Appel au secours pour Salifou Sarr

Posted on décembre 2nd, 2013 by Christian

Ceci est un appel au secours pour Salifou Sarr, mon ami sénégalais, mon ” fiston adoptif ” depuis bientôt vingt ans.
Salifou Sarr
J’ai financé ses études supérieures de compta gestion, puis je l’ai aidé lorsqu’il en avait besoin. Il est actuellement sous traitement pour hypertension. J’ai payé une partie de ses traitements qu’il ne parvenait pas à financer. Les traitements au Sénégal coûtent aussi cher qu’en France alors que les revenus sont dix fois moindre.

Aujourd’hui les reins de Salifou ne fonctionnent plus et des dialyses sont nécessaires. Chacune coute 40000 FCFA soit 60€. Il en faut au moins deux par semaine plus quelques examens soit environ 500€ par mois. Salifou n’est pas en mesure de les financer, ma retraite non plus. Pour autant je ne me résous pas à le laisser mourir à très court terme.
Aussi je lance cet appel à l’aide auprès de tous les lecteurs et amis.


L’aide peut être un don ponctuel ou si possible régulier, elle peut aussi prendre d’autre forme : une aide pour faire connaître ces besoins auprès de vos amis, de personnalités célèbres capables de parrainer une action, une aide pour des idées qui fassent avancer cette cause…. Je vous adresse un grand merci de tout cœur par avance. J’assurerai un suivi personnalisé de l’information pour les personnes qui aideront. Le besoin est là, tellement urgent. ”
Pour faire un don vous pouvez aller sur le site de l’association que nous avons créé avec quelques amis pour venir en aide aux insuffisants rénaux sénégalais et Salifou Sarr pour commencer. L’adresse du site est: http://vivre-senegal.org

Christian Labes

Ana l’épouse de Salifou et leurs deux enfants

Je m’appelle Salifou Sarr, je suis sénégalais, j’ai 40 ans, une femme et 2 enfants.
J’ai fait un BTS de compta gestion dans une école privée de Dakar (sorti premier de ma promotion ) et suis devenu intermédiaire en commerce.

Aujourd’hui, je subviens aux besoins de sa famille (mon épouse Anna, mon garçon de cinq ans, Abderhamane et ma fille de trois ans, MaNafy.

Je m’adresse à vous parce que bientôt, sans votre aide, je ne vais plus pouvoir le faire.

Depuis deux ans je suis sous traitement pour hypertension. J’ai pu financer en partie mes traitements et trouver de l’aide pour l’autre partie, mais ceux-ci sont très cher.

Aujourd’hui mes reins ne fonctionnent plus et des dialyses sont nécessaires.

J’ai besoin de votre aide financière, pour moi bien sûr, mais aussi et surtout pour mes enfants qui ont besoin d’un père pour être accompagné en leur début de vie. Pour mon épouse aussi qui aurait tant de mal à subvenir aux besoins de nos enfants si je venais à mourir prématurément.

comment m’aider ?

Je tiens à remercier tout ceux qui m’ont déjà aidé et par avance ceux qui le feront.

Salifou Sarr

Le livre de Mimi: “Je suis toujours partie”

Posted on février 25th, 2010 by Mousaillonne

Désormais le livre de Mimi “Je suis toujours partie” n’est plus en vente dans les librairie. Mimi a racheté le stock et le vend directement. Vous pouvez le commander par mail pour 17€ plus trois euros de frais de port à l’adresse mail suivante: labeschristian@gmail.com. N’oubliez pas d’indiquer l’adresse à laquelle il faut vous envoyer le livre. A cette adresse mail il vous sera indiqué l’adresse où envoyer votre chèque.

Le livre de Mimi “Je suis toujours partie” se lit comme un roman avec grand plaisir! A vous de juger!

Voici les impressions de quelques lecteurs. Certains connaissaient Mériem, d’autres pas.

Je viens de finir ton livre.
J’ai lu ton livre très rapidement, tant ta vie m’a intéressée que je trouvais qu’elle ressemblait à un scénario de film mais en vain ce n’était pas un scénario mais ta vraie vie !
J’ai adoré, quand je lis vite un livre c est que j’ai adoré, je ne peux plus m’arrêter !
Au début de ton livre, j’ai eu comme une émotion de découvrir, ta vie d’enfant battue et à la fois je t’ai trouvé battante.
Et ensuite jamais tu n’as renoncé à ta liberté, j’ai trouvé cela très noble !
Par moment, dans des petites phrases j’ai souri en le lisant.
Tu es vraiment une grande dame, je trouve par tout ce que tu es passée, c’est juste énorme !
J’admire ces femmes qui ne lâchent jamais leurs idées même à mettre en péril la vie de leurs siens …
Tout simplement merci pour cette lecture , j’attend de te lire dans un nouveau livre .
J’ai aimé aussi ton style d’écriture , on se met directement dans ce livre ..
Merci encore et RESPECT , quel courage !
Je t’embrasse
Katie

Chère Meriem,
Pendant 3 jours de notre voyage de Las Palmas aux îles du Cap Vert, j ai lu
ton très beau livre. Je l’ai beaucoup aimé et je te félicite pour ton
courage et pour ta sincérité! Quelle vie!!!
Je te souhaite que dans le futur tu ne seras que heureuse!
Avec beaucoup de salutations et bisous à toi et à Christian
Marie-Thérèse et Paul du Bateau MABUHAY

Chère Mimi,
Mimi, ton livre m’a tenue en haleine ; quelle vie, quel chemin !
Je t’ai lue avec plaisir, avec angoisse aussi car j’étais à tes côtés et je
partageais tes peurs, tes espoirs et tes joies.
Bravo, tu t’es dévoilée avec brio.
Agnès

Je viens de refermer le livre de Mériem …
c’est ce qu’on appelle une vie romanesque et bien remplie.
Total Respect !
(et ce n’est pas fini grace au Diamrek et à un certain Christian, capitaine au long cours de son état)
Bravo Mériem c’est bien écrit donc ça a été bien raconté
et c’est haletant, ça se lit d’une traite comme du petit lait,
s’il n’y avait les chapitres j’aurais eu du mal à faire des pauses.
Renée l’a dévoré encore plus vite que moi
il ne manque plus que la dédicace…

Patrick et Renée

J’ai fini de lire le livre de ton amie. Heureusement qu’elle a du tonus pour toujours avoir su se battre pour gagner sa liberté. J’ai préféré la deuxième partie, celle de sa vie en Irak. Son livre est riche d’enseignements sur le monde musulman que nous connaissons peu, embrigadé dans des traditions ou la soumission à une quelconque autorité. La gente masculine de notre monde occidental a toutes mes préférences. Tant mieux que Mimi ait pu renouer avec ses enfants de Constantine. Pour une mère c’est un déchirement d’être séparé de ses enfants. C’est bien qu’elle leur laisse le témoignage de sa vie pour leur apprendre à ne jamais se résigner.
Nicole

A noter un exploit, je viens de terminer le livre de Mimi que j’avais commencé lundi. Il m’a tellement plu que je n’ai même pas pensé à être malade (mal de mer)! Mimi a écrit le récit de sa vie dans un livre qui vient de sortir en novembre dernier, le titre “je suis toujours

partie”, c’est très bien écrit et Mimi est un sacré bout de femme très courageuse pour tout ce qu’elle a rencontré, en un mot “chapeau”)
Marylène

Bien sûr que j’ai lu ton livre, je l’ai même dévoré. Je connaissais ton histoire en gros finalement et tout ce que tu relates m’a bouleversée.Quelle battante tu es et comme ton envie de vivre est grande. Anne Marie

Voici la quatrième de couverture.
je suis toujours partie

Éditions Ramsay
L’AUTEUR
Meriem Lahcene est née à Alger en 1949. Elle a connu la vie traditionnelle d’une famille constantinoise,
a vécu à Bagdad au temps de Saddam Hussein, avant de se réfugier en France, via l’Iran.
Elle est la mère de trois filles, Manal (connue du grand public sous le nom de Kenza Braiga), Assia et Zahia.

LE LIVRE
D’Alger à Paris, en passant par Constantine, Bagdad et Téhéran, voici l’itinéraire d’une femme libre, qui n’a
cessé de fuir les humiliations et la brutalité.
Née à Alger du viol de sa mère par un officier français, Meriem connaît une enfance chaotique. À quatre ans,
elle est abandonnée avec sa soeur à une belle-famille qui la méprise, l’exploite et la brutalise. À onze ans, lassée de jouer les Cendrillons, elle fugue plusieurs mois dans les rues d’Alger, entre les rafles des paras français et les attentats des militants du FLN, jusqu’à ce qu’un orphelinat catholique la recueille.
Elle retrouve son beau-père à Paris, puis à Alger où ils vivent ensemble les premiers temps de l’indépendance algérienne.
Elle tombe sous le charme d’un médecin, un redoutable Don Juan qui l’épouse et ne tarde pas à la frapper et à la brimer. S’ensuivent quatre années de réclusion dans une famille constantinoise très conservatrice. Meriem subit patiemment sa condition de belle-fille respectueuse et élève ses trois premiers enfants, mais quand son mari la trahit avec sa propre soeur avant d’épouser une autre femme, elle prend encore une fois la fuite.
Elle rejoint à Bagdad un scientifique irakien qu’elle a rencontré à Alger. Elle l’épouse et connaît la vie quotidienne au Moyen-Orient sous le régime kafkaïen de Saddam Hussein, aux côtés d’un époux qui s’enfonce dans la religion la délaisse. Trois filles naîtront de cette union : Manal-Kenza, Assia et Zahia.
Quand les Alliés bombardent l’Irak en 1991, elle s’enfuit vers l’Iran avec ses trois filles dans des conditions dramatiques. Soupçonnée d’espionnage, elle est emprisonnée quelques semaines en Iran, avant de rejoindre la France et de choisir définitivement la société occidentale.
Une jeunesse agitée à Alger, une vie de recluse à Constantine, une quinzaine d’années à Bagdad : Meriem Lahcene est toujours partie, elle n’a cessé de courir après une condition meilleure et à la recherche d’une filiation incertaine. Avec sensibilité et conviction, elle nous livre un témoignage fort sur la condition des femmes dans des sociétés musulmanes très contrastées.

Récit
14 x 20,5
344 pages
20,00 €
978-2-84114-877-6
9782841148776
Éditions Ramsay, 91 bis, rue du Cherche-Midi, 75006 Paris - Tél. : 01 53 10 02 80
Contact presse : Chantal Terroir - Tél.: 01 53 10 02 84 - E-mail : terroir.c@vilo-groupe.com
-:HSMIOB=VY]\\[:
OCTOBRE 2007

Voici un article de presse sur ce livre:
Je suis toujours partie de Meriem Lahcene aux éditions Ramsay

Meriem Lahcene qui vit dans notre quartier depuis quelques années est née à Alger. Elle est la mère de six enfants dont une de ses filles Manal est plus connue du grand public sous le nom de Kenza Braiga. Cette dernière qui vit maintenant de sa plume (émissions de radio et livres) a publié plusieurs livres dont le très médiatique « 2 femmes en colère » (la rencontre entre une femme musulmane et une femme juive). C’est dans un de ses livres qu’elle va évoquer la vie de sa mère et que la maison d’édition Ramsay va demander à Meriem Lahcene de raconter cette vie riche en rebondissement. Et en effet, si cette autobiographie, raconte la vie d’une femme qui a fui l’humiliation et la brutalité une grande partie de sa vie, il se lit comme un roman d’aventure. Il faut dire que Meriem Lahcene est une personnalité rare, de celles qui ont un tel instinct de survie qu’elles nous fournissent une grosse bouffée d’espoir à les lire ou à les entendre. Pourtant son récit est celui de nombreuses femmes qui subissent la violence conjugale ou la pression des sociétés de type patriarcal. Pourtant, le ton n’est pas celui d’une victime mais celui de quelqu’un qui cherche la « porte de sortie ».
Pour résumer le parcours dont elle nous parle dans ce livre, Meriem Lahcene connaît une enfance difficile et fugue à l’âge de 11 ans dans les rues d’Alger. Elle ira alors en pension chez les sœurs. C’est très jeune qu’elle épouse un médecin qui l’emmène vivre dans sa famille traditionnelle à Constantine où elle va vivre recluse et subir la violence d’un mari peu présent, volage et avare. Elle réussira à le quitter pour plus tard épouser un irakien qui l’emmène cette fois vivre à Bagdad dans un autre type de famille attachée aux traditions orientales : la famille gravite autour du père et les enfants même mariés demeurent très dépendants de la famille. Dans les deux familles, la femme a une place secondaire mais autant dans la première, il y a de l’affection et du respect dans la seconde, le père est tyrannique avec tous les membres de sa famille. Son second mari, d’une nature trop douce ou trop faible, n’arrive pas à réaliser que la situation de son pays et de sa famille se dégrade. Meriem Lahcene prend les choses en main et sous les bombardements, elle va réussir à s’enfuir via l’Iran avec ses filles pour rejoindre la France où elle a séjourné de nombreuses fois auparavant. À ce moment, c’est un nouveau combat qu’elle doit mener pour faire vivre sa famille. Elle exerce différents métiers donc celui d’esthéticienne dont elle a obtenu un diplôme, il y a quelques années à Paris.
Aujourd’hui Meriem Lahcene est une femme mûre, belle et épanouie, il faut dire que juste retour des choses, la vie lui sourit, un livre et un amoureux viennent combler sa vie. Elle a rencontré son compagnon sur internet et comme c’est un amoureux de la voile et des voyages, ils passent tous les deux une grande partie de l’année sur leur bateau. Leur prochain voyage sera vers le Cap vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée et le Brésil. Elle n’avait jamais imaginé qu’elle apprendrait à hisser les voiles, se contenter de peu d’eau et de vivre sur la mer. Elle découvre d’autres horizons, d’autres vies et cette passionnée de la cuisine nous promets un livre de recettes dans l’année qui vient. Vous pouvez déjà avoir un aperçu sur le blog du bateau.
À la question si son livre est lu en Algérie, elle répond qu’il est difficile d’être édité en Algérie mais qu’elle aimerait beaucoup pouvoir aller en parler là-bas. Ce qui est agréable lorsqu’on écoute Meriem Lahcene, c’est qu’elle revendique d’être une femme libre, comme elle dit mais qu’elle n’est pas dans un prosélytisme, elle est consciente qu’il faut y aller prudemment avec certaines femmes qui reproduisent sur leurs filles, une oppression dont pourtant elles sont conscientes.
Si vous voulez lire son livre, il est en vente à la librairie L’humeur Vagabonde, rue du Poteau et si vous voulez suivre son aventure en bateau dont le nom est « diamrek », un blog vous permettra de voir et communiquer avec ce couple fort sympathique : http://www.diamrek.fr
Martine

Le livre de Mimi est toujours d’actualité. C’est le livre d’une femme libre. Qui met sa liberté au-dessus de tout.  Elle a quitté le bord pour ne revenir que lorsqu’elle l’aura choisi. Elle n’a pas pour autant quitté le capitaine!

Bonne année 2010

Posted on décembre 27th, 2009 by Christian

Bonne année 2010!!!Voeux 2010

Rochefort, Vente du voilier

Posted on septembre 27th, 2009 by Christian

Rochefort,

Position : 45 56 636N 0 57 280W

Le bateau est au sec, (Celui de Jean Michel aussi) il n’y a plus qu’à… Seulement voilà, cette fois ci les travaux qu’il y a à faire, ce n’est plus pour partir, ou repartir, c’est pour vendre le bateau. Ce n’est pas pareil ! Le courage me manque. Je ne sais par quoi commencer…
Petit Scarabée 2 de Jean Michel sort de l’eauVers la terre ferme
Je commence par enlever les voiles. Pour affaler génois et trinquette, je dois dévisser les ridoirs des enrouleurs pour amener ceux ci le long du mât. Puis je monte au mât, assuré par Jean Michel. Je peux alors revisser les vis qui maintiennent les tronçons du profil sur le quel est endraillé les voiles. En navigation hauturière, les vibrations répétées durant des semaines, finissent par avoir raison de la colle qui maintient les vis serrées. Lorsqu’elles sont desserrées elles empêchent d’affaler la voile. Du haut en bas je revisse chaque visse. Puis nous affalons les voiles. L’entreprise qui nous a sorti de l’eau vient nous avertir que c’est interdit de monter au mât à sec pour raison de sécurité. C’est bon, j’ai déjà affalé les deux voiles d’avant…
Plus tard j’affale aussi grand voile et artimon. Je les plie et les mets en sac pour les ranger dans le bateau. Le bateau ainsi désarmé paraît nu, impropre à la navigation. C’est l’arrêt, le point final…
Une première brooker vient voir le bateau. Elle m’explique que la conjoncture n’est pas bonne et qu’il ne faut pas que je sois trop gourmand. Elle estime un prix par rapport au marché qui m’abat tellement il est bas ! Je vais réfléchir.
Pour améliorer le look il faut que je fasse de la peinture, et que je supprime les traces de rouille. Il faut raviver les vernis, nettoyer… J’ai de quoi faire.
Je commence par poncer l’antifooling qui est parti à certains endroits. J’égalise à la ponceuse orbitale. C’est lourd et on travaille dans des positions pour le moins inconfortables…
Après je passe une couche d’apprêt de façon à protéger la coque et à la préparer aux couches d’antifooling que mettra l’acheteur avant la mise à l’eau. Le résultat ne me satisfaisant pas, j’en passe une seconde. Le bateau a meilleure allure !
Puis je nettoie les œuvres mortes de la coque. Je nettoie les traces de rouille à l’acide oxalique qui les fait disparaître en quelques minutes ! L’acétone enlève bien des traces de graisse, de défenses, de pontons. Quelques retouches de peinture et l’aspect est bien différent !
Je dégrise les bois du cockpit à l’acide oxalique aussi, puis un coup de vernis qui résistera aux attaques de l’hiver.
A l’intérieur, je nettoie les fonds, je tente d’enlever l’odeur de gasoil qui s’est imprégnée lors des fuites de gasoil. Maintenant ça sent la pomme, mais pour combien de temps ? Je refais des vernis dans le carré et la cuisine.
Il me reste des bricolages électriques. D’ailleurs pendant que je suis dans le carré, à un moment je sens le chaud, l’odeur du court circuit électrique. Je cherche d’où ça vient. J’ouvre la trappe des batteries. Une fumée sort d’un fil qui va du régulateur de tension des panneaux solaires à la résistance qui dissipe l’excédent d’intensité. Le fil rougit et fond sous mes yeux ! Le voltmètre grimpe aussitôt à 15,5 volts ! C’est ce qui a du endommager mes instruments de navigation la fois précédente. Je refais une connexion correcte et l’intensité redevient adéquate. Je décide de couvrir les panneaux solaires, pour éviter que ça ne se reproduise lorsque je serai absent ! Pourtant le régulateur est prévu pour un ampérage supérieur à celui que débitent les panneaux et il est livré avec ses fils…. Le monde du bateau est toujours imprévisible !
Pendant ce temps, Mimi, m’attends à Paris…
La poudrerie de RochefrortL’Hermione a bien avancé depuis ma dernière visite!p1020292.jpgPrès de l’Hermione

Depuis le départ du Venezuela, j’ai eu le temps de lire bon nombre de bouquins, dont certains pavés, et dont la plupart sont super. Je vous donne une liste avec mes appréciations, puisque je sais que vous être un certain nombre à lire quelques livres dont je parle.
- Louis René Des Forêts : Les mendiants. Le Bavard.
o Les mendiants : une histoire avec une bande de jeunes copains. Un pari littéraire puisque tout est écrit à la première personne, chaque chapitre étant l’histoire vécue par un personnage différent. Pourtant le style ne change pas en fonction du personnage… Les analyses psychologiques sont fines mais le livre ne m’a pas emballé.
o Le bavard : j’avais entendu une critique du livre sur une radio dont le présentateur parlait de son livre de chevet. En fait c’est encore un exercice littéraire, un jeu de la vérité qui ne m’a pas convaincu, pas plus que le livre précédent, malgré son joli style à l’ancienne.

- Chaïm Potok : L’histoire du peuple juif. Plus de 600 pages passionnantes qui brossent 4 millénaires d’histoire juive parmi d’autres peuples en Palestine, en Egypte, en Babylonie, en Europe et en Amérique. C’est le fruit de gigantesques recherches. C’est parfois un peu trop érudit, mais toujours intéressant et ça aide à comprendre l’imbroglio israélien et palestinien sans faire entrevoir de solution. C’est de l’histoire, aux politiques et aux peuples à trouver des solutions…

- Bernard Klin et Dominique Duard : Le bateau Igloo. Rencontré à Flores, où il faisait escale, Bernard Klin a hiverné trois années dans le grand nord canadien puis au Groenland. Il raconte ses navigations avec des vents très forts, des courants diaboliques et des glaces omniprésentes qui risquent de faire couler le bateau et le faire disparaître lui et sa compagne ainsi que leurs chats. Trois années de vie dans les éléments très durs, très contraignants, avec leurs contacts avec les Inuits qui les observent goguenards au début puis les acceptent lorsqu’ils ont fait preuve d’adaptation à cette vie si particulière dans le froid permanent avec la pêche et la chasse pour manger… C’est beau. Un peut long parfois. J’avais envie de partir avec lui pour le prochain hivernage, car il cherchait un équipier après la mort de sa compagne…

- Michel Butor : La modification : Un classique du nouveau roman que je n’avais pas encore lu. En exercice de style passionnant, une analyse psychologique fine, un style très classique et précis. Beau livre.

- Andreï Makine : La femme qui attendait : Très beau roman d’amour écrit avec un style alerte et précis. L’histoire se passe dans la Sibérie, après la pérestroïka, dans des villages oubliés du monde et du pouvoir. Une vie au contact des éléments et des autres habitants qui survivent. La nature sibérienne imprègne superbement tout le livre.

- Charles Najman : Haïti, Dieu seul me voit : Un livre épais d’un amoureux d’Haïti et du vaudou, qui est un reportage sur les Haïtiens, leur vie difficile, leurs croyances et leur histoire qui irrigue toute la vie présente. C’est très bien documenté, passionnant bien qu’un peu long sur les détails du vaudou et sa mise en valeur.

- Olivier de Kersauson :Océan’s songs: Un grand monsieur de la voile et un bien petit livre qui dit bien peu de choses, bien mal écrit, mais vendu à beaucoup d’exemplaires à cause de la notoriété de l’auteur. Heureusement que je ne l’ai pas acheté et qu’on me l’a donné !

- Albert Jacquart : Le compte à rebours a-t-il commencé ?: Le sujet, la finitude de notre terre, de ses ressources et la meilleure gestion possible, est passionnant. Le livre aborde quelques aspects de ces questions, mais laisse sur notre faim. Pourtant l’auteur est un grand Monsieur, que j’adore entendre sur les médias…

- Théodore Canot : Aventure d’un négrier : Autobiographie d’un trafiquant d’esclaves, d’or et de tout ce qui rapporte au 19ième siècle. C’est hallucinant de franchise sur la traite, sur l’esclavage en Afrique et dans le reste du monde. C’est riche en détails. Le livre restitue bien les mentalités de l’époque, partagées entre les idées des Lumières et une économie florissante…

- Sham Sa : Impératrice : Très beau livre sur la Chine et sur une impératrice qui a régné au 9ème siècle. Le livre permet de mieux comprendre la richesse de la civilisation chinoise, aussi son formalisme et l’espace entre le formalisme et la liberté de chacun autour du pouvoir, de la vie dans la cité interdite. Quelle documentation nécessaire pour faire revivre cette époque ! C’est superbe, cruel, très psychologique au milieu d’une Chine qui se protège des invasions et de la dissidence de certaines provinces.

- François Cheng : Le dit de Tian-Yi : Nous voilà dans la Chine du 20ème siècle, avec l’histoire d’un intellectuel qui traverse ce siècle agité. Quelle description de la chine des campagnes, des provinces avec leurs us et coutumes ! Une superbe écriture qui rend présent a terre chinoise dont dépend la vie de chacun. Et puis les camps de rééducation communistes ! On comprend mieux la pensée chinoise, cette autre conception d’un temps circulaire et non linéaire comme en occident. C’est passionnant.
- V. S. Naipaul : Jusqu’au bout de la foi : Un livre documentaire sur la foi musulmane dans la vie de chaque jour et dans la politique dans quatre pays non arabe : Indonésie, Iran, Pakistan, Malaisie. Au début j’ai failli abandonner. Le style est journalistique. Le documentaire avance lentement. Et puis, étant allé en Indonésie, ça me rappelait des souvenirs, ça m’apprenait des faits historiques, je retrouvais des mentalités, des traditions. Le livre est intéressant pour mieux comprendre que dans ces régions l’islam est imposé par des conquêtes, au même titre que d’autres religions, qu’il est traversé par des courants qui mêlent religion et politique dans une ambiance de retour vers une société mythique des débuts de l’islam es Arabie… Ce n’est pas optimiste pour la paie civile et pour la paix internationale…

- Bharati Mukherjee : Jasmine : Un très beau roman d’une indienne (d’Inde) installée aux USA. C’est l’histoire d’une fille indienne, de sa vie en inde puis en Amérique, au prix d’une formidable adaptation, de compromis incessants entre tradition et modernité, entre vie de clan et vie privée. C’est superbe.

- Henri Michaux : Plume et Lointain intérieur : A ne pas lire en période de déprime ! L’auteur décrit ses hallucinations, ses fantasmes, ses angoisses en période de dépression. C’est parfois beau, souvent étrange, toujours dur !

- Curt Levian : Journal d’une femme adultère : Un pavé de plus de 1000 pages, un roman à la psychologie fine mais bavard, avec un humour pas toujours de bon niveau.
Je n’ai pas fini la lecture. Pas mal, sans plus. C’est un livre qui fatigue le poignet… par son poids.
Voilà, si ça vous dit, vous avez le choix, de l’antiquité à nos jours, d’un continent à l‘autre, d’une culture à une autre.
Ah ! Quelle chance de pouvoir lire ce que l’on veut ! Je repense souvent à ma mère qui avait projeté de lire lorsqu’elle n’aurait plus à s’occuper de ses enfants, de ses petits-enfants et qui a perdu a vue avant d’avoir lu ce qu’elle avait projeté de lire !

Les Sables d’Olonne - Rochefort

Posted on septembre 10th, 2009 by Christian

Les Sables – Rochefort

Arrivé depuis Flores aux Açores, le 30 juillet 2009 aux Sables d’Olonne, je prends les contacts nécessaires pour faire réviser les deux voiles qui ont souffert et les instruments de bord qui ne fonctionnent plus.
Les voiles sont révisées en une semaine. Pour les instruments, il me faut attendre deux semaines la visite de l’entreprise qui pense qu’il y a eu surtension et qu’il faut réviser les moniteurs. Mais comme je ne veux pas m’éterniser aux Sables, je le ferai faire à Rochefort.
Port des SablesLes Sablesp1020023.jpgUne fortune de mer!
Mimi arrive le 18 août. Quelle joie de se retrouver enfin. Notre séparation a été longue.
Quelques jours pour être ensemble au calme sur le bateau et dans la ville, puis nous pensons à mettre le cap sur Rochefort. Nous partons le 25.
Dès le matin nous préparons le bateau pour une navigation tranquille car la météo prévoit un temps calme avec du vent d’est. A 10h j’essaie le moteur qui démarre tout de suite. Je remonte du gasoil dans le réservoir journalier avec la pompe que j’ai réparée. Elle fonctionne dix secondes et le rouet lâche ! Alors que j’avais changé le tuyau de mise à l’air libre du réservoir et qu’il n’est donc plus bouché !!! C’est décourageant.
sables-dolonne-038.jpgMimi fait une rencontre aux SablesMur d’un quartier couvert de fresques en coquillagessables-dolonne-058.jpgsables-dolonne-065.jpgsables-dolonne-102.jpgsables-dolonne-104.jpgsables-dolonne-106.jpgsables-dolonne-107.jpg
Nous larguons les amarres à 10h. Nous faisons le plein du réservoir journalier à la pompe, puis c’est le départ. Nous traversons le port, puis embouquons le long chenal de sortie. Quelle émotion de revoir le clocher de l’église qui indique l’heure, la vielle tour fortifiée, la jetée, tout ce que nous avons vu en partant d’ici pour faire le tour de l’atlantique !
Nous voyons Les Sables diminuer à l’horizon, puis nous voyons l’île de Ré approcher. Nous la longeons par le sud. Mais le vent prévu d’est est en plein de face. Si bien que nous devons avancer au moteur.
Les Sables au loinp1020042.jpgp1020046.jpgp1020053.jpgles amoureuxUn pêcheur tout prèsUn voilier de passageUn cargo non loin
Voilà l’île d’Oléron qui apparaît dans le soir. Entre Ré et Oléron il y a un chenal profond d’une trentaine de mètre, ailleurs la profondeur est faible. Nous naviguons en approchant d’Oléron par moins de dix mètres de fond. J’ai repéré sur la carte une baie au nord ouest d’Oléron. Je compte jeter l’ancre là. Nous approchons prudemment car le sondeur fonctionne de façon aléatoire. Nous jetons l’ancre par 7 mètres de fond, avec une mer presque plate. Le bateau bouge peu, c’est confortable. L’ancre tient bien. Nous dînons et au lit.
Le 26 août au matin, le jour nous fait découvrir que nous sommes au large d’un port qui ne doit être accessible qu’à marée haute.
Nous levons l’ancre vers 9h30. Le vent est faible et on s’aide au moteur. Le paysage est superbe. L’eau peu profonde est verte. Nous longeons Oléron et au loin nous apercevons fort Boyard.
Le capitaineMon équipière fréféréeFort Boyardla bullep1020090.jpg
Il est impressionnant ce vieux fort entouré d’eau. Une eau peu profonde, mais quand même. Quel lieu de détention ! Maintenant des bateaux remplis de touristes tournent autour du fort. Nous passons près et nous allons vers l’embouchure de la Charente. Mais il est trop tôt, la marée baisse encore. Nous jetons l’ancre par 7m pour attendre le début de la marée montante. Mimi se fait bronzer sur la plage avant comme souvent les sirènes… Je profite aussi du soleil en pleine mer verte et calme.
A 15h20 nous relevons l’ancre, direction de la Charente. A bâbord il y a l’île d’Aix avec ses fortifications. Quelques voiliers sont à l’ancre devant le village. A tribord il y a l’île Madame, toute petite qui est reliée au continent à marée basse. Elle est bordée de pieux, de bouchots.
Nous passons près et nous voilà au début de la Charente. Je prends des photos et Mimi me dit que nous ne bougeons plus. En effet nous sommes plantés dans la vase. Un coup de moteur en avant, en arrière, mais rien ne bouge…
Je déroule la trinquette. Le bateau pivote lentement vers le milieu de la rivière puis il avance.
Les voiliers qui nus montrent le cheminL’île d’AixMimi prend la barrep1020122.jpg
Pendant ce temps trois voiliers sont passés devant. Eux ont surement des sondeurs qui fonctionnent car ils zigzaguent par moment. Je suis en suivant les directions qu’ils m’indiquent. Lorsque le sondeur fonctionne il indique parfois 10 centimètres seulement sous la quille ! A un moment l’un des voiliers se plante et nous le dépassons.
Le long de la Charente, il y a des zones de mouillage très étendues avec des centaines de bateaux sur des bouées. Nous passons entre. Le paysage est très plat de chaque côté : des roseaux, des champs, des près. Un paysage monotone…
Nous arrivons près de Rochefort et deux ponts se profilent, celui de l’autoroute, puis le pont transbordeur. Ni l’un ni l’autre n’indiquent la hauteur limite pour le passage. Je suis déjà passé en quittant Rochefort en 2005, donc je sais que ça passe. Mais une indication serait la bien venue pour les navigateurs !
p1020125.jpgp1020127.jpgp1020131.jpgOn n’est pas seul dans la Charente
La marée nous pousse à plus de 4 nœuds. Nous voilà devant le ponton d’accueil devant la corderie royale. Il est libre pour s’y amarrer. Je le dépasse pour voir l’entrée vers l’écluse et le ponton d’attente. Il y a de la place. Je fais demi tour. Me retrouvant face au courant, je n’avance plus ou presque. Je remonte le courant et je tourne pour entrer dans le chenal d’entrée. Un tourbillon repousse le bateau. Je refais un tour, puis un autre et le tourbillon repousse le bateau à chaque fois. Alors je vais vers le ponton de la corderie. Je m’approche. Mimi saute sur le ponton et passe l’amarre dans l’anneau. Bravo ! Elle est une bonne équipière lorsque le voyage est fini. Nous devrions repartir ! Il est 16h30.
RochefortMimi à la médiathèque de la Corderie Royale
Les voiliers suivants, arrivent. Je les aide pour les amarrages. Nous sommes en avance, il faut attendre l’ouverture de l’écluse. Un employé du port vient voir les bateaux et nous attribuent une place dans le port. Puis l’écluse s’ouvre ; des bateaux sortent puis nous rentrons. Nous amarrons Diam Rek à couple d’un autre bateau. Il est 21h20.
Nous voilà à Rochefort, au bout du voyage avec Diam Rek.
Je suis heureux d’être arrivé, puisqu’il faut poser le bateau. Mimi est plus nostalgique que moi. Lorsque j’ai pris une décision, je l’ai prise et je passe à autre chose.
p1020144.jpgSur les pelouses de la Corderiep1020162.jpgp1020164.jpg
Je suis heureux de retrouver Rochefort, son bassin entouré de bâtiments du 18ème siècle. Rochefort est un pôle important de bateaux de voyage avec des gens qui préparent leur bateau avant le départ ou qui font escale plus ou moins longue entre deux voyages. Certains rentrent pour revendre leur bateau. Aussi un acheteur qui vient à Rochefort aura plusieurs bateaux à visiter.
J’y retrouve un navigateur rencontré à Flores. Aux Açores il hésitait encore entre Rochefort et Port Saint Louis du Rhône. Finalement il est là avec son bateau en aluminium qu’il vend après 6 ans de navigation.
Avec Mimi nous restons sur Diam Rek à flot quelques jours. Puis Mimi rentre à Paris d’urgence pour raisons familiales. Je fais mettre le bateau au port à sec où on stocke les bateaux pour l’hivernage. Les conditions de vie sont moins pratiques car il y a l’électricité mais pas l’eau et les sanitaires sont un peu loin… Mais je peux travailler sur le bateau en vue de lui redonner un air avenant pour mieux le vendre. Je vais le repeindre, entretenir les vernis intérieurs, réparer les quelques bricoles qui ne fonctionnent pas… J’ai de quoi m’occuper pour un moment.
p1020173.jpgLa sortie de l’eauAttention!p1020184.jpgLa gruep1020190.jpgEn route pour le port à secp1020201.jpgLa coque après le passage du KarcherQue c’est beau!p1020209.jpgp1020212.jpgp1020214.jpgLa coquep1020220.jpgp1020222.jpgDans le port à secLa charentep1020229.jpg
Le port à sec est situé le long de la Charente. De là on voit les berges limoneuses de la rivière. Non loin il y a la Corderie Royale qui est un très beau bâtiment du 18ème.
p1020234.jpg
Quelques jours après ma mise à sec, Jean Michel qui est arrivé avec son bateau à La Rochelle, vient me voir. Je le raccompagne à La Rochelle et je vois enfin son bateau, un Sun Charm qui porte le nom de Petit Scarabée 2. Ça me fait plaisir de voir enfin son bateau qui est un bon bateau.
p1020239.jpgp1020241.jpgp1020245.jpgp1020250.jpgp1020252.jpgPetit Scarabée 2
Puis Jean Michel amène son bateau à Rochefort pour l’hivernage. Nous pouvons être ensemble souvent et s’aider pour ce qui est plus facile à faire à deux.

Traversée Saint Martin- Les Sables d’Olonne

Posted on août 22nd, 2009 by Christian

Traversée Saint Martin-Açores et Açores-France

Nous sommes prêts le 29.05, mais Teddy ne veut pas partir car c’est un vendredi… Nous partirons donc demain matin. Nous faisons les dernières courses pour les provisions qui nous permettrons de préparer les repas durant la traversée. Nous avons calculé largement, nous ne devrions pas jeûner. Je vais faire un dernier tour sur internet pour lire les derniers mails. Je regarde les prévisions météo. L’anticyclone des Açores est situé entre nous et les Açores, il nous barre la route directe. Il nous faudra remonter nord dans un premier temps pour le contourner…

Nous partirons à deux, puisque Teddy qui m’avait menacé de débarquer, n’a pas cherché un autre embarquement… Nous ferons donc la traversée à deux. Je serai volontiers parti seul…

Proposition d’équipierUn coup d’oeil sur la météo

Le 30.05.2009

Nous sommes prêts. Avant de larguer les amarres, nous allons déjeuner au restaurant sur le port. Nous larguons les amarres à 13h15.

Le port d’Oyester Pond est très peu profond, il reste moins d’un mètre d’eau sous la quille. La passe de sortie est étroite, puis il y a un chenal balisé entouré de coraux à éviter absolument.

Nous voici dans une mer peu profonde, moins de 30 mètres, entre Saint Martin, Saint Barthélemy et Anguilla. L’eau est verte, translucide ; le ciel est bleu avec quelques nuages. Une vraie carte postale.

Les alentours des îlots voisins sont zone protégée. Il est interdit de jeter l’ancre pour ne pas abîmer les coraux. Il faut prendre l’un des coffres disponibles. Nous laissons l’îlot Tintamarre à bâbord. Diam Rek avance avec la grand voile, la trinquette et l’artimon avec un cap fond de 29° à près de 4 nœuds.

Le départLa mer calme

La mer est belle, le ciel dégagé laisse voir toutes les étoiles avec toute la voie lactée. Que c’est beau !

Nous reprenons les quarts. Je ferai 4h-8h, 12h-16h, 20h-24h. Le premier quart de 20h à 24h est terrible. J’ai sommeil, je lute pour ne pas m’endormir, pour scruter l’horizon afin d’éviter les éventuels bateaux.

Le 31.05.2009

Dans le petit jour nous avançons à 5 nœuds. Pas de bateaux, nous sommes seuls en mer. Avec le jour, les luminosités des îles se sont éteintes. L’horizon ne laisse voir que la mer.

Après la joie du départ, vient une légère appréhension. J’ai tellement lu des récits de traversées difficiles, avec du gros temps… Mais la détermination est la plus forte, et l’attrait de l’aventure à vivre.

A midi, je mets une heure de moteur pour entretenir l’énergie de batteries. Nous croisons un petit cargo sur notre arrière. C’est le premier.

Nous avons parcouru 95 miles en 24h pour cette première journée de navigation avec un vent de 15 nœuds d’est et une houle d’un mètre maxi.

Dans l’après-midi un grain passe ; la pluie nous arrose copieusement. Après le grain le soleil revient. Le vent passe de 25 nœuds à 12 nœuds. La houle augmente à 1,5 mètres.

Coucher de soleil

Vers 22h je mets une heure à éviter un gros bateau de pêche, qui zigzague devant Diam Rek. Les pêcheurs travaillent et ne s’occupent pas des autres bateaux qui n’ont qu’à se dérouter… ce que je fais en maugréant.

Le 01.06.2009

Toute la nuit ce n’est que pêcheurs qui travaillent et ne s’occupent pas des autres bateaux qui n’ont qu’à se dérouter… ce que je fais en maugréant.

Toute la nuit ce n’est qu’une succession de grains !

Au matin nous avançons à 4 nœuds avec un ris dans la grand voile. Teddy « anticipe » les grains. Aussi le bateau est tout le temps sous-toilé. Pas possible de reprendre les ris car ça l’angoisse…

A 13h15 je fais le point. Nous avons fait 106 miles en 24h. Le ciel est bleu et la mer est bleue des mers du sud, bleu Waterman, comme sur les cartes postales.

Début de traversée!Les provisions dans le filetOn avance

Nous avançons sur la route orthodromique alors que Daniel, le routeur, nous avait recommandé de monter au nord dans un premier temps, pour éviter de tomber dans les calmes de l’anticyclone massif qui est dans l’est. Mais Teddy dit que c’est des conneries, que le vent est là et qu’il n’y a qu’a le suivre. Je le laisse essayer puisqu’il à déjà cinq traversées à son actif et pour lui clouer le bec s’il se plante dans les calmes…

Lorsque Teddy ouvre le frigo et me dit qu’il va falloir mettre le moteur parce que le beurre est trop mou, je me dis que nous n’avons pas la même façon de naviguer ! Il n’a qu’a ranger le beurre plus près du freezer ! Moi qui ai tendance à éteindre le frigo souvent pour privilégier le pilote qui suffit à faire baisser les batteries lorsque le vent ne fait tourner l’éolienne que faiblement et que le ciel gris ne permet pas aux panneaux solaires de donner assez d’énergie.

Le 02.06.2009

La nuit est calme ; un vent de 12 nœuds nous fait avancer à 4 nœuds. Pas de grain et pas de bateaux à éviter. Je commence à m’habituer aux quarts de 4 heures. La nuit c’est long, mais il y a un avantage : pendant mes quarts, je suis seul et j’apprécie pleinement ce contact avec la nature. J’apprécie aussi de n’être pas à côté de Teddy. En effet il n’y a aucun feeling entre nous et nous ne nous disons pas dix phrases dans la journée. Alors la présence muette de l’autre pèse.

J’appelle le routeur qui me dit de continuer  vers le nord 60 heures puis nous aurons du vent de sud est à condition de ne pas dépasser le 59° west.

Nous avons avancé de 99 miles en 24h et nous avançons à 3,5 nœuds.

Je mets le moteur pour utiliser la radio BLU pour envoyer un mail de demande de carte météo. J’y passe une heure sans parvenir à faire passer le mail faute de contact avec l’une des stations radio réceptrices.

En début de nuit, un gros nuage passe avec une accélération du vent. Derrière, il n’y a plus de vent hélas !

Le 03.06.2009

Dans la nuit les nuages se succèdent avec du vent sur leur passage puis plus rien…

La matinée se passe dans le petit temps avec un vent autour de 10 nœuds. Nous avançons à 3,5 nœuds avec une houle de tribord.

La mer est couverte de longues zébrures qui sont des amas d’algues qui dérivent. Elles nous empêchent de pêcher car elles s’accrochent au rapala…

Nous avons parcouru 92 miles en 24h. Ce n’est pas formidable, mais le vent est faible…

Nous n’avançons plus qu’à 2 nœuds. Teddy allume alors le moteur pour avancer plus vite. Il ne supporte pas d’avancer à moins de 2,5 nœuds… Moi, j’aime avancer à la voile, même lentement, on peut profiter alors du beau temps calme pour lire, écouter de la musique…

Non il faut le moteur !

Pendant mon quart du soir j’écoute de la musique avec mon baladeur. Quelle joie d’entendre de la musique, seul sur la mer, sous le ciel étoilé !

Le 04.06.2009

Manque de vent et nuages gris qui couvrent le ciel, c’est notre lot du matin. Moteur pour recharger les batteries et pour pallier le manque de vent… Nous avons fait 94 miles en 24h.

Daniel me dit au téléphone satellitaire d’aller jusqu’au 30 et même 31° nord pour trouver du vent.. Nous alternons voiles et moteur pour avancer. A ce rythme là le gasoil ne sera pas éternel et ne nous permettra pas de rejoindre les Açores de toutes façons…

Le 05.06.2009

Dans la nuit éclate un gros orage loin dans le nord est. Teddy éteint tous les instruments et les débranche. Vers 4h30, l’orage cesse, toujours au loin. Après il n’y a plus de vent. Teddy met le moteur…

Il pleut un peu. Lorsque le vent revient, nous avançons à la voile. Le reste du temps c’est au moteur…

Dans la journée nous avons avancé de 76 miles. Nous passons à côté d’un grain, puis d’autres.

Se faire mouiller n’a rien d’agréable car comme nous remontons vers le nord, la pluie n’est plus chaude comme sous les tropiques. Quand en plus c’est la nuit, l’humidité reste dans les habits et on est transi vite fait… On dirait une journée de novembre.

Le 06.06.2009

Vers midi nous croisons un cargo qui se déroute pour nous laisser passer. C’est suffisamment rare pour le signaler. Nous avons avancé de 99 miles en 24h.  Nous avançons sur un cap fond de 42°, ce qui ne nous fait pas avancer suffisamment nord pour trouver le vent et trop  est pour éviter les calmes de l’anticyclone… La majeure partie de la journée se passe au moteur.

Teddy rate une dorade coryphène qui réussit à se décrocher de l’hameçon tout près du bateau…

Le 07.06.2009

Nous avons avancé de 104 miles en 24h grâce au moteur surtout. Le vent de sud  ouest est très faible. Nous sommes toujours au cap 65°.

img_0080.jpg

Le routeur nous conseille de continuer au cap 45° pour trouver dans 6 heures du vent d’ouest montant progressivement à 20 nœuds.

Sur la mer il y a uneimg_0087.jpgimg_0089.jpgimg_0090.jpg profusion de petites méduses avec une poche gonflée qui leur sert de voile. Cette voile est striée de raies rose violet. C’est magnifique à regarder, mais il ne faut surtout pas toucher car les tentacules sont cruellement venimeux. J’en garde un souvenir cuisant lors d’une baignade à Warang au Sénégal.

En soirée nous arrêtons le moteur et hissons trinquette, grand voile et artimon pour avancer à 3,2 nœuds au cap 45° avec un léger vent d’ouest.

Le 08.06.2009

Le soleil se lève à 4h15 à l’heure des Antilles. Le ciel est magnifique avec une infinité de rouges entre les nuages. Commence alors le calme du matin. C’est le paradis. Que j’aime ce calme des matins en mer !  Il y a une houle de ¾ arrière bâbord d’un mètre environ. Nous avançons à 4,8 nœuds avec un vent d’ouest de 12 nœuds.

img_0093.jpgimg_0094.jpgimg_0096.jpgimg_0099.jpg

Le vent étant arrière, je mets une retenue de baume pour parer à tout empannage intempestif.
Avant midi Teddy attrape une daurade coryphène dont je lève les filets.

Nous avons avancé de 111 miles en 24h. Le vent s’étant levé nous avançons à 6,2 nœuds.

Vers 23h, la pluie arrive pendant que je vois des éclairs au loin. Les grains passent sans dommage pour nous.

Le 09.06.2009

img_0100.jpgUn grainimg_0103.jpgimg_0105.jpgUn cargo passe

Les grains se succèdent. J’avais rangé mon appareil photo dans un équipet, entouré d’un linge.

Hélas, cette protection n’a pas suffit. Je sèche l’appareil, dehors et dedans. Le courant fait encore sortir l’objectif de façon aléatoire. Mais quelques heures après, l’appareil repose l’objectif sorti, sans réaction aux sollicitations des commandes. Le grain lui a été fatal.
J’ai pris des photos jusqu’à présent, mais le reste de la traversée se fera sans photos. Je suis triste et je m’en veux de n’avoir pas fait plus attention à l’appareil !

Le vent est tombé et nous avançons au moteur. Le routeur nous promet du vent dans 36h…

Je demande un fichier météo par BLU. Il arrive et confirme que nous sommes dans une zone de calme plat et que le vent est loin au nord est…

Nous avons avancé de 105 miles en 24h.

Le soir j’ai froid. Les nuits sont de plus en plus fraîches.  Nous sommes à la hauteur des Bermudes, à 200 miles à l’est. Teddy redoute les perturbations « telluriques » dans ces parages. Mais rien d’anormal ne se manifeste !

Le 10.06.2009

J’ai reçu un fichier météo qui confirme que nous sommes dans les calmes pour un moment…

Teddy tient à ce que nous changions d’heure. Nous avançons d’une heure pour qu’il ne voie plus le soleil se lever vers 4h ce qui l’empêche de s’endormir.

Nous avons avancé de 105 miles en 24h. Nous sommes maintenant à 4,7 nœuds au moteur au cap 60°. Entendre le moteur quelques heures n’est pas agréable, mais non-stopp pendant des jours, c’est bien pire. Je souhaite que les réserves s’épuisent vite pour que nous n’ayons que les voiles pour avancer comme tout voilier qui se respecte !

Le 11.06.2009

On arrête le moteur à 7h30. Trinquette, grand voile et artimon nous font avancer à 3,3 nœuds au cap 86°.

Nous avons fait 101 miles en 24h, sous un ciel gris, chargé d’épais nuages. Le vent de sud est est de 12 nœuds. Le baromètre reste imperturbablement à 1026 hp.

Une méduse venimeuse avec sa voileun grain arriveimg_0113.jpg

Le 12.06.2009 vendredi

Teddy prend un deuxième ris dans la grand voile et un dans la trinquette. Au moins nous ne gîtons pas ! Il pleut depuis trois heures avec un vent de sud qui nous fait avancer à 5,3 nœuds.

Je fais un calcul de consommation du moteur : 240 litres de gasoil en 93 heures font une consommation de 2,57 litres à l’heure à 1800 à 2000 tours minute. Le réservoir bâbord est vide. Je passe sur le réservoir tribord et rien n’en remonte. Il est vide. Pourtant j’avais fait le plein à Oyester pond. Il doit y avoir eu une fuite, ou bien j’e me suis fié à la jauge qui indique le plein alors que le réservoir est vide…

En tout cas, nous n’avons plus de gasoil que le contenu du réservoir journalier. Teddy est fou de rage et m’accuse d’imprévoyance, de ne pas avoir préparé le bateau avant le départ ! Lui qui ne supporte pas les calmes, va devoir se contenter des voiles pour avancer. Ce qui reste de gasoil doit servir à remonter les batteries de temps en temps, à éviter un bateau en cas de besoin et à faire mes manœuvres d’approche.

Lourde ambiance à bord. Les noms d’oiseau pleuvent. Je laisse passer. Je suis content de n’avancer qu’à la voile, mais j’ai à subir l’ambiance …

Nous avons avancé de 87 miles en 24h. Mais à partir de 22h la pétole s’installe.

Le 13.06.2009

Vers 11h, le vent se lève un peu. Nous avançons avec la trinquette, 2 ris dans la grand voile et l’artimon. Je n’aurai jamais navigué aussi sous toilé ! Nous avançons à 2  nœuds. Je propose de mettre le spi asymétrique, mais ça n et l’artimon. Je n’aurai jamais navigué aussi sous toilé ! Nous avançons à 2  nœuds. Je propose de mettre le spi asymétrique, mais ça n’intéresse pas Teddy. Tant mieux car je ne tiens pas à ce qu’il explose sous un grain non anticipé.

Nous avançons de 36 miles en 24 heures. Ca ne réchauffe pas l’atmosphère à bord ! Le petit temps use les nerfs dans ces conditions alors que ça pourrait être si relaxe !

Le vent annoncé vient progressivement.

Le 14.06.2009

La carte nous indique qu’il reste 1088 miles jusqu’à Horta, île des Açores. La position du bateau grâce au GPS est revenue sur le logiciel de navigation. Il doit y avoir un mauvais contact, une question d’humidité qui laisse passer les informations ou pas. Pour l’instant ça marche. C’est la première fois que je regarde la carte sur l’ordinateur. Teddy marque chaque jour un point sur la carte papier, calcule le cap, sans tenir compte des indications du routeur, qu’il juge fausse…

img_0116.jpgimg_0118.jpgimg_0119.jpgimg_0120.jpgimg_0122.jpgimg_0123.jpgimg_0124.jpgUne dorade coryphène

Nous avançons de 78 miles en 24h sur un cap 88° avec une houle de 1,5m et un vent de 12 nœuds de sud ouest. Je règle la barre à 8 pour plus de réactivité avec cette houle qui nous déporte l’arrière.

Depuis le départ la houle a une fréquence très rapide de deux ou trois secondes. Cest très désagréable.

Daniel prévoit du vent de 20 à 25 nœuds pour 48h. Il sera le bien venu !

Le soir Teddy rate trois poissons dont le dernier qui emporte l’hameçon.
Je vais me coucher et j’ai froid. Je mets un duvet sur moi pour la première fois…

Le 15.06.2009

Dès le lever du jour le vent est de 18 nœuds et nous avançons à 5,5 nœuds au cap 88°.

Le matin, je m’aperçois que le tableau électrique est humide, avec des traînées d’eau. Un entourage de hublot n’est pas hermétique avec trop peu de sika. J’en ajoute et je sèche le tableau. Pour l’instant, tous les circuits électriques fonctionnent.

Nous avons parcouru 126 miles en 24h. et nous avançons toujours à 5,5 nœuds avec un vent de ¾ arrière tribord de 20 nœuds.

En soirée on se déroute deux fois pour éviter deux bateaux. Nous sommes des jours sans voir de navire et deux coups sur coup ont une trajectoire qui croise la nôtre ! On s’habitue à voir la mer sans navire, pour soi seul ; un visiteur devient importun.

Un peu de moteur pour remonter le niveau d’énergie dans les batteries. Je compte les heures moteur pour gérer le reste de gasoil.

Le 16.06.2009

Le vent mollit à 12 nœuds. Un gros cargo nous double  sur notre bâbord. Nous avons avancé de 111 miles en 24h. Notre allure est de 4,8 nœuds avec un vent de sud ouest de 15 nœuds et une houle de 1m. Ca donne des conditions de navigation incroyablement confortables : peu de houle, un vent assez constant qui fait avancer sans forcer, pas de grain… Que rêver de mieux ? C’est une traversée pour retraités !

Vers 16h, je vois des jets de vapeur d’eau d’évent de baleine à un demi-mile du bateau. Puis la baleine sonde et disparaît. J’aurai tant aimé la voir de plus près !

Le soir le vent remonte un peu et on est au près bon plein à 5 nœuds au cap 85°.

Le 17.06.2009

Vers 6h30 une bande de dauphins nagent, sautent, jouent autour du bateau. Je trouve un petit calamar sur le pont, sans doute déposé par une vague.

A midi on rechange d’heure pour se mettre à TU-4.

Diam Rek a avancé de 110 miles en 24h . Nous avançons toujours à 4,7 nœuds. Lorsqu’il y a du vent, suffisamment pour avancer comme ça, c’est très agréable. Jour après jour, on avance, on voit la progression sur la carte. On calcule les miles qui restent à parcourir, le nombre de jours nécessaires, si le vent se maintient…

Le 18.06.2009

Nous croisons un cargo dans la matinée.

Le vent de 25 nœuds nous fait avancer au près bon plein à plus de 6 nœuds. Nous croisons deux autres cargos.

A 9h nous prenons un troisième ris dans la grand voile, et nous avançons presque à la même vitesse. Il éclate une dispute avec Teddy sur l’écart de route et sur la gestion des voiles. Nous n’avons vraiment pas la même façon de naviguer. Teddy navigue toujours sous toilé. Il privilégie parfois le cap parfois la vitesse. Si je fais différemment, il s’emporte et menace d’en venir aux mains… Un vrai gamin colérique à 40 ans !

Nous avons avancé de 122 miles en 24h. et le vent de 25 nœuds se maintient !

Le 19.06.2009

Au cap 100°, nous avons parcouru 121 miles en 24h.

Mais en fin de journée le vent baisse et nous n’avançons plus qu’à 2 nœuds.

Un cargo nous dépasse sur tribord dans le crachin.

Teddy pique une crise parce que je suis dans la descente, protégé de la pluie. Lui fait ses quarts dans le cockpit et vent que je fasse de même. Il a toujours peur que l’on ne voit pas un obstacle. Il faut scruter sans relâche, comme il dit.

Le 20.06.2009

Teddy met le moteur un quart d’heure pour éviter un cargo.

Au petit matin, il y a peu de vent et du crachin dans le quel nous avançons à 2,6 nœuds.

Vers 6h le vent se lève et nous voici à 5 nœuds. Je rate une coryphène qui se détache au dernier moment !

Il pleut depuis hier au soir ! Vers 13h le vent baisse et notre vitesse tombe à 2,6 nœuds.

Nous avons parcouru 85 miles en 24h. Le vent de sud est n’est plus que de 8 nœuds…

Puis le vent tourne et nous faisons cap 77°.

Le 21.06.2009

Le petit matin nous voit dériver à 1,1 nœuds faute de vent. A 5h le soleil se lève dans une féerie de rouge orangé et un petit vent se lève qui nous fait avancer à près de 3 nœuds.

A 7h30 le calme est impressionnant et les dauphins jouent autour du bateau. Que c’est beau! Dans ces moments là, on souhaite que la traversée ne finisse pas !

Nous avons progressé de 53 miles en 24h au cap 77°.

Nouvelle dispute avec Teddy qui ne veut plus aller à Horta comme prévu depuis le départ, mais à Flores, plus proche. Horta a un ship et des chantiers capables de réparer la pompe de relevage de gasoil (enfin peut être…) A Flores il n’y a rien d’indiqué sur le guide, il ne faudra compter que sur l’envoi de pièces de France… Rien à faire, il veut toucher terre vite, si non il menace de se mettre hors quarts… Je lui dis chic alors et il veut en venir aux mains… Sur un bateau on ne peut risquer de se blesser car tout peut devenir grave, loin de tous soins possibles.

Nous irons donc à Flores. Il y a un petit port au sud est : Porto das Lajes.

Je coupe le frigo par manque d’énergie dans les batteries ; priorité au pilote automatique.

Le 22.06.2009

Le vent ne vent pas nous emmener à Flores, il tombe et nous voici à 1,2 nœuds au 35°.

Flores n’est plus qu’à 322 miles, encore faut-il du vent.

En début d’après-midi un grain passe et il pleut.

Nous avons parcouru 43 miles en 24h.

Vers 19h j’essaie de mettre le génois et la grand voile en ciseaux et nous avançons à 2,1 nœuds…

Le 23.06.2009

Je démonte la pompe de relevage gasoil. Le fusible fonctionne ; c’est le rouet qui a perdu son méplat et qui n’est donc plus entraîné par l’axe moteur. Il faut un nouveau rouet…

J’appelle JEAN Michel qui est en navigation à Groix sur son Petit Scarabée II. Il va aller à Nantes et là il essaiera de trouver la pièce ou une autre pompe et puis un feu de mât puisque le mien ne fonctionne plus bien et que ça terrifie Teddy qui ne jure que par la sécurité maximum. Jean Michel, toujours aussi gentil, va chercher à Nantes lorsqu’il y sera arrivé.

Nous avons avancé de 41 miles en 24h. Le vent de nord est de 10 nœuds et nous fait avancer à 2,3 nœuds… Le ciel reste obstinément gris et le vent faiblit en soirée, si bien que nous nous traînons à 1,5 nœuds. La terre se fait attendre….

Le 24.06.2009

Mer plate, juste quelques ondulations, pas de vent. Nous sommes à 0,6 nœuds au 150°…

Flores n’est plus qu’à 138 miles et Horta à 263 miles. Nouvelle dispute avec Teddy qui ne veut pas entendre parles de Horta alors que Flores est plus proche ! Il profère encore des menaces…

Nous n’avons avancé que de 23 miles en 24h. Le vent n’est plus que quelques souffles de temps en temps…

Dans la soirée nous voyons deux cargos qui nous dépassent vers les Açores.

Le 25.06.2009

Le vent se lève et atteint vite 20 nœuds. Nous changeons d’amure, bâbord, avec trinquette deux ris, grand voile deux ris et artimon un ris ! Je n’ai jamais navigué aussi sous toilé ! Nous avançons cependant à 6 nœuds.

Nous avons avancé de 93 miles en 24h. Un gros poisson mord en emporte la ligne !

En fin d’après-midi le vent faiblit en nous sommes à 2,5 nœuds au cap 89°.

A 22h30 nous sommes à 32 miles de Flores que l’on n’aperçoit pas encore. Nous avançons à 3,4 nœuds.

Le 26.06.2009

A 4h on voit les lumières de Flores à 15 miles.

A 5h50 on voit la pointe de l’île entre des nuages. Les grains passent, nous sommes à 10 miles.

A 6h20 j’allume le moteur et l’ordinateur pour l’approche. Les grains sont de plus en plus fréquents et cachent parfois l’île.

8h nous faisons un large contour du sud de l’île car il y a des hauts fonds rocheux dangereux à un demi-mile.

Teddy en rajoute et nous passons à plus de deux miles. Le brouillard nous masque l’île dans l’ultime approche. Soudain nous voyons une grue et quelques maisons. C’est le port. Nous approchons et contournons la jetée flanquée d’un large empierrement.  Dans le port il y a Neuf voiliers à l’ancre. Les quais sont inoccupés, mais réservés aux cargos. Dans le fond du port, des travaux de construction d’ans le fond du port, des travaux de construction d’une petite marina empêchent d’approcher des quais. Nous repérons l’endroit favorable et jetons l’ancre par 12 mètres de fond. Notre position est : 39 22 824N 31 10 029W.

Voilà une bonne chose de faite. Pourtant à la joie d’arriver sans encombre, se mêle la nostalgie des jours passés en mer, dans ce calme des éléments, dans ce monde parfait et mouvant…

Nous restons à bord pour surveiller la tenue de l’ancre. Je n’ai mis que trois fois la profondeur en longueur de chaîne, faute d’espace. Le vent souffle à 20 nœuds du sud ouest. Le port est bordé au sud par une longue jetée, au nord par des falaises de 70 mètres au pied des quelles émergent des rochers aigus. Le port est largement ouvert sur la mer à l’est. Le fond du port est à l’ouest, surmonté par des maisons et le village.

La vue est magnifique. Les maisons blanches et couleur pastel ressortent sur la verdure exubérante. La falaise elle-même, pourtant abrupte, est couverte de végétation : une sorte de pins parasols, des plantes à larges feuilles, des fleurs… On ne voit que très peu les roches !

La vue est belle mais pas rassurante. Si le vent monte est ce que l’ancre tiendra ? Et si le vent d’est entre dans le port et lève une grosse houle, ce sera intenable…

Bon, pour l’instant, nous pouvons nous reposer. Une bonne sieste et nous verrons plus tard.

Finalement nous passons toute cette première journée à bord. Le vent tourne et nous nous rapprochons de d’autres bateaux, mais rien d’inquiétant. D’autres voiliers arrivent, nous sommes 11 dans le port.

Le 27.06.2009

Nous gonflons l’annexe pour pouvoir rejoindre les quais. Le moteur hors bord ayant une prise d’air, nous y allons à la rame. Chacun une rame et ça avance bien malgré une houle de 0,5m.

Au fond du port, une grande grue travaille pour la construction de la marina. Plus loin une autre grue sert à la sortie des bateaux. Il y a un quai avec un escalier et un anneau pour attacher l’annexe. Les installations du port sont sommaires ; il y a un grand nombre de conteneurs, car tous les échanges de l’île se font par bateaux et par conteneurs.

Une rue monte au village. Un premier café, puis un autre et encore un autre et les premières maisons. Le village est tout en haut et la route monte raide ! Il y a deux supermarchés, une station essence, une banque et des restaurants… Des fleurs partout, le long des rues, dans les jardins, dans les endroits inaccessibles poussent hortensias et capucines sauvages… L’île est très belle. On voit des collines escarpées dans les lointains, couvertes de champs. Tout l’espace est travaillé et aussi vert qu’en Normandie ou en Cornouailles.

Nous faisons une halte au premier café. Je demande s’il y a un mécanicien. Un peu d’espagnol et d’anglais me font comprendre, faute de portugais. Justement il y a un consommateur qui est mécanicien. Il est avec deux amis. J’explique ma panne de pompe de relevage. Pas de problème, le mécanicien en a une. Nous partons à 4 en voiture vers l’atelier du mécanicien. La pompe est plus petite et les embouts ne nous pas de même dimension. Pas grave, nous remontons en voiture jusqu’à une quincaillerie. Il y a là de quoi adapter pour avoir les bonnes dimensions. Retour à l’atelier. Il faut un interrupteur. L’un des amis va en acheter un. Je demande ce que je dois. Rien ! Puis comme j’insiste, je donne 40 euros.

Les trois amis m’offrent un whisky, puis un autre tout en discutant. Ils sont membres fondateurs du club nautique qui a un voilier à retaper pour naviguer un jour. C’est leur espoir, leur rêve.

Je retrouve Teddy dans le village. Il discute avec des français Qui ont une maison tout près du port. En discutant, j’entends Béru parler de son bateau Balaou. Ca me dit quelque chose… Dominique et Marylène de Daam Dour parlaient souvent de Balaou avec qui ils avaient navigué et pour qui ils avaient amitié et admiration. Je demande à Béru s’il connaît Daam Dour. Bien sur ! Le monde est petit ! Béru et Flo naviguent depuis des décennies, d’abord comme équipage dans les Caraïbes, puis comme navigateurs sur leur bateau. Maintenant ils sont posés à Flores avec une maison et une autre que Béru aménage en menuiserie pour gagner un peu sa vie. Flo s’occupe du jardin pour les légumes et va à la pêche pour le poisson. Ils sont presque autonomes. Ils ont gardé l’esprit marin et ils aident les navigateurs de passage, ne serait-ce qu’en leur donnant accès à leur internet.

Je suis heureux de faire leur connaissance. Teddy les connaît depuis des années, depuis l’un de ses passages aux Antilles.

De retour au bateau, j’essaie la pompe. Elle fonctionne mais n’est pas assez puissante pour remonter le gasoil sur 2m…  Déception !

Du 27.06 au 13.07.2009

Le dimanche je reste au bateau pendant que Teddy va à terre. Je suis tranquille seul.

Le lundi le vent se lève et tourne est. 20, puis 30 nœuds. L’ancre tient. Peu à peu la houle  grandit et  atteint bientôt un mètre. Diam Rek bondit, passe la vague, descend dans le creux puis escalade la prochaine vague en tirant brusquement sur la chaîne. C’est impressionnant et ça fait un bruit d’enfer malgré le bout qui retient la chaîne. Une vague plus forte fait casser le bout. La chaîne se tend avec un grand bruit en tirant sur le guindeau. Je me précipite à l’avant et je remets une autre main de fer avec un nouveau bout plus gros. La danse dure près de 24h… L’inquiétude s’en va quand le vent tourne. Il vient d’ouest maintenant. Aussi fort, amis peu à peu la houle baisse. Il faut 24 heures pour qu’elle revienne à 0,5m.

Pendant ce temps, Jean Michel arrive à Nantes et cherche pompe et feu de mât. Il les a le premier juillet et les envoie par DHL. Un grand merci Jean Michel pour ce dépannage rapide !

Il n’y a plus qu’à attendre entre 4 jours et une semaine maxi…

Le 2 juillet c’est mon anniversaire. Je suis seul au bateau. Mimi me manque. Elle appelle, les enfants aussi et ça me fait plaisir.

Je rends au mécanicien sa pompe et il me rembourse sans discuter.

Un jour de vent assez fort d’ouest, je reste au bateau. Teddy va au village car il y a une fête. Il ne rentre pas le soir pour rester à la fête. Il rentre à 7h du matin remorqué par un bateau. Il me raconte : vers 6H il rentre avec un autre navigateur français. En arrivant au port, celui-ci ne voit plus son bateau. Il a dérapé, il est plus loin il s’éloigne sans heurter d’autres bateaux. Le navigateur prend son kayak et rattrape son bateau. Un coup de moteur et il redevient manœuvrant. Pendant ce temps, Teddy tente de revenir au bateau avec l’annexe, mais le vent l’entraîne vers le large. Heureusement il peut appeler le navigateur qui vient de récupérer son voilier et qui le remorque jusqu’à Diam Rek. Mais en cours de route le bout de l’annexe se prend dans l’hélice du voilier. Le navigateur plonge et coupe le bout !

Teddy revient à bord marqué par son aventure car s’il avait été entraîné au large, personne ne l’aurait vu et il est probable qu’on ne l’aurait jamais revu…

Les jours suivants nous serons prudents pour naviguer avec l’annexe dans un sens ou l’autre.

Plusieurs jours nous resterons bloqués dans le bateau tant le vent soufflait.

Les autres jours je vais dans le village au club internet  moderne et gratuit.

Je mange souvent à midi au restaurant pour quelques euros. Ce n’est vraiment pas cher, c’est copieux et souvent très bon.

Les gens de Flores sont très aimables. Ils sont en train de découvrir le tourisme peu à peu qui donne un peu d’activité et de revenus. Mais beaucoup de jeunes partent vers le Portugal ou les USA. Le 27 juillet il y aura la fête des émigrés. Nombreux sont ceux qui reviennent une fois par an voir famille et amis et la fête dure une semaine.

Deux voiliers ont des équipiers qui débarquent. Une canadienne retourne au Canada et un Capverdien débarque sans moyens. Il dort dans un conteneur vide au port et se faire inviter par l’un ou l’autre pour un repas. Il finira par faire une quête pour prendre un avion vers Horta où il a de la famille… Et Teddy s’accroche, lui qui avait menacé cent fois de débarquer, il reste à bord ! Pas de chance ! Non seulement il ne veut pas débarquer, mais il me menace de coups si je le débarque ! Je pense un moment aller à la police maritime, mais je ne le fais pas.

Nous allons à terre. Dans l’annexe le ton monte. Teddy veut que je rame plus que lui, à un rythme absurde. Il menace de me donner un coup de rame ou de me mette à l’eau. Je reste calme et rame comme d’habitude. Il se calme et fait avec….

Le colis tant attendu arrive le Vendredi 10. J’installe la pompe de relevage qui fonctionne parfaitement. Nous allons nous mettre au quai en béton. Il faut s’amarrer solidement et éviter le ra gage qui coupe vite les amarres. Le patron d’un chalutier américain nous prête des chaînes qui ne craignent pas le ragage.

Je monte en haut du mât, assuré par l’écoute de grand voile et par Teddy. Je passe un bon moment à démonter le feu de mât qui ne fonctionne plus et plus longtemps encore à installer le nouveau feu. Je suis à 16 mètres au-dessus de l’eau et le vent se lève à 15 nœuds. Le mât oscille. Je suis assis dans le harnais et je me tiens d’un bras. Je reste une heure et demi en haut pour terminer. Après essais, ça fonctionne. Je redescends. Arrivé en bas, j’ai le souffle coupé, tous les muscles tendus. Je suis mort de fatigue. Je reste un moment à récupérer.

Nous allons en ville faire quelques courses. Pour le gasoil, ce sera lundi avec des bidons.

Le dimanche je vérifie le moteur, le décanteur à gasoil… Tout est OK.

Le lundi 13 nous faisons les dernières courses puis une première tournée de bidons de gasoil que nous vidons dans les réservoirs. A la seconde tournée, le premier réservoir est plein. Le second semble plein aussi alors qu’il était vide. Teddy appelle Béru qui vient. Il démonte la mise à l’air et dit que le réservoir est plein. Effectivement le tuyau de la mise à l’air est plein de gasoil. Il pense qu’en venant nous n’avons pas pu remonter le gasoil parce que la pompe était morte avant que je ne m’en aperçoive…  Le raisonnement paraît logique. J’ai des doutes, mais c’est logique. Teddy croit Béru qui a de l’expérience…

Nous sommes donc prêts à partir. Nous partirons demain.

Le 14.07.2009

Nous allons déjeuner à terre puis nous dégonflons l’annexe et la rangeons sur le pont.
A 13h, Béru nous aide à larguer les amarres sous la pluie. Le ciel est gris et le vent est de 15 nœuds. Nous sortons du port et vite le vent passe à 20 nœuds puis à 25. Nous prenons deux ris dans la grand voile et un dans l’artimon et nous avançons à 5,5 nœuds dans une houle d’1,5m.

Comme à chaque départ je ne me sens pas très en forme, ça ira mieux demain.

Le 15.07.2009

Le vent de nord nord est tombe à moins de 15 nœuds et nous n’avançons plus qu’à 2,9 nœuds face à la houle. Nous avons parcouru 86 miles en 24h. Le vent tombe à moins de 10 nœuds. Nous essayons l’autre amure, bâbord, et nous voici à 3 nœuds cap 87°.

Le vent tombe encore en nous n’avançons plus qu’à 1,5 nœuds. Teddy met le moteur. Et c’est reparti ; pourvu que le vent se lève !

Puisqu’il y a le moteur, je demande des fichiers météo. Ils arrivent et confirment le calme pour plusieurs jours. Il y a du vent plus au nord. Mais Teddy préfère aller à l’est nord est sur une route directe. Je me prends au jeu et le laisse faire pour qu’il se plante. Moi j’ai tout mon temps. C’est peut être ma dernière traversée. Lui est pressé.

Le 16.07.2009

Nous croisons un porte-conteneurs dont les piles de conteneurs arrivent à hauteur du château !

Le baromètre indique 1037mb, nous sommes en plein anticyclone, dans la pétole. La houle diminue, la mer devient plate. Toute la journée nous avançons au moteur. Nous avons parcouru 75 miles en 24h. Lever et coucher de soleil sont merveilleux sur cette mer plate qui s’illumine de mille reflets qui vont de l’or au rouge en passant par des teintes mercure gris doré ! La mer scintille de mille feux et le ciel n’est pas en reste, avec son incendie rougeoyant !

Le 17.07.2009

Toujours au moteur sur la mer calme, nous avons parcouru 106 miles en 24h.

A 16h je remonte le gasoil et le réservoir tribord est vide. Je passe sur le réservoir bâbord.

A minuit, je remonte du gasoil et la pompe nouvelle rend l’âme.

Je regarde par la mise à l’air l’état du réservoir en introduisant un tuyau fin. Il ressort sec : le réservoir est vide. L’hypothèse de Béru était donc fausse…

En tous cas plus de gasoil, que ce qui reste dans le réservoir journalier plus 20 litres dans un bidon. Teddy est furieux et m’accuse de n’avoir pas prévu, pas rempli tous les bidons…

Il se console en buvant un demi-litre de rhum et va cuver sur sa couchette. Bon débarras.

Nous voilà de nouveau avec les voiles. Le vent est ouest sud ouest. En établissant les voiles je fixe mal la retenue de baume. Celle-ci empanne et heurte ma tête au passage. Je suis un peu KO, j’ai mal, mais je ne saigne pas. Tout  va bien.

Le 18.07.2009

Dans la nuit le vent d’ouest sud ouest forcit à 15 nœuds et nous fait avancer à 3,4 nœuds.

Je revérifie s’il reste du gasoil dans le réservoir bâbord, mais non, rien. L’atmosphère est lourde et les reproches pleuvent. Teddy ne cesse de répéter que je suis un mauvais marin. Il en est persuadé depuis le départ car dès la première nuit au Venezuela, en longeant Margarita, à un moment nous cherchions le chenal. Une bouée clignotait ; une bouée sud que je n’ai pas reconnue, Teddy non plus. Il était à la barre. Je lui dis de passer au nord. Devant l’indication du sondeur, je lui dis de faire demi-tour vite et que nous allons réfléchir ou passer. Il me répond que nous n’allons pas passer la nuit à réfléchir. Je lui redis de faire demi-tour et nus passons au sud de la bouée sans problème.

Depuis lui en a conclu que je ne suis pas fiable. Il n’en conclue rien pour lui-même. Déjà qu’il est d’un naturel angoissé, il a trouvé un motif de plus. Il n’a pas débarqué pour autant !

Nous avons parcouru 95 miles en 24h. Nous avançons à 3,5 nœuds avec une petite houle de 0,5m.

J ‘aperçois des mammifères marins d’environ 5 mètres, gris clair, à 15 mètres du bateau. Ils respirent deux fois bruyamment puis sondent et disparaissent.

Le 19.07.2009

Le vent de nord est de 15 nœuds est stable et nous fait avancer à 4,6 nœuds.

Dans les 24h nous avons parcouru 94 miles. Que c’est bon de naviguer à la voile, de n’entendre que le vent et son sifflement dans les voiles et les haubans !

Vers 13 heures, le vent tombe à 10 nœuds. Teddy fulmine et me menace encore. Il boit beaucoup et va cuver sur sa couchette.

Dans la soirée le vent passe sud ouest et nous permet d’avancer à 2,9 nœuds.

Le feu de mât que j’avais installé n’aime pas l’humidité et fonctionne de façon aléatoire…

Le 20.07.2009

Le vent faiblit encore et nous nus traînons à 1,5 nœuds. Dans la nuit il forcit un peu pour atteindre 15 nœuds au matin et nous faire avancer à 3,6 nœuds.

Vers midi il tourne au nord ouest et nous propulse à 5 nœuds dans des grains qui se suivent de près. Tout est humide dans le bateau, rien ne sèche.

Nous avons parcouru 57 miles en 24h.

Le vent nord ouest forcit en nous prenons 3 ris dans la trinquette et la grand voile et deux dans l’artimon ! Nous avançons à 5,5 nœuds avec une houle très rapide de 1,5m.

Le 21.07.2009

Dans la nuit, dans un grain de 30 nœuds, l’artimon se déchire, ou plutôt deux laizes se décousent. Les UV ont cuit le fil. J’avais déjà recousu une laize à Flores…

Nous avançons à 6,5 nœuds malgré les ris. La houle croisée de plus de 2m s’invite parfois dans le cockpit. Une lame remplit le cockpit de 25 centimètres d’eau. Elle s’évacue vite par les vide-vite.

Le vent nous a permis d’avancer de 121 miles en 24h. Le baromètre a chuté à 1012hp.

L’après-midi le vent baisse, il est de nord est et de 15 nœuds.

Le génois et la grand voile nous permettent d’avancer à 3,6 nœuds avec un vent tombé à 10 nœuds.

Le 22.07.2009

Le vent remonte à 15 nœuds et nous filons à 4,6 nœuds. Le baromètre chute à 1008hp et il ne fait plus que 17° dans le carré ! C’est dur après deux ans sous les tropiques !

Vers 6h, je rate une belle bonite qui se décroche. Mais à 7h j’en prends une de 7 à 8 kilos. Je prélève aussi tôt les filets ; plus de 4 kilos de thon frais !

Nous avons parcouru 83 miles en 24h.

Vers 16h j’entends la respiration d’un mammifère marin, puis, je vois le jet de son évent à 200 mètres, puis plus rien, il a sondé !

En soirée le vent est plein arrière quand nous sommes au cap 89°. Nous passons du temps à essayer plusieurs réglages de voiles…

Le 23.07.2009

Le vent frais et les grains qui se succèdent nous font avancer entre 5 et 7 nœuds.

A midi Teddy revient sur la destination fixée, les Sables d’Olonne. Brest est plus près. Non , ce sera les Sables, car j’y suis attendu. L’argument finit par le convaincre, à regrets.

Nous avons avancé de 100 miles en 24h. Le baromètre reste bas à 1011hp. Je vois des jets d’évent de baleine à un mile. Elles sont toujours trop loin, moi qui rêve d’en voir une tout près du bateau et pendant assez de temps pour bien l’observer. Mais en tout cas, elles sont assez nombreuses pour que j’en aperçoive assez fréquemment. Je songe aux pêcheurs de baleine qui scrutaient l’horizon pour apercevoir les jets. Ils se dirigeaient alors vers eux pour harponner la baleine. Quel courage pour gagner sa vie !

A 13h nous changeons d’amure, tribord, avec un vent d’ouest et un cap 93° ; Nous filons à 5,3 nœuds. La houle de 2m, très courte nous fait rouler d’un bord sur l’autre, ce qui n’est guerre agréable.

Le 24.07.2009

Au petit matin le vent d’ouest nord ouest a mollit et nous n’avançons plus qu’à 3,6 nœuds. Nous avons quand même avancé de 102 miles en 24h. La France se rapproche. Ce sera la fin de ce cauchemar de cohabitation avec un équipier. Mais ce sera aussi la fin de cette traversée. J’aime rester longtemps en mer, vivre au rythme du vent, des vagues, de ce bercement plus ou moins lent.

En début de soirée je vois une petite baleine noire à 100 mètres.

Le 25.07.2009

A 5h on revient à une amure tribord avec un cap 92° et une vitesse de 4,2 nœuds.

A 6h30 un gros poisson m’emporte toute la ligne. Je remonte une ligne avec un fil plus gros qui résiste à 48 kilos et je remets la ligne à l’eau.. Le résultat ne se fait pas attendre ; une demi-heure plus tard j’attrape un thon bleu de 8kg dont je lève les filets tout chauds. Voilà de quoi manger jusqu’à l’arrivée. Au loin je vois un jet d’évent de baleine.

Nous avançons à 4,7 nœuds au cap 87° avec un baromètre qui a remonté à 1027hp.

Nous changeons encore d’heure à TU-2.

En 24h nus avons parcouru 81 miles. Nous avons vers 14h un vent de sud ouest de 20 nœuds.

Le vent monte encore et malgré trois ris dans la trinquette et la grand voile nous avançons selon les moments entre 5 et 7 nœuds.

Le 26.07.2009 Dimanche

A 6h le vent baisse mais nous filons encore à 4,6 nœuds.

La bouteille de gaz commencée au Venezuela il y a près de six mois se termine. Il faut en changer.

A midi le vent est tombé et nous n’avançons plus qu’à 2 nœuds. Ce qui n’empêche pas que nous avons couvert 119 miles dans les 24h. Le vent d’ouest tombe à 5 nœuds et nous voici à 1,4 nœuds, toujours avec nos ris pour anticiper un grain éventuel…

A 15h, je vois un mammifère marin, ventre blanc, dos gris brun, de 5 à 6 mètres à trois mètres du bateau. Mais il sonde vite. Il pleut depuis ce matin.

Le 27.07.2009

A 5h, un vent de nord ouest de 15 nœuds nous permet d’avancer à 5 nœuds au cap 63°. Il reste 284 miles pour les Sables !

A midi un cargo passe à bâbord et des dauphins à tribord. On change d’amure plusieurs fois pour rester à tribord en fin de compte.

Entre 20h et 21h on passe la route des cargos Angleterre-Espagne ; 4 cargos passent sur notre arrière.

Entre 21h et 22h30 nous passons la route Espagne-Angleterre : Dans la nuit la lumière des cargos se succèdent. Je passe entre le 3ème et le 4ème. Le quatrième passe sur mon arrière. C’est passé, je souffle ! Ces gros bateaux plus rapides que le voilier ne bougent pas de leur route. A nous de nous faufiler entre en calculant bien…

Après ce passage, je ne croise plus de cargos.

Le 28.07.2009

A 6h, un vent de sud ouest de 15 nœuds nus fait avancer à 4,7 nœuds.

Nous avons fait 101 miles en 24h. Le vent tourne au sud sud est à 15 nœuds. Il nus reste 170 miles pour arriver.

Le verse le dernier bidon de 20l de gasoil dans le réservoir journalier pour les manœuvres d’approche. Il faut faire deux heures de moteur pour remonter le niveau des batteries.

Le 29.07.2009

Je me réveille à 6h. Teddy ne m’a pas réveillé à 4h pour mon quart. Je lui demande pourquoi. Il voulait voir le lever du soleil, puisqu’il ne l’a pas vu depuis un mois.

Un vent de sud ouest de 12 nœuds nous fait avancer à 3,1 nœuds. A 9h, il reste 95 miles pour arriver.

Nous avons fait 98 miles en 24h.

Le vent de sud ouest forcit à 20 nœuds et nous avançons à plus de 5 nœuds.

A 13h éclate une dispute avec Teddy. Il avait sorti une boite de confit de canard que j’avais acheté en France avant le départ. Je la reprends. Il est furieux et dit que je fais du mauvais esprit. Il veut me donner une gifle. Je lui explique que c’est pour fêter le retour avec Mimi, il persiste. Je range la boite. Il se venge en buvant et en allant cuver sans faire de repas à midi. Lui fait celui de midi et moi celui du soir…

A 16h il reste 62 miles. Nous sommes sur le plateau continental, la profondeur n’est plus que de 100m. Le ciel est très chargé, il pleut par moment. La houle est de 2m.                 

A 22h30 on voit la luminosité des Sables et de d’autres stations.

A 23h30 la profondeur est de 95m et il nous reste 21 miles alors que nous avançons à 4,1 nœuds.

Le 30.07.2009

A 3h30 on met le moteur à 9 miles des Sables. Il y a une dizaine de bateau de pêche qui sont équipés de lumières clignotantes blanc et rouge. Nous passons au milieu droit sur le port.

A 6h nous amarrons Diam Rek au ponton visiteur. On nous attribue une place après avoir rempli les formulaires. Pendant ce temps tout tangue autour de moi. C’est le mal de terre.

A 6h30 le bateau est amarré au bout du ponton H.

La position est : 446 30 151N 01 47 413W.

Port Olonna aus Sables d’Olonnep1020002.jpgp1020003.jpgp1020003.jpgEn août nous ne sommes pas seulsp1020009.jpg

Teddy va à terre. Il revient une heure plus tard. Nous faisons les compte pour la nourriture. Il se prépare, fait sa valise et à Midi il quitte le bord.
Je le remercie pour son aide, mais pas pour l’ambiance. Il part. Je reste seul, tranquille. Je peux attendre Mimi.

Je veux prendre un whisky, mais je m’aperçois que le bar est totalement vide, la cave aussi, il ne reste que les quelques bouteilles qui étaient dans ma cabine et les jus de fruits aux quels Teddy n’a pas touché ! Je suis furieux et bien débarrassé ! Dans sa cabine je retrouve plein de bouteilles vides qu’il n’a pas pris soin de débarrasser…

  

Bilan

De Cumana à Saint Martin nous avons navigué 418 miles.

De Saint Martin à Flores Nous avons fait 2459 miles. La route directe était de 2200 miles.

De Flores aux Sables nous avons fait 1568 miles pour 1220 en route directe.

La traversée retour du Venezuela aux Sables nous a fait couvrir 4445 miles, environ 8000 kilomètres. 47 jours nous furent nécessaires pour cette traversée, soit un peu moins de 100 miles par jour, malgré des jours de pétole.

Une traversée différente de la traversée allée faite en solitaire. La traversée retour, plus au nord, dont on parle souvent pour la dire plus difficile, pour la quelle j’ai pris un équipier, trouvé in extremis dans un café. J’aurai du en tirer des conclusions.

L’équipier Teddy a les capacités pour être un bon équipier, mais pas le caractère. Il est irascible et angoissé et veut faire le skippeur. Par contre lui fait bien les quarts et la navigation.

Ce serait à refaire, je ne tiendrais pas compte des inquiétudes de Mimi et je partirai seul. Je devrai gérer le sommeil, ou dormir pendant la traversée. Pour le reste en fin de saison, le temps est au beau ; il n’y a pas de gros temps, il y a plus souvent pétole.

En tous cas si je devais prendre un équipier, je le testerai sur une courte étape et je le débarquerai s’il était incompétent ou désagréable.

J’ai vécu cette traversée avec un grand plaisir, gâché par moment par les relations avec mon équipier. Quel plaisir que ce dialogue avec les éléments, la mer, le ciel, le vent, les animaux marins, oiseaux, poissons, mammifères. La durée n’est pas suffisante pour lasser. J’aurai aimé que ça dure encore.

Tête de navigateur après une traversée

Les communications ont deux aspects. Rassurer les parents et amis chaque jour par le téléphone satellitaire ou le mail. Ce n’est pas si facile à chaque fois. Parfois il n’y a pas de satellite pour recevoir le signal, pas de station pour recevoir le message radio pour passer le mail. Parfois il faut bien du temps. Et puis ça devient un impératif, si non les gens s’inquiètent…

Diam Rek s’est bien comporté dans tous les temps. A la voile, j’ai une confiance totale dans son comportement sûr et agréable. Pour le gasoil, je dois remédier aux disfonctionnements avant de le vendre.

Vendre ce beau bateau est pénible, mais les réalités économiques sont là, avec la crise. Et puis il y a le désir de Mimi d’être plus stable et de voyager en avion et sac à dos à l’avenir…

Maintenant je dois trouver une place dans un port pour poser le bateau et travailler à sa vente.

J’espère trouver une place à Rochefort qui est un port agréable, bien équipé.

Avant la crise, un bateau en acier demandait une moyenne d’une année pour se vendre. Je mettrai tout en œuvre pour tenir ce délais. Je vais entretenir le bateau et passer les annonces nécessaires. Après c’est une histoire de rencontre entre le bateau et une personne qui va l’apprécier, avec une possibilité de budget.

Depuis l’arrivée, j’ai fait réparer la fuite gasoil sur la mise à l’air du réservoir tribord. J’ai donné la grand voile et l’artimon à réviser. J’ai acheté le rouet défaillant de la pompe de relevage gasoil. Il restera le loch et la girouette anémomètre et le feu de mât à faire fonctionner. La peinture pont et coque sera à retoucher…

De quoi m’occuper en attendant l’acheteur.

Quant à Mimi elle va me rejoindre dans quelques jours, enfin ! Ce sera la joie de se retrouver ! J’ai eu déjà un avant goût pour son anniversaire le 31 juillet, j’ai fait un saut à Marseille où elle était avec ses filles. Ce fut un super moment de retrouvailles avec une grande fête de famille !

 

Des photos vons suivre dès que j’aurai résolu quelques problèmes informatiques…Alors à très bientôt!

Le Retour (News par Jean-Michel)

Posted on juin 29th, 2009 by Jean-Michel

Le 31 mai 2009

En direct de l’Atlantique via Irridium, Myriam et Jean-Michel donc soyez indulgents pour les erreurs voilà la dernière position communiquée:
19°33′ N 62°37′ W
95 milles depuis le départ;
Vent d’ESt environ 12 nd
tout va bien
Christian et Teddy

le 1er juin 2009

Gros grain cette nuit mais depuis grand ciel bleu Vent d’Est environ 15nd
Hier soir quelques gros bateaux de pêcheurs
Un peu fatigués par l’allure. Du près avec une houle de 1m50
106 milles depuis le point d’hier.
Vitesse d’environ 4,5 nds

Position:
21°12′ N 61°57′W
A demain sans doute
JMP

2 juin 2009

Beau temps ciel et mer bleu MAIS
90 milles car toujours vent d’Est 12 nds
Daniel T notre routeur nous conseille de tirer un bord nord de 60 heures Pour attendre le vent de SE qui nous permettra de faire de l’EST
Notre position d’aujourd’hui:
22°33′N 61°17′E
A demain si j’arrive à me connecter
JMP

6 juin 2009

Je n’ai pas eu accès à Internet depuis 3 jours alors je vous ferrais un recap des positions dès que j’aurais eu Myriam au téléphone demain .
Tout va bien même s’ils n’avancent qu’à un train de sénateurs un peu endormis !
90 milles par jour
A demain promis
JMP

Dimanche 7 juin 2009

Je viens d’avoir Myriam qui m’a redonné les positions que j’avais égarées pour cause de navigation !
3/06 : 24°13′ N 61°02′ O
4/06 : 25°45′ N 60°49′ O
5/06 : 27°15′ N 60°28′ O
6/06 : 28°42′ N 59°36′ O Temps plutôt nuageux quelques grains Vitesse 3,5nds !!

Je fais une tentative pour mettre la carte de Google sur laquelle j’ai reporté les positions … sans garantie
A bientôt
JMP

Mardi 9 juin 2009

Myriam m’a appellé hier soir et les nouvelles sont bonnes.

Ils ont enfin touché un vent un peu plus favorable et les moyennes journalières progressent donc.
Le 7/06 104 milles pour atteindre 30°12N 58°42W
Le 8/06 111 milles les ont amenés à : 31°49N 57°44W. Ils font maintenant cap à 30° sous un ciel bien nuageux et dans une houle de 1m50. La pêche vient enfin de leur sourire en laissant une belle dorade coryphène de 5kg se prendre à leur ligne. Voila qui va améliorer l’ordinaire.
Bon vent à tous les deux.
Et pour ma part je vous retrouve jeudi
JMP

Vendredi 12 juin 2009

Le 9/06 105 milles Ils sont à 4 nd la mer est plate, cap au 30 ; Pos 33°20N 56°44W

Le 10/06 105 milles Ils sont au moteur par manque de vent Vitesse 4,8nd ; Pos 34°49N 55°41W

Le 11/06 101 milles Cap au 78° , temps très calme 3 nds il commence a faire plus froid ; Pos 35°56N 54°08W

Le vendredi 12 juin 2009

Rien de grave mais aujourd’hui les nouvelles ne sont pas très bonnes. Le réservoir de fuel est vide. Il reste 3 jerricans de 20 litres.

Alors le moral en a pris un coup malgré le passage de la marque de mi-parcours. Courage, avec les voeux de : ” Bon vent ” de

nous tous, la 2ème moitié du parcours va vous paraître presque courte.

100 milles dans les 24 heures Temps calme

La position : 36°30N 52°27W

A bientôt

JMP

Le 17 juin 2009

J’ai eu Myriam hier soir. Le moral n’est pas au beau fixe. L’ambiance se dégrade au fur et à mesure que les jours passent.
Mais bonne nouvelle hier le vent est revenu.
Les positions sont :
Le 13/06 36°39′N 51°57′ W
Le 14/06 37°13 N 50°39′ W
Le 15/06 37°49 N 48° 09′ W

D’après mes calculs il reste environ 923 milles. L’espoir d’arriver aux Açores dans une petite dizaine de jours.
Je re-essaye de vous mettre la carte. Sans garantie
A bientôt
JMP

Le vendredi 19 juin

Message du 18/06 de Myriam :

Le 16/06 Position :36°56′N 45°55′W 111 milles les dernières 24 h Vitesse 4,5 nds Vent SW 15 nd Houle de 1 m

Le 17/06 38°18′N 43°41 W 110 milles ; Cap 100° ; Ciel bleu ; Vit 4,7nd Daniel annonce 3 jours de vent

Le 18/06 38°18′N 41°08′ W ?? pas sur ; Vent 25 nd de secteur Sud 2 m de houle Cap 95° 120 milles en 24 h Vitesse 5nd.

Je n’arrive plus à mettre la carte désolé
A +
Jean-Michel

Position du 19/06 38°29′N 38°36′W Reste environ 450 milles 121 milles hier Cap au 100° ETA 3-4 jours

JMP

Le 20.06.2009
Position 38.29N 38.36W 121 miles en 24h Vitesse:3,8 noeuds, Cap 100° Demain pas de vent prévu…

Le 20.06.2009
Position: 38.26N 36.49W
85 miles en 24h Vitesse 2,1 noeuds cap 105° vent faible, temps gris et pluie…

Le 21.06.2009
Position: 38.57N 36.00W
53 miles en 24h Pétole vitesse=1,2 noeuds cap 77° décision d’aller à Flores plus proche que Horta

Le 22.06.2009
Position: 39.08N 35.17W
43 miles en 24h La pétole: vitesse 1,2 noeuds! La pétole ça use les nerfs!

Le 23.06.2009
Position: 39.06N 34.29W
41 miles en 24h pétole puis un peu de vent N NE ciel gris

Le 24.06.2009
Position 38.55N 34.08W
23 miles en 24h la pétole s’est aggravée! Moins d’un mile à l’heure!

Le 25.06.2009
Position: 39.14N 32.17W
91 miles en 24h, le vent est revenu de NW, ça fait du bien d’avancer!

Le 26.06.2009
Position: 39.22N 31.10W Nous avons jeté l’anche dans le port de Porto das Lajes sur Flores aux Açores, à 11h. Le port est petit, 11 voiliers sont à l’ancre. Des travaux de construction d’une petite marina ont commencé.
Maintenant il nous faut trouver une pompe de relevage du gasoil pour remplacer celle qui nous à lâché et un feux de tête de mât.
J’ai encore mis Jean-Michel à contribution pour en trouver en France et nous les envoyer par paquet express!

CARTE À JOUR AU 15/06

Traversée Cumana Guadeloupe Saint Martin

Posted on mai 29th, 2009 by Christian

Le 16.05.2009

Réveillés tôt par la tension vers le départ, nous allons sur le quai pour faire nos adieux aux navigateurs amis. Philippe nous souhaite bon vents. Paulo et Nicole nous souhaitent de ne pas revenir une nouvelle fois à Cumana contre notre gré. Ils nous aident à larguer les amarres et à 9h30, ça y est, Diam Rek quitte le quai puis la marina.
Un orchestre joue une aubadeLes spectatrices apprécientTeddy à l’oeuvre!Cumana s’éloigne!Une petite faim
La mer est calme, plate même ; au moteur, nous avançons à 5 nœuds.
Vers 11h, nous mettons les voiles en gardant le moteur car le vent est Est Nord Est et peu fort. 0 16h nous sommes au droit du phare nord de l’île de Cubagua. Le vent étant alors en plein dans le nez, nous avançons au moteur seul à 3,5 nœuds car le courant est de près de 2 nœuds.
J’avais mis la ligne qui démarre sous l’effet d’un poisson. Je ferre et ramène un beau barracuda… jusqu’au bord du bateau. Au moment de le remonter il se décroche ! Malheur ! Il faisait bien 3,5 kilos.
Vest 18h, le courant forcit le long de Margarita, jusqu’à 2,5 noueds. La nuit tombe et Teddy pèche un maquereau. Lente remontée le long de Margarita.
La nuit tombeLe calme du soirLe coucher de soleil
A un endroit je cherche le chenal et je veux passer à bâbord d’une bouée. Le fond qui remonte très vite, m’en dissuade. Plein tribord et le fond remonte et nous passons dans la nuit noire. Plus loin même problème avec une bouée. Chacun notre quart pour veiller par tranches de 4 heures. Mar moment c’est dur, le sommeil gagne. En plus il fait chaud, le corps n’est pas habitué. La mer le malaxe sans cesse….

Le 17.05.2009

Vers 5h, le jour se lève, la houle est de 0,5 mètre. Il n’y a pas eu de pêcheurs gênants cette nuit, avec leurs filets invisibles. Le bruit du moteur est fastidieux et nous avançons à contre courant de cet océan qui entre dans la mer des Caraïbes.
9h30, position : 11.03.920N 63.40.235W avec 72 miles contre le courant dans les premières 24h. A 15h15, nous avons passé Margarita, nous en sommes à plus de 20 miles et nous obliquons vers le nord est, cap 25 avec grand voile et trinquette. Malgré le courant nous avançons à 4,5 nœuds, dans le silence du vent doux. On rajoute la voile d’artimon et ça avance encore mieux, le bateau est plus équilibré.
Avant la nuit, nous prenons un ris dans la grand voile, on ne sait jamais. La nuit est calme et le tangage nous travaille au corps. Nous ne mangeons rein.

Le 18.05.2009

Teddy vomit plusieurs fois, même ce qu’il n’a pas mangé ! Il s’amarine. Je ne mange pas non plus, mais ne rends rien.
Nous avançons à 5,7 nœuds avec un vent autour de 15 nœuds toujours ENE.
Nous croisons un cargo moteurs arrêté, à la dérive, sans doute dans l’attente d’une commande. Je dois prendre la barre et le contourner malgré le courant.
Teddy aux prises avec un poissonLe capitaine pas rasé qui emmergeLa beauté des voiles au soleil!
Notre position est : 12.41.691N 62.58.147W et nous avons parcouru 108 miles en 24h.
Puis nous croisons un porte conteneur pisseux de rouille.
A midi nous marchons à 6 nœuds au cap 50° pour lutter contre le courant et la dérive.
Dans la nuit tombée, je croise deux bateaux dont un qui n’a pour toute lumière qu’un feux à éclat blanc ! Je dois me dérouter pour l’éviter…

Le 19.05.2009

A 9h30 notre position est : 14.31.811N 61.59.736W avec 126 miles en 24h. Ça avance bien.
A midi un poisson mord. Je remonte une grosse coryphène qui se décroche au pied du bateau en laissant une lèvre sur l’hameçon. On voit l’aileron d’un requin pour qui la coryphène n’est pas perdue…
Une demi-heure plus tard, un autre poisson mord. Il devait être gros car en le ramenant il casse la ligne. Décidément, la pèche, ça s’apprend !
Vers 17h30 un garde côte américain s’approche. Par VHF, il demande notre identité, celle du bateau, des passagers, notre dernière escale et là où nous allons… Nous pensons qu’ils se renseignent car ils nous demandent de rester en ligne un moment, puis ils nous remercient et s’en vont. Nous pensons que nous serons accueillis par la douane française à Pointe à Pître… Le coin voit passer beaucoup de drogue et les douaniers cherchent…
Moi, la drogue illégale, ce n’est pas mon truc. Je préfère les drogues légales : l’alcool et les femmes ! Ce sont les plus dures, les meilleures !
Un vent de 20 nœuds nous fait avancer entre 6,5 et 7,5 nœuds !

Le 20.05.2009

A 2h nous sommes en vue des Saintes. De nuit on ne voit que des tâches noires dans la nuit. Nous passons entre les Saintes et Marie Galante, dans une immense baie dont le fond est Pointe à Pitre. Le jour se lève et c’est la déception. On ne voit rien à cause des nuages. La soufrière reste dans les nuages. On ne voit plus les lumières des côtes qui illuminaient la nuit…
Le ferry qui dessert les îles
Pointe à Pitre approche. Une régate part au même moment : c’est le tour de la Guadeloupe. Nous arrivons à la marina du bas du fort où nous sommes à quai 0 10H. Notre position est : 16.13.308N 61.31.788W. nous avons fait 112 miles dans les 24h30 dont les 15 derniers en nous aidant du moteur, faute de vent…
Nous voilà en Guadeloupe après 4 jours juste de voyage. C’est beau et vert, avec un air de fête dans la marina. Pourtant bien des magasins sont fermés, à cause de la grève, de la crise… Les femmes créoles sont ravissantes. C’est la carte postale !
Troquet de la marina de Pointe à PitreMarina du bas du fortLa frégateYacht de luxe près de notre bateanCertains briquent le luxe: Vive la vie!
Je comptais voir Fleure, mon ex-assistante retournée au pays. Son numéro a changé. Je lui envoie un mail, il faut toujours croire au miracle.
J’ai appelé un électricien pour voir quelle batterie me pose des problèmes d’autonomie. Il est très occupé. Il viendra peut être avant le début de semaine… Nous verrons si nous attendons…
Teddy cherche des anciens copains de travail ici, mais en vain pour l’instant…
Je suis heureux d’avoir trouvé Teddy comme équipier. Il est efficace dans les manœuvres. Sérieux pour les quarts, Bien participants pour cuisine et vaisselle… Tous est bien et agréable et je pense que ça va continuer.
Le bateau marche très bien à la voile. Le moteur fonctionne. Il ne manque plus qu’une meilleure autonomie électrique et ce sera parfait.
Je vais dans un cyber café : La Frégate. Belle terrasse au bord des pontons. En Guadeloupe où il y a de si belles créoles, je prends une blanche… J’envoie un mail à Fleure, mon ex assistante, puisqu’elle a changé de numéro de téléphone.
Le soir au bateau, nous prenons le frais après une journée étouffante. Nous avons comme voisins Hervé et Karen, qui viennent du golfe de Cariaco au Venezuela, vendre ici l’un de leur bateau. C’est drôle de se retrouver ici côte à côte. Hervé chante d’une voix éraillée car il a bien bu pour supporter la séparation d’avec ce bateau qu’il aime. Nous buvons ensemble punch puis bière. Tous deux ont acheté un terrain en bord du golfe de Cariaco avec arbres fruitiers, maison, plage et ponton pour 10.000€. Ils vont s’y établir et ouvrir une crêperie. Le savoir faire s’exporte au Venezuela. ! Ils aiment ce beau pays et les gens gentils. Bonne chance les amis !

Le 21.05.2009

J’appelle Le vendeur de ma carte Sim Iridium en vain, pas moyen de le joindre ! J’apprends après qu’aujourd’hui c’est férié et après c’est le week-end ! Damned !
Sur mon ordinateur, je retrouve le téléphone de la mère de Fleure qui me donne le numéro de sa fille. J’appelle Fleure qui est toute contente. Elle voit avec son mari et nous nous verrons ce soir, ils viendront. Je suis tout heureux de la revoir.
En discutant sur le pont, je vois une annexe arriver à côté. Je reconnais la silhouette de Jean-Claude de Chamicha. Je l’appelle, il passe sans répondre. Je descends à quai et je le vois remplir des bidons d’eau. Il me reconnaît. Nous discutons un moment. Nous prendrons l’apéro ensemble avant le départ. Je lui demande si Chantal pourrait jeter un œil sur mon programme de navigation qui ne capte plus le GPS. Je suis vraiment heureux de le revoir ! Nous nous étions quittés en Casamance à Karabane, avant que je ne traverse vers le Venezuela. Depuis chacun a vécu des aventures, nous en avons des choses à nous raconter. Pourtant chacun a un site que nous lisons régulièrement…
En attendant nous allons voir un loueur de voiture pour en avoir une demain pour un tour de l’île. C’est fermé pour cause de jour férié, mais on lui passe un coup de fil et ce sera bon pour demain. Sur le retour, nous passons par la Frégate prendre un punch avec des acras de morue. Que c’est bon, à l’ombre d’un auvent avec l’alizée qui souffle doucement ! Une femme âgée à côté commande une glace qui lui est apportée avec une montagne de Chantilly. Quelque temps plus tard elle en commande une autre. Nous sourions et entamons la conversation. Elle à 75 ans et elle a été pilote et formatrice de pilote d’avion pendant 50 ans ! Sa passion. Elle s’est imposée, parmi les hommes par ses qualités. C’était sa vie. Depuis trois ans on lui a retiré sa License. A 72 ans alors qu’on la retire à 60 ans à la plupart des pilotes. Elle a longtemps travaillé au Maroc, puis au Sénégal, puis en Guadeloupe où elle s’est fixée. Elle a été mariée, mais n’a pas voulu d’enfants tant elle se donnait à son travail. Quelle vie ! Elle a eu 4 crashs, 4 pannes. Elle a réussi à chaque fois à sauver avion et passagers ! Elle vient d’écrire sa biographie qui paraitra bientôt en livre. Avant elle sera lisible sur le net, sur le site : lulu.com desailespourlaliberte Daniiele Bourgouin Avis aux amateurs ! Ça m’a donné envie de le lire ! Belle rencontre. Teddy était ravi aussi.

Fleure m’appelle au téléphone, elle est sur le ponton devant le bateau ! Avec Daniel son mari, dont je fais connaissance et leur petite merveille de fille de 7 mois !
Fleure et sa petite merveille de 7 mois!
Nous allons dans un café discuter des souvenirs communs et de nos vies actuelles. Quel plaisir de revoir Fleure, cette jeune fille pleine de qualités et de potentialités à qui j’avais appris des choses au travail et qui m’en avait appris beaucoup aussi. Et je la revois, bien installée dans la société de son île d’origine, avec travail, mari et enfant. Voir les jeunes trouver leur place dans la société et les aider pour ça, quel plaisir ! Et elle est un peu plus jeune que mes enfants, 30 ans. Bravo Fleure !
Nous passons la soirée avec Hervé et Karen sur leur bateau La Câline. Planteur après planteur, la soirée passe en discussion. Je finis par abandonner pour ne plus abuser du rhum.

Le 22.05.2009

Nous louons une Twingo pour la journée pour faire un tour de l’île.
Au moment de partir, l’électricien m’appelle, il peut passer. OK, je lui montre ce qu’il y a à faire pour améliorer l’autonomie électrique. IL va faire le travail en notre absence, ce sera fait avant notre départ.
Teddy connaît , il nous guide. Karen est venue avec nous. Nous prenons la route de traverse qui va à Pointe noire. Que c’est beau, ces mornes bien verts, avec une végétation luxuriante !
Un arrêt à la cascade aux écrevisses : quelle fraicheur avec cette cascade entourée d’arbres couverts de plantes saprophites aux feuilles très grandes.
La cascade aux écrevissesQuelle nature!Le fruit de l’arbre à painLes plantes saprophytes sur les arbresUne plage de gallets
Puis nous nous arrêtons à Deshaies, aux vielles maisons créoles, avec des terrasses aux bordures de bois ouvragé. Elles sont de couleur pastel ravissantes, parfois couvertes de bougainvillées.
Nous allons sur la plage de Grande Anse. Un plongeon dans l’eau verte, quel délice ; elle est chaude, 27° environ. La plage est encore calme. Peu de monde, des petits restos sous les palmiers. Nous déjeunons d’accras de morue, à l’ombre. Super !
une barque de pêcheursBelle fleurLa belle plagePlage carte postaleVraiment belleLe petit resto de plageKarenla PlageUne rivière se jette dans la mer
Teddy nous entraîne au bout de la plage vers une maison perdue dans la végétation. C’est un hôtel de charme, avec des maisons indonésiennes en bois sous les cocotiers, entourées de fleurs.. Un français les a fait venir de Java. On nous fait visiter une chambre de rêve de 60 mètres carrés. 150 € la nuit en basse saison. Le Taïnos, pour ceux qui aiment les beaux endroits !
PiscineMasqueinmasque indonésienterrasse ombragéeMaisonnettes chambre indonésienneschambre dans la verdureFrangipanierRose de corailTeddy dans un endroit relaxe
Nous rentrons par le nord et les Grands Fonds. Là la vie est plus traditionnelle, les maisons plus anciennes. Les vaches croisées avec les zébus paissent le long des routes.
Nous rentrons avec de belles images plein les yeux. La Guadeloupe, mérite d’y revenir. Il y fait bon vivre. Les gens sont très accueillants, avec le sourire pour peu que l’on soit souriant et ouvert.
Nous ramenons Karen à la Marina et nous voilà repartis, chez une amie de Teddy, Corine. Difficile de trouver sa maison au fond de la campagne, mais quel havre de paix. Une maison ouverte sur un beau jardin. Une maison pleine d’œuvres d’art d’amis et de Corine. Superbe. Nous rentrons tard au bateau.

Le 23.05.2009

Nous rendons la voiture. J’attends l’électricien qui doit venir se faire payer… Je l’appelle et je vais à son bureau. Mes batteries sont bonnes, il a mis répartiteur de charge qui fera que l’alternateur du moteur rechargera la batterie moteur et ensuite, rapidement les batteries servitudes. Donc nous ne devrions pas manquer d’énergie car si les batteries se vidaient on pourrait les recharger au moteur de temps en temps…
Je vois Chantal de Chamicha. Elle a la gentillesse de venir au bateau pour regarder pourquoi mon GPS ne donne plus la position directement sur la carte du logiciel de navigation. Pendant qu’elle téléphone, je mets en marche le PC puis je lance le logiciel de navigation… et la position du bateau apparaît sur la carte !!! Elle doit avoir des ondes super positives, Chantal ! Je lui dis et elle rigole. Ça marche, elle ne sait pas pourquoi, ni si ça ne disparaîtra pas de nouveau… AH ! l’informatique ça peut être déjà capricieux, mais l’électronique marine, c’est encore pire !
Calme sur la marina de Pointe à PitreJoleetJoëlle et Francis
Karen vient à bord et me donne des musiques d’Amérique du Sud et d’Afrique. Super !
Nous allons prendre un apéro, chez Joëlle et Francis de Paquito. C’est l’occasion de se raconter cette année passée depuis notre départ de Gran Canaria. Eux vers les Antilles et moi vers le Venezuela. C’est émouvant de se retrouver puis de se souhaiter bon vent. Eux Restent aux Antilles et moi je rentre en Europe.

Le 24.05.2009

9h30 Départ pour Saint Martin. Petit temps, vent de 12 nds d’Est Sud Est. Il nous pousse doucement. Dés le départ, je suis brabouillé, mais rien ne ressort. Teddy va bien et fait la cuisine. La journée se passe tranquillement, la nuit aussi.
La soufrière cachée par les nuagesCôtes de GuadeloupeCôtes de Guadeloupecôtes de GuadeloupeLe soir

Le 25.05.09

Lever de soleilRocher à évitrer
Le vent continue d’être favorable. La pêche, moins. Nous attrapons quatre poissons qui reviennent à l’aplomb du bord et se décrochent. Un gros nous emporte tout le bas de ligne… Nous croisons un cargo, deux voiliers, et un ballon de foot…
Nous arrivons près de Saint Barthélémy et nous y entrons de nuit. Nous sommes à quai à 24h30, avec un amarrage rouleur qui me fait perdre des défenses.

Le 26.05.2009
Départ à 5h pour Saint Martin, Oyster Pond. Le ciel est charge, mais les grains tombent plus loin. Nous slalomons entre les rochers nombreux dans les parages. Nous voilà à Oyester Pond, un îlot de richesse indécent, qui ne me plait pas.
Oyester pondDiam Rek à quai
Le plein de Gasoil pour le retour. Personne de disponible pour intervenir sur la girouette et l’anémomètre, on fera sans.
Nous allons faire le plein de nourriture, nous passerons chez le ship et départ dans 2 ou 3 jours…
Première journée relaxe. Juste le plein de gasoil, 260l Pour 170 €, plus qu’au Venezuela, mais moins qu’en France… Je me sens mal tout de suite dans cet îlot de luxe dans cette île colonie. Une bonne sieste pour récupérer. Teddy va voir ce qu’il peut retrouver de copains du temps où il faisait des convoyages ici…
Le soir il revient en disant qu’un copain nous emmènera en ville faire les courses. Car ici nous sommes à Oyester pond, une baie aménagée par le Capitaine Oliver, débarqué début 80. Il a construit un hôtel ressort 4 étoiles et une marina. Autour se sont construites des villas de luxe, accrochées aux collines, au milieu d’une végétation de maquis, cactus et arbrisseaux. L’eau est rare et seules les pluies en apportent. Une usine de désalinisation de l’eau de mer fournit le reste. Les jardins des riches sont fleuris, ailleurs, c’est sec….

Le 27.05.2009

La journée se passe. Je bricole sur le bateau, puis je vais dans le hall de l’hôtel où je peux m’installer avec mon ordinateur pour avoir électricité et internet, le luxe ! Les petite monstres de moustiques sont en supplément ! Et ils sont voraces ! Chaque paradis a son enfer… Je classe la musique donnée par Karen. Des merveilles de musiques africaines et d’Amérique latine où elle s’est baladée ! Merci Karen !
Je vais me promener à pied sur la colline qui domine la marina. Des maisons de luxe bordent la route. Puis la colline est déserte, sèche, avec des cactus et une case et un terrain avec chèvres et ânes. Un créole est installé là, jusqu’à quand ? L’urbanisation gagne, les villas contre les ânes…
cactus en fleurVue de la collineVue de la collineVillas de luxeles ânes
J’appelle Mimi qui fait sa cure à Dax et qui m’envoie des photos de Biarritz où elle est allée en excursion. Elle a bien raison d’en profiter !
Mimi à BiarritzMimi en promenade en cure
Finalement, je ne vois pas Teddy ni son copain qui se proposait de nous emmener…
Demain je prendrai un taxi !

Le 28.05.2009

Teddy se réveille aussi tôt que moi. Son copain va nous emmener en conduisant son fils à l’école. Nous allons chez lui à pied. Lorsque tout le monde est prêt, nous montons dans sa Jeep. Un demi tour de l’île nous fait découvrir ce paysage de collines escarpées. Dans le centre, les maisons sont pauvres, parfois encore de vielles cases en bois. Le dernier cyclone a laissé des traces, on voit des squelettes de maisons… Côté néerlandais ou côté français, ce n’est pas plus riche. Certains points des côtes abritent des îlots de luxe. Ça construit encore. Avec la crise, les touristes et les investisseurs sont plus rares. Tout le monde peine. Pourtant la plupart des choses sont hors taxe, ou avec des taxes plus basses.
Côté hollandais on va dans un cash and carry faire l’avitaillement de conserves et boissons. On paye en dollar qui règne sur une bonne partie de l’île. Les produits sont internationaux, surtout anglo-saxons. Tout est importé… Puis on va chez Budget, un grand ship des Caraïbes. Je trouve tout ce qu’il me faut. Là encore, je paye en dollars avec ma carte. Au moins le change sera au cour du jour, près de 1,4 dollar pour 1 euro, alors que dans les cafés et restos, le change est de 1 pour 1 !!!
Retour au bateau pour ranger les provisions. Teddy veut jeter des produits déjà dans le bateau dont la date de péremption est passée. Je les garde pour les consommer, sans crainte, comme d’habitude… Qu’est ce que c’est que cette habitude d’occidental conditionné par les médias, comme mes enfants !
On va manger dans un bistrot de la marina. Je prends un fish and ships, comme à Gibraltar ! De temps en temps, ça fait du bien, en plus c’est un des seuls plats britanniques que j’aime !

Le 29.05.2009

Hier nous n’avons acheté que conserves et boissons. L’autre magasin était fermé avec un panneau affichant la raison : solidarité avec les deux derniers représentants de la communauté indienne assassinés et contre l’insécurité grandissante.
Christophe nous explique que l’espoir d’un travail, du RMI, fait passer beaucoup d’étrangers clandestins sur Saint Martin. Mais du boulot il n’y en a pas pour tout le monde, alors les trafics et les vols et agressions se multiplient… J’avais déjà entendu ça à propos de Saint Vincent et de d’autres îles où le trafic de krack fait des ravages avec une montée de la criminalité importante… Tant de richesses étalées font envie et certains ne résistent pas à l’envie…
Nous allons au supermarché. Nous achetons principalement fruits, légumes et fromages.
Teddy a peur de manquer, alors il fait des provisions. J’espère que nous n’en perdrons pas trop ! Au retour il faut ranger. Tout finit par trouver sa place.
Je vais sur internet. C’est le dernier jour. Nous partons demain, samedi. J’espérais partir aujourd’hui, mais mon équipier respecte les traditions. Un marin ne part pas un vendredi, jour de la mort du Christ. Qu’en est il de la mort de Mahomet, de Bouddha, et de bien d’autres… Si chacun croyait en de telle sornettes, il n’y aurait plus de départ possible pour les marins !
Hervé me parlait de sa superstition : il jette les pièces de monnaie à la mer pour chaque traversée. Il verse aussi la première gorgée de bière ou d’alcool… Chacun son rituel pour se rassurer face à la puissance de la mer…
Moi, j’ai hâte de mettre les voiles, non sans appréhension des dangers de la mer, de ses caprices, non sans respect pour elle qui a toujours le dernier mot…
Trois ou quatre semaines jusqu’aux Açores, plus si on tombe dans les calmes vers la mer des sargasses… Nous verrons bien. Nous avons de quoi tenir, eau, pâtes, riz, conserves, et résultats de notre pêche qui ne peut que s’améliorer !
J’essaierai de faire passer notre position chaque jour à Jean-Michel qui l’indiquera sur le site, avec sa gentillesse habituelle. Nous resterons ainsi en contact. A milieu de l’océan, c’est fou ce que l’on pense aux autres !

Avant la traversée retour

Posted on mai 15th, 2009 by Christian

Le 30.04.2009

Ça y est, c’est le jour du départ, pour rejoindre Cumaná au Venezuela et retrouver le bateau.
J’ai mis mon réveil à 5h. J’ai mal dormi, de peur de ne pas me réveiller à temps et de rater l’avion. Je suis réveillé avant le réveil. Vite debout ! Je réveille Mimi. Une douche rapide, je réveille Sophie. J’entends Maxime qui est réveillé.
Nous sommes prêts. Je prends la voiture, direction Orly ouest. A cette heure là, il n’y a pas grand monde dans les rues. Voici Orly. Il n’y a pas la queue à l’enregistrement pour le vol d’Iberia pour Madrid.
Nous avons le temps de prendre un crème avec des croissants. Les derniers bons croissants avant longtemps. Les derniers instants avec les enfants et Mimi. Comme souvent dans ces cas là on échange des banalités, au lieu de dire des choses importantes avant la séparation…
Bon, il faut y aller. Je passe le portique de sécurité. Je vois encore Mimi et les enfants qui me font des signes aux quels je réponds. J’attends pour l’embarquement. L’avion décolle à l’heure, 7h50.
L’Ile de France
Que c’est beau l’île de France vue du ciel ! Les villages à la française sont nombreux. Certains ont les maisons réparties géométriquement, d’autres dessinent une forme courbe abstraite. Entre les villages il y a des champs ou des bois.
Je suis fatigué, mais n’arrive pas à dormir. Je lis la presse, le Monde. Voici Madrid. L’écran indique 610 mètres d’altitude et 15° dehors.
Aéroport de Madridaéroport de Madrid
Mais nous ne sentirons que l’air conditionné de l’aéroport. Il est grand et long, cet aéroport ! Nouveau portique de sécurité, nouvelle attente pour l’embarquement. Quelques employés portent des masques de protection pour cette nouvelle grippe dont les média nous rebattent les oreilles.
L’avion décolle avec une demie heure de retard. Un A340-300 qui est plein pour Caracas. Je suis au milieu, je ne verrai rien par les hublots. Avant le décollage, ma voisine se signe. Au décollage elle recommence et ferme les yeux. Nous sommes donc protégés. Effectivement l’avion décolle sans problème et gagne en altitude au dessus des nuages.
Partis à 13h30 heure française, après 8 heures de vol nous devrions arriver vers 15’autant plus que les passagers peuvent ingurgiter trois films sans intérêt juste entrecoupés par de la publicité…
Ma voisine se signe encore car l’avion descend vers Caracas. On voit la mer puis l’aéroport entre mer et montagne. Bien posé, les gens applaudissent, ça devient rare.
J’attends pour passer l’immigration. Les queues sont longues. Tous les employés sont avec un masque qui couvre bouche et nez. Une employée nous donne un imprimé à remplir en plus de celui de l’immigration et celui de la douane. Identité, provenance, destination et déclaration de symptômes au cas où… D’ailleurs un médecin avec un stéthoscope circule entre les gens. Dans les files des passagers vénézuéliens portent des masques. Lorsque je franchis enfin l’immigration avec un nouveau tampon sur mon passeport, autorisation de séjour de trois mois, je vais récupérer mes bagages. J’ai la désagréable surprise de trouver l’un des deux sacs de voyage ouvert. J’avais mis un verrou sur les deux languettes métalliques des fermetures Éclair. L’une des attache a été cassée. Je ne prends pas le temps de vérifier s’il manque quelque chose. Je prends un porteur et nous allons jusqu’à l’aéroport national. Dehors il fait chaud et gris. Je transpire déjà. Je ne suis plus habitué !
Je fais emballer mon sac forcé avec un film plastique. Ça devrait aller. Je vais à l’enregistrement pour le vol intérieur vers Cumaná. Il est 16h. Ils prennent mes bagages et me donnent le billet. Comme j’ai du temps, je vais manger une pizza. Puis je gagne la salle d’attente devant la porte 5A. L’écran indique le vol de Cumaná en troisième position. Je passe mon temps à me familiariser de nouveau avec les gens, leur morphologie. Les gens sont en moyenne bien plus gros. Souvent bronzés, parfois métis avec les yeux un peu bridés, le nez un peu camus, les cheveux bien noirs et raide. L’apport indien est présent. Devant moi une jolie femme au bras de son homme. Quelqu’un de la famille les photographie. La femme porte un masque, l’homme aussi. Ils font semblant de s’embrasser, masque contre masque. Ils recommencent pour des photos en riant de bon cœur de cette situation inhabituelle.
Tiens, le vol pour Cumaná ne figure plus sur l’écran ! Je me renseigne : l’embarquement se fera porte 5C. J’y vais et me fais confirmer plusieurs fois que c’est bien là, car ce n’est pas porté sur l’écran. Je vais voir le grand écran des départs et je vois après le vol pour Cumaná : Canceled- cancelado, ce qui veut dire annulé ! Un homme regarde comme moi, sans oser comprendre. Je lui demande ce qu’il en pense ? Incrédules, nous remontons, sortons de la zone de sécurité pour retourner vers le bureau d’enregistrement de la compagnie. En arrivant on entend crier. Nous approchons : il y a une vingtaine de personnes qui essaient d’obtenir des employés de la compagnie des places sur un autre vol. Le ton monte, car il n’y a plus d’autre vol ce soir. Il faut attendre demain disent calmement les employés. Le ton monte encore. Des enfants pleurent. Les mères prennent les autres à témoin. Rage, désespoir, et mots d’oiseaux ! J’avais toujours vu les vénézuéliens cools, calmes, lents à bouger ; là il en va tout autrement ! Une brune qui ressemble à une héroïne des films d’Almodovar crie contre le je-m’en-foutisme des employés et veut faire valoir ses droits. Deux hommes reprennent. Ils sont bien 5 ou 6 à crier contre les employés, à réclamer un responsable.
Finalement, devant les assauts répétés, il y a une proposition pour un vol le lendemain en fin de matinée. Refus général, et les cris sont repartis. Commencé vers 19h, ça continue et il est 21h. On nous propose enfin un vol spécial dans un petit avion. On y va !
C’est un avion de 20 places et nous sommes 12 à être resté à réclamer. L’avion s’appelle « Espiritù Santo », il ne peut nous mener qu’à bon port ! Décollage à 21h30. On arrive près d’une heure plus tard au dessus de Cumaná. Trop tard, l’aéroport est fermé, il n’y a pas d’autorisation d’atterrir. Le pilote nous en informe. Un homme se lève, va vers la cabine de pilotage et exige de redemander l’autorisation, sans résultat. Il exige alors un atterrissage à Barcelona, plus près que Caracas… Rien n’y fait, retour à Caracas et au bureau de la compagnie Avior. Nouvelles négociations à 23h passées.
Nous obtenons enfin une promesse de places sur un vol pour Carùpano tôt puis transfert en bus ou un vol pour Cumaná à 11H. Selon les préférences on s’inscrit sur deux listes. Nous serons 4 pour Cumaná. Je laisse mes deux sacs à la compagnie, non sans inquiétudes, mais ils sont tellement lourds… En attendant on nous conduit dans un hôtel avec promesse d’hébergement et de dîner. Sur place, les cuisines sont fermées, pas moyen d’obtenir autre chose que de l’eau avec des glaçons. Nous avons les chambres à 24h. Je n’arrive pas à dormir, je regarde la télévision.

Le 01.05.2009

Vue de la chambre
Réveillé avant 7h, je regarde la télévision. Après une douche, je descend pour le petit-déjeuner vers 8h. L’un des passagers les plus revendicatifs est déjà en train de manger. Je me mets à sa table et nous discutons. Il est très souvent en voyage dans le monde entier car il représente les pêcheurs de thon vénézuéliens dans toutes les réunions internationales sur la pêche. Il parle de son travail, lorsqu’arrive une passagère elle a un regard angélique ! Notre passager continue à parler de ses voyages, des pays avec leurs spécificités, des hôtels magnifiques qui l’on impressionné…
Le car de la compagnie vient nous chercher. Nous repassons par la sécurité après nouvelles négociations avec la compagnie qui nous paye les taxes d’embarquement que nous avions payées la veille. Courte attente et le vol est déprogrammé. Retour à la compagnie. L’avion a un ennui mécanique et ne peut venir. Alors pas de vol pour Cumaná aujourd’hui. Nous sommes les 4 d’hier plus 4 d’aujourd’hui. Nouvelles négociations : on nous trouve des places sur un vol pour Barcelona puis transfert en car de la compagnie…
Nous décollons vers 12h avec un DC9 de 60 personnes sièges en cuir, très class ! L’hôtesse proposent à boire. Je demande un whisky. L’hôtesse remplit le verre de glaçons puis remplit le vide de whisky, comme font les Vénézuéliens. C’est généreux !
L’aéroport de CaracasUne île au large de Caracas
Atterrissage vers 13h. J’attends mes bagages, il ne sont pas là. Nous allons aux bureau de la compagnie. Renseignements pris ils arriveront à Cumaná directement. Nous prenons le petit car, nous sommes 7. On nous apporte sandwichs chauds et boissons.
Publicité dans BarcelonaLe long de la route
Nous voilà partis ! Nous traversons la ville puis nous dirigeons vers la côte. Il fait chaud et c’est un long week-end avec le 1er mai. Alors les gens vont à la plage et c’est une file interrompue le long de la côte. On longe le golfe de Mochima, toujours aussi beau. Les gens sont nombreux sur les plages et dans l’eau très calme. La route tourne tout le temps. On s’arrête un moment pour des boissons et des chips payées par la compagnie.
Voilà Cumaná que je reconnais. Je me sens chez moi. Le car nous mène à l’aéroport. Mes bagages sont dans les bureaux de la compagnie. Je suis soulagé ! Chacun se sépare et prend un taxi ou se fait prendre par un conjoint. Le taxi me mène à la marina. Un employé de la marina m’aide à porter un sac. Le bateau est à sa place, il n’a pas souffert. Il est juste sale, plein de déjections de cormorans…
J’ouvre la descente. Il fait chaud et ça sent le renfermé. J’aère. Je vois Antonio qui rentre en lancha d’une partie de pêche en famille. Je vais lui dire bonjour. J’en profite pour lui demander s’il connaît un artisan qui pourrait me faire vite un taud. Il connaît et on verra demain.
Je retourne au bateau. Je défais mes sacs de voyage. Finalement il ne manque rien et ils entent les fromages que je rapporte avec moi et qui devaient servir de repoussoir pour les douaniers. Mais heureusement des douaniers, je n’en ai pas vu à Caracas ! Ils auraient pu me taxer pour les pièces détachées que je rapportais pour le bateau…
J’appelle Mimi pour la rassurer, puis je vais voir Zuly… qui n’est pas là. Le port ne contient plus beaucoup de voiliers. Celui de Paulo n’est pas là, celui d’Emma non plus. Il y a peu de français maintenant. Je range mes affaires, je passe un coup de jet sur le pont.
Je dîne et me mets à écrire pour le site, pour vous retrouver ! J’écris, seul dans le carré.
Le bateau est mon petit chez moi. Il y manque Mimi. Pour le reste, je le retrouve tel que je l’avais laissé. Rien ne manque sur le pont, tout est en ordre. A l’intérieur, idem. Je ne suis pas dépaysé ; le séjour de 7 semaines en France, en Europe, n’a été qu’un intermède.
Pendant le retour, j’ai entendu parler uniquement espagnol et je n’ai parlé qu’espagnol, ou du moins j’ai essayé. Après le français, l’anglais pendant dix jours à Prague, les mots qui me viennent se mélangent, moitié anglais, moitié espagnol…
Je lis un moment et me couche tôt.

Le 02.05.2009

Je suis réveillé avant le jour. Dans la cabine il fait chaud même sans drap. Dehors tout est calme, alors qu’hier au soir je me suis endormi avec la musique à fond dans le bar de Marina Plazza qui jouxte la marina.
Je vais au marché faire un réapprovisionnement en fruits, légumes, poisson et viande. La saison avance, les clémentine ont disparu, les mangues sont là. Les légumes ont baissé. Mais le bus a augmenté. Il fait chaud. Mon corps pas encore habitué transpire. Je ne suis pas le seul. Les corps bronzés brillent de sueur. Les femmes ont relevé leur tee-shirt pour aérer leur ventre. Je suis frappé par la taille des poitrines des Vénézuéliennes. Je ne me souvenait pas qu’elles étaient si développées par rapport aux Françaises…
En rentrant, je vois Antonio qui sort en lancha. Il me confirme qu’il m’appelle lundi pour voir le fabriquant de tauds.
Pendant que j’écris, je vois l’aiguille du voltmètre monter à plus de 15 volts. Ce n’est pas normal. J’ouvre le coffre à batteries et je vois tout de suite qu’un fil de la résistance qui dissipe l’énergie en trop a fondu au niveau de la cosse. Je change la cosse. La résistance chauffe et le voltage redescend à 13,6. C’est la première panne depuis mon retour !
Je fais une sieste de trois heures, probablement à cause du décalage horaire. Puis je prends le jet d’eau et la brosse pour nettoyer le pont couvert de fientes de cormoran. Ils ont colonisé les sommets de mâts et le vent repend leur fiente sur le pont, le ponton et le quai ! Saloperie. Il me faut plus de deux heures pour redonner au pont la propreté d’avant mon départ…

Le 03.05.2009

Ce matin je place des pièces de rechange rapportées de France. Je change une carte électronique sur le tableau de bord du moteur. Puis je mets en route. Le moteur démarre au premier coup de clef. Il tourne bien. Je le laisse monter en température. Marche avant, marche arrière. Parfait.
Je place le nouvel AIS. Pour l’instant, il n’est pas reconnu par le PC. Ça reste à peaufiner…
Pour le déjeuner, je mange de bons produits vénézuéliens : avocat, côte de porc fumée, fruit de la passion. J’y rajoute un peu de camembert de France ! Il fait une chaleur soutenue car il y a peu de brise. Je transpire et bois beaucoup.
En fin d’après-midi je vais au cyber pour mettre des photos sur le site. C’est long, mais ça passe. A côté de moi les jeunes jouent à des jeux électroniques. Mais cette fois ci ils le font en silence…
J’appelle Mimi, ça fait du bien, car ici je me sens bien seul. Il n’y a que les deux alcolos en dérive qui sont sur leur bateau et n’en sortent pas ou si peu. Les voiliers sont partis dans les Caraïbes ou plus loin par peur de la piraterie.

Le 04.05.2009

J’ai bien dormi, je récupère le décalage horaire. Je me mets au bricolage pour changer les charnières cassées de quelques portes d’équipets. Ce n’est pas sans mal car l’oxydation n’aide pas. Je continue avec les pièces du guindeau que j’ai rapportées.
Pendant que je visse une pièce, un gardien de la marina et une femme viennent. Ils veulent que je les suive pour une vaccination. Pourquoi ? Parce que je viens de l’étranger et que je n’ai pas eu de vaccination en entrant. Quelle vaccination ? Contre la grippe en prévention ! Ça ne sert à rien puisque ce n’est pas contre cette nouvelle grippe. Ça ne sert à rien de discuter, c’est un ordre du gouvernement. Il faut bien qu’il se protège le gouvernement, alors il fait quelque chose. Il fait travailler les grands laboratoires internationaux en tous cas… Bon, je les suis. A la porte de la marina, l’infirmière est là, avec une glacière remplie de vaccins. Elle vaccine tous les employés et les navigateurs.
Je donne mon carnet de vaccination. L’infirmière marque le vaccin, mais elle n’a pas de tampon. La preuve internationale n’existe donc pas, mais elle dit que ça n’a pas d’importance… Elle pique, les deux autres français et moi, puis les employés…
J’avais demandé à Antonio et à Alexis de me mettre en rapport avec un fabriquant de taud. Ne voyant venir personne je rappelle Alexis. Pancho, le fabriquant arrive vers 11h30. Il prend les mesures et repassera à 15h avec un devis.
J’appelle José de l’agence de voyage qui me fournit les billets. Il n’avait pas lu le mail de Teddy, ni le mien pour trouver un billet pas cher pour Teddy… Ici il faut être derrière les gens si on veut que ça avance ! Il voit et doit me rappeler. En fin d’après midi, je le rappelle, il trouve un billet Air France, AR Paris Caracas pour 230 euros ! Super !
L’artisan qui fait des taud passe avec un devis à 500€, ce qui est exorbitant. Il m’explique que tout le matériel est importé et donc au prix européen… Je vais réfléchir.

Le 05.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à bord de son bateau à moteur. Il est à peine réveillé. Nous échangeons des nouvelles. Il m’apprend qu’hier il y a eu un tremblement de terre un peu au sud de Caracas qui a fait quelques dégâts jusque par ici… Je n’ai rien ressenti, il faut dire que j’étais sur l’eau… Christian passera m’aider pour quelques questions électriques avant que je ne parte.
Je fais ma lessive, puis l’inventaire de la nourriture à bord du bateau pour connaître les ressources avant d’aller faire le complément calculé large pour une traversée à la durée variable selon les vents, les courants et les ennuis. Ça me prend toute la matinée et je n’ai pas fini !
Je dois jeter des sacs de sucre en poudre trop humide, des sacs de farine avec charançons, idem pour des fruits secs. Dans le bateau il y a encore des charançons vivants, bien qu’il y aie bien des cadavres, mais il n’y a plus un seul cafard. L’acide borique est super efficace !
Depuis mon retour, les vents dominants sont d’ouest, alors qu’ils étaient d’est, nord est lorsque je suie parti, il y a près de deux mois. Si ça continue, ce devrait être facile d’aller en Guadeloupe. Nous verrons si ça dure. Par contre ce vent est faible et intermittent.
L’artisan me rappelle pour le taud. Je lui dis que c’est trop cher. Il repassera à 15h pour étudier un taud plus court.
Pendant que je monte une nouvelle ligne pour pêcher pendant la traversée, Christian passe pour voir le guindeau. Avec son expérience d’ingénieur, il trouve vite deux pannes : des fils oxydés qui ne laissent plus passer le courant. Il m’aide à les changer et tout fonctionne !Demain il faudra que j’aille acheter des cosses de différentes tailles.
L’artisan repasse pour le taud et nous tombons d’accord. Il sera prêt dimanche.

Le 06.05.2009

Toute la nuit il a soufflé un fort vent d’est. Ce matin Christian me dit qu’il vient de voir sur internet les photos de la pluie diluvienne qui s’est abattue sur la Martinique engendrant des inondations et des glissements de terrain.
Christian s’est abonné à internet via un modem en payant chaque mois. Car les wifis du coin ont mis des sécurités avec mot de passe. Il n’y a donc plus de wifi accessible dans la marina. Pas de service aux navigateurs. Il faut aller aux nombreux cybers du centre commercial en payant bien sur…
Je vais en ville à la recherche de cosses. J’en trouve certaines pas d’autres, introuvables ici d’après les marchands. Quelques courses et je rentre au bateau par le bus. A un moment le bus s’arrête à un carrefour. Le chauffeur siffle en direction du dehors. Il y a une marchande de poisson et un vendeur de papelon sur le trottoir. La vendeuse de poisson vient voir ce que veut le chauffeur. Un verre de papelon. La vendeuse de poisson va en prendre un chez le vendeur de papelon et l’apporte au chauffeur qui lui donne l’argent. Il était temps car derrière ça klaxonne. Qu’importe ! Le chauffeur redémarre et franchit le carrefour, verre à la main, jus de canne, de citron et glaçons. Il boit doucement en conduisant d’une main en prenant son temps. Lorsqu’il a fini il lance le verre en plastique par la fenêtre du bus…
Teddy m’appelle car il n’a pas encore reçu tous les éléments pour son voyage en avion, Vénézuélienne de 40 ans vient me demander si je n’ai pas vu Yann. Elle m’explique qu’il va se marier avec sa tante… Je la renvoie chez Philippe. Il est en train de boire avec Yann et des dames de compagnie.
Je passe à la BLU pour vérifier qu’elle fonctionne. A cette heure l’émission passe bien. J’essaie un peu à tâtons depuis le temps que je ne m’en suis plus servi. On m’appelle dehors. La même Vénézuélienne me demande ce que je fais, elle veut aller manger avec une amie dans le centre commercial et elle m’invite. Je refuse et elle s’en va. Elle a tenté sa chance…
Je me remets sur la BLU. J’envoie un mail de demande de fichier météo. Il part bien. J’attends un moment pour la carte météo. Je fais un contact et elle arrive. Donc ça fonctionne bien. La BLU consommant beaucoup d’énergie, il faut faire fonctionner le moteur en mer.
Demain il faut que je me penche sur l’AIS pour le faire fonctionner.

Le 07.05.2009

Réveillé de bon heure, je profite de la fraicheur pour me remettre sur le moteur de l’annexe. Il démarre puis cale. Je mets l’annexe à l’eau. Je veux descendre le moteur. Les vis du siège sont bloquées. Je force en mettant du WD40. Une vis se dégrippe un peu. L’autre résiste et c’est la vis de la poignée qui lâche. Je vais chercher la perceuse pour chasser les restes de la vis rouillée et agrandir le trou pour mettre une vis d’un diamètre supérieur. L’opération peut être simple, mais en l’occurrence, j’y laisse quatre mèches neuves achetées chez Casto en France ! Je passe plus d’une heure à désoxyder ces deux t dire que j’avais déjà fait la même chose il y a deux mois ! La navigation doit composer avec une oxydation permanente de la coque, de l’accastillage, du matériel électrique et électronique…et tout le reste !
Je mets le moteur sur l’annexe. Je démarre et le fais tourner un moment. Il ne tient pas le ralenti. Je redémonte le carburateur, nettoie et remonte. Même fonctionnement aléatoire. Le temps passe. Alors avant la fermeture de la pompe, je prends les jerrycans et je vais à la pompe de la marina. 65 litres de gasoil pour moins d’un demi euro. Je les vide dans les réservoir et fais un nouveau plein avec 15l d’essence : 0,6 euro. Les pleins sont faits à peu de frais. Au retour de la pompe je vois un plongeur qui nettoie les coques. Je lui demande s’il peut nettoyer la mienne. Il vient et me demande 300 bolivars (moins de 50 €). Un autre ce matin, m’a demandé 450… C’est d’accord. Le départ approche. Il faut encore que je m’occupe de faire remplir une bouteille de gaz pour avoir de la marge pour la traversée… La plaisance c’est fatigant !
Je retourne vers l’AIS. Mes connaissances en informatique étant ce qu’elles sont, je n’arrive pas à le relier au port com 4. J’y passerai encore du temps et j’espère réussir.
Mimi m’appelle pour me dire que Teddy n’a pas encore reçu de mail pour son billet électronique. Je rappelle José qui lui renvoie un mail avec son billet électronique. Espérons que cette fois sera la bonne. Le vol a lieu Lundi, dans peu de jours…

Le 08.05.2009

On est vendredi. Je veux changer un éclairage néon par un plus neuf. J’y passe vraiment du temps et ça ne marche pas. Je n’avais qu’à lire car c’est indiqué dessus que c’est en 220 volts. J’aurai pu gagner du temps. En tous cas, j’en profite pour nettoyer le coin de la cuisinière et de ses vapeurs grasses.
Je fais pendant ce temps le plein d’un des réservoir d’eau douce, puis de l’autre. Vu le débit des robinets ici, ça prend du temps. Pendant ce temps arrivent le nettoyeur de coque avec un ouvrier. Ils sont en combinaison. Ils ont un compresseur pour travailler sous l’eau sans avoir besoin de remonter sans cesse. Pendant que je suis dans le bateau, je les entends gratter la coque. Je fais une lessive car dans la cabine tribord, j’ai trouvé le drap mouillé. Je me demandais d’où pouvait venir cette fuite. Après recherche, elle venait d’un pack de canettes de bière. Deux canettes étaient percées par électrolyse sans doute !
Mimi me rappelle pour me dire que Teddy a reçu son billet jusqu’à Caracas, mais pas jusqu’à Cumaná… Je rappelle José qui me certifie envoyer un mail sur le champ ! J’appelle Teddy pour le rassurer. Il est tout joyeux de venir, de retrouver les tropiques et l’océan ! Tant mieux…
Je vais chez le coiffeur pour être propre pour le voyage et ne pas arriver hirsute aux Açores. Un homme neuf, je pense en me voyant dans la glace. Je fais un grand sourire et remercie ma coiffeuse très ronde.

Le 09.05.2009

Au réveil, je termine un livre que j’ai lu jusqu’à la fin sans grande conviction : Christophe Colomb, Mémoires de Stephen Marlow. Ce sont bien les mémoires de Colomb. Mais l’auteur, les écrit en à la première personne tout en se mettent par moment au 20ème siècle… Il parle des autres biographies de Colomb, compare, dit ce qu’il en pense sur tel événement. C’est énervant et on ne sait ce qui est vrai ou ce qui n’est que l’interprétation de l’auteur. 600 pages qui dressent un portrait psychologique et un univers historique avec le langage d’aujourd’hui. Je ne suis pas sur d’en savoir tellement plus sur Colomb et ses frères Bon si vous avez quelques chose de plus pressé à lire, vous pouvez…
Je vais au centre ville, à la serrurerie qui m’a fait le double de la clef moteur, pour qu’il me la retouche. Il est fermé, les magasins proches aussi. Il n’est que 9h, peut être n’ouvre t-il qu’à 10h. Je vais avenue Bermudes, là les magasins sont ouverts ou ouvrent. Je prends un bon papelon bien frais en pensant que bientôt, je n’en aurai plus l’occasion. Je retourne à la serrurerie à 10h. Elle est fermée, mais la fleuriste d’à côté a ouvert. Je lui demande si elle sait si la serrurerie va ouvrir ? Pas ce matin car il a eu un appel urgent de la faculté pour un travail et il est parti avec sa fille. Peut être cette après-midi ou mardi…
Avant 14h on frappe sur la coque. Je monte dans le cockpit. El señor Pancho et là avec deux de ses fils et le taud de soleil. Il est venu l’essayer avant de faire les finitions. Les bouts de fixation sont trop courts, mais le reste se présente bien. Il va faire les passages pour l’artimon et pour la balancine, rajoutes les fixations pour les côtés et il revient demain matin. Voilà un artisan vénézuélien qui respecte ses délais ! Le taud est blanc, il m’avait présenté du beige, ce sera plus salissant mais moins chaud.
C’est un jour sans. Je n’ai le courage de faire quoi que ce soit. Alors je glande, je me réfugie sur mon ordinateur avec la musique. Je trie les morceaux, les genres. Je m’occupe quoi. Je ne fais rien d’urgent, mais c’est comme ça.

Le 10.05.2009

Je change les pavillons ou ce qu’il en restait pour des neufs, France et Europe. Tout de suite ça présente mieux. Mais dans trois mois ce sera la même chose. Les fabricants de pavillons doivent en fabriquer dans le seul but que le client soit obligé de les renouveler rapidement !
Je démonte le vieux taud fait en Casamance pour récupérer les sangles très solides et les bouts. Quelle manie de récupérer toujours. Mais en mer on a souvent besoin de choses qu’il faut avoir à bord…
Je vérifie le gréement dormant et le gréement courant. Tout est en ordre. Je mets en marche le moteur qui démarre au premier coup. Je le laisse tourner un quart d’heure, marche avant, marche arrière puis de nouveau marche avant. Moteur et inverseur fonctionne bien. L’hélice pousse bien dans les deux sens.
Je range dans les deux cabines arrière.
Teddy arrive demain. J’aère. L’autre cabine sera pour Nataly, une Vénézuélienne qui m’a demandé de la déposer en Guadeloupe où vit sa sœur. Nous avions passé le nouvel an en sa compagnie avec son ami Philippe à bord du bateau d’André et de Sylvaine. Elle rigole tout le temps. Mais elle m’a annoncé qu’elle est malade en mer. Ça promet ! Mais de Cumaná à la Guadeloupe il n’y aura que 5 à 7 jours de navigation…
Aujourd’hui, c’est la fête des mères. Sur mon mob ile je reçois des publicités pour des appareils et des abonnements à prix bas pour les mères. Je n’ai plus de mère, ni de père d’ailleurs. La mère de mes enfants n’est plus… J’ai ce sentiment d’être orphelin que chante Barbara dans une de ses belles chansons. J’ai mes enfants et Mimi en France…
J’essaie d’appeler Mimi un bon nombre de fois. Hélas, il n’y a pas de ligne, tout le Venezuela téléphone en même temps. Je finis par l’avoir sur le fixe, puisque tout le monde utilise un mobile ici…

Le 11.05.2009

Je dors mal et suis réveillé tôt. C’est le dernier jour que je suis seul à bord. Teddy arrive ce soir. J’espère que les vols vont bien se passe pour lui et j’irai le chercher à l’aéroport de Cumaná. Je vais au marché pour réassortir le frais. Les mois passent, les fruits changent. Les clémentines sont rares ; les mangues sont revenues en nombre, de plusieurs espèces, délicieuses. Les fruits de la passion sont toujours là, les goyaves aussi. Des sortes de grosses jujubes sont apparues. Les poissons aussi changent, la lotte que j’aime bien se fait rare…
Au retour, je vois Alexis, l’agent à tout faire, il me rapportera la bonbonne de gaz remplie ce soir. Je lui rappelle que je lui donnerai les papiers à faire Jeudi, pour une sortie officielle.
Après le déjeuner, le señor Pancho passe avec deux de ses fils pour livrer le taud de soleil. Nous l’installons à quatre. Il va bien, avec les côtés qui descendent assez bas, ça fait bien de l’ombre tout en donnant une b elle hauteur sous toile. Blanc ce sera salissant, mais ce sera ce qu’il y a de plus frais. Et puis c’est très class !
Je nettoie le bateau. D’abord dedans. Je range et prépare les deux cabines arrière. En prenant les draps, je m’aperçois qu’ils sentent le moisi. Je les laves et ils sèchent en quelques heures.
Je nettoie aussi le pont, à cause des chiures de cormorans ! Quelle saloperie, ils reviennent toujours. Je les chasse toujours aussi. Et puis il y a cette poussière ocre qui se dépose sur les haubans, les taud, le pont. C’est une poussière de terre qui vient d’est avec le vent. Elle est fine, impalpable, mais salit tout. La sécheresse favorise cet envol de terre qui va se déposer plus loin.
Vers 17h, j’appelle Teddy. Il est à Caracas, il attend le vol pour Cumaná. Tout va bien ! J’avais commandé un taxi pour 19h30. A 19h45, il n’est pas là ; je lui fais téléphoner. Il est occupé et pourra être là dans une demi-heure… C’est chaque fois pareil ! Je trouve un taxi sur le parking du centre commercial. Il roule vite et je ne suis qu’à moitié rassuré.
A l’aéroport, Teddy est déjà là, tout sourire. Il est heureux d’être là, mais fatigué par le voyage. Nous revenons directement à la marina et au bateau.
Un t’it punch des œufs sur le plat et du fromage. Une courte discussion et Teddy va récupérer dans sa cabine.

Le 12.05.2009

Je suis réveillé avant Teddy, qui récupère son décalage horaire. Nous passons la matinée à se reposer et à prendre connaissance du bateau pour Teddy. A midi je prépare la cuisine car Nataly doit venir pour faire connaissance avec Teddy avant de se joindre à nous jusqu’en Guadeloupe. Elle arrive avec une amie, Amélia. Christian aussi arrive au moment de l’apéro. Il a du remarquer que nous avions deux filles à bord. Après l’apéro, il ne part pas, il déjeune donc avec nous.
Christian me demande si j’ai trouvé quelqu’un pour réparer les instruments de bord. Non, il n’y a personne ici qui sache faire. Il me dit : Si moi, lui qui m’avait dit ne pas avoir le temps. Il me laisse entendre qu’il passera. Il s’en va, Nathalie aussi, et Teddy va faire sa sieste. Je reste avec Amélia. Je la fais parler ; elle me raconte sa vie. 34 ans, deux enfants 11 et 10 ans, divorcée depuis 10 ans et au chômage en ce moment. Le tableau classique qui cherchent une aide. Je l’écoute : elle ne veut pas de mari macho vénézuélien. Elle a trouvé un Français de 60 ans qui veut l’épouser. Elle n’est pas amoureuse, mais il est gentil et il a fini par aimer ses enfants. Alors elle va sans doute se marier en France… Venezuela, Sénégal, Thaïlande, pays du tiers monde : toujours le même tableau des femmes qui rêvent de changer de vie, d’être amoureuses ou en tout cas à l’abris du besoin…
Il n’y a pas de vent et il fait très chaud !

Le 13.05.2009

Ce matin, je vais voir Christian à son bateau pour savoir s’il veut passer cet après-midi. Il n’a pas trop envie de faire ce travail… Il se fait prier comme une pute. Après une demie heure de négociation, il passerait dans l’après midi faire des mesures électriques… Vers 13 heures, je le vois entrer dans le bateau de Philippe, ils vont boire avec des filles…
Paulo et Nicole arrivent ce matin d’un séjour d’un mois en Martinique. Pour descendre au Venezuela, ils ont eu une mer agitée avec une houle courte, très inconfortable, avec un vent 20 à 25 nœuds. Il paraît que ça va se calmer en fin de semaine. Nous somme prévenus, la mer sera sans doute agitée.
Nous allons faire un tour en centre ville pour que Teddy découvre. Il cherche des tee-shirt avec Venezuela dessus et il en trouve…
Nathalie passe. Je le lui dis. Elle est songeuse, elle va réfléchir et nous dira dans l’après-midi si elle vient en bateau avec nous. Elle a déjà fait l’expérience en catamaran qui remue moins qu’un quillard et elle a été malade tout le temps. Je pense qu’elle ne viendra pas, ce qui m’arrangerait plutôt que de la trimbaler malade, avec son sceau…
Christian ne passant pas, je passe voir Paulo qui vient voir. Il réfléchit sur le circuit des instruments, fait des déductions et des mesures, y passe plus d’une heure et me dit ce que nous devrions faire. La nuit &étant tombée, c’est la pause.
Teddy fait la cuisine, nous mangeons et au lit après un peu de fraicheur dans le cockpit…

Le 14.05.2009

Dés le réveil, nous nous mettons à suivre les fils des instruments pour voir ce qui pourrait être coupé, dessoudé, oxydé. Finalement le sondeur fonctionne, alors que le loch refuse. Pour la girouette anémomètre, il faut que je monte au mât pour placer la nouvelle girouette. Je monte avec baudrier, assuré par la drisse de grand voile que Teddy raidit au fur et à mesure sur le winch. Je monte prudemment en haut des 15 mètres. C’est la première fois depuis plusieurs mois. Les muscles se tendent et j’arrive en haut. Je change facilement la girouette. J’en profite pour vérifier gréement et poulie. Tour va bien. Je redescends et nous essayons : l’écran n’indique rien. On a beau triturer les fils, vérifier les branchements… Rien… Bon, ce n’a rien d’indispensable. Teddy s’en passe facilement, moi, je préférée quand ça marche, mais nous verrons plus tard…
Je vais voir Alexis pour qu’il nous fasse les papiers de sortie du bateau et des personne. Au même moment un employé de la marina, m’apporte un passeport, celui de Nataly, qui donc viendra avec nous jusqu’en Guadeloupe. Pourvu que ça se passe bien et qu’elle ne soit pas malade tout du long !
En même temps, je récupère la bouteille de gaz qu’Alexis à fait remplir. Nous avons de quoi traverser !
J’appelle le changeur, qui viendra cet après-midi pour nous changer un peu d’argent pour faire les dernières courses que nous ferons demain matin et nous pourrons partir samedi matin. Teddy m’ayant fait remarquer que les marins ne partaient jamais le vendredi par superstition. Nous irons en Guadeloupe déposer Nataly et voir des amis de Teddy. De là nous ferons une halte à Saint Martin, l’île moitié française, moitié néerlandaise, faire le dernier ravitaillement avant la traversée pour les Açores. Teddy connaît la Guadeloupe et Saint Martin où il a fait de nombreux convoyages…
J’ai mon change vers 18h, demain nous pourrons aller au marché. Je vais au cyber regarder mails et météo. J’avais envoyé un mail demandant l’initialisation de ma carte Sim d’Iridium. Mais, je n’ai aucune réponse. Idem pour Daniel le routeur. Je téléphonerai demain.

Le 15.05.2009

Nous allons au marché. On y rencontre Nataly qui nous cherchait puisqu’elle savait que nous y irions. Elle nous emmène là ou elle travaille à faire des arepas et des batidos. Elle nous offre une arepa à chacun et une boisson. Puis elle nous emmène dans le marché aux fringues puisque Teddy cherche des tee-shirt avec marque dessus Venezuela. Elle nous mène là où il faut car nous n’avions pas trouvé avant…
Nous faisons des achats de fruits et légumes, poisson et viande. Nous rentrons au bateau sous une chaleur accablante qui nous fait transpirer comme des fontaines.
Alexis nous apporte les passeports et la zarpe (sortie) pour le bateau. Nous sommes prêts. Lorsqu’après déjeuner, Philippe nous appelle et vient au bateau. Il vient de recevoir un appel de Nataly qui ne vient plus car sa mère vient d’avoir un infarctus…
Teddy est déçu, il avait des espoirs qui s’écroulent… Nous serons donc deux pour le voyage. C’est Mimi qui va être rassurée !

Intermède européen

Posted on avril 29th, 2009 by Christian

Du 12.03.2009 au 30.04.2009

C’était prévu, je rentre en France voir famille, amis et les inévitables papiers administratifs. Je n’ai pas hâte de retrouver le froid français.
A mon arrivée, il fait gris et très frais. Mimi et les enfants sont là. Quel plaisir de les voir, de les toucher ! Dans la voiture, vers la maison, je reconnais le paysage. Je remarque les constructions nouvelles et surtout les voitures, des modèles nouveaux que je ne connais pas, que je n’avais pas vu en Amérique du Sud.
Depuis le départ, j’ai mal aux pieds qui ne sont plus habitués à des chaussures couvertes. Les claquettes sont remplacées par des chaussures européennes de gens coincés. Il va me falloir du temps pour m’habituer…
Les enfants vont bien. Ils travaillent sur la préparation de leur site marchand d’habits et de bijoux gothique et rock. Le site devrait débuter courant mai, avec beaucoup de clients, j’espère, malgré la crise.
La maison est occupée par les enfants, colonisée même depuis un an et demi. Je ne me sens plus bien chez moi, Mimi encore moins.
Alors pendant le séjour, nous alternerons un peu chez moi, un peu chez Mimi lorsque sa fille qui vit avec elle sera chez son fiancé. Des nomades, en somme, voilà ce que nous sommes. Alors que sur le bateau, nous étions chez nous tranquilles dans notre intimité de couple.
Je veux voir une longue liste d’amis, Mimi veut voir les siens. Beaucoup ne sont pas libres ou ont leur propre temporalité, avec travail, enfants, problèmes quotidiens. Et puis il y a les vacances de Pâques, avec décalage selon les régions… Bref nous ne verrons pas tant d’amis que ça, pas tant que nous l’aurions voulu. En plus les déplacements sont chers en France pour aller d’une région à l’autre…
Je passe aussi beaucoup de temps à rechercher dans les magasins et sur internet les pièces de rechange pour le bateau. Je cherche un nouvel AIS du même modèle que celui qui a cramé. Sur le net je le trouve de 645€ au double selon les sites et le pays de provenance. Mais certains site ne vendent que dans leur pays ! Il y a des progrès à faire ! Les livreurs apportent les paquets. Tout va bien, j’ai ce qu’il me faut.
Les quais de PragueImmeuble pragoisVieux tramway pragoisLa VtlavaStatues du pont Saint CharlesPont Saint charles
Nous allons à Prague, voir une amie Irakienne de Mimi, qui nous accueille avec toute la chaleur orientale. Prague est une très belle ville, très riche en architecture variée particulièrement en art nouveau. Les immeubles en pierre de taille sont peints de couleurs pastel, avec des décorations de mosaïque, des fresques, des ferronneries superbes.
Ruleeàl’oiseauRuelle à l’oiseaupetite placePoteaux décoratifsBelle façadeVue des hauteurs de PragueUne église dans un parcBelle rueUn thé bien chaudUne belle place
C’est un enchantement de se promener le nez en l’air, à regarder les immeubles. Sur le pont le plus ancien de la ville, le pont Charles, un pickpocket tente de me voler mon portefeuille. Je retiens l’objet alors qu’une main l’enlèvent de ma poche de veste. Le voleur fait semblant de prendre des photos ! Il s’excuse comme s’il m’avait simplement bousculé ! Je cherche un agent de police en vain…
une pénichette manoeuvreUne place de PragueLe métroVitrine de marionnettesLa grande horloge aux automatesUn fiacreMairieSouvenir…RuelleAutre ruelleLa Présidence EuropéenneGigots de cochon cuisant dans la rueGrand place en fêteFaçade de théatreLa vtlavaPic nic par un soleil printanierMimi sur les hauteursLa vieille synagogueMusicien de rueQui?Hilary à Radio LibertyRadio Liberty propagandeLes rives de la VtlavaVoilier sur la VtlavaBitted’Bitte d’amarrageDiscussion sur les quais
Nous sommes si bien à Prague que nous ratons le jour du retour et donc notre avion ! Ce jour là, nous étions parti en excursion dans une ville thermale, Carlovy Vary, lorsque les enfants qui nous attendaient à l’aéroport nous appellent pour nous demander où nous sommes : Dans le car, au lieu d’être à l’aéroport !!!
Karlovy VaryKarlovy VaryMimi goûte les eaux thermalesDes thermesSource thermale chaudeKarlovy VaryLe funiculaireKarlovy VaryEglise hortodoxeRue de PragueLa VtlavaPragueMimi au printempsLa vtlavaLa Vtlava le soirMimiHabits traditionnelsGerbe au monument aux mortsLa garde nationalePort de plaisance de PragueDouceur du soir
Il nous faut trouver un nouveau vol pas trop cher. Ça prend plusieurs jours car pour payer par carte bleue sur les site internet de l’étranger, on me demande une garantie par l’intermédiaire de FiaNet, qui est un peu longue à obtenir…
Nous quittons Prague à regret. Notre amie est triste de nous voir partir.
Printemps à la maisonPrintemps à BloisExpo à Paris
De retour en France, nous allons en Normandie. D’abord chez une amie de Mimi qui nous reçoit comme des rois avec tous les bons produits locaux de la mer ! Nous passons aussi voir un ami à moi dans la peine après que son couple ait volé en éclats et le commerce aussi avec un monceau de dettes… Il y a de bien durs moments dans la vie de certains !
Retour à Paris. Le départ approche. Nous discutons avec Mimi de la suite à donner à notre voyage. Continuer ou rentrer. Mimi qui voulait vendre le bateau, commence à regretter. Moi qui voulais continuer, j’hésite entre le plaisir de continuer à naviguer dans les mers chaudes avec des amis qui y restent, et un retour vers l’Europe pour mieux vendre le bateau et mettre fin à aux charges financières (maison, appartement de Mimi, bateau et réparations…) sans compter la fonte de mes économies avec la crise…
Pour le retour Mimi veut que je prenne un équipier ou veut venir. Moi, je ne veux pas d’elle à bord car elle a eu peur avec 2,5 mètres de houle, alors que dans le nord de l’Atlantique la houle peut être bien plus forte. Que ferais-je d’elle en cas de panique ? Elle ne serait plus une aide mais un handicap. Alors je cherche un équipier sur STW. Quelques personnes ont déposé des demandes pour une transat. Je leur envoie un mail. Un homme d’une cinquantaine d’année, me répond. Puis au téléphone je ne le sens pas bien partant. Ce qu’il me confirme par mail. Une jeune femme de 28 ans serait dispo. Mimi dis que dans ce cas elle vient ! Finalement la jeune femme, n’est pas dispo…
A deux jours du départ, pas d’équipier… Nous allons déjeuner dans le café restaurant d’un frère de Mimi. Nous lui parlons du retour, de la recherche d’équipier. Il nous dit qu’il y a là un ami qui ne fait que ça ! Il l’appelle, nous discutons. Teddy est prêt à prendre l’avion pour Cumaná et à traverser avec moi. Il a déjà traversé une fois dans le sens Europe Antilles et 4 fois dans l’autre sens soit comme équipier, soit comme convoyeur. Il est jeune, la trentaine, il est sympa, on se voit avant le départ. Quoi de mieux ! C’est d’accord, par le plus pur des hasards.
Le départ est pour demain. Je n’ai pas vu le quart des mais que je voulais voir ! Le temps, nous a manqué, je me suis mal organisé aussi surement… J’ai le regret de ne pas avoir vu plus d’amis et de famille, ce sera pour la prochaine fois.
Je suis un peu rassuré sur les enfants qui ouvrent enfin leur site marchand. Pourvu qu’ils réussissent et qu’ils gagnent les moyens de leur indépendance !
J’ai réglé les questions administratives, j’ai fait me déclaration de revenus…
Partir est toujours douloureux. Pour moi, pour Mimi, c’est le cas. Nous prévoyons un retour en bateau avec départ vers le 15 mai vers la Guadeloupe, puis on obliquera vers le nord est, vers les Açores où Mimi viendra nous rejoindre pour faire la dernière partie de la navigation vers la France. Puis en attendant de vendre le bateau, nous naviguerons vers l’Espagne, le Portugal. Se posera alors la question d’aller en Méditerranée ou vers Madère, les Canaries, l’Afrique pour une année de plus…
Les paris sont ouverts. Les hasards et les rencontres décident parfois…

« Older Entries