Rochefort, Vente du voilier

Posted on septembre 27th, 2009 by Christian

Rochefort,

Position : 45 56 636N 0 57 280W

Le bateau est au sec, (Celui de Jean Michel aussi) il n’y a plus qu’à… Seulement voilà, cette fois ci les travaux qu’il y a à faire, ce n’est plus pour partir, ou repartir, c’est pour vendre le bateau. Ce n’est pas pareil ! Le courage me manque. Je ne sais par quoi commencer…
Petit Scarabée 2 de Jean Michel sort de l’eauVers la terre ferme
Je commence par enlever les voiles. Pour affaler génois et trinquette, je dois dévisser les ridoirs des enrouleurs pour amener ceux ci le long du mât. Puis je monte au mât, assuré par Jean Michel. Je peux alors revisser les vis qui maintiennent les tronçons du profil sur le quel est endraillé les voiles. En navigation hauturière, les vibrations répétées durant des semaines, finissent par avoir raison de la colle qui maintient les vis serrées. Lorsqu’elles sont desserrées elles empêchent d’affaler la voile. Du haut en bas je revisse chaque visse. Puis nous affalons les voiles. L’entreprise qui nous a sorti de l’eau vient nous avertir que c’est interdit de monter au mât à sec pour raison de sécurité. C’est bon, j’ai déjà affalé les deux voiles d’avant…
Plus tard j’affale aussi grand voile et artimon. Je les plie et les mets en sac pour les ranger dans le bateau. Le bateau ainsi désarmé paraît nu, impropre à la navigation. C’est l’arrêt, le point final…
Une première brooker vient voir le bateau. Elle m’explique que la conjoncture n’est pas bonne et qu’il ne faut pas que je sois trop gourmand. Elle estime un prix par rapport au marché qui m’abat tellement il est bas ! Je vais réfléchir.
Pour améliorer le look il faut que je fasse de la peinture, et que je supprime les traces de rouille. Il faut raviver les vernis, nettoyer… J’ai de quoi faire.
Je commence par poncer l’antifooling qui est parti à certains endroits. J’égalise à la ponceuse orbitale. C’est lourd et on travaille dans des positions pour le moins inconfortables…
Après je passe une couche d’apprêt de façon à protéger la coque et à la préparer aux couches d’antifooling que mettra l’acheteur avant la mise à l’eau. Le résultat ne me satisfaisant pas, j’en passe une seconde. Le bateau a meilleure allure !
Puis je nettoie les œuvres mortes de la coque. Je nettoie les traces de rouille à l’acide oxalique qui les fait disparaître en quelques minutes ! L’acétone enlève bien des traces de graisse, de défenses, de pontons. Quelques retouches de peinture et l’aspect est bien différent !
Je dégrise les bois du cockpit à l’acide oxalique aussi, puis un coup de vernis qui résistera aux attaques de l’hiver.
A l’intérieur, je nettoie les fonds, je tente d’enlever l’odeur de gasoil qui s’est imprégnée lors des fuites de gasoil. Maintenant ça sent la pomme, mais pour combien de temps ? Je refais des vernis dans le carré et la cuisine.
Il me reste des bricolages électriques. D’ailleurs pendant que je suis dans le carré, à un moment je sens le chaud, l’odeur du court circuit électrique. Je cherche d’où ça vient. J’ouvre la trappe des batteries. Une fumée sort d’un fil qui va du régulateur de tension des panneaux solaires à la résistance qui dissipe l’excédent d’intensité. Le fil rougit et fond sous mes yeux ! Le voltmètre grimpe aussitôt à 15,5 volts ! C’est ce qui a du endommager mes instruments de navigation la fois précédente. Je refais une connexion correcte et l’intensité redevient adéquate. Je décide de couvrir les panneaux solaires, pour éviter que ça ne se reproduise lorsque je serai absent ! Pourtant le régulateur est prévu pour un ampérage supérieur à celui que débitent les panneaux et il est livré avec ses fils…. Le monde du bateau est toujours imprévisible !
Pendant ce temps, Mimi, m’attends à Paris…
La poudrerie de RochefrortL’Hermione a bien avancé depuis ma dernière visite!p1020292.jpgPrès de l’Hermione

Depuis le départ du Venezuela, j’ai eu le temps de lire bon nombre de bouquins, dont certains pavés, et dont la plupart sont super. Je vous donne une liste avec mes appréciations, puisque je sais que vous être un certain nombre à lire quelques livres dont je parle.
- Louis René Des Forêts : Les mendiants. Le Bavard.
o Les mendiants : une histoire avec une bande de jeunes copains. Un pari littéraire puisque tout est écrit à la première personne, chaque chapitre étant l’histoire vécue par un personnage différent. Pourtant le style ne change pas en fonction du personnage… Les analyses psychologiques sont fines mais le livre ne m’a pas emballé.
o Le bavard : j’avais entendu une critique du livre sur une radio dont le présentateur parlait de son livre de chevet. En fait c’est encore un exercice littéraire, un jeu de la vérité qui ne m’a pas convaincu, pas plus que le livre précédent, malgré son joli style à l’ancienne.

- Chaïm Potok : L’histoire du peuple juif. Plus de 600 pages passionnantes qui brossent 4 millénaires d’histoire juive parmi d’autres peuples en Palestine, en Egypte, en Babylonie, en Europe et en Amérique. C’est le fruit de gigantesques recherches. C’est parfois un peu trop érudit, mais toujours intéressant et ça aide à comprendre l’imbroglio israélien et palestinien sans faire entrevoir de solution. C’est de l’histoire, aux politiques et aux peuples à trouver des solutions…

- Bernard Klin et Dominique Duard : Le bateau Igloo. Rencontré à Flores, où il faisait escale, Bernard Klin a hiverné trois années dans le grand nord canadien puis au Groenland. Il raconte ses navigations avec des vents très forts, des courants diaboliques et des glaces omniprésentes qui risquent de faire couler le bateau et le faire disparaître lui et sa compagne ainsi que leurs chats. Trois années de vie dans les éléments très durs, très contraignants, avec leurs contacts avec les Inuits qui les observent goguenards au début puis les acceptent lorsqu’ils ont fait preuve d’adaptation à cette vie si particulière dans le froid permanent avec la pêche et la chasse pour manger… C’est beau. Un peut long parfois. J’avais envie de partir avec lui pour le prochain hivernage, car il cherchait un équipier après la mort de sa compagne…

- Michel Butor : La modification : Un classique du nouveau roman que je n’avais pas encore lu. En exercice de style passionnant, une analyse psychologique fine, un style très classique et précis. Beau livre.

- Andreï Makine : La femme qui attendait : Très beau roman d’amour écrit avec un style alerte et précis. L’histoire se passe dans la Sibérie, après la pérestroïka, dans des villages oubliés du monde et du pouvoir. Une vie au contact des éléments et des autres habitants qui survivent. La nature sibérienne imprègne superbement tout le livre.

- Charles Najman : Haïti, Dieu seul me voit : Un livre épais d’un amoureux d’Haïti et du vaudou, qui est un reportage sur les Haïtiens, leur vie difficile, leurs croyances et leur histoire qui irrigue toute la vie présente. C’est très bien documenté, passionnant bien qu’un peu long sur les détails du vaudou et sa mise en valeur.

- Olivier de Kersauson :Océan’s songs: Un grand monsieur de la voile et un bien petit livre qui dit bien peu de choses, bien mal écrit, mais vendu à beaucoup d’exemplaires à cause de la notoriété de l’auteur. Heureusement que je ne l’ai pas acheté et qu’on me l’a donné !

- Albert Jacquart : Le compte à rebours a-t-il commencé ?: Le sujet, la finitude de notre terre, de ses ressources et la meilleure gestion possible, est passionnant. Le livre aborde quelques aspects de ces questions, mais laisse sur notre faim. Pourtant l’auteur est un grand Monsieur, que j’adore entendre sur les médias…

- Théodore Canot : Aventure d’un négrier : Autobiographie d’un trafiquant d’esclaves, d’or et de tout ce qui rapporte au 19ième siècle. C’est hallucinant de franchise sur la traite, sur l’esclavage en Afrique et dans le reste du monde. C’est riche en détails. Le livre restitue bien les mentalités de l’époque, partagées entre les idées des Lumières et une économie florissante…

- Sham Sa : Impératrice : Très beau livre sur la Chine et sur une impératrice qui a régné au 9ème siècle. Le livre permet de mieux comprendre la richesse de la civilisation chinoise, aussi son formalisme et l’espace entre le formalisme et la liberté de chacun autour du pouvoir, de la vie dans la cité interdite. Quelle documentation nécessaire pour faire revivre cette époque ! C’est superbe, cruel, très psychologique au milieu d’une Chine qui se protège des invasions et de la dissidence de certaines provinces.

- François Cheng : Le dit de Tian-Yi : Nous voilà dans la Chine du 20ème siècle, avec l’histoire d’un intellectuel qui traverse ce siècle agité. Quelle description de la chine des campagnes, des provinces avec leurs us et coutumes ! Une superbe écriture qui rend présent a terre chinoise dont dépend la vie de chacun. Et puis les camps de rééducation communistes ! On comprend mieux la pensée chinoise, cette autre conception d’un temps circulaire et non linéaire comme en occident. C’est passionnant.
- V. S. Naipaul : Jusqu’au bout de la foi : Un livre documentaire sur la foi musulmane dans la vie de chaque jour et dans la politique dans quatre pays non arabe : Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie. Au début j’ai failli abandonner. Le style est journalistique. Le documentaire avance lentement. Et puis, étant allé en Indonésie, ça me rappelait des souvenirs, ça m’apprenait des faits historiques, je retrouvais des mentalités, des traditions. Le livre est intéressant pour mieux comprendre que dans ces régions l’islam est imposé par des conquêtes, au même titre que d’autres religions, qu’il est traversé par des courants qui mêlent religion et politique dans une ambiance de retour vers une société mythique des débuts de l’islam es Arabie… Ce n’est pas optimiste pour la paie civile et pour la paix internationale…

- Bharati Mukherjee : Jasmine : Un très beau roman d’une indienne (d’Inde) installée aux USA. C’est l’histoire d’une fille indienne, de sa vie en inde puis en Amérique, au prix d’une formidable adaptation, de compromis incessants entre tradition et modernité, entre vie de clan et vie privée. C’est superbe.

- Henri Michaux : Plume et Lointain intérieur : A ne pas lire en période de déprime ! L’auteur décrit ses hallucinations, ses fantasmes, ses angoisses en période de dépression. C’est parfois beau, souvent étrange, toujours dur !

- Curt Levian : Journal d’une femme adultère : Un pavé de plus de 1000 pages, un roman à la psychologie fine mais bavard, avec un humour pas toujours de bon niveau.
Je n’ai pas fini la lecture. Pas mal, sans plus. C’est un livre qui fatigue le poignet… par son poids.
Voilà, si ça vous dit, vous avez le choix, de l’antiquité à nos jours, d’un continent à l‘autre, d’une culture à une autre.
Ah ! Quelle chance de pouvoir lire ce que l’on veut ! Je repense souvent à ma mère qui avait projeté de lire lorsqu’elle n’aurait plus à s’occuper de ses enfants, de ses petits-enfants et qui a perdu a vue avant d’avoir lu ce qu’elle avait projeté de lire !

Les Sables d’Olonne - Rochefort

Posted on septembre 10th, 2009 by Christian

Les Sables – Rochefort

Arrivé depuis Flores aux Açores, le 30 juillet 2009 aux Sables d’Olonne, je prends les contacts nécessaires pour faire réviser les deux voiles qui ont souffert et les instruments de bord qui ne fonctionnent plus.
Les voiles sont révisées en une semaine. Pour les instruments, il me faut attendre deux semaines la visite de l’entreprise qui pense qu’il y a eu surtension et qu’il faut réviser les moniteurs. Mais comme je ne veux pas m’éterniser aux Sables, je le ferai faire à Rochefort.
Port des SablesLes Sablesp1020023.jpgUne fortune de mer!
Mimi arrive le 18 août. Quelle joie de se retrouver enfin. Notre séparation a été longue.
Quelques jours pour être ensemble au calme sur le bateau et dans la ville, puis nous pensons à mettre le cap sur Rochefort. Nous partons le 25.
Dès le matin nous préparons le bateau pour une navigation tranquille car la météo prévoit un temps calme avec du vent d’est. A 10h j’essaie le moteur qui démarre tout de suite. Je remonte du gasoil dans le réservoir journalier avec la pompe que j’ai réparée. Elle fonctionne dix secondes et le rouet lâche ! Alors que j’avais changé le tuyau de mise à l’air libre du réservoir et qu’il n’est donc plus bouché !!! C’est décourageant.
sables-dolonne-038.jpgMimi fait une rencontre aux SablesMur d’un quartier couvert de fresques en coquillagessables-dolonne-058.jpgsables-dolonne-065.jpgsables-dolonne-102.jpgsables-dolonne-104.jpgsables-dolonne-106.jpgsables-dolonne-107.jpg
Nous larguons les amarres à 10h. Nous faisons le plein du réservoir journalier à la pompe, puis c’est le départ. Nous traversons le port, puis embouquons le long chenal de sortie. Quelle émotion de revoir le clocher de l’église qui indique l’heure, la vielle tour fortifiée, la jetée, tout ce que nous avons vu en partant d’ici pour faire le tour de l’atlantique !
Nous voyons Les Sables diminuer à l’horizon, puis nous voyons l’île de Ré approcher. Nous la longeons par le sud. Mais le vent prévu d’est est en plein de face. Si bien que nous devons avancer au moteur.
Les Sables au loinp1020042.jpgp1020046.jpgp1020053.jpgles amoureuxUn pêcheur tout prèsUn voilier de passageUn cargo non loin
Voilà l’île d’Oléron qui apparaît dans le soir. Entre Ré et Oléron il y a un chenal profond d’une trentaine de mètre, ailleurs la profondeur est faible. Nous naviguons en approchant d’Oléron par moins de dix mètres de fond. J’ai repéré sur la carte une baie au nord ouest d’Oléron. Je compte jeter l’ancre là. Nous approchons prudemment car le sondeur fonctionne de façon aléatoire. Nous jetons l’ancre par 7 mètres de fond, avec une mer presque plate. Le bateau bouge peu, c’est confortable. L’ancre tient bien. Nous dînons et au lit.
Le 26 août au matin, le jour nous fait découvrir que nous sommes au large d’un port qui ne doit être accessible qu’à marée haute.
Nous levons l’ancre vers 9h30. Le vent est faible et on s’aide au moteur. Le paysage est superbe. L’eau peu profonde est verte. Nous longeons Oléron et au loin nous apercevons fort Boyard.
Le capitaineMon équipière fréféréeFort Boyardla bullep1020090.jpg
Il est impressionnant ce vieux fort entouré d’eau. Une eau peu profonde, mais quand même. Quel lieu de détention ! Maintenant des bateaux remplis de touristes tournent autour du fort. Nous passons près et nous allons vers l’embouchure de la Charente. Mais il est trop tôt, la marée baisse encore. Nous jetons l’ancre par 7m pour attendre le début de la marée montante. Mimi se fait bronzer sur la plage avant comme souvent les sirènes… Je profite aussi du soleil en pleine mer verte et calme.
A 15h20 nous relevons l’ancre, direction de la Charente. A bâbord il y a l’île d’Aix avec ses fortifications. Quelques voiliers sont à l’ancre devant le village. A tribord il y a l’île Madame, toute petite qui est reliée au continent à marée basse. Elle est bordée de pieux, de bouchots.
Nous passons près et nous voilà au début de la Charente. Je prends des photos et Mimi me dit que nous ne bougeons plus. En effet nous sommes plantés dans la vase. Un coup de moteur en avant, en arrière, mais rien ne bouge…
Je déroule la trinquette. Le bateau pivote lentement vers le milieu de la rivière puis il avance.
Les voiliers qui nus montrent le cheminL’île d’AixMimi prend la barrep1020122.jpg
Pendant ce temps trois voiliers sont passés devant. Eux ont surement des sondeurs qui fonctionnent car ils zigzaguent par moment. Je suis en suivant les directions qu’ils m’indiquent. Lorsque le sondeur fonctionne il indique parfois 10 centimètres seulement sous la quille ! A un moment l’un des voiliers se plante et nous le dépassons.
Le long de la Charente, il y a des zones de mouillage très étendues avec des centaines de bateaux sur des bouées. Nous passons entre. Le paysage est très plat de chaque côté : des roseaux, des champs, des près. Un paysage monotone…
Nous arrivons près de Rochefort et deux ponts se profilent, celui de l’autoroute, puis le pont transbordeur. Ni l’un ni l’autre n’indiquent la hauteur limite pour le passage. Je suis déjà passé en quittant Rochefort en 2005, donc je sais que ça passe. Mais une indication serait la bien venue pour les navigateurs !
p1020125.jpgp1020127.jpgp1020131.jpgOn n’est pas seul dans la Charente
La marée nous pousse à plus de 4 nœuds. Nous voilà devant le ponton d’accueil devant la corderie royale. Il est libre pour s’y amarrer. Je le dépasse pour voir l’entrée vers l’écluse et le ponton d’attente. Il y a de la place. Je fais demi tour. Me retrouvant face au courant, je n’avance plus ou presque. Je remonte le courant et je tourne pour entrer dans le chenal d’entrée. Un tourbillon repousse le bateau. Je refais un tour, puis un autre et le tourbillon repousse le bateau à chaque fois. Alors je vais vers le ponton de la corderie. Je m’approche. Mimi saute sur le ponton et passe l’amarre dans l’anneau. Bravo ! Elle est une bonne équipière lorsque le voyage est fini. Nous devrions repartir ! Il est 16h30.
RochefortMimi à la médiathèque de la Corderie Royale
Les voiliers suivants, arrivent. Je les aide pour les amarrages. Nous sommes en avance, il faut attendre l’ouverture de l’écluse. Un employé du port vient voir les bateaux et nous attribuent une place dans le port. Puis l’écluse s’ouvre ; des bateaux sortent puis nous rentrons. Nous amarrons Diam Rek à couple d’un autre bateau. Il est 21h20.
Nous voilà à Rochefort, au bout du voyage avec Diam Rek.
Je suis heureux d’être arrivé, puisqu’il faut poser le bateau. Mimi est plus nostalgique que moi. Lorsque j’ai pris une décision, je l’ai prise et je passe à autre chose.
p1020144.jpgSur les pelouses de la Corderiep1020162.jpgp1020164.jpg
Je suis heureux de retrouver Rochefort, son bassin entouré de bâtiments du 18ème siècle. Rochefort est un pôle important de bateaux de voyage avec des gens qui préparent leur bateau avant le départ ou qui font escale plus ou moins longue entre deux voyages. Certains rentrent pour revendre leur bateau. Aussi un acheteur qui vient à Rochefort aura plusieurs bateaux à visiter.
J’y retrouve un navigateur rencontré à Flores. Aux Açores il hésitait encore entre Rochefort et Port Saint Louis du Rhône. Finalement il est là avec son bateau en aluminium qu’il vend après 6 ans de navigation.
Avec Mimi nous restons sur Diam Rek à flot quelques jours. Puis Mimi rentre à Paris d’urgence pour raisons familiales. Je fais mettre le bateau au port à sec où on stocke les bateaux pour l’hivernage. Les conditions de vie sont moins pratiques car il y a l’électricité mais pas l’eau et les sanitaires sont un peu loin… Mais je peux travailler sur le bateau en vue de lui redonner un air avenant pour mieux le vendre. Je vais le repeindre, entretenir les vernis intérieurs, réparer les quelques bricoles qui ne fonctionnent pas… J’ai de quoi m’occuper pour un moment.
p1020173.jpgLa sortie de l’eauAttention!p1020184.jpgLa gruep1020190.jpgEn route pour le port à secp1020201.jpgLa coque après le passage du KarcherQue c’est beau!p1020209.jpgp1020212.jpgp1020214.jpgLa coquep1020220.jpgp1020222.jpgDans le port à secLa charentep1020229.jpg
Le port à sec est situé le long de la Charente. De là on voit les berges limoneuses de la rivière. Non loin il y a la Corderie Royale qui est un très beau bâtiment du 18ème.
p1020234.jpg
Quelques jours après ma mise à sec, Jean Michel qui est arrivé avec son bateau à La Rochelle, vient me voir. Je le raccompagne à La Rochelle et je vois enfin son bateau, un Sun Charm qui porte le nom de Petit Scarabée 2. Ça me fait plaisir de voir enfin son bateau qui est un bon bateau.
p1020239.jpgp1020241.jpgp1020245.jpgp1020250.jpgp1020252.jpgPetit Scarabée 2
Puis Jean Michel amène son bateau à Rochefort pour l’hivernage. Nous pouvons être ensemble souvent et s’aider pour ce qui est plus facile à faire à deux.

Intermède européen

Posted on avril 29th, 2009 by Christian

Du 12.03.2009 au 30.04.2009

C’était prévu, je rentre en France voir famille, amis et les inévitables papiers administratifs. Je n’ai pas hâte de retrouver le froid français.
A mon arrivée, il fait gris et très frais. Mimi et les enfants sont là. Quel plaisir de les voir, de les toucher ! Dans la voiture, vers la maison, je reconnais le paysage. Je remarque les constructions nouvelles et surtout les voitures, des modèles nouveaux que je ne connais pas, que je n’avais pas vu en Amérique du Sud.
Depuis le départ, j’ai mal aux pieds qui ne sont plus habitués à des chaussures couvertes. Les claquettes sont remplacées par des chaussures européennes de gens coincés. Il va me falloir du temps pour m’habituer…
Les enfants vont bien. Ils travaillent sur la préparation de leur site marchand d’habits et de bijoux gothique et rock. Le site devrait débuter courant mai, avec beaucoup de clients, j’espère, malgré la crise.
La maison est occupée par les enfants, colonisée même depuis un an et demi. Je ne me sens plus bien chez moi, Mimi encore moins.
Alors pendant le séjour, nous alternerons un peu chez moi, un peu chez Mimi lorsque sa fille qui vit avec elle sera chez son fiancé. Des nomades, en somme, voilà ce que nous sommes. Alors que sur le bateau, nous étions chez nous tranquilles dans notre intimité de couple.
Je veux voir une longue liste d’amis, Mimi veut voir les siens. Beaucoup ne sont pas libres ou ont leur propre temporalité, avec travail, enfants, problèmes quotidiens. Et puis il y a les vacances de Pâques, avec décalage selon les régions… Bref nous ne verrons pas tant d’amis que ça, pas tant que nous l’aurions voulu. En plus les déplacements sont chers en France pour aller d’une région à l’autre…
Je passe aussi beaucoup de temps à rechercher dans les magasins et sur internet les pièces de rechange pour le bateau. Je cherche un nouvel AIS du même modèle que celui qui a cramé. Sur le net je le trouve de 645€ au double selon les sites et le pays de provenance. Mais certains site ne vendent que dans leur pays ! Il y a des progrès à faire ! Les livreurs apportent les paquets. Tout va bien, j’ai ce qu’il me faut.
Les quais de PragueImmeuble pragoisVieux tramway pragoisLa VtlavaStatues du pont Saint CharlesPont Saint charles
Nous allons à Prague, voir une amie Irakienne de Mimi, qui nous accueille avec toute la chaleur orientale. Prague est une très belle ville, très riche en architecture variée particulièrement en art nouveau. Les immeubles en pierre de taille sont peints de couleurs pastel, avec des décorations de mosaïque, des fresques, des ferronneries superbes.
Ruleeàl’oiseauRuelle à l’oiseaupetite placePoteaux décoratifsBelle façadeVue des hauteurs de PragueUne église dans un parcBelle rueUn thé bien chaudUne belle place
C’est un enchantement de se promener le nez en l’air, à regarder les immeubles. Sur le pont le plus ancien de la ville, le pont Charles, un pickpocket tente de me voler mon portefeuille. Je retiens l’objet alors qu’une main l’enlèvent de ma poche de veste. Le voleur fait semblant de prendre des photos ! Il s’excuse comme s’il m’avait simplement bousculé ! Je cherche un agent de police en vain…
une pénichette manoeuvreUne place de PragueLe métroVitrine de marionnettesLa grande horloge aux automatesUn fiacreMairieSouvenir…RuelleAutre ruelleLa Présidence EuropéenneGigots de cochon cuisant dans la rueGrand place en fêteFaçade de théatreLa vtlavaPic nic par un soleil printanierMimi sur les hauteursLa vieille synagogueMusicien de rueQui?Hilary à Radio LibertyRadio Liberty propagandeLes rives de la VtlavaVoilier sur la VtlavaBitted’Bitte d’amarrageDiscussion sur les quais
Nous sommes si bien à Prague que nous ratons le jour du retour et donc notre avion ! Ce jour là, nous étions parti en excursion dans une ville thermale, Carlovy Vary, lorsque les enfants qui nous attendaient à l’aéroport nous appellent pour nous demander où nous sommes : Dans le car, au lieu d’être à l’aéroport !!!
Karlovy VaryKarlovy VaryMimi goûte les eaux thermalesDes thermesSource thermale chaudeKarlovy VaryLe funiculaireKarlovy VaryEglise hortodoxeRue de PragueLa VtlavaPragueMimi au printempsLa vtlavaLa Vtlava le soirMimiHabits traditionnelsGerbe au monument aux mortsLa garde nationalePort de plaisance de PragueDouceur du soir
Il nous faut trouver un nouveau vol pas trop cher. Ça prend plusieurs jours car pour payer par carte bleue sur les site internet de l’étranger, on me demande une garantie par l’intermédiaire de FiaNet, qui est un peu longue à obtenir…
Nous quittons Prague à regret. Notre amie est triste de nous voir partir.
Printemps à la maisonPrintemps à BloisExpo à Paris
De retour en France, nous allons en Normandie. D’abord chez une amie de Mimi qui nous reçoit comme des rois avec tous les bons produits locaux de la mer ! Nous passons aussi voir un ami à moi dans la peine après que son couple ait volé en éclats et le commerce aussi avec un monceau de dettes… Il y a de bien durs moments dans la vie de certains !
Retour à Paris. Le départ approche. Nous discutons avec Mimi de la suite à donner à notre voyage. Continuer ou rentrer. Mimi qui voulait vendre le bateau, commence à regretter. Moi qui voulais continuer, j’hésite entre le plaisir de continuer à naviguer dans les mers chaudes avec des amis qui y restent, et un retour vers l’Europe pour mieux vendre le bateau et mettre fin à aux charges financières (maison, appartement de Mimi, bateau et réparations…) sans compter la fonte de mes économies avec la crise…
Pour le retour Mimi veut que je prenne un équipier ou veut venir. Moi, je ne veux pas d’elle à bord car elle a eu peur avec 2,5 mètres de houle, alors que dans le nord de l’Atlantique la houle peut être bien plus forte. Que ferais-je d’elle en cas de panique ? Elle ne serait plus une aide mais un handicap. Alors je cherche un équipier sur STW. Quelques personnes ont déposé des demandes pour une transat. Je leur envoie un mail. Un homme d’une cinquantaine d’année, me répond. Puis au téléphone je ne le sens pas bien partant. Ce qu’il me confirme par mail. Une jeune femme de 28 ans serait dispo. Mimi dis que dans ce cas elle vient ! Finalement la jeune femme, n’est pas dispo…
A deux jours du départ, pas d’équipier… Nous allons déjeuner dans le café restaurant d’un frère de Mimi. Nous lui parlons du retour, de la recherche d’équipier. Il nous dit qu’il y a là un ami qui ne fait que ça ! Il l’appelle, nous discutons. Teddy est prêt à prendre l’avion pour Cumaná et à traverser avec moi. Il a déjà traversé une fois dans le sens Europe Antilles et 4 fois dans l’autre sens soit comme équipier, soit comme convoyeur. Il est jeune, la trentaine, il est sympa, on se voit avant le départ. Quoi de mieux ! C’est d’accord, par le plus pur des hasards.
Le départ est pour demain. Je n’ai pas vu le quart des mais que je voulais voir ! Le temps, nous a manqué, je me suis mal organisé aussi surement… J’ai le regret de ne pas avoir vu plus d’amis et de famille, ce sera pour la prochaine fois.
Je suis un peu rassuré sur les enfants qui ouvrent enfin leur site marchand. Pourvu qu’ils réussissent et qu’ils gagnent les moyens de leur indépendance !
J’ai réglé les questions administratives, j’ai fait me déclaration de revenus…
Partir est toujours douloureux. Pour moi, pour Mimi, c’est le cas. Nous prévoyons un retour en bateau avec départ vers le 15 mai vers la Guadeloupe, puis on obliquera vers le nord est, vers les Açores où Mimi viendra nous rejoindre pour faire la dernière partie de la navigation vers la France. Puis en attendant de vendre le bateau, nous naviguerons vers l’Espagne, le Portugal. Se posera alors la question d’aller en Méditerranée ou vers Madère, les Canaries, l’Afrique pour une année de plus…
Les paris sont ouverts. Les hasards et les rencontres décident parfois…

Le grand départ (France, Espagne, Portugal)

Posted on octobre 3rd, 2007 by Christian

Le grand départ

Le 22.07.07

De retour en région parisienne, j’ai tout le temps la pensée du départ. Myriam n’est pas tout à fait prête. Il lui reste encore quantité de choses à faire, des affaires à régler avec ses filles.
Je suis heureux que nous puissions dîner tous ensemble un soir. Le repas est joyeux. Je vois quelques personnes mais pas toutes celles que j’aimerais voir…. Mais il faut partir, car à retarder toujours on ne partirait jamais
Le 16.07.07 je passe prendre Myriam chez elle avec ses affaires. Retour chez moi pour charger mes affaires. La voiture est pleine !. Il faut enlever un siège de la Scénic pour tout rentrer. Maxime et Sophie qui nous accompagnent jusqu’au bateau seront sérés à l’arrière !
Ils rentreront avec la voiture dont nous n’aurons plus besoin puisque nous serons désormais des marins. Nous partons en fin de matinée pour Blois pour passer voir mon ex épouse. Elle nous accueille pour déjeuner, après nous avoir fait faire le tour du propriétaire et des travaux en cours. Puis nous reprenons la route pour arriver en début de soirée à Pornichet. Le bateau nous attend. Maxime le voit pour la première fois et Sophie pour la seconde. Nous dînons et après un peu de rangements chacun se couche !
Le lendemain nous faisons les courses nécessaires pour l’avitaillement en profitant de la voiture. Puis Sophie et Maxime partent au volant de la Scénic. Je suis heureux qu’ils aient vu le bateau et que nous ayons été ensemble jus qu’au moment de ce départ ! Myriam pleure d’émotion. Quitter les enfants est difficile pour elle.
Nous passerons l’après-midi à ranger la nourriture dans les équipets en cherchant la meilleure place pour une utilisation pratique en navigation et au mouillage. En fin d’après-midi, les enfants appellent : ils sont arrivés à la maison. Je suis heureux que Sophie se remette à la conduite pour être autonome.
Le lendemain, Patrick et Renée passent nous voir à bord. Nous passons la journée ensemble avec un grand plaisir. Ils restent coucher et une partie du lendemain. Ça fait plaisir de voir les amis avant le départ qui signifie que nous ne les reverrons pas avant plus d’un an !
Laurent et Ludovic passent pour vérifier le gréement et installer des cartes pour Maxsea sur le PC dédié à la navigation et sur celui de Myriam qui pourra prendre le relais en cas de panne.
Les cartes d’Afrique commandées s’avèrent illisibles… Il faudra en recevoir d’autres….
De toute façon le modem pour la BLU n’est pas arrivé encore. Encore quelques jours de patience !
Le soir Myriam reçoit un appel téléphonique de sa fille Zahra qui lui annonce avoir trouvé une entreprise pour la seconde année de son BTS en alternance. Excellente nouvelle qui rassure Myriam et lui donne une tranquillité d’esprit pour le départ !
Nous sommes déjà vendredi. Je fais le point avec Laurent sur les travaux et les paiements. Pendant ce temps Ludovic installe les cartes d’Afrique sur les ordinateurs. Laurent sera en vacances dès le lendemain. Il vérifie encore une fois le gréement et constate une fissure sur la barre de flèche tribord de l’artimon. Une fissure toute récente dont les lèvres brillent. Par téléphone, rendez-vous est pris avec un soudeur à l’argon pour le lendemain. Je l’attendrai en vain… Et lorsque je l’appellerai il me donnera un rendez-vous pour le lundi matin, non sans m’avoir dit qu’il venait pour m’arranger car son planning ordinaire était à trois semaine de délais…. Alors il me faisait une fleur et je n’avais qu’à le remercier… Décidément le milieu de la plaisance est spécial !
Zahra appelle Myriam ; dans le courrier qu’elle traite, il y a une lettre d’un organisme de retraite qui réclame des pièces supplémentaires alors que Myriam s’était déplacée avant le départ et que le dossier semblait complet…. Et bien non il manque des pièces des Assedic qui nécessitent un déplacement à Paris ! Décidément c’est difficile de partir et que tout soit en bon ordre !
Je vais dons accompagner Myriam à la gare le dimanche midi. Elle aura le temps de rechercher les papiers demandés et de passer chercher aux Assedic ceux qui manquent pour les donner en espérant que cette fois le dossier soit complet ! Pendant ce temps je fais l’inventaire de la pharmacie du bord sur un fichier Excel, pour savoir exactement l’état des stocks et pouvoir voir les dates de péremption.
Je fais aussi l’état des stocks alimentaires avec l’indication de leur localisation dans les équipets.

Le 23.07.07

L’entreprise de gréement passe à bord pour la fissure de la barre de flèche. Les deux gars font tout le tour du gréement. Ils trouvent à redire sur le montage des deux enrouleurs, montage non conforme aux prescriptions du fabricant d’enrouleur, qui peut se dévisser peu à peu et lâcher. Idem pour les fixations des ridoirs des haubans qui ne répondent pas aux normes….
Je reste perplexe car Laurent qui les a installés a certes bidouillé pour se débrouiller avec les fournitures du fabricant de mât, mais il a fait selon ce qu’il croyait devoir faire…
Je passe la journée à ranger les coffres. Pendant ce temps Myriam fait ses démarches à Paris.

Le 24.07.07
Le patron de l’entreprise de gréement passe voir ce que ses employés lui ont signalé la veille. Il confirme que le montage n’ est pas bon et préconise une solution. Il m’emmène voir un autre voilier sur lequel il a monté une trinquette sur enrouleur avec la solution qu’il préconise. Effectivement ce montage assure rigidité et résistance à la torsion. Il va me faire un devis. Pour les délais, il parle de la semaine prochaine… Encore du temps à ne pas bouger de Pornichet si je fais faire les travaux. J’hésite et pourtant je ne veux pas prendre de risque inutile, ni en faire prendre à ma compagne….
Je vais chercher en ville un interrupteur pour réparer le ventilateur du carré.
Au retour, je passe par le magasin de plongée. Je cherche une combinaison de plongées pour être capable de vérifier mon ancre si besoin ou mon hélice qui prendrait un bout et de faire un carénage. J’aimerais aussi pouvoir chasser au fusil harpon. Le patron me fait essayer une combinaison, puis une autre qui me va bien. Me voilà équipé. Il me faudra m’entraîner pour me sentir à l’aise.

Le 26.07.07
Je continue à mettre les filets de protection le long des filières. C’est long mais le résultat est agréable au regard et surtout il permet d’éviter des chutes à l’eau d’outils, de manivelles ou de bouts. Le droit à l’erreur c’est important.
J’appelle l’entreprise qui doit m’installer le modem pour la BLU : miracle, le modem est arrivé hier après midi et Ludovic peut passer l’installer dans la matinée. En effet il arrive vers 11H 30. Mais pas d’apéro, car il risquerait de se déconcentrer. Malgré ça, ça n’a pas l’air d’aller, malgré de multiples essais. Serait-ce le câblage? Ludovic cherche dans la documentation du modem et dans celle de la BLU… et essaie différent câblage, soude et ressoude des fils. L’ensemble ne veut rien savoir… Ludovic se décide à appeler Le Spécialiste… qui est en déplacement de travail en Italie… et qui lui fera envoyer un plan de câblage par fax, dès que possible !!! Pendant ce temps j’ai préparé à déjeuner, car il faut se remonter dans l’adversité, n’est ce pas ?
Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! D’ailleurs en allant à la capitainerie, je rencontre un propriétaire de voilier avec qui j’ai lié connaissance et qui me voit toujours sur le point de partir. Je lui raconte la déception du jour et il me raconte des déceptions passées du même genre…. D’ailleurs la capitainerie n’a pas reçu le colis de pare battage qu’une autre entreprise devait m’envoyer….
Mon nouveau voisin de ponton est un retraité propriétaire d’un Maramu. Un bateau qui m’a fait rêver un temps. Le couple s’apprête à descendre vers le sud puis les Antilles, Panama…
Le capitaine en est à son cinquième bateau en 30 ans. Il attend un créneau météo pour traverser le golfe de Gascogne. Il me demande si nous partirons ensemble. Je ne pense pas car Myriam et moi avons besoin de naviguer ensemble un moment dans les parages avant de partir, car voilà un an que nous n’avons pas navigué ensemble. Il faut rôder nos gestes de navigation.
Le soir j’appelle Myriam ; elle va finir ses démarches demain et elle reviendra à bord demain soir ! Super, l’équipage sera au complet, et le moral au beau fixe !

Le 27.07.07
Je repeins l’entourage des panneaux de ponts avec de la laque blanche. Je bricole quelques points que je m’étais promis de faire depuis quelque temps et que je voulais faire avant les prochaines navigations. Je retouche des fermetures d’équipets qui s’ouvraient en cas de gîte prononcée ce qui permettait à certains contenus de s’échapper et de joncher le sol !
Ludovic passe avec un plan de câblage pour le modem. Quelques soudures plus tard, ça fonctionne ! Par la BLU et le modem, je reçois des mails sur mon ordinateur ; les mails des premières personnes qui manifestent leur amitié après notre départ. Voilà qui fait plaisir. Ludovic tente de demander par mail une carte météo. La réponse est qu’il faut s’inscrire sur le site en question pour recevoir ensuite des cartes à la demande. Or sur le bateau je je peux surfer sur le net….
Le soir je vais chercher Mimi à la gare. Sur le chemin je m’arrête au cyber café pour relever mes mails et y répondre. Puis j’attends le train en lisant le journal, le premier acheté depuis des semaines ! Le monde n’a pas beaucoup changé depuis que je suis sur le bateau ; guerres, prises d’otages…. Mimi arrive et c’est la joie de se retrouver ! Nous allons au restaurant, ce qui a l’avantage de laisser passer la pluie et de déguster une bonne pizza.

Le 30.07.07
Après un week-end très gris et pluvieux et après avoir attendu en vain la barre de flèche réparée samedi matin, barre de flèche et devis pour la mise au point du gréement doivent arriver aujourd’hui… Les gars passent dans la matinée et remettent la barre de flèche. Ils me donnent le devis pour les modifications du gréement : 3700€. Je discutent avec les deux employés qui me donnent leur avis et ne croient nécessaire que les modifications de montage des enrouleurs. Après leur départ j’appelle Laurent pour lui dire la situation. Nous reprenons point par point le devis. Laurent me donne des explications qui me convainquent et me dit qu’il a fait le montage comme pour lui s’il partait avec le bateau, comme sur d’autres bateau qu’il a préparé pour un tour de l’Atlantique, et qui sont revenus sans encombre. Il me dit que le patron d’Accastillage Diffusion qui a fourni le matériel a vérifié le travail et a donné son aval, alors qu’il fait du gréement depuis 25 ans…. Ces explications me suffisent. Je lui parle des toilettes qui fuient et il conclue par le fait qu’il va passer mercredi pour refaire les joints, bien qu’il soit en vacances et malgré son épouse qui va le lui reprocher !
Nous partirons donc dès jeudi si le temps est propice ! Super !
La journée se passe en lessive puis farniente sur la plage pour une fois qu’il y a du soleil !

Le 31.07.07
C’est l’anniversaire de Mimi qui est toujours jeune d’esprit et de corps ! Le soir nous fêtons l’événement dans le bateau au champagne. Ce sont des amis qui nous avaient offert la bouteille dans ce but lors de leur passage au port ! C’est le premier anniversaire de Mimi loin de ses enfants. Mais ils appellent tous, des amis aussi. Tous pensent à elle dans cette période de départ, d’aventure !

Le 01.08.07
La cabine bâbord sent encore la pisse de chat, malgré les nettoyages à l’eau de javel. Alors nous sortons draps, couvertures et même matelas et housse. Tout est étalé sur le ponton, sous le robinet ! De la lessive et ça mousse ! Mimi foule au pied le matelas qui est lourd à plier et à retourner. Un dernier lavage à l’eau de javel et un rinçage. Le bateau est couvert de linge qui sèche au soleil ! Un vrai bateau caravane, dans ce port sélect !
La décision est prise de se séparer de notre chat qui ne s’habitue pas au bateau, n’en sort pas et urine un peu partout. J’ai de la peine. Mimi pense qu’à la maison il sera mieux…
J’appelle Sophie pour savoir si elle peut le reprendre. Elle est ravie et elle va venir le chercher.
Je vais la chercher le soir à la gare. Nous avons le plaisir de la voir, alors qu’à son dernier départ de Pornichet nous pensions ne pas nous revoir de sitôt. Nous discutons et dînons ensemble. Loustic est heureux de la visite.

Le 02.08.07
Petit-déjeuner avec Sophie et Myriam. Puis je m’occupe de confectionner un panier de voyage pour la chatte. Mais pour aller à la gare, je porte Loustic dans les bras en la caressant et en lui parlant pour la calmer lorsque le bruit de moteur d’un camion ou un bus lui fait peur.
Lorsque le train arrive, je met Loustic dans le panier et Sophie monte dans le TGV qui démarre bientôt. Nous sommes triste de la voir partir déjà. Nous voilà tous les deux en amoureux et en navigateurs. Il ne nous manque plus que le courrier des assurances que Maxime nous a envoyé. Je passe à la capitainerie, mail le courrier n’est pas arrivé. J’appelle Maxime. Il l’a bien envoyé mais pas assez affranchi, si bien qu’il est revenu à la maison !
Il me le renvoie aujourd’hui par chrono post ! Je devrai l’avoir demain….

Le 03.08.07
Les courriers des assurances arrivent enfin. J’ai la surprise de constater que l’une d’elle me demande un nouveau ordre de prélèvement, alors que j’avais pris soin de leur en fournir un avant le départ pour que je n’ai plus à m’en occuper, une fois en mer… L’administration des entreprises a bien du mal à s’adapter à l’internet et aux personnes mobiles !
Puis je passe au cyber café « Les souris Gourmandes » tenues par deux jeunes femmes super aimables. Je peux aller sur mon compte en banque et faire le point. Une fois par mois je devrai trouver faire ainsi pour faire le point des dépenses et des rentrées des retraites et du loyer de l’entrepôt. C’est beau le monde moderne lorsque ça fonctionne !

Le 04.08.07
Départ pour Belle Ile vers 10 heure par mer très calme, force 2. J’essaie de prendre le vent, mais entre force 1 et 2, Diam Rek ne veut rien savoir. Il est trop lourd. Il aime le vent établi !
Alors ce sera le moteur jusqu’à Belle Ile. Le soleil est de la partie. La mer est belle. C’est le paradis, dit Mimi.
Mimi contemplant la mer calme
Nous pêchons deux maquereaux : super, un chacun !
Premier maquereau de Mimi!
A Belle Ile, nous prenons une bouée dans l’avant port. Arrivent de chaque côté de nous un groupe de neuf jeunes et un coureur hauturier avec son bateau couvert de publicité pour ses sponsors.
Le dîner se passe à bord, dans le cockpit avec du vin blanc. A côté les jeunes ont du rosé et le verbe haut. J’aurai aimé naviguer à leur âge ! Le skipper, étudiant en école d’ingénieur, parle d’un tour du monde avec un ami en un an en 2009 ; et par le cap Horn en plus ! C’est beau l’enthousiasme des jeunes ! Pourvu qu’ils puissent concrétiser leur rêve !
En attendant ils manquaient de liquide vaisselle. Nous leur en en avons donné et eux nous ont donné un verre de rhum et un de rosé !
Mimi me dit son envie de partir, de bouger. Super ! Nous partirons demain dans la soirée pour l’Ile d’Yeu en naviguant de nuit. Ce sera une première pour Mimi. Elle appréhende un peu : la mer, la nuit en plus…

Le 05.08.07
L’après midi nous essayons de dormir pour être prêts pour la nuit. Je dors peu, Mimi presque pas… Puis nous rentrons l’annexe et la dégonflons malgré le beau temps qui pourrait inciter à la laisser suspendue au portique. Dans la nuit un aviron a disparu, pas de chance !
Nous larguons les amarres vers 19 heures avec l’aide de Jonathan, du service du port qui me charrie et me demande si j’ai bien mon hélice cette fois ci !
Le temps est bien calme ; force 3, vent d’ouest. Le bateau prend le vent et avance 2,5 nœuds sur une mer calme et un soleil encore chaud ! Nous dînons dans le cockpit en appréciant le calme et le silence de la mer et du ciel !
La nuit tombe
Peu à peu le soleil baisse, le vent forcit un peu. Grand voile et génois nous font avancer à 6,5 nœuds. Une petite laine pour être à l’aise dans le cockpit. Quelques photos du coucher de soleil qui ne s’épanouira pas beaucoup. Le vent est plein arrière. Je rentre le génois et largue la trinquette pour la nuit. Les lames trois quarts arrière font rouler le bateau.
Sécurité, sécurité!
Myriam ne se sent pas bien. Elle trouve que ça remue beaucoup. Nous laissons tomber la pêche après avoir pris un orphie. Maintenant l’attention est consacrée entièrement à surveiller l’horizon et la carte sur l’ordinateur. Myriam a un peu peur de rester seule de quart. Mais elle prend son tour pendant lequel elle doit éviter quelques bateaux. Tout se passe bien. Mais après elle est vraiment malade et vomit dans le carré. Rapide nettoyage et elle va se reposer, couchée. Au bout d’un moment elle réapparaît, avec la mauvaise conscience de me laisser seul, sans me relever. Je tente de la rassurer, lui disant que tout le monde est malade au début et que le corps s’habitue.
Je la renvoi se reposer dans la cabine. Elle ne dort pas, concentrée sur les bruits du bateau et des choses mal arrimées qui quittent les équipets. Pendant ce temps je veille. Soudain un éclair illumine l’horizon. Puis un autre et un autre encore Ils sont loin et tous à tribord. Puis ils se rapprochent et sont partout autour du bateau. J’ai peur pour les instruments. Le vent forcit encore à 20, 25 nœuds. Le bateau avance bien. Mais il pleut et le vent pousse la pluie dans le descente. Je descends dans le carré surveiller la carte et je remonte tous les quart d’heure ». pas un bateau dehors sous l’orage. Que c’est beau la mer la nuit ! Le vent monte encore jusqu’à 34 nœuds au lever du jour.
A un moment Mimi me demande si l’annexe est toujours bien attachée. Je lui dis oui, après un regard circulaire. Mais au bout d’un moment un bruit attire mon oreille. La baume d’artimon bat d’un côté sur l’autre, s’arrêtant sur les bastaques. Je me glisse à l’arrière : le chariot d’artimon s’est dévissé et il en manque une partie. J’arrime le palan au balcon et cherche les parties manquantes. Je retrouve une manille, puis le manillon, mais pas les pièces du chariot qui sont à la mer…
L’île d’Yeu est là vers 3h30… alors je continue vers les Sables d’Olonne, où nous devrions arriver avec le jour. Le vent est toujours fort, souvent à 30 nœuds. A un moment l’anémomètre envoie une alarme sonore de vent fort et déraille, indiquant 76, 80 nœuds. J’éteins l’alarme qui sonne de nouveau, puis encore. Enfin l’anémomètre revient à la logique vers 33 nœuds. Voilà les Sables. Grand tour dans laie pour rentrer la grand voile ce qui n’est pas aisé avec ce vent encore fort. Nous rentrons au port et trouvons une place en bout de ponton ! Mimi n’arrive plus à tirer sur l’amarre, lessivée par cette nuit de mal de mer. La pauvre ! Les débuts sont difficiles !
Après quelques heures de sommeil, elle me raconte tout ce qui lui est passé par la tête, l’envie de quitter le bateau, de retrouver Paris, son appartement, la télévision, la terrasse d’un café, les cinémas, les douches à volonté…. Son problème est qu’elle tient à moi, mais ne partage pas ma passion pour la navigation… Sa tête est emplie de doutes ! Ça me rappelle une nuit où j’étais malade à bord d’un bateau école et où je me demandais ce que j’étais venu faire à bord et en payant en plus ! Et puis il y a après les plaisirs de la navigation. J’espère que Mimi les découvrira et que je saurai lui faire partager les meilleurs côtés de la voile. Je tiens tellement à elle et je tiens tellement à mon rêve de navigation pour la retraite….
Il faut se reposer avant de traverser le golfe de Gascogne. Il faut aussi réparer le chariot d’artimon et un contact électrique sur le guindeau qui refuse de fonctionner alors que sa batterie est chargée à 12,6 volts.
En repensant à cette navigation de nuit, avec une prévision météo très calme et une situation réelle plus forte. J’ai bien fait de rentrer le génois et d’établir la trinquette, mais j’aurai aussi du prendre deux ris dans la grand voile, quitte à les larguer si le temps s’y prêtait. Je repense à la fatigue. A deux il faut que les deux personnes soient en bonne condition pour naviguer en se relayant, se reposer à tour de rôle. Sinon on atteint vite les limites de la fatigue, de l’endurance…. Je repense à ce que me disait Jean-Michel à ce propos et qui était sage. Il me disait la nécessité d’avoir un équipier supplémentaire pour les traversées, pour une bonne récupération et pour le cas où l’un des équipiers est malade et indisponible…. Je suis face à mes limites, face aussi à ma volonté de les repousser un peu plus chaque jour.

Le 07.08.07
Ce matin je consacre du temps aux réparation du bateau. Je regarde le chariot d’écoute d’artimon: finalement il ne manque que la manille que j’ai récupéré avec son manillon. Je refixe le palan et j’en profite pour resserrer toutes les mainlles du bateau. Et il y en avait besoin pour plusieurs alors qu’elles avaient été ressérrées il y peu… Les vibrations de la mer sont dures pour le matériel.
Puis je vais au guindeau qui ne fonctionne plus. Je teste la batterie qui est correctement chargée. Je regarde les fils électriques. Je trouve un fil sans cosse qui ne mène à rien d’un côté et à l’intérupteur de l’autre. Il devrait aller au plus de la batterie. Je regarde cette borne qui est entouré de graisse silicone pour la protéger. La graisse est verte alors qu’il me souvient qu’elle était blanche. Je gratte et dessous je trouve les reste de la cosse de cuivre. La majeure partie est dissoute. Je gratte et un autre bout de cosse apparaît. Les fils d’arrivée à la cosse plus sont tous bouffés par la corrosion sous la graisse. Le cuivre bouffé a fait la coloration verte de la graisse. Je vais au ship pour acheter des cosses à sertir sur les câbles et une cosse nouvelle pour fixer sur la borne plus ordinaire qui est intacte alors que la borne vissante est toute corrodée et disparue, alors que la moins est intacte! Je pense qu’un bout humide a du favoriser cette corrosion… Je n’ai pas d’autres explication plausible. L’essentiel est que la batterie est en bon état et que je puisse réparer.
L’après midi Mimi et moi allons à la capitainerie du port (Port Olonna) ou il y a un espace Wifi gratuit. J’en profite pour mettre sur le site cet article avec quelques photos pour vous qui nous faites l’amitié de nous rendre visite et de partager nos aventures! endant ce temps Mimi se bat avec son ordinateur pour écrire ce qu’elle vit ces temps ci!
Je répare le guindeau. Il fonctionne sans problème de nouveau, ce qui nous permet d’envisager des mouillages ! Je ne comprends pas comment les cosses de cuivre étamé ont pu être dissoutes en 18 mois alors qu’elles étaient protégées par une épaisseur de graisse silicone…
Pendant ce temps Mimi est restée sur son ordinateur et a écrit sa partition pour que notre histoire soit à deux voix. Chacun avec son style et la même sincérité et la même joie de partager.

Le 08.08.07
Journée ensoleillée ! Elle commence tôt car un voisin nous réveillé en limant quelque chose sur son bateau ! Impossible de nous rendormir. Bonne occasion de foire un gros câlin !
Ensuite je vais chercher à remplacer mon aviron perdu à Belle Ile. Aux Sables il y a quatre ships. Je trouve ce que je cherche chez le quatrième, mais je trouve, c’est le principal !
Je fixe les toiles anti-roulis pour notre lit et pour la banquette bâbord du carré. Ainsi nous pourrons y dormir tranquillement sans risquer d’être éjectés par les mouvements de la mer.
Le bateau est prêt pour la traversée ; nous aussi, nous avons envie de bouger. Je vérifie la météo à la capitainerie sur différents sites spécialisés. Pas de dépression en vue et du vent bien orienté nord-Ouest, entre 10 et 20 nœuds à l’approche de l’Espagne.

Le 10.08.07
Après une journée de courses et de farniente, c’est le départ des Sables d’Olonne.
Sortie du port des Salbes D’Olonne
Nous quittons le port par son long chenal qui traverse la ville, La Chaume sur tribord et les Sables à bâbord. L’horloge de l’église marque 10h20. Nombreux bateaux sortent pour une partie de pêche locale ou une petite ballade au moteur car le vent est très faible, 3 à 4 nœuds…
Un peu de moteur pour s’éloigner, puis les voiles sont hissées ; le vent peine à les gonfler. Diam Rek est un bateau lourd qui aime un vent plus fort. Aussi nous nous traînons pendant un moment. Dès que nous nous éloignons de la côte, le vent forcit un peu, de quoi avancer doucement à 4 nœuds. Peinards sur une mer calme avec du soleil. Alors quoi de mieux qu’une partie de pêche ! Nous mettons une ligne de traîne et bientôt un orphie de belle taille se fait prendre. Comme c’est l’heure du déjeuner, il passe aussi tôt à la poêle. Ça c’est du poisson frais ! L’orphie a des arrêtes vert émeraude, c’est très joli.
L’après-midi est sans histoire. Je vais faire la sieste, puis Mimi va faire la sienne en prévision des quarts à assurer la nuit. Vers 17h, c’est la pêche miraculeuse : 4 beaux maquereaux. Lorsqu’ils sortent de l’eau ils ont des couleurs vives brillantes superbes !Le soir ils passent à la poêle, à leur tour ! La mer nous fournit les protéines nécessaires. La mer est calme, juste le vent nécessaire. Le soir tombe avec un magnifique coucher de soleil.
Beaux contrastes
Mimi assure le premier quart.

Le 11.08.07
Je prends le quart vers 1h. Il fait un peu frais et il faut un pull polaire. Je veille dans le cockpit et je regarde la voûte céleste. En mer il n’y a pas de lumières parasites, alors des milliers d’étoiles apparaissent. Je vois la voie lactée très nettement. Quelle impression de plénitude devant ce spectacle, sous le vent ! J’ai l’impression qu’il y a deux types de personnes, celles qui vivent en ville et ne regardent pas la nature, les étoiles, ne sentent pas le vent et les autres qui vivent au contact des éléments. En plus c’est la période des étoiles filantes. Je vois la première qui zèbre le ciel avec un angle de 40 degrés, sur une grande longueur. C’est magnifique. Peu de temps après une autre, puis une autre encore, presque toutes vers l’ouest.
Pendant ce temps le bateau avance plus ou moins vite selon les caprices du vent. Il baisse le soir et en début de nuit et forcit un peu dans la nuit et le matin. Mimi assure ses quarts comme une grande. Elle veille et surveille la trajectoire des bateaux, dévie la route si besoin : c’est super. Elle a mis un patch anti mal de mer qui s’avère efficace.
Pendant la nuit, nous sommes seuls ou presque. Peu de bateaux, seulement des pêcheurs.
Le vent a tourné un peu et est venu très sur l’arrière. Aussi le bateau roule et Mimi s’en va dormir dans une cabine arrière pour être bien calée !
Le lever de soleil est beau. La matinée se passe à récupérer de la nuit. Au début le corps n’est pas habitude des mouvements de la mer qu’il essaie tout le temps de compenser. Le bateau ne permet pas de se promener, de se dégourdir les jambes, nous sommes le plus souvent assis ou allongés.
La journée se passe sans voir beaucoup de bateaux : quelques pêcheurs, quelques cargos et peu de voiliers. Néanmoins certains font une route qui pourrait entraîner une collision ; alors il faut obliquer, laisser passer puis reprendre le bon cap. Nous suivons la route sur l’écran de l’ordinateur. La carte indique des profondeurs qui déclinent très lentement. Le plateau continental français est vaste.
Puis soudain une alarme sonne ! Un œil sur les cadrans, c’est une alarme de profondeur ; nous venons de passer les 70 mètres et il y a une alarme à 69,9 mètres. Je ne me rappelle plus comment l’enlever. Alors ça sonne sans cesse. C’est énervant mais rassurant aussi, car si je mets une alarme de profondeur lors d’un mouillage pour être réveillé si l’ancre dérape, je sais que je serai réveillé ! Je cherche le manuel du sondeur et j’enlève l’alarme. C’est super, ce n’était pas une alarme de panne !
Autre alarme ! C’est le pilote qui le met en stand bail. Je le remets en marche et il refuse….
Je prends la barre et m’aperçois que je ne peux la tourner plus d’un quart de tour… Que se passe-t’il. Je passe la barre à Mimi et fonce dans la cabine arrière où il y a accès au secteur de barre. Avec la lampe électrique, je regarde et ne vois rien d’abord. Puis je vois un axe nu, sans rien. C’est l’axe du vérin hydraulique qui s’est dévissé ! Je le remets et sers fort l’écrou et le contre-écrou ! Je demande à Mimi de tourner la barre qui est libre dorénavant. Je reviens au pilote et le remets en marche. Il obéit aussitôt ! Super ! Je suis en colère d’avoir eu ce genre de passe sur un vérin tout neuf ! Et je suis heureux d’avoir pu réparer rapidement moi-même !
La journée est bien calme avec un vent par moments un peu défaillant.
C’est la pétole!
Le sondeur se met à ne plus rien indiquer : la profondeur dépasse 100 mètres.
Mimi est en forme. Elle nous fait même un vrai couscous en mer ! C’est super bon !
Honneur au couscous de Mimi
Tout va bien! Le 12.08.07
Après une seconde nuit de veille fatigante, c’est le grand calme.
Je me réveille bercé par la mer, mais je n’entends aucun bruit d’écoulement de l’eau contre la coque. Nous n’avançons plus. Je vais dans le cockpit : pas le moindre vent ! Mimi veille avec le baladeur en marche. Je veux mettre le moteur, mais mimi a envie de dormir…. Ce qui se comprend bien !
Le lever de soleil est somptueux ! Mer et ciel sont rouges, d’une infinité de rouges différents et intenses ! Il n’y a pas de limite entre mer et ciel !
Mer et ciel sont rouges!
Ça dure un mon moment. Les voiles qui claquent me rappellent à la réalité : il n’y a plus assez de vent pour avancer. Un peu de moteur.
La carte indique des profondeurs de plus de 4800 mètres ; plus que le mont blanc ! A un endroit la carte indique de hauts fonds en plein golfe de Gascogne de 20 mètres ! Sous la mer il y a là deux pics de près de 4800 mètres qui arrivent presque au niveau de l’eau ; un peu plus et il y avait deux îles ! C’est merveilleux la géographie marine !
J’essaie de pêcher avec la ligne et un leurre pour les thons. Peut-être que je m’y prends mal car rien ne mord….’

Le 13.08.07
La journée se passe doucement au rythme du vent, d’une très faible houle et du moteur parfois lorsque le vent refuse et que l’impatience l’emporte. Une traversée, c’est une épreuve de patience ; on prend le temps comme il vient…
Je regarde sur la carte la route restante à parcourir. Avec le vent faible, nous ne pourrons pas arriver avant la nuit prochaine. Je ne veux pas arriver la nuit dans un port que je ne connais pas. Alors je mets le moteur pour avancer à 3 nœuds seulement. Je consulte les mails par la BLU : super, nous avons un mail de l’une de nos filles, Manal. Je lui réponds et je demande un bulletin météo. J’envoie le tout et ne tarde pas à recevoir le bulletin qui indique très peu de vent, mais un vent de nord-ouest qui serait bon pour nous.
Une partie de la journée au moteur sur une mer calme, personnellement je préfère du vent et les voiles. Mais on prend ce qu’il y a.

Le 14.08.07
En début de nuit, le moteur s’arrête soudain. J’essaie de le remettre en marche, en vain…
Je descends et ouvre les accès moteur sous le regard peu rassuré de Mimi. Je nettoie le filtre à Gasoil qui a un peu de dépôts. Je remets tout en place et purge le circuit. Ça ne repart pas. Je démonte de nouveau et m’aperçois que le gasoil arrive par intermittence seulement. Je souffle dans le tuyau pour déboucher… Au bout d’un moment et d’essais infructueux, je renonce car il faudrait démonter le réservoir journalier et trouver ce qui se ballade et obstrue parfois l’arrivée de gasoil vers le moteur, alors que la cuve est pleine… C’est la nuit, nous sommes près du cap qui marque la fin de l’ouest espagnol et près de la Corogne. Nous sommes entourés de pêcheurs dont on voit les lumières. Le vent a tourné et vient du sud-ouest. Nous l’avons en face. Sans moteur, il faut tirer des bords pour avancer vers le port. Je décide de ne pas avancer pour ne pas arriver la nuit. Nous allons rester face au vent à dériver lentement en attendant le jour. Il faut surveiller les côtes qui sont à 5 miles et les pêcheurs. Je laisse Mimi de veille. Très vite elle me dit qu’elle a peur et je ne sais pas interpréter toutes ces lumières qui se déplacent dans cette nuit noire ! Alors je reste de veille et elle va se coucher, avec le mal de mer et la peur. Moi je n’ai pas peur de la situation, car je suis manoeuvrant à la voile puisque le vent est suffisant ; je sais interpréter les mouvements des bateaux. J’appréhende seulement l’arrivée vers le port sans moteur. Soit je mouillerai près du port, soit j’appellerai la capitainerie pour savoir si elle a un zodiac pour m’aider et me remorquer jusqu’au ponton.
Je reste à dériver lentement face au vent en surveillant la dérive et le phare situé sur le cap qui se rapproche. La veille est vraiment fatigante ! Lorsque j’estime me rapprocher trop du cap et avoir le temps de reprendre la mer pour arriver avec le jour, je change de cap de 180° et le vent qui est entre 15 et 20 nœuds me fait avancer à 5 à 6 nœuds. Le bateau roule. Mimi apparaît inquiète. Je lui dis ce que je fais, pourquoi le bateau roule et que nous arriverons tout à l’heure. Elle a peur néanmoins et me dit que je suis seul maître à bord avant d’aller se caler dans une cabine arrière. Je tire deux bords et nous voilà à quelques miles du port.
J’appelle la capitainerie en espagnol. Des mots d’espagnol reviennent mais se bousculent dans ma tête avec des mots d’anglais. Je me fais comprendre. J’explique que nous venons de France, que nous sommes en panne d’alimentation gasoil et demande s’ils ont un zodiac pour m’aider à rentrer au port. Je donne ma position. La capitainerie me dit d’attendre. Elle me rappelle rapidement et me dit qu’un bateau va venir nous aider. Je le dis à Mimi qui se sent revivre. Effectivement je vois arriver une vedette de sauvetage en mer ! c’est plus que j’avais demandé !
Le Salvamar
Ils me demandent d’affaler les voiles, puis ils me passent une grosse remorque que je mets au taquet. Le remorquage commence. Les moteurs du remorqueur font une écume qui rend ma mer blanche ! Comme le vent forcit à plus de 30 nœuds, nous recevons des paquets d’embruns soulevés par notre proue qui fend les vagues. Mimi prend des photos.
RemorquagePaquets d’embruns
Je prends un paquet d’embrun en pleine figure en voulant regarder pardessus la capote. Mimi rit aux larmes ; la voilà bien vivante de nouveau ! Nous entrons dans la ria de la Corogne ? Vaste endroit au paysage industriel et urbain par endroits et vert à d’autres endroits. Puis nous voilà dans le port. La vedette change l’amarrage pour nous faire entrer dans la marina à couple d’elle.
Un petit bateau du port finit de nous placer à quai. La guardia civil est là pour nous accueillir aimablement et remplir les papiers pour l’immigration. Quelques minutes suffisent. Puis c’est le Salvamar, notre remorqueur qui me demande de remplir les papiers du remorquage et présente l’adition qui est salée en fonction de la longueur du bateau et du temps passé : 454€ !
Je donne ma carte bleue : non ils ne prennent que des espèces que je dois aller chercher dans une banque proche. Je vais en ville. La Corogne est belle, avec un quartier piéton, un mélange d’architectures rigides, presque soviétique, et de construction à influence arabe. C’est beau ! Je sens des odeurs qui me rappellent l’Espagne que je connais. Les gens sont bruns et bronzés ou blonds aux yeux bleus !
De retour sur le bateau, je retrouve Mimi qui me dit être soulagée et me dit bravo pour la conduite la nuit et les bonnes décisions pour le retour au port ! Elle me dit qu’elle a eu peur cette nuit ! Nous mangeons un peu et au lit pour récupérer !
Le soir nous nous couchons tôt aussi. Il fait bon ne plus avoir de quarts et de dormir ensemble !

Océan Atlantique Gibraltar

Posted on septembre 22nd, 2007 by Christian

Le 22.09.07
Réveil au son assourdissant d’un avion qui décolle de la piste qui jouxte la marina. C’est impressionnant de voir les avions décoller en bout de piste, juste au-dessus de la mer. Ils n’ont pas le droit à l’erreur ! Ce matin nous voyons le port de jour. Le rocher est toujours aussi impressionnant, à pic sur une face, quelques installations militaires perchées dessus et des immeubles au pied, coincés entre rocher et mer.
Le rocher et son nuage
La marina nous informe qu’il faut bouger notre bateau car un yacht de 40 mètres arrive et un autre de 35. Il leur faut de la place. On nous attribue une place pour une nuit entre deux bateaux. La place nous paraît étroite. On nous répons que les autres bateaux vont se pousser, puisqu’il n’y a pas de catways. Il faut se garer comme partout en méditerranée avec le système de pendille. Nous n’avons jamais fait. On nous explique et le bateau qui sera notre voisin nous explique et dit qu’il nous aidera.
Alors nous quittons le quai et arrivons avec une manœuvre prévue pour se garer la proue contre le quai. Jean-Michel fait la manœuvre, mais le vent et l’inertie du bateau font échouer la manœuvre. Nous reculons et décidons de changer de tactique et de mettre la proue contre le quai. Les voisins nous aident en nous donnant la pendille qui retient l’arrière du bateau une fois mise au taquet. Voilà c’était une première pas rassurante pour nous ! Il y en a des premières dans la vie !
Nous allons chez le chip. Le magasin est bien fourni et les vendeurs sont très britishs. Nous demandons des lattes ; il n’y a pas tout à fait ce que je cherche, mais j’en prends quand même, car mieux vaut une latte un peu différente que pas de latte. Je prends une pompe à gasoil pour remplacer la pompe manuelle dont la membrane ne tiendra pas bien longtemps.Pas de contre-écrous pour les ridoirs de haubans. Le vendeur nous explique ce que font les Anglais. Ils mettent un fil d’inox dans le trou de goupille et en entourent un côte de la partie tournante du ridoir, ce qui empêche de se dévisser l’ensemble ou au moins prévient qu’il y a eu un effort important si le fil est cassé. Pas mal ! Je prends du fil d’inox. Jean-Michel achète un aérateur pour sa cabine, malgré le prix jugé hors de prix même par le vendeur, qui finit par faire un rabais de 5£…
Nous rentrons au bateau manger à bord la bonite pêchée la veille. Après une petite sieste nous allons à pied visiter une partie de Gibraltar. Des magasins hors taxe avec de l’alcool pas très cher, tenus par ses indiens. Des immeubles très proches les unes des autres, de nouveaux immeubles en construction. La spéculation immobilière internationale passe par ici.
Il y a pas mal d’Espagnols qui viennent en car faire des courses. Il fait chaud et aux ronds-points poussent bananiers, palmiers, yuccas, toutes plantes dépaysantes pour les britishs !
De retour au bateau nous nous mettons à bricoler le tangon dont le bout de commande est cassé. Il faut le changer et impossible de dévisser les trois vis qui retiennent l’embout. Je perce les vis de façon à les éliminer. Ça prend du temps car elles sont en inox bien résistant… Même sans vis impossible de défaire l’embout à cause de l’oxydation qui lie les deux pièces.
J’essaie de chauffer au chalumeau pour dilater le tube du tangon. Mais mon chalumeau est trop faible. Nous essayons au marteau et au burin. Rien à faire. Alors à la scie à métaux je coupe le tangon qui sera plus court de près de 10 cms. Après je coupe la partie du tube resté sur l’embout. Effectivement il y avait une couche d’alumine qui soudait les deux pièces.
Nous arrêtons pour ce soir et l’un des garçons du bateau voisin veut visiter notre bateau. C’est d’accord avec ses parents. Corentin, dans les 5 ans, vient et visite tout le bateau en m’expliquant les différences avec le sien. Il a une assurance incroyable. Son père vient avec Tiphaine et Pablo les deux autres enfants. Ils sont partis pour un tour de l’Atlantique d’un an en famille. Ils ont loué un bateau de 13m que nous visitons. Il est super, vaste et bien aménagé.
En arrivant à Gibraltar, dans la baie ils ont subi un grain à force 8 avec des rafales à force 10 qui ont couché leur bateau alors qu’ils étaient entre les cargos ! Ils n’étaient pas fiers. Mais ils sont passés. Nous, nous sommes passés quelques heures après et nous manquions de vent ! Hasards de la mer !!! Il faut toujours rester modeste. Nous sommes passés à un endroit réputé difficile sans peiner, mais ça n ‘enlève rien aux exploits de certains pour passer ces fameuses colonnes d’Hercule qui longtemps ont été infranchissables !
Ils hésitent à aller à Tanger, puis ils iront à Madère, puis aux Canaries, comme nous. Les enfants demandent si nous irons ensemble, ils aimeraient ça. Mais pour l’instant ils sont immobilisés là pour un problème de cuve de gasoil pleine de saletés qui les fait tomber en panne sans cesse. Ils vont voir avec un chantier du coin quoi faire !
Lorsque nous quittons leur bord, Corentin ne veut plus me quitter. Il pleure…
Cette famille me rappelle le projet que j’avais de partir en bateau lorsque mes enfants étaient petits. Je n’avais pas réussi à persuader leur mère, si bien que nous ne sommes pas partis. Je ne devais pas être prêt puisque je n’avais pas su communiquer mon désir à mon épouse…
C’est émouvant de côtoyer ceux qui arrivent à vivre ensemble cette aventure. Les enfants semblent bien épanouis par ce qu’ils vivent et ils sont très vite en relation avec les gens qui les entourent.
Le soir arrive et le rocher s’illumine de nouveau. L’un des restaurant au bord de la marina nous envoie la musique d’un orchestre qui joue les vieux classiques du rock ! Un apéritif au son du rock dans le cockpit et dans la douceur de la nuit qui tombe, c’est vraiment super ! Il ne manque plus que Myriam.

Le 23.09.07
Au réveil, j’écris pour rattraper le retard. D’abord un mail pour Mimi, puis le journal pour le site. Pendant ce temps-là-là Jean-Michel vérifie le vérin du pilote et localise la fuite du liquide grâce au sopalin scotché à chaque raccord. C’est sous le bocal, entre le bocal et la pompe. Bonne découverte, reste à adopter la bonne tactique pour y remédier. Nous allons envoyer un mail à Laurent pour avis.
Puis je reviens au tangon pour limer la partie coupée. Ça finit par s’emboîter correctement, il restera à tarauder d’autres trous pour faire des pas de vis. Mais c’est l’heure du déjeuner…
Après je tente de me connecter au réseau wifi du port. En vain ; je tourne en rond car je veux payer par carte bleue et l’organisme me dit qu’ayant un compte paypal, je dois payer par ce compte. Ne me souvenant plus de mon mot de passe sur ce compte je suis un labyrinthe qui me pose des questions auxquelles je réponds faux d’après lui… Alors pas de connexion et pas de liberté de payer avec ma carte. Un faux progrès technique, et en tout cas un vrai mépris de l’utilisateur, du client tout simplement ! Ainsi je ne peux pas alimenter notre site et vous donner des nouvelles, cette fois encore ! Pendant Jean-Michel qui n’a pas de compte paypal réussit à se connecter avec son ordinateur !
Bon ça dégage du temps pour tendre les haubans de façon symétrique à bâbord et à tribord.
Pareil pour le tangon pour lequel j’ai percé des trous et taraudé des filetages. Il ne manque plus qu’une garcette et un passage avec poulie que nous pourrons acheter demain.

Position actuelle : 36.08.954N 05.21.308W Gibraltar

Le 24.09.07
Ce matin, au réveil, Jean-Michel me dit qu’un bruit l’a gêné une partie de la nuit. Au même moment le bruit se répète : c’est la pompe du puisard. Elle est sur position automatique et se met en marche lorsque le puisard se remplit au- delà d’un certain niveau. Nous soulevons la trappe et effectivement le puisard est assez plein, et la pompe évacue le trop plein. Il y a donc une entrée d’eau de mer ou une fuite d’eau des réservoirs…. La journée commence mal ! C’est dur dès le matin !
Bon voyons le vérin, voit-on d’où vient la fuite ? Oui un sopalin est humide et rouge à deux endroits, à la jonction du couvercle du bocal. Coup de téléphone à Laurent qui explique qu’il avait déjà colmaté cette fuite avec de l’araldite. Il aurait aimé faire un échange standard de tout le vérin, mais maintenant il faut soit tout démonter et renvoyer, soit essayer de colmater la fuite, ce qui devrait être possible avec le liquide qu’il m’a envoyé…. Je lui parle de la fuite d’eau : il faut assécher et voir si ça vient d’une entrée d’eau de mer par un passe coque, une vanne, un tuyau, ou si ça vient d’une fuite à un réservoir d’eau…
La matinée se passe à assécher pour moi et à démonter le vérin pour Jean-Michel pour préciser l’endroit de la fuite et peut être nettoyer et colmater. La voile, c’est un loisir qui est riche en imprévus et qui énerve parfois !
L’après-midi aussi passe à vérifier toutes les vannes et les passe coques des entrées d’eau et des évacuations : aucune d’elle ne fuit. Le réservoir d’eau douce ne semble pas fuir aussi.
Il ne semble plus y avoir d’eau dans la partie avant. Mais la gâte moteur semble se remplir peu à peu d’eau. Il nous reste à l’assécher le plus possible et regarder si les tuyaux d’arrivée d’eau de mer moteur et les évacuations du cockpit qui passent par là sont bien étanches au niveau des soudures sur le fond…. Sinon nous n’avons plus d’hypothèse et c’est de l’eau de génération spontanée…
Pendant ce temps Laurent consulté pour le vérin a appelé le fabricant mais après la fermeture. Il rappellera demain matin pour nous dire si on a des chances d’obstruer la fuite ou s’il faut changer le bocal et combien de temps il faut pour en recevoir un de France ?

Le 24.09.07
Au réveil nous vérifions les niveaux d’eau dans les différents endroits des fonds du bateau. Et bien, il n’y a pas d’eau où il n’y en avait pas et il n’y en a pas plus dans la gâte moteur. Il n’y a donc pas d’entrée d’eau, ni de fuite d’un réservoir. L’eau que nous avions à bord devait venir du reste de l’eau que nous avions embarquée après le pont de Saint-Nazaire et que nous n’avions pu évacuer, jusqu’à présent. Et puis nous avons dû prendre de l’eau lors de la pluie battante qui a duré longtemps en venant à Gibraltar. La partie ouvrante du toit de la gâte moteur ne doit pas avoir un joint assez étanche et doit laisser passer de l’eau. C’est une bonne nouvelle de ne pas avoir d’entrée d’eau dans les fonds ni de fuite d’un réservoir !
Une course chez le chip et nous achetons la petite pièce pour finir le tangon.
Un tour à la halle pour faire quelque ravitaillement frais. Il y a de beaux fruits et légumes, viande et poissons, mais tout est plus cher qu’en France et à plus forte raison qu’en Espagne Portugal. L’office du tourisme nous indique un café wifi. Nous y allons. C’est gratuit à condition de consommer. Je pourrais donc y aller bientôt.
Un appel de Laurent nous apprend que le fabricant de vérin va nous envoyer le récipient qui fuit en échange standard sous quelques jours. Nous pourrons ainsi le changer !
L’après-midi nous finissons le bricolage du tangon qui fonctionne très bien maintenant.

Le 25.09.07
Aujourd’hui peinture sur le bateau. Ça commence par le grattage des endroits où il y a un peu de rouille sur le pont. Puis nous passons du Rustol, un produit antirouille. Ça nous occupe un moment. Puis nous réfléchissons sur ma meilleure manière de changer la pompe de relevage du gasoil des réservoirs des fonds dans le réservoir journalier. Nous avons acheté une pompe, mais maintenant il faut trouver les tuyaux qui sont compatibles avec le gasoil et les réducteurs car les entrées et sorties de pompes sont en 19 et les tuyauteries de gasoil sont en 34….
En fin d’après-midi nous avons un plan mais il est trop tard pour les courses.
En soirée nous nous promenons le long des quais du port. Il y a de magnifiques voiliers d’une taille imposante. Il y a aussi des monstres à moteur. Un yacht de 40 mètres, un de 35 et un autre à peine plus petit qui à l’air néanmoins bien petit à côté des autres. Il est dur d’être riche et de le paraître car il y a toujours plus riche que soi !!!
Pour le reste les bateaux sont pour la plupart des bateaux de voyage venant de Méditerranée et allant vers les Canaries et les Antilles.
Je discute un moment avec un jeune navigateur qui est parti avec son épouse et une fille de deux ans. Il a acheté un bateau en acier il y a un an et voilà quatre mois qu’il est parti du sud de la France via la Tunisie et l’Algérie. Il va vers le Brésil. Il est sympa et je suis content de discuter, de rêver à la suite du voyage, aux escales où nous nous rencontrerons.
Pendant ce temps la famille qui a le bateau d’à côté de nous cherche à résoudre son problème de gasoil pourri qui remplit son réservoir et le fait tomber en panne sans cesse. Nous échangeons nos points de vue. Nous lui proposons notre pompe électrique à gasoil, s’il trouve un fût, il pourra récupérer le gasoil bon qui est au-dessus du réservoir. Le fond il le fera pomper et évacuer par un pro.

Le 26.09.07
Belle journée chaude à Gibraltar. Le soleil tape ! Nous allons à la recherche d’une quincaillerie spécialisée dans la plomberie. On trouve tout sur le rocher de sa gracieuse majesté. Le serveur du quincaillier qui a la gueule de bois suite à la nouba qu’il a fait cette nuit, nous déniche ce qui pourrait aller ! Mais il n’a pas de tuyau pour gasoil. Retour chez le chip qui en a. Le reste de la matinée est consacré démonter l’ancienne pompe à main et à préparer le montage de la pompe électrique. Mais le voisin, Frédérique a besoin de la pompe pour pomper son gasoil. Je laisse Jean-Michel avec lui pour l’aider et lui prêter ce dont il a besoin, et je fonce dans un café qui a une liaison wifi sur Casemates square, vieille place très touristique. La liaison est gratuite pour les consommateurs. C’est une occasion de goûter une bière anglaise, tout en faisant plaisir aux personnes et amis qui attendent nos dernières nouvelles.
Les textes passent bien sur le site. Les photos prennent un temps bien trop long à cause du faible débit. J’espère que vous ne serez pas déçus. Ce n’est que partie remise. A la prochaine liaison ce sera du boulot pour rattraper le retard. Et puis je voudrais découper le texte qui est trop long en plusieurs textes par pays.
Je reviens au bateau et je trouve Jean-Michel et Frédérique en train d’essayer de pomper le gasoil des réservoirs du bateau voisin pour le récupérer dans un fût avant que le pompeur vienne avec son camion pompe et lui enlève le reste avec les saloperies qu’il y a dedans.
Nous lui avons prêté la pompe électrique que nous venions d’acheter pour relever notre gasoil. Frédérique branche la pompe sur la prise allume-cigare de son bateau. Le gasoil monte dans le tuyau mais pas assez haut pour arriver dans le fût…. La pompe est vendue pour pouvoir remonter 2,80 mètres, alors qu’elle ne relève qu’environ un mètre. Essais divers, sans succès. Alors nous lui prêtons la pompe manuelle que nous avons démontée. Ça fonctionne et Frédérique peut récupérer 200 litres dans son fût. Dommage qu’il ne soit pas plus grand ou qu’il n’en ait pas deux. Il nous remplit deux nourrices de 20 litres en cadeau. Super !
L’opération est finie le soir, il n’y a plus qu’à nettoyer les gouttes de gasoil qui sont tombées à maints endroits !
Le soir nous discutons avec un navigateur de la pompe qui ne relève pas assez et il nous dit que nous devions avoir des fils de section trop faible. Nous n’y avions pas pensé ! Nous essaierons demain.
Nous nous promenons sur les quais en regardant les bateaux. Autant de bateaux, autant de solutions pour faire un bateau de voyage. Il y a des lignes très différentes, des aménagements très différents. Certains marins emmènent avec eux tellement de matériel que le bateau en est couvert !
Nous regardons un vieux gréement tout en bois. Nous voyons le propriétaire qui nous parle en anglais. Il est pasteur et va en Nouvelle-Guinée évangéliser les Papous. Ils sont cinq et ils y vont avec ce bateau hollandais de 22 m et de 60 tonnes. Nous parlons avec lui un quart d’heure et il nous parle de Dieu plus de la moitié du temps. Cet homme est plein d’entrain. Un évangéliste sans doute.

Le 27.09.07
Ce matin nous profitons de la fraîcheur matinale (relative) pour aller visiter le rocher. Nous allons sur Casemates square qui est la place animée.
Main street
De la part Main street qui est la rue commerçante, bordée de part et d’autre de magasins duty free, bourrés d’alcool, d’électronique, de bijouterie et de souvenirs. Au bout de cette rue il y a le téléphérique. Nous le prenons malgré le prix. L’engin semble très ancien, en fait il date de 64, oui 1964 !
Il nous mène au sommet. Là il y a plusieurs terrasses aménagées, et la vue est magnifique. Des quelque 400 mètres du rocher, on domine toute la baie d’Algésiras, le début de la Méditerranée, et le Maroc.
La baie d’Algésiras
La baie d’Algésiras est encombrée de cargos à l’ancre, attendant de pouvoir décharger. La ville s’étale en bord d’océan, puis il y a tout un complexe industriel avec une raffinerie. La mer est belle et calme. Le soleil la fait briller à l’est. Au sud on aperçoit le sommet de quelques pics marocains. C’est l’Afrique à quelques Kilomètres, une vingtaine. La vue est superbe, avec ces pics qui émergent des nuages ; on dirait une peinture chinoise ou japonaise !
l’Afriqyue vue de loinSinge sur le rocher
Jean-Michel
Voilà l’Afrique est là à quelques miles, un autre monde à notre portée, pour bientôt !
Depuis les terrasses on voit beaucoup d’installations militaires qui ont été construites à différentes époques pour défendre le rocher contre tous ceux qui voulaient s’en emparer, et ils ont été nombreux !
On voit une tour des anciennes fortifications arabes du 13 ème siècle. Puis des fortifications espagnoles et anglaises. Tant hommes ont peiné pour construire ça et tant d’autres sont morts pour défendre ce bout de terre et les avantages qu’il procurait à sa gracieuse majesté !
Nous allons jusqu’aux casemates qui sont à l’abandon. Des fils électriques, des canalisations ont été coupés, des murs ou des toits sont effondrés. Cela donne une impression forte d’abandon, de manque de moyens pour garder les vestiges intacts, en souvenir.
Au pied du rocher il y a un cimetière dans lequel sont enterrés des combattants de la bataille de Trafalgar qui a eu lieu tout près entre les flottes anglaises et franco espagnoles. Les tombes entretenues indiquent leur âge, 20 ans pour la plupart !
Nous restons en ville pour déjeuner et nous prenons des fish and ships. Ça me rappelle lorsque j’avais 15 ans et que j’étais allé apprendre l’anglais dans une famille anglaise et que la mère qui n’avait pas envie de faire la cuisine nous envoyait chercher des fish and ships. C’était le meilleur repas et de loin ! Aujourd’hui aussi ç’est bien bon. Sauf les petits pois qui sont bien anglais car ils n’ont pas de goût et il faut ajouter une sauce pour les améliorer.
De retour au bateau Jean-Michel et moi passons toute l’après midi à installer la pompe de relevage du gasoil. Nous faisons ça bien en installant une conduite électrique depuis le tableau, avec un fusible ! Mais le passage des fils est laborieux, du tableau, au derrière de la table à carte, puis dessous dans les fonds, jusque devant la gâte moteur ; A force d’obstination ça passe. C’est installé et la pompe fonctionne.
Il est temps de prendre l’apéro et de dîner !

Le 28.09.07
Aujourd’hui le vent souffle et les nuages sont revenus. Il tombe même quelques gouttes.
Un peu d’écritures, puis nous continuerons le bricolage, en espérant que le récipient pour le vérin arrive bien vers les 13h…
Marina Bay
En attendant, nous nous penchons sur les fonds pour pomper les derniers litres d’eau. Avec la petite pompe à main achetée ici avec un long tuyau, c’est enfin possible. Puis je me penche sur les réservoirs de gasoil. Il y a une jauge qui ne fonctionne pas. Pourquoi ? Le premier réservoir a une jauge qui fonctionne. Au second l’électricité n’arrive pas. Je suis le fil dans les fonds et découvre un fil desserti. Je le nettoie et le sertis et ça fonctionne. Je suis heureux que les choses fonctionnent et que je sois capable de les réparer. Peu à peu je découvre les secrets du bateau.
L’après-midi le livreur de DHL apporte le vase du vérin. Il est joint un mode d’emploi pour le montage. Alors au boulot. Je démonte l’ancien vase en observant bien comment il est monté. Nous nettoyons les pièces à l’acétone pour les dégraisser et je remonte en mettant du frein filet sur les pas de vis. Une fois tout remonté nous remplissons le vase de liquide hydraulique. Ça ne semble pas fuir. Néanmoins nous mettons du sopalin autour des parties vissées pour confirmer. Une heure plus tard, pas de trace de fuite. Alors je remets en place l’engin à grand peine tant sa place est exigue.
Le soir nous discutons avec les voisins, Frédérique et Catherine qui veulent faire des courses en Espagne avant de partir. En effet tout est moins cher là-bas. Nous irons ensemble en taxi, jusqu’au Carrefour de La Linéa, juste de l’autre côté de la frontière. Nous faisons la liste de nos besoins, surtout de ce que nous risquons de ne pas trouver à Tanger, comme vin, alcool et charcuterie.

Le 29.09.07
Jean-Michel va avec Frédérique et Catherine faire les courses. J’ai en charge la surveillance des enfants qui doivent faire leurs devoirs car il y a école à bord tous les jours !
Pendant ce temps je fais des rangements avant le départ. J’en ai marre de Gibraltar, et surtout de ne pas naviguer. J’ai hâte de découvrir Tanger et de rencontrer mon ami Brahim qui nous attend avec impatience.
Pendant que Frédérique et Catherine font les courses au carrefour de l’autre côté de la frontière, je fais du baby-sitting avec Pablo et Tiphaine qui ont comme consigne de faire leurs devoirs et d’apprendre leurs leçons. Pendant que je range sur le bateau, je les entends parfois rigoler ; je leur dis de travailler et le silence revient. Au bout d’un moment ils viennent me voir pour me dire qu’ils ont fini mais qu’ils peuvent continuer et s’avancer sur le programme !
Vers midi, les adultes faisant les courses ne revenant pas, les enfants viennent me dire qu’il est l’heure de manger et ils m’invitent. Je leur réponds que j’attends Jean-Michel pour déjeuner, mais que je vais aller avec eux pendant leur repas. Pendant qu’ils mangent la salade composée faite par maman, ils me racontent leurs lectures, le bateau, l’école… Ils sont vraiment charmants.
Enfin les parents reviennent et Jean- aussi au moment où les enfants étaient à mon bord en train de regarder un DVD de Titeuf. Au boulot, il faut aider les parents à tout ramener car ils ont fait un grand avitaillement. Jean-Michel est revenu avec le caddy acheté par Mimi en piteux état car les roues sont parties….
L’après-midi Jean-michel se lance dans la peinture des parties du pont recouvertes de Rustol. Il met du caoutchouc chloré blanc. Le bateau va paraître neuf ! Pendant ce temps je me lance dans de l’électricité pour mettre des prises allume-cigares à un phare susceptible d’éclairer les rives ou les obstacles de nuit. Puis sur une lampe pour éclairer le cockpit le soir. Je reprends une lampe laissée par les précédents propriétaires et refais son électricité. La lampe porte le nom ancien du bateau : Témenos.
Là-dessus, Jean-Michel m’appelle pour dîner à bord de Yallingup. Frédérique et Catherine nous invitent en même temps que François, Clarisse et leurs trois enfants. Douze personnes : les six enfants dans le carré et les adultes dans le cockpit. Champagne d’abord pour fêter la très prochaine retraite de Jean-Michel à partir du premier octobre ! C’est sympa ! Puis autour d’une grosse cocotte de spaghettis bolognaise, la soirée se prolonge en discutant bateau et navigation. François et sa famille ont déjà fait un tour de l’Atlantique en 2000 et recommencent cette année. Ils sont enseignants, ils ont acheté un nouveau bateau et ont pris une année sabbatique. La soirée est bien agréable, mais passé minuit il fait songer au départ et à coucher les enfants, non sans avoir échange adresses mail et téléphones. C’est tout le charme des rencontres en voyage. Frédérique et sa famille vont aller assez vite aux Antilles, tandis que François va aller jusqu’en Casamance comme nous. Nous nous suivrons donc souvent à commencer pour Tanger où ils vont aussi.

Le 30.09.07
Matinée de bricolage, finitions de peinture, d’électricité et d’écriture.
J’envoie un mail à un routeur connu, Daniel Tranchant, qui conseille Frédérique. En retour, il me téléphone et m’explique ce qu’il peut faire. Si je lui donne ma position, le vent, la pression, et la destination, il peut me donner les conseils météo pour partir dans de bonnes conditions pour une destination donnée, ou en route pour changer de cap afin d’éviter du mauvais temps ou pour aller chercher plus de vent en cas de besoin. Il répond très vite par mail avec ses conseils avisés auxquels ont recours un certain nombre de navigateurs.
Ce sera un élément de sécurité maintenant que nous allons commencer les traversées plus longues !
Nous partirons demain matin pour Tanger. Enfin nous bougerons !
Cette après-midi je tente de me connecter au Lord Nelson bar, mais en vain. L’informatique a ses mystères qui me font rager ! Pendant ce temps je bois une bière et je regarde le match de rugby de la coupe du monde France Géorgie. La France gagne, mais peut encore être éliminé si l’Argentine gagne son match contre l’Irlande… A suivre…

Le 01.10.07
Grand jour : Jean-Michel est en retraite à partir d’aujourd’hui ! Maintenant il y a deux retraités à bord !
Je me réveille tôt avec la pression psychologique du départ, puisqu’il faut respecter un horaire de départ qui est fonction de la marée et des courants qui s’inversent à partir d’une heure précise pour refluer de la Méditerranée vers l’Atlantique. Nous serons ainsi portés par le courant qui s’ajoutera à notre vitesse due au vent.
Mais du vent il n’y en a pas. Les drapeaux ne flottent pas. L’eau du port et de la baie est sans ride ! Alors dans ces conditions faut-il partir ou non ? Nous hésitons un moment. Notre routeur nous avait envoyé un mail pour nous dire que nous aurons du vent d’est, sud-est suffisant…
Catherine et ses enfants se préparent pour aller à pied sur le rocher voir les singes, pendant que Jacques ouvre des trappes sur le bateau de Frédérique. Catherine et les enfants nous disent au revoir au cas où nous partirions… C’est un moment émouvant et l’on se dit qu’on se reverra plus tard, plus loin…. Espérons.
Après une heure d’indécision, pendant que l’anémomètre indique vent de 0 à 2 nœuds, l’envie de bouger est la plus forte. Je vais payer la marina et nous partons. Les amarres larguées, nous allons un peu plus loin dans le port faire le plein de gasoil. 220 litres pour compléter les réservoirs. Mais je vois la pompe de puisard qui se met en route et évacue du gasoil. J’ouvre l’accès moteur et vois une légère fuite qui vient de dessus le réservoir journalier. Nous verrons à la prochaine escale.
Nous partons à 11h au moteur et traversons la baie d’Algésiras encombrée de cargos à l’ancre qui attendent de décharger ou de charger. Nous nous faufilons entre, dans une mer sale, encombrée de bouteilles vides, de plastiques. C’est l’endroit le plus sale depuis notre départ !
Nous continuons au moteur pendant deux heures. Le vent qui s’est levé peu à peu nous permet de mettre les voiles. Il est sud sud-est à 10 nœuds. Progressivement il monte vers 12 à 15 nœuds. Nous l’avons de travers et nous avançons à 4,5 à 5 nœuds sur une mer très calme. Une navigation très agréable.
J’ai mis la ligne de traîne et une bonite a la bonne idée de se prendre juste avant le déjeuner.
Je lève les filets et elle passe aussi tôt à la poêle. Elle a choisi la bonne heure car elle est la seule de la journée à mordre !
Nous revoyons les côtes espagnoles avec beaucoup d’éoliennes sur les petites montagnes.
Dans le détroit les bateaux sont nombreux, cargos, porte-contenairs, ferry. Certains vont vite en suivant les rails montants ou descendants. Le courant nous fait gagner près d’un nœud, puis progressivement jusqu’à 2,5.
Nous traversons les rails en oblique pour quitter la côte espagnole et nous rapprocher de la côte marocaine que nous distinguons mal dans une brume assez forte.
Vers le milieu du détroit, la mer se creuse sous l’effet du vent, des courants et de la grande houle de l’Atlantique. Il y a des creux d’environ deux mètres. Le sommet des lames est moutonneux. En se rapprochant de la côte marocaine les creux diminuent, le courant aussi. Vers l’arrivée il s’inverse et nous devons mettre le moteur pour les quelques derniers miles.
Il y a de jolies petites villes le long de la côte rocheuse et escarpée. Au loin on aperçoit Tanger et l’on voit les ferries venant de Tarifa s’y rendre.

Océan Atlantique Europe Portugal

Posted on août 24th, 2007 by Christian

Le 24.08.07
Nous voilà au Portugal, dans la marina de Leixoes (qui se prononce quelque chose comme Lecchoes)…. Et que je n’arrive pas à prononcer comme les gens du coin). Et là, grand changement : il fait chaud ! Une vraie grosse chaleur, alors qu’une heure avant nous avions froid en mer, juste en face le port…. La marina nous fournit un plan de la ville et un autre de Porto qui est proche. Nous visitons à pied Leixoes. C’est très différent de l’Espagne. Il y a beaucoup de maisons très vieilles et pas entretenues. On sent le manque d’argent. A côté é de ça il y a des architectures très modernes. Les ruelles n’ont rien de particulier. Alors nous prenons un taxi pour Porto. Il nous dépose au centre ville. Une grande place, des rues aérées, larges. Un mélange d’architecture très particulière, assez baroque, d’architecture moderne, et d’architecture austère, à la soviétique…. Les gens semblent moins élégants qu’en Espagne. Les magasins sont plus vieillots. Nous prenons un pot à la terrasse d’un café avec une pâtisserie choisie sans peine car les variétés de gâteaux proposés sont restreintes…
La première impression de Porto est un peu décevante. En rentrant en bus, nous rencontrons un charmant monsieur qui nous guide et nous dit avoir fait ses études en France il y a 40 ans, puis n’y être jamais retourné. Il parle encore assez bien. Les quartiers de Porto le long du fleuve Douro sont faits de pavillons et de parties boisées. Des barques, quelques bateaux à l’ancre. Un grand calme des villes de province.
Nous appelons Zahra : finalement elle ne viendra pas nous rejoindre, pour des questions de budget. Pas de chance, moi qui me faisais une joie de l’avoir à bord une semaine. Ce sera, je l’espère pour une autre fois !
Sur le chemin du retour nous mangeons dans un restaurant dans une ruelle : poisson et calamars grillés, salade et vinho verde. Le gril est à même le trottoir. La vieille patronne surveille le préposé au gril et les serveurs, rien ne lui échappe ! Des familles mangent en parlant fort. Que c’est bon ! Nous nous endormons le ventre plein et le corps fatigué par la traversée. Les mouches n’arrivent pas à nous réveiller !

Le 25.08.07
Grasse matinée ensemble puisqu’il n’y a plus de quart ! Ca fait du bien de se retrouver !
On nous a dit qu’il y a un marché pas trop loin à pied. Nous y allons. C’est après un grand pont qui enjambe une partie du port. Le marché est sous une grande halle. Il y a principalement des poissonneries. Les étals sont appétissants, le choix est grand.
Marché de Matoshinos
Il n’y a que des vendeuses. Certaines ont l’âge de la retraite, et préparent le poisson et discutant. Les prix sont assez bas. Plus loin les fruits et légumes. Il y a le choix ! Il y a même des poules et des lapins vivants ! Mimi en regarde et veut caresser un lapin en pensant à Sophie qui aime les lapins apprivoisés ! La vendeuse en prend un et le lui tend. Mimi a un peu peur. La vendeuse veut une photo avec Mimi et demande qu’on lui envoie plus tard ! Les femmes plaisantent, se font la bise et nous continuons les courses. Les bras chargés nous nous arrêtons dans le café de la halle. Nous commandons à boire en français et espagnol. Le patron nous répond en français sans accent ! José a vécu toute sa jeunesse en France où il a fait ses études. A 18 ans il est venu faire son service militaire au Portugal et il y est resté, s’y est marié et y travaille.
Il se plaint de la vie chère depuis le passage à l’euro et des impôts très importants….
Nous discutons un moment avec plaisir !
De retour au bateau, déjeuner, sieste, écriture… Je consulte la météo : une dépression se creuse au sud et est menaçante sur le Portugal pour demain dimanche avec orage et des rafales possibles de sud est de 90 Kms… Nous ne partirons donc pas demain. Ce sera une journée pour visiter Porto !

Le 26.08.07
Ce matin Mimi n’a pas la forme. Ses filles sont loin et lui manquent ! Nous traînons la matinée, puis nous allons visiter Porto dès que la pluie s’arrête. Nous prenons le métro qui est moderne et très pratique.
Métro de Porto
Il y a une station non loin de la marina. Des gens très aimables nous expliquent comment prendre un billet avec la billetterie automatique. En plus le trajet n’est pas cher. Le métro est d’abord aérien et nous pouvons voir la banlieue, parfois avec des quartiers d’immeubles, parfois avec des pavillons, souvent très anciens et parfois délabrés. Des espaces de friches subsistent. Les stations sont très modernes, tout en carrelage et en dalles de granit gris. Nous voici au centre ville. Des églises baroques aux autels chargés d’or et de tentures, de vieux immeubles aux charmes désuets. Les magasins font très province.
Belle église de PortoCoeur d’église très chargé à Porto
Au bout d’un moment nous descendons vers les rives du Douro.
Porto et le Duro
Nous croisons une foule de gens qui écoutent une harmonie municipale, et d’autres qui ont des enfants habillés en anges, vierges, saints, évêques ; leur mère les accompagne pour une fête religieuse dans une église bondée. On croirait une parodie, mais non c’est une manifestation religieuse !
Magasin d’objets religieux
Service Divin
D’ailleurs la ville regorge de magasins vendant des articles religieux : cierges divers, statues de saints, vierges, christs…. Il faut croire que des gens achètent !
Magasin d’objets religieux

Nous descendons vers le Douro par des ruelles escarpées qui ressemblent aux rues escarpées de Montmartre. Le quartier est pauvre mais pittoresque. Nous arrivons sur la berge qui est aménagée récemment de façon moderne, avec de nombreuses terrasses de café. Quelques saltimbanques, quelques vendeurs d’objets divers et beaucoup de promeneurs et de touristes. Nous prenons un billet pour une promenade en bateau sur le Duro. Nous remontons le fleuve en passant sous les différents ponts, celui ancien construit par Eiffel, et des modernes. Les rives sont très diverses. De nombreuses constructions sont à l’abandon, parfois écroulées. Des petites maisons sont accrochées sur les flancs des nombreuses collines qui surplombent les berges. Il y a beaucoup de verdure, de couleurs ! C’est assez méditerranéen ! Puis le bateau redescend jusqu’à l’embouchure du fleuve. C’est beau et surprenant, tant il y a de maisons vieilles et abandonnées. L’argent manque, c’est évident.
Le bateau se range le long du quai de départ et nous débarquons. Juste là des gens mangent sur des tables installées sur le trottoir sous une tonnelle de vigne. L’endroit est surprenant, en pleine ville, la scène aussi par son naturel en plein air, avec le barbeque qui grille des sardines. Ça sent bon ! Mimi s’enhardit et demande si on peut manger. Quelqu’un lui explique en assez bon français que ce sont des amis qui fêtent l’anniversaire de l’un des leurs. Mais que si nous voulons nous sommes invités à manger et à boire ! Mimi dit que nous ne voulons pas déranger, mais l’homme insiste et dit que c’est l’hospitalité portugaise !
Nous nous attablons et l’on nous met devant nous de la salade de tomate, des poivrons au grill, des sardines grillées et du travers de porc grillé. Le tout avec un grand verre de vin rouge du cru ! Un festin à volonté dans la bonne humeur. Flavio dont c’est le 46 ème anniversaire, s’installe en face de nous et nous trinque de nombreuses fois. Il n’y a que des hommes, tous amis et membre d ‘un club sportif. Les femmes sont ailleurs. Nous prenons des photos, on échange des adresses. Trois personnes parlent bien le Français. Un homme dont la profession est de faire atterrir les avions, entreprend de nous parler de Porto et de la vie simple à Porto, qui est une ville accueillante pour les touristes. Il est pressant avec Mimi qui prend un peu de distance et vient plus près de moi. Un autre, cuisinier, nous parle de l’histoire de la ville, du porto, de ses caves, des différents goûts des portos… Que ces gens sont aimables et accueillants !
La soirée avance et les hommes commencent à ranger. Nous prenons congé tout en prenant rendez-vous pour le lendemain 10 heures, pour visiter un atelier qui fabrique les bateaux qui transportent les barriques de porto sur le fleuve. Nous terminons au bar du club pour déguster un porto rouge super !
Nous rentrons bien gais, par le métro !

Le 27.08.07
Nous reprenons le métro pour aller au club à notre rendez-vous. Joao nous attend. Nous allons non loin dans un petit atelier où le frère de l’un des amis fabrique… des maquettes de bateaux qui transportaient les barriques de porto ! Des maquettes et non des vrais bateaux ! Je suis un peu déçu, mais quel travail que ces maquettes toutes faites manuellement dans différents bois. Il y a aussi quelques maquettes de voiliers anciens de l’histoire portugaise….
Nous sortons pour aller ensuite visiter la ville avec notre guide. Quelques églises toutes aussi dorées et baroques à l’intérieur, en granit et azulejos à l’extérieur. Puis il nous emmène dans des magasins qui vendent du porto. Joao est intarissable sur chaque bouteille, expliquant le goût plus ou moins doux, les mélanges de cépages, les portos de garde. Il y en a des vieux dont une bouteille de 1938 qui vaut 1250. Et puis il y a les vinho verde, tous différents, plus ou moins acides, avec plus ou moins de bulles… Les vins rouges, de la région du Duro, des autres régions de l’intérieur, de l’Algarve…. Nous achetons quelques bouteilles pour avoir un peu de réserve dans le bateau. Dans une boutique de fromage, nous goûtons différents vieux fromages. Joao dit en acheter chaque année à Noël pour les manger l’été, bien affinés !
Nous arrêtons dans le centre, Joao veut bien boire un coup mais pas manger car il doit déjeuner avec son épouse qui l’attend. Nous mangeons des plats de poisson typiquement portugais et bien savoureux ! Puis nous rentrons au bateau bien chargés. Heureusement que nous avons acheté un Caddy à roulette qui nous servira pour les courses futures !
Nous en avons plein les pattes !
Alors c’est le moment de se dégourdir les doigts sur l’ordinateur pour vous raconter nos rencontres ! Nous ne pouvons pas naviguer vu le temps et l’absence de vent ici, tout comme les autres bateaux qui sont au port, le mêmes depuis plusieurs jours. De beaux bateaux de voyage pour la plupart, très bien équipés. L’anglais règne en maître entre étrangers de différentes nationalités.

Le 28.08.07
Toujours pas de vent pour partir… Les autres bateaux ne bougent pas, comme nous… Ils attendent. Pour le 30, la météo annonce enfin plus de vent ! Je rencontre un navigateur français, qui vit sur son bateau depuis 5 ans et qui va rejoindre la France sans son bateau pour remplir un peu la caisse de bord. Il est seul avec un chien et il veut faire le tour de la Méditerranée. Le bateau voisin à bâbord est anglais. Un couple avec une fille d’un mois qui rejoint les Canaries où il vit. A tribord un couple d’Allemands avec deux jeunes garçons…
Journée de calme mise à profit pour classer les photos du voyage afin de les identifier pendant que les souvenirs sont là.

Le 29.08.07
Journée sans vent, avec une brume qui encercle le port presque toute la journée et un soleil qui finit par percer en milieu d’après-midi. Journée de rangements et de classement de musiques pour préparer les traversées. Mimi aime bien écouter le baladeur pendant les quarts de nuit. Moi j’aime bien écouter la chaîne lorsque je navigue…. Une vie comme à la maison certains jours…
Faute de vent, tout le monde reste au port qui commence à sentir mauvais car l’eau stagne. J’ai envie de partir ! La météo promet plus de vent pour demain : nous mettrons les voiles.

Le 30.08.07
Petit-déjeuner, douche, passage à la capitainerie pour régler l’adition, une vingtaine d’euros par jour, et vers 10h nous quittons le ponton aidé par des hommes de service très aimables.
A la sortie du port, le vent est faible. Nous allons voir plus loin au large s’il est plus fort.
Oui eu peu, 10 nœuds pour commencer. Il fait beau, nous mangeons de bon appétit la cuisine de Mimi, toujours savoureuse ! Puis le vent mont à 15 nœuds et parfois 20, mais plein arrière. Je sécurise la baume pour éviter tout empannage intempestif, car le vent passe de 150° tribord à 150° bâbord. Nous avançons à 5 nœuds, parfois un peu plus avec un courant favorable qui nous fait gagner près d’un nœud. Le soir, sans soleil il fait frais ! Froid même. Deux polaires l’une sur l’autre pour veiller dans le cockpit. Souvent je descends dans le carré et remonte tous les quarts d’heure pour voir si un bateau u n’est pas sur notre route…. Mimi vient me relayer. Comme le bateau roule beaucoup, elle a peu dormi. Et puis dans le bateau on entend bien plus de bruit que dans le cockpit ; les bruits sont amplifiés dans cette caisse de résonance.
A chaque fois je trouve que la nuit c’est dur, ça casse les rythmes. Et puis la mer et le roulis travaillent le corps. Il faut se tenir bien pour monter ou descendre, pour se déplacer dans le bateau…. Mimi doit encore se protéger avec un patch. J’espère qu’elle va s’amariner et pouvoir s’en passer !

Le 31.08.07
Navigation toute la journée. Des dauphins viennent jouer de chaque côté de l’étrave. Ils sont une bande de 4 ou 5 et ils nous font voir leur ventre blanc à chaque fois qu’ils virent et plongent sous le bateau.
La mer est belle, avec de petits moutons au sommet des lames de houle. Deux mètre de creux. Parfois une lame nous déporte, le pilote corrige et nous redescendons dans un creux pour remonter plus loin. Ça bouge dans le bateau. Mimi a bien rangé les choses et rien ne jonche le sol. Il y a des progrès depuis les débuts ! L’expérience !
Mimi me demande si nous arriverons dans la journée. Je regarde la carte. Il y a encore bien du chemin… Nous arriverons le soir probablement tard, à la nuit, ce que je ne voulais pas,, je ne me sens pas à l’aise pour rentrer dans un port que je ne connais pas, la nuit ! Aussi je suis tendu. Continuer plus loin, sauter Lisbonne, ou rentrer de nuit ? Nous voulons voir Lisbonne. Alors rester au large et attendre le jour, ou rentrer de nuit ? J’ai le guide nautique qui donne des détails et le plan du port. Alors on tente. Ce sera une première pour moi et pour Mimi.
En approchant de Cascaïs, on passe un cap qui fait que le vent du nord ne vient plus de la mer, mais de la terre. Et tout d’un coup il est chaud, comme les alizés ! C’est surprenant et bien agréable. J’enlève ma polaire. Mimi qui avait mis polaire et gilet de sauvetage, vu la chaleur et la mer calme enlève tout le superflu. Nous rentrons la grand voile, préparons les amarres et les pare battage. La côte semble tout près, avec de nombreuses lumières. Où est la jetée ? Enfin nous voyons un feu rouge, mais pas le vert. L’entrée doit être par là. De petites bouées blanches, peu visibles signalent qu’il ne faut pas longer la jetée de trop près. Voilà le feu vert. Je rentre dans le port et tout de suite il y a le ponton visiteur à tribord. Mimi est prête. Des hommes sont là près de leur bateau. Mimi leur tend l’amarre et ils amarrent le bateau. Ce sont des espagnols qui naviguent pour les vacances sans leurs épouses qui n’aiment pas la mer. Nous discutons un peu. Mais il est minuit passé et j’ai sommeil. Mais un homme de la marina vient. Il veut les papiers du bateau. Nous allons dans son bureau ; il me donne une carte magnétique pour les toilettes… puis me dit qu’il faut aller se mettre à une place au fond un port, maintenant ! Il va me montrer l’emplacement. On enlève les amarres, remet le moteur en route et on le suit avec son pneumatique. Au fond du port une place sur catway. Il nous amarre. Je veux brancher l’électricité, mais les prises ne sont pas à la norme européenne…. Ce sera pour demain, on va dormir, malgré la musique de la boîte de nuit qui est en face !

Le 01.09.07
Grasse matinée, puis papiers à la capitainerie.Les gens sont aimables, mais la marina est très sélect et très chère. Nous n’y resterons pas longtemps…..
A la capitainerie, je rencontre un français. Je discute avec lui et au bout d’un momnet il me dit qu’il me connaît ! Est ce que je n’étais pas au port à sec de Portlavigne ? Oui, bien sûr. Lui aussi, il avait un bateau non loin du mien et il m’avait acheté l’annexe en alu qui tenait beaucoup de place sur le bateau et gênait pour les manœuvres. Pour lui, elle convenait parfaitement pour son bateau et ce qu’il voulait faire. Je lui ai vendu et ai acheté une annexe gonflable. Nicolas était là. Puis il disparaît pendant que je fais mes démarches administratives.
Je rentre au bateau et en parle à Mimi, lorsque l’on frappe sur la coque du bateau. Je sors et vois Nicolas en annexe avec son petit garçon de deux mois, Maël. Je les invite à bord et nous discutons un bon moment en buvant un verre. Nicolas a plaqué un jour son boulot qui ne lui convenait plus et il a retapé une maison ? Avec le bénéfice de la maison il a acheté un bateau qu’il retapait dans le port à sec où je l’ai connu. Et puis il a pris le large et le voilà au Portugal, avec femme et ses deux enfants. Il compte hiverner au sud de l’Espagne ou au Maroc car son épouse doit retourner en France travailler quelques mois pour une fin de contrat. Et puis ce sera le tour du monde. En attendant Nicolas s’est fait peur en traversant le Golfe de Gascogne où il a eu la tempête avec force 8 établi et des rafales à Force 10. Il a mis à la cape 24h et est reparti avec le temps plus calme. Il est arrivé à Camarins avec un vent de 35 nœuds. Le même parcours que nous, mais pas le même temps…
C’est le plaisir des rencontres. Après nous traînons, puis déjeunons et faisons une sieste tant la chaleur n’incite pas à la ballade tout de suite.
Ensuite nous allons nous promener le long de la baie de Cascaïs et au hasard des ruelles de la ville. La baie est magnifique entre Cascaïs et Estoril. On voit au loin le grand pont suspendu de Lisbonne. Des bateaux de pêche sont près des quais, des bateaux de plaisance sont à l’ancre dans la baie aux eaux calmes. Les plages sont pleines de monde. Il fait chaud. Il y a de belles maisons et des hôtels à l’architecture ancienne recherchée, avec des palmiers et des fleurs partout. C’est une station proche de la capitale et qui reçoit des touristes depuis longtemps. Le luxe est présent partout. Nombreux sont les restaurants dans les ruelles. Mimi fait du lèche-vitrines. Contrairement à l’Espagne on ne voit pas de Sénégalais vendre à même le sol toutes sortes de marchandises dont la plupart ne sont que des copies illicites. Ici il y a quelques magasins tenus par des indiens qui vendent habits et accessoires.
Cascaïs est une belle ville animée où il fait bon flâner. Les prix sont un peu plus chers qu’à Porto.
Demain nous irons jeter l’ancre dans la baie pour économiser le prix de la marina.
Les photos suivront une prochaine fois car cette liaison internet coupe sans cesse et ne permet pas de faire ce que nous voulons….
Notre position: Cascaïs (près de Lisbonne) 38.41.432N 09.25.139W

Le 02.09.07
Le matin je me pose la question d’aller mouiller dans la baie. J’y vois beaucoup de voiliers déjà ancrés. Trop à mon goût ; j’ai peur qu’au cas où le vent se lève, je ne puisse plus repartir sans risques. De plus le guide parle de baie peu sûre car les fonds seraient encombrés…
Alors je ne suis pas rassuré. Les souvenirs d’un précédent mouillage à l’île d’Hoëdic où mon ancre avait dérapé me poursuivent. Le vent s’étant levé j’avais du lever l’ancre et mouiller plus loin, non sans devoir faire un slalom très proche de voiliers, dont un dont j’avais effleuré la chaîne d’ancre ! Finalement je reste à la marina et nous allons nous promener dans Leixoes. Nous passons sur le ponton des pêcheurs et voyons un couple de français avec deux enfants débarquer de leur annexe. Francis retourne au bateau, Katherine et les enfants vont à la plage. Nous discutons un moment. Ils vont au Sénégal avec une mission de voiles sans frontières ; ils apportent des médicaments pour le Saloum. Nous échangeons nos coordonnées pour se joindre plus tard pour échanger des nouvelles et se rencontrer aux escales. Le couple est très sympa, le petit garçon aussi et la petite fille est une amie de rencontre.
Nous passons la journée dans la ville à flâner le long des rues et des plages. Il y a des plages de sables et des sortes de quais en escaliers en béton pour bronzer et plonger. Ça fait penser au Gates de Calcutta, mais on n’y brûle personne, on n’y prie pas…

Le 03.09.07
Lever pas trop tardif, puis nous prenons le train pour Lisbonne. Un train régional moderne nous emmène en une demi-heure au centre de Lisbonne. Nous longeons la mer et les villas de luxe. Joli paysage et richesse étalée. Pas mal de monde dans le train et encore plus dans la gare d’arrivée qui a une interconnexion avec le métro. Lisbonne a un aspect plus moderne que Porto ; les maisons délabrées sont bien plus rares. Dans le centre nous voyons de larges avenues et places. Toutes sont pavées de petits pavés blancs avec des dessins de pavés noirs. C’est superbe et glissant. Nous avisons une agence de voyage et entrons pour chercher un billet d’avion pour Mimi qui doit rentrer à Paris le 15 septembre pour la parution et le lancement de son livre autobiographique. L’idée du départ nous trottait dans la tête depuis quelques jours, mais la concrétisation, l’achat du billet fait que bientôt nous seront séparés pour deux mois. Ce sera dur ! La vendeuse très aimable et qui parle bien le français nous trouve un billet au départ de Séville qui est moins cher que depuis Lisbonne ou Tanger.
Mimi verse une larme à la pensée de la séparation prochaine. Moi ce n’est pas loin…
Nous continuons la ballade et prenons le bus 28 pour l’Alfama, un vieux quartier de la ville juché sur l’une des collines. Pour ça nous avons pris un passe pour la journée pour tous les bus : le passe des 7 collines. Le tramway est d’avant-guerre, peur être la première guerre mondiale ; il est en bois, petit et bondé. Le conducteur est un vrai personnage de film, surveillant la circulation des voitures, , son engin, les passagers qui montent ou descendent, ceux qui voyagent gratis sur les marches extérieures…. Dans les petites rues le tram passe à quelques centimètres de voitures garées ! Il grince en montant les côtes parfois raides, mais il monte vaillamment au petit pas. Nous le prenons jusqu’au terminus, puis le reprenons en sens inverse jusqu’à mi-course. Nous pouvons ainsi flâner dans l’Alfama et ses vieilles rues autour du château Saint Georges. Il y a de beaux magasins d’antiquités, d’artisanat ou d’objets religieux. Nous discutons en français avec une femme qui tient un magasin d’objets artisanaux. Comme je m’étonne du nombre d’objets religieux que nous voyons partout, elle m’explique que l’Eglise tient encor une très grande place dans la société portugaise, qu’elle a un très grand pouvoir, politique, religieux et social par l ‘intermédiaire de nombreuses associations. Elle a beaucoup de pouvoir dans le nord qui vote encore toujours à droite, alors que le sud vote plus à gauche parce que dans le sud c’est le règne des très grandes propriétés agricoles et des ouvriers agricoles souvent communistes.
En fin d’après-midi nous revenons au centre ville. A la terrasse d’un café nous rencontrons un couple de français et nous discutons de choses et d’autre. Moi, surtout de bateau avec Bruno, et Mimi surtout de choses de femmes avec la compagne de Bruno. Le soir lorsque nous en reparlerons ensemble nous constaterons que nous avons parlé de sujets très différents. Les hommes, bateau et travail ; les femmes, habits et vie de couple….
Bon il est l’heure de reprendre le train. A Cascaïs nous nous promenons encore un peu et dînons à la portugaise. Retour au bateau pour une retrouvaille d’amoureux qui pensent déjà à la séparation.

Le 04.09.07
Départ de la marina après que Mimi ait préparé le repas que nous prendrons en mer. La météo annonce un bon vent nord-ouest à nord est de 10 à 15 nœuds. En fait le vent est très faible environ 5 nœuds ; je garde le moteur pour aller chercher le vent plus au large. Je ne trouve pas le vent, mais un ciel bas, une brume de chaleur et un vent sud est… la direction où nous allons. Le vent monte un peu. Je tire des bords pour avancer un peu.
Je mets la ligne de traîne. Vite la pêche est bonne : un maquereau, deux orphie et une bonite d’un bon kilo ! Je retire la ligne car on a assez à manger. Ce soir je préparerai la bonite en levant les filets !
La brume devient un brouillard de plus en plus dense. D’un mile avant nous voyons maintenant à quelques centaines de mètres. Je mets l’AIS en route pour me signaler aux autres bateaux équipés et pour les voir sur les cartes informatiques. Je vois quelques bateaux qui ont des routes souvent parallèles, parfois de traverse. Ils passent au loin. Rien trop proche. Le plus près passera arrière à 3 miles. Il faisait 263 mètres sur 33….
J’ai peur de bateaux non équipés, comme des pêcheurs. Mais apparemment ils ne sont pas sortis car nous ne verrons personne. Mimi veille l’après midi pendant que je dors. Puis le vent étant tombé, je mets le moteur et nous avançons à 4,5 nœuds dans le coton. La nuit tombe. Je vois une auréole de lumière au sommet de mon mat : ce sont mes feux de route. Je vois un croissant de lune qui fait un petit halo.Je vois la forme de mon bateau, un peu de mer gris noir autour, et puis du coton gris depuis la mer jusqu’au ciel… Ce n’est pas rassurant, malgré les moyens modernes de détection. Pauvres marins d’autrefois qui n’avaient aucun moyen de détection ni de GPS ! Que de naufrages aussi ! Dois-je mettre à la cape ou continuer au moteur. Je choisis d’avancer. Lorsque je demande à Mimi de prendre le quart de nuit, elle a peur et refuse et disparaît dans une cabine… Alors la nuit est longue, assis dans la descente à surveiller les 300 mètres de visibilité, s’il apparaissait quelque chose. Je mange une pomme pour ne pas m’endormir, puis une autre…. C’est usant.
Mais le matin finit par se lever, la brume aussi ; pas le vent. Toujours au moteur. Mimi prend ma relève et je vais m’effondrer sur la couchette malgré le ronronnement du moteur et le bruit des lames.
Soudain Mimi me réveille. Le moteur baisse de régime semble-t-il. En effet il s’arrête ! Encore ce problème d’alimentation de gasoil ! J’en ai marre, le coup au moral est rude. Je descends et ouvre les accès moteur. Le filtre à gasoil est presque propre, pas de quoi faire caler. Je le nettoie. J’enlève l’arrivée de gasoil du filtre ; le gasoil arrive en pipi de chat. Je souffle dans le tuyau et l’air passe, ce n’est pas bouché, mais ça ne coule pas plus vite. Je souffle de nouveau puis aspire et là ça coule bien. Je remets le tuyau, purge le circuit et ça démarre. Je referme, me lave les mains pleines de gasoil odorant !
Que faire avec ce problème de gasoil qui est récurent et potentiellement dangereux. Les mécaniciens n’y comprennent rien, ne savent quoi faire. Je vais m’en occuper et je pense que j’arriverai à changer le réservoir journalier horizontal pour un vertical de façon à ne pas risquer d’avoir des moments sans alimentation lorsque ça gîte trop !
Mimi me raconte que cette nuit, elle a vu beaucoup de dauphins qui ont joué devant l’étrave du bateau pendant une heure. Elle est allée à l’avant et a pris beaucoup de photos ! En en parlant elle est encore heureuse de ce super spectacle !
Nous arrivons devant le cap Saint Vincent, qui marque la fin de la côte ouest du Portugal. Après la côte devient est, c’est l’Algarve. Le cap est impressionnant avec ses hautes falaises !
Par endroits, la mer a creusé des grottes. Des vagues y entrent, s’engouffrent violemment et ressortent en une pulvérisation d’écume jaillissante ! c’est magnifique.
Nous passons devant Baleiera où nous pensions nous arrêter. Je décide de continuer encore jusqu’à Lagos 17 miles plus loin. Nous arrivons vers 20 au ponton visiteur après un court moment à la voile avec un vent qui s’était levé à 20 nœuds. Mimi n’est pas rassurée car ça gîte assez. Une panne gasoil et la gîte c’en est trop. Elle reparle de Paris, qu’elle m’aime, mais qu’elle n’aime pas la mer et mon bateau ; que ça de bat dans sa tête et qu’elle pense à la difficulté de revenir après son séjour à Paris. Elle verse une larme ; moi je suis très triste et essaie de ne pas penser à cette éventualité. Je ne veux pas la forcer non plus à faire ce qu’elle n’aime pas. Je dois reconnaître que ce n’est pas évident pour tout un chacun , la mer, le bateau et leurs mouvements. C’est exigeant pour le corps et pour la tête. J’admire Mimi qui s’adapte pourtant assez bien et qui est courageuse. Mais je sens qu’elle peine, bien qu’elle apprécie les escales. La mer la travaille au corps et lui fait peur, les enfants lui manquent.
Nous approchons de Lagos ; les falaises sont toujours hautes. Les rares endroits où la falaise s’abaisse vers la mer abritent des villages blancs. Un cap et derrière il y a Lagos. Les falaises de ce cap sont déchiquetées, laissant dans la mer des colonnes trouées de grottes. Le roc est ocre strié de couches de teintes différentes. La nature est magnifique.
Lagos est là. Affaler la grand voile, préparer amarres et pare battages et nous entrons dans la passe entre les jetées. A bâbord la ville illuminée déjà, et à tribord terrains vagues et chantiers.
Une fois au ponton, démarche à la marina, un rapide souper et au lit biens sages !

Le 06.09.07
Ce matin nous allons nous installer à une place affectée sur catway. Là nous aurons électricité à volonté et frigo. Nous pourrons prendre une douche.
Journée de bricolage pour préparer le départ demain j’espère si le vent le veut pour Cadix.
La marina propose un accès wifi payant depuis le bateau, 10 $ la journée. Dans la marina il y a surtout des Britanniques avec des bateaux bien équipés. Peu de Français, quelques nordiques.
Je vérifie tout ce qui peut se dévisser à bord. J’appelle Laurent pour se mettre d’accord sur la longueur des lattes pour l’enrouleur de génois qu’il fera faire et pourra donner à Jean-Michel pour qu’il me les apporte en venant.
En soirée nous allons nous promener dans Lagos. La petite ville est une station balnéaire très animée. Beaucoup de gens se promènent, les restaurants sont pleins ; toutes les boutiques sont ouvertes jusque vers 23 heures. Marchands de glace, saltimbanques, vendeurs d’objets divers occupent la rue. L’Algarve est touristique et ça se voit. L’ambiance est très calme, joyeuse, c’est les vacances !

Le 07.09.07
Visite à la marina pour voir la météo : c’est le marasme, une dépression sur Espagne Portugal s’éternise et fait que le vent est très faible, force 2 à 3 et dans le mauvais sens, est, sud-est.
A côté de notre bateau deux anglais sur un beau bateau sont sur le départ. En dix jours ils comptent rallier l’Angleterre. De vrais marins ! Dans la marina il y a une très grande majorité de britanniques qui sont loin de leurs bases ! Il y a des nordiques, quelques Canadiens et américains. Rares sont les Français, car ceux qui vont loin obliquent depuis Lisbonne vers Madère.
Faute de vent, ce sera une journée supplémentaire à Lagos. Une journée sur Internet, la marina étant équipée du Wifi payant à la journée (10$). Alors c’est l’occasion de correspondre avec les enfants, les amis, de mettre les dernières nouvelles sur le site et enfin des photos.
Alors nous vous souhaitons une très bonne lecture. Le journal de Mimi est un peu en retard car Mimi à besoin d’inspiration et que la mer la laisse un peu tranquille !
Grosses bises à chacun !

Position actuelle Lagos : 37.06.568N 08.40.466W

Hélas les choses ne sont pas toujours si simple qu’on le pense ; J’ai travaillé sur le site pour mettre texte et photos pendant près de trois heures, mais la liaison wifi était sans doute insuffisante car la liaison s’est coupé, perdant ainsi tout le travail que je n’avais pas pris la précaution de sauvegarder…..

Le 08.09.07
C’est aujourd’hui que nous partirons pour Chipiona en Espagne, presque à l’embouchure du Guadalquivir à 40 miles de Séville. Nous passons la matinée à envoyer des mails, à ranger. Une sieste pour me reposer en vue de la navigation de nuit, mais je n’arrive pas à dormir : il fait chaud et je suis nerveux, j’ai envie de partir. Mimi propose d’aller déguster une glace ; bonne idée ! Deux glaces dans de jolies coupes, et elles sont bonnes !
Puis je vais payer à la capitainerie. Je demande pour l’ouverture du pont relevant ; pas de problème, vous appelez sur le canal 9 et l’on ouvre 2 à 3 minutes après. Alors de retour sur le bateau, on largue les amarres avec l’aide obligeante d’un couple d’anglais voisins. Je me dirige vers la sortie de la marina et le pont et demande l’ouverture. Pas de réponse. Je ralentis, mais le vent qui s’est levé me pousse vers la sortie. C’est trop étroit pour faire demi-tour. Je bats arrière et me retrouve en crabe. J’appelle sans cesse à la VHF. Pas de réponse. Je me rapproche d’une vedette et remets marche avant. Tout en rebattant arrière, je me rapproche du pont ! Ça répond enfin et l’on me dit qu’on ouvre. Le tablier du pont s’entrouvre lentement. Mon mât s’approche du tablier ! Je suis en crabe au lieu d’être face au pont pour passer entre les piles. La flèche de mât va toucher… Non le tablier s’ouvre assez pour que ça passe ! Je mets le moteur à fond marche avant et passe entre les piles et les deux parties du tablier du pont. OUF ! J’ai envie de me défouler à la VHF, mais je m’abstiens. En mer il fait chaud et le temps est calme, avec assez de vent pour mettre les voiles et avancer à 5 nœuds. En plus le vent est nord, nord-ouest, juste ce qu’il faut. Nous longeons les côtes du Portugal. Les stations balnéaires sont nombreuses, avec maisons et immeubles blancs et de nombreuses grues. Ça construit encore pour les européens qui recherchent le soleil !
Je mets la ligne pour pêcher de quoi dîner. Mais à l’heure du dîner, je n’ai toujours rien pris… Heureusement que Mimi a préparé un ragoût de mouton ! La soirée s’avance et le vent forcit un peu ce qui fait que nous avançons bien, plus que les prévisions-météo ne me le laissaient espérer. Le vent est tiède, je peux rester dans le cockpit pendant que Mimi se repose. La nuit est calme, mais elle semble toujours longue, lorsqu’il faut lutter contre le sommeil. En longue traversée, le corps s’habitue à un nouveau rythme, mais en naviguant une nuit de temps en temps, le corps change sans cesse de rythme et peine.
Je vais me coucher et Mimi prend la relève. Je dors, l’esprit toujours sur mes gardes, pour le cas où… Soudain je me réveille car les bruits ont changé : je n’entends plus les vagues contre la coque, ni l’écoulement de l’eau. Je monte : Mimi écoute de la musique avec son baladeur, et le vent a molli si bien que nous n’avançons plus qu’à 1,5 nœuds. J’hésite à mettre le moteur. Mimi descend dormir. J’espère que le vent va se relever. Au contraire il baisse, et disparaît. C’est le calme plat, la mer sans ride. Il faut bien se résoudre à mettre le moteur et à avancer ainsi à 4,5 nœuds.
Je vois des lumières de chalutiers au travail. Un chalutier avance et est en ligne de collision avec moi. Je le regarde se rapprocher. Il décrit une courbe qui fait qu’il va croiser ma route. Effectivement il se rapproche et va me couper la route. Il travaille et continue sa courbe, me laissant le soin de l’éviter ! Ce que je fais au dernier moment, pour ne pas toucher le chalut qu’il traîne plus ou moins profond. Plus tard après une longue courbe derrière il revient et veut me recouper la route. J’accélère et le laisse derrière !
Plus de bateau le reste de la nuit.
La matinée est calme, toujours au moteur, loin des côtes en direction directe de Chipiona. Je remets la ligne de pêche. Soudain le flotteur remonte, je vais relever et vois une bonite qui a mordu. Avant que je ne puisse la ramener à bord, elle se détache. Zut ! Je remets la ligne et peu de temps après ça mord. Je remonte et vois des reflets bleus se rapprocher. Je dis à Mimi : c’est un sac plastique, comme on en voit pas mal dériver, hélas ! Non, c’est un poisson qui se défend et tire de droite et de gauche. Je remonte et voit ma première daurade coryphène. Elle est jaune d’or avec du bleu et du vert, C’est un poisson aux couleurs vives magnifiques. Je la remonte jusque sur la plate-forme arrière. Là elle donne de frénétiques coups de queue et arrive à se détacher. Je la vois replonger en mer ! Je suis déçu et furieux ! Bon je remets la ligne. Je pêche une nouvelle bonite, puis une autre… 5 en tout ! Je range la ligne, nous avons assez à manger. Je prends un couteau qui coupe bien et je lève les filets de chaque bonite et je mets les filets au frigo. Voilà de quoi faire quatre repas !
Soudain le moteur cale ! C’est pas vrai ! Encore ! Je me précipite, tourne la clef et ça redémarre ! Ouf ! Je reste un moment à côté de la manette des gaz, mais tout va bien.
Nous arriverons bientôt. Nous voyons les côtes avec des tours de Chipiona. Je regarde bien la carte car des hauts-fonds sont indiqués et après avoir affalé et mis amarres et pare battages, nous entrons. Le port est divisé en deux, port de pêche à droite et port de plaisance à gauche. Le ponton d’accueil est au milieu. J’accoste. Mimi saute prestement sur le ponton et passe une amarre. Je saute et passe l’autre. Nous avons gagné en sûreté de geste et tout se passe bien. Je suis fier ne ma moussaillonne ! Je fais les papiers aux bureaux de la marina. Là pas de police de l’immigration comme au Portugal. La jeune fille répond aimablement à mes questions et me fournit heures de marées, et photocopies de documents pour remonter le Guadalquivir jusqu’à Séville.
Ensuite nous allons nous amarrer à la place qu’on nous a alloué. La marina est assez grande : beaucoup de bateaux espagnols, peu de Français et d’anglais. La plupart ont déjà bifurqué vers Madère ou les Canaries. Peu vont vers le sud puis le Maroc. Un couple de Français avec un chien est là ; ils vont effectivement au Maroc et nous discutons un peu.
Dîner rapide et nous allons vite au lit !

Océan Atlantique Europe Espagne

Posted on août 16th, 2007 by Christian

Le 15.08.07
Une bonne nuit au port et nous voilà en forme. Les gens du port sont très aimables. Ils me cherchent un mécanicien pour réparer le problème de réservoir. Mais aujourd’hui c’est le 15 août, jour de fête religieuse, jour férié, personne ne travaille. Demain le mécanicien pourra venir vers 10 ou 11h.
Alors nous allons explorer la ville ; nous nous promenons dans le quartier piéton près du port.
Les immeubles sont étroits et hauts de 3 étages avec des façades couvertes de balcons fermés par des vitres et des croisillons de bois, sans doute pour se protéger du vent. C’est très beau. Des sortes de moucharabiés clos de vitres. Certaines ruelles débouchent sur des places avec des sculptures contemporaines, souvent drôles. Dans le quartier il y a beaucoup de restaurants avec des tables dans la rue. Toutes les tables sont pleines en ce jour de fête. Les familles sortent, bien habillées, et vont au restaurant. Nous déjeunons à l’heure espagnole, près de 16h.
Presque tous les restaurants proposent poissons et coquillages ! Un régal, pour bien moins cher qu’en France !
Après une longue promenade, une bonne sieste !
Puis il est l’heurs d’une autre ballade dans ces ruelles animées le soir. Nous dînons dehors et rentrons tard. Il fait doux, les gens sont aimables. Nous avons bu un vin blanc de pays très fruité, très vert ; bon et très particulier !
En rentrant au port, nous voyons les premiers arrivants de l’étape de la course du Figaro.
Dans les trois premiers, je reconnais Michel Desjoyeaux qui vient de prendre la tête de la course, d’après un journaliste qui l’interroge. Michel à les yeux rouges de manque de sommeil, et il répond aimablement aux journalistes et pose pour les photos. Je suis frappé par la lucidité et l’humilité de ses réponses. Il parle d’une erreur de tactique à un moment et dit que sa tentative de virement de bord était du domaine de l’inutile….
Je vois de près quelqu’un dont les exploits depuis des années m’ont fait rêver. Il n’a pas un gabarit à la Tabarly, un homme normal, mais volontaire, endurant et à l’expérience formidable !
Arrivée de l’étape du Figaro

Le 16.07.08
Nous nos préparons pour la venue du mécanicien. UN homme du port vient m’annoncer qu’il passera plus tard car son atelier manque de s’écrouler et il faut qu’il l’évacue d’urgence…. Finalement il ne viendra pas et la capitainerie m’appelle un autre diéséliste qui viendra voir ce soir à 8h. Le temps d’aller nous balader dans les ruelles pleines de monde. Nous en profitons pour acheter une carte pour appeler la France depuis les cabines téléphoniques. Comme je n’étais pas parvenu à recharger ma mobicarte d’Orange par téléphone avec ma carte bleue, je rentre dans une agence Orange et j’explique mon problème. La dame, très aimable, se renseigne longuement : Elle ne sait rien de la mobicarte en France et me dit qu’Orange Espagne fonctionne différemment. Je pourrais prendre une mobicarte espagnole, mais elle ne se recharge pas par téléphone, mais dans des terminaux et seulement en Espagne… L’Europe des téléphone portable n’est pas encore en route !

Le 17.08.07
Le diéséliste vient à 8h, comme promis. J’ai préparé le terrain en enlevant la trappe du cockpit qui donne accès au moteur et au réservoir journalier. Exploration, hypothèses, essais autour du filtre surtout et peu de ce qui pourrait obstruer l’arrivée du gasoil. Mais il est affirmatif.
Il repart chercher un autre filtre. Il revient avec mon filtre seulement mais avec des rondelles qui manquaient, d’après lui. Par contre il n’amène pas de vanne pour fermer le gasoil en cas de travail sur le filtre. Il repart, puis revient avec une belle vanne. Il appelle un électricien pour la jauge du réservoir journalier. Celui ci vient, regarde, teste, démonte le flotteur et part l’essayer dans son atelier. Il revient vite, disant que le flotteur fonctionne. Finalement c’était un contact qui se faisait mal… Pendant ce temps la vanne est montée et le mécano purge le circuit du gasoil. Essai moteur : tout va bien ! D’après le mécano tout vient d’une prise d’air. Ça devrait ne plus tomber en panne. Je remplis le réservoir journalier avec la pompe manuelle.
Soudain, fuite de gasoil : la membrane de la pompe est trouée ! Dire que Laurent m’affirmait que ces pompes résistaient au gasoil et duraient très longtemps…. Elle aura duré deux mois !
Le mécano téléphone au ship et va manger car il est midi. Il reviendra vers 3h avec une membrane s’il y en a une, sinon il faudra la commander et on l’aura lundi ou mardi…
Ecole de patience ! De toute façon nous sommes en vacances et il faut nous faire au rythme habituel à chaque pays.
Mais à 3h revoilà le mécanicien avec la pièce ! Il répare et tout est en ordre de marche, il n e me reste plus qu’à ranger.
Nous allons nous promener en ville, dans la cohue des ruelles. Après une halte dans un calé nous rentrons nous reposer de ce bruit de fond de la rue espagnole où chacun parle fort.

Le 18.08.07
Ce matin nous devions aller visiter Saint Jacques de Compostelle. Mais à la réflexion il est un peut tard déjà et nous sommes samedi, demain les magasins seront fermés pour l’accastillage. Changement de programme. Mimi va à la laverie pour que nous ayons du linge propre. Je vais chez le ship acheter une pièce pour l’écoute du chariot de grand voile qui n’a pas résisté à un empannage brusque. Je prends un taxi et trouve sans peine. Puis je pars à la recherche d’une bouteille de butane, une de 13kgs. On m’indique une quincaillerie. Elle n’en vend pas mais vend les détendeurs qui sont différents de ceux de France. Le vendeur m’en apporte deux, un argenté à 5 euros et un noir à 7,5 euros. Quelle est la différence ? Celui-ci est meilleur dit il en me montrant le plus cher. J’éclate de rire. Lui aussi. Et je prends le moins cher !
Le taxi m’emmène dans une station-service qui vend du gaz. Il faut rendre une bouteille pour en avoir une autre. Pas possible de prendre un contrat, puisque je suis de passage ! Comment faire ? Le taxi me dit connaître un entrepôt de gaz… s’il n’est pas déjà fermé. Non, il est encore ouvert. Des bouteilles de gaz partout. Le vendeur veut bien vendre une bouteille, mais que faire sans contrat ? Il s’éloigne, réfléchit, revient et dit : le gaz c’est 12,5 euros et avec la bouteille 15 euros ! Super, marché conclu ! Le taxi me ramène au port avec ma bouteille que je porte jusqu’au bateau en passant devant les préparateurs du Figaro qui s’escriment sur les voiles des bateaux.
Cette après-midi, promenade en ville et recherche d’un café wifi pour mettre ces nouveaux textes sur votre site préféré !
Nous profitons de l’espace Wifi de la course du Figaro pour alimenter le site et relever les mails! Nous sommes au millieu des journalistes qui préparent leur papiers! Belle ambiance!

Position actuelle à la Dàrséna deportiva: 43.22.153N 8.23.828W

Le 19.08.07
Journée excursion. Nous prenons le train pour Saint Jacques de Compostelle. Un train régional qui serpente aux flancs des collines de Galice. Beaucoup de forêts d’eucalyptus et de pins et des petits champs de maïs. Les maisons n’ont rien de remarquable. Trois quarts d’heure pour arriver à Saint Jacques. La gare est excentrée, Mais il suffit de prendre en face une rue qui monte pour traverser la ville et arriver rapidement dans la vielle ville. Les ruelles sont faites de larges dalles de granit. Les maisons sont de granit aussi, tout comme des églises et couvents qui sont nombreux ! La vieille ville est animée ; les visiteurs sont nombreux. La cathédrale est baroque, d’une architecture très chargée, en granit gris. Ce n’est pas immense, avec une place devant pas très grande. Les pèlerins devaient arriver de toute l’Europe occidentale, loger dans les couvents et faire leurs dévotions dans la cathédrale et toutes les églises avoisinantes.
Saint Jacques de Compostelle
Saint Jacques
L’intérieur de la cathédrale est d’un baroque riche en or et argent, très chargé. Des autels latéraux sont plus simples ! Beaucoup de touristes bruyants ! Dans un coi sombre une statue de saint sur le bras duquel des femmes déposent des vœux écrits sur des bouts de papiers pliés….
Dans une ruelle nous avisons un restaurant et nous déjeunons à l’heure espagnole. La cuisine galicienne est excellente : Poissons et coquillages avec des vins blancs très peu alcoolisés et un peu verts.
Nous nous promenons toute l’après midi. Mimi est tout heureuse de voir Saint Jacques de Compostelle qu’elle rêvait de voir depuis longtemps. Avant de me rencontrer elle rêvait de faire ce pèlerinage à pied ; une autre aventure en somme !
La Pélerine
Je suis heureux de voir cette Espagne catholique ancienne. Je remarque l’omniprésence de la langue galicienne sur les plaques de rues, dans les magasins, dans la gare… Le régionalisme est très fort maintenant au pays de l’ex centralisateur Franco !
Le soir nous rentrons par un omnibus encore plus lent que celui du matin. Plus d’une heure pour faire 60 kms.

Le 20.08.07
Matinée d’avitaillement et de ballade en vue de partir ce soir pour Camarinas à 65 miles.
Voilà la fin d’après-midi. Je vais payer à la capitainerie. L’informatique étant en panne provisoirement, la personne de service me demande où je vais. Je lui parle de l’Afrique. Il me dit de ne pas oublier au retour de repasser par la Corogne ! C’est une gentillesse à l’image de cette Dàrsena Deportiva !
Nous quittons La Coruna vers 20h. Les prévisions météo sont vent de nord-ouest 20 nœuds.
Dans la ria, peu de vent. En sortant le vent est de face. Une heure de moteur pour pouvoir prendre un peu plus au sud-ouest et prendre un faible vent qui nous fait aller à 1,5 nœud.
Départ de La Coruna
Mais soudain le vent adonne et passe entre 15 et 20 nœuds. Nous faisons route sud-ouest et les lames de la houle sont nord-ouest. Elles nous prennent de côté, soulèvent le bateau qui roule…
Mimi était partie sans médicament anti mal de mer pour cette traversée ; la houle la rend malade aussi tôt et elle va se coucher. Le vent forcit un peu et la houle est de 2,5 mètres, parfois un peu désordonnée. C’est vrai que le bateau bouge en avançant entre 5 et 6,5 nœuds.
Mimi change de cabine pour trouver un endroit où elle sera mieux calée. Moi je lutte contre le sommeil. Mimi vomit mais ne se sent pas mieux pour autant. Je l’entends se plaindre, mais elle réagit courageusement. Elle me fait réchauffer pâtes et ratatouille. Après trois bouchées, je rends tout aux poissons. Quelques minutes après je me sens mieux et je mange de bon appétit. Je veille, amis il y a peu de pêcheurs. Ils sont plus au large. Je dois cependant en éviter deux dans la nuit, avec leur chalut qu’ils traînent loin derrière et qui ne me rassure jamais. Il fait froid dans le cockpit encore humide de la dernière pluie du début de nuit.
Je descends dans le carré, je regarde la carte sur l’ordinateur, les instruments : tout va bien.
Seule mon équipière ne va pas bien. Je l’entends même à un moment où elle fait une apparition dire que c’est la plus mauvaise nuit de sa vie !
La nuit est longue à veiller seul dans le froid. Finalement je suis souvent dans la descente, assis sur la plus haute marche avec le haut du corps dans le cockpit.
Le vent nous faisant avancer plus que je ne pensais, nous arrivons près de la ria de Camarinas vers 5h. Je ne veux pas arriver de nuit. Alors je me dirige vers le large presque face au vent, n’avançant ainsi qu’à 1,5 nœud. La fin de la nuit passe ainsi. Au petit jour, je fais volte face pour rejoindre la ria. La houle est forte et balance bien le bateau ! Les côtes sont impressionnantes. Les collines abruptes plongent dans l’océan et les vagues viennent s’écraser contre les rochers. Il ne ferait pas bon être drossé contre ces rochers !
Camarinas
Nous rentrons dans la ria dont on ne devine pas le fond. Nous avançons de découvrons un port à tribord où nous n’irons pas et un autre au fond ; c’est camarinas. Une grande jetée, et derrière un petit port avec beaucoup de place pour ceux qui préfèrent le mouillage et de nombreuses places sur catway. J’avise une extrémité de ponton. Mimi prépare l’amarre. Un homme vient la prendre et la tirer. Puis il nous conseille de nous mettre à un catway. Ce que je fais et là il nous aide encore pour amarrer. Finalement c’est le responsable de Darsena. J’en profite pour faire les papiers et paye 20 euros par nuit. Le club nautique est juste en face !
Mais je suis trop fatigué et je vais dormir ; Mimi aussi enfin ! Il est 10h.

Le 21.08.07
Après un peu de repos nous allons nous promener en ville, au village plutôt. Un village, mais bien équipé avec des boutiques de toutes sortes. Des brodeuses travaillent et exposent leurs travaux. C’est superbe ! On voit leurs mains travailler à toute vitesse pendant qu’elles parlent entre elles ! Quelle dextérité ! Le soir nous jetons notre dévolu sur un bar-restaurant pour quelques tapas. Et puis de nouveau récupération au lit !

Le 22.08.07
Je regarde la carte et le calendrier. Il faut que l’on avance. Aussi allons nous sauter de belles rias galiciennes pour rejoindre le Portugal. C’est ce que nous décidons après discussion. La destination sera Leixoes près de Porto. Environ 30 heures de navigation si les vents sont au rendez-vous. Alors nous partirons demain matin. Aujourd’hui ce sera relâche, farnienté, écriture et Internet. En plus il y a le wifi au club Internet à 50 mètres du bateau ! Super !
Il est question que Zahra, l ‘une des filles de mimi vienne nous rejoindre une semaine dans quelques jours. Ce serait bien agréable de se revoir et de partager un peu de bon temps.

Position actuelle à la Club nautico de Camarinas: 43.07.595N 09.10.949W

Le 23.08.07
Nous avons décidé de partir ce matin. Une fois prêts, nous faisons le plein de gasoil.
Ramon, le responsable de la marina nous aide à nous installer au ponton, puis nous sert. Il vient même relayer Mimi à la pompe car le plein prend du temps pour cause de refoulement.
Pendant ce temps nous discutons. Un copain de Ramon vient discuter. C’est un ancien mécanicien de marine. Il raconte ses voyages entre l’Europe et l’Amérique du sud ou le sud des USA, pour transporter du pétrole, du gaz, du jus d’orange, de la viande. Il parle des pays qu’il a adorés, comme le Brésil, le Mexique… Les femmes aux escales, la musique ; il était heureux et il l’est encore en racontant ! Il est célibataire, sans enfants au pays, peut-être ailleurs autour du monde… Il a 56 ans et est retraité et heureux ! Il parle et communique sa joie de vivre.
Nous terminons au bar de la marina avant la séparation et le départ de cette marina si calme où les gens sont si aimables !
11h, nous larguons les amarres, sous un ciel nuageux. Nous longeons les côtes espagnoles vers le sud. Les rias se succèdent. Nous aurions pu nous arrêter dans chacune si nous n’avions pas voulu descendre pour profiter du temps clément et des alizés du Portugal…
La côte est rocheuse et très découpée. Les collines tombent dans la mer, et à quelques miles des côtes la profondeur est supérieure à 100 mètres. Le vent est de 12 nœuds en début d’après-midi puis forcit entre 20 et 25 nœuds. Il est de nord est, si bien qu’il est juste arrière. Nous avançons avec cette allure rouleuse. J’ai mis une retenue de bôme pour ne pas empanner dangereusement. Le bateau avance entre 5,5 et 6,5 nœuds sous grand voile avec un ris et même plus de génois car il n’arrivait pas à se gonfler et se mettait souvent à contre. J’ai hésité à mettre le tangon, mais y ai renoncé car nous avançons déjà assez vite en roulant. Mimi résiste avec un patch. Le vent est frais et il fait froid malgré un soleil capricieux.
Une nuit de quarts commence dans le froid. Mimi apprend à différencier les lumières de la côte de celle des bateaux qui avancent ou ne bougent pas parfois pendant la pêche. Lors de son quart elle me réveille si elle hésite dans la tactique à choisir face à un bateau proche qui manœuvre. Elle n’a plus peur comme au début ; elle s’habitue ; elle progresse. C’est super, car ça me permet de dormir en sécurité. Enfin d’essayer, car parfois le bateau roule tellement que c’est du sport de rester à plat sur la banquette ! Et il y a les bruits de choses qui roulent dans des équipets, de l’écoulement de l’eau contre la coque, de lames qui frappent la coque avec un bruit de choc sourd. Mais la fatigue fait dormir un peu…
En milieu de nuit nous sommes le long du Portugal. Nous avons avancé plus vite que prévu, d’autant plus qu’un courant nous pousse à 0,7 à 1 nœud vers le sud ! C’est toujours ça de gagné. Mais qu’il fait froid ! vivement les mers du sud et les alizés chauds !
En fin de nuit, je me réveille car il n’y a plus de bruit d’écoulement d’eau ; il n’y a plus de vent et nous sommes à 0,5 nœud, la vitesse du courant. Je laisse un moment ainsi, le temps que Mimi s’endorme, puis je mets le moteur. Le jour finit par se lever, toujours avec le froid, qui demeure malgré le soleil portugais.
La côte est sablonneuse, avec de nombreuses villes et villages tout le long. Leixoes et Porto sont en vue. Rentrer les voiles, mettre pare battage et préparer amarres, la routine quoi…
Le port est grand. J’ai le guide de navigation et le plan du port. Je ne vois pourtant que des quais commerciaux, de gros navires marchands… J’avance, Un porte container fait meugler sa sirène car il n’apprécie pas que je coupe sa trajectoire alors que j’ai largement le temps de passer sans le gêner. Je distingue enfin l’entrée de la marina et aussitôt le ponton visiteur. Des hommes de services font signe de s’y arrêter et nous aident pour amarrer. Je vais avec eux faire les démarches administratives pour la marina et pour la douane. Ils sont très aimables et serviables. Mais je me sens perdu, je ne comprends rien au Portugais, alors que je comprends l’écrit. Mais la prononciation chantante est si loin de l’espagnol et de ce qui est écrit….
Après nous allons dormir un peu en ce début d’après-midi.

Le 10.09.07
Petit-déjeuner royal dans le cockpit, avec un gâteau confectionné par Mimi ! Il fait beau, déjà un peu chaud, c’est l’Andalousie !
Je regarde les documents pour remonter le Guadalquivir. Ils ne sont pas encourageants car ils parlent de tout ce que charrie le fleuve, arbres, plastiques, détritus divers. Et puis les ponts juste à l’entrée de Séville, avant les marinas, ne s’ouvrent que quatre jours par semaine à heure fixe…. Alors j’hésite à remonter le fleuve avec un moteur qui pourrait s’arrêter à n’importe quel moment…
Demain nous irons à Séville en car, pour visiter. Et aujourd’hui nous allons voir Chipiona qui semble une ville assez grande. C’est une ville balnéaire qui offre des visages très contrastés. La marina est au bout de la plage et de la ville, avec des installations très grandes surdimensionnées pour l’instant, avec des restaurants presque vides. Puis en allant vers le centre ville on traverse des zones en cours de construction, des quartiers de maisons individuelles à toits terrasses, avec des azulejos très présents, avec beaucoup de pots de fleurs et des jasmins odorants et des bougainvillées aux couleurs éclatantes. Les rues sont vides ou presque, jusqu’au centre ville où il y a la rue centrale très commerçante et animée. La place de l’église est magnifique avec des palmiers centenaires. Et des fleurs partout. Il fait bon à l’ombre.
Nous passons l’après-midi et la soirée à nous promener. Mimi cherche quelques souvenirs pour ses enfants et petits-enfants. Nous prenons quelques tapas à une terrasse de café et ça fait du bien de se reposer les jambes. Nous regardons les Espagnols se promener. Beaucoup sont obèses, alors que j’ai des souvenirs des mêmes Espagnols dans les années soixante, tous maigres et beaucoup de femmes en noir. Maintenant elles rivalisent d’élégance pour le paséo, mais elles sont souvent très enrobées.

Le 11.09.07
Ce matin nous prenons le car pour Séville. Chipiona a une gare des cars où nous prenons deux billets pour 15€. Le car s’arrête souvent et met plus de deux heures pour arriver à Séville. Ça permet de voir l’Andalousie du sud-ouest. Les petites villes sont très actives, avec une dominante agricole. Nous voyons de nombreuses caves de vin locaux et de manzanilla. Des tracteurs tirent des remorques pleines de raisins blancs qui vont au pressoir. Ce sont déjà les vendanges. Puis le car traverse une zone de collines blanches, calcaires couvertes de vignes. Plus loin ce sont les champs de blés déjà moissonnés, de tournesols moissonnés également et d’immenses champs de plantes basses et fleuries que je prends au début pour des rosiers et qui sont en fait des cotonniers ! Les haciendas ont des champs immenses, avec des entrées marquées par un portail somptueux. Par endroits on voit des habitations très rustiques, des cabanes presque pour les ouvriers agricoles…. Il y a les riches et les pauvres et la différence est clairement affichée.
Nous arrivons à Séville, à la gare des cars. Un office du tourisme non loin nous procure un plan de la ville. Nous ne sommes pas loin de la cathédrale. De larges avenues piétonnes avec juste les rails du tramway ; c’est magnifique. Nous voyons la cathédrale qui est magnifique et imposante. Il manque juste un peu de recul pour la voir tout entière. Elle est un patchwork de styles, gothique, mudéjar, baroque, du 19 ème siècle…. C’est émouvant de voir tant d’influences qui ont fait vivre les andalous dans les siècles passés et qui sont encore tant présentes. Les jardins andalous des alhambras sont somptueux avec tant de fontaines, de recoins ombragés, de bassins. C’est un sommet de l’art mondial. Je reste longtemps devant un bassin, bordé de thuyas, avec une fontaine et un banc avec azulejos. C’est aussi pur qu’un jardin d’un temple Zen, aussi beau. Deux savoir faire pour arriver à une égale beauté, avec une égale simplicité. Qui dira la beauté de ces jardins, plus secrets que les jardins à la française, plus frais que les jardins à l’italienne. Ils sont à la fois exubérants et maîtrisés, avec de nombreux recoins où se reposer, méditer, courtiser…
Nous passons l’après-midi dans ces jardins et ces pavillons. Aux azulejos superbes et portant la trace des siècles. Nous nous reposons les jambes à la terrasse d’un café avec boissons et pâtisseries. En commandant nous nous contredisons l’un l’autre et nous finissons par nous énerver bêtement, nous disputer et rentrer en silence en bus. En plus je me trompe de bus car la personne qui m’a renseigné ne m’a pas dit qu’il y avait plusieurs gares des cars à Séville et elle m’a indiqué un bus qui mène à une autre gare que celle où se trouvent les bus pour Chipiona. Mimi remarque que ce n’est pas la bonne direction. Je fais confiance aux renseignements donnés et à la mauvaise gare de cars nous devons reprendre un autre bus pour l’autre gare. Nous arrivons à temps pour le dernier car pour Chipiona. Le conducteur est pressé et il roule tout le temps à 100 kms /h malgré la pluie qui s’abat de plus en plus dense.
Mais nous arrivons entiers et heureusement la pluie s’est arrêtée et nous rentrons au bateau avant que l’orage et le déluge reprennent une partie de la nuit.

Le 12.09.07
Matinée d’écriture et de tri de photos. Matinée d’explications avec Mimi sur la brouille de la veille. Alors pour le repas elle fait un somptueux poulet avec une recette que vous trouverez sur le site. Il est vraiment délicieux. La ratatouille qui l’accompagne est aussi digne d’éloges !
Cette après-midi nous retournons dans Chipiona. Sur la plage des gens profitent des vacances, à l’ombre d’un parasol, d’autres jouent, quelques-uns se baignent. En ville les gens se promènent. Nous finissons la soirée avec des tapas de poulpe et de jambon avec un verre de vin. Le ciel chargé laisse prévoir un nouvel orage. Nous rentrons avant qu’il n’éclate.
Le 13.09.07
Nous avons décidé de passer deux jours à Séville avant le départ de Mimi. J’ai retenu une chambre d’hôtel. Mimi fait sa valise avec application mais sans joie.
Nous prenons le car pour Séville et de la gare des cars nous prenons un taxi pour l’hôtel, tellement le sac de Mimi est lourd ! Nous laissons nos affaires dans la chambre et nous allons nous promener. Sous un ciel un peu menaçant nous allons directement vers la place d’Espagne. Nous traversons les jardins du Prado de San Sebastian : un lieu aéré et ombragé planté de vieux arbres majestueux. Les cocotiers sont très hauts. Il y fait frais et la promenade est agréable. De là on débouche sur la place d’Espagne construite pour l’exposition Ibéro Américaine de 1929. Il y a un grand édifice en briques et en azulejos en demi-cercle de 200 mètres de diamètre. L’ensemble est majestueux, romantique et vraiment beau. Tout au long de la façade les provinces d’Espagne sont représentées par des fresques de céramique. C’est beau et très nationaliste, illustrant la reconquête sur les maures dans de nombreuses provinces. L’ensemble vaut vraiment le coup d’être vu. J’étais venu me promener ici 40 ans au par avant et je m’en souvenais encore comme une beauté de Séville. En face les jardins de Marià Luisa sont très beaux avec leurs arbres centenaires très bien entretenus. Il y fait frais !
Puis nous retournons vers la cathédrale. Nous sommes à l’heure pour entrer la visiter. Par ses dimensions elle est impressionnante. Mais tout une partie de la nef est encombrée par les grandes orgues et les stalles des dignitaires religieux, coupant ainsi la perspective. Puis le chœur est enclos de lourdes grilles pour protéger l’autel et le très lourd retable doré constitué de 120 panneaux, tous plus ouvragés les uns que les autres. Que d’or partout ! Que d’or volé aux Indiens et offert à Dieu pour se faire pardonner et s’acheter les portes du ciel ! Les voûtes du chœur sont incroyablement ouvragées… Tout autour il y a de nombreux autels tous protégés par de lourdes grilles et tous croulant sous les surcharges décoratives et l’or ! Trop c’est trop, mais quel travail pour terminer ce monument ! Que d’hommes ont dus travailler et combien y sont morts ? Les constructions vont du 12ème siècle au 19ème. Des Arabes aux Espagnols modernes ! C’est encore le centre de la ville pour la semaine sainte qui mobilise toute la ville dans une ferveur incroyable que j’ai ressentie il y a 40 ans avec étonnement et une impression de tragique vécu dans le quotidien et la foi !
Je suis heureux de revoir Séville que j’avais visité dans ma jeunesse. Bien sûr des choses ont changé, le tramway, les rues piétonnes, la richesse revenue et mieux partagée. Mais l’essentiel est là, cette grande ville calme et ombragée où il fait bon se promener, vivre et travailler, avec cet art de vivre du sud, souvent dans la rue, le soir, la nuit, dans les très nombreux bistrots à tapas. Dans les quartiers à touristes il faut faire attention, les prix sont élevés et la qualité des repas très médiocre. Mimi en fait l’expérience avec une paella au riz mal cuit et aux coquillages et gambas plus que rares ! Mimi est très impressionnée par les ressemblances avec certaines rues d’Alger. Des ambiances colorées, des parfums de jasmins, des ruelles étroites la replongent dans son enfance, dans ce qui lui est cher. Alors elle est heureuse et elle le dit.
Quelques poses dans des cafés nous font des étapes réparatrices. Tard nous rentrons à l’hôtel, les jambes fatiguées et les yeux remplis de merveilles. Je pense que Séville est après Paris la ville d’Europe que je trouve la plus jolie, de celles que je connais, et dans laquelle il fait le plus bon vivre.

Le 14.09.07
Réveillés pas trop tard après notre dernière nuit ensemble pour deux mois, nous allons prendre le petit-déjeuner dehors. Nous passons la journée en balade, dans le quartier de la cathédrale, puis dans les ruelles étroites du quartier Santa Cruz, le vieux quartier juif. Les ruelles sont des trésors d’architecture variée, aux couleurs vives. Elles sont vivantes et fraîches. Il y a de multiples boutiques de souvenirs, des bars. Quel bonheur de se promener là ! Puis nous allons dans le quartier du centre, aux rues plus larges mais piétonnes pour la plupart. Des toiles sont tendues entre les immeubles pour faire de l’ombre. Presque la casbah des villes arabes. L’influence est toujours vive, malgré le catholicisme très présent dans les noms de rue, dans les fresques, les azulejos, les patios, l’architecture aux arcs en fer à cheval.
Dans ce quartier les magasins sont variés en rapport avec la vie quotidienne, assez semblables aux magasins français, souvent en plus petits.
Nous allons vers le fleuve et nous longeons le Guadalquivir. Certaines rives sont bien aménagées, d’autres non, il reste du travail pour la reconquête des berges. Le fleuve est large et tranquille aujourd’hui, avec des bateaux-mouches. Quelques cafés le long de certains quais, des pêcheurs à la ligne les uns à côté des autres.
Nous revenons dans le centre puis vers l’hôtel, fourbus et heureux de trouver une table d’un restaurant dans la rue. Une sangria fraîche commence bien. Le reste est touristique hélas et cher…
Retour à l’hôtel pour prendre les affaires de Mimi. Nous prenons un taxi pour l’aéroport. IL est minuit. L’aéroport est calme. Nous nous installons pour attendre l’heure de convocation, 6h. 0 une heure, alors que nous dormons sur un banc, un vigile vient nous réveiller et nous dire que l’aéroport ferme et qu’il faut sortir ! Nous n’avions pas prévu ! Dehors il y a des bancs aussi et il fait doux. Nous nous installons pour un bout de nuit à la belle étoile (les étoiles sont là et les cigales aussi !). Il y a des pelouses impeccables et des orangers chargés d’oranges encore vertes. A 5H nous rentrons avec les premiers voyageurs. Petit-déjeuner nostalgique et un peu triste avant la séparation. Un peu d’attente puis l’enregistrement. Encore un peu de temps pour nous pour échanger un peu de tendresse et puis le haut-parleur appelle les passagers pour Paris. C’est le moment d’y aller. Mimi doit rentrer et assurer parution et promotion de son livre. Elle y va non sans se retourner. Je la regarde jusqu’au bout. Pendant qu’elle prend l’avion, je prends un taxi jusqu’à Séville puis un car jusqu’à Chipiona. Nous arrivons ensemble, elle à Paris et moi au bateau, vers 10h. C’est l’heure pour chacun de dormir un peu pour récupérer, C’est le début d’une nouvelle étape pour chacun, elle vers son livre et c’est très important, moi vers le sud avec Jean-Michel qui arrive le 19.
Je dors un peu, puis je me mets à écrire. Dans l’après-midi je vais en ville et demande s’il y a un cyber café. Oui, près du phare ! J’y vais ; il n’y a pas de wifi, mais des postes et ce sera ouvert demain. J’irai pour alimenter le site des dernières nouvelles.
J’en profite pour faire des courses et j’achète du jambon de pays qui est si bon, pas du tout salé. J’achète des fruits et du vin blanc et une bouteille de manzanilla, la spécialité de la ville d’à côté Sanlucar. L’épicier me dit que là-bas je pourrais en acheter au litre dans les caves. Le car y passe pour aller à Séville ce serait une bonne occasion au retour ! Mais attention il fait 15 degré !

Le 16.09.07

Position actuelle: 36.44.773N 06.25.748W Chipiona

Cette après-midi je vais au cyber de Chipiona. Il n’y en a qu’un d’après les renseignements.
Je demande à travailler avec mon Mac, mais ce n’est pas possible car le patron craint que ça dérègle son réseau et qu’il ait tout le réseau à configurer. Je lui repose la question du wifi et il me répond qu’il ne l’a pas, qu’il l’avait, mais qu’on lui a coupé…
Bref me voici devant un vieux PC avec un clavier espagnol, très différent du clavier français !
Je relève mes mails et tente d’y répondre, mais c’est trop long avec un tel clavier, je fais beaucoup de fautes de frappe… Je vais sur le site de diamrek.fr pour l’alimenter. Je ne peux mettre de clef USB dans ce PC. Le patron me fait changer de PC. Je mets la clef, je cherche les textes et surprise, son appareil lit mes textes d’une façon peu compatible avec une lecture aisée. Certaines lettres sont en majuscule, des chiffres apparaissent là où il ne faudrait pas… Impossible de publier un tel texte. Je reprends ma clef USB et sors mon Mac. Oh surprise, il se connecte automatiquement sur un wifi ! Je reçois donc mes mails et peux aller sur le site et l’alimenter en cachette du patron car c’est sûrement son réseau. Par contre je ne peux mettre les photos car ça prend trop de temps. Je fais le pirate des ondes un moment seulement et je retourne au bateau à moitié satisfait…
En soirée, je ressens davantage l’absence de Mimi : elle me manque. Je mange seul et me couche seul, c’est moins gai ! Je prends un livre apporté par Mimi : Ségolène Royal, ombre et lumière. Le livre est écrit par une de ses anciennes collaboratrices qui lui en veut pour diverses raisons. Aussi le livre n’est pas très équilibré, c’est un règlement de compte, même si des traits de caractère de Ségolène sont réels. Décrite ainsi, on comprend sa défaite et l’on ne la regrette pas. Comment la France a pu se trouver en situation de devoir choisir entre deux personnes qui paraissent uniquement préoccupées de pouvoir et de spectaculaire ?
Depuis que je suis parti de France, je regarde parfois les nouvelles sur le net ou dans des journaux français. Avec ce recul j’ai l’impression que notre nouveau président qui occupe tous les jours la une des périodiques n’a pas changé la France comme il le laissait entendre à qui voulait le croire. Ses actions paraissent plus relatives, plus anecdotiques. Mais un pays est-il réformable contre la volonté de la plupart des gens ?
L’Espagne est peut-être le pays d’Europe qui a le plus changé en 40 ans. D’une dictature fasciste et catholique, elle est devenue une démocratie décentralisée qui a changé de nombreuses questions sociétales bloquées si longtemps. Ces questions sociétales sont réformées de façon plus radicales qu’en France. Pour autant l’Eglise reste puissante et le balancier pourrait revenir un jour ou l’autre vers un ordre social conservateur. C’est un danger.
Sophie m’appelle et me donne des nouvelles d’elle et de Maxime. Leur entreprise de vente de fringues et d’accessoires gothiques sur Internet, sort des limbes et sera bientôt opérationnelle ! Bonne nouvelle. Pourvu que ça marche ! Sophie me donne des nouvelles de Loustic. Lors de son retour à la maison, Maxime ne lui a pas donné tout de suite la pilule… Et mademoiselle est allée traîner… Elle a dû rencontrer un beau matou car elle a un ventre qui grossit en forme de ballon, le reste du corps restant svelte ! Sophie entend laisser vivre la portée et donner les petits ! Placer des chatons ce n’est pas facile….

Le 17.09.07
Journée de bricolage à bord. J’affale la grand voile pour regarder ce qui pose problème au niveau de la plus haute latte. En fait elle est cassée et trois morceaux et cela a occasionné une déchirure de son enveloppe sur la voile. J’enlève les morceaux et je cherche une chute de voile que je découpe à la dimension et que je couds. Je couds d’une manière peu traditionnelle, sans paumelle, mais avec une pince pour pousser et tirer l’aiguille… Mais ça fonctionne et c’est le principal. Pour la latte, je cherche dans mes réserves et évidemment je n’ai pas la bonne longueur. Je vais chez le chip de la marina. IL me dit qu’il n’en a pas, mais qu’il va chercher et que je repasse demain matin ; il saura alors s’il peut en avoir une et quand.
Je passe le restant de la journée à faire du nettoyage informatique. En particulier, je passe du temps à copier de la musique sur l’ordinateur de bord. Je veux pouvoir écouter cette musique sur la chaîne avec l’ordinateur qui fonctionne lors des navigations et non sur l’autre qui ajouterait une consommation électrique non négligeable d’environ 4 ampères heure.
Je peine à trouver comment enregistrer la musique que j’ai sur CD et sur mon Mac. Il y a des incompatibilités qui me mettent en rage ! L’informatique n’est pas au service des clients, mais d’abord au service des intérêts des entreprises fabriquant les matériels et les logiciels !

Le 18.09.07
Le chip peut avoir une latte sous 24 à 36 heures. OK, je la commande.
Je passe la journée en rangements. Je fais la lessive, y compris des habits de Mimi qui est partie sans avoir le temps de s’en occuper. Comme ça je pense à elle en lavant culottes et soutien gorges… Je prépare des lignes montées différemment pour pêcher pendant les prochaines navigations. Je mets des hameçons plus gros et des bas de ligne en fil d’acier pour parer aux dents de certains poissons. J’espère que j’ai trouvé les bonnes solutions. En la matière il n’y a que le résultat des expériences qui compte… Nous verrons bien. Je fais quelques courses et ne trouve que du pain sans consistance. Au moins en Espagne il y a quelques boulangeries et le pain se vend aussi en super marché. Il est souvent semblable au pain italien, à la croûte légère et blanche et à la mie inconsistante. Au Portugal le pain était difficile à trouver ; souvent il se vendait dans les salons de thé. Il y avait du pain au maïs et des pains divers au froment ou aux céréales. Il était souvent bon. Ici à Chipiona je n’arrive pas à trouver du bon pain.
La solitude me laisse du temps pour envoyer des mails. Je reçois des réponses à bord. C’est super de pouvoir joindre ceux qu’on aime par la BLU !

Le 19.09.07
Je me lève tôt pour aller à Séville accueillir Jean-Michel à l’aéroport. Le jour n’est pas levé. Je vais à la gare des cars. Dans les rues l’odeur de jasmin domine. Je m’installe dans le car de 8h. Bientôt une Espagnole d’une cinquantaine d’année s’installe à côté de moi et des amis à elle derrière. Pendant tout le trajet ils parleront ensemble. Ma voisine parlait en regardant droit devant elle, avec une voix assez forte pour que ses amis entendent et tous les voisins aussi. A un moment elle reçoit un appel téléphonique et l’intensité de sa vois permettait à tout le monde d’entendre tout ce qu’elle pouvait dire.
Arrivé à Séville, je prends un autre car pour l’aéroport et j’y arrive en une demi-heure. Tout le trajet en car coûte moins de 10 euros contre 140 en taxi ! Mais ça dure plus longtemps, environ trois heures pour une centaine de kilomètres.
J’ai le temps d’acheter le Monde et de le lire. La France n’a pas tellement changé ; Sarkozy s’agite toujours, les socialistes se déchirent toujours aussi….
Jean-Michel arrive, tout sourire, avec plein de bagages. Mais à deux c’est portable. Nous reprenons les cars pour le retour. Nous pouvons voir une fois encore la campagne andalouse et son agriculture moderne.
Sur le bateau, Jean-Michel prend ses marques et s’installe dans une cabine arrière. 9a fait plaisir de se retrouver, de discuter ensemble. Nous parlons des prochaines étapes. Mais il se fait tard et nous sommes fatigués, alors bonne nuit et à demain !

Le 20.09.07
J’avais commandé une latte pour remplacer celle de la grand voile qui était cassée. Je passe chez le chip, mais elle n’est pas arrivée. Ce soir, dit-il. Bon, alors la journée est consacrée à faire des courses pour le prochain départ, à des rangements, à retendre l’étais d’enrouleur de génois avec le ridoir.
Le soir la latte est arrivée, mais elle est moins large que la précédente. Alors nous décidons de partir ce soir même pour Gibraltar où selon les guides on peut tout trouver en accastillage.
Dernières vérifications, niveau de liquide dans le vérin du pilote et à 21h c’est le départ. Peu de vent, mais la météo prévoit le vent dans la bonne direction à environ 10 nœuds. Pour l’instant il est moins fort et Jean-Michel règle les voiles et prend la barre pour tirer le meilleur partit de ce vent faible qui en plus varie souvent de direction. Nous passons du près, au largue, puis au vent arrière et subitement à nouveau au largue. Le ciel est nuageux. Avec le début de nuit, le vent forcit et nous avançons plus vite. Mais le vent est toujours aussi instable, alors Jean-Michel reste à la barre et je vais me coucher.

Le 21.09.07
Soudain j’entends un bruit important et Jean-Michel qui peste. Je remonte en vitesse. Jean-Michel a voulu changer de bord et a oublié qu’il y avait la trinquette, si bien que le génois n’a pas pu passer et qu’il est à contre et qu’en battant, une écoute a filé, qu’elle bat à l’avant. Je vais à l’avant en me tenant bien aux haubans.Les deux écoutes battent, emmêlées. Je mets un bon moment à les démêler, non sans recevoir quelques gifles cinglantes de ces écoutes qui battent. On rentre le génois pour mettre la trinquette puisque le vent est à 20 à 25 nœuds.
Jean-Michel reste à la barre. Moi j’ai subitement le mal de mer et je rends par-dessus bord. Puis ça passe et je vais me coucher. L’orage lance ses éclairs au loin. Puis il pleut. L’orage se rapproche et les éclairs entourent le bateau. En mer ce n’est jamais rassurant et il y a toujours un risque pour les instruments de bord. Jean-Michel fait toute la nuit. Je le relève à 8h. Le vent a baissé et est toujours très instable. Je mets le pilote et règle les voiles souvent. Je mets la ligne de traîne, sans succès rapide. L’après-midi c’est Jean-Michel qui attrape une grosse bonite. Je suis à nouveau malade un moment et rends la pomme que j’avais avalée. Et puis ça va bien. En fin d’après-midi nous sommes devant le cap Trafalgar, jadis témoin d’une bataille qui a changé le destin de l’Europe. Le courant est fort vers la Méditerranée, plus d’un nœud.
Nous longeons les côtes espagnoles et en face nous voyons les côtes marocaines. De part et d’autre les reliefs sont escarpés et l’on voit par endroits un village tout blanc aux toits en terrasses… Communauté de cultures !
Le vent faiblissant nous mettons le moteur en face de Tarifa. C’est l’endroit le plus étroit entre les deux continents. De chaque côté, des promontoires rocheux. Plus loin on aperçoit la baie d’Algésiras et de Gibraltar. Nous approchons et espérons que nous trouverons une place dans Marina Bay, la plus proche du rocher.
J’enlève le drapeau de courtoisie espagnol et mets l’union jack.
Le 21.09.07
La baie d’Algésiras étincelle de mille lumières. De gros cargos sont à l’ancre partout et cachent l’approche de Gibraltar. C’est le slalom entre les cargos. Nous voyons Gibraltar et ce que nous pensons être la piste d’atterrissage avec ses lumières. En fait des cargos nous cachent le port. En approchant, nous finissons par trouver le port puis la marina. Merci les guides ! La marina ne répond pas à la VHF. Nous allons vers le quai d’accueil. Il y a de la place. Nous amarrons à 21h. Nous allons au bureau de la marina et nous faisons les formalités, avec un préposé très aimable. Il nous dit que nous pouvons rester là où nous sommes pour la nuit et que nous verrons demain.
Nous voilà au pied du rocher illuminé pour la nuit. Un petit tour nous laisse voir une majorité de bateaux de voyage. Je fais à dîner et au lit pour récupérer. Mais avant Myriam m’appelle pour savoir si nous sommes bien arrivés. Je suis heureux d’entendre sa voix !