Arrivée au terminal des cars. Mimi trouve un homme pour la renseigner. Il parle anglais. Il est voyagiste et a une pension. Nous prenons un taxi pour aller voir. La pension est propre avec une chambre avec air conditionné et salle de bain pour 50 réals par nuit. Nous posons nos sacs. Nous verrons si nous trouvons mieux plus tard.
Mimi veut dormir un moment. Puis après une douche, nous faisons un tour en ville. Les tours opérateurs racolent. Nous en suivons un dans son agence. Il propose des tours plus ou moins longs en forêt amazonienne. Mimi n’a pas envie de forêt, d’efforts et de moustiques. Nous refusons et allons en ville vers l’opéra. Nous mangeons du poisson près du rio Negro.
Nous rentrons à l’hôtel nous reposer.

Le 20.01.2009
Après une grasse matinée, nous allons en ville à la recherche d’un meilleur hôtel. Nous en visitons six, tous plus sales les uns que les autres, sentant le moisi et le renfermé. Dans l’un d’eux, la gardienne nous montre une chambre dont les occupants doivent venir de partir. La TV passe un film porno, draps et oreiller sont sales et la fille veut nous la louer !
Nous restons donc dans notre hôtel propre. Nous passons au port, le long du rio Negro. Les tapouilles, ces bateaux à étages caractéristiques de l’Amazonie, sont nombreux à quai. Des gens vont et viennent, chargent des marchandises, s’installent dans les hamacs suspendus sur les ponts. Le rio Negro est large de quelques centaines de mètres. Ses eaux sont noires et très acides. Comme ça elles digèrent toutes les saletés qui flottent… ou presque !
Nous remontons vers le centre, vers l’opéra. Cet opéra mythique, construit par les Français à la fin du 19 ème siècle en pleine forêt amazonienne, dans cette ville qui est devenue si riche avec le caoutchouc qu’elle croît vite et devient si belle qu’on l’appelle le Paris de l’équateur.
Mais des européens ont détourné des plants d’hévéa. Les Français les ont plantés en Indochine, les Anglais en Malaisie et ce fut la ruine du caoutchouc amazonien. La seconde guerre mondiale et l’invention du caoutchouc synthétique ont achevé Manaus qui a sombré dans la décrépitude. Récemment le gouvernement a relancé l’activité en en faisant un port franc. Manaus se développe rapidement de nouveau.
Le vieux centre du début du 19ème siècle, est toujours en décrépitude. Le commerce l’a envahit en saccageant ce qui restait de la vielle architecture. La place de l’opéra est magnifique, avec ses riches maisons bien rénovées, peintes de couleurs vives, sa place pavée comme les places portugaises avec des vagues noires et blanches, ses arbres qui abritent des bancs, son opéra bien peint en beige rose avec sa coupole verte et jaune qui fait penser aux coupoles de mosquées turques. L’ensemble est majestueux. L’opéra fonctionne toujours, avec des représentations quotidiennes. L’intérieur est richement décoré.
Il fait bon flâner à l’ombre des arbres.
Nous rentrons à l’hôtel avec le soir.

Le 21.01.2009
Nous retournons vers l’opéra, respirer encore un peu de ce calme hors du temps.
Nous y passons un bon moment.
Nous déjeunons dans un restaurant au kilo avec gril. C’est toujours aussi bon et bon marché. On mange vraiment mieux au Brésil qu’au Venezuela et pour moins cher.
Nous allons à pied sous le soleil dans la ville vers le musée des indiens. Musée fait par les missionnaires sur les indiens d’Amazonie. On peut y voir de beaux objets, mais il manque une belle présentation et des renseignements ethnographiques… Il ne vaut pas le déplacement.
Nous retournons vers l’opéra et nous visitons une superbe galerie qui expose des objets ethnographiques. La galerie est tenue par un couple de Japonais qui vivent au Brésil depuis plus de 40 ans, parlent brésilien, espagnol, anglais. Ils vont chercher eux même les objets qu’ils vendent. Aussi ils savent en parler et conter leur usage par telle ou telle ethnie.
Nous retournons vers le port pour trouver une balade en bateau afin de voir la rencontre du rio Negro et de l’Amazone, avec leurs eaux de couleur différente qui ne se mélangent pas sur des kilomètres. Nous discutons avec plusieurs opérateurs. Nous nous mettons d’accord pour le lendemain matin, pour un tour de 4 heures, pour voir la rencontre des eaux et puis l’autre rive du rio Negro avec sa faune variée.
Tout près il y a le vieux marché. On y vent toutes les herbes médicinales et des souvenirs du coin. Mimi choisit des babioles que nos rapportons à l’hôtel. Sur le retour, nous nous arrêtons boire un jus pour Mimi et une cahipirinha pour moi. C’est une sorte de punch brésilien bien fort et rafraîchissant.

Le 22.01.2009
L’hôtel ne pouvant être payé par carte, il me faut retirer des réals dans un distributeur. Je vais à la gare des cars, mais ne parviens pas à retirer. Le distributeur ne veut pas de ma carte. Je retourne vers la vielle ville et vais de banque en banque. Même réaction des distributeurs, sans que je comprenne la raison. Nous allons dans un magasin de fringues. Mimi en essaye et je paye par carte sans problème !
Nous retournons sur la place de l’opéra. Nous sommes assis sur un banc à l’ombre. Un monsieur barbu vient s’asseoir et nous discutons en espagnol. Juan-Luis est espagnol. Séparé de sa femme depuis trente ans, il est poursuivi par elle et il est venu se réfugier au Brésil avec l’argent qu’il a sauvé. Il a trouvé une Brésilienne de Rio de 29 ans avec qui il va s’installer à plus de 70 ans. Il est plein de vie et plein de projets au Brésil… Ex ingénieur, il est aussi astrologue. Il voit un effondrement du dollar en mai 2010…
Nous allons visiter une autre galerie d’artisanat indien. La vannerie est vraiment superbe !
Nous rentrons en passant par internet.

Le 23.01.2009
Ce matin il pleut sans discontinuer. Nous passons la matinée sur internet. Mauvaise nouvelle : une des filles va perdre son travail car la radio dans laquelle elle travaille ferme pour cause de crise financière…
Nous allons déjeuner dans le meilleur restaurant de la ville, le Buffalo. C’est luxueux. On nous installe à une table. On nous propose un apéritif avec des amuse gueules chauds : frites, oignons frits, manioc frit, fromage frit. C’est très bon. Puis nous allons nous servir d’entrées variées de toutes sortes, jusqu’au suchis. Une multitude de serveurs proposent des viandes grillées. On demande de la viande rouge. On nous en apporte, succulente, jusqu’à plus faim !
Un dessert et l’addition en rapport avec le service et la cuisine, 20 euros par personne.
Retour dans les galeries où l’on achète quelques vanneries transportables. Puis on retourne dans la galerie tenue par les japonais. Mimi choisit une poterie et moi un masque indien. Nous parlons longuement. La patronne nous emballe bien les objets pour le voyage. Au retour j’essaie encore de retirer de l’argent dans un distributeur, sans plus de succès. Nous verrons demain, car il faut que je trouve une solution.
Je commence un livre d’Amin Maalouf : Samarcande. Dès le début, je suis pris par le talent du conteur !

Le 24.01.2009
A l’hôtel, on m’indique un endroit où je pourrais changer les 100 euros qui me restent. Je prends le bus et vais à l’Amazonias shopping. C’est un grand centre commercial Carrefour. Il est vaste et aéré. J’arrive à l’ouverture à 10h. Je demande le bureau de change, personne ne connaît. Aux caisses de Carrefour personne ne comprend ce que je veux. Les distributeurs ne veulent pas de ma carte. On m’indique une agence de voyage, dans la galerie. J’y vais et découvre un guichet de change. Je change mes euros. Le centre commercial n’a rien à envier aux centres français.
Je reprends le bus vers le centre. Je retrouve Mimi au cyber en relation avec ses filles.
On va manger au marché. On y mange dans des gargotes populaires un plat de poisson avec riz, haricots et salade pour 15 réals à deux ! Mimi en profite pour acheter des poudres de guarana et d’açai, deux fortifiants non vendus en France.
Nous allons dans un magasin de CD que j’ai repéré. Je choisis des disques des grands classiques de la bossa nova et de la samba. Mimi en choisit aussi en les écoutant.
Nous faisons une provision de musique brésilienne.
Après un tour dans quelques magasins de fringues, nous prenons un pot en terrasse. En face de nous un vendeur à la sauvette tente de vendre une paire de lunettes à un homme. L’homme hésite. Mimi le regarde et lui fait signe que les lunettes ne lui vont pas. Alors il n’achète pas. Le vendeur regarde Mimi, mécontent. L’homme vient nous remercier. Il m’offre une bière. Il nous montre des photos de sa famille sur son téléphone. Il nous fait de grandes déclarations d’amitié. Nous finissons par partir, tant il est collant.
Retour vers l’hôtel en passant par le cyber. Dans la rue on s’arrête pour manger des brochettes de cœur de pigeon et des chips de banane. Très bon !
A l’hôtel je me replonge dans Samarcande, pendant que Mimi regarde la télé et une télénovella brésilienne, pleine de larmes et de fureur.

Le 25.01.2009
Au lever, nous préparons nos bagages en vue du départ. On rend la chambre et on met les bagages à la bagagerie. Balade au vieux marché puis au nouveau. Le nouveau est grand, avec beaucoup de fruits, de légumes, d’épices. La viande est fraîche et abondante : bœuf et porc mais pas de mouton. Les poissons sont nombreux et de beaucoup d’espèces. Il y a même un pirarocu d’au moins 150 kilos, avec sa gueule énorme et caparaçonnée. Avec ses écailles on fait des limes à ongle naturelles.
On retourne déjeuner au marché dans une gargote. On prend un dernier poisson de l’Amazonie. En contrebas, des gens habitent dans la rue, dans des cabanes de planches et de plastiques. Un homme prend un sceau, met un gant en plastique et savonne le dos de sa compagne qui est en short et soutien george. Puis il lui lave les jambe et enfin les cheveux. Elle se laisse faire tout en fumant une cigarette. Elle ne se rince pas et sèche ainsi au soleil assise sur une vielle chaise de jardin. Au bout d’un moment elle met un tee-shirt et va un peu plus loin parler à un autre sans abris. Une autre femme casse des caissettes pour alimenter le feu sous une marmite sur le trottoir. Elle fait la soupe. Plus loin, des gens ont racheté un lot de poissons, les ont mis à même le trottoir et les vendent à bas prix. Des gens survivent avec peu dans la vielle ville.
De retour à l’hôtel on appelle un taxi pour la gare des cars. On a des billets pour Puerto La Cruz pour 100 réals chacun. Départ à 18h, avant la nuit. On s’installe et on ne tarde pas à dormir !

Le 26.01.2009
Arrêt à la douane le matin. La nuit a vite passé et on a dormi pas trop mal. Nous allons au bureau avec les passeports. Le douanier brésilien nous demande si nous parlons portugais. Après notre réponse négative, il nous parle tant bien que mal en français et en espagnol. Une jeune fille derrière son bureau, nous dit quelques phrases en français. Je lui demande si elle l’a appris au lycée. Non dit-elle, j’ai eu un petit ami français !
Douane vénézuélienne aimable et rapide.
Un bruit sec ! Je pense à un pneu qui a éclaté ou à une branche qui aurait traîné sur la route. Le car s’arrête, le chauffeur descend. Il remonte et le car redémarre. Il s’arrête plus loin, en bord de route, devant un réparateur de pneus. Démonter une roue de car n’et pas chose aisée. Le mécano s’escrime et change la roue. Pendant ce temps, je fais quelques pas. La route enjambe une petite rivière. D’un côté quatre garçons pêchent avec un morceaux de filet, des tétars ou des petits animaux qu’ils mettent dans une bouteille. Ils sont juste en slip, tout bronzés. De l’autre côté la rivière fait un coude qui forme une large baignoire. Une femme se lave les cheveux pendant qu’une demi-douzaine d’enfants se baigne avec des cris joyeux. Par moments ils grimpent sur des arbres et plongent de trois mères de haut. Une fille qui paraît avoir 8 ans est la plus agile. Elle plonge et remonte sans cesse et tee-shirt et en jupe. Le bonheur est simple dans les petits villages loin des villes.
11h30, arrêt buffet. Nous sommes heureux de nous dégourdir les jambes, jusqu’à un restaurant dans la gare routière. Nous prenons un poulet frit. Nous mangeons tranquillement car j’ai demandé quand le car repartait. Le chauffeur portugais m’a répondu 2h30.
Après le repas nous allons vers le car à 12h35. Il n’est plus là ! J’avise un policier, je lui demande le car pour Caracas. Il me répond qu’il est parti, là, maintenant, il y a 5 minutes !
Ce n’est pas possible, sans klaxonner pour prévenir, avec toutes nos affaires dedans !
Nous prenons un taxi en lui expliquant qu’il faut rattraper le car. Le taxi fonce. La route est bonne avec des virages, dans un paysage superbe de collines verdoyantes avec des vallées plantées de palmiers. 140 kms. Le chauffeur me dit que c’est la première fois qu’il va à cette vitesse, d’habitude il va à 100 Kms. Les kilomètres passent et nous voyons enfin le car au loin. En le doublant je lui fais un signe de s’arrêter. Le taxi me dit que le car ne s’arrêtera pas en dehors des points prévus par peur des attaques. Il nous faut aller plus loin là où il y a un contrôle de police qui barre la route et où le car est obligé de s’arrêter. Lorsque nous y arrivons, je paye le taxi 80 bolivars et nous attendons. Le car arrive, s’arrête, ouvre sa porte. Mimi rentre la première en disant sa colère au chauffeur qui semble indifférent. Il finit par formuler une excuse pour le principe. Nous regagnons nos places où sont restées nos affaires…
Forêt de part et d’autre de la route, avec une large saignée pour une ligne à haute tension.
Par endroit des maisons et un entourage défriché. Quelqu’un s’accroche là pour y faire sa vie.
Dans le car réfrigéré, Mimi dort, recouverte par une couverture. Je lis un moment puis la fatigue des soubresauts du car m’endort.

Le 27.01.2009
Il fait nuit et le car s’arrête. Par le rideau écarté je vois : terminal Puerto La Cruz. Il faut descendre. Je descends des affaires. Mimi descend son sac à dos et le pose un peu trop vite ; elle casse une bouteille de cachaça (le rhum brésilien à 5 réals le litre). Malheur, nous avons perdu une bonne bouteille, le sac est parfumé au rhum et parsemé de morceaux de verre !
Mimi y met la main et se coupe… Pansement d’urgence. Pour le sac on verra au bateau…
Par mail nous avions contacté Christian et Danielle d’Evangéline qui sont à la marina Baia Redonda de Puerto la Cruz. Ils nous attendent pour prendre un petit-déjeuner et avoir des renseignements sur notre voyage car ils veulent faire le même bientôt.
Mais il est bien tôt. Nous attendons dans une salle d’attente climatisée. Il y fait trop froid. On sort pour s’installer sur un banc sur un quai de la gare. Le jour se lève. Un couple se réveille sur le banc d’à côté. Mimi mange des biscuit. Puis elle en donne à la femme toute ravie. Elle lui explique qu’elle avait faim, que Dieu le savait et a fait que Mimi lui donne. Le couple est sans abris et vit dans la gare depuis. L’état donne des logement gratuitement ; encore faut-il s’inscrire et attendre qu’il soit construit…
Il est l’heure descente d’aller voir nos amis. Un taxi nous y emmène. Puerto la Cruz est une ville très riche avec beaucoup de pauvreté et de barios. Baia Redonda est une marina moderne, ceinte de hauts murs avec barbelés, un îlot de richesse entouré de barios dangereux.
Je n’aime pas l’atmosphère de vieux retraités riches qui y séjournent, refermés sur leur petit monde.
Christian et Danielle sont réveillés. Nous discutons avec plaisir et leur montrons des photos du voyage. C’est toujours un plaisir de se retrouver. Mais la fatigue du voyage aidant, il est temps de partir. Au passage nous allons à l’agence de José qui n’a toujours pas donné à Mimi son nouveau billet d’avion. Il est prêt. Nous partons rassurés.
Retour au bateau qui nous a sagement attendu. Seul le taud de cockpit a mal supporté les vents. Il était déjà fatigué, il est mort. Un bonjour rapide à Paulo et Nicole et Claude, un repas rapide et une bonne sieste réparatrice.
Le reste de la journée nous rangeons les affaires. Je vide les appareils photo dans l’ordinateur et nous regardons les photos. Celles de Mimi ont plus de personnage, les miennes plus de nature. Elles se complètent.

Le 28.01.2009
Pendant que Mimi range, je vais faire le marché. Mimi a du mal à trier les affaires qu’elle laisse, qu’elle emporte. Le départ approche et elle le redoute. Moi aussi.
Je vais en ville chez le marchand qui avait dit recevoir des disques durs. Il en avait un comme celui dont j’ai besoin ; il l’a vendu et n’en a plus. Il peut en commander. Je lui laisse un acompte, il l’aura dans la quinzaine… en attendant je n’aurai pas mon mac.
Après-midi sans histoire au bateau retrouvé. Nous voyons Emma et Charly qui voulaient acheter un bateau à Bonnaire. Ils y sont allés en avion, mais le bateau était dans un chantier qui n’en a pas pris soin si bien qu’il est ruiné. Ils sont revenus déçus et à la recherche d’un nouveau bateau pas trop cher.

Le 29.01.2009
Je me mets à l’écriture pour le site. Mimi range ses affaires. La journée passe vite, dans le bonheur d’être ensemble. Nous savourons ces derniers instants.

Le 30.01.2009
Ce matin Mimi va en ville avec Emma, pendant que je termine d’écrire. J’écris en regardant les plantes que Mimi a fait pousser : un avocatier, des ananas. Ils ont bien grandi pendant notre absence.
La journée passe vite. Je vais au cyber avec le PC du bord pour mettre le texte sur le site. Ce PC est réglé pour la navigation et la communication avec les instruments de navigation si bien qu’il ne veut pas capter internet. Je ne veux pas changer les réglages de peur de perdre la liaison avec les instruments de navigation et de communication du bord.
Je me sers du PC de Mimi et du wifi de la marina. Par contre je ne peux mettre des photos pour illustrer car je n’ai plus de logiciel pour les traiter et les réduire afin qu’elles se présentent à la bonne dimension tout en s’ouvrant assez rapidement. J’espère que j’aurai vite le disque dur du mac !

Le 31.01.2009
Je vais au marché. Je repense au Brésil en voyant les gens. Ici les femmes sont plus belles et plus apprêtées qu’à Manaus. Les voitures sont de plus grosse cylindrée, plus vielles aussi souvent. Les produits du marché sont aussi beaux. C’est seulement les gens qui cuisinent moins bien au Venezuela.
Avec Mimi on reparle de notre voyage et du plaisir de découvrir d’autres paysages, d’autres gens avec leur façon d’être, de vivre. Quel plaisir de voyager ! Mimi pense déjà au retour, à notre séparation pour un mois et demi et à la crise qui sévit en France. Elle sera plus visible en France, dans le concret de notre vie de chaque jour, alors que pour l’instant nous sommes entre parenthèses, un peu hors du temps dans un pays à moindre niveau de vie…
Dans l’après-midi, Mimi voit du monde sur Octopus. Viviane et Robert sont rentrés de leur séjour en Normandie. Mimi me charge de les inviter à dîner à bord. J’y vais et nous sommes heureux de nous revoir. Nous discutons un moment. Robert transpire à cause de la différence de température entre Cumana et la France gelée. Nous les laissons reprendre possession de leur bateau.
Le soir nous dînons ensemble à bord de Diam Rek. Chacun raconte ce qu’il a fait pendant ce mois et demi écoulé. Nous faisons voir les photos de notre balade dans le Venezuela et au Brésil. Avant la fin la fatigue a raison de nous invités à cause du décalage horaire. Nous sommes bien heureux de nous retrouver.

Le 01.02.2009
Mimi finit de préparer ses affaires. Elle n’a pas la joie de partir des fois précédentes. Elle a du vague à l’âme… Moi aussi car le jour approche.
La journée passe calmement à parler de nos enfants, de ceux qui nous soucient, de ceux pour qui tout va bien… La routine quoi !

Le 02.02.2009
Ce matin, nous voulons visiter une fabrique de cigares réputée à Cumana. Nous le disons à Charly qui nous apprend qu’aujourd’hui c’est jour férié, que tout est fermé. Pourquoi ? Pour fêter dignement les dix ans de pouvoir du président Chavez ? Le président offre à son peuple réjouit un jour de fête chômé et payé. D’ailleurs demain aussi c’est férié. Pourquoi ? Pour fêter le 214 ème anniversaire de la naissance du Grand Maréchal Sucre, dont l’état où est Cumana porte le nom. Pour l’occasion le président Chavez a invité ses amis présidents socialistes d’Amérique du Sud, qui viendront à Cumana pour une joyeuse cérémonie.
Nous téléphonons à la fabrique de cigares et on nous dit que nous pouvons venir. Un taxi nous y amène. Le patron est devant la porte, il nous attend. Il nous fait entrer. Les ateliers sont vides. C’est effectivement férié, mais la vente est ouverte. Mimi achète un coffret pour un ami français. Nous repartons néanmoins frustré de ne pas avoir vu la fabrication…
Dans l’après-midi, Marie Anne à qui j’avais demandé un modèle de clearance de la Martinique, passe m’apporter ce qu’elle a gardé. En discutant, elle dit que nous sommes lundi 2. Je lui réponds que je pense que nous sommes lundi premier. Vérification faite ; elle a raison. Alors Mimi doit prendre l’avion demain et non après-demain comme nous le pensions. Un peu plus et Mimi ratait son avion ! Merci Marie Anne !
Alors Mimi boucle ses affaires puis va faire ses adieux aux amis de la marina.
Le soir nous dînons chez nos amis d’Octopus. Nous passons une bien agréable soirée. Mais il est temps de rejoindre notre bateau et de dormir pour être prêts à 5h30 demain matin.

Le 03.02.2009
L’alarme du téléphone sonne. Vite debout, toilette, petit-déjeuner. Nous allons jusqu’à la porte de la marina ou une voiture doit nous attendre. Rien ! Alors nous allons jusqu’à la rue où un gardien nous aide à arrêter un taxi. A cette heure matinale, les taxis ne sont pas nombreux. Un finit par s’arrêter. Il nous emmène vite par les rues presque désertes à l’aéroport. Nous passons devant une file de cars pleins de manifestants en rouge, qui vont participer à la réception des présidents en l’honneur du Maréchal.
D’ailleurs l’aéroport est décoré avec des portraits du Maréchal Sucre avec les dates de sa naissance et de sa mort. Il y a aussi un portrait peint de Chavez faisant un discours à une tribune !
Mimi va à l’enregistrement. Pour le vol national, Cumana Caracas, elle n’a droit qu’à 20 Kgs, or elle en a 50. Il y a un petit supplément à payer. Mimi a peur que ce soit la même chose pour le vol international…
Après les derniers adieux, Mimi passe le portique de contrôle. Nous restons un moment, séparés ainsi, avant de se quitter. Je repars en taxi.
Arrivé au bateau, je suis vidé, perdu. Je ne sais quoi faire. Je lis et termine le livre d’Amin Maalouf, Samarcande. La première partie est passionnante. La seconde est alourdie par beaucoup d’érudition. L’ensemble est intéressant, sur l’orient et la poésie d’Omar Kayam.
J’essaie d’appeler Mimi, mais son téléphone ne répond pas…
Le soir je regarde un film. Je suis seul dans le bateau et dans le lit.

Le 04.02.2009
Ce matin je débranche les batteries pour les tester. Puis je vais voir Robert qui m’a parlé d’un gros filtre à gasoil qui résoudrait bien mon problème. Il me le montre, nous cherchons sur internet son prix. Affaire conclue. En prenant l’apéro, Viviane me prête une carte de téléphone pour appeler Mimi. Je vais à la cabine ; ça ne répond pas. Je vais dans un centre d’appels. Mimi répond enfin. Bon voyage et pas de problème pour les bagages. Elle a pris le taxi pour rentrer à la maison. Elle est à la maison avec l’une des filles et prépare le dîner pour dîner avec les filles. Je suis heureux de l’entendre.
En début d’après-midi je vais en ville faire des courses. Je trouve une carte de téléphone enfin. Une serrurerie me fait des doubles de clefs du bateau. Je trouve un embout pour le filtre à gasoil qui soit compatible avec mes tuyaux. J’achète de la peinture blanche pour repeindre le pont. Un peu de bouffe et je rentre au bateau.
Le temps de rebrancher les batteries et il fait nuit. Elles sont bonnes. Il en reste une à tester, ce sera pour demain.
Le soir j’écris et je regarde un film. Je pense à Mimi, au froid annoncé sur Paris, à la France, aux enfants. Dans un peu plus d’un mois, je rentre pour un bon mois avant de traverser l’atlantique vers les Açores et l’Europe.

Le 05.02.2009
Dur réveil. J’ai du mal à m’habituer à être de nouveau seul.
Je débranche la 6ème batterie pendant 6 heures. Elle garde la charge.
Je commence à dessiner le plan de mon installation électrique pour comprendre ce qui pourrait ne pas aller. C’est long, mais ce sera utile.
En attendant je vérifie le guindeau : il ne fonctionne pas. Je vérifie, un fil est sectionné par corrosion. Je répare, pourtant le guindeau refuse de fonctionner. Pour l’instant je cale…
J’y passe la journée. En in d’après-midi, robert passe m’inviter à prendre l’apéro et dîner. Pendant le punch, nous discutons de l’entretien, puis de voyage.
Viviane et Robert vont partir demain pour Medersa où ils resteront une semaine. Après quoi, ils repasseront par Cumana, dans l’espoir de régler le différent qui les oppose à Charly qui leur a cassé leur antenne BLU et qui s’estimant non responsable, refuse de payer le montant des dégâts. Le manque de courage d’assumer ses responsabilités n’est pas rare chez une catégorie de marins non assurés, partis depuis longtemps d’Europe et plus ou moins à la dérive, financière et morale.
Viviane reparle des différentes îles des Grenadines, de la Martinique. Elle aimerait vivre dans ces îles et elle en parle avec chaleur. Elle m’incite à réparer vite pour y aller et y faire revenir Mimi pour qu’elle ne rate pas ces îles. J’aimerai aussi y aller. Cependant ma priorité est de préparer le bateau pour un retour en Europe. Puis-je mieux le préparer à Cumana ou au Marin en Martinique ? Choix difficile.
Viviane a préparé des courgettes, poivrons, tomates farcis selon une recette de Mimi.
Nous passons une bien agréable soirée. Je rentre pas trop tard.

Le 06.02.2009
Réveillé tôt, je constate que le courant du quai n’arrive plus au bateau. Quelqu’un a dû se prendre le pied dans les fils. Je répare la connection et le courant est rétabli.
Je finis le plan électrique du bateau. J’en déduis la position des coupes circuits qui isolent les groupes de batteries. C’est différent de ce que je pensais.
Pour l’instant je ne vois pas d’aberration dans les branchements. Paulo me conseille de vérifier le comportement de chaque batterie à l’effort. Car si une batterie est presque morte, elle peut tenir la charge, mais ne résiste pas à l’effort. Je vais vérifier.
Je fixe le nouveau décanteur à gasoil. Viviane vient me demander de les aider pour larguer les amarres. Un moment et Octopus manœuvre facilement avec moteur et propulseur d’étrave. Je le regarde quitter le port. Ca ma peine de le voir partir. J’aimerai être en état de partir aussi et de voyager de concert… Pour l’instant il me reste à faire pour être prêt…
Après déjeuner, j’installe le gros filtre décanteur à gasoil. Je lui choisis une place pour pouvoir intervenir facilement du côté le plus facilement ouvrable. Une fois installé, je remplis le filtre. Je n’arrive pas à le remplir tout à fait, il reste un peu d’air. La pompe manuelle semble fonctionner de façon aléatoire. Je démarre le moteur. Il démarre et s’étouffe. Je recommence avec le même résultat. Il reste de l’air dans le circuit. J’ai beau purger, le moteur cale.
Je vois Claude. Je lui dis l’état des choses. Il va passer dans une heure. Lorsqu’il passe, il essaie de purger et de démarrer. Il conclue à une prise d’air. Probablement de la pompe à main. J’irai en acheter une lundi chez le ship.
Dimanche Claude fait son premier charter à la journée. Il emmène une douzaine de passager à quelques miles sur une plage. 80 bolivars par personne, bonne journée.
Maintenant il prépare son bateau. Lundi il aura du temps et il viendra à bord. Je lui parle du guindeau et de l’autonomie électrique. Il verra lundi. Super.
Le soir je regarde un film, seul dans mon carré, après avoir regardé les mails dont un de Mimi.

Le 07.02.2009
Réveillé tôt, je me lève sans courage. Je pense attaquer les points de rouille qui font un mauvais effet sur le pont. Je n’arrive pas à m’y mettre. Je regarde les cartes marines, pour aller au nord des Antilles, puis déboucher vers l’Atlantique. Je regarde les Açores, puis la France et le Portugal. Je me ravise et regarde la côte américaine, jusqu’à Québec. Québec en bateau, ça me fait rêver. Les cartes, c’est magique, ça fait rêver, ça attire puissamment !
Bon, ce n’est pas tout ça, la rouille m’attend. A plus tard !
Je prends marteau et tourne-visse et je frappe aux endroits rouillés. Les attaques de rouilles sont superficielles ; elles reviennent toujours aux mêmes endroits, là où il y a soudure entre acier et inox, aux soudures d’accastillages sur le pont. Et puis il y a quelques cloques où la peinture n’a pas accroché. Il y a de l’humidité dessous, mais le métal n’est pas attaqué…
J’y passe la matinée. Paulo, dont le bateau est en face et qui fait la même chose depuis quinze jours, vient me donner des conseils judicieux. Il me demande le guide touristique du Venezuela pour repérer des détails avant de partir dans une semaine faire un tour dans l’embouchure de l’Orénoque, territoire des indiens Waraos.
Claude aussi vient discuter et me donner des conseils. Lui prépare son day-charter de demain.
Je continue l’après-midi. Emma me voyant travailler au soleil, me conseille de mettre une casquette. Je me passe alors la main sur la tête et je sens le coup de soleil. Trop tard ! Mais je mets quand même une casquette pour ne pas aggraver mon cas.
J’arrête pour traiter les endroits où j’ai enlevé la rouille. Je passe une brosse métallique électrique pour enlever encore plus de trace de rouille. Enfin je passe de l’acide phosphorique pour finir de décaper et pour passiver le métal.
J’en ai plein les bottes pour aujourd’hui. J’ai mal au dos de travailler dans des positions toujours courbées et souvent à genoux. C’est ça aussi ce que l’on appelle la plaisance !

Le 08.02.2009
Les premiers clients de Claude arrivent sur le ponton, bruyants comme des Vénézuéliens. Les femmes sont court vêtues avec le maillot de bain en dessous.
Les premiers montent dans le cockipt et sortent la crème solaire pour s’en tartiner.
Le départ était prévu à 9h. Finalement il se fera à 10h par un beau soleil. J’aide à larguer les amarres et je prends des photos du voilier surchargé de touristes, tous Vénézuéliens, heureux d’aller passer la journée à la plage à trois milles avec ce qu’il faut pour faire un barbecue et boire coca et bière.
Je vais au marché refaire le plein de fruits, légumes et un peu de poisson.
De retour, je fais une ratatouille et un poisson excellent, le foutre, que Mimi aime tant.
J’ai envie de l’appeler pour qu’elle passe à table en ma compagnie…
Je n’ai pas beaucoup de courage pour attaquer la rouille.
Je finis « Fortune de mer » d’Olivier de Kersauson. Je l’ai lu avec intérêt. Je n’apprécie pas plus le personnage avant qu’après… Par contre Kersauson et son partenaire écrivain savent de quoi ils parlent lorsqu’ils parlent mer et bateau !
Je me mets enfin à repasser de l’acide phosphorique sur les parties dérouillées. Puis je lave à grande eau et à l’éponge. Une fois sec, je passe une peinture d’apprêt époxy.
Le soir j’écoute de la musique lorsque je vois le bateau de Claude rentrer. Il fait une manœuvre. Je crois qu’il vient se repositionner à côté de Diam Rek. Non il semble en difficulté. Il veut se mettre à couple du thonier. Je monte à bord du thonier pour l’amarrer. Quelqu’un me passe un bout non amarré au voilier. Claude vient l’amarrer, mais l’arrière part déjà, il faut larguer. Claude mouille plus loin, dans le port.
Il a des ennuis de gasoil qui contient de l’eau… Il est rentré poussivement et purgeant maintes fois. Il nettoie son filtre, relève l’ancre et vient se replacer à côté de Diam Rek.
Je l’aide à marrer. Les passagers sont contents, ils ont eu de l’imprévu en plus.
Je continue de dîner, ensuite je regarde un film et j’écoute de la musique avant de dormir.

Le 09.02.2009
J’attends Claude qui doit venir m’aider pour le guindeau, l’autonomie électrique et la prise d’air moteur. Je le vois apparaître dans son cockpit. Il me demande si j’ai acheté la pompe à main d’amorçage pour le gasoil. Alors je vais au centre ville. Le ship en a, évidemment car les pêcheurs s’en servent…
Je reviens, je remplace la pompe, je coupe un bout de tuyau d’arrivée qui avait une petite fente responsable de la prise d’air. Je purge le circuit et le moteur démarre !
Je laisse chauffer, tout va bien.
Je demande à Claude quand il peut voir mon guindeau ? Il attend une confirmation pour un charter d’une semaine aux Roques. Et puis ses copains sont venus… Alors il passera en fin d’après-midi.
Moi, je me remets à la chasse à la rouille. Marteau et pointeau. Par endroit la rouille est à peine installée, encore en fleur. Par contre, il y a quelques endroits où elle travaille sournoisement depuis plus longtemps et l’acier est attaqué parfois sur un millimètre. Vu l’épaisseur de la coque, ce n’est pas grave. Je tape et les feuilles de rouille sautent.
J’y passe la journée.
En fin d’après-midi, je vais discuter avec Emma et Charly. Soudain depuis leur bateau, je vois le bateau de Claude, avec ses défenses remontées sur le quai, qui rague contre le ponton. Et Claude qui est parti faire des courses. Je vais au bateau, suivi de Charly. A deux, on écarte le bateau, malgré le vent soutenu et on introduit les défenses entre la coque et le ponton. C’est bien, mais c’est tard, car la coque qui a du raguer un bout de temps est râpée sur une bonne longueur et carrément à vif à un endroit où l’on voit la fibre de verre. Claude arrive, constate les dégâts et dit qu’il n’a plus qu’à mastiquer et peindre…

Le 10.02 .2009
Ce matin je ponce les endroits où j’ai enlevé la rouille, pour mettre la tôle à blanc.
C’est long et fastidieux. Malgré cela, c’est aussi plaisant de revoir la tôle blanche, saine.
Le ciel est gris mais il ne pleut pas.
Je passe la brosse métallique électrique, puis de l’acide phosphorique. Pourtant les nuages sont de plus en plus sombres. Il fallait s’y attendre, il pleut.
Je rentre faire la cuisine en écoutant de la musique.
L’après-midi est pluvieuse, je reste dans le carré. Claude qui avait dit qu’il passerait…
Lorsqu’il a fini de pleuvoir, je passe le jet d’eau et la brosse sur le pont du bateau.
Claude est avec son client qui le loue pour une semaine aux Roques en partant vendredi.
Lorsque son client est parti, je lui rappelle mon guindeau. Il regarde et traite de con celui qui l’a installé sans respecter les règles… A chaque fois qu’un intervenant regarde quelque chose sur un bateau, c’est la même chanson…
Il teste le disjoncteur et le relais. Le disjoncteur est mort, mais il en a un en réserve ; il faut qu’il le cherche…
On reste un bon moment à refaire le monde. Lui est sur plusieurs projets et se voit déjà riche au Venezuela. En effet il semble que ça commence bien pour lui, que son réseau de relations est efficace et que les clients arrivent. Et puis ici les contraintes sont faibles, les impôts aussi… Chacun a ses tentations de poser ses valises ici ou ailleurs et de tenter une nouvelle vie…

Le 11.02.2009
Ce matin le courage me manque, Claude se prépare à aller à Puerto la Cruz avec son ami Gabriel pour acheter des filtres à gasoil pour son bateau. Je lui donne celui de mon bateau pour qu’il m’en achète.
Je me mets malgré les nuages à nettoyer les endroits décapés la veille. Je nettoie l’acide à l’eau, puis après avoir séché, je peints une première couche d’époxy.
Avant de déjeuner, je vais sur internet. Jean Michel me signale que le site de Diam Rek n’est pas à jour. Pourtant je l’ai mis à jour la veille. Je vérifie avec Firefox et je vois le texte à jour. Je vérifie avec Internet Explorer et bizarrement le texte s’arrête au 04.02.
Il doit y avoir un problème de compatibilité. Je tente d’y remédier, sans succès. Et puis la liaison wifi s’interrompt, tant et si bien que le texte disparaît sur le site…
Je passe l’après-midi à démonter les boiseries du cockpit et les winchs, pour enlever la rouille qui s’est installée dessous. Je constate qu’elle a gagné aux endroits où il y a eu des nouvelles installations de matériel depuis 2005. A ces endroits les installations de winchs, du portique, des cadènes, les installateurs ont percé, soudé, et n’ont pas protégé la tôle avant de peindre. La mer n’a pas tardé à apporter la rouille… Encore du travail mal fait…
Je passe toute l’après-midi et j’arrête avec le passage de l’acide sur le côté tribord. Il reste le côté bâbord pour demain, puis les nombreuses couches d’époxy sur les endroits dérouillés. J’ai encore de quoi m’occuper un moment.
Le soir je reviens sur le site et mes interventions font si bien que le texte n’apparaît plus malgré mes efforts… Sans que j’en comprenne la raison. Parfois l’informatique est bien contrariante !
Je reçois un mail de Mimi qui commence à regretter la vente du bateau et la vie à bord… Juste au moment où je reçois le premier mail d’une personne voulant visiter le bateau lors de son passage en Martinique début mars. Pas de chance, je serai au Venezuela…

Le 12.02.2009
La dépression qui apporte les vents polaires jusque Miami où il fait –3° et Cuba où il fait 3°, se ressent ici depuis trois jours. La nuit il fait plus frais, 19°, le ciel est nuageux. Ce matin il pleut. Après avoir parlé avec Nicole de mon absence de papiers d’entrée au Venezuela pour le bateau, consécutive à notre tentative d’allée à Grenade, je vois Alexis. Je lui explique de nouveau la situation et il me demande 700 bolivars, après marchandage, pour une entrée. Il faut graisser la patte du fonctionnaire qui tient le registre des présence dans les ports, pour qu’il me porte sortant puis rentrant…
Je discute avec Paulo qui me dit qu’ici il y a intérêt à être en règle. Bon je finis par me décider. Je vais voir Alexis avec mes papiers du bateau. Il me fera les papiers d’entrée en règle et je serai tranquille jusqu’à ma sortie…
Entre deux crachins, je passe une couche d’époxy sur les parties dérouillée nues.
Claude revient du centre ville où il est allé chercher des filtres à gasoil pour lui et pour moi. Il a trouvé des filtres qui pourraient convenir. J’essaie, c’est OK. Super, il m’en a pris cinq, tout va bien pour un moment.
En fin d’après-midi je vois sur le ponton Eve et Michel. Ils arrivent en bateau de Medregal où ils sont revenus il y a quelques jours d’un périple de 5 mois en car sac à dos en Amérique du sud. Brésil, Argentine, Bolivie, Clili, Colombie… Ils reviennent enchantés par leur voyage. Partout bien accueillis, souvent chez l’habitant. Tout s’est bien passé. Nous continuons la conversation dans leur cockpit. Je leur demande quelle est la suite ? Bonaire, les San Blas et Panama. Donc pour traverser ? Alors Eve commence à parler de son mal de mer permanent, de son inconfort en mer, du rôle restreint à bord, de sa perte d’indépendance. Par certains aspects, je crois entendre Mimi. Dont ils me demandent des nouvelles. Je leur explique notre décision de continuer le voyage sac au dos. Michel ne se voit pas renoncer au bateau pour l’instant, Eve ne veut pas le priver de son rêve, mais elle ne se voit pas vivre ainsi…
Une fois de plus se pose cette question !!!
Je termine la soirée seul à bord.

Le 13.02.2009
Des nuages encore et davantage d’éclaircies. J’enlève la rouille dans le cockpit. J’y passe la matinée. Pendant ce temps les clients belges de Claude sont arrivés su bateau. Mais vu le temps, Claude préfère ne pas partir aujourd’hui. Les clients restent au bateau en discutant…
L’après-midi, je regarde le ciel, les nuages gris sombre sont au loin. J’ai le temps de passer une couche d’époxy sur les parties dérouillées. Avant j’ai passé l’aspirateur pour enlever tous les éclats de rouille et de peinture que le vent soulève.
Puis je répare l’éclairage du compas de barre. L’ampoule avait grillé. Je n’en ai pas trouvé de semblable, je la remplace par deux leds. Ca va éclairer autant et consommer bien moins.
Je vois Octopus qui rentre dans le port. Il n’y a pas de place au ponton où je suis, il va s’amarrer sur le môle nord. Nous allons pouvoir nous revoir. Ils me donneront les dernières nouvelles de Medregal.
Nous allons prendre un pot ensemble au café de la marina. Pas de bière, pas d’alcool depuis ce vendredi midi jusqu’au lundi 14h : c’est la loi pour les week-ends d’élection. Or dimanche il y a le referendum pour amender la constitution.
En buvant un batido, j’apprends les dernières nouvelles, dont une peu réjouissante.
Cette semaine des amis de Loïc, avaient jeté l’ancre dans Laguna Grande. Pendant la nuit, ils entendent du bruit à l’arrière du bateau. Des jeunes sont montés et ont dérobé des objets sur l’arrière du cockpit. L’occupant du bateau sort et les voleurs tirent en s’en allant. Ils ratent le navigateur, la balle troue la capote de la descente !
Le golfe réputé sûr, peut s’avérer dangereux… hélas ! C’est si beau Laguna Grande.
Avec Mimi nous avions tellement aimé le paysage et ce calme troublé seulement par les cris des oiseaux et les sauts des poissons…

Le 14.02.2009
C’est la Saint Valentin. J’envoie un mail à Mimi et je ne tarde pas à en recevoir un d’elle.
Je vais au marché pour refaire un peu d’approvisionnement frais. Il y a beaucoup de monde au marché. Des queues encore plus longues que d’habitude pour les banques. 0 l’angle du marché la queue pour la caisse d’épargne, tourne l’angle de la rue et s’étend sur plus de 150 mètres. Et chacun attend patiemment. Aujourd’hui la police est plus visible, avant les élections.
Puis je me remets au bricolage. Je retourne sur le guindeau pour bien nettoyer les cosses. Je démonte les fils qui vont au relais. Une borne est si corrodée qu’elle me reste dans les mains. Je démonte aussi le disjoncteur qui est cassé et je vais voir Paulo. Pas de chance, il n’en a pas à bord. Il pense que j’ai une chance de trouver ça à Cumana ou à Puerto La Cruz. Nous verrons.
L’après-midi je bricole encore. Robert passe m’emprunter un convertisseur de prise pour son ordinateur et m’invite au café. Lorsque je vais le retrouver, je rencontre Charly, tout bronzé. Je le croyais au Brésil alors qu’en fait il est tombé en panne de moteur vers les Testigos, aussi a-t-il pris la direction de la Martinique pour réparer. Là-bas il lui a fallu commander les pièces, les attendre, puis faire réparer : trois mois ont été nécessaires. Et le voilà à Cumana. Il e sera pour demain.
Je retrouve Robert et Viviane qui sont sur internet. Après un batido, nous allons à leur bord boire un ti’punch. Viviane reparle des Antilles où ils vont aller. Ils aimeraient que je les accompagne, moi aussi. Mais je ne suis pas prêt. J’ai le bateau à préparer avant mon départ dans un mois. Nous passons un bon moment ensemble. Viviane espère que Mimi reviendra pour visiter les Antilles qu’elle aime tant. J’aimerai bien aussi…

Le 15.02.2009
Pas un mouvement dans la marina ; Les lanchas ne sortent pas. Les gens vont voter et passer la journée en famille en la terminant devant la télévision. Si la majorité vote oui, je suppose qu’il y aura des feux d’artifice…
Je me penche de nouveau sur le moteur. Avec le nouveau filtre fin à gasoil, je purge longuement et le moteur démarre. Je le laisse monter en température en enclanchant la marche arrière. Il tourne rond et l’alternateur charge la batterie. Parfait.
Je passe alors au moteur hors-bord. Je démonte pour le énième fois le carburateur. Je le nettoie avec soin. Je le remonte. Le moteur démarre, mais le carburateur fuit. Je redémonte, renetoie et remonte en faisant bien attention au joint. Je moteur tourne sans fuite.
En milieu d’après-midi j’en ai assez, d’être seul dans cette marina extraordinairement calme.
Je vais voir Zuly et sa chienne Tormenta. Nous passons un moment à discuter en buvant un café. La chienne est câline et vient se faire caresser sans se lasser.
Puis je passe voir Charly à bord de Champagne, mais il est absent. Je vais dans le centre commercial pour avoir internet. Pas de chance tout est fermé et les réseaux wifi sont coupés…
Je rentre au bateau. Robert et Viviane passent m’inviter à dîner avant leur départ demain au petit jour. Je les accompagne à bord d’Octopus, heureux de leur compagnie. Nous passons une bien agréable soirée à parler bateau et voyage. Je les laisse se reposer pour partir tôt demain.
Sur le ponton j’entends des pétards et des avertisseurs de voiture. En approchant de la route, je vois des camions couverts de personnes avec drapeaux rouges, des voitures aussi circulent et manifestent avec bannières au vent. Le oui au referendum a du l’emporter. Je demande au gardien les résultats. Il écoute la radio. Il confirme que le oui l’emporte avec plus de 1,5 million de voix d’avance ! Le président pourra se représenter sans limite de nombre de mandats. Il y a un an au même referendum, le non l’emportait avec 60% des voix…

Le 16.02.2009

Lendemain de fête électorale, le silence règne. Je vérifie sur internet les informations : l’ampleur du succès est certaine. Chavez est un bon stratège!
Je vais en ville à la recherche des deux pièces à changer sur le circuit du guindeau. Peine perdue, rien ne ressemble à ça dans leur stock ! Bon j’achèterai en France. A moins que le gardien ne trouve. Il pense avoir une piste sur un bateau vénéuélien. Affaire à suivre.
Octopus est parti ce matin de bonne heure. La VHF m’apprend que d’autres bateaux amis de Paulo arrivent.
Un Maramu vient se mettre à mon bâbord. Je l’aide à s’amarrer. Voilà de nouveaux voisins, charmants d’après Paulo et Nicole. Ils viennent de Puerto La Cruz.                                                                                                                                           

Un grain très sombre se rapproche vite et il pleut à verse. Et ça dure. J’ai le temps de regarder un film superbe « Le patient anglais ». Avant la tombée de la nuit, je vais voir Charly, sur Champagne. Surprise, il n’est pas seul. Il est avec deux jeunes vénézuéliennes dont une avec un bébé. Elles sont venues déjeuner, puis sont restées faire la conversation. L’une va lui nettoyer le bateau moyennant finance. Nous discutons un moment, puis elles partent. Elles reviendront demain peut-être pour déjeuner. Charly a une jeune compagnie. Il espère plus, mais avec leur sourire espiègle elles partent en ayant mangé à l’œil et sans donner que des sourires. Celle qui a un bébé de trois mois demande des sous pour les couches. Charly lui donne quelque chose… Je rentre à bord dîner et me reposer, malgré une journée, bien improductive. J’ai reçu un mail d’une équipière possible grâce à Sail The World. Elle a déjà navigué 7 ans sur son propre bateau, d’Asie en Europe. Elle a donc beaucoup d’expérience. Elle à 45 ans, elle est aux USA. Nous allons voir ce qui serait possible.

Le 17.02.2009

Beau temps, sans vent, calme plat. Bon pour la peinture ! En inspectant le bateau, je découvre encore quelques endroits où la peinture cloque. Je crève, je décape et peint à l’époxy. J’en repasse une couche sur les précédents endroits. L’après-midi, une nouvelle couche. Carlos, l’ami bavard de Claude, qu’il a aidé pour lui faire réparer la capote et refaire des coussins par un tapissier sérieux et rapide, passe me voir. Je lui avais dit que j’étais intéressé pour faire un taud neuf. Nous allons en ville, avec sa voiture. J’ai pris le disque dur du mac. Il connaît un endroit. Le magasin est fermé. Il frappe et on lui ouvre. Une femme regarde le disque et pense pouvoir le trouver vite. Elle appellera demain. Super. J’ai pris aussi les pièces du circuit du guindeau. Nous allons chez un réparateur de bateau. Il ausculte les pièces, il ne les a pas et ne peut les trouver, mais il peut les fabriquer. On repassera demain et il nous dira son prix. Bien. Nous passons chez le tapissier. Il est occupé, mais on peut repasser la semaine prochaine et il aura du temps. Nous verrons. En route, on voit un attroupement au bord du trottoir. Une femme boxe un homme qui a le visage en sang. Les curieux sont en retrait d’un mètre, parmi eux il y a un policier qui laisse faire. Probablement une femme jalouse qui a surpris son mari avec une autre… L’autre en question a intérêt à se méfier !

Le 18.02.2009

Aujourd’hui nous sommes mercredi. Samedi commence le carnaval pour quatre jours. Ca se passe tout près de la marina. Ca promet ! En attendant, je viens de faire un choix entre plusieurs propositions d’agences pour mes billets Cumana Paris et retour. Je vais partir le 10 mars pour repartir le 30 avril. Le total des billets est de 465 euros, avec l’effet de change. Bon tarif. Je me remets à la peinture, aux couches protectrices là où j’ai enlevé la rouille. 6 couches au total. Après je vais commencer la peinture au caoutchouc chloré, sur les mêmes endroits, puis ce sera la peinture totale du pont. Je commence le démontage et le nettoyage des winchs. Il y en a dix sur le bateau. Dans l’après-midi, Carlos repasse. Nous allons chez celui qui pourrait fabriquer les pièces de guindeau, mais il est absent. Il me ramène à la marina ; nous y retournerons demain matin… De retour je vois Gina et Piotr de Pedroma. Ils ont passe deux semaines de vacances avec un de leurs enfants et sa petite famille. Je leur raconte notre balade au Salto Angel et à Manaus. Ca leur rappelle des souvenirs. Je rentre au bateau heureux de les avoir revus, mais avec le sentiment de ne pas avancer assez vite sur la question de l’autonomie électrique et du guindeau…
La musique s’entend claire et fort. Elle vient de la salle de spectacle en bord de plage. Il y a un concert ou une préparation du carnaval. Elle dure jusque vers trois heures du matin.

Le 19.02.2009

Matinée calme à préparer la couche de caoutchouc chloré sur le pont.
Je reçois par mail les billets électroniques pour mon voyage en France. Maintenant il faut que je fasse la demande de virement. Pour ça je vais au cyber pour scanner ma demande et l’envoyer par mail à mon chargé de compte. J’aimerai bien faire par la même occasion une demande de virement pour celui qui me change des euros en bolivars, mais son téléphone est sur répondeur…

Carlos qui devait passer, ne vient pas. Je vais au cyber. Au retour je passe voir Charly à bord de Champagne.
Une jeune fille avec son bébé part après avoir fait lessive et repassage. Nous discutons et soudain il me dit qu’il a rendez-vous avec son changeur à la porte de la marina. C’est le frère de celui qui me fait le change. Je lui explique que son frère ne répond pas et que je veux lui faire un virement pour avoir des bolivars. C’est OK avec un change de 6,5 bolivars pour un euro. Super, le double du change officiel !
Je retourne au cyber faire ma demande de virement. Dans une semaine je devrai avoir l’argent. Charly sort ce soir pour trouver une amoureuse de passage.
Je rentre au bateau. Je finis « Dames de nage » de Bernard Giraudeau. Le style est souvent compliqué ; le récit est plein de vie, de sensualité, d’humanité. Je commence « La douleur du dollar » de Zoé Valdès, une écrivaine cubaine. Retour à Cuba, à la Havane avec une truculence proche de celle de Gutierez. C’est plaisant à lire, mais le fond est triste et sombre, le tableau d’un peuple abruti par une dictature qui peu à peu plonge dans l’absurde…
Pendant ce temps la musique qui précède le carnaval, retentit dans la nuit…

Le 20.02.2009

Craignant que tout soit fermé pendant quatre jours, la durée du carnaval, je vais faire le marché. Je ne suis pas le seul à avoir pensé la même chose car il y a beaucoup de monde. La queue devant les banques est délirante. Renseignement pris, les pensions sont versées le 20 de chaque mois ; les gens viennent les toucher en espèces puisque la plupart n’ont ni carte ni chéquier. Alors la queue peut durer des heures…
De retour, je fais la cuisine.
L’après-midi, je nettoie des winches, en évitant de salir le pont avant de peindre. Il faudra quand même que je nettoie à la lessive.
Charly vient me rapporter « Les routes de grandes croisières ». Il me raconte ses aventures d’hier soir dans les bars à filles… sans filles ce soir là. Ce matin il a eu la visite de la fille qui lui fait la lessive avec deux de ses copines qui venaient déjeuner aussi… sans autre contre partie que leur sourire… Ah! Le Venezuela, ça ne semble pas aussi facile que le Sénégal pour les retraités en mal de jeunesses.
Dès quatre heures, j’entends la musique sur le boulevard de bord de mer. Je vais voir Zuly qui est vénézuélienne pour en savoir plus sur le déroulement du carnaval. Pas de chance elle n’aime pas la foule et elle ne peut rien m ‘en dire. Je prends un café puis je rentre à bord de Diam Rek. Demain après-midi, j’irai voir et prendre des photos en espérant ne pas me faire dépouiller…
                                                                                                                                                                
Le 21.02.2009

Réveillé dans la nuit, je pense à ce que j’ai à faire sur le bateau.
Le matin, je débranche la prise de quai. Je branche panneaux solaires et éolienne sur le parc batterie et j’isole les servitudes pour voir à quelle vitesse elles vont se décharger à l’usage, sans aucune entrée de courant.
Puis je passe la première couche de caoutchouc chloré aux endroits dérouillés et déjà peints à l’époxy. Le caoutchouc chloré sèche très vite au toucher, mais n’est recouvrable qu’après 18 heures.
L’après-midi, je passe voir Charly. Il pense aller voir le carnaval aujourd’hui ici puis lundi et mardi à Margarita.
Il m’y invite. Je ne pense pas que les travaux sur le bateau me le permettront.
Il va faire des courses et je vais vers 16h le long de l’avenue « perimetral ». La brise est fraîche et le golfe est parsemé de moutons. Je longe côté mer. J’arrive au lieu d’exposition ; il y a toujours la maquette du satellite que le Venezuela a fait mettre sur orbite il y a deux mois. Aux dernières nouvelles il fonctionne de temps en temps, puis ne répond plus. On le répare depuis la terre. Sur un panneau il est marqué : souveraineté en orbite.
Les gens affluent le long de l’avenue. Ils sont habillés de façon ordinaire, mais quelques-uns uns ont des déguisements sur la tête, fausses chevelures colorées, cornes, chapeaux, les femmes surtout.
Ce sont les jeunes enfants qui sont souvent déguisés. Une belle fée bleue est sur les épaules de son papa. Un indien avec son arc suit sa maman.
Il y a un podium couvert, avec des murs de baffles qui diffusent une musique intense, du regeton. Un présentateur, cite parfois le « comandante », Chavez, la révolution bolivarienne. Il mobilise l’esprit des gens qui sont plutôt à la fête. Beaucoup de personnes vendent des boissons, des empanadas, des bonbons, des glaces, des ballons, des singes en peluche… Le commerce informel s’adapte à toutes les circonstances.
Le premier char arrive. Les motards le précèdent. Ils sont avec tenue camouflée, gilets pare-balles, bottes blindées et gros pistolets. Il y a aussi une multitude de jeunes en tenue d’aide policier qui font reculer les gens pour que les chars puissent passer. Cette après-midi, ce sont les écoles et les centres de formation qui défilent. Il y a les maternelles avec de petits indiens, de petits poissons, de petites contesses qui dansent au son de leurs musiciens. Les habits sont jolis, mais pas riches. Les décors sont assez frustes, on dirait des travaux de fin d’année des écoles. Des mamans encadrent les enfants. Il y a de petites danseuses qui sortent du lot par leur grâce et leur agilité pour danser.
Moi qui rêvais de femmes habillées de plumes, comme les images du carnaval de Rio, je ne vois que des petites filles dont quelques-unes unes portent des plumes… L’esprit est bon enfant, on dirait une kermesse de patronage. C’est un rassemblement des habitants qui viennent voir leurs enfants avec leur école…
Peut être demain sera-t-il plus excitant ?
Je rentre au bateau dîner et regarder un film, tout en continuant à surveiller la décharge des batteries qui tiennent fort bien. Je note régulièrement la mesure de leur charge.

Le 22.02.2009

Ce matin les batteries sont très légèrement déchargées. Elles résistent à 24 heures d’usage sans apport extérieur. Finalement je n’ai fait que changer le branchement des batteries de services et d’isoler les batteries moteur et guindeau. A la place de brancher les batteries en parallèle et de brancher le plus et le moins dernière au circuit, j’ai branché le plus de la première et le moins de la quatrième. Si bien que le courant est pris ou apporté dans toutes en même temps et pas seulement ou presque dans la première.
Je passe la matinée à peindre une couche supplémentaire sur les parties dérouillées. Je vais préparer le pont pour une peinture générale dans deux ou trois jours. Vers 17h, je vais voir le défilé du carnaval. Il y a encore beaucoup de monde.
Les policiers sont nombreux, on n’a pas le sentiment de risquer de se faire dépouiller. Ce sont encore surtout des jeunes qui défilent avec leur groupe éducatif. L’ambiance est toujours bonne enfant. Les vendeurs de boissons et de broutilles sont très occupés. Il y a aussi des récupérateurs de canettes vides qui vont revendre leur récolte au poids de l’alu… Bon il n’y a pas de quoi attirer les touristes avec ce genre de défilé. Demain j’essaierai le défilé du soir. Peut être me fera-t-il rêver. Le défilé de ce soir a été troublé par la pluie, une bonne heure, ensuite la musique a continué.

Le 23.02.2009

Au petit déjeuner, je prends de la confiture de pomme cajou, faite par Mimi au Sénégal, dans le Sine Saloum, avec les fruits de Théophile. Faites dans un continent, je les mange dans un autre, alors que Mimi est dans un troisième. Ces temps-ci, l’aloes vera fleurit ; il a été mis en pot à Dakar et transporté jusqu’à maintenant tantôt sur le pont, tantôt en cabine ; il a fait des rejetons donnés à d’autres bateaux… Le ciel est gris, peu sûr pour une nouvelle couche de peinture. Charly est parti ce matin voir le reste du carnaval dans l’île de Margarita. Il tombe quelques gouttes et le ciel est gris. Je me penche sur l’intérieur. Maxsea fonctionne et le GPS se reporte bien sur la carte. Par contre l’AIS ne fonctionne pas. Je passe un bon moment sur son circuit électrique sans trouver le remède… Je le démonte pour constater que le ruban d’alimentation informatique interne est cramé. Il doit donc retourner à l’usine. Merci Médée électronique ! Un matériel sûr, fiable, simple m’a-t-on dit avant de me l’installer ! Le fusible installé par eux n’a pas fondu, c’est le câble de l’appareil qui a fondu ! Le soir j’entends la musique du carnaval, amis je n’y vais pas. J’écoute de la musique et je me plonge dans mon bouquin «  La douleur du dollar ».

Le 24.02.2008

Beau temps ensoleillé pour peindre et bronzer en même temps. J’y passe la matinée. Maintenant que Mimi n’est plus là avec ses petits plats, il faut que je me cuisine ce que je veux manger. Une courte sieste et je finis le livre de Zoé Valdez, « La douleur du Dollar ». Le bouquin est très drôle, tragi-comique et loufoque en même temps. Ca décrit bien cette ambiance surréaliste de ce régime en vin de vie, qui ne fait que se survivre en usant sa population par les privations, la propagande, les contradictions. Décidément, j’aimerai voir Cuba et ça me fait peur. Des gens si charmants et un régime si absurde ! La musique du Carnaval s’entend dans la marina. La musique que l’on entend ici est principalement du Regeton, de la soupe électronique, bien loin des traditions d’Amérique latine. Il faut dire qu’ici la population indienne est faible et que la seule musique traditionnelle vénézuélienne est la musique llanera, celle des gauchos dans les vastes plaines, avec des paroles d’amour de la femme aimée, de sa terre, de la nature, du pays. Le troisième âge l’écoute encore, les jeunes préfèrent le regeton. Alors la musique du carnaval c’est ça. Ca et puis les bandas qui accompagnent chaque char, chaque comparsa. Les bandas sont essentiellement des percussions de toutes sortes, et quelques cuivres, genre harmonie municipale… Sur le coup des 17h, je vais voir le défilé du Carnaval. Pas de surprise, c’est le même depuis 4 jours ! Mais cette fois ci c’est le dernier jour. Enrique Maestre, le gouverneur, est annonçé. En effet il est dans le défilé, en jean et blouson avec sa casquette rouge. Il embrasse des gens. Il prend un petite fille dans ses bras, la jette en l’air, la rattrape et la couvre de baisers. Il embrasse d’autres enfants puis monte à la tribune. Le voilà parti dans un discours louant le carnaval de Carupano et celui de Cumana les deux plus beaux du Venezuela, les deux villes étant dans son état de Sucre ! Un char passe en l’honneur de la paix entre les peuples. Il loue la paix, le pays qui est en paix depuis 150 ans, le gouvernement révolutionnaire du commandant Chavez, oubliant de dire que celui-ci av ait mobilisé ses troupes aux frontières Colombiennes lors de l’affaire des otages il y a quelques mois et qu’il avait fallu une réunion de tous les chefs d’état d’Amérique du Sud pour le retenir… Bon le défilé continue. Je le remonte, dépasse la tribune et vais jusqu’où le défilé fait une boucle et se disloque. Des enfants déguisés sont avec leurs parents. Des musiciens posent enfin leur grosse caisse ! Il y a beaucoup de vendeurs d’empanadas, de glaces, des grils avec poulets, cochon, boudin et saussices ! Il faut reprendre des forces après le défilé. Plus loin est dressée une scène pour accueillir le groupe de la soirée. Je rentre au bateau dîner et lire. Je commence « Michael K, sa vie, son temps » de JM Coetzee, un écrivain sud-Africain qui a obtenu le prix Nobel en 2003.

Le 25.02.2009

Ce matin, nouvelle couche de caoutchouc chloré sur les parties dérouillées.
Je regarde mon compte sur internet. Mon virement au changeur a été fait le 23. J’appelle le changeur. Il vérifie sur son compte et me rappelle. Il vient m’apporter l’argent à la marina dans une heure, avec un change à 6,5 plus du double du change officiel. Même avec ce change le Venezuela est le pays le plus cher d’Amérique du sud. Sans cela il serait hors de prix !
Je rencontre Fred, l’un des deux associés de la marina de Medregal. Nous échangeons des nouvelles. Il me confirme que la marina peine, tant les bateaux sont peu nombreux à cause de l’insécurité et des agressions au Venezuela dont sont victimes les voiliers… Je lui fille des tuyaux pour un change meilleur que celui qu’il a et le téléphone de l’agence qui me vend mes billets. Je vais pouvoir payer la marina et aller acheter d’autres pots de caoutchouc chloré. Les pots sont en galons, et ça défile vite. Un galon fait 3,78 litres. Le Venezuela qui a un discours officiel si anti-Américain, est entièrement américanisé. Les contenants sont en galons… Je vais en ville, à « La tienda del pintor ». Là on trouve presque tout pour peindre. Effectivement je reviens avec ce dont j’ai besoin. J’en profite pour aller non loin au super marché. Comme ça je n’aurai pas besoin d’aller au marché avant quelques jours.

Le 26.02.2009

Courage ! Au programme de ce matin, dégager tout le pont des cordages, survie, bouteilles de gaz et d’eau. Et puis nettoyer à la brosse et au jet partout. L’eau courante est tiède et le soleil tape dur. C’est agréable de passer la matinée les pieds dans l’eau. Par contre mon dos n’aime pas la position courbée ! J’ai le dos en compote… L’après midi je passe une couche sur toutes les bordures, sur les coffres et sur les parties en bois. Après je pourrais faire le pont au rouleau dans les jours qui viennent. Pendant que je suis à quatre pattes le pinceau à la main, Charly vient m’inviter à boire un coup ce soir. Le soir j’y vais. Il y a aussi Roberto le jeune navigateur italien qui vient de revenir d’Italie et qui lui aussi peint son pont… Nous passons la soirée à parler du Venezuela que Charly aime et de bateaux. Charly et Emma vont acheter un voilier qui est là dans la marina et qui leur plait. Ils finalisent les discussions financières…

Le 27.02.2009

Ce matin, je repasse une couche de peinture sur les bordures, les bois, les couvercles des coffres. Ensuite je vais en ville acheter une carte de téléphone et diverses choses. A mon retour, une personne de la marina vient m’apporter une facture à payer. Après déjeuner, je passe au bureau de la marina. J’explique que je rentre en France en laissant le bateau. Je paye jusqu’à fin avril, date de mon retour. Je fais le point des choses que je veux faire avant de partir, de ce que je veux faire en France, de ce que je doit emmener… J’espère ne rien oublier…

Le 28.02.2009

Ne croyez pas qu’être en vacances perpétuelles fasse que le temps passe moins vite. Encore un mois qui s’achève ! Hier au soir j’ai fini le livre « Michael K, sa vie, son temps » de JM Coetzee. Ce livre m’a pris et ne m’a plus lâché. J’ai été captivé par l’histoire de la vie de cet homme ordinaire dans un pays en convulsions. Le style est simple et l’auteur décrit plus les actions que les motifs psychologiques, comme certains écrivains américains de la seconde moitié du 20ème siècle. Ce matin réveillé tôt, j’ai entamé un nouveau livre : « Histoire des philosophies matérialistes » de Pascal Charbonnat. En attendant que le soleil sèche la condensation sur le pont, j’en ai lu 50 pages passionnantes. Notre bateau est lourd, mais la bibliothèque est bonne ! Il y a de quoi s’occuper dans des horizons très divers. Le soleil ayant fait son travail, c’est à mon tour de travailler. Je peins au rouleau la première couche sur le pont. C’est si blanc que ç’en est éblouissant ! Mais ça fait propre. Dans 10 jours je serai dans l’avion pour regagner Paris ! Je reçois des mails d’amis sénégalais qui me disent comment ils traversent la crise avec plus ou moins de réussite et de difficultés… Ici beaucoup de prix augmentent, beaucoup. Les taxes diverses augmentent aussi ou de nouvelles apparaissent. Taxe sur les entrées et sortie des personnes du territoire…

Le 01.03.2009

Ce matin, j’entends une voix connue. Nicole parle avec ses amis. Paulo, Nicole et leurs amis sont revenus de l’Orénoque. Ils viennent me dire bonjour. Ils ont bien apprécié leur périple, avec de beaux paysages et des Indiens Waraos parmi les quels ils ont passé plusieurs jours. C’est un endroit où j’aimerai bien aller. Je m’occupe des hublots ou plutôt des joints qui ne sont plus étanches. Le silicone a vieilli. Je passe bien du temps à enlever le vieux silicone. Après nettoyage, je mets du nouveau silicone que j’avais en réserve. Trois cartouches ayant dépassées la date de péremption sont bonnes à jeter, elles sont effectivement polymérisées. Quelle belle invention, les silicones, mais quelle difficulté d’emploi, pour ne pas s’en mettre partout.                                                                                                                                                                  
Je me replonge dans mon « Histoire des philosophies matérialistes ». C’est passionnant, ça se lit comme un roman feuilleton avec la progression ou le recul des idées, avec l’incarnation dans telle ou telle philosophie insérée dans telle ou telle société, produisant telle ou telle réaction…
J’ai du mal à m’en décoller pour bricoler.

Le 02.03.2009

Une nouvelle couche de peinture sur le pont. Ca m’occupe presque la matinée.
Après je mets en marche le moteur. Il démarre au deuxième coup de démarreur, après une semaine de repos. Le faire tourner chaque semaine un quart d’heure, l’entretient, le lubrifie et permet de constater s’il fonctionne toujours normalement.
Après déjeuner, je vais en ville chercher de la silice pour mettre sur la dernière couche de peinture pour la rendre anti-dérapante. J’ai une piste : Peinture Montana, sur le perimetral… Il me faut encore du caoutchouc chloré. J’avais sous estimé les besoins…
Pas de bus pendant un bon moment. Je prends un taxi qui m’explique que les bus font grève contre l’insécurité et pour obtenir un prix de passage plus élevé. Je trouve peinture et poudre antidérapante.
De retour au bateau, je remonte les boiseries autour du cockpit, jusqu’à la nuit. Après je vais au café wifi, puisque le wifi de la marina ne fonctionne toujours pas. Je rencontre un fils d’Antonio venu me saluer. Il repassera avant mon départ. En même temps voilà Carlos, que je n’ai plus revu depuis plus d’une semaine. Il a du faire la fête ; il me dit qu’il est passé deux fois sans me trouver…
Il passera demain pour que l’on aille chercher le disque dur vers les 9h.

Le 03.03.2009

Je suis prêt, j’attends Carlos. J’attends tout en lisant car je me suis mis en tenue de sortie pour aller en ville.
Erreur, j’aurai pu bricoler, car à midi je n’ai pas vu l’ombre de Carlos…
Dans l’après-midi je vois le bateau de Claude dans la marina. Il est donc revenu des Roques et de Caracas après sa semaine de charter.
Je vais sur l’autre quai, mais je ne vois ni Calude ni son bateau ; il n’est pas dans la marina…

Le 04.03.2009

Mes voisins de ponton toquent pour me prévenir qu’ils vont largue l’amarre qui nous relie. Ils s’en vont avec Paulo et Nicole ainsi que leurs amis d’un troisième bateau. Ils vont faire un tour et rester une quinzaine à la Tortuga. Bons vents et bonne nav !
L’après-midi, je vais en ville puisque le magasin d’informatique chez lequel j’ai commandé mon disque dur m’avait dit mercredi. Il est fermé. Comme pas mal de magasins n’ouvrent qu’à 14h30, je fais quelques courses en attendant. Puis j’attends jusqu’à 15h … avant de rentrer bredouille une nouvelle fois pour cet objet introuvable !
Les bus ont augmenté de 20% suite à leur grève. 20% d’un coup. L’inflation continue et va sans doute s’accroître avec la crise et l’enchérissement des produits importés. En début de semaine Chavez a décidé de confier la filière du riz à l’armée pour lutter contre la montée des prix du riz. Et il a prévenu qu’il n’hésitera pas à nationaliser cette filière si besoin et pareil pour l’agroalimentaire. A bon entendeur salut !
Si les choses prennent cette tournure le Venezuela ressemblera à Cuba en quelques années, malgré toutes ses richesses naturelles…
En soirée je finis « l’Histoire des philosophies matérialistes ». C’est passionnant d’un bout à l’autre ; au 20ème siècle c’est tellement foisonnant avec en plus l’histoire des neurosciences, qu’il faudrait lire et relire pour en comprendre les finesses, les arguments divergents. Le livre embrasse 28 siècles d’histoire de la pensée. Il explique l’émergence de cette pensée, ses développements, ses reculs, les arguments de ses détracteurs au cours des siècles. La lute pour la liberté de penser est dure, âpre, elle se paye parfois de sa propre vie. Les églises défendent âprement leurs pouvoirs et privilèges. Les mythologies ont la vie dure, de nos jours encore !
Dans la foulée, je commence « L’Abyssin » de Jean Christophe Rufin. C’est prenant dès le début…

Le 05.03.2009

Je vais passer une avant dernière couche de peinture avec de la poudre antidérapante, cette fois. Je lis la notice qui parle d’une demi-boîte pour un galon de peinture. L’explication est si imprécise que je demande leur avis à Roberto et à Charly. Nous arrivons au même avis. Je mélange une demi boîte de poudre dans un galon de peinture. Je commence à l’étaler au rouleau. La granulométrie est plus fine que ce que je pensais, mail elle est bien là et elle s’étale sans peine de façon homogène. Avec un galon je fais une couche du pont.
Après je reviens dans le cockpit pour là aussi une couche, mais sans antidérapant.
Avec le soleil qui ne désarme pas, je transpire à grosses gouttes !
Après déjeuner, je retourne au centre ville, voir si le magasin d’informatique a bien reçu le disque dur commandé. On ne sait jamais, le hasard fait parfois bien les choses… Le magasin est fermé, mais il n’est pas 15h… J’ai le temps de traîner dans la rue Bermudes. Lorsque je reviens, le magasin est ouvert. Comme quoi tout finit par arriver ! Le patron qui me reconnaît, dit qu’il a le disque dur, mais qu’il ne sait pas dans quel carton il est. Je dois repasser demain après-midi, lorsque tout sera déballé… S’il ne s’est pas trompé de modèle, je l’aurai demain, après un mois et demi…                                         
Je vais sur internet. Le débit est bon aujourd’hui, j’en profite pour télécharger une version récente des antivirus AVG et AVAST. Je les installe sur l’ancien PC de Mimi et l’alarme retentit. Je commande un scanne. Près de 90 minutes de travail et l’anti-virus découvre virus et chevaux de Troie. IL répare et supprime. C’est bon pour celui-ci. Au tour du PC de navigation sur le quel j’ai mis disque dur externe et clef USB. Mêmes virus et chevaux de Troie. Même nettoyage.
Je passe à la clef USB puis au disque dur externe. Le disque est truffé de virus et chevaux de Troie dans les dossiers copiés sur le disque de Thomas à Dakar ! Je termine à 22h… mais tout est propre avec des systèmes antivirus à jour !
Pendant ce temps j’ai fait le plein d’eau en ajoutant un produit bactéricide. Ca a pris un bon moment vu le faible débit des robinets.

Le 06.03.2009

Ce matin, c’est la dernière couche de peinture sur le pont. Je veux commencer tôt, mais ce n’est pas possible car le pont est couvert de rosée au petit matin. Il me faut attendre un peu que le soleil sèche le pont avec l’aide du vent faible. Je termine peu avant midi.
Après déjeuner, je vais en ville, chercher mon disque dur. Le magasin est fermé. J’attends jusque 15h10 pour qu’il ouvre… Mon disque dur est là. Je l’achète et je rentre au bateau.
J’ouvre le mac, avec précautions et divers petits tournevis fins. J’enlève l’ancien disque dur, je mets le nouveau et je remonte. J’essaie de configurer l’ordinateur, mais le mac ne reconnaît pas le disque dur. Je l’initialise, sans plous de résultat. Zut ! Est-ce que ce disque est compatible ? Est-ce que j’ai mal monté quelque chose ? Je verrai demain.
Je vais sur internet. Ce soir il y a du monde dans le centre commercial, comme chaque fin de semaine. Je reste dans le centre pour manger une pizza, avant de rentrer au bateau.
En rentrant, je m’aperçois que le mac est très chaud. Le nouveau disque dur qui a deux fois plus de mémoire que l’ancien est peut-être trop puissant et chauffe trop. Je verrai ça en France.

Le 07.03.2009

Cette nuit, la pluie me réveille. Le matin tombe encore une pluie fine. Alors je me mets à préparer mes affaires à emporter en France. Je trie en essayant de ne rien oublier.
En fait j’ai hâte de partir et de revoir Mimi, les enfants, la famille, les amis. La nostalgie comme on dit au Sénégal.
Le soleil revenu, je range le pont, je remets les lignes de vie. Je plonge les écoutes et les drosses d’enrouleurs dans de l’eau douce avec de l’assouplissant et je laisse mijoter. Je fais le plein de gasoil, avec du gasoil en bidons qui a eu le temps de se décanter. En plus je me sers d’un entonnoir avec filtre pour éviter le plus possible les impuretés.
Je répare le panneau de descente, fait à Dakar et dont la résine collant les plaques d’alu, s’est décollée… J’y mets de la colle Sika, ça colle fort et ça reste souple.
Je vais au café pour relever mes mails. J’y rencontre Pedro, l’un des fils d’Antonio qui me cherche pour échanger des nouvelles. Tout le monde va bien chez lui.
En rentrant au bateau, je discute avec Roberto qui lui aussi repeint le pont de son bateau. Je vois passer Antonio qui rentre dans la marina avec sa lancha. Il me fait de grands signes amicaux.

Le 08.03.2009

Ce matin, je fais la lessive pour laisser du linge propre en partant. Je regonfle annexe et défenses. Je remets deux couches de peinture antidérapante sur la plage arrière.
Tout un tas de petites choses avant une absence de 7 semaines. Je prépare mes papiers…
L’après-midi, j’appelle Mimi, elle m’attend, elle sera à l’aéroport. Sophie aussi qui viendra me chercher en voiture. Ca y est j’ai déjà l’esprit en France tout en ayant le corps au soleil avec juste un short…

Venezuela suite

Posted on décembre 14th, 2008 by Christian


Venezuela Suite

Le 12.08.2008
Nous nous réveillons tout excités par le départ en excursion à l’ouest du pays !
Dans la matinée, chacun remplit son sac à dos avec ce qu’il pense indispensable, pour ne pas nous surcharger.
Nous mangeons les restes qui ne se conserveraient pas et emportons quelques provisions pour le voyage.
Medregal étant le bout du monde, il ne passe pas de taxi sur la route. Jean-Marc demande à une camioneta qui vient pour emmener les voyageurs au marché. Pour nous seuls, il ne veut pas venir. Bon, ce sera Yoleida qui nous emmènera.
À 17h, elle vient garer sa voiture au bas du bateau. Je descends les bagages et nous embarquons. La route est toujours aussi défoncée. Pour faire les trente kilomètres qui nous séparent de Cariaco nous mettons une heure et demie.
Elle nous dépose à la gare des cars. Nous voulons un billet pour Valencia. C’est complet. Nous passerons donc par Caracas pour reprendre un autre car pour Merida.
Le car ne part qu’à 21h. Nous cherchons un endroit pour dîner. En face de la gare, en bord de route il y a un BBQ qui fume. Nous y allons ; sur le BBQ des morceaux de poulet grillent. Nous nous installons à la seule table de jardin. Le patron nous prépare une assiette avec riz, salade, banane plantain et poulet. C’est bon et copieux. Nous avons le temps. Les gens de passage s’arrêtent pour se faire servir et emporter leur portion. Certains s’arrêtent au milieu de la rue, gênant la circulation, mais qu’importe, c’est l’habitude ici…
Le car arrive. Il est vieux mais climatisé. Les sièges s’inclinent pour faire couchette. Nous nous installons. Le car démarre et enfile tournant sur tournant. Nous commençons à dormir lorsque le car s’arrête au bord de route pour arrêt pipi et ravitaillement. L’établissement est vite plein.

Le 13.08.2008
Le car repart dans la nuit. Nous dormons en nous retournant souvent dans un demi-sommeil.
À 9h, nous arrivons au terminal de l’Oriente. C’est très vaste.Nous prenons un taxi pour aller au terminal de la Bandera qui dessert les Andes et Merida. Ce terminal est tout aussi vaste.Nous y prenons un petit-déjeuner salé avec des pastelitos au fromage et au jambon. C’est bon et ça donne des forces.Dans les terminaux, la nourriture est plus chère qu’ailleurs, comme dans les gares en France…

Caracas salle d’attente de la gare des carsGarre des cars de CaracasBuffet de la gare
Nous laissons les bagages à la consigne. Nous pouvons nous promener dans la gare et regarder du haut d’un balcon les gens qui arrivent en voiture, parfois à 9 dans une seule 5 places…

Caracas depuis la gare des carsCaracas

Nous passons l’après-midi au terminal, car nous n’avons pas envie de marcher dans Caracas, avec dans la tête toutes les histoires d’agressions. Nous regardons les gens. La plupart sont ventrus, obèses. Les femmes n’en ont aucun complexe et s’habillent en tenue collante avec de profonds décolletés. Il est très rare de voir une robe et plus encore une jupe. Toutes ont un short ou un pantalon collants.
Les restaurants ont plein. Ici on mange à toute heure…
Le bus arrive et part à 19h. Des vendeurs viennent proposer leurs biscuits, colliers, montres…
Nous nous installons pour dormir, mais les postes retransmettent un film de Batman.
Il fait froid, très froid. La climatisation est à fond, genre frigo ! Mimi proteste en vain, il paraît que ça ne se règle pas…
On s’endort congelés. Un second film nous réveille. Indiana Johnes. Les passagers ont de l’endurance !

Le 14.08.2008
Le bus est si froid que nous regrettons de n’avoir pas acheté une couverture comme beaucoup de gens. Après plusieurs arrêts dans la nuit, nous arrivons à Merida. Nous n’avons pas vu le paysage pendant le voyage pendant le voyage car on doit maintenir les rideaux fermés car des pierres se détachent parfois des flancs de montagne des bas-côtés. Le rideau est censé amortir le choc et protéger des éclats de verre…
Nous allons aux guichets de vente de billets. Nous prenons les billets retour pour être surs d’avoir des places. Nous prenons des billets directs Merida Cumana pour le 22.
Nous prenons un taxi pour une posada que nous avons repérée sur le guide du Petit Futé. La posada Los Bucares a un patio intérieur et des chambres agréables.

Patio d’une posadaRestaurant d’une posada
Nous nous y reposons tendrement avant d’aller déjeuner en ville.
Nous nous promenons en ville. C’est la plus belle ville que nous voyons au Venezuela. Les rues sont très animées, avec de nombreux magasins et des promeneurs à toute heure. Les gens sont aimables et viennent au-devant de vous si vous semblez chercher quelque chose.

Rue de MeridaMaison du centre de Merida
Nous trouvons une agence qui propose des tours sympas et pas chers. L’agence Colibri. La patronne parle un français très correct, avec un délicieux accent. Nous prenons un tour pour 4 jours dans les Llanos. Nous prenons une chambre à la posada Alemania, très agréable. Nous y faisons connaissance de deux jeunes : Samuel et Hanitra. Ils sont venus pour un mois de vacances au Venezuela. Ils sont très agréables et nous dînons ensemble dans une pizzeria.Ça change un peu de la monotonie de la cuisine vénézuélienne.
Au retour vers la posada, nous sommes surpris par une pluie très violente. Rapidement les rues en pente se transforment en ruisseaux impétueux ! Les rues sont lavées à grandes eaux !
Nous rentrons heureux.

Le 15.08.2008
La matinée se passe à prendre le petit-déjeuner après un lever tardif. Nous discutons de nous-même, de nos tendances lourdes. J’explique à Mimi certains traits de mon caractère par mon histoire, par l’influence de mes lectures et particulièrement des philosophes stoïciens, épicuriens et ceux du siècle des lumières. C’est la première fois que je peux m’expliquer ainsi avec Mimi qui comprend mieux mon caractère, parfois à l’opposé du sien. Moi je connais sa vie à travers ce qu’elle m’en a dit et à travers son livre. Mimi est impulsive, aime la bonne vie dans l’instant. Elle fera tout pour ses enfants et sa vie aventureuse lui fait désirer plus de confort et de stabilité. Moi je suis plus volontaire, j’ai des projets dans la durée, j’ai envie de bouger et de découvrir. Je me sens jeune et en bonne forme.
Nous discutons de notre future séparation. Moi sur le bateau et Mimi à Paris. Nous espérons que notre amour résistera à cet éloignement. Pour ma part je rassure Mimi qui a pris la décision de partir mais redoute une issue fatale pour notre amour…
Il y a tant d’exemples de séparation de couples de navigants…
Nous sortons nous promener en ville. Nous allons voir dans les rues principales des stands d’artisanat, des peintres de rue semblables à ceux de la place du tertre à Paris.

Les peintres dans la rue

C’est agréable ; cependant nous ne voyons rien d’exceptionnel. Les rues en elles-mêmes sont très colorées. Les maisons sont de couleurs différentes : vert, bleu, jaune, rouge, gris ardoise…

Rue de MeridaMaison du centre de MeridaMimi à Merida
Certaines maisons ont des entourages de portes et de fenêtres d’influence hispanique, peints de couleur différente de celle de la façade. L’effet est superbe !
Nous allons chez un glacier qui fabrique des glaces au thon, aux spaghettis bolognaise, à la viande, au fromage et de plus classiques ; Amandes et fruits de la passion suffiront pour aujourd’hui. Le lieu est très couru. Les murs sont garnis de diplômes obtenus par le glacier et les gens visitent, achètent, dégustent.
Nous poussons notre balade jusqu’au téléphérique. Il est sur une place qui est remplie de stands de souvenirs et de nourriture. Mais le téléphérique qui monte en cinq stations de 1600 mètres, altitude de Merida, à 4770 mètres, non loin du sommet du pic Bolivar qui culmine à un peu plus de 5000 mètres, est fermé pour travaux d’une durée indéterminée depuis deux jours ! Calamité ! Nous ratons le sommet des Andes vénézuéliennes de quelques jours…
En retournant à la posada nous nous arrêtons pour manger un poulet à la braise. Le restaurant est vaste et il se remplit pendant que nous dînons. À une table plus loin, dîne une famille. La grande fille se lève et vient discuter avec nous car elle a entendu que nous sommes français et elle étudie le Français en première année de fac. Elle parle un peu avec un accent mignon. Son frère vient aussi. Ils sont directs et gentils. Leurs parents viennent les chercher pour lever le camp…
Sur le retour, nous passons devant le centre culturel. Sous une aile couverte mais sans murs, des jeunes s’entraînent à la Capueira au son du tam-tam. Ils sont d’une agilité surprenante ! Le combat ressemble plus à une chorégraphie qu’à un combat. 0 côté un autre groupe répète une chorégraphie sous les conseils d’un danseur metteur en scène. Nous regardons un bon moment les corps qui bougent avec grâce sur un rythme partagé. Il fait doux, mais les danseurs transpirent !

Capueira à Merida
Nous rentrons nous coucher car le départ est prévu demain à 8h, après le petit-déjeuner.

Le 16.08.2008
Lever tôt et petit-déjeuner de la posada qui prépare à la route : oeufs brouillés, fromage et jambon, pain beurre confiture et jus de fruit. De quoi tenir pendant le voyage qui s’annonce long en Land Cruiser Toyota.
Mérida est dans la montagne ; alors les tournants commencent. Nous montons vite et traversons des villages de montagne très jolis. Tabay, Mucuchies.

Chapelle de pierresla chapelleFileuse dans le village à côté de la chapelle

Les maisons sont toutes de couleurs pastel, rose, jaune, bleue…Il fait frais, nous sommes à 3000 mètres d’altitude !
Plus loin, vient San Raphael de Mucuchies, 3150 m. Là un croyant a construit une chapelle de pierres décorée par lui et sa femme. La population le considère comme un saint. La construction fait penser au palais du facteur Cheval en France. C’est l’œuvre d’une vie qui apporte au village quantité de touristes.
Après la visite, nous prenons un chocolat, spécialité de la région ainsi que les fraises à la crème. Les fraises sont délicieuses, mais la chantilly est trop sucrée…

Une pose
Le paysage est superbe. À la forêt ont succédé des champs, des potagers et des vergers, sur les pentes très fortes, avec des tuyaux d’arrosage apparents. Ici nous sommes en milieu indien, un haut lieu de la résistance à l’envahisseur hispanique.

Toyota colibri tourLe Groupele Paramole Paramole Paramole Paramole Paramo

Nous allons un peu plus loin et la voiture nous dépose à l’entrée d’un sentier de randonnée avec un guide. Une heure dans le Pàramo pour admirer la nature. Ça nous plait tellement que nous y resterons deux heures. C’est la montagne avec une alternance de prairies, de bosquets, de plantes variées, de torrents. La nature est magnifique et le brouillard couvre et découvre des hauteurs, des vallées ; la beauté est à couper le souffle à plus de 3000m !

Balade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoLouis le guideLouisMimiMimiBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le ParamoBalade dans le Paramo

Il fait frais, mais le soleil tape. L’eau des torrents est très fraîche. Mimi y goûte, moi aussi bien sûr !
L’eau ruisselle de partout, la végétation est très variée : champignons, mousses, lichens, plantes fleuries…. Je prends des photos. Mimi est heureuse, moi aussi. Les Andes, c’est très beau !
Arrêt déjeuner dans un restaurant de montagne. Les nombreux torrents fournissent des truites. Elles sont curieusement préparées, fourrées avec du fromage et du jambon. Ce qui tue le goût fin de la truite.

Vierge du restaurant
Nous reprenons la voiture. Le groupe est composé de jeunes autour de la trentaine et de nous. L’avantage en voyage, c’est que les personnes parlent vite de l’essentiel, de leur vie, sans différence due à l’âge, au travail… Luis, le guide a la trentaine aussi. Il est bilingue anglais, espagnol ; très aimable et joyeux. Il y a un trio d’amis d’origine maghrébine : Omar, Yassine et Abdelatif. Il y a un couple qui a la trentaine : Marco et Amélie. Enfin un couple de danois : Yunes et Krista, seulement anglophone. Le groupe est très agréable.
Nous reprenons la voiture jusqu’à Barinitas, lieu de naissance du Président Chavez. Une posada nous attend après bien des tournants dans cette route de montagne. Barinitas est l’entrée des Llanos. Nous sommes redescendus des Andes. Devant nous ce ne sont plus que de grandes plaines.
En attendant, c’est la posada nous réserve une chambre double. D’autres auront un hamac sous une véranda.

Mimi et une enfant de la posada
C’est l’heure de faire un rafting sur une rivière agitée locale. Je ne suis pas tenté, pour ne pas prendre de risque et ne pas pouvoir piloter seul le bateau. Mimi n’est pas tentée non plus. Alors pendant que les autres éprouveront les joies de l’eau, nous profiterons de nos derniers jours ensemble !
Dîner super de viandes grillées pour redonner des forces aux rafteurs et aux amoureux. La soirée se termine par des discussions au salon et tout le monde va se coucher vers 22h.

Le 17.08.2008
Petit-dejs à 7h et départ à 8h pour les Llanos. Après les montagnes, ce sont des plaines cultivées de maïs principalement. Puis viennent les plaines inondées Par le rio Apure, le second fleuve du Venezuela. Celui-ci est large, boueux, impétueux ; c’est le début de la saison des pluies. Il se répand dans les plaines avoisinantes.

Les terres inondées des LlanosVaches zébus sur les routes

Les paysages donnent une impression d’infini, avec des vaches de-ci de là, des milliers d’oiseaux.
Nous arrivons dans une ferme vers 13h après des kilomètres de pistes entre des propriétés.
Un déjeuner typique nous attend : des spaghettis bolognaises ! Nous nous installons dans un grand dortoir. Les toits en tôle dissipent une chaleur importante. Certains parlent d’aller dormir dans des hamacs. Là, au moins il n’y a pas de moustiques !

le dortoirle dortoir
Après une courte sieste, nous partons en Land Cruiser voir des animaux : Hérons de divers espèces, ibis, rapaces, agoutis en famille, caïmans, iguanes et d’innombrables espèces d’oiseaux.

le groupepetit iguanenid de guèpesOiseaux dans les terres inondéesPlaine des LlanosLes LlanosLes LlanosLes Llanosune tortue et AmélieTroupeau de vachesjolis fruitsFruit dont on fait les maracasFruit très bonGraines d’arbreMimi dans la Toyota

Nous ne rentrons pas tard pour aller faire une balade à cheval. Mimi n’en a jamais fait. Moi j’en ai fait un moment avec les enfants et leur mère. Chacun choisit un cheval. Le moniteur nous aide à monter. Mimi a fière allure sur le sien. Tout le groupe est en selle.Le moniteur nous explique comment tenir les guides et en route !

A chevalMimi et son cheval!Mimi apprivoise son chevalMimi à la descente de cheval
Nous prenons un chemin de terre qui longe les propriétés. Puis nous entrons dans les plaines inondées. On voit l’herbe qui est noyée dans 20 centimètres d’eau. Pas question de tomber pour rester propre !
Mimi Hésite et suit le groupe. C’est l’occasion de faire trot et galop. Histoire pour moi de retrouver des sensations, des rythmes. Quelle impression dans ces terres immenses, sous un ciel nuageux et ensoleillé ! Nous arrivons à une ferme du patron de la posada. Nous mettons pied à terre. Mimi est heureuse. Nous arrivons pour voir le patron aider d’un aide débiter une vache qui a eu un accident et qu’il a fallu tuer. Il débite au grand couteau et sépare les côtes à la hache ! Le sang en impressionne certains, certaines plutôt.

A cheval!Le patron dépèce la vacheA la hache!

C’est vraiment la campagne comme je la connais, avec l’étendue en plus. Ici il faut avoir un caractère trempé. Le premier voisin est loin ! Il n’y a d’électricité que celle produite par le groupe électrogène des fermes…
Il faut savoir vivre sur ses propres ressources…
Nous remettons le pied à l’étrier et c’est le retour dans ces terres inondées au trot et au galop. Personne ne tombe. Mimi est enthousiasmée et moi je suis heureux d’avoir retrouvé des sensations dans un cadre aussi beau et heureux que ça aie plu à Mimi.

Coucher de soleilChevauchée dans les prairies inondéesUn  repas bien venu!Un convive de la maison
Le dîner nous attends dans la bonne humeur.
Sortie de nuit en Land Cruiser pour voir des animaux. Dans les terres inondées, de chaque côté de la piste, on aperçoit des yeux de caïmans dans les phares des guides. Il y a de nombreux oiseaux. Je me souviendrai longtemps des yeux de caïmans brillant dans la nuit, rouges ! S’égarer seul lorsque l’on ne connaît pas doit être fatal !
Au retour le dortoir est très chaud ! Chacun tente de dormir. Je m’endors tout de suite et dors bien. Ce n’est pas le cas de Mimi…

Le 18.08.2008
Le groupe a peu dormi à cause de la chaleur et des ronfleurs dont je suis. J’ai bien dormi. Je ne dis rien.Petit-dej à 7h30 et départ à 8h30. Nous regardons les animaux. Nous voyons des familles entières d’agoutis, les plus grands rongeurs du monde, gros comme des cochons moyens. Ils sont dans les prairies inondées, entourés de grues, de hérons, d’ibis….

Un caïman mortCiel des LlanosOiseauLes agoutis
Nous arrivons à un endroit propice pour pêcher le piranha. Halte. Le guide nous montre et nous donne à chacun une ligne avec un hameçon et un bas de ligne en acier. De la peau de poulet fait l’affaire pour le leurre. À peine la ligne jetée, ça mord. Il faut ferrer au bon moment car très vite l’hameçon est nu sans appât. Nouvel appât et ça mord de nouveau. Amélie en pêche un la première. Il est beau, blanc, jaune et rouge, avec des rangées de dents aiguisées ! Il faut l’assommer avant de le décrocher de l’hameçon.

Mon premier piranhaUn piranha
Pour ma part, j’en pêche deux. Quelques autres an pêchent et d’autres sont bredouilles. En tout cas c’est un bel exercice de pêche. On se lave les mains au bord, avec de petits poissons qui viennent voir !
Au retour certains sont dans la voiture d’autres sur le toit pour voir les animaux. Sur le toit, sur une piste défoncée, ça ressemble à du rodéo ! Il faut bien se tenir. Mais le spectacle vaut la chandelle !
Déjeuner à 13 heures dans la bonne humeur.

Mimi fatiguéeDîner

Après une sieste courte dans la chaleur, une sortie est prévue pour tenter de voir un anaconda. Mimi est fatiguée et elle reste à la ferme. Je vais avec le groupe. Luis et Ramon vont en bottes dans l’eau et bougent un bâton devant eux. Ils remuent les herbes. Soudain, Ramon voit une tête. Aidé de Luis ils taquinent l’anaconda qui se love en boule. Luis attrape la queue après plusieurs tentatives infructueuses, car l’anaconda n’est pas coopératif. Une fois étiré, il mesure plus de 4m.

Luis et Ramon attrapent l’anacondaAnacondaAnacondaanacondal’anaconda!Recherche de l’anaconda

Il est gros et à un diamètre de près de 25 cms. Louis qui tient la queue, la passe à Marco,puis à Yacine qui éprouvent la résistance de l’animal. Belle bête, quand même. Il vaut mieux lui tomber dessus que de se faire surprendre par elle. C’est un serpent constricteur qui entoure ses proies et les entraîne dans l’eau pour les noyer, après quoi elle les avale pour les digérer lentement…
On voit de nombreux iguanes, perchés sur les branches des arbres pour se chauffer. À notre approche, ils se laissent tomber à terre et rejoignent l’eau pour disparaître.
On continue la route jusqu’à un embarcadère.Nous prenons une pirogue pour aller sur les eaux, jusque sur le rio Apure.

Le rio ApureOiseauLe mâle défend sa femelleOiseauEn lancha sur le rioEn lancha sur le riole riosur le riosur le rioHéron butor qui se cache

De chaque côté, la végétation est luxuriante. De grands arbres entourés de lianes pendantes, colonisés par les orchidées et les plantes saprophytes. Sur l’eau poussent des plantes aquatiques et des lentilles d’eau. Les plaques vert tendre alternent avec les plaques vert pomme. L’eau est marron et parfois le soleil la rend rouge transparente. Il y a des milliers d’oiseaux le long des bras d’eau. Un héron butor se tient droit sur son nid, ne bougeant pas d’une plume pour faire croire à une branche. Un couple de gros oiseaux dont nous approchons le nid a une tactique identique pour la femelle sur le nid et une tactique de parade agressive pour le mâle un peu plus loin. Il y a des milliers d’iguanes sur les arbres.
Arrivés sur le rio Apure, nous voyons des dauphins d’eau douce. Leur peau est rose, avec une bosse sur le dos ! Ils tournent autour de la pirogue.
Nous rentrons à la nuit.

coucher de soleilMimi monte à cruLes françaises amoureusesMimi se baigne avec ses copinesMimi et son amie

Nous retrouvons Mimi qui s’est baignée avec des filles de la ferme et un garçon qui tente sa chance, dans l’eau avoisinante. Ensuite elle a refait du cheval avec un fils de la ferme et deux jeunes sœurs française arrivées avec un tour et qui sont restées sur place, amoureuses de deux jeunes garçons de la ferme et bien accueillis par toute la famille…
Le soir nous sommes les seuls à dormir dans le dortoir chaud. Les autres ont préféré aller dormir dans une case de hamacs, plus aérée. Nous profitons de notre tranquillité !

Le 19.08.2008
Retour en Land Cruiser. On quitte les Llanos que je ne suis pas prêt d’oublier, et l’on revient dans le Pàramo tellement beau aussi. La plupart s’arrêtent à Barinitas pour prendre de là un autre tour…
Nous continuons non sans avoir échanger nos adresses mail. Yunes et Krista continue avec nous. Mimi veut acheter des hamacs en souvenir. Nous nous arrêtons dans les villages de montagne. Ils sont chers et Luis lui dit qu’elle en trouvera à Merida. Nous achetons des fraises du pays que nous dégustons au retour.
Nous arrivons vers Mucuchies et voyons un embouteillage ! De nombreuses voitures sont toutes allées au même endroit. Car il a neigé ce qui n’arrive qu’au mois d’août tous les trois ans en moyenne. Elle redescendent des cimes enneigées avec des bonshommes de neige sur le capot. On s’arrête un peu plus loin prendre un chocolat. Sur le parking, un malin a fait un gros bonhomme de neige et fait payer la photo. D’autant plus qu’il a doté son bonhomme d’un pénis de bonne taille que viennent caresser quelques coquines, photo souvenir à l’appui !

Eboulis sur la routeBonhomme de neige sur le capot d’une voiture
On arrive vers 18h, heureux et fatigué par la route de montagne. Nous allons manger une pizza et au lit !

Le 20.08.2008
Nous nous baladons tranquillement dans Merida en dégustant quelques glaces et en essayant de trouver un tour pour une journée dans le Pàramo.

Fraises à la crème! Hum!Avocats dans le patio de la posadaPose dans un caféMur de MeridaMur de MeridaMur de Meridarue de MeridaRue de MeridaRue de MeridaRue de Merida
Nous ne trouvons pas ce que nous voulons. Le patron veut bien à un prix qui ne nous convient pas. Des jeunes se joignent à nous et nous faisons une proposition groupée qui entraîne une contre-proposition qui ne nous convient pas…
Nous allons traîner vers le téléphérique fermé ; nous ne verrons pas les sommets des Andes vénézuéliennes ! Au retour de manger un poulet à la braise, on rencontre dans notre posada trois jeunes français: Florian, Carole et Sophie. Ils passent leurs vacances ensemble au Venezuela. Ils ont entre 22 et 24 ans et sont très sympas. Carole a fait du voilier et rêve de faire une grande traversée. Je l’encourage et lui parle de la bourse des équipiers sur Sail The World. Elle m’assure qu’elle persévérera ! Je crois bien qu’elle en est capable !
Balade au marché central de Merida pour découvrir l’artisanat et voir des hamacs. Mimi tombe en accord avec une femme qui vend des plantes médicinales et cosmétiques. Elles s’embrassent.C’est touchant, alors qu’elles ne parlent pas la même langue.

Mimi au marchéOn trouve tout au marché!Vraiment tout!Une famille rencontrée au marché
Après avoir fait déballer bien des hamacs mimi en choisit un coloré et un écru. Ils sont grands et beaux. J’espère que leurs destinataires trouveront la place pour les installer à Paris !!!
De retour à la posada, Mimi fait un dîner rapide dans la cuisine à disposition. Puis nous buvons avec nos trois jeunes amis du vin de mûre du mûrier. J’ai acheté le doux car l’autre ressemble à du vinaire. Il faut goûter, mais ça n’est pas inoubliable…

Le 21.08.2008
Nouvelle balade au marché, avec les jeunes cette fois. Eux aussi cherchent des hamacs.

Chantal et SophieUne galerie du marchédans la galerie dcu
Nous achetons quelques souvenirs. Le soir nous allons dîner dans un restaurant végétarien. Grande présentation, genre nouvelle cuisine, mais peu de quoi se restaurer après avoir marché longtemps….

Nouvelle cuisine végétarienne

Le 22.08.2008
Petit-déjeuner à la posada, puis taxi jusqu’au terminal des car. Nous prenons des billes pour un car direct Merida-Cumana. Durée du voyage 24h.

Un accident sur la route!Arbre emblème du Venezuela qui fleurit jauneVégétation luxurianteAvec un car comme ça on est sur d’arriver à bon port!Le golfe de MochimaBord de routeBord de routeBord de routeBord de routeBord de routeBord de routedepuis le carLes murs des villesLes murs parlentles murs militentLes murent éduquentle paysage

Mimi est rassurée, nous avons acheté une couverture pour l’occasion. Nous avons bien fait, car le bus est très confortable, mais gelé !

Le 23.08.2008
Le car a bien roulé car nous arrivons à Cumana vers 12H30. Nous prenons un taxi aussitôt pour Cariaco. Il longe la mer et le golfe de Mochima, c’est très beau !

Une vielle américaine pour 6 passagers, c’est un porpuestoAttente à Guacarapo…

A Cariaco, il pleut ; on mange et l’on attend. J’appelle Jean-Marc qui dit qu’il nous envoie quelqu’un. Une camioneta passe et on la prend jusqu’à Guacarapo. Là on attend sur des fauteuils de jardins prêtes par une tenancière de bodegon, devant sa boutique. Nous attendons et ne voyons venir ni l’envoyé de Jean-Marc, ni une autre camioneta. La camioneta qui nous avait conduit jusque-là repasse et nous propose de nous emmener à Medregal pour 40 bolivars sous prétexte que la route est mauvaise.Il n’y a pas d’autre solution et nous rentrons ainsi.
Nous sommes au bateau à 18h et nous nous installons pour la soirée et la nuit.
Nous prenons une douche après avoir récupéré les clefs des douches désormais réservées aux seuls occupants des bateaux dans la marina. J’avais prévu de manger au restaurant du village, mais ce soir il fait relâche. Je fais cuire des pâtes. Nous prenons l’apéro ; Mimi parle et me presse de cesser le voyage. Je me couche mal à l’aise…

Coucher de soleil sur Medregal

Le 24.08.2008
Après le petit-déjeuner, je vais sur internet pendant que Mimi fait ses bagages.
Nous déjeunons à bord puis nous passons près de deux heures dans la piscine au soleil.
C’est agréable ensemble !
Mimi finit ses bagages. Je les descends au bas du bateau. Yoleida arrive et nous quittons Medregal. Nous arrivons à Cariaco vers 19h. Nous disons au revoir à nous deux aimables chauffeurs, Yoleida et son frère Raul.
Nous laissons les bagages au bureau de la compagnie et l’on va manger un poulet à la braise au même restaurant de bord de route.
Notre car est en retard. Nous partons à 21h. C’est un bus vieux, peu confortable, mais pas gelé. Nous avons du mal à nous endormir…

Le 25.08.2008
Le car s’arrête pour se restaurer à minuit. Il y a la queue pour pisser puis pour commander une boisson et la payer. Il y a une prime aux plus réveillés !
Le car repart dans la nuit, la musique à bord doit aider le conducteur à ne pas s’endormir, mais n’aide pas les passagers à trouver le sommeil. Qu’importe, c’est ainsi jusqu’à 5h30. Au moins l’air conditionné n’est pas gelé, c’est toujours ça. Nous arrivons à Caracas, au terminal de l’Oriente. Le terminal est très grand et neuf. Il y a les guichets de vente de tickets et les stands de restauration, chacun avec sa musique ou sa télé.
Mimi et moi sommes fatigués. Que faire ? Mimi veut aller d’abord à l’aéroport. Un taxi nous y mène pour 150 bolivars. Malgré l’heure matinale, les voies rapides qui traversent la capitale sont très chargées. Les gens vont travailler et en plus en période de vacances scolaires il y a des vacanciers. Nous quittons la ville ou plutôt les barrios qui occupent toutes les collines, pour la route de montagne qui descend vers l’aéroport en bord de mer.

CaracasCoucher de soleil sur CaracasPetare le plus grand barrio de Caracas
Arrivés, Mimi repère un chariot. Nous chargeons ses bagages et en route pour explorer les ressources du lieu.
D’abord un petit-déjeuner, histoire de nous réveiller et de calmer l’estomac qui réclame. Comme dans tous les aéroports, c’est cher et chiche. Je vais à la recherche d’un bureau de renseignements. Je finis par en trouver un qui est fermé. Il faut attendre. Mais que faire d’autre dans un aéroport ?
Lorsqu’il ouvre, je demande s’il y a un plan du lieu. Non pour raison de sécurité. Y a-t-il une consigne ? Non pour raison de sécurité ! Il y a pourtant encore des passagers, mais on va bientôt les supprimer pour des raisons de sécurité…
Nous ne pouvons donc pas laisser les bagages et aller à la plage… Mauvais plan !
En allant à la recherche d’un lieu tranquille un homme nous arrête et veut notre chariot. Pourquoi ? Nous avons pris un chariot qui ne doit servir que de l’autre côté, après l’embarquement, dans la zone hors taxe. Mimi est furieuse. Je proteste et ne veux pas rendre l’engin. Un policier vient et j’explique que nous voulons garder le chariot. Rien à faire. Il y a des porteurs avec chariots, mais pas de chariots gratuits dans cette zone. Nous avons bon expliquer que dans les aéroports des autres pays il y en a, et que c’est un service pour le passager. Rien à faire. Nous concluons en ironisant sur un pays qui ne peut payer des chariots pour les passagers… Et nous rendons l’engin.
Il n’y a plus qu’à se traîner les lourds sacs de Mimi. Heureusement qu’ils roulent, mais quand même. Nous allons jusqu’à une zone de restauration au premier étage et nous occupons un coin avec nos bagages. Nous n’avons plus qu’à voir défiler les heures. Nous discutons de l’aventure du voyage, du retour de Mimi, de ses projets de livre, de travail…
À l’heure du déjeuner, nous allons chercher des plats dans un restaurant voisin et les mangeons dans celui que nous occupons depuis ce matin…
Je retourne voir le stand d’Air Europa muni de la réservation. Le guichet est encore fermé.

Aéroport de CaracasAéroport de CaracasAéroport de Caracas
Je vais alors dans la banque pour retirer de l’argent. Je fais la queue qui avance à une vitesse désespérante. La guichetière me renvoie à l’étage. Nouvelle queue. Mimi me bipe avec son téléphone. Je tente de l’appeler en vain. Elle me bipe plusieurs fois. Elle s’impatiente. Je ne laisse pas tomber la queue. J’obtiens enfin l’argent dont j’ai besoin et je vais au guichet d’Air Europa, enfin ouvert. Le guichetier regarde les papiers et dit que tout est en règle et qu’il suffit de se présenter à l’enregistrement pour obtenir le billet électronique.
Je retourne voir Mimi. Elle est sens dessus dessous. Elle me croyait disparu, arrêté, car j’étais absent depuis une heure et demie…. Sous le coup de l’émotion, elle pleure. Je la console. Nous buvons un jus d’orange.
En route pour l’enregistrement. La queue est petite. Mimi passe vite. Pas de surpoids, tout va bien. Elle a son billet. Il faut aller payer la taxe d’aéroport de 115 bolivars. Muni du reçu Mimi va à l’embarquement. Elle se fait refouler car il manque une fiche d’immigration. Il faut retourner à l’enregistrement, demander la fiche, la remplir et revenir à l’embarquement.
Avant le portail de sécurité, nous nous quittons avec des embrassades, des promesses de nous donner des nouvelles régulièrement, de nous aimer malgré l’absence.
Mimi passe le guichet, le portique, un second portique… Ce sont les derniers adieux de loin, avec l’émotion de la séparation pour des mois…
Mimi part vers son avion. Je vais chercher un car pour Caracas. J’en trouve un à quelques centaines de mètres qui rejoint la capitale pour 15 bolivars. Le car part presque aussitôt. Mon voisin discute, m’indique les quartiers de Caracas, les musées, le théâtre. Le centre est beau et aisé ! Je descends à la station du parc central. Là je rends un taxi pour le terminal des cars d’Oriente pour 50 bolivars. Le taxi rend les voies rapides embouteillées.
Arrivé au terminal, je cherche les guichets et celui qui vend des billets pour Cariaco. On me propose un car qui part à 20h et un autre à 21h. Je prends le second pour ne pas arriver de nuit à Cariaco. J’ai le temps d’aller manger un poulet à la plancha et d’attendre le départ dans une salle d’attendre. Une jeune fille m’offre un bonbon à la menthe. On discute un peu. Elle a le billet d’à côté de moi. Le responsable de la compagnie vient me chercher, il a revendu quelques passagers à une autre compagnie. On nous échange les billets et nous attendons dans une nouvelle salle d’attente. On vient nous chercher pour embarquer. Le car part à moitié rempli. Il n’y a des personnes montent et une vieille femme monte à côté de moi. Je me rendors tout de suite avec un sommeil sans rêves…

Le 26.08.2008

Dans la nuit, le car fait un arrêt pipi et buffet. Dans le car, l’air conditionné est gelé. Dehors la nuit est moite et chaude. Il est 4h du matin et la musique du buffet en bord de route est à fond, sans doute pour réveiller tout le monde, employés et passagers.
Le car repart dans la nuit. Nouvel arrêt à Porto La Cruz, puis à Cumana.
Le long du golfe de Cariaco, la route est sinueuse et le jour est maintenant levé sur la mer bleue.
Nous quittons la mer et ne tardons pas à arriver à Cariaco. Il reste peu de passagers. Quelques-uns descendent, les autres vont à Carupano, plus loin encore.
Un taxi m’aborde. J’hésite puis demande le prix pour aller à Medregal. 80 bolivars. C’est trop cher, je décline l’offre. Je vais à pied au marché. Il est 6h, les marchands déballent. J’achète des légumes. En vue de prendre une camioneta, je vais au centre ville à l’arrêt. Quelques camionetas passent, mais ne s’arrêtent pas.Une heure plus tard, j’arrête un taxi qui m’explique que la route est coupée à Campoma par les habitants qui n’ont toujours pas obtenu les travaux promis de réfection de la route dans leur village. Inutile d’attendre une éventuelle camioneta ici. Il faut retourner au marché. Là, il y a un arrêt pour Campoma.
La queue est grande et les véhicules rares pour cette destination. En face une femme fait des empanadas. J’en prends une histoire de faire patienter. Plusieurs taxis emportent une cargaison de personnes, sept dans les vielles américaines. J’en ai assez d’attendre à l’ombre d’un arbre. Des personnes vont vers un taxi et discutent. Je les suis. Je monte, nous sommes 4 à l’arrière. Le taxi nous emmène à Campoma. Là, des hommes font barrage. Les taxis s’arrêtent. Les hommes invitent ceux qui veulent aller plus loin à s’asseoir sur des sièges en plastiques rouge. Ça fait très révolutionnaire. Le sourire et la gentillesse en plus. J’explique que je viens de France, que le pays me plait et que les gens sont gentils. L’atmosphère est sympathique, mais il fait chaud et je suis fatigué par ce long voyage…
Une camioneta arrive, pleine de marchandises et de quelques personnes. Un homme va voir, parlemente et me fait signe. La camioneta va à Cachicato, plus loin que Medregal. Je monte et m’assieds sur des sacs, de sel ou de riz, entre un vieux couple et une maman et son enfant qui dort sur les marchandises.
Super, ça roule et dans la bonne direction ! Je refais la route qui me mène au bateau.
J’arrive à midi à la marina, sous un soleil de plomb.
J’ouvre le bateau pour donner de l’air et je fonce prendre une douche.
En prenant un pastis bien frais, j’appelle Mimi qui est peut-être arrivée à Paris. Je n’obtiens que sa boîte vocale…
Je me couche très fatigué.

Le 27.08.2008
Je me réveille tôt. J’ai mal au ventre. Je me rendors plusieurs fois. Je me lève enfin ; je vais prendre une douche puis prends un petit-déjeuner. Les bouchées ne passent pas. J’ai mal au ventre. Je vais sur internet. J’ai un mail de Sophie qui me raconte les détails importants de sa vie. Ça me fait très plaisir.
Cependant j’ai mal au ventre. Je vois Jean-Marc qui me demande si le voyage s’est bien passé. Je lui raconte. Finalement je m’aperçois que j’ai mal aux abdominaux, ce qui m’empêche de respirer à fond. Ça fait comme si j’avais reçu un formidable coup de poing à l’estomac.
Je croyais avoir essuyé le coup du départ de Mimi ; ça ne fait que commencer. Je me traîne.
Je fais à déjeuner et mange sans faim. Je me couche pour me reposer. AU réveil, mes abdominaux sont toujours aussi douloureux….
Je vois Jean-Marc qui me demande si je peux le payer car la réparation du travel lift le laisse raide. Bien sûr que je le paye et il m’offre une bière.
Je mets sur le site quelques pages.
Le soir, je me couche, ravagé par le mal aux abdominaux.

Le 28.08.2008
Je passe la journée en me traînant du lit à la banquette et parfois au cockpit. J’ai de plus en plus mal ; je ne peux écrire, lire, ni même manger
Je joins Mimi par téléphone. Elle tourne en rond dans son appartement.
Le soir l’alimentation de mon ordinateur mac ne fonctionne plus. C’est le bouquet…

Le 29.08.2008
Nuit hachée ; je suis réveillé par les crampes dans le ventre. Je n’ai rien pu manger depuis deux jours.
Je me lève et décide d’aller voir Jean-Marc et Yoleida pour me faire conduire à Cariaco chez un docteur. Car maintenant j’ai mal au ventre mais aussi aux reins.
Pendant que j’écris, je dois arrêter car un grain souffle. Je mets les instruments. Le vent souffle entre 30 et 40 nœuds. Le golfe se couvre d’écume à la crête de chaque vague. Il va pleuvoir !

Un Grain passeUn grainles bateaux sous le grain
Je vais donc à Cariaco avec Yoleida et des voisins. Elle me dépose à l’hôpital tenu par des coopérants cubains. Un planton oriente. Oui je vais bientôt passer aux urgences. Je m’assieds en attendant. Mais il ne tarde pas à m’appeler. La salle de consultation est avec deux médecins et deux malades. J’explique au mien ce que j’ai, il me pose quelques questions, puis il prescrit, d’abord une piqûre par l’infirmière, puis une échographie.
Je vais m’asseoir de nouveau. Le planton vient me rechercher. L’infirmière est libre et me fait une intraveineuse avec une seringue neuve. Rien à dire côté asepsie.
Je vais me rasseoir un moment. Le planton vient me rechercher pour l’échographie. Le praticien m’enduit le ventre de gel et ausculte. Pendant ce temps, nous discutons. Il me dit que la radiologue parle français. Il va me la chercher. Elle parle un peu et retourne à son travail.
Le médecin qui fait l’échographie ne trouve rien d’anormal. Sauf une irritation de l’estomac. Il prescrit une endoscopie. Mais comme j’ai pris un thé ce matin, il me dit de revenir lundi matin à jeun.
Je revois le médecin diagnostiqueur. Je lui dis que la première piqûre n’a pas fait d’effet. Il m’en prescrit une autre. Je retourne chez l’infirmière, quelques portes plus loin et elle me fait la piqûre en envoyant les injections toutes les quelques minutes. Je demande ce que je dois : rien, c’est gratuit. Super !
J’attends Yoleida et pendant ce temps, le médecin radiologue cubain vient me voir. Elle parle le français un peu et le lit assez bien. Je luis dis que je veux aller à Cuba après. Elle va me donner l’adresse de ses parents, pour que je puisse les voir et leur donner de ses nouvelles. Les communications sont chères entre Cuba et le Venezuela….
Je rentre au bateau, je prends un pastis et réussis à manger un peu d’avocat et quelques raviolis. Victoire !

Le soir, ça va nettement mieux. Je parle avec Hervé et son épouse Evelyne revenue de France. Ça me fait du bien d’être avec eux, de parler français. Seuls les moustiques ont raison de ma détermination. Je retourne au bateau et je dors bien !

Le 30.08.2009
Ce matin comme je vais bien j’ai envie d’aller faire le marché à Cariaco. Ce n’est pas que j’ai besoin de grand chose, avec toutes les provisions que j’ai sur le bateau, mais un peu de frais fait du bien. Et puis en allant mieux, j’ai envie de sortir, de voir du monde. Dans la camioneta il n’y a que des nordiques, suédois et Danois qui parlent anglais, bien mieux que moi.
Swen qui a navigué 28 ans avec son épouse a jeté l’ancre à Medregal. Il a acheté un terrain, fait construire une petite maison et ouvre une pizzeria. Il me parle des îles à voir et celles qui ne valent pas la peine dans le sud des Caraïbes. Ça me redonne un peu envie de naviguer. J’enregistre… Au marché, j’achète fruits et légumes et du poisson. Puis j’attends l’heure du retour en camioneta. La route se passe sous la pluie. Décidément il pleut chaque jour ces temps-ci. Une pluie chaude. La mer elle-même est à 32° ces temps-ci!
Je rentre au bateau faire une sieste, sans autre motivation.
Je me réveille vers 19h. Je bricole de l’informatique. On frappe à la coque. C’est Hervé et Evelyne qui viennent me chercher pour dîner au restaurant. C’est gentil à eux de penser à moi. Nous allons au bar en attendant que le service soit prêt. Les moustiques nous attaquent avec virulence. Hervé va chercher une feuille d’aloès véra. Il s’en tartine les jambes. Il me la passe et je fais de même. Effectivement ça soulage et ça dissuade les moustiques toujours présents.
Nous dînons ensemble en discutant de navigation, des pays, des gens. J’ai du mal à manger ce qui est servi. J’ai le ventre gonflé. Je mange ce que je peux. La soirée est très agréable. Je rentre au bateau vers 23H.

Le 31.08.2008
Après une douche, je rencontre Roland. Je discute avec lui. Il me demande où est Mimi. Je lui explique la situation, alors que je n’en avais pas bien envie. Il ne commente pas. Ici les gens savent ; tout se sait dans un petit village !
Cette nuit, il a vu un tatou à 9 bandes qui errai sur le terrain de la marina. Il l’a suivi avec un projecteur. Le tatou menait sa vie, sans avoir peur. Nous sommes bien en Amérique latine, avec cet animal que les Indiens mangent et avec la carapace duquel ils font de petites guitares traditionnelles…
Je me sens physiquement pas trop mal. Il faut que je me bouge et que je trouve une motivation pour terminer les travaux, aller à l’eau et décider de ce que je fais dans la fin 2008…
Dans la matinée, je fais des mails et je reçois ceux de Mimi. J’en ai encore besoin.Le sevrage de sa présence est déjà dur, alors il me faut des mails.
Je fais un tour dans la piscine pour me relaxer et faire de l’exercice physique. L’eau tiède est agréable, mais le soleil est si chaud que les pierres qui entourent la piscine sont brûlantes sous les pieds !
L’après-midi, je fais le tour des personnes pouvant aller à Carupano avec leur propre véhicule pour leur dire de m’emmener au prochain voyage afin que je trouve la jauge de température d’eau cassée sur mon moteur. Ce sera dans la semaine…
Je commence à ranger dans le bateau, à nettoyer.
Je fais rentrer par la BLU tous les mails que Jesus m’envoie comme à ses copains motards. Il y en a 40 à faire rentrer. J’arrive à trouver une connexion rapide et à en faire rentrer dans l’ordinateur 30 en plus d’une heure. Ensuite ça ne veut plus passer. Il faudra que je continue demain, pour avoir une boîte à lettre vide et utilisable pour la météo en navigation ! Ça c’est utile, alors que les documents drôles de Jesus….
Le soir, j’ai la nostalgie des voyages et j’écoute de la musique du Portugal, du Cap-Vert, du Sénégal, de Thaïlande, d’Indonésie. Il fait nuit, pas un nuage ne vient cacher les étoiles et la voie lactée. Les gamelans balinais font vibrer les notes des vibraphones. J’ai mis un peu fort et j’écoute dans le cockpit au vent doux. Les voisins doivent se demander d’où vient pareille musique si différente de la musique occidentale…
Je sens que peu à peu le désir de bouger revient. Où, comment, en solitaire… je ne sais pas…

Le 01.09.2008
Incroyable, encore un mois qui commence ! Bientôt trois mois que je suis au Venezuela, le 12… Il faut que j’accélère pour bouge. Dans le voyage, on se sent facilement en dehors du temps, ou plutôt, le temps n’a plus d’importance. Il coule, comme l’eau coule, et tout continue, immuable… Néanmoins il faut se méfier de ce genre d’enlisement dans l’indéfini.
J’ai besoin d’aller voir les mails et ceux de Mimi, s’il y en a. Avant je fais la vaisselle, vide la poubelle. Du propre, du propre !
Je prépare les photos à mettre sur le site, lorsque j’aurai une connexion haut débit. Ça prend du temps, mais ça en prendra encore plus au cyber ! Mais alors vous pourrez enfin voir les couleurs, les splendeurs du Venezuela ! Encore un peu de patience, s’il vous plait. Classer ces photos me fait revivre ce beau voyage avec Mimi dans l’intérieur du pays…
Je vais relever les mails. Il y en a plusieurs de Mimi et des enfants. Ça me fait très plaisir.
Il y a une page du journal de Mimi que je mets sur le site.
Je regarde le site américain des cyclones. Je vois sur la carte trois cyclones actifs : une près de la Nouvelle-Orléans, un près de Cuba et un autre au milieu de l’Atlantique. Près du Sénégal un autre se forme. La saison cyclonique est bien démarrée ! Le Venezuela est en principe hors champs !
Je rentre manger au bateau. Je fais une sieste. À peine couché, un orage éclate, violent avec une trombe d’eau qui dure ! Je ferme tout, le temps que ça passe, plus d’une heure, cette fois ci ! C’est vraiment la saison des pluies. Il pleut chaque jour.
Je téléphone à Mimi : elle n’est pas en forme et supporte mal notre séparation. Quelle misère !
Je me couche tôt puisqu’il n’y a plus de courant 220 v.

Le 02.09.2008
Ce matin, je porte le linge sale à la Lavandéria Diana, nouveau service de la marina. Une charmante jeune fille me prend le linge ; il sera prêt à 15h. Je retourne au bateau et je range.
Je vais faire un tour sur le net. Pas de mail. Ceux que j’ai envoyés, sont-ils arrivés ? Je demande à Jean-Marc quand le courant sera rétabli. Il me montre la ligne qui borde la marina, avec un poteau abattu par le grain d’hier et les fils par terre… Ça va donc durer !
Je rentre manger au bateau. Un grain arrive et la pluie arrose pendant près d’une heure ! Le terrain est bien humide !
Je vais chercher le linge à la Lavanderia. Il est sec, plié, tout prêt ! Je refais un beau lit tout propre !

Le 03.09.2008
Réveil aux aurores, douche, petit-dej et je suis prêt pour aller à Carupano avec Jean-Marc dans le but de trouver la sonde cassée de mon moteur. Pascal et Marc attendent aussi pour le voyage. Nous partons à 4. La route est de plus en plus défoncée au fur et à mesure que la saison des pluies avance.
Nous arrivons à Carupano.

Jean-Marc nous conduit à CarupanoUn camoin de papayes!

Jean-Marc va dans une grande ferreteria pour acheter de l’antifooling pour un bateau qui est dans sa marina. Puis chacun va faire ses courses. Un peu d’épicerie pour moi. Je voulais faire du change à la banque, mais Jean-marc va me changer des euros à 6/1 si je lui fais un virement. Le cours de l’euro remonte à près de deux fois le cours officiel !
Je le retrouve au restaurant San Francisco. J’arrive avant lui et je bois une bière en attendant et en regardant CNN et la convention républicaine. Un vieux conservateur et une jeune vice-présidente ! La carpe et le lapin !
Jean-Marc arrive. Un whisky pour chacun, ça ouvre l’appétit. Nous commandons une pièce de bœuf et des frites largement servies. Jean-Marc a acheté une bouteille de vin chilien de cépage … Il veut me faire goûter un bon vin chilien qui vaut bien moins cher qu’en France à qualité égale. Celui-ci vaut moins de 6 à 7 euros.
La pièce de bœuf arrive, gigantesque avec des frites à profusion. Nous goûtons le vin rouge. Le parfum exhale les fruits rouges et des tanins de vin vieilli en fût. C’est prometteur. En bouche, ça tient la promesse. Les arômes sont subtils, chauds, variés. J’avale et derrière, rien, pas d’arômes d’arrière-goût. Derrière c’est plat, contrairement à un vin français… Curieux. C’est bon au premier abord et décevant au second. En tout cas très différent de ce qu’on attend d’un bon vin français…. Nous mangeons comme des goinfres. La viande est tendre et bonne. Elle serait meilleure bien faite, mais ici on la mange jeune…
Nous parlons des pays d’Afrique, du Venezuela, de l’Europe, comme des expatriés, comme des voyageurs, pour comparer, pour essayer de comprendre le fonctionnement de ces pays et leur devenir…
Après le plat, vient le café qui est bon et le rhum local qui lui aussi a un premier goût et est sans arrière-goût en bouche…
Nous sortons de table bien repus et inpreignés. Nous retournons au parking, et retrouvons Pascal et Marc. Nous faisons un arrêt chez un vendeur de pièces détachées qui me vend une sonde de température, presque pareille à la mienne. Nous verrons bien au montage…
Nous faisons le retour au soleil couchant. Le paysage est d’une beauté sublime, mis en 3D par la lumière rasante et chaude ! Le retour se fait dans la bonne humeur. Nous échangeons des expériences. Pascal est journaliste et vend des sujets à des télés. Il filme ses sujets et travaille ainsi 6 mois sur 12 et profitant des lieux où il passe pour vendre des sujets qui lui plaisent sur les pays où il passe. Il est très sympa, mais repart déjà pour raccompagner son copain à l’avion à Margarita…

Le navigateur journaliste
Au retour nous discutons un moment avec Thomas qui est revenu à Medregal, puis je vais au bateau me reposer et dormir. La journée est vite passée dans la bonne humeur !
Au bateau, je m’aperçois que le courant est revenu. Nous l’espérions car nous avions vu sur la route des camions grue aller vers Medregal. J’en profite pour vider ma boite à lettre sur la BLU. Il y a encore 23 message. Jesus en a donc envoyé encore 13 en deux jours ! Il faut que je l’appelle demain au téléphone pour lui dire d’envahir ma boîte aux lettres au risque de la rendre non-opérationnelle pour un mail météo, indispensable pour une bonne navigation !
Heureusement, ce soir, la transmission est rapide !

Le 04.09.2008
Ce matin, il fait particulièrement chaud, sans un souffle d’air. Je n’arrive pas à me mettre au bricolage. Je vais voir Jean-Marc pour lui faire un ordre de virement, le scanner et l’envoyer à ma banque. Il me fera du change à près de 6 bolivars contre 3,5 pour un euro au cours officiel. Le cours au noir remonte en approchant de Noël et des élections américaines. Avec le scan de l’ordre, je vais au bar wifi pour l’envoyer. Il en faut du temps ! C’est lourd et ça passe mal. Un peu de patience et voilà.
Je discute avec Michel, un Français qui tourne dans les Caraïbes depuis 9 ans avec son bateau et qui envisage de finir par se poser, mais où ? Il me propose ses services pour refaire l’échappement. Je vais réfléchir.
Je vois Hervé et Evelyne qui m’invitent ce soir à bord car c’est l’anniversaire d’Hervé, le 70ème ! Evelyne me rappelle : le rendez-vous sera d’abord à la pizzeria de Swen.
L’après-midi coule en lecture et en musique. Je répare l’alimentation de mon ordinateur Mac. J’y vais prudemment, je dénude le fil à l’endroit où il y a un mauvais contact. Je coupe, ressoude. Ça marche de façon continue et non plus aléatoire !
La nuit commence à venir, le ciel devient jaune, vert, bleu, puis bleu nuit. Le grand calme se répand sur la mer. Les derniers bruits du chantier s’arrêtent. Les employés n’ont pas réussi à remettre à l’eau un bateau car les roues du travel lift s’enfoncent dans le terrain détrempé par les pluies des jours précédents…
Hervé et Evelyne arrivent au ponton. Nous allons ensemble en annexe à la pizzeria. Les vagues de la journée ont disparu, il reste un petit clapot. On voit de loin les gens dans le restaurant. On met l’annexe au ponton. On entre dans le jardin. Le feu rougeoie dans le four.

Les pizzas dans le fourEvelyn et sa pizzaHervé et EvelynLa pizzeriaSwen et son épouse

Swen y enfourne des pizzas. Nous trouvons place autour d’une grande table. Il y a d’autres navigateurs. Les moustiques ne mangent pas les pizzas, mais les pieds. Je mets un répulsif, les autres aussi. La pizza est bonne ! L’endroit est super, les pieds dans l’eau ! Nous partons pour aller à bord de Papa Djo. Il y a Thomas, Pascal et Marc en plus d’Hervé et d’Evelyne. On boit des bières pendant que les coquillages cuisent. Évelyne prépare un riz pour les accompagner et la soirée se passe bien agréablement.

Hervé 70 ans et bon pied bon oeil pour faire le tour du monde70 ans, ça s’arrose!

J’ai apporté une bouteille de vin des Canaries, une des dernières. J’ai apporté pour Hervé un livre sur la plaisance à l’Estaque. Je le lui donne. Il est minuit passé, lorsque nous quittons le bord. Thomas me ramène à terre.
À peine au bateau, je dors !

Le 05.09.2008
Je vais sur internet relever les mails de Mimi et une page de son journal que je mets sur le site. Je regarde le site d’information sur les cyclones. Trois cyclones sont sur l’Atlantique nord et se suivent. Haïti a déjà trinqué et un second cyclone se dirige vers l’île.
Ici, plus au sud, les cyclones ne passent pas, en principe. Leur effet peut se faire sentir de loin. Il vaut mieux regarder.
Je rentre au bateau. Je fais la cuisine.
Je finis le livre « La lucidité » de José Saramago : Un pur chef d’œuvre. Il faut passer sur une première impression ; le style déroute tant l’écriture ne laisse pas de blanc. Ça paraît bourratif. Et puis l’humour, la finesse, l’intelligence vous font signe au fur et à mesure des pages. On se prend au jeu intellectuel de cette construction baroque, de ce roman absurde et si réaliste. C’est un pur régal, dont je n’ai pu me détacher avant la fin ! Je vais peut-être pouvoir me mettre au moteur maintenant ? Quoi que je viens de prendre un autre livre du même auteur : « Manuel de peinture et de calligraphie ». Je risque de me faire prendre de la même façon par son habileté, sa profondeur…
Mimi m’appelle : elle supporte mal la séparation… Que lui dire ? Elle dit que j’aurai du la retenir… Ce n’est pas mon genre. J’aime les personnes libres.
Je tente de vider ma boîte mail du bateau, mais le contact passe mal et pendant ce temps ce con de Jesus continue à la remplir avec des mails collectifs, malgré mes demandes d’arrêter !
Mas moyen, ça passe mal.
Je regarde des films sur l’ordinateur et je lis…

Le 06.09.2009
Je vais relever les mails. Je rencontre Thomas. Il me demande comment vont les travaux. Je lui propose de venir m’aider. Il bricole sur son bateau, un moteur expérimental et bosse un peu sur le bateau de Fred. Il a la flemme. Je lui demande de réfléchir. Je lui dis qu’à deux, on avancerait vite, alors que seul, je peine à m’y mettre…
Je glande toute la journée. Je classe de la musique et enregistre les CD de musique Africaine achetés à Dakar, que je réussis à déprotéger.
Le soir, je vais dîner au restaurant. Il y a du cochon de lait grillé à la broche. Il y a Hervé et Evelyne. Ils disent qu’ils vont partir pour les îles en fin de semaine. J’aimerais être prêt…

Le 07.09.2008
Ce matin, je me suis juré de me mettre au boulot. Je commence par le frigo. Il y a quelques jours, j’ai fait une grosse connerie. Il y avait tant de glace que ça gênait l’ouverture du freezer. J’ai employé un couteau et j’ai percé le tuyau de fréon…Alors que je dis de ne pas le faire aux enfants, je le fais… et je gagne le gros lot ! Quel con !!!
Je vide le frigo et en profite pour le nettoyer. Il en avait besoin !Je ne vois pas comment démonter le freezer. Je demanderai conseil avant de faire une autre connerie !
Je me remets sur le moteur. J’enlève une ferraille boulonnée pour faire une place pour le pot de barbotage sur l’échappement, pour qu’il corresponde aux normes prescrites et que le moteur ne reprenne plus l’eau. Il me faut la matinée pour y arriver !
Je déjeune puis j’appelle Mimi qui n’est pas bien loin de moi. Elle parle de revenir !
Je lui dis que je vais finir les travaux et remettre le bateau à l’eau et que nous verrons comment ça va alors… Cette instabilité me fait peur…

Le 08.09.2008
Ce matin, je me mets au travail. Je compare le plan d’installation d’un échappement modèle avec le mien. Je constate qu’il faut changer la sortie d’échappement à la mer à travers la coque et refaire une autre sortie plus près de la cabine qui permette d’installer un col-de-cygne dans la cabine. Il faut donc percer la coque et ressouder là où il y avait l’ancienne sortie. Ça je ne sais pas bien faire. Je vais donc au bar attendre Michel qui est soudeur de métier pour lui demander s’il veut intervenir et à quelles conditions. Il arrive. Je discute avec Danielle, revenue de Cumana avec son ami Christian à bord de son grand bateau à moteur. Danielle me demande des nouvelles de Mimi et me dit de lui transmettre toutes ses amitiés.
Michel vient à bord. Je lui explique, il regarde, constate le travail fait contre les normes par Sécuméca de Nantes. Il confirme ce que je pensais faire et me dit qu’il lui faudrait trois jours pour refaire l’échappement à 30 bolivars de l’heure. C’est OK. Pendant ce temps, je vais faire le reste pour avoir un moteur prêt à fonctionner et pouvoir rejoindre l’eau après l’antifooling.
Je me sens mieux à cette perspective !

Le 09.09.2008
À 8h précises, Michel arrive au bateau. Nous nous y mettons à deux. D’abord refaire un échappement dans les règles. La matinée passe à loger le pot à barbotage dans la gâte moteur plus bas que la sortie d’échappement sur le moteur. Ensuite nous ne sommes pas trop de deux pour faire passer le tuyau selon une ligne droite et ascendante jusqu’au fond du bateau. Il faut percer des cloisons, râper, élargir… Ça passe. Reste à percer la coque au bon endroit, à tribord alors qu’avant le passe coque était à bâbord. L’acier est résistant, ce n’est pas de la vulgaire tôle, c’est un acier plus résistant. Aussi Michel transpire pour faire les trous avec la perceuse. Ensuite il faut meuler pour égaliser les bords. On fixe le passe-coque d’échappement au Sika et avec des visses.
La journée est passée vite à deux et l’on a bien avancé ! Un tour au bar pour nous rafraîchir !
Michel travaille bien tout en parlant, en racontant sa vie. Un type sympa et capable, qui cherche à se fixer, à construire le restant de sa vie…

Le 10.09.2008
8h précises et Michel arrive. Lui bricole le raccordement du moteur et l’extraction de la partie filetée de la jauge de température d’eau qui était cassée au raz du moteur. Je m’occupe de menuiserie pour refermer le fond de la cabine tribord en tenant compte du tuyau d’échappement.
Danielle et son ami Christian, passent à bord pour demander une aide à Michel. Ça discute. On bricole encore un peu et l’on va au bar pour amortir la chaleur.
L’après-midi, on finit les raccordements gasoil, l’électricité dans la gâte moteur.
Voilà trois jours que l’électricité est coupée dans le village. Les panneaux solaires donnent l’électricité nécessaire au bord. Le survolteur permet d’utiliser les perceuses, scies… mais pas le poste à souder. Alors demain si l’électricité revient, Michel soudera des pièces sur les ouvertures de l’ancien échappement et de la mise à l’air.
Travailler au Venezuela n’est pas toujours simple, quand on ne peut même pas compter sur l’électricité. Il y a des coupures même à Caracas. Les gens sortent parfois du métro, là où il s’est arrêté, à la lumière de leur téléphone portable…
En fin d’après-midi, on retrouve Danielle, Christian, Thomas, Jean-Marc et des jeunes nouveaux au bar. Les moustiques finissent par m’en chasser après que j’ai relevé mes mails, dont ceux de Mimi et de Salifou ! Je répondrai demain !

Le 11.09.2008
Michel vient tôt pour souder et boucher les trous dans la coque qui ne servent plus.
Jean-Marc lui a prêté le poste à souder et miracle il y a de l’électricité. Il commence par meuler l’acier autour. Puis il soude. Je vais dans la cabine arrière pour voir si la chaleur ne met pas le feu. Un peu de peinture brûle et s’éteint d’elle-même. Michel bouche un premier trou avec une belle soudure. Il fait de même pour le second. Pendant ce temps, je mets le régulateur de tension pour les panneaux solaires qu’il m’a vendus peu cher. Les panneaux pourront fonctionner tout le temps sans abîmer les batteries par une surtension.
Nous terminons la matinée au bar où Christian et Danielle font une tête d’enterrement. Le bateau à moteur que Christian vient de sortir du chantier Navimca à Cumana pour changer deux tôles, fait de l’eau dans les fonds. Une soudure a dû être mal faite. Il va devoir retourner au chantier et faire valoir la garantie du travail qui vient d’être fait et mal fait… Vu la réputation du patron, ce n’est pas gagné d’avance. Déjà que pour changer deux tôles il est resté au chantier 65 jours alors qu’il fallait au plus 4 jours…
La plaisance, c’est parfois dur !
L’après-midi, je fais de la peinture sur les parties poncées et soudées. Je resserre les boulons du secteur de barre et de vérin du pilote.
Après avoir bien transpiré, je vais plonger dans la piscine pour me rafraîchir un peu. Je regarde mes mails et me fais surprendre par une averse. Je rentre au bateau fermer les panneaux. Je regarde un film, je dîne et je vais me coucher pour être en forme pour la peinture demain, une première couche d’antifooling au programme…

Le 12.09.2008
Réveillé tôt, je prends une douche, déjeune et me mets au travail pendant que le soleil n’est pas trop chaud.

Diam Rek et son antifooling rouge!Diam Rek et son antifooling rouge!

Je mets une casquette et un polo car hier j’ai attrapé un début de coup de soleil et travaillant torse nu.
Je colle un papier collant sur la ligne de fin d’antifooling. À 7h30 je commence la couche d’anttifooling. Le produit est rouge et épais.Je le remue bien et je commence à l’appliquer. Je finis le côté à l’ombre un peu avant 10h. Même à l’ombre, je transpire. Je vais boire au robinet d’eau souvent.
Je commence la seconde moitié au soleil. Je transpire encore plus. J’ai mal au bras et à l’épaule tant le produit est épais et dur à étaler au rouleau. Je finis la première couche peu avant midi ! Je suis épuisé.
Pendant que je peignais, je voyais un couple de suédois s’activer sur la coque de leur bateau. Ils bossaient à deux avec ardeur ! Chapeau madame la scandinave qui a près de la soixantaine !
Je vais boire une bière au bar. Je relève mes mails. Tout va bien. Jean-Marc me donne un papier, une invitation à un BBQ pour fêter les 7 ans de Januaria, sa fille ! Super, ce sera la fête !
L’après-midi, je suis si crevé que je fais la sieste puis regarde un film de science fiction. Demain je passerai la seconde couche. Après il faudra faire des finitions, ranger tous les outils et le matériel qui encombre le carré et les cabines…
Le soir, je vais au bar pour l’anniversaire de Januaria. Je lui apporte un collier de cauris sénégalais. Elle est en robe chinoise de soie blanche, ravissante avec sa frimousse brune !
Jean-Marc a préparé un apéritif dînatoire avec œuf mayonnaise, beignet de purée, poulet à la braise et gâteau d’anniversaire arrosé de chardonay chilien super.
Januaria était couverte de petits cadeaux. Elle était tout sourire. Au moment des bougies, la famille vénézuélienne chante bon anniversaire en espagnol. Anglais et anglophones suivent en anglais. Des Suédois continuent en suédois. Les Français ferment le banc !
La musique invite à la danse. Yoleida et son frère Raul dansent comme des professionnels. C’est superbe !

Le 13.09.2008
J’ai du mal à décoller de la couchette, mais j’y vais. Je fais une seconde couche d’antifooling.
Puis j’enlève les pieds qui retiennent le bateau, un à un pour les déplacer et passer de l’antifooling sur la partie qu’ils cachaient… Avec le soleil, je mouille la chemise ! Je finis avant midi. Le bateau est presque prêt pour aller à l’eau. Pourvu que le week-end ne soit pas top pluvieux. Si c’est le cas, le terrain sera trop détrempé pour que le travel lift puisse transporter le bateau sans s’enliser… Alors il faudrait attendre un peu…
Je vais au bodegon pour acheter du pain ; en approchant, j’entends les tambours. J’approche. C’est la fête. La patronne quitte la fête et vient me servir. Elle retourne à la fête. Je la suis. Il y a la vierge sur un petit palanquin que portent quatre jeunes filles en dansant au rythme des tambours. Les gens dansent et regardent en buvant des bouteilles de bière. Samedi dernier, c’était déjà la fête de la vierge…

Les embarcations arriventLa vierge portée par les jeunes fillesLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentVierge et bière PolarLa vierge portée par les jeunes filles qui dansent

Je rentre et vais au bar. Là aussi une table avec la vierge est installée. Bientôt la musique se rapproche. Les gens arrivent en procession avec la vierge. Ils font une présentation au bar. Les deux vierges sont face à face, l’une sur sa table, l’autre sur le baldaquin qui danse. La musique est rythmée, répétitive, envoûtante. Filles et musiciens ont de l’endurance.

La vierge de Medregal villageLa vierge portée par les jeunes filles qui dansentrencontre des viergesDépart vers les pontons et le village d’origine

La procession s’ébranle et quitte le bar pour le ponton de l’hôtel. Je suis avec l’appareil photo. La vierge est chargée sur une lancha décorée avec des palmes et des banderoles multicolores. D’autres personnes montent dans d’autres lanchas. La lancha avec la vierge, les tambours, les danseuses est si chargée que ça me semble dangereux ! Il faut que la vierge fasse un miracle pour que tout le monde arrive au village voisin dont il vient.

vers les embarcationsLes musiciensL’embarcation de la vierge décoréel’embarcation de la ViergeC’est la fête!C’est la fête!Çest juste pour ne pas prendre l’eau!
Foi, bière, chaleur, maillot de bain, danse et musique venue d’Afrique, tout concourt à une fête bon enfant.
Je rentre au bateau pour déjeuner. Le temps de faire une petite sieste et un violent grain éclate. Des vents à 40 nœuds et une pluie fournie. Le terrain est tout trempé…
Le soir, je vais dîner au restaurant avec Michel, Christian et Danielle. Jean-Marc a préparé des steaks au poivre qui sont sublimes, tendres et savoureux ! Un vin chilien l’accompagne à merveille !
Lorsque je rentre au bateau, il y a un concert de grenouilles. Leur coassement ressemble à une musique électronique grave et répétitive.

Le 14.09.2008
Cela fait un peu plus de trois mois que je suis au Venezuela. Demain Jean-Marc ira à Carupano et fera renouveler plusieurs passeports pour trois mois, dont le mien. Je serai en règle jusqu’à la fin de la période des cyclones. Je pourrai alors remonter plus au nord.
Ce matin, je regarde les cartes pour voir les choix possibles vers les îles du Venezuela, puis les San Blas au Panama et le Guatemala et le Belize et enfin Cuba, ou les îles du Venezuela puis la Jamaïque et Cuba… Je ne sais pas encore… En tout cas ç’est signe que le bateau va être à l’eau dans quelques jours et que j’ai de nouveau envie de bouger…
En attendant, je refixe les anodes sur la coque de Diam Rek, pour la protéger des attaques de courants électriques. En cas de fuites électriques ce sont les anodes qui sont rongées, pas la coque…
Je mets le tuyau de mise à l’air du col-de-cygne. Après avoir bien réfléchi à un passage idéal, j’ai trouvé : je le fais traverser la coque là où passent les commandes sous le cockpit et je le fais aller dans le vide-vite du cockpit. Le parcours est simple, assez horizontal. Tout va bien…
Avec la chaleur, je transpire en bricolant.
Je vais au bar pour relever les mails…
L’après-midi, je fais une sieste interrompue par un grain violent. Dans la baie, deux bateaux dérapent sans conséquence.
Je suis fatigué et je n’arrive plus à bricoler. Je vois Jean-Marc. Demain il va à Carupano. Il va me faire du change et la prolongation du passeport.
Je fais le plein des réservoirs d’eau. Celui de 1000 litres est presque vide. Je l’avais rempli, il y a trois mois…
Je rencontre Roland qui va chercher une pizza chez Swen. Je l’accompagne et je prends une pizza pour dîner. Comme à la maison !

Le 15.09.2008
Michel vient pour souder l’évaporateur du frigo que j’ai percé. J’ai commencé à démonter les tuyaux et j’en ai abîmé un. Michel réfléchit et conclue qu’il ne peut pas le réparer de façon sûre. Nous allons voir Roland pour savoir s’il a des pistes et s’il va à Cumana bientôt. Il ne sait pas où trouver un évaporateur ; il en a déjà cherché un sans résultat. J’appelle Jean-Marc. Il pense savoir où en acheter un à Carupano. Je lui donne les mesures.
Je me mets à ranger dans le bateau. D’abord, les cabines arrière. J’en profite pour jeter des vieilleries…
Je ferme le cockpit et je visse avec l’aide de Michel pour avoir une bonne étanchéité ! Je range dans les coffres.
La sortie du bateau est prévue pour demain matin… s’il ne pleut pas trop d’ici là !!!
Je range dans le carré. Tous les outils ! Quelle place désormais. Tout est prêt pour la sortie.
Michel a trouvé un évaporateur chez Christian. Si Jean-marc n’en apporte pas un neuf, j’aurai celui-là avec le gaz et je serai dépanné. J’aurai un frigo qui marchera ! Le confort sous les tropiques !
Je vais au bar wifi. Pas d’internet ! Je pique une tête dans la piscine pour faire un peu d’exercice. Je ressors au soleil couchant, dans le grand calme du soir. C’est le grand calme pour la nature, sauf pour les moustiques qui sont infernaux. Je reflue au bateau.
Je retourne au bar voir Jean-Marc qui est rentré. Il n’a pu faire prolonger les passeports pour cause de vacances de l‘agent… Il faudra attendre pour être en règle. Il a reçu mon virement. Il n’a pas trouvé l’évaporateur, il n’y en avait que des plus grands… Michel m’installera celui de Christian demain…

Le 16.09.2008
Je suis prêt pour la mise à l’eau. Je prends des photos de Diam Rek avec sa nouvelle couleur d’antifooling. Ça le change et je n’y suis pas encore habitué. Désormais à la flottaison, on verra du rouge au lieu du noir. Ça c’est de l’adaptation ; en pays révolutionnaire, le rouge est de mise !
Jose et ses aides viennent vers 8h. Ils peinent à mettre le travel lift en place autour du bateau. Ils sont obligés de consolider le sol avec des cailloux. Une fois en place, ils passent les trois sangles. Ils lèvent doucement, le bateau est porté, suspendu.

Une hirondelle à bordMise à l’eauMise à l’eauMise à l’eau
Le travel lift avance vers la piste en béton qui va dans la mer. Quelques retouches à la trajectoire et le bateau entre dans l’eau. Il flotte.
Je démarre le moteur, ou plutôt j’essaie, car il ne démarre pas. Je purge le circuit. Il finit par démarrer. Mais une alarme sonne. J’éteints. Je fais appeler Michel qui m’a aidé à rac corder le moteur. Il vient et regarde. Il débranche alarme après alarme. Finalement c’est la sonde unipolaire que j’ai achetée qui ne convient pas. Il la débranche et l’alarme s’arrête. J’ai l’indication de température d’eau mais pas l’alarme de surchauffe.
Les amarres sont détachées du travel lift. Je recule et vais jeter l’ancre un peu plus loin. Je regarde si ça tient ; c’est le grand calme. Je range les amarres.
Je déjeune rapidement. Il fait chaud. Je n’arrête pas de transpirer ; il n’y a pas d’air.
Je m’aperçois que le bateau fait de l’eau dans la gâte moteur. Je ne vois pas la fuite. Je ferme la vanne d’arrivée d’eau de mer. Je mets la pompe de cale. Il y a encore des réglages à faire avant d’aller plus loin…
En fin d’après-midi, je vais à terre, lorsque j’ai vu qu’il n’y a plus de risque d’orage et de grain. Je vois Jean-Marc qui n’a pas encore mes bolivars. Il les attend pour vendredi. En attendant, je ne peux payer Michel, qui est à sec et va voir Jean-Marc pour qui il bosse pour réparer ses chambres froides et climatiseurs, pour se faire avancer un peu de monnaie…
Je relève mes mails et en envoie à des navigateurs pour avoir de leurs nouvelles.
Je rentre à bord de Diam Rek. C’est le grand calme ! Pas une ride sur la mer, le silence, mais pas d’air non plus. Il fait chaud, 35° !!! Je regarde la température de l’eau 31°…
Le soir, je regarde un film et je m’endors vite.

Le 17.09.2009
Je me réveille tôt, dans un calme surprenant. Pas une vague ! Je vais vérifier l’eau dans la gâte moteur. Le niveau ne semble pas avoir changé. Le bateau ne prend pas l’eau par la coque.
Je passe la matinée à changer le support moteur de l’annexe sur le balcon arrière. Depuis le temps que j’en avais un neuf dans les coffres, je l’installe. Je cherche dans les coffres le matériel pour installer un switch automatique pour la pompe de cale. Je trouve le matériel sans problème. Je lis le mode d’emploi. Vu l’heure, je fais la cuisine, avec les restes de légumes frais.
Hervé et Evelyne passent pour me demander des renseignements sur Merida, parce qu’ils voudraient y aller. Je leur indique ce que nous avons fait avec Mimi et je leur prête le guide du Venezuela du Petit Futé. Ils repartent heureux, pour étudier leur projet.
Ils m’ont dit le résultat d’une nouvelle agression d’un navigateur français en pleine marina de Caracas : 4 balles dans la tête parce qu’il avait tenté de résister ! Au Venezuela les gens sont très gentils et accueillants, mais une infime proportion est d’une violence sans limites et ça gâche tout ! Sale ambiance !
Pendant que je prends un pastis en attendant la fin de la cuisson, Michel vient à bord s’enquérir de mon entrée d’eau. Je lui sers un pastis et une assiette de mon plat de légumes saucisses. Il aime ça. Nous discutons un moment. Un grain passe, il pleut. Michel rejoint la terre et le travail pour Jean-Marc. J’écris un peu, avant de brancher l’automatisme pour la pompe de la gâte moteur.
Je prépare à déjeuner avec les restes de légumes frais. Michel vient demander des nouvelles des travaux. Nous prenons un pastis et déjeunons ensemble.
Finalement je prépare le matériel pour demain et je vais sur internet à terre.
Je rencontre Marion, son mari et ses trois enfants qui jouent dans la piscine avec les deux enfants d’un autre couple de français. Marion me demande des nouvelles de Mimi, car elles avaient bien discuté ensemble avant leur départ. Je lui dis que Mimi va revenir.
Je relève mes mails. Je trouve un mail de mon ami Yann qui a toujours des ennuis avec son bateau. Voilà deux ans qu’il devrait être parti et en fait il y a toujours des réparations à faire, des malfaçons dans les travaux effectués… L’usure du temps fait que son épouse ne veut plus partir. Elle est partie réfléchir. Yann est effondré, lui qui avait tant rêvé une vie de couple avec leurs deux enfants autour du monde… Je compatis et lui envoie un mail d’amitié.
Les nouvelles de Mimi sont bonnes. Je quitte le lieu ne pouvant plus supporter l’attaque massive des nonos !
Je rentre au bateau ; je dîne et regarde un film dans le calme du soir sans houle.
Position actuelle : Medregal 10.31.996N 63.48.012W

Le 18.09.2008
Ce matin, je me mets à l’électricité. Je fais passer une ligne pour le switch de la pompe de la gâte moteur. Tout seul, c’est long et difficile. Il faudrait être deux. J’y passe la matinée, mais ça marche ! Je suis heureux du résultat. En cas de fuite, la pompe se mettra en marche automatiquement. Maintenant il ne me reste plus qu’à réparer le flotteur de la pompe de puisard.
Depuis ce matin, il y a des nuages gris et il pleut par moments sans qu’il y ait du vent. Ni vent pour l’éolienne, ni soleil pour les panneaux. Jour à économiser l’énergie.
Je regarde le switch de la pompe de puisard ; il est mort, je le démonte pour rien.
Après avoir lu un moment, je vais au bar wifi lors d’une éclaircie. J’y retrouve les couples de Français et Michel. Je regarde mes mails. Internet est trop lent pour aller consulter mon compte bancaire…
Je discute avec les Français des futures escales. Plusieurs veulent aller à Cuba, quelques-uns en Amérique centrale. Peut-être ferons-nous un bout de chemin ensemble…
Pendant que nous discutons, il tombe des hallebardes ! Et ça dure ! On se croirait à Brest ! Un vrai temps breton. La seule différence est la température autour de 30°.

L’orage
Je décide de rentrer au bateau lorsqu’il pleut moins. Je patauge dans les flaques. Arrivé à l’annexe, elle a le fond rempli d’eau. Je rentre dans le noir, sous la pluie chaude. Je me repère dans le noir sur le bateau de Christian qui est le seul à avoir beaucoup de lumières et qui est près du mien. Après je devine l’ombre du mien, avec ses deux mâts et ses deux enrouleurs. Je monte à bord. Je remonte l’annexe avec peine tant l’eau l’alourdit. J’ouvre la vanne et elle se vide peu à peu. Je l’attache solidement au balcon pour éviter qu’elle bouge et qu’on ne la vole facilement…
Je dîne en écoutant de la musique sénégalaise. Il est encore tôt, je peux lire.

Le 19.09.2008
Journée d’attente. Jean-Marc attend son changeur et espère les bolivars pour mardi ou mercredi. Idem pour la prolongation du passeport. Demain faute de liquide, je n’irai donc pas au marché.
J’envoie des mails aux amis et parents dont je n’ai pas de nouvelles depuis longtemps. Je vais à terre pour les envoyer et j’ai quelques réponses rapides qui me rassurent et me font plaisir.
Le soir un dinghy accoste Diam Rek. Je vais voir ; c’est Marion. Demain ils vont en bateau et comme j’ai donné un paquet de cigarettes à Christophe, elle me propose de m’acheter ce dont j’ai besoin en fruits et légumes. Je suis touché tellement c’est gentil. Nous parlons un moment et lorsqu’elle veut rentrer, son moteur d’annexe ne veut pas démarrer. Après de vaines tentatives, elle rentre à la rame, la pauvre ! Heureusement son bateau est à côté et il n’y a pas de vent….

Le 20.09.2008
Michel m’apporte un switch pour la pompe de puisard. C’est gentil, il a pensé à moi, et il passe avant d’aller travailler. Je l’installe aussitôt et ça marche. Super !
Je monte une ligne pour pêcher du bord. Je vois des bandes de poissons passer. Ils me mangent les appâts, sans se faire prendre… Il faut que je perfectionne ma technique !
Je rebranche le régulateur de tension de l’éolienne. Je pense que ça va aller.
Le soir, je vais dîner au restaurant avec Michel et un jeune couple sympa, Stéphanie son mari et son jeune garçon.

Le 21.09.2008
Ce matin, je termine « Manuel de peinture et de calligraphie » de Jose Saramago. C’est un super livre pour ceux qui s’intéressent à la peinture et à l’écriture. Intellectuel, sensible et passionnant.
Je prends un autre livre, plus gros : « La cité de Dieu » de Paulo Lins. Un auteur brésilien qui dépeint la vie dans les favelas de Rio de Janeiro.
Marion vient en annexe me dire qu’elle n’a rien trouvé pour moi à Guacarapo. Je lui dis que ce n’est pas grave, il y avait l’intention et ça m’a touché. Elle veut redémarrer et le câble de commande lâche. Je lui prête des outils. Elle n’y arrive pas. Elle a un coup de blues et elle pleure disant qu’elle en a assez de cette annexe qu’il faut sans cesse réparer, qu’elle veut arrêter, qu’après la saison des cyclones, ils retourneront en Martinique travailler pour remplir la caisse de bord… Elle est touchante, elle que j’admire pour son énergie d’habitude…
Je prends mon annexe et la remorque jusqu’à son bateau car il y a du vent. Je luis propose de garder mon annexe pour la matinée, puisqu’elle voulait aller à terre sur internet.
En fin de matinée, elle revient me rendre l’annexe, heureuse.
Vers 13h, je vois que l’énergie ne monte pas malgré le soleil et le vent. Je regarde le branchement du régulateur de l’éolienne. Je change le branchement. Le régulateur a deux sorties. J’en mets une sur chacun des deux groupe de batteries. Ça semble fonctionner. Il faut voir sur quelques jours…

Le 22.09.2008
Michel passe l’après-midi pour installer l’évaporateur du frigo. Jean-Marc donne gracieusement du gaz fréon. Michel installe l’engin. Je l’aide sur ses indications pour ne pas casser le capillaire. Michel met le gaz en surveillant les manomètres.
Le compresseur veut bien démarrer. Mais il s’arrête vite. Je vérifie au multimètre combien il consomme d’ampères :12 !!! Il y a trop de pression de gaz. Michel en relâche peu à peu, jusqu’à ce que le frigo ne consomme plus que 6 ampères.
Super, ça fonctionne. Mais c’est gourmand en énergie. Je le laisse tourner toute la nuit.

Le 23.09.2008
Dans la matinée, je passe à terre. Jean-Marc n’est pas allé faire prolonger les passeports. Il me dit que le responsable qui est en vacances, vent bien les prolonger mais pour un pris supérieur de moitié. Comme il est en vacances c’est son adjoint qui mettra les tampons et lui aussi aura sa part de gâteau… Jean-Marc l’a envoyé balader. La situation est en attente. Pour ce qui est du change, il aura l’argent demain ou au plus tard après-demain. Pour la peine il m’offre des frites ; il est en train d’en faire pour des clients.
La houle est forte lorsque je retourne au bateau. En ce moment une dépression tropicale passe au large du Venezuela et s’étend sur toute les Antilles, jusqu’à Haïti. Elle passe au large, mais, dans le golfe, on en ressent les effets et en particulier un vent d’ouest et une houle de 70 centimètre, très courte, qui fait bien bouger les bateaux…

Le 24.09.2008
Je laisse le soleil recharger les batteries et je mets le moteur en route. Il démarre sans problème. Par contre je constate que la pompe à eau de mer fuit. J’arrête le moteur et je démonte la pompe. Il me manque une mince à serre-clips. Je vais à terre. Michel m’en apporte une et enlève le clips qui permet de démonter la pompe. La corrosion a endommagé les joints en caoutchouc. Il va falloir en trouver. Je les montre à Jean-Marc ; il pense en trouver à Carupano dans une ferreteria. Il y va vendredi. Il va aussi chercher le change. Enfin !
Hervé et Evelyn arrivent. Ils viennent de Muelle. Ils comptent partir vendredi pour Merida et y rester quelque temps.
J’aurai le temps d’aller à Cumana et Puerto la Cruz et de voir venir Mimi. Nous nous retrouverons alors pour naviguer ensemble, d’autant plus qu’ils comptent aller à Cuba comme nous !
Bon jour, aujourd’hui, j’ai eu Mimi au téléphone et j’ai eu un mail de ma fille Sophie !

Le 25.09.2008
Je passe la matinée au bateau. L’après-midi, je vais à terre. Jean-Marc ne va pas demain à Carupano chercher les bolivars. Je devrais encore attendre !
Je vois Christian qui me demande des nouvelles et me dit qu’il doit avoir les joints pour ma pompe à eau. Je discute des conditions et l’on va sur son bateau. C’est un bateau à moteur de 25 mètres. Dans la cale moteur, il a un atelier super équipé. Il enlève le joint usé, cherche dans une caisse de joint et trouve le bon pourtant très spécifique. Il remonte la pompe à eau. Voilà, je n’ai plus qu’à la monter sur le moteur. Je rentre au bateau, mais le soleil se couche. Je monterai la pompe demain matin.
Je commence à regarder un film « Gadjo Dilo ». Au milieu, Hervé vient me chercher pour aller manger une pizza, avant leur départ demain pour Merida. Swen fait d’excellentes pizzas et ça commence à bien marcher !
Nous passons une bien agréable soirée. Hervé me raccompagne au bateau. Moi, je viendrai les chercher demain matin à 8h30 pour les amener à terre. Un taxi les prendra à 9h pour les emmener à Cariaco où ils prendront le car…

Le 26.09.2008
Comme convenu la veille, je prends l’annexe et vais à bord de Papa Djo. Hervé et Evelyn ne sont pas encore tout à fait prêts. Ils me donnent des restes de fruits et légumes frais, c’est sympa et bien venu parce que je suis à cours.
Lorsqu’ils sont d’ans l’annexe avec leur sac à dos, je tente en vain de démarrer. Vérification faite, je n’ai plus d’essence. La veille je leur avais dit que je n’en avais plus beaucoup, mais je ne croyais pas si peu !
C’est à la rame que nous allons au ponton. Hervé me dit que je peux prendre un peu d’essence dans un bidon à son bord. J’y retourne à la rame, contre le vent. Je mets de l’essence et rentre à bord au moteur ; quel con fort !
Je mets en place la pompe à eau de mer. Je démarre le moteur… La pompe ne fuit plus que goutte-à-goutte. La corrosion sur l’arbre en est la cause, mais il n’y a rien de grave.
Je vais sur Angéline, le bateau de Christian pour lui dire le résultat de sa réparation et pour lui demander s’il n’aurait pas l’alarme de température d’eau bipolaire qui s’était cassée pendant le voyage en voiture du moteur. Il n’en a pas, mais il essaie l’ancienne, elle fonctionne toujours et elle a assez de filet pour tenir. Je vais donc tenter de la remettre.
Je retourne à bord déjeuner. Le vent forcit, un grain se prépare… Devant l’étrave, au sud, le ciel est gris anthracite, la mer est vert émeraude avec des moutons blancs. La houle est de 80 centimètres et secoue les bateaux. La houle reste, mais le vent diminue et la pluie passe sur bâbord. Au loin on entend l’orage et l’on voit de grands éclairs.
Je remets la sonde bipolaire. Le moteur en marche, ça fonctionne !
Je fais un tour à terre et vais sur internet. J’en ai vite assez. J’appelle Mimi qui est allée à Marseille voir enfants et petits-enfants.

Le 27.09.2008
Ce matin, le soleil brille. Il va faire chaud !
Je me mets à vidanger l’eau douce du moteur pour la remplacer par du liquide de refroidissement moins agressif pour le moteur. Puis je fais la vidange d’huile moteur comme me l’a recommandé le mécano qui a refait le moteur. Je mets de l’huile épaisse pour pays chaud, de la SAE 50. Puis je relève le filtre à eau de mer au-dessus du niveau de flottaison selon les indications du fabricant. Je resserre des colliers de tuyaux pour éviter les fuites…
Bon, le moteur est prêt pour la navigation. Je vais le bichonner pour qu’il fonctionne longtemps encore !
Je suis prêt pour le départ, pour aller faire l’approvisionnement…
Vers 14h, un grain d’ouest nous tombe dessus. La pluie est très dense. Les éclairs strient le ciel et les détonnations sont proches. Je ne suis pas rassuré, mais ça passe peu à peu. La pluie devient plus fine.
Je dois vider la pluie contenue dans l’annexe pour aller à terre. Je discute avec des navigateurs jusqu’au moment du service du restaurant. Jean-Marc nous offre une bouteille de vin chilien très agréable. Aujourd’hui, il a tenté d’aller à la banque à Carupano, mais il est tombé sur une grande manifestation pro Chavez qui occupait tout le centre ville et qui avait motivé la fermeture de toutes les banques et de beaucoup de magasins. Donc pas encore l’argent du change… Peut-être lundi, si cette banque est ouverte…

Le 28.09.2008
Dimanche, jour de repos, de lecture, d’attente. Le grain de 14h n’arriva qu’à 14h30, moins violent que la veille, le plus gros passant plus au nord.
Lorsque je vais à terre, Jean Marc me dema nde de l’accompagner à Carupano avec l’autre Christian pour aller chercher notre change. Il a peur s’il se fait voler qu’on ne le croie pas…
Je lui dis que j’irai demain.
Je passe au bateau de Christian et Danielle qui ne sont pas enchanté d’y aller craignant une attaque suite à une indiscrétion d’un caissier… Ils réfléchiront jusqu’à demain.

Un crabe défend son poisson près du pontoàn!

Le 29.09.2008
Je me réveille tôt pour être à terre à 7h comme convenu. Lorsque je passe près du bateau de Christian, j’entends Danielle qui m’appelle. Finalement c’est elle qui va venir.Ce qui ne l’empêche pas de n’être pas du tout rassurée. Moi je pense qu’il y a une grande part de paranoïa là-dedans. Nous faisons la route ; 2h30 de voyage. Jean-Marc dépose sa voiture chez un garagiste pour quelques réparations. Nous prenons un bus jusqu’au centre ville. Là, je fais des courses avec Danielle. Enfin des fruits ! Des Fraises, des pamplemousses, des abricots, des bananes ! Du pain meilleur que celui du bodegon de Medregal et même du pain libanais ! Des steaks et du vin !
On se retrouve ensemble pour manger au restaurant avec Jean-Marc. Le repas est agréable.
Voilà le moment arrivé d’aller à la banque. Jean-Marc lui-même, n’est pas rassuré. C’est la première fois qu’il fait du change pour une grosse somme. Il retire 14 millions d’anciens bolivars !
Il fait la queue et à son tour va au guichet, à côté de tout le monde. Pour notre part, nous restons en arrière assis. Le guichetier compte l’argent ; ça fait des liasses épaisses. Jean-Marc les prend et les met dans le sac à main de Danielle. Nous sortons de la banque et prenons un taxi à l’arrêt d’en face.
Tout va bien, rien d’anormal. Le taxi nous conduit chez le garagiste pour récupérer la voiture.
Nous continuons les courses et rentrons. Il est 19h30 lorsque nous arrivons à Medregal, fatigués par les courses et heureux d’avoir enfin l’argent qui nous permet de partir !
Au Venezuela, il est difficile de savoir ce qui est paranoïa et ce qui est réalité.Parfois tout peut arriver…

Le 30.09.2009
Je vais à terre donner mon linge à laver à la lavandière, Diana.
Je vais payer mes dettes à Michel, à Bernard et je demande l’adition à Jean-Marc.
Je fais mes adieux aux gens que je connais et avec qui j’ai eu plaisir à passer de bon moments.
C’est le moment de nostalgie avant le départ demain !

Le 01.10.2008
Je vais à terre payer ce que je dois à la marina. Je fais mes adieux à Jean-Marc et Yoleida.
Je retourne au bateau. Je mets en ordre pour naviguer. Je démarre le moteur et je vais à l’avant et actionne le guindeau pour relever l’ancre. Je remonte trente mètres ; la chaîne devient tendue, le guindeau ne peut plus la remonter. L’ancre ou la chaîne est prise dans quelque chose. Je tente au moteur de dégager la chaîne. Pas de chance, rien n’y fait. Il faut plonger pour voir ce qu’il en est. Je n’ai pas envie de plonger. J’attends en lisant. Thomas passe en annexe. Je lui demande s’il est fort en plongée. Il dit qu’il n’est pas en forme et s’esquive…
Je me dis que ce n’est pas le jour, comme à Zinguichor. Je plongerai demain et en attendant je lis « Le Nabab » d’Irène Frain.
Décidément Ziguinchor, Medregal, le résultat est le même, s’il y a quelque chose au fond, c’est pour moi ! Là il y a eu des corps morts d’installés qui n’ont jamais servi et qui peuvent retenir une chaîne…

Le 02.10.2008
À 8h, je mets l’annexe à l’eau et je plonge le long de la chaîne tendue. À deux mètres sous l’eau, la chaîne fait un tour autour de ferrailles. Je tente en vain de dénouer la situation. Je plonge et replonge. La chaîne est trop tendue pour pouvoir agir. Le vent et le courant tendent la chaîne. Je vais à terre. Je parle à un employé du chantier, il m’envoie vers son collègue qui plonge.
Je l’emmène dans l’annexe. Il se prépare et plonge. Il me demande un coupe-filin. Il replonge plusieurs fois et essaie. Je relâche de la chaîne pendant qu’il plonge pour que la chaîne soit molle et qu’il puisse la manipuler. Au bout d’une demi-heure, la chaîne est libre.
Je remercie l’employé et lui donne un billet. Je le raccompagne et reviens au bateau.
Je remonte l’annexe et mets le moteur. Je remonte l’ancre et le bateau quitte Medregal. Au passage, je salue Thomas sur son bateau.
J’avance au sud-Ouest vers Guacarapo. Le paysage est beau.
Je quitte MedregalArrivée sur Guacarapo

Je ne me sens pas bien. Je pense entendre des bruits anormaux au moteur. Je vérifie, rien d’anormal. Je ne me sens pas à l’aise après plus de trois mois sans naviguer. Je dois réapprendre le bateau. Et puis je suis seul et je n’aime pas être seul pour naviguer.
Peu à peu, sous la chaleur et le vent, je me sens plus à l’aise. La pointe approche et derrière se trouve Guacarapo. Des maisons de pêcheurs, avec des lanchas sur la plage ; des cocotiers et de la végétation dense. Je tourne la pointe et la baie est bordée par le village. Des maisons de pêcheurs, bleues, rouges, jaunes… Le village est joli et gai.
Le bateau Ukrénien PedromaGuacarapoGuacarapo
Je vois le voilier russe Pedroma qui est à l’ancre. Je jette l’ancre près de lui. Je vérifie que ça tient bien, je m’habille et je descends à terre. À ce moment, je vois le couple russe arriver à son annexe. Il me dit qu’ici c’est tranquille, pas de bandits. Peu de choses à acheter, bière et épicerie mais pas de fruits, légumes et viandes. Le matin, les pêcheurs vendent leur poisson. Je vais au bar épicerie en bord de plage. Je prends une bière glacée et j’en achète une caisse pour le bord.
Un pêcheur bois une bière à côté de moi. Sur le comptoir, il en a une ribambelle vide. Il en reprend une nouvelle. Comme la plupart des Vénézuéliens, il commence par en répandre un peu par terre pour la déesse-mère, pour les esprits, les ancêtres, et il boit le reste. L’offrande est faite aussi bien en bord de plage sur le sable, que dans la salle d’un bar, sur le carrelage…
L’après-midi, je retourne à terre faire un tour du village. Les gens me saluent ; je les salue aussi et parle avec certains. Les maisons sont colorées et simples.

Diam Rek au mouillageGuacarapoL’église Plus loin il y a l’église un peu en hauteur. Elle est verte et hexagonale. La porte est fermée. Je regarde par une fenêtre. Une femme vient ouvrir la porte. L’intérieur est simple. Derrière l’autel et de chaque côté, il y a un grand nombre de christ, de vierge, de saints, en bois, en porcelaine… La piété ici aime des supports colorés.

L’égliseL’égliseVue de la baie de Guacarapo

C’est joli et calme. Le long de la plage, deux pêcheurs à la ligne continuent pour attraper leur quatrième petit poisson coloré. Deux jolies jeunes filles se baignent puis prennent une douche en plein air.
Je continue ma promenade dans le village et rentre avant le coucher de soleil.
Je mange dans le cockpit. J’entends une voiture avec haut-parleur qui invite la population à une manifestation pour soutenir le pouvoir à Cumana et assurer le succès aux élections du 23 novembre. L’invitation se termine par le slogan de Chavez : Patria, Socialismo o la Muerte (Patrie, Socialisme ou la Mort). Au moins c’est clair. Ça convainc ou c’est la répulsion !
Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente, disait Brassens…
Nouvelle position : - Guacarapo 10.29.722N 63.44.134W

Le 03.10.2008
Piotr m’a dit, Hier que les pêcheurs vendaient leurs poissons vers 7h. Alors je me réveille tôt, je prends l’annexe. En face, sur la plage, au bord de la rue, un pêcheur vend trois sorte de poissons. Je prends des anchoas. On me dit que c’est très bon grillé. On dirait des bars. Une autre sorte de poisson est colorée. Il y a aussi des poissons-chats. Des voitures s’arrêtent et les gens achètent. À côté un couple est assis sur le muret de bord de plage. Ils boivent des petits verres de rhum.

GuacarapoGuacarapoLes pêcheurs
Je vais plus loin le long de la plage. D’autres pêcheurs ont fini de vendre. Les filets sont déjà en tas et sèchent. Une famille, sur une lancha, tirent un filet et récupèrent les poissons. Les pélicans ne sont pas loin. Ils se précipitent sur les petits poissons que rejettent les pêcheurs. Chacun sa part !
Des pêcheurs d’occasion pêchent à la ligne. Certains attrapent quelques poissons qu’ils laissent agoniser à même le sol.

Guacarapo
Je rentre au bateau. Je nettoie les poissons et les mets au frigo. J’entends des chants. Une manifestation d’écoliers, tous en uniforme, brun pour les garçons et bleu pour les filles. Les premiers tiennent une banderole. Je ne connais pas le but de la manifestation. Je constate le niveau de mobilisation ou d’enrôlement des Vénézuéliens.
L’anchoa acheté ce matin, juste passé à la poêle est délicieux.
Pris par l’atmosphère envoûtante du « Nabab », je passe une partie de la journée à lire.
C’est le quatrième jour sans pluie. Serait-ce le début de la fin de la saison des pluies ? En tout cas il fait toujours aussi chaud. Le thermomètre du bateau indique toujours 35°.

Le 04.10.2008
De bonne heure je vais au marché avec Guina et Piotr. À 7h nous prenons une camioneta qui nous emmène directement pour 3 bolivars. Nous commençons par aller au cyber café. Je peux mettre du texte et quelques photos sur le site. Ce sera plus à Cumana car je prendrai le temps.
Le cyber est très moderne et le débit est élevé. Je peux télécharger des mises à jour de logiciels.
Vu la chaleur matinale, nous nous arrêtons pour boire un coup. Puis nous faisons un tour au marché. J’achète fruits et légumes, quelques conserves. Il me manque des œufs, mais la camioneta va partir. Je saute dedans. Nous sommes 14 dedans dont deux moitié en dehors sur la ridelle. En plus il y a quelques personnes opulentes… Je suis coincé entre Piotr et une dame. J’ai chaud. Je me tiens à chaque tournant pour ne pas envahir le peu d’espace des autres. Des personnes sont montées avec des bières. Lorsque leur bouteille est vide, ils la jettent sur le bas-côté ; une de plus. Guina me dit qu’en ce moment, ça ne se voit pas beaucoup car c’est la saison des pluies et la végétation est exubérante, mais en saison sèche, lorsque le soleil a cramé la végétation, on voit toutes les ordures partout… En ville c’est la même chose, Les trottoirs sont envahis de bouteilles vides, plastiques, papiers. Parfois un balayeur passe et ça recommence derrière lui… Il y aura pour des années à nettoyer le Venezuela lorsque écologie et services publiques arriveront…
Dans l’après-midi vu la chaleur, je plonge autour du bateau. L’eau est plus fraîche que l’air. Je nage un bon moment. Je manque de souffle, souvenir de mes 25 ans de fumeur… C’est agréable de prendre la fraîcheur de la mer. Une fois sur le bateau, je reprends mon « Nabab » dans le cockpit.
J’entends la musique des débits de boisson du bord de mer ; le soir, le volume monte. Diam Rek est à 150 mètres de la plage et j’entends la musique comme si elle était dans la pièce d’à côté ! C’est samedi, un samedi après les vacances.Dans la journée, il y avait bien moins de gens sur la plage que pendant les vacances. Mais quelques familles étaient venues, voiture garée près de la plage, radio allumée, glacière sortie. Père et mère boivent une bière dans la mer, de l’eau jusqu’au nombril.Les enfants jouent dans l’eau et plongent comme des poissons.
En bord de plage, il y a des vendeurs d’arepas et de boissons. Mer, bière et musique… la fête.
Moi je suis heureux d’être là ; il me manque Mimi à mes côtés.
À la nuit tombée, un grain éclate, après plusieurs jours sans pluie. L’orage gronde au loin sur les montagnes.

Le 05.10.2008
Les rares éclaircies de la matinée sont belles. C’est le moment d’aller me promener le long de la plage des pêcheurs.

La plage des pêcheurs

La plage est bordée de barques qui reposent sur le sable, au milieu de filets, de débarras.

Les maisons sont derrière, presque toutes les mêmes. La couleur vive diffère de l’une à l’autre. Le bric à brac qui les entoure aussi. Une multitude de vieux objets ménagers rouillés, de morceaux de bois, de caisses de bière vides… Il n’y a pas de ramassage d’ordures, alors, tout reste là. Poules, canards, cochons, chats, chiens se baladent au milieu de tout ça.
Un pêcheur lance un épervier d’un geste ample. Doucement il le ramène, vide. Il m’explique qu’il y a trop de lune. À la lune descendante ce sera meilleur… Des lanchas reposent sur le sable. Quelques-unes sont en réfection. D’autres ne servent plus depuis longtemps.

Plage de CarupanoLa barque qui prend l’eau

Une est dans la mer, presque immergée. C’est irréel et beau. La mer est d’un calme sans une ride.
La mer est toute transparente au bord. Des petits poissons longent le bord par bandes…

Les alentours de GuacarapoDiam Rek au mouillage devant Guacarapo
Je reviens au bateau car le ciel devient menaçant.Effectivement, peu après midi, l’orage éclate au loin, mais la pluie diluvienne est sur nous. Je ferme le bateau et j’attends.
Je vois des gens continuer à se baigner, j’entends la musique à fond. C’est dimanche qu’il pleuve ou non !
Deux heures plus tard, il ne pleut plus. Je vais à terre.Il y a pas mal de familles dans l’eau, leur bouteille de bière à la main. Des jeunes pêchent du bord d’une façon très particulière. Ils ont un hameçon trident assez gros et plombé au bout d’un fil d’une vingtaine de mètres. Ils font tournoyer l’hameçon et un mètre de fil. Ils le lâchent et l’hameçon tombe dans l’eau au loin. Aussi tôt ils tirent d’un coup sec le fil d’un geste large et ramènent le fil par brassées rapides. Ils attrapent une seule espèce, du mulet. Le mulet n’a pas mordu. Il est pris par le dos, ou le ventre, ou la queue, ou l’ouïe. Lorsque l’hameçon tombe au milieu d’une bande de mulets, le geste sec et rapide qui tire le fil fait que l’hameçon traverse la bande et en attrape un au hasard…Les mulets sont nombreux car les jeunes sont nombreux et en prennent plusieurs dizaines chacun….
C’est dimanche, les gens sortent.Alors les commerçants ouvrent des échoppes d’arepas, de sandwichs, de glaces, de poulets à la braise. Je me laisse tenter par un poulet à la braise avec une bière. Leur poulet est délicieux, moelleux, à point ! pour trois euros le quart de poulet.
Mon fils Maxime que j’avais vainement essayé de joindre m’appelle. Ça me fait plaisir d’avoir des nouvelles des enfants. Elles sont bonnes. Leurs affaires avancent et la santé est bonne ! J’appelle Mimi, elle est rentrée à Paris et ses affaires sont prêtes. Elle attend que j’aille voir à Cumana pour un billet d’avion.
Je ne vais donc ne pas tarder à aller à Cumana.

Le 06.10.2008
Il est 7h, je regarde le ciel. Soleil, pas le moindre vent, et au sud est des nuages. J’ai envie d’aller à Cumana, mais je n’aime pas les traversées au moteur. Et j’ai bien l’impression qu’il n’y aura pas de vent aujourd’hui…
8h15, je me décide. Je lève l’ancre, je pars au moteur de Guacarapo, ce village si tranquille et joyeux. Je constate que l’affichage de l’anémomètre ne fonctionne pas, pas plus que le loch. Le sondeur fonctionne, c’est toujours ça !

guacarapo-cumana-4.jpgGuacarapo CumanaLes montagnes rouges de Laguna Grande
Il fait un soleil de plomb et pas un souffle pour rafraîchir. Le golfe ressemble à un lac calme. Des pélicans sont posés çà et là sur l’eau. Parfois des mouettes. Soudain une bande de dauphins arrivent de chaque côté du bateau. Une bonne heure, ils l’escorteront. J’ai retrouvé mes copains les dauphins. Je leur siffle un air, je les applaudis, ça n’a pas l’air de changer leur conduite.
Tout le long de la rive sud, il y a des villages, parfois des petites usines. La rive nord est sauvage. Je passe devant Laguna Grande et ses montagnes rouges, ocres, jaunes. J’aimerais y aller avec Mimi. C’est calme et beau.
J’approche de la Marina Cumanagotto de Cumana. J’appelle à la VHF pour connaître la place que je pourrai prendre. Plusieurs appels et pas de réponse. Je rentre au pas dans le port. Je ne vois pas de place à tribord, ni en face. Je prends à bâbord. Pas de place le long de la digue. Je ne peux plus avancer car c’est le ponton des bateaux à moteur. Je bats arrière et recule vers les bateaux de la digue.Lorsque je veux passer la marche avant. Impossible. Je force en vain. J’attrape un objet qui me tombe sous la main pour taper sur le bouton d’inverseur.Je peux passer la marche avant juste à temps. Quelques manœuvres et je prends place au ponton 2. Deux jeunes français viennent me prendre les amarres avant. Je passe l’amarre arrière.
Voilà, je suis à Cumana. Je passe à la capitainerie pour les papiers. Un gars vient installer l’électricité et changer le robinet d’eau le plus proche pour que je puisse me brancher.
L’orage entendu au loin, se rapproche et il se met à pleuvoir copieusement.
J’appelle Mimi, elle pourra venir vers le 20. Demain j’irai voir une agence de voyage réputée pour ses billets à bon prix.
Je vais dans le centre commercial voisin et je vais sur internet. Le débit est rapide. Je peurs consulter mon compte en banque, mon compte des impôts…
Après une coupe de glace, je rentre au bateau.

Le 07.10.2008
Position actuelle: Marina de Cumanagotto à Cumana 10.28.660N 64.11.104W

Ce matin, je vais en ville, pour trouver l’agence de voyage dont on m’a parlé. Le taxi ne trouve pas et m’emmène dans une autre. Le billet est cher et l’agence ne fait pas de change intéressant.
Je vais au marché central. Il est immense et l’on y trouve tout. Si on est chargé, on peut prendre un porteur avec une brouette qui suit et vous accompagne au taxi.
Je revois des mangues, disparues depuis des mois. Ce sont les premières de la nouvelle récolte. La viande est toujours aussi mal préparée en général, coupée n’importe comment et trop fraîche.Des charcuteries vendent des côtelettes cuites appétissantes.
Je rentre au bateau en taxi, bien chargé.

Après déjeuner, je vais au cyber du centre commercial de la marina. Sur le chemin, je rencontre deux jeunes qui sont sur un thonier à côté de mon bateau. Ils me disent qu’un catamaran a été attaqué et volé près d’ici en mer. Pas de blessés, juste vol d’affaires et saccage d’électronique…
Pendant que je suis au cyber, arrivent Danielle et Christian.Danielle est toute retournée. Sur le parking du centre commercial deux personnes viennent de se faire descendre par des tireurs qui se sont enfuis. Ce sont des possesseurs de gros bateaux à moteur vénézuéliens. Un règlement de compte sûrement. Ça refroidit l’atmosphère. Après le départ des amis, je continue à mettre des photos sur le site. Puis la lassitude et l’effet de cette nouvelle font que je rentre au bateau ! À plus tard !

Cumana rouge

Le 08.10.2008
Les mauvaises nouvelles digérées, je m’attaque aux choses qui ne fonctionnent pas.
Depuis hier la pompe de puisard ne fonctionne plus. Je la sors, la démonte. Le support des charbons a fondu. Il faut la changer.
Je prends le taxi et je vais à CasaMar, une grande ferreteria pour les pêcheurs.Je trouve la même pompe, chère car elle vient des USA. Je rentre et la monte.
L’après-midi, je vais au cyber mettre des photos sur le site. C’est long, lorsque le retard est de centaines de photos et qu’il faut les rentrer une à une…
Je regarde sur internet les coordonnées de l’agence de voyage de Puerto la Cruz. Je lui téléphone. Je lui confirme par mail. Il va chercher et me contacte.
J’ouvre une adresse mail sur Gmail : labeschristian@gmail.com. En effet, “.mac” a évolué et je ne peux plus y accéder. Je trouve ce moyen complémentaire et efficace. Si vous voulez me joindre, c’est ma nouvelle adresse mail ! Essayez, vous verrez, je vous répondrai.

Le 09.10.2008
Les portes du frigo fermaient mal. Je me mets au boulot pour améliorer la situation. J’ai acheté des charnières en inox massif.Je râpe, ponce, bouche les emplacements des anciennes charnières avec une pâte qui doit polymériser. Elle est vielle… Nous verrons le résultat demain.
Je vais continuer à mettre des photos sur le site. C’est long lorsqu’il y a un grand retard à rattraper. Mais le résultat fait plaisir !

Affiche sur la vitrine du cyber en faveur des évangélistesLes gardes côtes sont souvent au port…

Le 10.10.2008
Je continue la réparation des portes du frigo. Ça ferme bien maintenant.
Je contacte de nouveau l’agence de voyage. José m’a envoyé une réservation de vol pour le 22. Mais il a oublié le prix. Il me rappelle : ce sera paris Cumana aller et retour pour 560 euros. C’est moins cher que ce que je trouvais moi-même sur le net.
Le soir le bateau voisin m’invite à prendre une bière. Lorsque j’arrive, il y a deux couples. Les propriétaires du bateau qui est en face le mien et un autre couple franco-allemand qui navigue depuis 20 ans. Les deux couples sont des navigateurs de longue date et ils reviennent au Venezuela depuis des années, parfois pour y laisser le bateau et aller en Amérique du sud en car. Soirée très sympa, passée à parler des pays, de la crise, des voyages.

Le 11.10.2008
Nous sommes samedi. Je vais tôt au cyber pour trouver le mail de l’agence. Elle a bien réservé les billets et me confirme le coût en me donnant ses coordonnées bancaires pour que je lui fasse un virement. Ce que je fais en espérant que ce sera rapide malgré le week-end…
Je continue à mettre des photos sur le site. Pour le Venezuela, j’ai fini. Il me reste à faire une partie du Sénégal et je serai à jour !
En fin d’après-midi un orage éclate et il pleut des heures, de quoi laver les bateaux ! Les hors-bord qui étaient sortis pour la journée avec les femmes en maillot de bain à l’avant rentrent les uns après les autres. Je ne vois pas les femmes qui doivent être à l’intérieur…

Un thonier, mon voisin de pontonUn horbord avec trois moteurs de 300 chevaux chacun

Le 12.10.2008
Ralph et son épouse naviguent depuis une vingtaine d’année et ils sont dans l’arc antillais depuis longtemps sur un sloop en acier du nom d’Eleusis. Ils viennent me dire au revoir car ils partent cette nuit pour Margarita De façon à remonter vers la Martinique avant que les alizés ne soient trop fortement établis et un peu contraires. Ils veulent aller en Martinique, au Marin pour y trouver du travail. Ils sont simples et très cools. J’aimerais bien les revoir plus tard…

Sur le flanc d’Eleusis
Nous sommes dimanche. Les Vénézuéliens sont en congé. Ceux qui ont des bateaux viennent à la marina. Ils bricolent leurs bateaux à moteur ; ils font ronfler leur moteur. La plupart ont deux moteurs de 150 à 300 chevaux. Il y en a même un avec trois moteurs de 300 chevaux. Au pays où l’essence ne coûte presque rien, on ne regarde pas à la consommation !
Au fond de la marina, plusieurs hommes bricolent sur un moteur. Ils ont mis la chaîne stéréo du bateau à fond. On se croirait dans une boîte !
J’essaie de me brancher sur le wifi de la marina. Son débit est si capricieux, que je mets plus d’une demi-heure à me connecter et à savoir que Mimi m’a envoyé un mail, sans pouvoir le télécharger et le lire… Je laisse tomber et je passe un bon moment sur le logiciel de photo pour traiter quelques photos, histoire d’en tirer une autre vision des choses. À vous de juger…

Diam RekDiam RekDiam RekDiam RekDiam RekCoupleCouple

Le 13.10.2008
Ce matin, je vais au cyber. Pas de chance, le fournisseur d’accès est en panne. L’homme qui tient le cyber me dit que depuis que la société a été nationalisée, ça fonctionne mal, bien moins bien qu’avant.
J’y retourne à 14h : toujours en panne.
Je vais sur la wifi de la marina. J’arrive à relever les mails et à y répondre, malgré plusieurs coupures. Il faut être patient ! Pauvres entreprises vénézuéliennes qui doivent travailler dans ces conditions !
Mimi m’envoie des photos d’elle à Paris avec un beau soleil !

Mimi à Paris

Le 14.10.2008
Autant il n’y avait pas d’air le matin, autant l’après-midi, le vent se lève, le grain se prépare, puis arrive. La houle rentre dans le port et les bateaux dansent. La pluie tombe drue pendant toute la demi-journée. Mes voisins me renseignent pour savoir où trouver des articles électriques à Cumana et où il y a un électronicien capable de me réparer une alimentation d’ordinateur. J’irai demain matin.

Le 15.10.2008
Je pars tôt en ville pour faire le tour des ferreteria pour trouver du matériel électrique : cosses, raccords sertissables, tube néon 12v… Je fais toutes les ferreteria de l’avenue Bermudes, et il y en a beaucoup. Je trouve tout sauf le tube néon. Je cherche de l’acide phosphorique et de l’époxy zinc et j’en trouve.
Je vais à l’adresse indiquée pour un atelier de réparation électronique. Je donne mon alimentation pour l’ordinateur Mac. Le gars travaille sur autre chose. Il me dit de repasser demain après-midi. Il aura fait le diagnostique et s’il peut réparer, il me donnera la liste des pièces à acheter et à lui apporter. Je lui présente le régulateur de tension des panneaux solaires qui a chauffé. Il ausculte et me montre deux composants qui ne se vendent pas dans la ville. Alors il ne peut réparer.
Je rentre à la marina. Je vois mon voisin de ponton et nous discutons bateau, puis assez vite tourisme. Avec son épouse, ils voyagent depuis 20 ans en bateau, jusqu’à un endroit où ils peuvent laisser le bateau, puis ils voyagent en car, sac au dos. Aussi ils sont au Venezuela comme base de départ pour l’Amérique du sud. Ils en ont visité une bonne partie et resteront jusqu’à avoir visité tous les pays. Ils prennent leur temps. Ils ne sont pas pressés. Ils ont coupé avec le rythme européen et vivent ainsi, heureux.
C’est une bonne philosophie à adapter selon ses moyens.
L’après-midi, en allant au cyber, je rencontre Thomas avec le skippeur du catamaran qu’il gardait à Medregal. Le cata a pris la foudre la semaine dernière. Toute l’électronique est morte. Le skippeur a demandé à Thomas de l’aider pour remonter jusqu’à Grenade, où il veut faire réparer. Sans pilote, ce sera plus facile à deux ! Nous prenons un café ensemble, puis je vais au cyber. Impossible de savoir si mon ordre de virement pour payer le billet de Mimi est effectué. Avec le décalage horaire, la banque en France est fermée…
Je vais au cyber : pas de trace de virement pour le billet d’avion !
Je vais dans un salon de coiffure mixte. Après une petite attente, une jeune fille s’occupe de moi. Elle est jolie avec une peau très cuivrée. Pendant qu’elle me coupe les cheveux, elle se met à chanter en accompagnant la chaîne intérieure. Une chanson, puis une autre. Elle semble les connaître toutes. Je lui dis qu’elle chante bien et je lui demande si elle connaît toutes les chansons. Elle me répond oui et elle continue la coupe en continuant à chanter des chansons d’amour passionné ! C’est charmant et sensuel. Avant de partir, je lui donne un pourboire en la remerciant pour les chansons. Elle me fait un large sourire.

Le 16.10.2008
Dès 8h, j’appelle ma banque. Je n’obtiens qu’un répondeur, plusieurs fois de suite. J’appelle Mimi qui essaie de France sans plus de résultat ! Pas la moindre nouvelle du virement que j’ai demandé ! Ce nouveau chargé de compte me fait vraiment regretter la précédente personne qui était toujours efficace et aimable !
Si je ne peux débloquer vite la situation, Mimi ne pourra venir le 22 ! À force d’appeler la banque j’ai une autre personne qui fait passer le message tant je fais du ramdam. Et je reçois un mail de mon chargé de compte travaillant pourtant à l’extérieur la journée comme quoi il a fait la demande de virement et que ça suit son cours. J’appelle l’agence, qui dit m’envoyer le billet. Ça devrait marcher !
Après déjeuner, je vais en ville, voir l’électronicien qui m’a donné rendez-vous à 16h. L’atelier est fermé, alors j’attends devant. Un couple attend aussi avec une télé sur un diable. Une voiture s’arrête et se renseigne si l’atelier va ouvrir. Tous repartent, moi j’attends une demi-heure, puis je pars aussi. J’y retournerai demain.
Je recherche un néon que je n’avais pas trouvé hier. Je fais un bon nombre de quincailleries électriques en vain. J’achète de la peinture pour remédier aux attaques de rouille et avoir un bateau nickel !
En rentrant, je discute avec les voisins de ponton. Ils me disent que l’un des navigateur qui allait chez le marchand de composants électroniques s’est fait voler sa sacoche avec papiers et argent par un jeune dans le magasin. Il a couru après le voleur, le vendeur et des passants aussi. Ils l’ont rejoint. Les passants l’ont tabassé et livré à la police. Le navigateur a récupéré ses affaires. Je suis allé dans ce magasin hier et je suis passé devant aujourd’hui sans encombre…

Le 17.10.2008
Je vais en ville, chez l’électronicien. C’est fermé. Je frappe à la porte en fer. La grand-mère de la fenêtre d’à côté me demande ce que je veux. Je lui explique. Elle me répond que son fils est à l’extérieur et qu’il sera là lundi matin. Bon, je n’ai plus qu’à attendre…
J’en profite pour trouver des filtres à huile et à gasoil. Avec la référence, l’employée cherche sur l’ordinateur la correspondance. Elle finit par trouver et me donne les filtres très peu chers, moins de 5 euros chacun !
J’achète dans la rue des fruits et des avocats et je rentre.
L’après-midi, je vais au cyber. Je constate que le virement est en cours ; j’en profite pour relancer l’agence qui me dit m’envoyer les billets.
Le soir avec le wifi de la marina, je finis par recevoir les billets. J’appelle Mimi et la rassure sur le suspens qui devrait bien se terminer par des retrouvailles proches !

Le 18.10.2008
Je fais le plein de gasoil avec des bidons que j’avais et que je vais remplir à la pompe dès qu’il y aura un peu moins de queue, il faut dire que c’est samedi et les plaisanciers à moteur vont sortir.
Je fais différents bricolages. Le néon de la cuisine fonctionne enfin. La pompe à eau électrique aussi. Je termine d’installer les rideaux dans les cabines dont je ne me sers pas.
Je prépare la venue de Mimi.

Le 19.10.2008
Journée de bricolage, d’entretien, de nettoyage. Journée de ciel gris et de vent d’ouest. Enfin de l’air, c’est bien agréable.
Lors de la traversée de l’Atlantique, n’ayant plus de réseau avec mon téléphone mobile, je l’avais rangé dans un équipet du carré. À l’arrivée, je l’ai cherché partout en vain. Plusieurs fois j’ai recherché dans le carré, dans la cabine : rien. Aujourd’hui, je range les équipets du carré et en bougeant et retournant un coquillage sur leque Mimi avait peint un paysage, je trouve dedans le téléphone mobile ! Avec les mouvements du bateau, il avait glissé jusque dedans le coquillage et à chaque fois j’avais bougé le coquillage sans le retourner…
Je le recharge et essaie de téléphoner avec ; Orange Sénégal n’a pas d’accord réseau au Venezuela…

Le 20.10.2008
Je vais en ville pour voir l’électronicien qui est ouvert, mais ne peut réparer mon alimentation d’ordinateur car les composants ne sont pas en vente ici… Zut alors !
Après quelques courses, je rentre au bateau. Je vais au cyber. J’appelle Mimi qui est prête pour le voyage et je lui explique comment changer d’aéroport à Cumana pour passer de l’international au national.
Je discute un moment avec Marion puis avec Christophe. Je lui propose de m’aider pour réparer les instruments. Il l’a déjà fait et m’explique la méthode. Il regarde les connexions aux cadrans. Il monte au mât voir la connexion de l’anémomètre. Elle est débranchée et la girouette s’est envolée. Il teste les connexions, mais la nuit arrive… Nous continuerons demain.

Le 21.10.2008
Journée de nettoyage, de lessive, de rangement et de pleins de gasoil. Je vais chercher le gasoil avec des bidons. Je prends une fois 50 litres pour 3 bolivars et une autre fois et une autre fois 60 litres de gasoil et 10 d’essence pour 5 bolivars soit 1 euro !!! 8litres d’huile pour moteur diesel, 80 bolivars soit 16 euros !!! On comprend pourquoi les Vénézuéliens ont surtout des bateaux à moteur puissant !
J’attends en vain Christophe qui s’occupe de chose et d’autre et passe bien du temps à boire et à fumer sans venir. Tant pis ! Dommage. Dans la matinée, je vois arriver deux voiliers. Papa Djo avec Hervé et Evelyn et un bateau bleu avec David et Stéphanie. Nous avons le temps de discuter un peu. Papa Djo va aller aux Roques et aux Aves, puis à Bonnaire et remonter sur Cuba direct. David et Stéphanie remontent vers la Martinique pour y trouver du travail pendant la saison de voile, la saison sans cyclone.
Quand Mimi sera là, nous discuterons pour aller vers l’ouest puis le nord pour Cuba ou aller vers l’est et longer l’arc antillais jusqu’à Cuba. Nous déciderons ensemble.

Le 22.10.2008
Pendant que Mimi est déjà dans l’avion, je vais au marché acheter du frais, fruits, légumes, viande, poisson.
Au marché, je rencontre Hervé et Evelyn.I ls veulent partir dès demain faire leur sortie à Puerto la Cruz puis partir vers les Roques, les Aves et traverser vers Cuba assez tôt avant que les alizés ne soient établis trop forts. De Cuba, ils veulent aller au Guatemala, puis laisser le bateau dans le rio Dulce pour rentrer quelques mois en France avant de se lancer dans le Pacifique. Nous en discuterons ce soir avec Mimi. C’est une des options. Et j’aimerais bien naviguer avec Papa Djo en leur agréable compagnie.

Le soir, je vais à l’aéroport. J’attends dans une salle d’attente réfrigérée ! Pas de panneau indicateur. Un avion arrive à l’heure prévue, les passagers descendent : pas de Mimi. Inquiet, je demande et l’on me dit que c’est le prochain vol. Cinq minutes après voilà Mimi toute souriante.

Mimi de retour!

Nous sommes heureux de nous retrouver. Un taxi nous emmène à la marina. Mimi retrouve le bateau. Elle a fait un long voyage et est réveillée depuis plus de 36h. Une rapide collation et au lit !

Le 23.10.2008
Dès me petit-déjeuner, nous parlons des possibilités de navigation. Vers l’ouest quelques îles puis Cuba directement, ou vers l’est et l’arc Antillais. Mimi écoute, pose des questions. Nous discuterons avec d’autres navigateurs qui connaissent la région, ça l’aidera à se faire une idée. Nous disons bonjour aux voisins et nous discutons avec Christophe et Marion, toujours accaparés par leurs jeunes minous.
Nous prenons notre temps et nous passons toute la journée sur le bateau et sur le thonier voisin à discuter. Mimi doit récupérer du décalage horaire.

Le thonier, notre voisin de ponton
C’est bien agréable de se retrouver enfin. C’est une journée sans histoire, heureuse.

Le 24.10.2008
Finalement nous sommes réveillés assez tôt. Petit-déjeuner dans le cockpit, avec vue sur le port, au soleil. Puis Christophe vient amener ses deux enfants aînés à garder, pendant qu’il va faire des approvisionnements au marché. Mimi les occupe puis leur propose de faire des gâteaux. Oh oui ! Et les voilà partis pour faire des brownies au chocolat…

TitouanLilouLes brownies!Marion et Manech Après la garderie du matin, nous allons l’après-midi en ville faire l’approvisionnement.
Nous rentrons au bateau bien chargés.
Nous discutons avec des navigateurs pour choisir une direction et on laisse mûrir.
Nous passons une bien agréable soirée ensemble dans le vent léger et la fraîcheur du soir !

Le 25.19.2008
Marion Christophe et les enfants viennent nous dire au revoir. Ils partent en bus pour Medregal dans le but de caréner leur bateau laissé là-bas et de revenir vite à Cumana pour aller en Martinique travailler.

La petite famille au gros bagages!La petite famille au gros bagages!

C’est un moment d‘émotion de se quitter, quand on a de bons rapports. J’espère qu’on se reverra en Martinique. Marion donne le conseil à Mimi de remonter l’arc antillais pour avoir de courtes étapes d’île en île avec des haltes dans de beaux mouillages et des villages pittoresques. Je remercie Marion. Les dés sont jetés, nous prendrons cette direction.
J’appelle un changeur, il me fera du change lundi matin. J’appelle Alexis, l’intermédiaire qui fait les entrées et sorties. Je le rencontre une demi-heure après. J’aurai les papiers de sortie lundi. Nous pourrons prendre la mer mardi ou mercredi pour aller dans le petit archipel vénézuélien des Testigos, puis à Grenade. Vu la direction plein Ouest, ce sera sûrement au moteur le vent en plein dans le nez… Nous verrons bien.

Le 26.10.2008
Journée relaxe dans le bateau. Mimi fait un super plat irakien de légumes avec du riz ! Que c’est bon ! L’après-midi, je lis un livre d’un écrivain cubain : « Le roi de la Havane » de Pedro Juan Gutierrez. C’est la vie d’un gamin des rues et de la misère à la Havane. C’est truculent, triste et plein de vie malgré la misère et tous les expédients pour survivre.
Nous discutons avec Mimi de navigations à venir. Je lui dis que j’en arrive à envisager de naviguer cette année, puis la suivante et rentrer en Europe. Soit pour naviguer en Méditerranée un certain temps, soit pour vendre le bateau et voyager chaque année plusieurs mois vers des pays lointains sac au dos. Mimi est d’accord. L’idée lui plait et la rassure.
Le soir nous regardons les cartes du Venezuela, des Antilles jusqu’à Cuba, puis jusqu’au Guatemala. Nous verrons de plus près au fur et à mesure. Là, ça donne à Mimi une idée d’ensemble des Antilles et du parcours.

Le 27.10.2008
En attendant qu’Alexis nous apporte les papiers de sortie et le changeur des bolivars, je change la sonde d’alarme de température d’eau du moteur. Mimi m’en a rapporté une neuve de France. En la mettant, je la visse trop ! Elle est tellement fine qu’elle casse ! Je vais voir notre voisin à la recherche d’un extracteur ; il n’en a pas. Je vais voir Christian. Il me conseille de recoller avec une résine époxy chargée de poudre d’aluminium. Il m’en passe un peu. Je colle à l’époxy en espérant que ça tienne. Christian n’a pas de doute, nous verrons bien.
Arrive Alexis avec passeports tamponnés et la Zarpe, document de sortie, destination Grenade avec tous les points intermédiaires. Nous pouvons donc aller dans les îles vénézuéliennes en étant en règle.
Alexis nous signale qu’il a vu des jolies filles qui se faisaient photographier et que ça fait du bien aux yeux. Elles arrivent sur le ponton. Le photographe me demande si elles peuvent ponter sur le bateau pour qu’il les prenne en photos. J’accepte et les trois miss montent à bord. Moi je reste sur le ponton pour photographier aussi. La plus jeune a 12 ans, les autres sont plus âgées. Minces et plates elles ne ressemblent en rien à la vénézuélienne moyenne de leur âge ! Elles s’en vont en remerciant et la séance continue sur un bateau à moteur…

Photo de MissLes miss à bordJeune qui veut être MissLa pose étudiée!Voilà les sirènes!

Le 28.10.2008
Nous allons au marché. Dans la rue il y a un vendeur de jus d’orange qu’il presse devant le client. Voilà des vitamines pour faire le marché. Dans le grand marché de Cumana on trouve tout, mais c’est vaste et il faut marcher ! Le plein de fruits et légumes et nous rentrons. Nous avons acheté un gros poisson rouge que Mimi fait au four. C’est délicieux !

Repas de navigateurs!


L’après-midi, je vais payer la marina.Sur le retour, je rencontre notre voisin de ponton. Je lui demande conseil sur la route vers les Testigos et nous parlons météo. Il me donne des indications et un logiciel pour recevoir des fax météo avec la BLU. Il me montre quelques sites intéressants pour la navigation dans les Caraïbes.
Nous allons au bodégon du coin pour faire le plein de boissons. Nous pouvons tenir un moment !
Un tour dans le centre commercial attenant à la marina permet à Mimi d’acheter des produits syriens et entre autres des fruits confits dont elle rêve toujours et qu’elle demande de lui rapporter aux amis qui vont au moyen-Orient. Et bien voilà, il suffit d’aller à Cumana en Amérique du sud !
Un tour au cyber me permet de voir la météo qui est bonne pour le départ fixé à après-demain.
En mer nous serons toujours joignables par mails courts sur FH2407@sailmail.com. Aux Testigos peut-être y aura-t-il une liaison pour le téléphone. À Grenade, ça devrait fonctionner sur mon mobil français et sur celui de Mimi…
Pour ce qui est du site, il faudra attendre que nous trouvions un cyber à Grenade…

Le 29.10.2008
Ce matin nous faisons les dernières courses. Mimi veut voir les perles qui se vendent ici. Finalement il n’y a rien qui la séduit car elle ne voit que des perles en plastique et en bois…
Dans la rue il fait chaud. Un marchand nous propose du Papelon, du jus de canne à sucre avec du citron. Un délice ! Mimi en reprend ! Plus loin, nous nous arrêtons devant un étalage dans la rue de copies de CD. Le vendeur les a disposés sur des panneaux de 2m sur 6m. Il y a le choix. Nous choisissons des CD et le vendeur nous les passe un par un sur sa chaîne qui fonctionne fort. On peut l’entendre à 100 mètres !Nous achetons 8 CD pour 2 euros le tout.
Nous avons pris de la salsa, du méringué, du raegueton et des crooners vénézuéliens. De quoi écouter pour se souvenir d’un pays beau et accueillant, même s’il est dangereux par endroits.
J’enregistre les CD sur l’ordinateur et sur le baladeur. Nous sommes parés pour naviguer en musique ! Après avoir été au cyber avec Mimi, nous rencontrons au bar, Henri et Charly, deux navigateurs célibataires qui ont leur bateau dans la marina en face de nous. Nous nous arrêtons pour boire un coup et discuter. Mimi raffole des batidos, des fruits mixés avec de la glace. Elle en commande un à la fraise. On lui sert une coupe d’un rouge intense et au parfum puissant. Bière ou coca pour les autres. Nous parlons de navigation puis de femmes et des femmes vénézuéliennes qui passent. Charly a demandé au serveur s’il ne pourrait pas avoir une belle fille. Pas trop large, lui dit-il en lui indiquant avec les deux mains écartées la mensuration idéale de popotin. Le garçon lui demande pour quand. Pour maintenant. Pas de problème, elle arrive dit-il. Sur ce, les premières gouttes d’un grain se font sentir. Charly rentre à son bateau pour fermer les panneaux. J’attends un peu, pensant que ce n’était que quelques gouttes. Erreur fatale, l’averse devient diluvienne. Je fonce au bateau, tout fermé. Je suis trempé. Je reviens au bar. Où sont restés Mimi et Henri. Et l’on voit passer la professionnelle, jeune, jolie et fine. C’est Henri qui la connaît qui nous la montre. Elle est venue avec une copine bien ronde. La professionnelle et sa copine vont au bateau de Charly. Ils discutent les conditions. Trop cher au goût de Charly pour la jeune et fine. Lui qui voulait une fine se contente de la ronde, moins chère.
Pendant ce temps, nous discutons navigation et sécurité. Henry nous dit qu’il vaut mieux passer au large de Margarita en direction des Testigos en naviguant à plusieurs bateaux. Nous qui devions partir le lendemain seuls voilà que j’ai le doute. Je veux prendre la sécurité maximum. Alors nous allons attendre que Christophe, Marion et leurs enfants reviennent dans quelques jours pour partir à deux bateaux.
Henry qui voyage seul depuis sa séparation d’avec son épouse ne trouve pas d’équipiers pour faire une virée dans les îles. Il reste donc à Cumana en attendant. Il nous invite à l’apéro demain midi. Nous nous quittons et chacun rejoint son bord.

Le 30.10.2008
Ce matin Mimi range et nettoie à la chasse des quelques cafards qui hantent le bateau. Pendant ce temps, je vais au marché acheter du poisson. J’achète un poisson blanc qui me tente et de la raie, chacun à deux euros le kilo.
À midi nous allons sur le bateau d’Henri. C’est un Pogo 8,5m, un bateau de course croisière. Plus course que croisière.

Henri sur son PogoLe Pogo

C’est bien aménagé, mais très simple et léger. Un vrai tambour qui secoue vibre et résonne dès que le bateau va vite. Mais il peut aller deux fois plus vite que le nôtre. Henri était loueur de bateau et il aime les bateaux différents, tout en reconnaissant que la navigation à bord est épuisante. Il nous a préparé un super punch et des crevettes à la poêle. Nous reparlons de Charly, qui devait prendre l’apéro avec nous, mais est un peu malade car il a bu avec sa copine de la nuit et il n’a pas l’habitude de boire. Ce matin nous avons vu la fille sortir du bateau. Puis dans la matinée deux autres filles sont arrivées à son bord. Il a la santé et un grand bateau de 50 pieds. Après le déjeuner, elles sont sorties et une autre a pris la relève ! Il était vraiment en manque !
Je m’aperçois qu’il s’en passe des choses dans le port que je n’avais pas remarquées lorsque j’étais seul. Je m’occupais de mes affaires, de mon bateau et je parlais avec mes voisins en couple, calmes…J’avais juste remarqué à trois bateaux de moi un homme, un peu plus âgé que moi, qui vit séparé de son épouse, qui est depuis dans le port, ne bouge plus, se suicide à l’alcool et a néanmoins une jeune vénézuélienne qui amène souvent toute sa famille à bord… Il va mourir là dans quelque temps. Ça me fait penser à Dakar où des navigateurs s’enlisaient avec les filles et l’alcool et parfois y mouraient…
Dans tous les pays où la pauvreté sévit, chacun va gagner sa vie comme il peut. Ici les filles sont souvent enceintes très jeunes et les garçons n’assument pas. La mère de la fille s’occupe alors de l’enfant, paie si besoin une paire de seins sur mesure à sa fille et lui demande d’aller chercher le gringo ou le gars riche pour se marier, ce qui arrive, mais rarement. En attendant elle gagne sa vie et celle de la famille en tapinant de droite et de gauche… La vie n’est pas rose partout et pour tout le monde…

Le 31.10.2008
Je vais voir Charly et Henri pour les inviter à dîner à bord ce soir. Je vais sur le bateau de Charly, un très beau Jeanneau de 52 pieds. Pour un homme seul, c’est vaste et super confortable !

Champagne, le Jeanneau de 52 pieds

Nous discutons. Il est toujours patraque depuis deux jours pour avoir un peu trop bu avec les minettes qu’il avait reçues. Il me raconte qu’il ne leur a rien fait à cause de ça ; elles lui tenaient juste compagnie, en profitant du bar du bateau, whisky, bière et coca. Elles l’aguichaient de temps en temps, en lui demandant de l’argent pour des études, des courses…
Charly leur disait ne pas avoir d’argent pour l’instant… L’une d’elles voulait bien aller naviguer jusqu’à Margarita et aller se balader sur l’île. La fille dit oui. Puis elle dit qu’elle viendra avec une cousine et son mari ! Ah ! Ce n’est plus la même chose… Charly ne dit ni oui ni non, et laisse venir… C’est difficile la vie de célibataire en goguette au Venezuela…
Henry arrive au bateau, je peux donc les inviter tous les deux ensemble pour ce soir !
Je rentre à bord de Diam Rek et pendant que j’écris, ça sent la bonne cuisine dans le carré. Mimi fait une soupe de poisson pour ce soir et un gâteau. Juste avant elle a fait du bon pain.

L’après-midi nous allons boire un batido au café. Paulo et Nicole passent par là, nous les invitons à boire un coup. Et nous voilà partis dans leurs voyages sac au dos dans les différents pays d’Amérique du Sud. Leurs descriptions du brésil, de la terre de feu donnent envie de voyager par là. Après le tour de la Caraïbe, nous verrons…
Le soir Charly et Henry viennent dîner. Nous passons une bonne soirée. Henri a invité deux Vénézuéliennes pour une virée en bateau. Il leur a proposé des sous pour qu’elles fassent l’approvisionnement, elles feraient cuisine et vaisselle et éventuellement l’amour. Elles ont demandé combien de fois. Pour l’amour, elles étaient d’accord, mais faire les courses, la cuisine et la vaisselle, non. L’une était d’accord si Henri engageait une femme de ménage…
Finalement Henri qui s’ennuie seul va partir avec nous aux Testigos.

Le 01.11.2008
Des voix me réveillent ; je sors. Une femme sur le ponton me signale que le bateau voisin qui est en train de sortir a débranché le fil électrique avec lequel j’ai l’électricité du port. Avec son ancre, il a tout arraché et mon fil traîne dans l’eau. Je le sors et bricole pour le rebrancher.
Là-dessus Voilà Marion et ses enfants. Leur bateau est arrivé ce matin, le carénage fait. Ils nous disent vouloir partir mardi avant l’aurore. Nous en discutons ensemble pour voir la route que Christophe envisage et celle à laquelle je pensais. C’est d’accord, nous ferons route ensemble mardi, et la nuit de mardi à mercredi pour arriver aux Testigos vers midi et en tout cas avant la nuit.
Henri passe à bord. Il a besoin que je l’assure pour grimper à son mât en fin d’après-midi. C’est OK.
On entend des pétards très puissants. Non finalement, ce sont des fusées de feu d’artifice. En pleine journée, on ne voit que la lueur de l’explosion et un nuage de fumée. Et ça dure. À croire qu’ils essaient chaque fusée pour voir si elle part bien !
Je vais d’abord voir Charly qui a un problème d’enrouleur. Je regarde et trouve la solution. Il est content, il va pouvoir endrailler son génois.
Je vais ensuite sur le Pogo d’Henri. Il met sa chaise de calfat et je le hisse en haut du mât au winch avec la drisse de grand voile. Là haut, il réinitialise sa girouette et son anémomètre wifi. Il est tout content, ça fonctionne. Je le redescends ; il essaie de nouveau : hélas, ça ne fonctionne plus. La panne doit être plus compliquée…
Après nous allons prendre l’apéro chez Charly. Il nous dit qu’il part demain matin pour Margarita ; de là il essaiera d’aller au Brésil. Pas facile contre vent et courant. Il va essayer et s’il voit que c’est trop difficile au bout de 4 jours, il fera demi-tour…
La nuit tombée, le feu d’artifice commence. Rien de comparable avec le feu que nous avions vu à Ténérife, mais un feu d’artifice sympa sans prétention. Il est tiré depuis le bord de plage, là où se tiennent une exposition et une manifestation pro Chavez. Dans trois semaines ce sont les élections pour les maires et les gouverneurs. Le gouvernement ne regarde pas à la dépense pour gagner des voix. Certains racontent que des camions circulent et offrent des frigos et des machines à laver aux personnes pour qu’elles votent bien ; que des naturalisations d’étrangers en masse se font pour gagner des voix… Qui sait ?

Le 02.11.2008
Mimi, réveillée tôt, voit Charly partir avec son grand bateau. Elle lui souhaite bon vent.
Pendant que Mimi reste au bateau, je vais faire le marché en compagnie d’Henri. Fruits, légumes, poisson et viande, pour être autonome un bout de temps. On rentre bien chargés.
Je retrouve Mimi avec Lilou la petite princesse blonde pendant que les parents de la petite font leur approvisionnement.

Mimi et LilouMa sirèneMimi et MoiSur le bateauA bord
À midi nous mangeons d’énormes crevettes succulentes !
Toute l’après-midi, les visites au bateau n’ont pas cessé. Après on décide de bouger un peu, d’aller boire un batido au café et de se promener dans le centre commercial attenant à la marina. Nous y avons rencontré les mêmes navigateurs en balade.
Aux Testigos, nous ne verrons plus grand monde ; seuls quelques pêcheurs y vivent, sans me moindre magasin. Ce sera les premières îles presque inhabitées sur lesquelles nous irons.

Le 03.11.2008
Ce matin Christophe vient m’emprunter l’annexe pour faire le plein de gasoil avec des bidons.
Impossible de démarrer le moteur de l’annexe. On passe la matinée à démonter le carburateur plusieurs fois, sans parvenir à le faire démarrer. Nous verrons aux Testigos.
Finalement Christophe et Marion ne seront pas prêts pour demain. Nous partirons avec Henri qui doit recevoir la pièce qu’il attend à 17h… Si ce n’est pas le cas nous partirons un jour plus tard.
Nous resterons quelques jours aux Testigos où il n’y a pas de cyber ni de téléphone, puis nous aurons une navigation de 36h pour rejoindre Grenade où il y a tout le modernisme….

Le 04.11.2008
Les Américains votent et nous nous partons vers les Testigos.
Lever 4h15, derniers préparatifs du bateau. Henri prépare aussi le sien. On débranche eau et électricité et le mets le moteur en route.
Lorsque je veux quitter le ponton, je ne peux battre arrière. L’inverseur ne passe pas.
Que faire ? Comme nous partons avec Henri, contre toute raison, je demande à Henri de me tirer pour que je me dégage du ponton, puis je passe la marche avant et nous voilà partis. Le jour se lève lorsque Mimi largue les amarres.

Mimi largue les amarresAdieu Cumana
Nous sortons dans le golfe de Cariaco, vers l’ouest, vers la sortie. On voit le port s’éloigner et les tours de Cumana au loin dans un ciel encore rose.
Le courant nous pousse un moment, puis nous sortons du golfe vers le nord, vers Margarita. Le vent Nord-Est fait que nous sommes au près, appuyés par le moteur. Après avoir longé la pointe de la péninsule d’Araya, on oblique au Nord-Est pour passer entre Cubagua et Coché vers Margarita. Le vent est en plein dans le nez. Henri, qui à un bateau de près, tire des bords et disparaît peu à peu.

Mimi heureuse de naviguerHenri bord à bordLe Pogo gîte
Il fait un beau soleil, peu de vent, autour de 10 nœuds, avec une houle de 60 centimètres, mais un courant d’environ deux nœuds contre nous. Nous avançons au moteur. L’approche des îles est superbe. On commence à voir les montagnes et les nuages, puis le paysage se précise.
On longe Margarita lorsque le soleil se couche avec un somptueux coucher de soleil.

Coucher de soleilCoucher de soleil
Vers 20h, le moteur s’arrête. Je tente de redémarrer en vain. Je descends avec les outils. Le filtre à gasoil est plein de saletés, alors qu’il était propre au départ et que j’avais filtré le gasoil pour faire le plein ! Je nettoie et donne un coup de démarreur. J’entends un bruit inquiétant. Je recommence et pareil, le bruit semble venir de l’inverseur (la boîte de vitesse). Ne voulant pas casser l’inverseur plus que ça, je parle avec Mimi. Elle est catastrophée, elle qui était contente de bouger, de voire les Antilles. Elle déverse ses lamentations. Nous décidons d’aller dans la marina de Margarita.
Avec le vent contre nous, nous tirons des bords pour approcher dans la nuit. Mais le vent tombe et malgré nos efforts, nous ne pouvons que dériver à plus d’un nœud. Derrière nous il y a Coché et plus au nord, le large.

Le 05.11.2008
Toute la nuit se passe à lutter contre la dérive trop importante de 1,7 nœuds.
On parle avec Mimi qui m’incite à vendre le bateau, voire à en acheter un autre…
Il est vrai que je n’ai pas de chance avec tous les travaux faits et le matériel neuf qui tombe en panne.
Au matin, le vent se lève et nous allons vers la marina. Dès l’ouverture, j’appelle au téléphone. Pas de place malgré mes explications de besoin de réparation. On me renvoie vers un chantier à Sec au sud de Margarita : Chacachacare. Après discutions avec Mimi, on élimine la solution d’aller directement vers la Martinique et l’on choisit de revenir à Cumana.
Demi-tour le vent dans le dos ! Mimi qui croyait avoir bu son dernier batido à la fraise à Cumana…
Le retour est sans problème avec le vent qui nous pousse et le courant qui nous aide !

Côte de MargaritaMargaritaMimi dans un moment de mieux
Nous arrivons ainsi jusqu’à la pointe de la péninsule d’Araya. On oblique vers le sud et l’on a le vent en plein travers. À avance vite et bien jusqu’au milieu de cette pointe de péninsule.
Jusqu’à ce que le vent tombe et que le courrant qui sort du golfe de Cariaco soit contre nous vers 18h.

Coucher de soleilBeaux nuagesLa féérie des nuagesFatigué mais déterminéLa nuit tombeA la manoeuvre
Alors nous mettons 6h pour tirer des bords pour faire les trois milles qui nous permettent de passer l’entrée du golfe et de mouiller. Parfois le courant est plus fort que le vent, alors nous reculons et le courant emporte le bateau au large sans tenir compte de la position du safran !
Parfois lorsque, je remonte à peu près, un chalutier qui rentre de pêche me coupe la route et je reperds du terrain… Pendant ce temps, je barre, car le pilote ne sait pas lutter contre le courant. Mimi, de son côté fait de grands signaux avec une lampe pour qu’un bateau de pêcheur s’arrête, et veuille bien nous remorquer jusqu’à la marina… Malgré tous ses efforts et le décolleté de son chemisier, aucun bateau ne s’arrête. Chacun a peur de la piraterie, alors chacun pour soi. J’appelle à la VHF, les navigateurs du port, la guardia national, mais personne ne répond.
Je continue à tirer des bords et je rentre enfin dans le golfe. Je sais que la côte nord est sablonneuse et qu’on peut mouiller. Dans la nuit, on voit de nombreuses lumières. Y a t il tant de maisons sur la côte ? Je manque de rentrer dans un bateau de pêche non éclairé que me cachait la trinquette. Heureusement Mimi l’a vu ! Je remonte plus loin vers la côte à un nœud contre le courant et le vent. La profondeur diminue. Je laisse la barre à Mimi qui doit me crier la profondeur. Je jette l’ancre à 7 mètres pour avoir de la marge si le vent pousse le bateau vers la côte. Mimi largue l’écoute de trinquette. L’ancre tient bien. Je rentre les voiles et largue un peu plus de chaîne. Il est minuit et demi.

Le 06.11.2008
Après vérification que le bateau ne bouge pas, au lit, car nous sommes bien fatigués !
Je me réveille dans la nuit pour vérifier la position du bateau. Lorsque je me réveille à 6h30, il fait jour. Je vérifie la position du bateau qui n’a pas bougé. Alors que la nuit, la côte était impressionnante, dominée par des hauteurs, le jour, c’est un coin de paradis avec des belles maisons entourées de jardins, de cocotiers et de quelques fleurs, avec escalier particulier pour accéder à la plage ! C’est très beau et très calme. Et dire que c’est réputé dangereux !

Vu du mouillageDiam Rek remorqué par un peniero
Après le petit-déjeuner, j’appelle à la VHF pour de l’aide, car il n’y a pas de vent et le courant est fort ; aucune chance de rejoindre le port à la voile. Christian d’Evangéline me répond. Il va voir si un peniero serait disponible pour me remorquer. Nous attendons…
Pendant ce temps, un peiniero, sorte de barque de pêche, passe pour aller en mer. Je lui fais de grands signes. Ils sont trois à bord, mais hésitent. Ils obliquent vers nous et viennent près. Je les remercie et leur demande s’ils peuvent nous remorquer puisque nous sommes en panne ?
Oui et ils demandent 800 bolivars. Je dis non, 400. Discussions entre eux puis avec moi et l’on en reste à 400. Ils vont mettre leur filet en mer, tout près, et ils reviennent une demi-heure après. J’ai préparé amarres et pare battage. On passe la remorque. Je lève l’ancre et Diam Rek part en remorque, une nouvelle fois ! Il y a près de 4 milles pour arriver à la marina.
A l’entrée, on raccourcit la remorque et l’on rentre lentement.On se dirige vers la place qu’on occupait avant. Elle est libre. Je vois Paulo, je l’appelle pour aider et pour les amarres.
Le peniero me pousse sur le côté et Daim Rek se range le long du ponton.
On met les amarres. J’empreinte des bolivars à Paulo pour payer les gens qui m’ont remorqué. Je les remercie et ils repartent. Mimi décompresse car les événements l’ont affectée.Elle ne se sent pas à l’aise et elle a peur. Moi, en ces circonstance, je suis attristé par cet ennui supplémentaire, découragé, mais je n’ai pas peur car le bateau marche bien sous voile et l’on peut toujours aller vers le large en attendant un bon vent…
Nicole et Paulo nous invitent à boire un café à bord. A fait chaud au cœur d’être bien reçus après l’épreuve. Nous discutons un moment puis après nous installons eau, électricité, taud et nous déjeunons.
Après une sieste, j’écris avant d’aller au cyber chercher les plans de l’inverseur sur le net… Sur le net, je ne trouve pas assez de renseignements, pas le manuel d’atelier…

Le 07.11.2008
Christian et Paulo viennent voir à bord et écouter le bruit au démarrage. Ils constatent un bruit, mais ne sont pas affirmatifs pour savoir s’il vient du moteur ou de l’inverseur. Seule solution, il faut désaccoupler les deux. Christian dit qu’il faut 10 minutes. Je commence à enlever des vis, mais je ne peux faire reculer l’arbre. Plutôt de faire une connerie, je demanderai demain conseil. Je fais attention à ne pas laisser traîner les outils pour que le bateau soit bien habitable pour Mimi. Pendant ce temps-là, elle vit sa vie et elle prend la chose du bon côté.

Le 08.11.2008
Je demande conseil à Paulo pour le désaccouplement. Il me dit ce qu’il faut faire, puis vient m’aider. Jean-Louis vient aussi et peu à peu l’inverseur est désaccouplé après bien des efforts et beaucoup de sueur ! Je fais tourner le moteur et il fonctionne sans bruit anormal. Ce serait donc l’inverseur qui serait en cause.
Christian vient et dit qu’il faudrait démonter l’inverseur pour voir. Lui sait le faire car il en a démonté au moins une vingtaine pour les réparer. Mais il dit qu’il a la flemme. Le soir, il nous invite à prendre un apéro sur son bateau moteur avec Paulo, Nicole et Jean-louis. Il nous montre des photos de ses passages dans différents lieux du Venezuela. C’est très beau.
Mimi s’échauffe lorsque Christian parle des femmes, à commencer par sa compagne.Mimi ne supporte pas le manque de considération pour les femmes et elle le dit.
Au sortir du bateau, nous allons faire un tour dans le centre commercial. Nous y rencontrons de jeunes Egyptiens avec lesquels Mimi lie conversation en arabe. Ils sont immigrés dans ce pays. Ils trouvent facilement du travail car une grande partie des commerces est tenue par des Syriens ou des Libanais.

Le 09.11.2008
Nous allons faire le marché.

C’est dimanche, il y a du monde. Je suis avec Nicole qui en connaît tous les recoins. Au retour, je prépare de grosses gambas.
Après-midi de farniente. En allant prendre un batido, Mimi se lâche et dit son amertume des pannes récurrentes du bateau. Ça me touche ; je suis déjà peiné par ces pannes et la difficulté de trouver la personne compétente pour bien réparer, les plaintes de Mimi me mettent le moral à zéro. Par moments je pense à revendre le bateau et à rentrer. Mais pour revendre un bateau il faut qu’il fonctionne bien et il faut être dans certains pays où il existe un marché pour cela. En plus avec la crise, ce sera plus dur…
Le soir nous recevons à bord Paulo et Nicole et Jean-Louis. Mimi a fait un poulet au citron excellent. Nous passons une très agréable soirée à discuter et à rigoler.
Jean-Louis navigue désormais en solitaire. Son épouse qui a navigué quatre ans avec lui a repris le travail. Jean-Louis qui est forain et qui a un manège ne travaille qu’en juillet et août.Il dit avec philosophie qu’avant ils travaillaient à deux et qu’après une année de travail, il ne leur restait rien et que maintenant en travaillant deux mois, au bout de l’année, il ne lui reste rien, mais qu’il a profité bien de son année, à se balader, à pêcher…

Le 10.11.2007
Je vais à la recherche de filtres gasoil dans Cumana. Je ne trouve pas le type dont j’ai besoin… L’après-midi, je vais voir le mécanicien qui est dans la marina en ce moment. Il me reconnaît, c’est celui que j’avais fait venir pour mon moteur et que je n’avais pas fait réparer faute d’une estimation de prix. Il viendra demain matin à bord.
Je vais chercher sur internet la réponse du fabricant de mon inverseur : il m’envoie une notice technique qui sera utile au mécanicien.
Le soir nous allons prendre l’apéro chez Jean-Louis, un tipunch corsé ! La soirée se passe à bavarder, à plaisanter.

Le 11.11.2008
Paulo et Jean-Louis vont faire remplir leur bouteille de gaz. Je leur donne une des miennes dont ils se chargent très aimablement. Je dois attendre le mécanicien.
En fait il arrive à 15h en s’excusant. Il vérifie certaines choses et constate que la marche arrière ne passe que de façon aléatoire. Il finit de déposer l’inverseur pour l’enporter à l’atelier et l’ouvrir. J’espère qu’il n’aura pas besoin de pièces introuvables sur place… Verdict demain après midi….
Pendant ce temps-là Mimi parle sur MSN avec ses enfants. Elle est tout heureuse de ce miracle de la technique devenu quotidien.
Le soir nous allons faire une promenade et Mimi rencontre une nouvelle copine antillaise qui vit sur un bateau qui ne quitte pas le port. Elle nous emmène sur un autre bateau qui sert de maison à une veuve vénézuélienne qui nous offre le café. Nous passons un agréable moment à parler français et Espagnol. Mimi suit tant bien que mal.

Le 12.11.2008
Mimi va en ville avec ses deux nouvelles copines. Elle veut du fil et un crochet pour s’occuper. Entre filles, elles vont se promener pendant que je nettoie la gâte moteur devenue accessible en l’absence de l’inverseur. Il y a plein de gasoil. Il faut que je trouve pourquoi le retour du gasoil vient dans la gâte et non dans le moteur !
Le soir le mécanicien ne passe pas.

Le 13.11.2008
Le mécanicien passe tôt. Il me montre des pièces endomagées. Il pense que ça peut être du à un manque d’huile, ou à un usage trop brusque du passage marche avant à marche arrière, ou à un défaut de fabrication… Paulo pense à un mauvais réglage d’origine qui a fait frotter le cone d’embrayage tout le temps. En attendant je contacte par téléphone le fabriquant qui me demande de lui envoyer la liste des pièces. Il me répondra demain sur le pris et la disponibilité… Il va falloir attendre. J’envoie aussi deux mails à des revendeurs pour comparer. Pendant ce temps, Mimi va voir une copine vénézuélienne faire du pain et discuter avec elle.
L’après-midi, je me remets à réparer le moteur hors-bord qui refuse de démarrer. Je redémonte le carburateur. Je nettoie les gicleurs, je remonte et ça ne démarre pas… Je recommencerai demain à la lumière.
Une pose batido, ça fait du bien. Mimi a lavé les coussins du cockpit, elle mérite bien une pause !

Mimi et son batidoC’est vraiment bon!Mimi et les coussins

Le 14.11.2008
Ce matin nous allons au marché avec les copines de Mimi, Emma et Zuli. Me voilà avec trois femmes qui papotent, regardent tout, achètent. Je vois tout le marché avec des pauses photos.

Le marchéDans le marchéLes beaux avocatscumana-marche-13.jpgle marchéMimi au marchéMimi en admiration devant un coq de combatDes crabes bleucomment s’assoirEmma Zuli et moiQuel chapeau!Les poupéesOn vend même des chiens
Au retour, je vais au cyber. J’ai des mails de copains, mais pas des fournisseurs de pièces. Déception ! Il va falloir attendre lundi… Le voyage est une école de patience… En fin d’après-midi, je retourne au cyber. Un mail du fabricant d’inverseur m’attend. Il m’indique le prix des pièces, les coordonnées bancaires pour le payer et son refus de prendre en charge les réparations au titre d’une garantie… Je vais faire faire le virement pour avoir les pièces vite…
Au retour, je trouve Mimi en train de discuter avec sa copine Danielle qui revient de France et qui s’en va demain à Puerto la Cruz, ville devant laquelle un bateau a été attaqué, il y a trois jours avec un mort et un blessé. Charmante ambiance ! Il faut dire que le bateau à été acosté par des lanchas de pirates et que l’américain a tiré le premier en blessant un des agresseurs; les autres ont tiré blessant l’américain qui est tombé à l’eau. Les pirates ont pris la fuite, tuant l’américain à l’eau en lui passant dessus avec l’hélice…

Le 15.11.2008
Des nuages cachent le ciel bleu et le soleil. Il fait gris avec un vent doux. Depuis hier il y a des nuages et un vent assez fort et soutenu. Je l’ai entendu souffler cette nuit. Depuis près de 15 jours, il ne pleut plus. La saison des pluies est finie. Le vent était intermittent. Maintenant les alizés vont s’établir d’ouest, avec un peu de nord. Lorsqu’il y a des nuages, ils passent, presque noirs, mais ils ne crèvent pas. Pas de pluie pendant les mois à venir.
J’en profite pour me remettre au moteur hors-bord. Je redémonte le carburateur. J’ai l’impression que tout est propre. Je demande conseil à Charly. Je remonte et ça ne démarre pas. Je redémonte et cette fois, c’est mon voisin de bâbord, Robert qui regarde le carbu. Il trouve une lumière de gicleur bouchée. Il la débouche. Je remonte et ça démarre au premier coup ! Soulagement !
Alors je m’attaque à une bouteille de gaz de 13 kgs qui est rangée sur le pont. Le bouchon s’est oxydé et je ne peux l’ouvrir. Aidé de Charly et de Robert, avec du dégrippant et de l’huile de coude, ça finit par se dévisser. J’ai donc trois bouteilles pleines, avec celle que je viens de faire remplir à Cumana pour deux euros !
Je fais un ordre de virement pour payer les pièces de l’inverseur en souhaitant ne pas les attendre trop longtemps !
Pendant ce temps Mimi va avec sa copine Emma, puis parle avec la femme de Robert. Sur un Jeanneau de 47 pieds, Octopus, ils viennent de Normandie. Ils sont dans l’arc antillais depuis un an et demi. Ils voulaient nous inviter à aller quelques jours à la Tortuga, une île à 60 milles de Cumana. Je préfère suivre l’envoi des pièces. Mimi ne veut pas y aller seule avec eux.
Finalement le grain donne des vents à 40 nœuds et une pluie abondante pendant une demie heure. Le soir nous sommes invités à prendre l’apéro sur Octopus. Beau bateau, bien aménagé avec beaucoup d’options. Robert et Viviane voyagent depuis quelques années tout en gérant leur affaire en Normandie. Mimi avait fait des accras et Viviane une tarte aux poireaux, le tout avec un ti’punch. C’est super. Viviane raconte sa vie, son amour pour Brassens et nous prête des disques pour enregistrer, dont un d’un Antillais, Sam Alpha, qui chante Brassens en créole. C’est un petit trésor ! Nous rentrons à notre bord vers 22h, après une très agréable soirée. Nos voisins sont très gentils, très agréables.

Le 16.11.2008
Mimi prépare un plat typiquement irakien, des légumes farcis. Pendant ce temps, j’enregistre les disques que nos voisins nous ont prêtés. L’informatique résiste, mais à force de persévérance, j’y parviens.
Ce matin, je m’aperçois que la pompe de puisard fonctionne par moments. Je regarde de plus près. Elle évacue du gasoil ! Je regarde de plus près. C’est le réservoir bâbord qui fuie. Je l’avais fait démonter et réparer à Dakar ! Le sens le découragement me gagner ! Les pannes sont un éternel recommencement quelques réparations que je fasse !
Au déjeuner, nous goûtons le plat de Mimi : C’est délicieux. Elle en donne à nos voisins qui se régalent.

Le plat de Mimi!Les huitres apportées par Jean-Louis

Jean-Louis qui était allé hier à la pêche aux coquillages nous apporte des huîtres. Avec un peu de vin blanc, elles sont excellentes. Il apporte d’autres coquilles pour Mimi qui veut faire des colliers. Nous discutons avec Jean-Louis qui est seul à bord. Après trois ans de navigation avec son épouse, cette dernière a préféré rentrer à terre, travailler et vivre dans un appartement. Jean-Louis ne se voit pas dans ce genre de vie. En même temps il aime sa femme et espère qu’elle reviendra. Situation qui se rencontre tellement souvent de vies qui divergent. Que faire ?

Le 17.11.2008
Nous sommes lundi. Mimi m’entraîne en ville faire des courses. Nous prenons le bus et descendons au centre, près d’un parc au bord de la rivière qui traverse Cumana. Le parc est ombragé par de vieux arbres magnifiques. Une classe est venue faire de la peinture dans le parc. Les élèves s’appliquent avec plus ou moins de bonheur !

Un bel arbre!Mimi prend la fraîcheurLa rivière qui borde le parcLes écoliers en bleu font leur devoir de peintureBientôt les élections!Maison du vieux centre ville


Nous allons jusqu’à la cathédrale. Elle a fière allure, blanche et bleue à l’extérieur et couverte de boiseries à l’intérieur. Il y fait frais, avec un courant d’air grâce aux vitraux ouvrants. Le cœur est chargé avec un magnifique retable peint avec de lourdes dorures. Un autel latéral est surmonté par une Vierge noire portant un petit Jésus blanc. Le Saint Esprit est-il blanc ?

La cathédraleL’intérieur de la cathédraleDans la cathédraleVierge noire, Enfant blancUne vision de l’enfer!
Nous retournons vers le parc et la rivière. Elle coule rapidement entraînant beaucoup de limon.

La rivière de CumanaLa presse à jus de canneUn boulot dans la rueMimi regarde une fabriquante de colliers de perle dans la rue


Nous rejoignons les rues commerçantes, toujours aussi animées. Un vendeur de jus de canne à sucre est installé sur le trottoir avec sa presse motorisée. Du jus pur avec un peu de citron et de la glace, c’est vraiment bon !Les rues sont bordées de magasins au rez-de-chaussée des bâtiments et d’étals sur le trottoir ou sur la rue qui proposent, habits, nourriture, quincaillerie, restauration… Le tout dans une ambiance musicale due aux nombreux vendeurs de CD copiés, installés sur le trottoir avec leur sono !
Après la sieste, je vais au cyber, espérant des nouvelles de mon virement et des pièces d’inverseur. Pas encore de nouvelles. J’ai un mail d’un revendeur dont le devis est trois fois plus cher que le fabriquant !
Le soir en mangeant, un inlay se décolle d’une dent ! Je le récupère et demain il va falloir que je trouve un dentiste. Décidément, ce n’est pas ma période de chance !

Le 18.11.2008
Je vais voir Paulo qui est à Cumana depuis longtemps pour savoir s’il connaît un dentiste.
Il n’a eu recours à aucun, mais il a gardé des guides locaux. Sur l’un je trouve un dentiste dans le centre commercial voisin de la marina. J’y vais et j’obtiens un rendez-vous en fin de matinée. Lorsque c’est mon tour, la dentistre me reçoit dans un cabinet moderne et tellement climatisé que j’ai froid. Elle regarde, fait une radio. C’est une carie qui s’est développée sous l’inlay et l’a fait tomber. Elle m’anesthésie, cure la carrée et met une résine pour tenir l’obturation. Le tout pour 25, et elle m’a gardé une heure. Dans la salle d’attente, il n’y avait que des jeunes femmes pour de l’orthodontie. Au Venezuela, l’apparence des femmes est très importante et elles soignent leurs dents ! En soirée, Viviane et Robert viennent à bord pour un apéro dînatoire.Mimi a préparé des mézzés et Viviane apporte une pizza. Avec un ti’punch et les histoires de Viviane sur son expérience des Antilles, la soirée passe vite d’une façon très agréable !

Le 19.11.2008
Ce matin, des militaires surveillent la marina, mitraillette en main. Est-ce un exercice ? Redoute-t-on des troubles avant les élections ? Une heure plus tard, ils s’en vont, sans s’être servi de leurs armes.
Je vais au marché pendant que Mimi reste au bateau sur internet. Le marché est plein de monde. Chacun fait ses courses avant les élections de dimanche, des fois que… Le PSUV, le parti du président ne ménage pas ses efforts pour gagner les élections. En ce moment, ils distribuent des enveloppes de 2400 bolivars, 2 à 3 mois de salaire pour qui veut bien voter pour les candidats du gouvernement et s’inscrivent sur une liste. Comme le vote est électronique, il laisse des traces qui sont vérifiées… Il faut donc tenir ses engagements…
Je trouve du sucre. Il n’y en avait plus en centre ville. Je prends fruits, légumes et poisson.
Viviane et Robert découvrent le marché.
Pour le retour, nous prenons le bus, il en passe beaucoup contrairement aux jours précédents.
Je retrouve Mimi faisant de la confiture de citrons verts.Ça sent bon et ça attire des abeilles. Mimi n’aime pas ça et elle est nerveuse, sur ses gardes. Une abeille vient se poser sur ma main, je la regarde et la laisse butiner, puis elle s’envole. Tant qu’elle ne se sent pas agressée, elle ne pique pas ; ça ne persuade pas Mimi ! En tout cas sa confiture est bien bonne !

Mimi et sa confiture de citrons!

Avant la nuit, des bateaux se préparent au départ. Octopus de Robert et Viviane part pour la Tortuga. Ils nous avaient très gentiment de venir avec eux sur leur bateau. Hélas, je voulais être joignable pour suivre le virement et le colis de pièces, alors je ne peux y aller. Mimi ne veut pas y aller seule. Dommage car je suis sûr que c’aurait été très sympa.
El Scorpion avec Guillaume et Cécile partent avec des passagers pour Sainte Lucie. Là-bas, ils comptent vendre leur bateau et rentrer en France. Bonne chance !

le Scorpion avec Guillaume et BrunoBateau canadien à Wishbone
Après leur départ, on se sent eu peu seul ! Octopus reviendra avant la fin du mois. À bientôt!

Le 20.11.2008
En déjeunant et en mangeant du poisson, l’inlay refixé hier se décolle !
Je repasse l’après-midi chez la dentiste ! Nouvelle anesthésie, nouveau travail et c’est refixé. Pourvu que ça tienne des années !
Pendant ce temps, il pleut abondamment. La saison des pluies n’était pas tout à fait finie. La météo sur internet montre des précipitations partout sur une ligne du Cap-Vert aux Antilles…
Sur internet je vois que le colis des pièces de l’inverseur est parti d’Italie ce jour par DHL. Super ! Pourvu que ça arrive vite, maintenant.

Le 21.11.2008
Je regarde sur le net le suivi de mon colis de pièces. Il est parti de Bologne hier pour aller à Liepsich, puis Londre, puis apparemment Bologne… Est ce le parcours le plus rapide ?
Un mail de l’ambassade de France met en garde les résidents français :
Les électeurs vénézuéliens voteront le dimanche 23 novembre 2008.
Comme toujours en période électorale, il est recommandé aux membres de la communauté française de se tenir éloignés des lieux de manifestations sur la voie publique au cours des prochains jours et d’éviter tout déplacement non strictement nécéssaire le jour même du scrutin.
Il est important de se tenir régulièrement informé de la situation générale en écoutant la radio et la télévision.
L’ambassade de France à Caracas.
Voilà l’ambiance alors que les cybers sont fermés par décision administrative et que la vente d’alcool est interdit depuis vendredi 14h à lundi 12h… Prudence, alors que tout semble calme… Dans la journée, je revois un navigateur allemand qui était arrivée la veille à Cumana avec son équipière. Dans la matinée, ils vont vers le marché à pied en longeant un barrio. L’Allemand se retrouve avec un jeune qui lui pointe un couteau sur le ventre en lui demandant son argent pendant que deux autres s’attaquent au sac à bandoulière que porte son équipière. Elle résiste et tombe à terre avec son sac. Des gens passent et viennent les secourir. Les agresseurs sont en fuite. Les deux navigateurs en sont pour leur peur !

Le 22.11.2008
Voilà déjà un mois que Mimi est revenue et que nous n’avons pas beaucoup bougé ! Le suivi électronique de mon colis est encalminé, rien de nouveau…
Après le petit-déjeuner, je m’aperçois que j’ai perdu l’inlay recollé pour la deuxième fois la veille par la dentiste ! Je suis furieux contre cette incapable ! En plus cette fois, je l’ai avalé sans m’en rendre compte. Il faut que je trouve un nouveau dentiste capable de faire du bon travail !
La journée passe doucement, sans le bruit et la musique habituels des week-ends, pour cause d’élections. Le soir nous voulons boire un peu de vin dans un café. Nous nous contentons d’un jus de fruit, puisque l’alcool est interdit à la vente jusqu’au lundi.

Trois ans déjà!Ça mérite bien une rose!

Après une petite balade, nous allons dans un restaurant japonais manger des sushis. Aujourd’hui, cela fait trois ans que Mimi et moi nous nous sommes rencontrés. Le temps passe vite ! Alors nous fêtons l’événement au restaurant, sans vin là encore. C’est une agréable soirée entre amoureux !

Le 23.11.2008
Dans la nuit, nous entendons des pétards et même un clairon qui joue un air militaire.
Toute la matinée, c’est le calme dans la marina. Peu de bateaux sortent. Les gens doivent voter et manger en famille…
Mimi se tricote au crochet un maillot de bain, elle a presque fini le bas. Moi je vais sur internet et le suivi informatique m’apprend que le colis est à Caracas en cours de dédouanement. Il est presque arrivé ! Nous pourrons bientôt bouger !
Mimi ponce des coquilles de coquillages pour les débarrasser du calcaire et ne gardes que la nacre. C’est joli. Elle veut en faire des colliers ou des mobiles…
La journée est très calme, sans sortie de bateaux vénézuéliens, sans musique forte venue de la marina ou de plus loin. Le soir nous regardons si les résultats sont sur internet. Nous suivons en français les commentaires sur radio Venezuela in vivo. Il n’y a que des commentaires en attendant que les derniers bureaux ferment. Ils auraient dû fermer à 16h, mais certains ont été maintenus ouverts par des chavistes sous prétexte qu’il y avait la queue pour voter ; et ça durait encore à 23h30 ! Nous sommes allé nous coucher.

Le 24.11.2008
Impossible de se connecter au wifi du port ce matin. Qui a gagné ? Dans la nuit, on a entendu des pétards, parfois de la musique forte, puis le calme.
Dans la matinée, le wifi revient. Chavez n’a pas perdu, mais n’a pas non plus écrasé l’opposition malgré tous les moyens déployés sans compter.
Le colis de pièces est parti de Caracas et du dédouanement. Il approche !

Il fait bon vivre à bord, à l’ombreGrandes discussions avec PauloPaulo et NicoleMimi pose!

En soirée nous allons prendre un batido au bar où nous retrouvons Paulo, Nicole et Louis. Ce qui nous mène dans de longues discutions sur les voyages et surtout au Brésil que Paulo a bien aimé en le parcourant pendant trois mois sac au dos.

Le 25.11.2008
Nous allons au marché, qui est animé après les élections.

Un jus d’oranges préssées devant soi à l’arrêt des busAu marchéAu marchéAu marchéDans la rueDans la rueDe retour du marché, Pitoune, le chien d’un navigateur de notre ponton, nous accueillePauvre porteur!

Un vendeur d’avocats nous demande comment nous avons trouvé les élections. « Très bien ! ». Il est heureux et il nous promet pour demain deux casquettes rouges du partit au pouvoir ! Ça fera un souvenir !
L’après-midi, je passe chez DHL : le colis est en douane à Puerto La Cruz et je dois payer 420 bolivars pour le dédouaner. Je paye à l’agence qui va le retirer demain. Emma et Charly passent au bateau. Emma a lu le livre de Mimi et elle vient lui dire toute son émotion. Elle a beaucoup aimé en le lisant d’une traite, entre rire et larmes. Elle n’en revenait pas d’une telle vie. Mimi l’a écoutée avec plaisir. Elle regrette d’autant plus le manque de promotion lors de la sortie du livre qui aurait pu toucher un public plus vaste…

Le 26.11.2008
Nous allons au marché.

Le vendeur d’avocats qui nous offre des casquettes du PSUVAu marché, sorte de pain sec qui se mange humidifiéJe choisis des CD copiés de salsaMimi et le jeune vendeur de CDEtal de coquillages au vinaigreArbre à painArbre à pomme canelleau marchéAu marchéAu marchécamion avec une presse pour le jus de canneUn vendeur qui voulait une photo avec MimiCamion de livraisonEn attendant le busVoilà le busUne toile d’arraignée devant la porte du bodegon!

Nous y retrouvons le vendeur d’avocats qui a pensé à nous apporter deux casquettes du parti de Chavez, rouge évidemment ! Il est heureux de nous les offrir, il est heureux que nous aimions Chavez et il est notre ami et nous embrasse. Il nous explique que l’une de ses filles a eu besoin de deux opérations dans une clinique privée et que les deux fois c’est le parti qui a payé les fortes sommes.
En rentrant, nous retrouvons Robert et Viviane. Ils sont revenu de la Tortuga hier soir. Ils ont eu du vent de plus de 30 nœuds et des creux de 4 mètres. Ils nous invitent à dîner ce soir avec une daurade coryphène qu’ils ont péchée au retour. Ils nous raconteront leur périple.
Je passe à DHL. Le colis est toujours à Puerto la cruz. Le payement des taxes a été fait en banque. Le colis sera là vendredi ; pas demain car demain c’est l’anniversaire de Cumana et ce sera férié… Chaque ville a un anniversaire férié, ici ! Alors encore un peu de patience… Mimi parle avec ses enfants sur MSN et moi j’appelle Sophie au téléphone. Ça fait plaisir d’être en contact avec les enfants restés au loin !
En soirée, nous allons à bord d’Octopus. Robert et Viviane ont pêché une dorade coryphène de belle taille. Viviane l’a cuisinée au four ; c’est un délice. Avant, Robert nous l’a montrée en photo avec sa robe argentée et dorée. C’est un poisson superbe dont les couleurs moirées passent très vite après la mort.
Viviane nous parle des îles des Antilles qu’elle a visitées et qu’elle à préférées, avec leurs particularités et des anecdotes locales. Ça avive notre envie de les découvrir vite et de flâner au gré des envies du moment.
En discutant, les verres défilent, si bien qu’après cette soirée très agréable, nous rentrons en faisant attention à ne pas rater le ponton et la panne !

Le 27.11.2008
Mimi passe la journée à cuisiner et à faire des confitures de goyaves tomates vertes. Le résultat est très bon !

Goyaves

Je bricole de l’informatique, je parle avec Paulo et Charly…
Le temps passe vite à ne rien faire de particulier dans la chaleur de la journée. Le soir, le vent se lève et il fait presque frais. Nous regardons un film.

Le 28.11.2008
Ce matin, c’est le ménage dans la cuisine. Pendant que Mimi nettoie, je fais une ratatouille.

Mimi fleurieIci le café est bonLa Vierge a une nouvelle robe!Avec Viviane et Robert


Puis nous allons au bar où Mimi a donné rendez-vous à Robert et Viviane. Ils arrivent après leurs courses et nous prenons un verre. Et puis comme nous discutons, nous prenons des empanadas pour déjeuner tranquillement. Dans l’après-midi, je passe à l’agence DHL. Le colis n’est pas là. L’employé téléphone : le colis est dans une camionnette qui va arriver. Je vais au cyber pour attendre et je repasse moins d’un e heure plus tard. Le colis est arrivé. Je suis heureux d’avoir enfin les pièces !
J’appelle le mécano qui me dit qu’il passera lundi matin. Super ! En fin de semaine prochaine, nous pourrons partir !
Le soir nous allons dîner à bord d’Octopus. Pendant l’apéro, Viviane prépare un poulet. Nous reparlons des Antilles de ces îles qui ont enchanté Robert et Viviane. Encore une soirée agréable avec des amis.

Le 29.11.2008
L’après-midi, nous allons nous promener le long des jetées de la marina. Pitoune, la petite chienne, nous suit. Sauter d’un bloc de pierre à l’autre fait faire un peu d’exercices. Depuis la jetée, on voit des bateaux coulés dans la marina. Ils sont à demi immergés et personne ne les sort. Ils sont la fin d’un rêve encore visible, à moitié remplis d’eau. L’un d’entre eux a coulé, il y a deux semaine, on ne sait pourquoi…
Nous passons près d’un arbre sous lequel des gens cherchent des fruits. Mimi s’approche et demande ce que c’est. Des raisins de plage lui répond une femme. Elle nous en donne. Ce sont des grains comme des olives avec un noyau à l’intérieur. C’est sucré. Nous entamons une discussion. Le mari vient. Vite il me propose un whisky, il est en train d’en boire un avec beaucoup de glaçons. Je refuse et nous discutons. Il est d’origine des Canaries, il s’appelle Antonio et son épouse, Lorna est mi-espagnole mi-libanaise. Ils ont trois enfants. Ils nous invitent chez eux. Pourquoi pas ! Ils laissent leur fils aîné nettoyer la lancha et nous montons dans un 4×4. Nous filons vers un quartier résidentiel. La grille de la maison s’ouvre, le 4×4 rentre et la grille se referme. Une jolie maison avec des fleurs, des roses et 6 voitures dans le garage. Nous entrons dans un superbe intérieur, décoré pour Noël avec sapin, guirlande des, personnages. Salon en cuir, superbe cuisine, pièce télé, et bar personnel avec des centaines de bouteilles de tous alcools, mais surtout whisky.

A la table d’AntonioBelle décoration de NoëlAntonio et LeonaAvec nos Hôtes
Loena prépare des amuse-gueules. Antonio sort du vin et du whisky. Puis il se met à cuisiner un plat canarien, du moro. C’est une sauce que l’on mange avec du pain. Il y a du pain grillé, des amandes, de l’ail, du piment ; le tout mixé. C’est succulent ! Il nous en donne deux pots pour emporter ! Nous discutons de la vie au Venezuela. Le couple très aisé avait une entreprise d’une trentaine de personnes de distributions de carburant. Il vient de vendre son entreprise, fatigué de la politique de Chavez.
Mimi pose beaucoup de question sur les femmes. Lorna lui répond en soulignant la différence entre la classe pauvre et la classe aisée.
Antonio a peur de prendre l’avion, si bien qu’ils ne voyagent pas à l’étranger, alors que Loena en a bien envie… Ils nous raccompagnent à la marina en passant par un bon boulanger pour acheter du bon pain. Antonio a pris son verre de whisky dans la voiture, puis dans la boulangerie. Il en propose même aux vendeuses qui rient et refusent.
Ils nous invitent pour le lendemain à la pêche. Nous leur disons que nous avons déjà prévu une sortie à Laguna Grande avec Robert et Viviane. Ce sera pour un autre jour. Lundi Mimi s’est mise d’accord avec Lorna pour lui apprendre à faire des confitures demande si Lorna connaît un bon dentiste ? Elle nous y conduira lundi après-midi !
Nous sommes heureux d’avoir connu cette famille si généreuse et accueillante !
Nous rentrons à la marina. Nous allons sur Octopus pour parler de la sortie de demain ensemble.

RobertViviane et Mimi


Soudain, j’entends quelqu’un qui appelle Christian. Je sors ; c’est Paulo qui est avec Charly en train de remorquer un hors-bord qui est en train de couler. Je vais avec Robert au bord de la cale où nous pourrons l’amarrer et l’empêcher de couler. Le bateau est remorqué puis amarré et nous tirons sur les amarrer pour le caler sur le fond en ciment.

Le hors-bord en difficulté

Le propriétaire prévenu, arrive et ne croit pas que son bateau prenait l’eau et que Paulo et un Canadien ont pompé plus d’un mètre cube. Il constate quant même que son bateau gîte anormalement. Il met un moteur en route, les pompes électriques aussi. Et il va remettre son bateau à sa place en disant à peine merci. Là, il s’aperçoit qu’il a un trou dans la coque, alors qu’il avait fait une petite sortie le matin même… Il s’occupe de trouver de pompes avec des amis…
Nous allons nous coucher.

Le 30.11.2008
Le départ est prévu pour 9h30. Nous nous préparons et allons à bord d’Octopus. Robert et Viviane sont prêts. Nous ne tardons pas à larguer les amarres. La mer est calme, peu de vent et un soleil entre des nuages. Nous y allons au moteur. Laguna Grande est à une dizaine de miles. La traversée se passe sans problème, bien installés dans le vaste cockpit du Sun Odyssée 45. Nous avons apporté une ratatouille et la sauce moro donnée hier par Antonio. Viviane a préparé une pizza.

Les sirènes à l’avantApproche de Laguna GrandeApproche de Laguna GrandeL’entrée est en vueNous sommes entrésDans Laguna GrandePalétuviers et terre rougeSoleil et ombre des nuagesDans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe reposoir des pélicansDans Laguna Grande


Nous approchons de Laguna Grande. Les montagnes sont de différentes couleurs, du blanc, à l’ocre rouge. Après la saison de pluies, certaines sont couvertes d’une végétation bien verte, quelques cactus cierges, des arbrisseaux et au raz de l’eau des palétuviers. En s’approchant de la côte, on voit une ouverture, assez large et derrière un vaste plan d’eau. Nous rentrons dans la passe. Les cartes CM93 indiquent 3 mètres de profondeur, alors que le sondeur indique 17 mètres et vite 25 mètres ! Il n’y a pas de problème.
Dans la lagune, l’eau est verte, peu transparente, sa température est de 26°. Les montagnes se jettent dans la mer de façon abrupte. Des palétuviers les bordent. À un endroit des pélicans se reposent sur les branches. Nous passons à quelques mètres sans les déranger. Certaines pentes sont ravinées par les pluies.

Dans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe skipper et son équipageDans Laguna GrandeDes pêcheursBelles couleurs!MimiLa plus courageuse inaugure le bainMimi se jette à l’eau prudemmentA mon tourLe soleil baisse, il faut rentrerLa montagne ravinée


Plus loin on aperçoit l’eau d’une couleur jaunâtre et une plage. Une lancha avec trois pêcheurs passe le long des palétuviers. Selon que le paysage est au soleil ou à l’ombre, les couleurs changent. Le panorama est magnifique. La lagune a plusieurs ramifications. Nous nous enfonçons vers le fond à droite. Nous jetons l’ancre par 5 mètres. Après un tel effort, nous prenons une boisson, à l’ombre du bimini.
Nous sommes heureux de profiter d’une telle journée qui nous sort de la marina avec des amis !

Le skipper en plein actionUn beau coupleUn autre beau coupleA tableBravo Viviane!
Nous déjeunons dans le cockpit, avec vin rouge et blanc ! La croisière de rêve !
Une petite sieste pour certains, puis un bain. Même mimi s’y met, mais sans lâcher l’échelle de bain, faute d’avoir pied.

Dans Laguna GrandeDans Laguna GrandeDans Laguna GrandeLe skipper, RobertMimi admire le paysageMimi traîne des pieds pour le retourLes femmes admirent les dauphinsLes dauphins autour de nous


Les nuages passent et le ciel est tout bleu. Les couleurs ressortent davantage, c’est magnifique. Il est l’heure de se remettre en route pour rentrer avant la nuit, car il y a deux heures de navigation. Nous sortons en passant plus près du pied des montagnes. Dans le ciel, des frégates planent avec leurs ailes anguleuses et leur longue queue fourchue. Ce sont des oiseaux superbes.
Au retour Robert tente de mettre génois et grand voile. Il renonce vite à la grand voile qui dévente le génois. De nombreux dauphins nous accompagnent. Mimi s’allonge sur la plage avant pour les voir et photographier de près. Nous voyons le soleil baisser en approchant de Cumana. Octopus retrouve sa place le long d’un quai.

L’Hay, le bateau de PauloEt voilà la nuit qui vient

Lorsque nous sommes rentrés, amarrés, nous voyons rentrer la lancha d’Antonio. Il n’a rien pêché, il nous montre la bouteille de whisky qui le console. Nous nous disons à demain.
Nous quittons Octopus. Robert et Viviane prennent l’avion dans deux jours pour un séjour en France de deux mois. Nous nous reverrons avant leur départ.
Nous rentrons au bateau.Mimi va dire au revoir à son amie Emma car elle part demain avec Charly pour un village de pêcheurs voisin, Tigrio.
Il est temps que nous mettions aussi les voiles !

Le 01.12.2008
On frappe à la coque de bonne heure. Je monte dans le cockpit et je vois le mécano. Je lui donne les pièces. Il a beaucoup de travail ces temps-ci et il ne pourra remonter l’inverseur qu’en fin de semaine, alors il viendra le remonter et l’accoupler. Ok, ce sera fait, j’espérais plus rapidement, mais s’il tient ses délais, ça ira.
Après le petit-déjeuner, c’est Charly qui vient à bord. Il rapporte le livre de Mimi. Il ne l’a pas lu pensant que c’est un livre de femme, et en plus il n’a jamais acheté un livre de sa vie, il en échange, mais n’achète pas… Emma vient aussi dire au revoir. Ils vont larguer les amarres vers midi pour aller à 15 miles à Tigrillo, où ils ont des amis pêcheurs.
Paulo vient les aider à larguer les amarres et le bateau, à l’allure très improbable, s’élance vers la sortie du port, vers la mer.

Charly et MimiEmma et Mimi rigolent de bon coeurLe départ de Charly aidé par PauloLe départ vers Tigrillo


Octopus vient prendre sa place au ponton, avant de rester seul deux mois pendant que Robert et Viviane seront en France. J’aide à l’amarrage. Puis je copie les photos de la veille sur une clef USB pour les donner à Robert. Le soir nous allons dîner ensemble au restaurant, histoire de passer une dernière soirée agréable. Il y a un peu de vent doux qui nous rafraîchit un peu. Quand je pense qu’en France, il fait froid en ce moment !

Au restaurantLes abords sont décorés pour Noël

Le 02.12.2008
Ce matin nous nous levons tôt pour aller chez le dentiste, moi pour mon inlay perdu et Mimi parce qu’elle s’est cassée un petit bout de dent en mangeant du pain à la croûte dure alors que d’habitude la croûte est toujours molle…
Nous voyons partir Robert et Viviane pour prendre leur avion.

Mimi


Nous attendons Lorna qui a dit venir nous conduire. En fait, c’est Antonio qui vient avec son gros 4×4. Il nous conduit chez le dentiste. Il y a la queue et la dentiste n’est pas arrivée. Antonio repart et nous attendons. Une secrétaire arrive et nous fait entrer dans la salle d’attente. Elle prend son registre et demande à chacun son nom et s’il a rendez-vous. Alors elle donne rendez-vous pour un autre jour à la plupart des personnes qui repartent. Nous restons à 6 personnes, ça fait du vide.
Nous passons en second car la dentiste est une amie de Lorna. Je passe le premier ; elle me fait une obturation qui devrait durer, une résine puisque j’ai perdu mon or… Puis c’est le tour de Mimi. Elle lui répare très bien sa dent, et la réparation ne se voit pas !
Antonio, revient nous chercher. Il nous arrête chez un marchand de fruits et légumes. Chacun fait ses courses. Puis Antonio nous emmène chez lui. Là il nous prépare un sandwich fromage jambon fumé pendant que Lorna nous prépare un jus de papaye! Nous sommes chouchoutés! Nous remontons en voiture et il nous emmène à l’est de la ville. Nous traversons des barrios, des quartiers résidentiels, puis des quartiers industriels. Il nous emmène dans son ancienne entreprise.

Maison de barrioMaison de barrioAncienne entreprise d’AntonioAncienne entreprise d’AntonioAvec Antonio

De grands hangars autour d’un vaste terrain. Il a vendu son entreprise, mais il a gardé les locaux qu’il loue. Dans un coin, il y a des cerfs du pays, des biches. Ils sont grands comme des daims européens. Ils vivent dans un enclos. IL leur a acheté de la nourriture.

Une biche me regardeLa hardeLa piqure de “vitamines”Ne sont ils pas beaux?

Plus loin il y a un élevage de porcs. Il y a des petits qui crient lorsqu’on les pique pour leur donner des vitamines. Ils sont roses et marron, mignons comme tout !
Antonio a eu jusqu’à 200 porcs du temps de son entreprise !
Il est fier de sa vie, de son travail et en même temps très simple. Il nous reconduit à la marina très gentiment. L’après-midi, Mimi a mal à la gorge. Elle se couvre et prend miel et citron. Je couve la malade qui reprend vie le soir.

Le 03.12.2008
Mimi a rendez-vous à 9h chez la dentiste. Antonio qui s’était proposé pour nous y conduire, doit aller à Puerto la Cruz. Il nous envoie son fils qui termine ses études d’ingénieur. Il nous y conduit et doit aller après à un cours. Or aujourd’hui, le président Chavez vient à Cumana. Alors il n’y a pas de bus tous réquisitionnés par le parti et les cours sont suspendus. Mais son prof n’aimant pas Chavez, fera sûrement cours…
Il nous dépose chez la dentiste. Dans la salle d’attente, les gens sont nombreux. La dentiste n’est pas arrivée. Il est presque 9h et nous avons rendez-vous à 9h. Nous attendons. L’assistante déplace des rendez-vous et des gens repartent. La dentiste arrive à 9h50. Elle s’assied dans la salle d’attente et raconte aux clients qu’elle a été retardée par les défilés de Chavez, qu’elle n’aime pas. Ses clients des beaux quartiers non plus et tous discutent 15 minutes, en toute décontraction et bonne humeur.
La dentiste entre enfin dans on cabinet et se prépare. Elle en sort 10 minutes plus tard avec sa blouse et la casquette rouge du PSUV, le partit de Chavez. Tout le monde rie et discute encore un peu. Elle prend son premier client à 10h20, mais ce n’est pas Mimi…
Le tour de Mimi vient à 11h20. La dentiste parle, raconte sa vie, montre la photo de ses enfants… Elle soigne Mimi à son rythme et avec soins. Pendant son assistante vaque à ses occupations de nettoyage, y compris de ses ongles au-dessus de la tablette des instruments.
A la fin des soins, Mimi propose une photo avec la dentiste qui veut bien. Nous échangeons nos adresses mail « pour une nouvelle amitié » dit la dentiste. Nous nous quittons en nous faisans des bises, il est plus de midi.

cumana-avec-antonio-2.jpg

Mon ami Jean-Louis, dentiste en région parisienne, ne travaille pas d’une façon aussi cool ; à chaque pays son rythme. Ici nul n’est pressé et les infarctus doivent être plus rares.

Le 04.12.2008
À 8h quelqu’un vient au bateau ; c’est Cesar, le mécanicien. Il a remonté l’inverseur et il vient le poser. Il Me dit que la cause de l’usure est due à un mauvais réglage après remontage. Car d’après lui l’inverseur a été déjà démonté, alors que je l’ai acheté neuf ! Que dire sur mes vendeurs et installateurs précédents et sur leur honnêteté !
Bref, Cesar passe la matinée la repose et à l’accouplement de l’inverseur. Monteur en marche, marche avant et marche arrière fonctionnent !
Demain, Cesar va à Puerto la Cruz et il achètera des filtres gasoil que je n’ai pas trouvés ici et une sonde d’alarme de température d’eau qu’il viendra apporter et poser samedi.
Le départ sera possible bientôt !

Le bassin à tortues du centre
Le soir, nous nous promenons dans le centre commercial et nous mangeons dans un fast-food syrien. Mimi peut entretenir une conversation en arabe. Le Syrien est né là car ses parents sont installés depuis 50 ans. Il a épousé une Vénézuélienne. Il dit qu’il n’y a pas de problème pour l’intégration. Sa vie est ici. Mimi est toujours heureuse de pouvoir parler arabe, comme elle ne parle pas l’Espagnol.

Le 05.12.2008
Cesar, le mécanicien ne devant passer que demain, nous allons faire des courses dans les rues principales. Mimi cherche des épices orientales. On nous indique des magasins syriens. Mimi trouve quelques épices, discute avec le patron. Nous allons dans un magasin de fringues. C’est encore un Syrien. Du coup Mimi discute les prix. Elle tenait à me faire acheter des shorts et des polos « beaux », autres que ceux que je mets pour naviguer ou bricoler. Je me laisse faire. Une jeune serveuse très jolie s’occupe de moi. Mimi veut bien des habits mais pas de la serveuse. Les centres d’intérêts divergent parfois…
Nous achetons un poulet rôti et nous rentrons au bateau.
À peine avons-nous fini de déjeuner, que Cesar arrive. Il a une idée pour la sonde d’alarme de température. Il vérifie sur le moteur si ça pourrait aller et il va chercher la pièce. Il repassera demain matin tôt… Je nettoie la gâte moteur avant son retour demain.
Le soir nous discutons avec Mimi d’un prochain départ. Lorsque je lui dis qu’Henri a envoyé un mail disant qu’un de ses amis a eu du mal à rejoindre Grenade avec 34 heures de moteur contre un courant de près de 3 nœuds par endroits, et de la houle, elle a peur du départ. Nous verrons comment faire au mieux pour rejoindre l’arc antillais et remonter d’île en île par petites navigations. J’espère que la houle ne nous gênera pas trop.

Le 06.12.2008
Cesar vient vers 9h30. Il pose la sonde d’alarme de température puis s’occupe de la fuite de gasoil à un injecteur. Il démonte l’injecteur. La fuite vient d’une rondelle spéciale, qu’il n’a pas. Il va devoir en acheter une en cuivre et la modifier. Ce sera lundi….
Après le déjeuner, nous voyons Antonio et Lorna rentrer sur leur lancha avec leurs enfants. Ils reviennent de la pêche. Ils nous disent de venir ave eux. Mimi est gênée de se faire encore inviter. J’y vais seul. Ils sont au fond de la marina avec leur éternel verre de whisky. Ils me font voir leur pêche. Une quarantaine de poissons, de quoi faire un plat pour une famille. Ils sont de deux espèces. Ils m’invitent à venir déjeuner chez eux.Je vais voir Mimi qui trouve une excuse. Je n’y vais pas, mais nous sommes invités pour demain midi, pour manger un gros poisson qu’un pêcheur vient de leur vendre.

Antonio avec le sierraLa famille amieLe vendeur vide le poissonLorna comme si elle l’avait pêché…Belle chair blancheLa famille amieEn route pour la maisonDépart avec les vendeurs dans la caisse pour payement à la maison

C’est un « sierra » de 20 kilos. Il est argenté. Antonio et Lorna le soulèvent et je les prends en photo. Ils sont adorables. Lorna est avec sa plus jeune sœur qui me demande si je peux lui trouver un fiancé en France… En soirée, nous allons nous promener. En chemin, nous rencontrons Paulo et Nicole, bien habillés pour la sortie. Nous allons prendre un pot ensemble dans un café chic qui a une terrasse couverte qui donne sur la marina. Paulo parle de la plaisance-plaisir et nous fait profiter de son expérience, pour que Mimi se sente en sécurité avec du plaisir. Mimi en sort intéressée et un peu ragaillardie. Paulo est très cool et très positif ; il prend toujours son temps, explique bien. Nicole est toujours plus tranchée, binaire comme dit Paulo. Ils sont vraiment très agréables !

Le 07.12.2008
Je vais au marché pendant que Mimi reste au bateau. J’aime me promener au milieu de tous ces étals chargés de fruits, de légumes, avec tant d’odeurs différentes. Il pleut un peu, le ciel est chargé et gris ; il fait chaud néanmoins. Les gens sont en tee-shirt et pantalon comme d’habitude. J’aime voir ces personnes avec des peaux couleur caramel, miel, chocolat. J’aime les femmes qui n’ont pas de complexe, qui portent toujours des habits collants, décolletés, avec beaucoup de couleurs !
Je retrouve le vendeur d’avocat qui nous avait donné des casquettes du partit Chaviste. Grandes embrassades avec tapes dans le dos. Il me demande où est Mimi, de ses nouvelles. J’achète des avocats superbes, près du Kilo chacun pour moins d’un euro. Nous discutons et il m’offre un verre de rhum. Il a toujours sa bouteille sur l’étal. Il est bon ! Je le lui dis et il me montre la bouteille avec tout ce qu’il a mis dedans pour arranger le rhum. Il me montre une partie en me disant « mille pattes ». En effet, je vois un mille pattes vert, au milieu des herbes et écorces. Il me dit que c’est bon pour les hommes en secouant les bras comme s’il avait une partenaire en face dont il s’occupait ardemment ! Nous verrons le résultat, en attendant le rhum est bon ! Par-dessus le marché il me donne une courge me disant que c’est bon cuisiné avec du beurre et du fromage !
Je sais que nous allons bientôt partir et j’ai déjà de la nostalgie pour le Venezuela, qui a beaucoup d’attraits et des gens charmants ! Dommage qu’un petit pourcentage de voyous pourrisse l’atmosphère !

Les beaux avocatsMimiUne courge
La journée se passe tranquillement et en fin d’après-midi Paulo passe à bord et nous discutons longuement de nos vies, de nos façons de voir la vie et de la vivre.
J’ai commencé, depuis quelques jours, un roman volumineux : L’art de la joie de Goliarda Sapienza. L’écrivaine Italienne du 20ème siècle a une très belle écriture, variée, vivante. Le roman raconte la vie d’une jeune fille qui grandit au fond de la Sicile, dans une famille pauvre, qui entre dans une famille noble, le tout sur fond de mutation sociale, de la grande guerre, de la montée du fascisme. C’est passionnant ! J’en suis à la moitié des 820 pages…

Le 08.12.2008
Cesar vient ce matin avec la rondelle qui manquait. L’injecteur ne fuit plus, mais il subsiste une petite fuite au niveau de la culasse ! Le mécano qui a refait le moteur, n’a pas assez resserré la culasse dit Cesar. J’appelle l’atelier qui a refait le moteur ; il fait l’andouille et dit de lui rapporter le moteur à Carupano, puis finit par donner le numéro de téléphone de la personne qui a travaillé. Cesar discute avec lui…
Pendant ce temps, j’ai l’impression de tomber toujours sur des personnes qui font mal leur travail et que tout est perpétuellement à refaire ! Le moral en prend un coup… L’après-midi, je demande conseil à Paulo. Il lit le manuel d’atelier du moteur et me confirme qu’il ne peut y avoir du gasoil qui sort de la culasse. Il me dit de refaire tourner le moteur et de bien voir s’il y a une fuite d’eau, d’huile ou de gasoil.

Le 09.12.2008
De bonne heure, je fais tourner le moteur après avoir bien nettoyé l’endroit de la fuite. Tout reste propre, il n’y a aucune fuite ! C’est bien mieux ainsi !
Nous allons en ville avec Mimi, à la recherche des choses qui coûteront moins cher ici qu’aux Antilles.
Nous rencontrons en ville Paulo et Nicole ; il faut dire que tous les magasins sont dans le même coin.

Le 10.12.2008
Cesar passe ce matin, et non hier comme prévu, pour m’apporter la facture de son travail. Il a discuté avec Francisco qui avait refait mon moteur. La culasse est à resserrer comme le prescrit le constructeur, après chaque remontage de la culasse. Il passera demain.
Nous discutons avec Mimi. Nous partirons bientôt, sans doute lundi ; nous irons peur être d’abord à Tigrillo où sont Charly et Emma ; puis direction de l’arc antillais ! Enfin ! En plus il est temps car j’ai fait notre sortie du Venezuela depuis plus d’un mois ! Il serait temps de le quitter vraiment… Dans la matinée, Louis, notre voisin du chalutier, va faire des vaccinations.Devant la marina, côté barrio, il marche sur le trottoir lorsqu’il est assailli par un jeune de 12 ans avec un couteau qui lui prend son sac et le passe à un autre qui part en vélo. Louis court après le vélo sans le rattraper. Une voiture de police voit la chose, poursuit le vélo. Mais celui-ci réussit à se perdre dans la circulation, Elle emmène Louis au commissariat pour dépôt de plainte.
Dans l’après-midi, Louis va dans le barrio avec un copain français établi ici. Un jeune lui dit « Tu t’est fait dévaliser et tu reviens ? » Louis propose 50 bolivars contre son passeport rapporté à la marina avant 20h. Il ne voit personne le lui rapporter avant l’heure dite… Épisode de la vie au Venezuela…

Le 11.12.2008
Nous sommes réveillés par le téléphone qui sonne. C’est Charly et Emma qui annoncent leur retour à la marina dans deux heures. Il est 7h. Bon alors, c’est l’occasion de se lever avant que Cesar n’arrive. En effet il arrive à 8h. Il ressert la culasse qui en avait besoin. Il règle les culbuteurs. Nous mettons en route le moteur. Il tourne mieux ainsi et monte instantanément en tours si besoin. Parfait. Nous n’avons jamais été aussi prêts pour le départ.
J’appelle au téléphone Olivier. Il est à Medregal, il prépare son bateau après trois mois d’absence. Après nous nous retrouverons dans les îles. Nous nous joindrons par mail. Je serai heureux de les retrouver !
Charly qui est revenu nous dit qu’il a pris des photos de Tigrillo, des pêcheurs qui font de bonnes pêches. Mimi est heureuse de retrouver sa copine Emma. Je vais au cyber. Je trouve un mail d’un ami pour lequel je me faisais du souci car il ne répondait plus à mes mails ni à mes appels téléphoniques depuis des mois.J’avais même demandé à une amie de Mimi, vivant en Normandie d’aller voir à la dernière adresse de mon ami, pour savoir ce qui lui était arrivé. Mon ami, Michel est donc vivant… Mais bien mal-en-point après une séparation d’avec son épouse, la perte de leur commerce commun et une dépression. Je suis heureux de le savoir vivant et malheureux de le savoir dans cette panade. Je ne peux aller le voir. Mais j’irai lors de notre passage en France en mars ! Accroches-toi Michel, remontes la pente !
En soirée nous passons à bord du bateau de Charly et Emma. Nous discutons en prenant un verre. Charly voudrait nous entraîner à Tigrillo. Nos papiers n’étant plus en règle, je n’ai pas envie. Nous verrons… Et puis Noël approche et je voudrais être dans les îles antillaises, à la Martinique peut-être.
Zuly vient nous rejoindre. Elle vient d’acheter une maison que le gouvernement donne gratuitement à ceux qui sont dans les barrios. Ils occupent un moment la maison, puis la vendent pour empocher l’argent et retourner dans leur barrio. Leur frère, cousin, père demande aussi une maison gratuite. Il faut s’inscrire et attendre. Après certains en font un commerce, une rente… Zuly, qui est veuve, qui vit sur un bateau qu’elle vient de vendre, aurait droit à une maison ; mais elle ne s’est pas inscrite. Alors elle paye 30.000 bolivars à quelqu’un qui lui revend…
Elle est timide, ne dérange personne. Elle avait été sur son bateau, jeter l’ancre dans le golfe de Cariaco, devant la maison d’une amie. Son amie, lui donnait ainsi l’eau et l’électricité et elle ne payait plus la marina, trop chère pour ses maigres économies. Tout allait bien, jusqu’au jour où un homme est monté de nuit à bord de son bateau pour la violer. Zuly s’est défendue si bien qu’elle a perdu ses dents de devant en pure perte, car l’homme était le plus fort et il a abusé d’elle ! Scène de la vie Vénézuélienne. Entendant ça, Mimi est prise d’une envie de quitter le Venezuela vite. Je la comprends.

Le 12.12.2008
Nous allons en ville avec Emma. Mimi cherche des affaires souvenir pour ses petits-enfants.

Panneau de l’arrêt de bus devant la marinaMimi et EmmaHa! les fruits de la passion!Départ de Loïc sur son Amel


J’ouvre bien les yeux pour avoir les derniers souvenirs du pays. Dans la rue principal, la Bermudes, il y a des stands du parti du président, avec le slogan que Chavez restera ! Ils soutiennent le président qui veut changer la constitution pour avoir le droit d’être de nouveau candidat à la présidence.Des voitures passent avec des inscriptions sur les vitres au blanc d’Espagne : « Chavez reste ! ». Les élections viennent de se dérouler, que le président repart en campagne ! Les gens parlent, pour ou contre ; les discussions sont animées. Certains ont peur de la dictature et de la guerre civile, d’autres veulent le socialisme « Socialisme ou la mort, nous vaincrons »…
En fin de matinée, notre voisin arrivé il y a quelques jours, Loïc, largue les amarres pour aller à Laguna Grande. Il y séjournera, seul, pendant une semaine. Nous irons sans doute le rejoindre lundi pour essayer le bateau avant de prendre vraiment la mer. Loïc est un homme charmant, ancien équipier de Tabarly, ayant fait deux tours du monde avec femme et enfants. Il y a trois ans, son épouse a choisi la terre et les petits-enfants. Loïc ne se voyait pas vieillir entre quatre murs. Il a continué seul en déprimant pendant deux ans. Maintenant, ça va mieux, mais il parle toujours de sa femme qu’il aime, qui est loin et qu’il ne voit plus que de temps en temps…

Le 13.12.2006
Nous faisons un tour au marché. C’est samedi, il y a plus de monde qu’en semaine. Il fait particulièrement chaud.
À l’arrêt du bus, une vendeuse d’empanadas, arrive à peine à fabriquer ses empanadas qu’une commère vend aussi tôt. Le vendeur de jus d’orange d’à côté, travaille bien aussi. Les gens aiment bien manger à toute heure dans la rue.

La vendeuse d’empanadasLe coup de main pour les empanadasLes légumes pour la soupeLe marché municipal


Les gens sont habillés de toutes les couleurs. Les étals regorgent de produits colorés. Sur un étal de banane, un bébé dort à même un carton. Mimi prend une photo. Une copine de la jeune mère prend la fillette, l’assoit sur le carton, met à côté d’elle sa sœur et met des bananes sur chacune. Nouvelle photo. Mimi la fait voir. Les femmes s’esclaffent, rient de bon cœur.

Des poissons de toutes les couleursLe coin des bananesLa fillette dort sur un carton sur l’étalla pose pour la photo


Un tour au marché aux poissons. Il y a toutes sortes de poissons, gros, petits, colorés. Ils sont frais et si bons ! Le marché aux bananes est très étendu, avec des tonnes de bananes de diverses espèces, à cuire ou à manger en fruit.

Vendeur de CD avec meuble baffles à roulettesLe copain vendeur d’avocats!


Nous passons chez notre copain vendeur d’avocats. Mimi lui demande de lui préparer un rhum arrangé avec gingembre et mille pattes pour le mari d’une de ses filles. Pas de problème ! D’abord il lui fait goûter, puis il lui dit qu’il lui apportera demain matin au marché.
Charly vient nous voir car il veut savoir si nous irons ensemble à Tigrillo. Nous lui disons que nous irons lundi à Laguna Grande puis que de là nous irons dans l’arc antillais avec un vent prévu nord qui nous permettrai d’avancer à la voile vent de travers. Il est déçu, il aurait aimé notre compagnie… Mais il faut bien partir un jour, sinon nous ne verrons jamais les Antilles !                                                                                                      Nous passons la soirée à bord du bateau de Zuly. Mimi a préparé une tarte au citron. Emma des falafels avec une recette de Mimi et Zuly des pizzas. Autant dire qu’après un Cuba libre, nous avons eu de quoi dîner ! Charly et Mimi n’arrêtaient pas de se chamailler à leur habitude. Zuly était un peu perdue entre quatre français qui parfois ne parlaient que français. Elle est très douce et gentille. Elle a adopté une jeune chienne qui avait été abandonnée dans la marina. C’est un croisement de lévrier avec je ne sais quelle espèce. Elle me faisait penser au couple de whippets que j’avais eu. La chienne était aussi craintive, puis aussi douce une fois connaissance faite. Elle venait se coucher en rond près de l’une des personnes, en posant délicatement sa tête sur la cuisse de la personne et en la regardant parfois très attentivement lorsqu’elle parlait, comme si elle comprenait. Que de bons souvenirs avec nos chiens ! J’étais sous le charme !
Charly nous a montré des photos de Tigrillo, où il espérait nous entraîner. Il est vrai que l’endroit est très beau, avec juste un abris pour les pêcheurs qui passent là 9 mois par an, à travailler entre hommes, avec une cuisinière. L’eau est si limpide qu’on voit les fonds par 10 mètres. Mais Noël approche et nous allons remonter dans les Antilles !

Le 14.12.2008
Je vais au marché pendant que Mimi fait des confitures de fruits de la passion. Je vois le copain marchand d’avocats, Alexis. Il nous a préparé une bouteille de rhum arrangé et un sachet d’herbes et de racines pour une autre bouteille ! Super ! Je le remercie vivement. Nous échangeons nos coordonnées.                                                                                                                  Il me demande de lui téléphoner pour la nouvelle année !
Lorsque je rentre, Mimi est encore dans ses confitures. Je les goûte : succulent et très joli, d’un jaune doré avec des pépins craquants bien noirs !
Nous passons du temps à ranger peu à peu, à trouver une place pour les affaires qui traînent et qui pourraient bouger en mer. Je vérifie différents points du bateau.
Nous partirons demain vers 10h pour Laguna Grande à une dizaine de miles. Nous y resterons la journée et la nuit et nous partirons tôt le lendemain en direction des Testigos et après de Grenade. Le vent prévu est Nord de 15 nœuds qui devrait nous faire avancer au près pendant deux fois 24 heures. Peut-être plus si le vent est plus faible que prévu. Nous redonnerons signe de vie sur le site sûrement pas avant une semaine, lorsque nous aurons trouvé une cyber dans un nouveau lieu…